Avec Macron, le changement, c’est mollement ♫ ♥ !

MAJ du 8 mai 2017 : Emmanuel Macron a été élu hier 7 mai 2017 Président de la République. Pour résultats, analyses et perspectives, voir : Macron Président : la tâche sera immense (Nath MP) et Les nombreux défis d’Emmanuel Macron (h16).


Article écrit en commun par   h16 et Nathalie MP.

Personne ne pourra accuser Emmanuel Macron de ne pas soigner tous les détails de sa candidature présidentielle. Ainsi, fini les petits couinements et le passage aux ultrasons éraillés comme à la fin de son grand meeting de la porte de Versailles en décembre dernier : il suit maintenant les cours d’un chanteur d’opéra ! ♫♪♬ ! 

Macron Couv Maris Match 110816Personne ne pourra l’accuser non plus de négligence avec les médias. Depuis janvier 2015, il a été le sujet de plus de 8 000 articles dans Libération, l’Obs, le Monde et l’Express. C’est plus que tout autre candidat, sans parler des multiples couvertures de Paris Match ou VSD façon couple glamour avec sa femme.

Et personne ne pourra l’accuser de ne pas savoir trouver les mots qui font rêver et galvanisent les foules :

Notre révolution est En Marche… On ne peut plus faire comme avant, il faut dépasser les clivages, rebattre les cartes, remettre la France en mouvement, libérer les forces et apporter l’espérance… Je compte sur votre mobilisation et votre engagement, c’est notre force ! etc…

Pour Manu, qui s’adresse ♫♪♬ « à tous les recalés de l’âge et du chômage, les privés du gâteau, les exclus du partage » ♫♪♬,  il faut dépasser les clivages ♥ et le chacun pour soi. Quand il pense à eux, il pense à lui ❥ et la coïncidence avec les Restos du Cœur  n’est pas tout à fait fortuite parce que c’est de cœur ♥ qu’il s’agit, mes amis, mes amours, mes enfants ♥♥♥♫♪♬ ! 

Voici en substance la teneur de ses appels (vidéo ci-dessous), voici ce qu’il martèle de meeting en meeting sous les applaudissements frénétiques (ou médusés) de milliards milliers de personnes.

Lorsqu’il parade au Palais des Sports de Lyon, des millions milliers de personnes viennent boire ses paroles : 8 000 selon les organisateurs, 800 000 selon les médias et plusieurs milliers d’autres, massées aux abords. Telle une rock-star, Macron fend la foule en musique (vidéo ci-dessous), voit dans « ce mur de présence » un désir d’avenir, une « démonstration d’envie de sa candidature », et, se prenant manifestement pour Napoléon Ier à Austerlitz et prenant visiblement ses « Marcheurs » (le petit nom des « adhérents ») pour les fantassins de sa campagne, lance avec cette modestie onctueuse de ceux qui osent tout (et c’est à ça qu’on les reconnaît) :

« Vous pourrez dire : ‘J’étais là’. Parce que nous allons changer les choses encore aujourd’hui et nous continuerons à avancer. Ensemble ! »

Dans la même veine, voici une petite vidéo hautement réjouissante alignant les « meilleurs moments » d’Emmanuel Macron aux instruments à vent : « Ce que nous ferons pour la culture, mes amis, c’est un chemin » – « Je veux réconcilier la France avec le Monde » – etc … etc…

De fait, trouver les mots, aussi creux soient-ils, fut le grand travail de sa campagne et dans ce domaine, rien ne fut laissé au hasard. Là encore, on ne pourra pas reprocher à Emmanuel Macron de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités de la magie du verbe pour captiver un auditoire prêt à tomber en pâmoison.

Au cours d’une « grande marche » qui s’est déroulée en porte-à-porte cet été, des « Marcheurs » ont eu « 100 000 conversations » et ont recueilli « 25 000 questionnaires », constituant autant de verbatim dont les mots – pardon on dit « prédicats » à présent – furent analysés via des algorithmes complexes, par la société Liegey Muller Pons, la « première start-up de stratégie électorale en Europe » et par Proxem dont le métier consiste à « changer les conversations en données » (au contraire des journalistes dont le métier consiste à transformer des conversations en courants d’air chaud).

Cette « grande marche », au-delà du côté proximité, écoute et rencontre avec la France « vraie de vraie », a surtout eu pour objectif de définir au mieux le discours qui sera « le plus intelligible possible pour le plus de monde possible. » En clair, le discours qui ratissera le plus large, déclenchera le plus de réactions positives et transformera les auditeurs en adhérents scotchés.

