Cambadélis : cette campagne présidentielle, c’est le « chaos »

« Bonjour mes amis », comme dit Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire général du PS, au début de ses petits éditos vidéos hebdomadaires. Généralement il poursuit en expliquant que « cette COP21 est déjà une réussite » ou que « ce référendum sur l’unité du PS pour les Régionales est déjà une réussite » ou que « cette primaire de la Belle Alliance Populaire est déjà une réussite. » Cette élection présidentielle serait-elle déjà une réussite pour le PS ? Oh que non. Lundi (le 6 mars 2017), tout déprimé qu’il était, notre Camba ! 

• Il y a seulement quinze jours, il faisait encore une lecture relativement optimiste de la situation électorale de Benoît Hamon, candidat officiel du PS. Plaçant Marine Le Pen largement en tête, relevant les difficultés des candidats Fillon (emplois présumés fictifs) et Macron (formulations approximatives), tenant compte d’un premier succès de Hamon dans son effort de rassemblement de la gauche (ralliement des écologistes), il considérait que les trois grands concurrents du FN étaient potentiellement entre 18 et 20 % des intentions de vote, ce qui permettait à chacun d’envisager un accès au second tour. A chacun, donc à Hamon, pour peu que la gauche (n’est-ce pas M. Mélenchon ?) veuille bien s’unir autour du candidat validé par la primaire de gauche.

Analyse déjà fort audacieuse à l’époque, car si Benoît Hamon a ponctuellement atteint les 18 % dans un sondage IFOP au lendemain de la primaire, il ne les a jamais dépassés. Aujourd’hui, Mélenchon a claqué la porte des négociations de rapprochement avec le PS, et Hamon, malgré son intention de s’adresser directement aux électeurs de gauche « pour battre la droite et l’extrême droite » et faire advenir « un futur désirable », a du mal à se faire entendre au-delà d’un modeste score oscillant entre 13 et 15 %.

La semaine politique que l’on vient de vivre, entièrement occupée par les aventures de François Fillon, ne lui a certes pas facilité la tâche. Même le fringant Macron s’est retrouvé à dévoiler son programme le jeudi 2 mars 2017 dans une relative indifférence alors qu’il était précisément attendu au tournant sur ce sujet.

C’est justement ce que déplorait Cambadélis sur un ton complètement désabusé et déconfit dans son édito vidéo de lundi (ci-dessous, 01′ 55″). On nous amuse avec le feuilleton Fillon et on ne peut même plus faire campagne convenablement :

« Sur le plan politique, la France est au bord du chaos (…) tous les jours il y a un événement qui interdit au débat politique pour les présidentielles de s’installer. (…) chaque jour une anecdote, chaque jours un problème, chaque jour le buzz, autour d’éléments qui ne sont pas des réponses à ce qu’attendent les français. »

Mercredi dernier, François Fillon prenait en effet l’initiative de plonger son parti dans une panique indescriptible afin de faire taire définitivement les critiques sur sa candidature dans le contexte de l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme. Le tout sur fond de rebondissements quotidiens au gré des défections ou des professions de soutien qui ont alimenté les « live » ininterrompus de médias ravis de la bonne affaire et complètement « autistes » (1) par rapport à tout le reste.

Annonçant à la fois sa convocation par les juges en vue d’une possible mise en examen et son intention de se présenter à la présidentielle quoi qu’il arrive malgré des déclarations inverses et récentes à la télévision, il a cherché à écarter l’impact des décisions de justice en s’en remettant au suffrage universel et à faire taire les doutes des cadres de son parti en appelant directement les électeurs de droite à venir le soutenir dans une grande manifestation au Trocadéro.

Aujourd’hui, retour à la case départ. Fillon est bien le candidat de la droite, il en a reçu la confirmation à l’unanimité par un comité politique paralysé par le temps (le premier tour aura lieu le 23 avril), par l’absence d’un quelconque plan B satisfaisant et surtout par le fait que François Fillon a magistralement dominé la primaire de droite.

Si le candidat parvient, une fois élu en mai, à faire aux syndicats ce qu’il a fait à son parti, on ne pourra que se réjouir de sa pugnacité. J’ai néanmoins des doutes. Son programme n’a pas attendu l’affaire Penelope pour subir une forme de « recentrage ». Il y a fort à parier que comme Macron, il va s’ingénier à expliquer qu’il veut « enlever les verrous » qui immobilisent tout en mettant des « filets de sécurité » partout, selon la tradition sociale-démocrate qui de Rocard en Jospin et de Chirac en Hollande, nous a conduit exactement où nous sommes, c’est-à-dire au bord de la faillite et très loin derrière nos voisins comparables.

