Licenciements chez Danone : qui veut faire l’ange…

Le groupe Danone, géant français de l’agroalimentaire coté au CAC 40, a annoncé en début de semaine un plan de licenciement de 2 000 personnes dans le monde, dont 400 à 500 en France.

Pas inhabituelle en cette période de grave crise économique sur fond de confinements anti-Covid, la nouvelle a cependant eu l’effet d’une petite bombe car venant d’une entreprise dont le PDG Emmanuel Faber, HEC, 56 ans, n’a négligé aucun effort pour se tailler une agréable réputation de patron « plus humain » que les autres : pour lui, voyez-vous, les impératifs de « justice sociale » passent avant les profits.

Enfin, ça, c’était avant.

Catholique affirmé, Emmanuel Faber avait déjà eu l’occasion de dénoncer le monde de l’entreprise et de la finance en 2011 dans un ouvrage intitulé Main basse sur la cité. Mais c’est en 2016, dans un discours prononcé lors de la remise des diplômes des étudiants d’HEC qu’il affiche avec le plus de force les grandes lignes de son éthique entrepreneuriale personnelle (vidéo ci-dessous, 09′ 06″).

Expliquant d’abord comment la vie particulière de son jeune frère schizophrène l’avait ouvert à la « beauté de l’altérité » puis racontant ensuite – non sans un agaçant petit côté « voyez comme je suis une belle personne » – ses propres expériences auprès des SDF (« de temps en temps, je vais dormir avec eux »), auprès des migrants de la jungle de Calais et dans les bidonvilles du monde entier, il conclut sur les leçons qu’il tire de tout cela en tant que patron d’un grand groupe multinational :

« Désormais, après toutes ces décennies de croissance, l’enjeu de l’économie, l’enjeu de la globalisation, c’est la justice sociale. (…) Il n ‘y aura pas non plus de justice climatique sans justice sociale. »

« Ce dont je suis sûr après 25 ans d’expérience, c’est qu’on vous a dit qu’il y avait une main invisible ; eh bien, il n’y en a pas. Il y en a peut-être une, mais je peux vous dire qu’elle est plus handicapée que mon frère, elle est cassée. Il n’y a que vos mains, mes mains, pour changer les choses, pour les rendre meilleures. »

Qualifié d’émouvant et d’humaniste, ce discours fondé sur la remise en cause d’un capitalisme considéré comme sans foi ni loi a beaucoup plu, aussi bien chez les catholiques, qui n’ont que trop souvent tendance à renvoyer dos à dos marxisme et libéralisme, que chez les socio-démocrates, qui n’ont que trop souvent tendance à vouloir diriger étroitement le capitalisme.

Non sans provoquer également quelques critiques : expliquer qu’on peut être heureux avec presque rien tout en gagnant plusieurs millions d’euros par an chez Danone, n’est-ce pas la quintessence d’un discours à la fois contradictoire et indécent ? 

Mais l’on voit bien l’état d’esprit. À partir de maintenant, les entreprises doivent montrer qu’elles sont gentilles, attentives aux autres, attentives au climat et attentives à la planète. Finis les licenciements boursiers et les salaires de misère, finies les inégalités salariales entre les hommes et les femmes, finie l’exploitation inconsidérée des ressources et des hommes, finis la pollution et les gaz à effet de serre. Bienvenu dans l’univers réconcilié de la RSE (ou Responsabilité sociale des entreprises) dont les doux préceptes envahissent Linkedin et les livres de management.

Il n’est donc pas très étonnant qu’Emmanuel Faber ait été le premier parmi les dirigeants du CAC 40 à adopter les dispositions de la loi PACTE concoctées par le ministre de l’économie Bruno Le Maire dans le but d’intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans l’objet et le statut des entreprises.