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Ajoutez qu’Emmanuel Macron est jeune, intelligent, tout beau et tout nouveau. Il n’a jamais été élu, mais l’Elysée direct, ça ne lui fait même pas peur ! Mieux encore : il est de gauche (il l’a dit cent fois) mais il peut aussi être de droite si besoin est, d’autant qu’il n’est plus membre du PS tout en étant socialiste, et ayant participé à un gouvernement de gauche, « mais quelle importance ? » (vidéo 01′ 10″) :

Ce discours, ce style, ce show bien orchestré plaisent beaucoup, aux médias, aux socialistes en mal de représentation politique, à tous ceux qui cherchent une nouvelle tête, à tous ceux qui attendent un discours rassurant du type « Yes We Can », à tous ceux qui veulent gagner en liberté sans perdre en protection tutélaire de l’État, à tous ceux qui pensent qu’il suffit d’améliorer la gestion de nos structures sans les remettre en cause fondamentalement.

Bonne pioche ! Emmanuel Macron se dit d’une « gauche qui se confronte au réel », c’est-à-dire typiquement d’une gauche sociale-démocrate façon Rocard et même Hollande, le style et la persuasion en plus. Forcément, ça attire : d’après les responsables, En marche ! aurait à ce jour 170 000 adhérents. L’adhésion gratuite, en ligne, ça aide.

Bonne pioche toujours, lorsque Benoît Hamon est désigné candidat du PS. Bonne pioche encore, lorsque les affaires embourbent Fillon dans des emplois présumés fictifs. Et super bonne pioche, lorsque les sondages placent finalement notre héros en deuxième position au premier tour de la présidentielle !

Décidément, Manu Macron, c’est de la très bonne pioche !

Aux grincheux qui pointent régulièrement l’absence d’un vrai programme politique derrière les envolées lyriques, les « Marcheurs », tendrement hypnotisés par leur candidat, rétorquent que si Macron les attire, c’est justement parce qu’il « fédère une vision, il y a une espèce de fluide ». Lubrifiant qui permet d’éviter les frottements douloureux et de rêver à son aise à un monde meilleur :

« Un président, ce n’est pas un épicier. L’important, c’est d’avoir une vision, pas forcément d’être dans les détails de la comptabilité. » (un participant au meeting de Lyon, 4 février 2017)

Malgré tout, ce programme trop diaphane gêne certains militants. Sa divulgation ayant été souvent annoncée puis repoussée, pour être finalement fixée à début mars, les « Jeunes avec Macron » ont pris sur eux de construire un site internet reprenant les principales déclarations de leur leader pour leur donner un semblant de consistance.

Ça ne s’invente pas, ce site s’appelle « Vision Macron » et surfe avec application sur un océan de lieux communs des plus vagues, dispatchés en une partie « Diagnostic » puis une partie « Action ». La partie « Réaction » est laissée comme exercice au lecteur.

C’est ainsi que les 35 heures sont « une avancée sociale non contestable » qui présente « un bilan contrasté » qu’il faudra « adapter sans remettre en cause le principe ». Jolie bourrasque d’air tiède. On souhaite bon courage au futur ministre de l’économie si d’aventure Emmanuel était élu !

Si le mystère reste entier quant au programme de gouvernement de Macron, on a cependant quelques idées sur ce qu’il sera en observant les soutiens qui s’agglutinent à lui.

Au-delà de sa tendresse pour le socialisme du réel qui signe son tropisme social-démocrate, on constate sans trop de surprise que les ralliements qu’il enregistre en nombre sont tous le fait d’individus extrêmement à l’aise dans « le système » dont il prétend s’affranchir et que certains d’entre eux sont de vieux routards de la politique depuis des dizaines d’années.

À gauche, on peut citer Gérard Collomb et tous les députés socialistes orphelins de la candidature Valls, les hommes d’affaires Marc Simoncini (Meetic), Xavier Niel (Free) et Pierre Bergé, les deux derniers étant de plus co-propriétaires de l’Obs qui a largement ouvert ses pages à Macron, l’écrivain Erik Orsenna, ancienne plume de Mitterrand, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, Bernard Kouchner, sans oublier Ségolène Royal qui apporte indirectement le parrainage de François Hollande et une caution de sérieux assez originale dans la gestion des affaires publiques, et sans oublier non plus Geneviève de Fontenay, génialissime caution populaire, venue spécialement à Lyon pour vérifier que Macron n’avait pas   «  une banque à la place du cœur  »  !