Quoi qu’il en soit, la campagne présidentielle peut maintenant reprendre son cours. Si François Fillon n’est certes pas franchement un candidat libéral, il est incontestablement le seul qui peut satisfaire des électeurs qui souhaiteraient battre la gauche, c’est-à-dire apporter une sanction amplement méritée aux sortants, et battre l’extrême-droite dont le positionnement est incommensurablement plus étatiste que le sien.

Le travail ne sera cependant pas des plus simples. Selon les sondages en continu d’hier soir (ici et ), Marine Le Pen reste accrochée à 26 %, Macron la talonne à 25 % et Fillon, crédité de 19 ou 20 % des intentions de vote, se retrouve 5 points derrière. D’ici le 23 avril, on peut se dire que la baudruche Macron, totalement imbibée du hollandisme qui nous a si brillamment réussi, a le temps de se dégonfler, tandis que Fillon peut récupérer en crédit à mesure qu’on s’éloignera de sa possible mise en examen.

Mais pour l’instant, les mouvements qu’on observe se font cependant plutôt en faveur d’un renforcement de Macron. La victoire de Benoît Hamon lors des primaires de gauche avait déjà provoqué son lot de défections. Les ennuis de Fillon avaient créé le même appel d’air chez les centristes avec le ralliement officiel de François Bayrou.

Et ça continue. Aujourd’hui, malgré les menaces d’exclusion de Cambadélis à l’égard des élus socialistes qui accordent leur parrainage à Emmanuel Macron, un certain nombre de socialistes proches de François Hollande, dont Stéphane Le Foll, François Rebsamen, Myriam El Khomri, Jean-Yves Le Drian, s’interrogent sur l’opportunité de le rejoindre tout de suite. Delanoë devrait officialiser son soutien aujourd’hui et même Bartolone, qui ne se représente pas aux législatives, évoque un « mal-être » face à la campagne de Hamon.

Les avis divergent quant à la conduite à tenir. Pour éviter de donner l’impression de ne pas respecter le résultat de la primaire, il serait sans doute préférable d’attendre que le premier tour soit passé pour annoncer un ralliement à Macron, à supposer que ce dernier arrive bien en seconde position en avril. Mais d’un autre côté, « Hamon stagne trop bas dans les sondages » et son projet crée un malaise.

Il se trouve de plus que François de Rugy, qui était candidat à la primaire de gauche, a ouvert un précédent en revenant explicitement sur sa promesse d’en respecter l’issue. Comme l’expliquent plusieurs proches du chef de l’Etat :

« Passer chez Macron, c’est une remise en cause du PS, de la primaire, c’est aussi soutenir un candidat qui a pu irriter. Ce n’est donc pas un choix facile, mais c’est un choix de raison, de responsabilité. »

On imagine bien le coup fatal qu’un tel mouvement entamé avant le premier tour porterait au PS canal historique, d’autant que le rapprochement Jadot Hamon ne se passe pas aussi simplement que le PS l’imaginait.

Un autre élément qui n’est guère en faveur de Hamon et qui pourrait précipiter les ralliements vers Macron vient de ce qu’on a appris récemment que le candidat du PS avait été mis en examen le 7 décembre 2016 suite à un tweet de novembre 2015 où il traitait  Nicolas Miguet d’escroc – et il est vrai que la biographie de ce dernier est une longue suite de démêlés judiciaires et de condamnations. Hamon ayant reconnu que le tweet était bien de lui, le procureur a requis son renvoi devant le tribunal correctionnel « pour injure envers un particulier. »

Malgré l’indignation qui court à droite depuis peu sur ces révélations un peu trop vite mises en parallèle avec l’affaire Fillon, il y a peu de chances qu’elles puissent servir le candidat de droite, bien au contraire. On voit mal des socialistes indignés filer directement chez Fillon à cause de ce tweet. Par contre, prendre prétexte de ce bémol supplémentaire dans la campagne de Hamon pour filer plus vite chez Macron (ou Mélenchon), pourquoi pas ?