C’est ainsi qu’il y a seulement cinq mois, le 26 juin dernier, les actionnaires de Danone votaient à 99,4 % le nouveau statut d’entreprise « à mission » de leur groupe et que Faber leur lançait en retour avec une satisfaction anti-libérale non dissimulée :

« Vous venez de déboulonner une statue de Milton Friedman ! »

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Pourtant, à ce moment-là, on sortait d’un premier confinement extrêmement rigide qui avait vu le PIB français se contracter de 5,9 % au 1er trimestre 2020 puis de 13,8 % au second. Chez Danone, le chiffre d’affaires du premier semestre donnait déjà de premiers signes de repli, notamment du côté des eaux minérales, très sensibles à la vitalité du secteur des bars et des restaurants, et le bénéfice net était en recul de 10 %.

Tendance qui s’est amplement confirmée à fin septembre avec un chiffre d’affaires total de 18 milliards d’euros, soit -5,4 % par rapport à la même période de l’année 2019 et -20,5 % pour la part eaux minérales (2,9 milliards). 

Et donc, finalement, malgré les beaux discours lénifiants, décision de procéder à 2 000 licenciements afin d’économiser 700 millions d’euros de frais de structure d’ici 2023 et accélération de la digitalisation et de la robotisation de la production afin de gagner 300 millions d’euros en gains de productivité. L’idée : pouvoir vendre moins cher, car la concurrence (de Nestlé, Coca, Unilever) est rude, tout en reconstituant les marges, garantes du développement futur de l’entreprise.

Emmanuel Faber : 

« Ce plan a pour objectif de remettre Danone sur le chemin de la croissance rentable qui était celui qu’elle a toujours connu. » (Le Point)

« La pandémie n’est pas responsable de tous les bouleversements de la consommation alimentaire, mais elle en a accéléré certains traits et altéré d’autres. (…) Cette année a montré que la compétitivité de nos activités, de nos marques, peut être déstabilisée par les à-coups de la conjoncture. » (Les Echos)

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On est loin du discours « donneur de leçons » d’HEC ; on est loin des coquetteries anticapitalistes de l’entreprise à mission… À l’époque, voulant faire l’ange, le PDG de Danone s’est retrouvé à faire la bête, c’est-à-dire à donner à son entreprise des objectifs incontestablement en phase avec une opinion publique et des médias français plus que méfiants à l’égard du secteur privé, mais qui ont éloigné Danone de son vrai rôle social.

Car oui, l’entreprise à un rôle social très important : il consiste à faire du profit !

On oublie trop souvent que la seule création de richesse réalisée sur cette terre est le fait des activités marchandes. Ce sont leurs chiffres d’affaires qui sont à l’origine de tous les salaires, de tous les revenus et de tous les impôts. D’où viennent-ils tous ces « moyens » que ne cessent de réclamer à cor et à cri tous ceux qui se scandalisent sur le mode « Nos vies valent plus que leurs profits » si ce n’est au départ du chiffre d’affaires réalisé par des entreprises innovantes et performantes ?

L’entrepreneur qui tient à son entreprise sait très bien qu’elle repose sur le trépied « actionnaires, clients, salariés. » Il sait très bien aussi que la société en général est de plus en plus sensible aux questions d’environnement et que seul un régime de concurrence non faussée permettra de la servir au mieux de ses exigences en ce domaine comme en d’autres, certainement pas les contraintes supplémentaires imposées par un ministre dirigiste qui rêve de transformer les entreprises en une sorte d’annexe des services publics.

Quant à l’horrible profit, c’est-à-dire ce qui reste une fois que les salariés, les fournisseurs et l’État ont été payés, il est la garantie que l’entreprise va continuer à tourner, qu’elle va garder la confiance des actionnaires qui la capitalisent, qu’elle va continuer à innover, investir, produire et satisfaire les consommateurs. Il est la garantie qu’elle va continuer à acheter les biens et services d’autres entreprises. Il est la garantie qu’elle va continuer à embaucher et payer des salaires.

Là réside l’énorme, l’indispensable valeur sociale de l’entreprise, pour peu qu’on la laisse se développer dans un environnement concurrentiel qui l’oblige à donner le meilleur d’elle-même vis-à-vis de ses clients et de ses salariés.

Le profit n’est pas la marque de l’égoïsme délétère particulier des actionnaires ou des entrepreneurs indépendants, il est la récompense de leurs efforts pour servir des clients au meilleur prix en utilisant au mieux leurs ressources. L’absence de profit n’est en rien le signe d’une générosité particulière, c’est celui d’un échec.

