Hulot : un alibi écologique très Macron-compatible

Il commence mal, ce ministère de la transition écologique, pour Nicolas Hulot. A peine nommé, à peine informé du périmètre exact de son ministère, voilà que son plus beau dossier, celui des négociations internationales sur le climat, bat dangereusement de l’aile à cause des ridicules réticences américaines !

L’accord de Paris sur le climat signé sous les yeux mi-triomphants mi-attendris de Fabius, Royal, Hollande et Obama à la fin de la COP21 de décembre 2015 était le plat de résistance du G7 de ce week-end en Sicile. Et résistance il y eut bel et bien puisque Donald Trump, contrairement à ses six homologues, n’a pas du tout sauté de joie à l’idée de mettre l’accord en oeuvre.

Conformément à ses doutes (qui sont aussi les miens) sur la part humaine dans le réchauffement climatique, doutes dont il n’a jamais fait mystère et qu’il partage aussi bien avec son propre parti qu’avec nombre de scientifiques climato-sceptiques, le Président américain a adopté une position d’évitement fort peu encourageante. Selon la déclaration finale du sommet, les Etats-Unis ont pris le parti de dire qu’ils n’ont pas encore achevé leur analyse du problème et qu’ils rendront leurs conclusions la semaine prochaine :

Emmanuel Macron, fidèle à son habitude de trouver que tout le monde a raison, et bien décidé à mettre en avant une génération spontanée de progrès partout où il passe, a préféré voir le verre à moitié plein, voire presque entièrement plein, à bon renfort de méthode Coué :

« Je considère qu’il y a eu un progrès et qu’il y a eu de vraies discussions et de vrais échanges (…) Le Président américain est un « pragmatique », ce qui laisse) « bon espoir qu’il confirmera son engagement (dans l’accord de Paris), à son rythme. »

A se demander si Angela Merkel et Emmanuel Macron ont assisté au même G7, car la chancelière allemande, plutôt mécontente de la tournure prise par le sommet, n’a pas mâché ses mots :

« Toute la discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante. »

.
Quant à Nicolas Hulot, il ne veut pas croire que le Président américain puisse seulement envisager de retirer son pays de l’accord si vaillamment négocié à Paris. Comme l’avait dit Hollande à l’époque, « il s’agit de l’avenir de la planète, de l’avenir de la vie. » Qui pourrait imaginer s’y soustraire, sauf à vouloir le mal de l’humanité ? Qui pourrait sciemment s’engager dans pareille impasse, sauf à vouloir contredire le sens de l’histoire que Nicolas Hulot compte bien orienter précisément dans le sens qui lui convient ?

« Si le président américain décidait de sortir de l’accord de Paris, ce serait un contresens tragique de l’histoire. »

.
Quand on a été le présentateur vedette et hélico-baroudeur d’une émission de télé adorée des Français ; quand on a réussi à faire signer un Pacte écologique à tous les candidats à la présidentielle de 2007 qui a eu pour conséquence de propulser l’écologie dans le peloton de tête des fonctions ministérielles ; quand on a été sollicité par trois Présidents de la République pour devenir ministre et qu’on a modestement refusé ; quand on a été Ambassadeur pour la planète de François Hollande et qu’on a parcouru le monde avec lui (et quelques jolies actrices conscientisées) pour marteler que la COP21 sera un succès, il le faut absolument ; quand on est la 18ème personnalité préférée des Français (2016) ; quand on est devenu tout récemment leur personnalité politique préférée ; quand on a finalement accepté de devenir ministre d’Etat parce qu’on a senti « un espoir (nommé Macron) se lever », c’est terriblement vexant.