Enfin, l’état des parrainages publié hier soir par le Conseil constitutionnel montre que Mélenchon, principal obstacle à un rassemblement idéologiquement compatible à la gauche de la gauche, est encore assez loin du compte. Il n’en aurait que 356 sur les 500 demandés.

S’agit-il d’une sorte de bluff afin de mieux se poser en candidat victime du système, un peu à la façon de Marine Le Pen (qui en est à 483) ? Ou bien doit-on voir dans cette situation les effets du contrôle du PS sur ses élus afin de se venger de la décision du leader du Parti de Gauche de refuser une alliance autour de Benoît Hamon ? A supposer que Mélenchon ne puisse vraiment pas se présenter, les élus de droite auraient tout intérêt à lui accorder leur parrainage plutôt que voir ses voix se porter en partie chez Hamon. On peut donc supposer qu’il obtiendra les 500 nécessaires, d’une façon ou d’une autre.

Jean-Christophe Cambadélis paraît bien seul dans son grand bureau de la rue de Solférino. Mais, commence-t-il à se dire en voyant les défections se suivre et se ressembler, cette primaire de gauche que plus personne ne respecte nous entraîne dans le cercle vicieux de l’échec de la gauche et de la disparition du PS. Foutue pour foutue, oublions-là, oublions le candidat, et proposons à Mélenchon de nous ranger derrière lui ! (2) Nous avons toujours un potentiel d’environ 24 % à faire valoir au premier tour. Que Mélenchon vienne à nous ou que nous allions à Mélenchon, c’est presque pareil… A nous Le Pen au second tour !


(1) Oui, je prends la défense de François Fillon à qui l’on a reproché d’avoir dit « Je ne suis pas autiste ». Il aurait aussi bien pu dire « je ne suis pas sourd » ou « je ne suis pas aveugle » sans provoquer pareille bronca. Le sens figuré existe depuis longtemps. C’est typiquement ce genre de politiquement correct stupide et automatique qui vous donnerait presque envie de pactiser avec le diable, et qui joue un rôle non négligeable dans une part du vote FN.

(2) Cette idée, de moins en moins farfelue à mesure que l’hémorragie du PS vers En Marche ! s’accélère, m’a été soufflée par un commentateur, merci à lui ! Si ce n’est que Mélenchon a beaucoup à perdre en quittant son statut d’opposant.


Illustration de couverture Souvenir : le débat télévisé de l’entre-deux tours entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand en mai 1974. Photo : archives INA.

28 réflexions sur “Cambadélis : cette campagne présidentielle, c’est le « chaos »

  1. Tous les articles concernant les chances de victoire de l’un où de l’autre candidat ont pour base les sondages. Mais les récentes élections ont montré que les sondages ont une fâcheuse tendance à ne rien prévoir du tout. On peut même suspecter des falsifications sur un certain nombre de prévisions relayées par des journalistes qui déshonorent leur profession.

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    • « les sondages ont une fâcheuse tendance à ne rien prévoir du tout » :
      Les sondages n’ont justement pas pour objectif de faire des prédictions. Ils donnent juste l’opinion sur un vote d’un public ramené à un échantillon représentatif qui n’est pas en situation de vote à l’instant t où est réalisé le sondage, avec des marges d’erreur.
      Je ne considère pas que les sondages donnent le résultat final, je considère qu’ils donnent des indications intermédiaires sur comment les candidats pourraient jouer d’ici le premier tour pour faire évoluer l’opinion en leur faveur.
      Les analyses prédictives sont intéressantes, mais c’est complètement autre chose, et elles ne permettent pas vraiment de développer des stratégies à suivre pour gagner vu qu’elles délivrent un résultat final.

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      • Il est évident que les sondages actuels ne sont qu’une vue instantanée, ce que j’ai voulu dire, c’est que les sondages réalisés quelques heures ou quelques jours avant les derniers scrutins importants se sont révélés loin du résultat final. Donc les clichés instantanés et vérifiés par les faits étaient terriblement mauvais.
        Il n’y a aucune raison pour que les clichés intermédiaires soient de meilleures qualité et plus précis. La manipulation des chiffres et des faits est quotidienne dans les médias (pas seulement français, les médias US sont aussi mauvaise), difficile de raisonner sur des informations aussi peu fiables.
        J’en profite pour ajouter qu’une avance de Marine Le Pen à 26 % sur un Macron à 25 % ne veut mathématiquement rien dire, la marge d’erreur sur ce type de sondage (fait dans les règles) est de +- 3%.