Les entreprises qui ne font pas, ou pas assez de profit sont vouées à changer de modèle économique avant qu’il ne soit trop tard ou à disparaître. Ce dont Emmanuel Faber semble s’être rendu compte à temps. Tout le reste n’est qu’un blabla bienpensant inutile – et dangereux pour la prospérité de tous les citoyens. 


Illustration de couverture : le PDG de Danone Emmanuel Faber en 2018.

41 réflexions sur “Licenciements chez Danone : qui veut faire l’ange…

  1. Bravo, tout est dit, et à force de taper sur les entreprises, de laisser les portes ouvertes à une concurrence mondiale très souvent déloyale on finit par avoir plus de fonctionnaires+chômeurs que de salariés. Nos idiots inutiles qui nous gouvernent grâce à une démocratie dévoyée ne peuvent comprendre car ils n’ont jamais rien entrepris avec leur argent. Quant au patron actuel de Danone, il est hors sol et du genre faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais. Un vrai fonctionnaire.

    • Le regard critique sur les péripéties de la comm RSE et les concours d’éloquence á HEC est salutaire pour autant n’en oublions pas l’essentiel : Il est faux de dire que les entreprises seules créent de la richesse puisque dans l’histoire économique tout demontre que ce sont les Etats qui créent les conditions du marché, voire le marché. Les visions trop simplistes erigeant, comme la votre, l’entreprise ou l’Etat en solution universelle ont peu d’intérêt pour affronter les défis de l’époque (dont le désastre écologique)

      • Il n’y a pas de désastre écologique.

        « Tout démontre que… » : hop, hop, hop ! Démontrez-le, puisque c’est si facile. Ne nous bourrez pas le mou.

        « Les Etats qui créent les conditions du marché, voire le marché. » : affirmation absurde. Le marché, c’est l’association des besoins de l’homme et de la psychologie collective. C’est donc une chose qui dépend de la nature humaine. Il n’est nullement possible à un Etat de créer le marché. En revanche, il lui est possible d’en entraver le fonctionnement.

        « Il est faux de dire que les entreprises seules créent de la richesse. » : eh non. C’est vrai. Expliquez-nous donc qui d’autre crée de la richesse. (Sachant qu’il faut comprendre le terme d’entreprise au sens large : un médecin, par exemple, crée de la richesse par son travail, en tant qu’entrepreneur individuel.)

      • @Philippe : l’Etat est essentiel, personne ne prône l’anarchie. Le but ce n’est pas la Lybie ou la Somalie. Maintenant de là à dire que l’Etat participe à la création de richesse, il faudrait être un peu plus précis. Est-ce que vous pensez aux entreprises publiques ? Aux investissements publics ? Ou à autre chose ?

        Je continue pour ma part de penser que l’Etat n’a pas à se substituer aux entreprises pour la simple raison qu’il le fait très mal. Je pense par exemple à Areva, dernier avatar d’une gestion catastrophique des entreprises publiques. Et on pourrait citer Alsthom également. Est-ce que les ex-inspecteurs des finances et le trésor ont mieux géré les entreprises ? J’en doute. Regardez cette belle entreprise qu’est EDF. L’état lui a imposé des engagements qui mettront en péril son équilibre dans les prochaines années, notamment le financement des réacteurs anglais de Hinkley Point, décision purement politique qui fut prise par François Hollande au mépris de toute autre considération économique et qui entraina la démission du directeur financier d’EDF de l’époque.

        La logique du capitalisme c’est que ce sont les investisseurs privés qui prennent les risques. Aux Etats-Unis, des capital venture financent l’économie numérique, ils espèrent tous investir dans le prochain Facebook, c’est très bien. Mais pour 10 entreprises qui marchent il y en a 90 qui coulent, et parmi les investisseurs certains boivent le bouillon. L’Etat n’a pas à prendre des risques avec l’argent des contribuables. Qu’il remplisse déjà les missions qui sont les siennes, qu’il assure la sécurité, qu’il cesse de fermer des tribunaux, qu’il cesse de supprimer des lits dans les hôpitaux, qu’il améliore la qualité de l’enseignement dispensé par l’éducation nationale, etc. Ce sera déjà bien et tout le monde lui en sera très reconnaissant, moi le premier.