Décidément, comme le pressent lui-même l’impétrant dans un grand entretien donné hier au JDD, ce ministère, « ce ne sera pas un chemin de roses » ! Imaginez-vous, chers lecteurs, que depuis qu’il est ministre, Nicolas Hulot se lève à 5 h 30 tous les matins, sans réveil ! Et en ouvrant les yeux, tel un enfant émerveillé devant son premier sapin de Noël, il se demande: « Est-ce que c’est vrai ? »

La question se pose en effet. Ou plutôt : Est-ce que ça durera ? Comme plusieurs autres membres du gouvernement, Nicolas Hulot a eu sa période Macron-sceptique. Nombreux sont les observateurs qui prédisent au nouveau ministre un passage éclair à son poste tant ses idées écologistes, sur le nucléaire notamment, sont éloignées de celles du Premier ministre, qui fut directeur des affaires publiques chez Areva, et tant ses idées économiques sont éloignées de celles du Président, qui serait, paraît-il, libéral. Mais on sait que sur ce terme, la plus grande confusion règne !

Si libéral veut dire mondialisation sans limites, dérégulation de la finance, monde qui épuise et qui exploite, selon le cliché habituel, alors Hulot n’est pas libéral :

« On a quand même besoin de régulation et de réglementation pour éviter ces excès du capitalisme qui creusent les inégalités, qui détruisent les ressources naturelles. »

Depuis les années 1980, la mondialisation a sorti des millions de personnes de la faim et de la pauvreté. Quant aux ressources naturelles, elles ne sont nullement en danger, notamment parce que les hommes innovent en permanence. Mais ne demandez pas à un Hulot de réajuster ses données et ses connaissances. Seule l’idéologie écolo-décroissante doit prévaloir.

Par contre, si libéral veut dire qu’on n’est pas du tout libéral, qu’on cherche à forcer une « croissance sélective », celle qui d’autorité se composera de « transports doux » et d’énergies renouvelables, alors oui, Hulot est libéral.

Disons qu’il est surtout totalement Macron-compatible. Il est même l’inspirateur d’une de ses idées les moins libérales, celle des états généraux de l’alimentation pour fixer le « prix juste » des produits alimentaires. Il est aussi à l’origine de l’intérêt du Président pour l’économie circulaire dans laquelle on passe son temps à recycler, souvent sans raison économique valable et à grands frais, des déchets finalement peu nombreux. Et il aime beaucoup le dépassement des clivages. En réalité, dès avant le premier tour, il confiait à des journalistes :

« Il ne m’a pas échappé qu’on avait des convergences. »

Reste l’affaire de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Macron souhaite faire appliquer le résultat du référendum, qui a approuvé la construction du nouvel aéroport, tandis que Hulot, comme tous les écologistes, y est opposé (moi aussi, mais pour des raisons économiques). Mais finalement, il est question de « remettre le projet à plat » une fois de plus et Hulot se dit confiant dans la gestion gouvernementale du dossier.

Bref, Hulot est beaucoup plus proche de Macron qu’il pourrait sembler à première vue mais il est souvent considéré comme une belle prise écolo-médiatique, comme un alibi écologique que se donne ainsi le gouvernement, alors que Macron en campagne fut assez peu loquace sur le sujet.

De fait, dans sa profession de foi de second tour, il s’est borné à mentionner l’interdiction des perturbateurs endocriniens dans le paragraphe « inventer un nouveau modèle de croissance », ce qui est assez farfelu.

Mais à y regarder de plus près, Macron s’inscrit complètement dans la continuation de la loi sur la transition énergétique de Ségolène Royal. L’objectif de réduction de la part du nucléaire dans l’électricité est maintenu à 50 % à l’horizon 2025 contre 75 % aujourd’hui, les interdictions des pesticides sont plus que jamais à l’ordre du jour, l’exploitation des gaz de schiste est exclue, le scepticisme sur les OGM est de mise, les centrales à charbon seront toutes fermées d’ici la fin du quinquennat et l’économie circulaire et les circuits courts seront valorisés.