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  2. Il reste les affaires de Macron occultées par la presse subventionnée, par exemple :
    http://www.entreprise.news/parquet-ouvrira-t-vraiment-enquete-preliminaire-macron-15-mars/
    et celle-là :
    http://www.wikistrike.com/2017/03/une-seule-soiree-pour-la-promotion-de-macron-paye-381.000-par-de-l-argent-public.html
    ou celle-là :
    http://www.atlantico.fr/decryptage/bercy-quand-macron-depensait-120-000-euros-en-8-mois-pour-repas-en-bonne-compagnie-2947833.html
    Pour compléter le tableau (chaos).
    C’est palpitant et …pathétique…
    et nous savons d’expérience qu’il faut prendre les sondages avec des pincettes :
    http://www.media-web.fr/presidentielle-2017-nouvelle-mesure-filteris-euromediation-78-104-2469.html
    Vivement la suite des aventures !

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    • @ Tino : ce commentaire n’apparaît que maintenant car il était dans les « indésirables ». Je viens juste de le repêcher ! Désolée.

      Sur l’évaluation Filteris, quelques remarques :

      – Le site nous dit qu’il avait prévu Brexit, Trump et Fillon à la primaire, mais ne nous dit rien de ses autres travaux….

      – méthode : « Les mesures sont des analyses du Big Data (médias et réseaux sociaux) et non des sondages. Aucune question n’est posée à personne, pas de panel, pas de corrections, aucun biais, pas de marges d’erreurs). Des millions d’occurrences sont prises en compte (ce qu’on appelle le « bruit ») et l’analyse est faite selon la neutralité, la positivité ou la négativité de l’occurrence (genre un article en faveur de tel candidat rapporte plus qu’un article neutre et un article critique rapporte moins qu’un article neutre). C’est un ordinateur qui analyse tout ça. »

      « genre un article en faveur de tel candidat rapporte plus qu’un article neutre et un article critique rapporte moins qu’un article neutre » : rapporte plus, c’est-à-dire combien « Plus » ? Comme si les résultats pouvaient ne pas être manipulés par les coefficients affectés à chaque bruit !

      – le lien que vous donnez est l’évaluation faite au 6 mars : elle a bcp plu aux soutiens de Fillon, on voit pourquoi, et les commentaires sont éloquents. Celle du 7 mars met MLP, Macron et Marine au même niveau (au centième près, ce qui me fait bien rigoler) et on voit que les commentaires sont tout de suite moins nombreux et moins enthousiastes :
      http://www.media-web.fr/presidentielle-2017-1er-tour-la-mesure-filteris-euromediations-du-7-mars-78-104-2472.html

      On dit que les sondages se plantent quand on leur fait dire plus qu’ils ne sont capables de dire, quand on ne tient pas compte des tailles des échantillons et quand on oublie les marges d’erreur (qui sont assez larges).

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      • Je suis bien de votre avis et ne mentionnait ce sondage que comme une illustration. Je n’ai personnellement aucune considération particulière pour les sondages, merci de votre argumentation.

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  3. Plus sérieusement, il peut y avoir un phénomène qui contribuerait au renforcement de Fillon par ceux de droite qui s’étaient détournés vers Macron, au fur et à mesure que des « noms » des années « Hollande » rejoignent ce dernier.

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    • Oui, c’est un peu ce que je dit :
      « D’ici le 23 avril, on peut se dire que la baudruche Macron, totalement imbibée du hollandisme qui nous a si brillamment réussi, a le temps de se dégonfler, tandis que Fillon peut récupérer en crédit à mesure qu’on s’éloignera de sa possible mise en examen.
      Mais pour l’instant, les mouvements qu’on observe se font cependant plutôt en faveur d’un renforcement de Macron. »

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    • C’est sûr, toutes les rombières décaties de notre régime décadent se pressent pour faire leur cour à Macron dans l’espoir d’un dernier tour de piste.
      Tous ceux qu’on ne voudrait plus jamais voir s’entassent sur son porte-bagages. Pas sûr qu’un tel amoncellement de boulets l’aide beaucoup, mais il ne mérite pas mieux.