        L’Etat par ses subventions ralentit les processus de destruction générés par les crises, mécanismes qui sont nécessaires pour favoriser une meilleure allocation des capitaux. Je ne crois pas que c’était le rôle de l’Etat de soutenir les fabricants de calèches lorsque l’automobile est arrivée. S’il l’avait fait, il aurait simplement désavantagé nos fabricants d’automobiles de l’époque. Bien malin qui saurait dire qui sont les calèches et les automobiles de notre temps, mais ce dont je suis certain c’est que l’Etat n’est pas le mieux placé pour en décider.

        Avec les subventions et les aides l’Etat fausse la concurrence et fragilise le tissu économique français. Certaines grandes entreprises ne sont pas incitées à innover, il est tellement plus simple de faire du lobbying à l’Elysée et à Bercy. Du coup elles gardent leur pré carré national mais se font dépasser par la concurrence étrangère. Est-ce que vous vous souvenez des télés Thomson, devenues TMM avant d’être rachetées par les chinois ? Au cours des 20 dernières années, l’industrie française est descendue en gamme, dixit le très keynesien Patrick Artus.

        Et pour finir, je voudrais également parler des aspects politiques. Les décisions de l’Etat sont fortement influencées par le politique, par les affinités, les idéologies, le copinage parfois. Et je n’aborde même pas le terrain de l’instabilité législative et fiscale.

  2. Oui vous avez raison de rappeler qu’on oublie trop souvent le rôle sociétal du profit, y compris dans le financement des actions sociales. J’aime bien citer l’excellent député Jean-Louis Bourlanges qui aime à rappeler qu’en France comme en Allemagne notre modèle c’est l’économie sociale de marché, mais qu’en Allemagne on entend surtout le mot marché tandis qu’en France c’est plutôt le mot social.

    Sans rêver d’une France plus libérale, on se contenterait déjà bien d’un rééquilibrage entre le social et le marché. Lors des discussions avec mon fils aîné, qui est au lycée, je passe pas mal de temps à revenir sur les notions de base en économie tant la désinformation est importante dans le milieu lycéen. Et ça ne vient pas uniquement ou principalement des enseignants les élèves ont également leur lot d’idées reçues, souvent très à gauche et très écolo. mais qui paradoxalement ne se mobilisent pas contre le complexe médico-industriel ni contre les décisions anti-démocratiques du gouvernement dans la crise du COVID Je ne leur en veux pas, on leur a lavé le cerveau depuis leur enfance.

    J’ai eu l’occasion de discuter un bon moment avec un enseignant socialiste qui tractait sur notre marché lors des dernières élections. Il m’a expliqué tous les avantages qu’il y aurait à fusionner nos communes afin de générer des économies. Mais lorsque j’ai lu dans le détail les propositions de son groupe, je me suis aperçu que ces supposées économies allaient de pair avec une augmentation des impôts locaux. Chassez le naturel, il revient au galop. Et je ne parle pas du documentaliste du collège qui arborait au sein de l’établissement un pins de la France insoumise (mais il faut interdire les pendentifs en forme de croix !).

    Rien d’étonnant alors à ce que le discours ambiant soit fortement anti-entreprise et surtout anticapitaliste. Mais fort heureusement il reste l’état, l’ultime recours, la solution à tous nos maux, l’acteur impartial et salvateur qui résoudra tous les problèmes avec l’efficacité et le bon sens dont il a fait preuve dans la crise du COVID et dont le résultat est le sabordage de l’économie et de la démocratie française. En Marche vers la démocrature !

    • Je serais curieuse de connaître votre réponse à votre fils, s’il vous demandait quoi penser de ce million de Français qui ont plongé dans l’extrême pauvreté du fait du Covid-19, alors que les « milliardaires français » ont vu leur fortune s’accroître de 439% entre 2009 et 2020 ?

      • Merci de me solliciter, je vais vous répéter ce que j’ai dit à mon fils parce qu’il se trouve que j’ai discuté de ce sujet avec lui.