Or c’est bien ainsi que Nicolas Hulot comprend sa mission. Ségolène Royal a fait voté la loi sur la transition énergétique, elle l’a dotée de « cliquets anti-retour en arrière », et lui, Hulot, reprend le flambeau en y apportant – comme c’est mignon ! – son « supplément d’âme. » Or sachez chers lecteurs que si l’écologie est par essence un domaine extrêmement dirigiste, le supplément d’âme de Nicolas Hulot l’est encore plus :

« Je veux une transformation écologique profonde, presque sociétale. »

Le grand mot est lâché : notre nouveau ministre de l’écologie veut changer la société. Convaincu de ses propres idées, il veut les imposer à tout le monde. Aucune dépense, aucun impôt, aucune sanction ne seront de trop pour cela. Avec Nicolas Hulot, les partis pris idéologiques des écologistes entrent au gouvernement à la puissance mille.

J’ai eu l’occasion de pointer le discours alarmiste et peu rigoureux qui sous-tend la plupart des diktats des lobbys écologistes, du nucléaire aux OGM en passant par le glyphosate ou les néo-nicotinoïdes dans la série Ecologie positive (écrite avec h16). L’engouement quasi-obsessionnel pour les circuits courts n’est pas plus rassurant.

Il est inquiétant de constater que malgré de multiples insuffisances scientifiques, malgré des peurs absurdes mal étayées, on continue à s’engouffrer en chantant dans des politiques ultra-coûteuses à base d’incitations financières et subventions, sans fondement autre que l’air du temps et une culpabilisation permanente des humains dès lors qu’ils ont l’air de vouloir produire quelque chose de nouveau.

Ironiquement, et c’est là qu’on voit combien on nage dans beaucoup de confusion idéologique de tous les côtés, si Nicolas Hulot et ses comparses écologistes sont catastrophés des décisions que le Président américain pourrait prendre contre la doxa réchauffiste, ils sont en revanche entièrement en phase avec lui lorsqu’on en vient aux traités de libre-échange.

Trump a mis fin au TPP (accord Etats-Unis Asie) et souhaite renégocier tous les traités impliquant les Etats-Unis. De son côté, Nicolas Hulot compte freiner sur le CETA (avec le Canada) ou le TAFTA (avec les Etats-Unis) autant qu’il le peut, car selon le credo écologiste qu’il fait sien :

« L’expérience montre que d’habitude on harmonise toujours (les normes environnementales et sociales) vers le bas. Ce n’est pas l’idée que je me fais du progrès. »

La lutte contre le protectionisme était aussi au menu du G7. Tout comme la lutte contre le RCA, elle n’a pas emporté l’adhésion du Président américain, qui pense pouvoir augmenter les emplois aux Etats-Unis en limitant les importations et en obligeant les entreprises à produire sur place. Une position qui devrait logiquement réjouir Nicolas Hulot, même si les raisons invoquées sont différentes.

Mais c’est peut-être là qu’il pourrait y avoir quelques petites divergences avec son nouveau patron. Sauf si, comme il l’a dit en riant à Macron, c’est lui, Hulot, qui va inspirer les ministres et non eux qui vont l’aspirer.


Illustration de couverture : Nicolas Hulot a été nommé ministre de la transition énergétique (et solidaire, c’est tout de suite irréprochable) dans le gouvernement d’Edouard Philippe. Photo : © Eric Piermont / AFP.

17 réflexions sur “Hulot : un alibi écologique très Macron-compatible

    • Quand on voit en plus comment Bruno Le Maire a traité l’affaire GM&S, c’est-à-dire comme d’habitude par de la connivence et des obligations de production … où est le changement, le vent nouveau, le printemps Macron ?

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  1. M. Trump agit en fonction d’ « America First  » : vendre de l’armement par milliards aux Saoudiens pour lutter contre le terrorisme ! Obliger les pays membres de l’OTAN d’augmenter leur budgets militaires bien évidemment en achetant US… Favoriser des sanctions contre les russes impactant par exemple l’économie française… Interdire les ordi, tablettes dans les avions avec quelle idée derrière la tête ? Alors combien peut-on gagner avec des mesures pour le climat ??? Mme Merkel ne pratique pas la langue de bois et voit la réalité avec des yeux dessillés. L’air est nauséabond quand on voit M. Trump secouer M. Macron comme un prunier à plusieurs reprises… Hulot rime avec falot et l’on connaît la difficulté de maintenir la flamme du falot dans un environnement tempétueux.