À cette brochette de cadors, ajoutons la droite énarchiste et étatiste représentée par Renaud Dutreil, ancien ministre responsable de la création du pitoyable RSI (que Macron veut réformer, pas forcément pour le bien des Indépendants) et Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d’État aux transports sous Chirac et ex-présidente de ces fleurons de la réussite nationale que sont la RATP et la SNCF.

Le vrai défi, maintenant, consistera à croire que ce sont ces personnes qui seront capables de mettre en marche une révolution vertueuse, alors qu’elles sont toutes liées à tout ce que la France fait sans succès depuis quarante ans en matière de chômage, de dépenses publiques, de déficit et de dette.

Il va en falloir, de la foi, pour imaginer que l’État, gonflé d’orgueil à l’idée d’être stratège, va continuer à l’être sans se fracasser sur des catastrophes financières qui se chiffrent en milliards d’euros.

Il va en falloir, de la ferveur, pour voir en Emmanuel Macron l’artisan d’une transformation libérale de la France, lui dont le bilan se résume à des conseils catastrophiques pendant un quinquennat calamiteux et à une loi qui aura permis d’ouvrir quelques lignes d’autocars et quelques magasins un nombre limité de dimanches.

Conclusion

Certes, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement habile à mobiliser médias et public autour de lui. Certes, il a su trouver les mots les plus susceptibles de toucher des Français désorientés et désireux de changement, mais aussi de protection et d’attention. Certes, il a su faire passer un message de nouveauté et de modernité en menant une campagne aussi originale que calibrée au millimètre comme s’il vendait le produit Macron à des consommateurs et non pas un programme politique à des électeurs. Soit.

Il n’en reste pas moins que le vide grandiloquent de ses propos associé au déjà-vu, au progressisme revendiqué et à l’étatisme assumé de l’équipe qui l’entoure fait irrésistiblement penser à la réflexion de Tancrède à son oncle le prince Salina dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change. »

Emmanuel Macron n’est rien d’autre que la nouvelle frimousse « hors-système » choisie par le « système », coterie de médias et de politiciens qui nous gouvernent. C’est un changement purement formel, sans rien de fondamental pour la France et les Français, qui préservera nos élites au pouvoir.

Le navire de gauche a coulé. Celui de droite prend l’eau. Les rats quittent ces navires incertains pour courir chez Macron, ce « révolutionnaire » qui rassure tous les étatistes et leur promet qu’il suffit de dire que tout va changer pour que finalement rien ne change ♫♪♬ !


les-unes-de-macronIllustration de couverture : Attitude quasi-christique d’Emmanuel Macron qui bénéficie depuis 2015 d’un traitement médiatique particulièrement intense et chaleureux. Photo : LVSL.

26 réflexions sur “Avec Macron, le changement, c’est mollement ♫ ♥ !

  1. Pour M. Macron il n’y a pas d’odeur, juste un fumet enivrant à portée de toutes les sauces, voire un exhausteur de saveur pour certains. Jacques Attali le qualifiant de « remarquable, intelligent et plein de promesses » : « C’est un ami très proche. Je suis très fier d’être à l’origine de sa carrière et je suis convaincu qu’il sera un jour président de la République s’il a la persistance d’accepter les défaites, d’apprendre ». Et d’ajouter : « Je pense qu’il construit une vraie carrière et que c’est très courageux de sa part d’avoir accepté, alors qu’il aurait pu faire tout à fait autre chose, de participer à la vie démocratique ». Mais bémol pour Jacques Attali : « Pour l’instant, je ne vois pas un programme (…) J’attends qu’il propose des choses ambitieuses». Et dans ce cas-là alors, il le dit : « Je le soutiendrai. »

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    • A propos de la loi Macron (qui est une retombée hyper-minimaliste du rapport Armand Rueff puis du rapport Attali), Attali était également assez réservé. Dans un article précédent, je notais :
      « Lors de son audition au Sénat mardi 3 février dernier, Jacques Attali en rajoute lui-même une couche dans la critique en estimant que « les réformes homéopathiques » ne portent jamais leurs fruits en France, que « les mesures définies dans la loi sont toutes utiles mais, isolées les unes des autres, elles perdent leur sens » et que « la loi Macron seule ne servirait d’ailleurs qu’à peu de choses ».

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  2. Macron, le candidat de Bilderberg (les hymnes médiatiques qui lui sont consacrés le prouvent), de la banque, et de tout ce qui a ruiné la France : libre-échangisme mondial, construction européenne de type fédéral, technocratie…
    Assurément, en marche arrière !