        Ce dont nous avons besoin en France c’est d’emploi. C’est l’emploi qui fera reculer la pauvreté et le chômage et qui évitera que des millions de gens descendent dans les rues (gilets jaunes). La taxation des milliardaires est illusoire c’est un chiffon rouge qu’on agite. Tout d’abord les sommes ainsi dégagées seraient insuffisantes pour répondre aux besoin. Par ailleurs, les milliardaires ont la possibilité de résider là où ils le souhaitent et ils ont les moyens de payer des fiscalistes. Dans la pratique ceux qu’on appelle les riches ce sont les classes moyennes (couples: 4000 euros/mois, célibataires: 2500 euros/mois). Ce sont ces classes moyennes qui ont payé l’essentiel du matraquage fiscal depuis le gouvernement Hollande, souvenez-vous c’était le président qui détestait les riches et qui voulait mettre la finance à genoux.

        Par ailleurs, la concentration de la richesse dans les mains d’un petit nombre de milliardaires est le résultat de l’hyper concentration à l’oeuvre dans notre pays. Ce qui nous manque ce sont des entreprises de tailles intermédiaires, un tissu industriel conséquent qui permettrait à l’industrie d’enrichir notre pays. Ici aussi il faudrait développer, mais je pointerais pour ma part les mêmes maux que je dénonce par ailleurs : centralisme bureaucratique, asséchement des financements par le déficit gouvernemental, lobbying des grandes entreprises (capitalisme de connivence).

        Mais là n’est pas l’essentiel. Nous avons besoin des riches pour investir dans notre économie, pour financer les futurs Google, Amazon et autres, pour créer les leaders de demain qui fourniront l’emploi d’après-demain et pour posséder les fleurons que nous rachètent à tour de bras les américains. Je ne peux pas me réjouir de voir toutes nos entreprises dirigées par des anciens inspecteurs des finances qui les revendent ensuite à des américains. Parce que dites-vous bien qu’une fois les sièges sociaux partis de France, dès qu’il y a des fermetures de sites et des licenciements à faire, c’est pour la France.

        Quand au sabordage de l’économie française à l’occasion du COVID, qui a causé la pauvreté qu’à juste titre vous rappelez, elle n’est pas du aux milliardaires, ni même à l’inégalité de revenus. Ce sont les décisions du gouvernement et des administrations centrales qui ont conduit à ce fiasco. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, disons que le primat de l’étatisme et du bureaucratique ainsi que la défiance envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à du privé sont au coeur du problème. Si j’avais le temps j’aimerais également développer sur le thème du complexe medico-industriel qui a sa part dans le sabordage de l’économie.

      • Merci Lionel de m’avoir si longuement répondu.
        J’ai pu ainsi constater que votre fils a à faire à forte partie !
        Mais puisque vous évoquez le Covid, et que bon sang ne saurait mentir, votre fils ne tardera pas de vous demander votre avis sur le livre de Klaus Schwab et Thierry Malleret, intitulé :
        Covid-19 : The Great Reset.
        A toutes fins utile je signale que le site « Le Courrier des Stratèges » s’est lancé dans l’analyse de cet ouvrage qu’il développera sur une dizaine d’articles. Pour l’instant il en existe déjà quatre.

        https://lecourrierdesstrateges.fr/

      • @MarianneArnaud: merci pour vos encouragements et pour votre lecture attentive. Je n’ai pas lu le livre de M. Schwab et je n’ai pas l’intention de le faire, j’en suis désolé. Personnellement, je ne suis pas convaincu par la thèse du grand reset, je m’en suis expliqué dans une vidéo que j’ai consacrée au documentaire Hold-Up (https://youtu.be/Q1ukw-xDq00).

        La thèse du grand reset c’est la collision entre d’un côté le rêve illusoire et pas forcément souhaitable d’un gouvernement mondial, rêve porté notamment par M. Schwab, et d’autre part les projections paranoïaques suscitées chez les citoyens traumatisés par la gestion calamiteuse de la crise du COVID.

        Nous avons besoin de comprendre le sens des événements, de comprendre la gabegie des autorités, leur recours immodéré aux lois liberticides et à la dictature sanitaire. Mais je ne crois pas au sens caché, encore moins au sens qui nous serait caché. Les causes du problème sont en réalité beaucoup plus simples et banales.