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  4. Nathalie, permettez-moi de verser une larme pour « Camba ». Préparons une « obole démocratique » pour offrir une digne couronne mortuaire au PS, à déposer au lendemain de la Bérézina législative qui l’attend.
    En ces temps de Carême, je m’attends à ce que vous fassiez preuve de compassion, car n’oubliez pas que dans « Jean Christophe », il y a « Christ » ! Camba va souffrir sa passion, crucifié par son ami de la banque Lazare Rotschild 😉

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    • On peut compter sur Camba pour préparer en même temps son laïus de passage à l’Est et son laïus de passage à l’Ouest. Et on peut compter sur lui pour nous expliquer combien dans tous les cas ce sera génial et cohérent avec son engagement de toujours dans le camp des progressistes !

      Petit HS qui m’intrigue : cela fait plusieurs semaines que j’observe sur mon blog (environnement peu significatif à l’échelle du pays, naturellement) le phénomène suivant : parmi tous les candidats à la présidentielle, celui qui récolte des clics (les clics WordPress) tous les jours – tandis que les autres n’en récoltent presque pas voire pas du tout – c’est Mélenchon. Mon article à son sujet n’est pourtant guère laudatif, mais manifestement, le bonhomme intéresse significativement plus que les autres.

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  5. En plus, la femme de Fillon est personnellement impliquée dans une association de défense des autistes… Donc il faut vraiment être un autiste, pardon un mongolien, enfin disons un con, pour reprocher à Fillon de s’être accusé d’être autiste… On a encore le droit de dire con, ou un jour on va aussi nous dire que ce faisant, on insulte la moitié de l’humanité ?

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    • « On a encore le droit de dire con, ou un jour on va aussi nous dire que ce faisant, on insulte la moitié de l’humanité ? »
      Eh bien, vu qu’aujourd’hui c’est la « journée la femme », méfiez-vous quand même ! 🙂

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  6. Il faudrait aussi tenir compte d’un autre phénomène en faveur de F.Fillon. En effet, en lisant les commentaires d’articles de presses sur ses démêlées avec la justice, je me suis aperçus que nombreux commentaires vont dans le sens suivant :
    * marre de voir de la politique fiction (dans le sens télévisuelle du terme)
    * l’acharnement médiatique à outrance (dernière en date : un prêt de 50 k€ fait par un ami non déclaré, prêt qu’il a remboursé depuis)
    * dysmétrie de traitement entre les candidats (pour ce type d’affaires – par exemple pas un trait dans la presse des 2,8 m€ de E.Macron qui ne figurent pas dans ses déclarations)

    Bref, certaines personnes sont confortées dans leur vote et d’autres changent le leur en faveur de F. Fillon (après comme je disais, ceci n’est que mon impression 🙂 )

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  7. Les éléphants du PS se sont transformés en rats qui hument le vent de leurs fines moustaches pour savoir quel candidat ils vont soutenir. Macron tient la corde et les charmants muridés songent à quitter le raffiot Hamon qui prend des allures de Titanic.

    Quant à Fillon, il est quand même le moins socialiste de la bande, et il aura droit à ma voix.

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  8. Très bonne analyse à laquelle je souscris.
    Du haut de mes huit ans, et ne pouvant pas voter, je me dis que cette mascarade peut faire rire ou pleurer, … rire et pleurer.
    Je pense surtout que beaucoup de choses vont encore arriver, que les lignes vont bouger.
    Car tout est hors norme pour cette élection.
    Le plus grand coup de théâtre serait le ralliement du frondeur PS à la France Insoumise.

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  9. Pingback: Cambadélis devant la spirale de l’échec du Parti socialiste | Contrepoints

  10. Comme le signalait Tino ci-dessus, on se dit que tout cet afflux vers Macron en provenance du PS devrait finir par faire dresser l’oreille à ceux qui sont arrivés vers lui par la droite.
    Mais la situation est terriblement confuse, car des personnalités clairement identifiées libérales comme Alain Madelin et Matthieu Laine le soutiennent et vantent sa modernité jusque dans le Figaro (surtout sur la base de son projet de retraite par points). Je viens de lire qu’avant le Penelopegate, Laine poussait à une alliance Fillon Macron (ce que j’avais envisagé, mais seulement dans le cas d’une alliance Mélenchon Hamon), maintenant il est 100 % Macron.
    Si Macron reste en tête jusqu’au bout, on va avoir droit à une coalition drôlement hétéroclite au gouvernement. A mon avis ça va tanguer fort et rapidement.
    Attendons la fin du spectacle !