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      • Oui, c’est curieux ! Mais quelle idée aussi d’aller parler du réel aux idéologues ! Les « prédicats » passe-partout, genre libre-échange mondialisé, sont beaucoup plus plaisants à étaler 🙂

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      • Remettre en cause quoi mon Dieu ? La doctrine sociale de l’Eglise ?… Je n’ai fait que dire des vérités, même si celles-ci sont déplaisantes pour certains esprits.

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    • @ JJS

      Une doctrine, votre doctrine, c’est la vérité ? Il faudrait arrêter deux minutes avec cette « doctrine sociale de l’Eglise », buzzword catho-facho qui vient de sortir sur le devant du marché aux idées, et qui n’a pas plus de valeur que la « justice sociale », la « diversité » et autres mots-valises qu’on nous flanque dans la gueule pour nous intimider et nous faire taire.

      Vous êtes catho ? Très bien, continuez. Mais ne cassez pas les pieds aux gens avec ça. Soyez catho dans votre coin. Avec votre Dieu. Ou bien êtes-vous jaloux des musulmans, dont la religion consiste non pas à croire, mais à emmerder le monde pour l’obliger à faire allégeance à leurs, euh… idées ?

      Donc premièrement, pour votre gouverne : il n’y a pas de doctrine sociale de l’Eglise. L’Eglise n’est pas le parti socialiste. L’Eglise n’a pas pour vocation de dire aux gens combien il faut d’impôts, quelle doit être la durée hebdomadaire du travail et combien de CDD successifs on a le droit de signer. L’Eglise prétend au gouvernement des âmes, c’est déjà beaucoup ; elle ne veut pas la présidence de la République, en plus ?

      Deuxièmement : la doctrine sociale de l’Eglise, c’est la doctrine de l’Eglise socialiste. La tentative est franchement grossière de maquiller cette bonne vieille prostituée communiste derrière l’autorité morale qui reste à l’Eglise. Il fut un temps ou l’Eglise excommuniait les communistes. Maintenant, elle se fait leur laquais.

      Troisièmement : cette prétendue « doctrine sociale de l’Eglise » est un outil de terrorisme intellectuel (enfin… intellectuel, il faut le dire vite) brandi par une partie de l’extrême-droite pour exercer sur la société la même violence illégitime que l’extrême-gauche. Au lieu de tenter de faire prévaloir leurs idées par leur valeur intrinsèque, au lieu de se contenter de diriger par l’example, au lieu de chercher à convaincre, au lieu se se soumettre à la discipline et à la rigueur du débat rationnel, ces gens débarquent sans être invités, comme vous le faites ici, et hurlent : doctrine sociale de l’Eglise ! Comme d’autres, ailleurs, débarquent et hurlent : racisme ! islamophobie ! russophobie ! police ! vos papiers !

      Expliquez-moi en quoi ce serait plus légitime, moins inquiétant, ou, simplement, plus poli. Mais c’est tellement tentant, d’endosser le rôle du petit flic de la police politique du pâté d’immeubles de droite, après avoir subi la loi des petits flics de la police politique du pâté d’immeubles de gauche…

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      • A Robert Marchenoir. Mon cher, vous êtes manifestement d’une ignorance totale en ce qui concerne la doctrine sociale de l’Eglise https://fr.wikipedia.org/wiki/Doctrine_sociale_de_l'%C3%89glise_catholique .
        J’y fais référence, car Nathalie mp qui a ce blog, se définit elle même comme catholique. Par conséquent, vous ne pouvez me faire le reproche de m’y référer. J’admire en effet Léon XIII et Jean-Paul II qui ont largement inspiré ladite doctrine (le Général de Gaulle se disait lui-même chétien social). En outre, je trouve que vous mélangez les pédales à faire référence au socialisme, puis à l’extrême-droite. Quant au débat et aux idées, je ne pense pas à recevoir de leçon de votre part à ce sujet.

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      • @JJS

        Décidément, vous vous enferrez. Vous prétendez ne pas avoir à recevoir des leçons de ma part en matière de débat et d’idées ? Où avez-vous commencé à débattre ? Où avez-vous commencé à nous montrer le début de la queue d’une idée ?

        Vous nous dites que vous vous permettez de rappeler Nathalie à l’ordre au sujet de la « doctrine sociale de l’Eglise » sous prétexte qu’elle est catholique, et c’est ce que vous appelez débattre ?