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    • Au moins autant, sinon plus !
      Lors de la passation de pouvoir, Il n’a pas eu assez de mots flatteurs pour dire tout le bien qu’il pensait de la dame !

      Le nouveau ministre de l’écologie a longuement salué le bilan de Ségolène Royal : « J’ai entendu dire que j’allais vous remplacer, ça n’est pas possible »
      « Je voulais vraiment vous dire, Ségolène, que vous pouvez être fière du travail accompli. Sauf que vous mettez la barre très haute ! »

      Je sens qu’il va vouloir se surpasser.

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  2. Pingback: Nicolas Hulot : un alibi écologique très Macron-compatible | Contrepoints

  3. Bonjour Nathalie MP, je lis souvent avec grand intérêt vos articles sur Contrepoints.

    Je voulais vous signaler que dans l’entête de ce dernier, il y a une faute de français. Ne vous inquiétez pas, j’écris aussi et je connais les affres de la relecture.

    « Nicolas Hulot hérite d’une place au gouvernement Macron, mais pas nécessairement dans les meilleures conditions du monde, face à un Donald Trump près à faire capoter les négociations internationales sur le climat. »

    Correction : « prêt » à faire capoter

    Bien cordialement.
    François

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    • Bonjour François,

      Merci beaucoup pour votre aimable appréciation ! (Et n’hésitez pas à partager sur FB etc..si les articles vous plaisent, je souffre d’un sous-partage terrible…)
      Pour les fautes d’orthographe, au contraire, merci de les faire remonter, c’est une chasse permanente !
      En l’occurrence, je viens de signaler ce « près » à la rédaction de Contrepoints, car je ne suis responsable ni des chapeaux ni des titres (ici mon titre a été gardé, mais ce n’est pas la règle générale).
      J’ai suggéré « prêt à » ou « près de »
      Et j’en ai profité pour ajouter une autre typo qui était de mon fait dans le corps du texte !

      Bonne journée !
      Nathalie MP

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  4. Ce n’est pas réellement une surprise, mais un sondage internet, à la volée paru le 26 mai dans « La France Agricole » montre que 77% des agriculteurs se disent inquiets de voir arriver N.Hulot à ce ministère.
    S’il peut représenter une belle prise pour E.Macron, j’ai quelques doutes sur l’utilité réelle d’un tel histrion sur la cohérence gouvernementale.
    ça promet des lendemains qui chantent.

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  5. « Les inégalités, qui détruisent les ressources naturelles. »

    Ben tiens. Disons absolument n’importe quoi, ça rentrera comme dans du beurre. Quel rapport entre les « inégalités » et les ressources naturelles ? En fait, c’est plutôt le contraire. Les « inégalités », ça veut dire : il y a des pauvres, et ça c’est pas bien. Mais les pauvres, par définition, c’est super-écolo, puisque ça consomme peu. Donc vouloir « réduire les inégalités », c’est être un gros méchant qui veut saccager la planète et bousiller les ressources naturelles. Okay ?

    A moins que « réduire les inégalités » ne veuille dire : rendre tout le monde misérable, auquel cas, effectivement, ça se défend. Et puis il se trouve que ça correspond, historiquement, aux oeuvres du socialisme, dont tous ces gens-là se réclament plus ou moins…

    Les inégalités qui détruisent les ressources naturelles, c’est du même tonneau que le changement climatique qui provoque l’immigration. Chacun sait bien que, si toute l’Algérie cherche à se relocaliser en France, c’est parce qu’il fait trop chaud chez elle. Ou trop froid : comme le « réchauffement » s’est mué en « changement », les gauchistes peuvent dire une chose et son contraire, et continuer à avoir raison.

