La Turquie fait parler d’elle, alors parlons de la Turquie (II)

Mise à jour du lundi 25 juin 2018 : Conscient que son étoile va en s’affadissant dans la population turque, Erdogan a provoqué des élections présidentielles et législatives anticipées hier dimanche 24 juin 2018 afin que les pleins pouvoirs présidentiels qui lui ont été octroyés par le référendum d’avril 2017 ne lui échappent pas. Malgré une montée en puissance de l’opposition (notamment d’un parti de centre gauche) qui laissait penser qu’un second tour serait peut-être nécessaire, Erdogan sort vainqueur de ces élections (environ 52 % pour la présidentielle et 53 % pour son parti l’AKP pour les législatives). Des fraudes ont été dénoncées par l’opposition.

Mise à jour du dimanche 16 avril 2016 : Le « oui » l’ayant emporté par 51,3 % des voix (sur 98 % des bulletins), Erdogan a gagné son pari et obtient officiellement, c’est-à-dire constitutionnellement, tous les pouvoirs qu’il s’était arrogés hors constitution depuis plusieurs mois, notamment depuis le coup d’Etat raté de juillet 2016. Il est à craindre que ce résultat n’accélère la dérive autoritaire du régime. (Voir, ou plutôt écouter, l’émission « Décryptage » du 25 avril 2017 sur Radio Notre Dame à laquelle j’ai participé).

[Cet article fait suite à La Turquie fait parler d’elle, alors parlons de la Turquie (I).]

La Turquie fait beaucoup parler d’elle. Pas toujours en bien, car sa propension à l’invective envers les Européens a pris des proportions inégalées ces derniers temps suite au refus de l’Allemagne et des Pays-bas d’accepter la tenue de meetings électoraux turcs sur leur sol. Le Président turc Erdogan a en effet organisé pour le 16 avril prochain un référendum sur un projet de modification constitutionnelle en sa faveur. Les résultats s’annoncent serrés et le poussent à faire bruyamment campagne jusque dans la diaspora turque d’Europe de l’ouest. Lire la suite