        Mais dites-moi, depuis quand l’Eglise catholique est-elle le parti communiste, ou le parti nazi ? Depuis quand y a-t-il une doctrine et une seule au sein de l’Eglise, en dehors de ce qui ressort strictement de domaine de la foi ? Et depuis quand, y compris en matière de foi, l’Eglise est-elle un rassemblement de fachos où tout le monde doit obéir au chef, et que ça saute ? Et depuis quand êtes-vous le chef de cette Eglise fasciste présumée, qui n’existe que dans votre tête ?

        Vous vous ramenez ici avec pour seul viatique des arguments d’autorité (on se demande quelle autorité, d’ailleurs : vous êtes qui ?), et vous vous permettez de parler de débat et d’idées ?

        On vous prend au mot, on vous met au pied du mur, on vous encourage à nous prodiguer des justifications de vos remontrances anti-libérales au nom de votre prétendue « doctrine sociale de l’Eglise », et tout ce que vous arrivez à sortir, c’est un lien vers Wikipédia, et l’assurance de votre part que vous admirez Léon XIII, Jean Paul II et le général de Gaulle ? Et vous appelez ça du débat ? Vous appelez ça des idées ?

        Mais dites-moi, votre Léon XIII, c’était peut-être un gros con purulent, un imbécile, ou plus simplement un pécheur dans l’erreur ? Votre de Gaulle, c’était peut-être un sale facho à jeter aux poubelles de l’histoire ? Ou c’est peut-être vous qui n’avez rien compris, ni à Léon XIII, ni à de Gaulle ? Peut-être de Gaulle était-il un ultra-libéral, en reprenant vos critères ? Je vous signale que de Gaulle présidait un pays où la dépense publique était de 35 % du PIB, soit la moitié, en gros, de ce qu’elle est aujourd’hui ! Pas un seul homme politique accusé « d’ultra-libéralisme », en 2017, ne propose de tailler dans la dépense publique pour la ramener à 35 % !

        Sauter sur votre chaise comme un cabri, en hurlant doctrine sociale de l’Eglise ! doctrine sociale de l’Eglise ! Jean Paul II ! Charles de Gaulle !, vous appelez ça du débat ? Vous appelez ça des idées ?

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  3. « Un président, ce n’est pas un épicier. L’important, c’est d’avoir une vision, pas forcément d’être dans les détails de la comptabilité. » (un participant au meeting de Macron à Lyon, 4 février 2017)

    C’est mot pour mot ce qu’ont dit deux responsables du Front national lors du dernier grand meeting de Marine le Pen, le même jour, dans la même ville. Des journalistes ayant fait remarquer que ses 144 propositions n’étaient pas chiffrées, ils ont répondu ceci :

    « Les 110 propositions de Mitterrand n’étaient pas non plus chiffrées », se défend un proche de Marine Le Pen. Un autre renchérit, innocent: « Pourquoi mettre des chiffres dans un projet? Nous ne sommes pas des épiciers. »

    Le FN cite les 110 propales de La Mitte comme référence : intéressant… Ce fameux programme communiste sur lequel Mitterrand a dû rétropédaler furieusement après avoir commencé à l’appliquer, tellement il était en train de plonger la France dans le désastre…

    Quant à David Rachline, qui est tout de même le directeur de campagne de Marine, il a indiqué, royal :

    « Les Français vont faire le choix d’un Président, pas d’un expert-comptable. Le débat sur la ‘virgule’, on le laisse à d’autres »

    Les Français vont être ravis d’apprendre que les lourdes taxes, impôts et cotisations qui les accablent ne sont que « des trucs après la virgule », indignes de l’attention de gens aussi considérables que Rachline et Marine le Pen. Heureusement que le FN est « anti-système », parce qu’on aurait pu confondre avec l’arrogance des dizaines de milliers d’énarques, d’insiders, d’élus et d’habitants professionnels du fromage politique depuis perpète, qui nous tiennent exactement le même discours depuis, allez, le milieu des années 70 environ.

    Je m’empresse d’ajouter qu’en l’occurrence, les hommes politiques, de droite comme de gauche, ne sont pas seuls en cause. La traditionnelle dénonciation des « épiciers » et de la « logique comptable », c’est un cliché qui se retrouve dans la bouche de millions d’anonymes et de sans-grade, bobos blindés de thunes ou sans-dents vivant d’allocs, mais qui, tous, présentent la caractéristique de ce qu’il faut bien appeler une mentalité criminelle, consistant à prétendre qu’il serait indécent de prêter attention à l’argent volé aux autres par l’intermédiaire de l’Etat, lequel est en définitive le plus gros blanchisseur existant de fonds mal acquis.