    « Les négociations sur le climat. »

    Rien que cette expression devrait faire hurler de rire. Comment peut-on faire des négociations sur le climat ? Qu’est-ce qu’il y a à négocier ? Avec qui ? Moi, j’aimerais bien « négocier » pour qu’il fasse beau tout le temps, et qu’il ne pleuve pas en hiver. C’est possible ? Je m’adresse à quel guichet ?

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  6. @ Nevez :
    « j’ai quelques doutes sur l’utilité réelle d’un tel histrion sur la cohérence gouvernementale » : Dans les domaines de l’énergie et de l’agriculture, je crains de plus en plus qu’on ait à déplorer une cohérence gouvernementale très marquée dans le sens ségo-hollandais.

    @ Robert Marchenoir :
    « le changement climatique qui provoque l’immigration » : dans un article précédent, j’écrivais :

    « Mais la croyance dans le RCA est une terrible addiction. Pour ses victimes les plus atteintes, s’il n’y a pas de « réfugiés climatiques » raisonnablement observables, on en trouve quand même. Les Syriens qui fuient un pays ravagé par la guerre et le terrorisme feront l’affaire. »

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    • Certainement. Et aussi champion du 2P2M : A Noël dernier, mon fils qui était en échange étudiant au Pérou l’a croisé alors qu’il était en vacances avec sa famille à Mancora (jolie côte pacifique péruvienne). Ca m’étonnerait beaucoup qu’il soit arrivé là à la rame ou à la voile.
      Ce n’est pas ses vacances que je critique, c’est sa prétention, dans le même temps, à faire disparaître autoritairement tout le carboné au profit exclusif des renouvelables à coup de taxes d’un côté et subventions de l’autre. Avant que les avions fonctionnent au jus de betterave ou à l’énergie solaire …

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      • L’empreinte carbone des vacances de Monsieur Hulot doit être gigantesque. Lui, et ses équipes de tournage. Toujours est-il que Hulot sera moins toxique et nuisible que la/les mégère(s) vertes, à commencer par Ségolène et son verbiage.
        Suggestion à Hulot : s’occuper du gaz hilarant.
        http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/le-rechauffement-climatique-pourrait-favoriser-les-emissions-de-gaz-hilarant-en-arctique_2217046.html

        Aimé par 1 personne

      • @ Souris donc :
        C’est un peu hors sujet, mais en faisant mes recherches, je suis tombée sur ça, extrait d’une interview de Nicolas Hulot par l’Express en 2005 :

        « Tout d’abord, une anecdote étonnante: vous avez pu établir récemment que c’est bien le nom de votre famille qui a inspiré Les Vacances de M. Hulot à Jacques Tati…

        Enfant, je l’avais entendu dire par mes parents. Pour en avoir le coeur net, j’ai appelé la fille du cinéaste et j’ai pu reconstituer toute l’histoire. Mon grand-père était l’architecte de l’immeuble dans lequel habitait Jacques Tati. Chaque fois qu’il y avait un problème, la gardienne lui disait: «Il faut appeler Monsieur Hulot!» Cela revenait comme un leitmotiv. Il semble que mon grand-père avait une silhouette particulière, qui a frappé Tati. Aussi, lorsqu’il a créé son célèbre personnage, il s’est souvenu du nom et a demandé l’autorisation de l’utiliser. D’une certaine manière, je suis donc le petit-fils de Monsieur Hulot… »

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      • Hilarant. On est toujours étonné de l’impact d’une émission sur l’électeur. Papy Voise et l’élimination de Lionel Jospin (le « séisme du 21 avril »). Ou le film de Yann Arthus-Bertrand, Home, l’avant-veille des élections européennes de 2009 qui a valu aux écolos français une percée historique et leur grande gueule malgré des 2% à toutes les élections ultérieures. Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Eva Joly, Yannick Jadot, Antoine Waechter et je dois en oublier un paquet. Tous députés européens.

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