Fonction publique : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas

PRÉAMBULE : Ma critique ne porte pas sur les personnes individuelles qui ont un emploi de fonctionnaire. Il y a des gens qui se dévouent à leur mission dans la fonction publique, je le sais et je le dis. Un jour, ils ont réussi un concours, on leur a offert un poste et ils l’ont accepté, il n’y a pas de mal à ça. Mais je parle d’un système qui, en lui-même, est devenu trop lourd et n’est pas favorable à l’efficacité globale du pays.
Je considère que quand un pays est le champion du monde de la dépense publique (56 % sur PIB) et des prélèvements obligatoires (45 %) et que dans le même temps son taux de chômage est à 9 % soit le double ou le triple de ses voisins et que ses résultats éducatifs sont, disons, « mitigés » comparativement à ses pairs (voir tests PISA, TIMSS etc.), il y a lieu de se poser des questions. Je crois que l’organisation de l’Etat au sens large, ses missions et ses statuts en font évidemment partie.

Au 31 décembre 2017, la fonction publique française employait 5,7 millions de personnes (voir tableau INSEE ci-dessous) se décomposant en 2,5 millions dans la fonction publique d’Etat, 2,0 millions dans la fonction publique territoriale et 1,2 million dans la fonction publique hospitalière. Comme le disait pudiquement France Stratégie(*) dans un rapport publié en décembre 2017, « le taux d’administration de la France est relativement élevé. » Il se situe en effet aux alentours de 88 agents pour 1 000 habitants quand celui de l’Allemagne, voisin comparable, est à 56 ‰. Lire la suite

Bienvenue au pays du 1er avril permanent !

Parmi les nombreux poissons d’avril qui frétillent dans nos eaux administratives avec une désespérante réalité, voici l’histoire abracadabrante mais vraie des fonds européens LEADER pour le développement rural qu’il va peut-être falloir rendre.

Le 7 mars dernier, le Sénat fut le théâtre d’une scène très inhabituelle. Loin des « ça va mieux » et autres satisfecits que nos dirigeants ne manquent jamais de se décerner, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume s’adressait aux sénateurs en des termes particulièrement angoissants :

« Je ne vais absolument pas vous rassurer parce que la situation n’est pas rassurante ! »

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Comptes publics 2018 : abus de langage contre morne réalité

Peu a été fait en 2017 et 2018, tout se complique pour 2019.

Ainsi donc, la croissance française s’est établie à 1,6 % en 2018 et le déficit public rapporté au PIB est tombé à 2,5 %(1). Que du bonheur ! se congratule depuis lors le duo Darmanin-Le Maire qui règne sur Bercy. Selon nos deux ministres, ces chiffres meilleurs que prévus et jamais vu depuis 10 ans pour le second, sont à l’évidence « le fruit du sérieux budgétaire » du gouvernement et confirment que « la politique économique voulue par le Président de la République fonctionne ». Et d’accumuler comme l’an dernier les tweets élogieux sur le nouvel élan économique inspiré par Emmanuel Macron : Lire la suite

Hamon : salaires, dividendes et grosse salade !

La perspective des élections européennes donne incontestablement au Grand débat national des allures de foire à la démagogie, et pas seulement de la part du gouvernement. Au petit jeu du « yaka fokon aille chercher l’argent là où il est » sur fond de disqualification constante du profit réalisé par les entreprises, l’ancien candidat très malheureux du PS Benoît Hamon se montre presque aussi brillant que Bruno Le Maire. Lire la suite

Retraites : changer le système. Mais vraiment.

Réforme des retraites, couacs, démentis, rétropédalages et petites phrases, c’est parti ! Ou plutôt, c’est reparti pour une millième réforme – et c’est casse-gueule. Depuis que je suis en âge de lire la presse économique et politique, disons quarante ans, ce sujet qui oppose déficits chroniques et idéologie des « droits acquis » n’a jamais quitté l’actualité, et on l’a beaucoup vu s’exprimer dans les fureurs de « la rue », comme Alain Juppé (1995) s’en souvient certainement fort bien. Lire la suite

Gilets jaunes : la sortie de crise n’est pas pour demain

« Comme il semble loin, ce temps où des Français en gilet jaune descendaient dans la rue pour s’opposer à la hausse des taxes sur les carburants et dénoncer à juste titre la France comme le pays champion du monde des taxes ! » Ces mots que j’écrivais au lendemain de l’acte 14 des Gilets jaunes, combien j’ai encore plus de raisons de les écrire après la véritable guérilla urbaine à l’ombre des Black Blocs qui a caractérisé l’acte 18 de samedi dernier ! Lire la suite

Macron ou le projet d’une Europe rétrécie aux scléroses françaises

Dans sa lettre adressée la semaine dernière aux Européens en vue des élections européennes du 26 mai prochain, Emmanuel Macron donne une définition du projet européen d’origine à laquelle j’adhère volontiers :

« La réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. »

Paix, prospérité, liberté : je partage cette ambition ; mais après lecture complète de l’épître présidentielle, mon partage s’arrête là. Lire la suite

L’arnaque du « Libérer Protéger » macronien

Il y a un an, la Présidente LREM de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale Brigitte Bourguignon s’exclamait en une du Figaro : « On a libéré, maintenant il faut protéger ». À l’époque, il fallait déjà un télescope géant pour parvenir à discerner quelques poussières de libéralisation dans un univers de contraintes et de dépenses publiques renforcées, mais Marlène Schiappa a de bons yeux et elle confirme : la libéralisation, c’est fait et bien fait ; passons au volet « social » du quinquennat ! Lire la suite

Jacques Rueff : « Pourquoi, malgré tout, je reste libéral »

Je vous le disais dans mon dernier article, en 1934, l’économiste Jacques Rueff fut invité à prendre la parole devant ses camarades polytechniciens du groupe « X Crise ». Ce dernier, créé en 1931 afin de réfléchir au renforcement de l’économie française après la violente secousse de 1929, adopta très rapidement une approche économique planiste et technocratique que Rueff relève dès le début de son discours pour s’en démarquer ensuite : Lire la suite

Parité H/F : les « convictions » sans réflexion de l’abbé Bruno

Coucou, qui revoilà ? C’est l’abbé Bruno, plus corseté que jamais dans ses mines d’enfant de chœur et sa propension obsessionnelle au contrôle social millimétré de tout ce qu’il touche. Entreprises, tremblez ! Bruno Le Maire veille tellement sur vous qu’en fait, il vous surveille, et finalement, il vous étouffe ! Lire la suite