        Je pense que la situation peut aisément s’expliquer par les deux sources intemporelles à l’origine de bien des malheurs que l’espèce humaine s’est infligée : l’argent et le pouvoir. Plus précisément, il faut rechercher les causes de nos maux actuels dans les dysfonctionnements du complexe médico-industriel, dans le centralisme bureaucratique ainsi que dans la tentation illibérale qui touchent nos sociétés occidentales sur le déclin, et enfin par un mélange de panique et de mimétisme.

        Il y a un livre que je vous conseille, que je n’ai pas encore donné à mon fils parce qu’il est encore un peu jeune (quoique) , c’est « Remèdes mortels et crime organisé » de Peter Gotzsche, scientifique danois, anciennement membre de la collaboration Cochrane et fondateur de l’Institute for Scientific Freedom. Il n’est pas le seul, en France nous avons notamment, mais pas seulement, Philippe Even dont je vous recommande également la lecture.

        Il faut bien comprendre que même les plus modestes et les plus pauvres d’entre nous possèdent un pouvoir d’achat en matière de santé qui est sans commune mesure avec leur pouvoir d’achat ordinaire. Je m’en félicite, l’accès aux soins de tous est un progrès immense par rapport aux siècles passés. Mais ce progrès à son revers. Car ce pouvoir d’achat suscite bien des appétits et il existe bien des manières de le capter, parmi lesquels les vaccins, les anti-dépresseurs, les statines et autres. Il faudrait également parler de la course aux nouvelles molécules, parfois dangereuses, parfois inutiles, parfois sans aucun bénéfice en comparaison des anciennes molécules. Il y aurait tant à dire. Si le sujet vous intéresse je vous renvois à ce livre passionnant.

      • Il faut maintenant que je vous avoue que je crois être incapable de lire le genre de littérature que vous me proposez, mais en revanche j’ai parlé de ce livre à une personne que cela intéresse.
        D’autre part j’ai été littéralement bluffée par votre tableau synthétique concernant le documentaire Hold Up. Les analyses m’ont parues très justes, j’y retournerai car je suis loin d’avoir tout lu !
        Merci encore !

      • @Nathalie MP Meyer: oups,désolé pour le précédent envoi, j’ai eu un problème d’interface fauteuil/clavier. Je ne suis pas contre les vaccins, tout le monde est à jour dans la famille, les enfants ont même reçu les fameux 11 vaccins avant qu’ils ne deviennent obligatoires.

        Je suis contre l’obligation vaccinale, je pense qu’elle a été décidée pour des critères non-médicaux, simplement parce que les labos n’étaient plus en mesure de fournir les injections à 3 vaccins obligatoires et que le conseil d’état avait mis l’Etat en demeure de les fournir sous 6 mois. Comme Marisol Tourraine n’a pas pu ou pas voulu obtenir l’injection à 3 vaccins des laboratoires, elle a organisé une sorte de consultation-écran destinée à faire accepter le passage à 11 vaccins obligatoires, sans aucune nécessité médicale. Puis, comme M. Touraine a été gentiment poussée vers la sortie, c’est Mme Buzyn qui a repris le projet, comme si c’était la chose la plus urgente à faire passer.

        Et s’agissant du vaccin anti-covid, je serai pour ma part très prudent et j’en discuterai avec le médecin de famille, mais dans l’état actuel des choses, ce sera non. Actuellement tout le monde se fiche de l’innocuité des nouveaux vaccins anti-covid, mais quand l’épisode de panique sera passé et que les effets secondaires se manifesteront, les questions de base vont revenir.

        Dans votre article, vous établissez une liste de prérequis nécessaires au retour de la confiance concernant les vaccins notamment « une attitude irréprochable des ministres et autres directeurs de telle ou telle administration au regard des conflits d’intérêts ». C’est bien le problème. Il y a une telle corruption dans le domaine de la santé que certains professionnels, dont l’éminent Peter Gotzsche, parlent de mafia et de crime organisé. Bien sur tout n’est pas pourri dans le royaume du Danemark, mais tout n’est pas non plus de la belle science, et ici plus qu’ailleurs la responsabilité individuelle doit être mobilisée. C’est pour ça que je suis contre l’obligation vaccinale.