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    • Il me semble qu’Alain Madelin a abandonné le libéralisme depuis longtemps. C’est un financier, si j’ai bien compris. On n’est pas obligé de le condamner à mort pour cela, mais enfin il n’y a rien qui établisse une équivalence entre le métier de financier et les convictions libérales.

      J’ai lu le programme de Macron, dont quelqu’un a obligeamment mis le lien (ici ?) : c’est dramatique. Il n’y a rien. C’est un mélange de puérilité, de mesurettes démagogiques, de silence profond sur les vrais problèmes, d’absence complète de financement (comme chez Marine Le Pen…) et d’intentions ridicules : Macron va « diviser par deux le nombre de jours de pollution ».

      On se disait que le jour était proche où un candidat à la présidence de la République allait nous promettre le beau temps tous les jours et la fin des cors aux pieds, eh bien nous y sommes : le « christique » Macron a le pouvoir de diviser par deux le nombre de jours de pollution.

      Je vous conseille le chapitre sur l’immigration, également : il est spectaculaires par sa vacuité. Il n’y a rien. Ca remplit deux pages, mais il n’y a rien. Ah si, bien sûr : intensifier la lutte contre le « racisme ».

      Rien sur la politique étrangère, sauf quelques platitudes sur l’Europe. « Créer une Europe de la défense », ce qui ne veut rien dire : il ne propose même pas la création d’une armée européenne, ce qui serait une mauvaise idée, mais serait au moins une idée. Non : « Nous proposerons avec l’Allemagne une Europe de la défense associant les pays volontaires, en créant un Fonds européen de défense qui financera des équipements militaires
      communs (comme les drones européens) et un Quartier Général européen permanent. »

      Super. Encore une ligne de dépense publique supplémentaire (pour des drones européens : les drones, c’est smart, c’est moderne, c’est libéral, ça tue sans faire de morts). Encore un pataphar administratif de plus : c’est vrai qu’on manquait de Quartiers Généraux Européens Permanents…

      Donc il n’y aura même pas d’armée européenne, mais il y aura un quartier général : un rêve de fonctionnaire galonné…

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  11. Mais le chaos pourrait être encore plus total.
    On apprend que François Hollande possède, en reserve, les 500 signatures pour éventuellement se porter candidat.
    Des fois que :
    – Hamon s’effondre dans les sondages,
    – Macron soit impliqué dans des affaires.
    Le Cirque continue, March, 17 is so closer…

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  12. Cambadelis est décidément impayable. Il a même osé demander, exiger, devrais-je dire, à Fillon de se prononcer sur sa décision en cas de défaite au 1er tour. Après avoir essayer de l’assassiner politiquement, il lui demande impudemment de soutenir le candidat de gauche contre le FN et donc de se soumettre à la doxa de ses bourreaux.
    Pour être 1er secrétaire du PS, il faut tout oser !

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  13. « Si François Fillon n’est certes pas franchement un candidat libéral, il est incontestablement le seul qui peut satisfaire des électeurs qui souhaiteraient battre la gauche, c’est-à-dire apporter une sanction amplement méritée aux sortants, et battre l’extrême-droite dont le positionnement est incommensurablement plus étatiste que le sien. »

    Eh bien, pour ma part, Nathalie, j’en ai tout simplement marre de voter pour battre ou pour punir les sortants, qui devront à leur tour être punis plus tard. Ou pour « battre l’extrême-droite dont le positionnement est incommensurablement plus étatiste ».

    Je partage au moins en partie le diagnostic de Fillon, mais son remède ? Enfin ! Vous-même dans votre réponse du 3 mars à mon commentaire, vous faites part de la faiblesse de son travail de parlementaire. Et c’est en lui que vous croyez pour apporter les changements dont nous aurions besoin, avec la difficulté immense que cela représente ? Alors qu’il a d’ores et déjà commencé à lâcher depuis le début de sa campagne ?

    Par un moyen ou un autre, il nous faut sortir de cette médiocrité de ceux que nous élisons, il nous faut changer de paradigme. Et je crains malheureusement que votre phrase ci-dessus n’aille pas dans ce sens, même si par ailleurs je peux la comprendre. (En plus droite-gauche, sauf votre respect : pfff. Qu’est-ce qu’on en a à faire de l’endroit où ils posent leurs fesses à l’AN ?)