    Il y a des épiciérophobes qui voteront Macron et des haineux anti-comptables qui voteront Le Pen, c’est tout.

    Au passage, je serais le syndicat des épiciers ou des comptables, j’aurais porté plainte depuis longtemps pour diffamation, incitation à la haine et discrimination.

    Aimé par 1 personne

    • C’est du même genre que : « la culture, l’éducation, la santé etc… n’est pas une marchandise »
      Ce qui est bien, c’est qu’avec notre éducation nationale qui n’enseigne plus grand chose et certainement pas à lire, écrire et compter correctement – oublions totalement la ponctuation – on va pouvoir « dépenser sans compter » et ne plus se préoccuper des virgules !

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  4. Pingback: Affaire Fillon: A qui profite le crime ? (Cui bono: Hope and change now so things can stay as they are tomorrow) | jcdurbant

  5. Il y a deux ans, JC Fromantin (577 pour la France), nous avait dit que les présidentielles, ce serait le cirque avec un combat d’égos. Je dois avouer que ça dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer. Bravo, on en a pour notre argent; c’est le cas de le dire. Encore pour 3 mois !
    Macron c’est tellement sur la forme qu’en fait il pourrait nous vendre n’importe quoi.
    Néanmoins quand on arrive à détecter un signal audible dans son bruit médiatique, c’est pas du changement mou et pas vraiment libéral; on poursuit dans la continuité étatique bisounours, jugez sur un exemple :
    Il a proposé par exemple, qu’un pass-culture d’une valeur de 500 euros soit offert à chaque jeune de 18 ans pour qu’il puisse accéder à des projets et des bien culturels, acheter des livres, aller au cinéma, se rendre à des concerts… Il affirme que ce dispositif, dédié aux jeunes le jour de leur majorité, pourrait être financé par une taxe sur les industries numériques «pour une partie très minoritaire» mais aussi par les diffuseurs, et par les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).
    Déjà on note le réflexe quasi pavlovien une idée = vite une taxe.
    En plus c’est pas une idée nouvelle :
    1. le dispositif chèque ou carte culture existe déjà , initié en ex région Rhône-Alpes et en Italie je crois
    2. l’idée du chèque ok mais non pas assorti de taxes mais assorti d’un arrêt des subventions à la culture (montant dépassant celui de la justice comme on sait) puisque ce sont les jeunes qui en choisissant leur média culturel, subventionnent ainsi la culture.
    Voila qui serait innovant et une économie de subventions (aux MJC par exemple à peu près toutes en faillite ou sous perfusion aigüe) mais de plus vertueux, puisque les jeunes seraient décideurs et les artistes choisis et promus pour leur qualité et non pas par copinage avec qui on sait.
    Oui le Macron, il nous fait marcher au son du pipo…La preuve.
    Vous avez dit libéral, même pas un zeste !

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    • « Vous avez dit libéral » : Ah bon ? Où ça ?
      Le changement et le libéralisme, c’est dans les mots et c’est tout. Regardez son prog pour l’écologie !
      Faut lire correctement l’article : Macron, avec son visage neuf, sa jeunesse, son discours faussement hors système calibré pour attraper le plus de gogos possibles, ses méthodes de campagne neuves etc… donne l’illusion d’un changement qui consistera à faire exactement pareil que Hollande à la très grande satisfaction des élites au pouvoir actuellement qui seront donc conservées dans leurs avantages et leur supériorité.
      J’ai un dossier complet sur Macron en plus de cet article. A trouver dans celui-ci :
      https://leblogdenathaliemp.com/2016/09/01/rentree-2016-macron-garde-le-haut-et-siffle-la-fin-des-vacances/

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  6. Pingback: Avec Macron, le changement, c’est mollement ?

  7. Magnifique analyse ! C’exactement l’impression que me fait Macron mais je n’aurais jamais su le dire aussi parfaitement. Pour moi il n’est rien d’autre qu’un joueur de flutte et je pense que les dindons (de lafarce)🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃
    🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃🦃 qui courrent derrière lui vont vite s’essouffler sans quoi ils auront de quoi arroser leurs poireaux et leurs carottes à avec les larmes qu’ils vont
    verser !
    J’allais vous demander si je pouvais le faire partager à mes amis mais vous m’avez devancée !
    Merci, merci, merci, je me suis régalée !!!

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