    Et choisir entre l’étatisme et l’étatisme ? Pensez-vous vraiment que moins étatiste ou plus étatiste va changer le résultat ? Pour celui ou celle qui sera élue et ses amis, afficionados ou vous-les-appeler-comme-vous-voulez, certes oui : pour eux, ce sera le jackpot. Mais pour les autres ? L’immense majorité de la population ? Il y a un abruti qui va crier « on a gagné » le soir des élections ?

    Je ne veux plus participer de ce système que nous avons eu le grand tort de laisser s’instaurer. Et la seule façon qui m’est donnée de marquer ma non-participation, c’est de ne pas aller voter. Je pense sincèrement que cela soit la peste ou le choléra n’a en l’occurrence strictement aucune importance. J’en suis même à me demander si à la limite une déchéance rapide n’est finalement pas plus souhaitable. Qu’on touche le fond et qu’on passe à autre chose.

    En attendant, comme je n’aime pas ce nihilisme, j’essaie de trouver une autre voie, au moins dans ma façon de penser, et de la décliner dans la mesure du possible dans mon quotidien. Même si les marges de manœuvre dont nous disposons sont ridiculement restreintes.
    Une marge de manœuvre qui nous est encore laissée est de nous exprimer (quoiqu’elle commence même à être diminuée). C’est ce que je fais ici et je vous remercie non seulement de l’opportunité que vous me donnez de le faire, mais d’alimenter mes réflexions par vos posts (comme h16 et d’autres).

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    • Quand je dis ce que vous citez en début de commentaire, je ne prends pas position, mais il est vrai que si l’idée est de n’avoir ni la gauche ni MLP, reste Fillon.
      Ceci dit, je comprends parfaitement vos interrogations car ce sont aussi les miennes…

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  14. Si les Français votent Macron parce que c’est Hollande en plus moderne et joli, c’est à désespérer. Quant à Fillon, je ne sais pas pourquoi la gauche a organisé un tel lynchage, il ne fait que reprendre les analyses de la Cour des Comptes, en tous cas pour ce qui est de la Santé, on peut présumer que le reste de son programme s’en inspire aussi.
    Moi, je vote Fillon sans états d’âme.

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  15. @ Royaumont : « Pas sûr qu’un tel amoncellement de boulets l’aide beaucoup, mais il ne mérite pas mieux. » Et en plus, s’il gagne, on va avoir droit à une drôle de cacophonie au gouvernement. C’est une sorte de coalition façon IVème qui est en train de se former autour de lui.

    @ Robert : Je vous l’avais dit ! Avec Macron, le changement c’est mollement !
    https://leblogdenathaliemp.com/2017/02/09/avec-macron-le-changement-cest-mollement/

    @ Souris donc et Le Gnôme : « Fillon est le moins socialiste de la bande » : oui, c’est son avantage.

    @ Eric : Les campagnes de dénigrement sont en effet à double tranchant. Ce qui est perdu d’un côté peut être récupéré de l’autre, surtout si « l’acharnement » devient ridicule (comme l’histoire du prêt).

    @ Calvin : « On apprend que François Hollande possède, en réserve, les 500 signatures pour éventuellement se porter candidat. »
    On pourrait en imaginer, des scénarios !
    Le fait est que si un Macron ne pouvait pas accoucher d’un autre type de programme que celui de la sociale démocratie déjà bien représentée par Hollande (car ces énarques passés par le pouvoir ne connaissent que ça, sont incapables d’imaginer autre chose et surtout veulent garder le pouvoir), je me suis toujours demandé en quoi sa candidature présente un intérêt pour FH personnellement.
    Sauf à supposer :
    1. qu’ils soient d’accord pour un désistement de dernière minute, genre : le Président sortant a la priorité, c’est la tradition de la Vème Ré et les circonstances (le FN qui est si haut et la droite qui ne peut plus le contenir à cause du Penelopegate, par exemple) l’exigent.
    Ou 2. que FH ait combiné une petite mise en examen de Macron pour le 15 et pense récupérer la mise à lui tout seul.
    Mais 3. Qu’il ait dans l’idée de se présenter en plus de Macron, Mélenchon et Hamon, me paraît par contre complètement fou.
    Et 4. autre possibilité : il remplace Hamon comme candidat du PS et affronte Macron, le fils « spirituel » mais traître ….

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