      • @ Lionel

        Votre vidéo date du 17 novembre dernier. Vous la commencez en faisant l’éloge de la chloroquine. A cette date, cela faisait longtemps, déjà, que la science avait démontré l’inefficacité de cette substance dans le traitement du Covid, et le danger qu’il y avait à continuer de prétendre le contraire.

        Commencez donc par vous documenter sur les sujets que vous prétendez traiter, avant de donner votre avis.

        Vous commencez également par donner une liste de personnes interviewées dans le torchon complotiste Hold-up, en affirmant que leur présence accrédite la crédibilité de cette vidéo. C’est le contraire.

        Alexandra Henrion-Caude est une complotiste confirmée. Elle ment. C’est un charlatan, un savant dévoyé. Au même titre que Christian Perrone, Dider Raoult et les autres que vous citez.

        Au même titre, d’ailleurs, que Philippe Douste-Blazy, qui a été piégé pour participer à cette vidéo, et a réclamé son retrait par la suite, mais qui n’en a pas moins soutenu le charlatan et criminel Didier Raoult, dans son ignoble campagne de propagande personnelle.

        Ces gens-là ont du sang sur les mains. Ils ont les mains blanches, car ils ont tué par virus et cancer interposé, mais ils n’en sont pas moins des assassins.

      • @ Robert Marchenoir

        Chassez le naturel… c’est une vieille histoire !

        Je viens de regarder la vidéo de Lionel que vous incriminez.
        Chez lui c’est : j’ai noté, je pense, il me semble, je trouve, à mon avis, j’ai pas aimé, je ne dis pas, je vous encourage, personnellement j’aurais aimé, je vous propose, etc.
        Chez vous c’est : la science avait démontré l’inefficacité de la chloroquine ! Ah bon ? Et pas un mot sur l’étude bidonnée du Lancet !
        Après : « Hold Up » est un torchon ! Tel et telle sont des charlatans ! Ils ont du sang sur les mains ! Ce sont des assassins !

        Mes compliments.

      • Cette discussion sort du cadre de l’article de Nathalie, je trouverais dommage qu’on la poursuive ici. Si vous souhaitez réagir à ma vidéo sur l’article Hold-Up, vous pouvez le faire directement sur la page de la vidéo. Merci @Mildred pour votre soutien, je vois que vous avez compris et que vous partagez le sens de ma démarche.

      • @ Lionel

        Je vous trouve un peu culotté. Vous faites ici la publicité de votre vidéo sur le faux documentaire Hold-up, vous acceptez sans problème les commentaires élogieux à votre égard, mais dès que des commentaires critiques se manifestent, alors c’est hors-sujet et il faudrait commenter sur You Tube.

        Je ne commente jamais sur You Tube, parce que la qualité des intervenants est épouvantable, et qu’il est impossible de le faire sans être pisté par Google.

        Avant de diffuser des fausses nouvelles par temps de pandémie (ce qui n’est pas simplement une opinion contestable, mais une mauvaise action), vous auriez pu, par exemple, lire ce bilan récent, mis à jour au 19 octobre, des meilleures études consacrés à la chloroquine et à ses dérivés dans le traitement du Covid-19, par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique :

        https://sfpt-fr.org/covid19-foire-aux-questions/1094-la-chloroquine-ou-l-hydroxychloroquine-sont-elles-efficaces-pour-prevenir-ou-traiter-l-infection-par-coronavirus

        La conclusion est sans appel : cette substance n’a aucune efficacité, et elle est risquée pour les malades.

        Vous auriez pu lire ce bilan très détaillé des études existantes fait par le site d’information scientifique Futura Santé, le 9 août, puis le 28 octobre :

        https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-chloroquine-fin-partie-80151

        La conclusion est sans appel : non seulement ça ne marche pas, mais en plus, l’hydroxychloroquine augmente la mortalité de 2 à 20 %.

        Vous auriez pu lire ce bilan fait le 29 juillet par un médecin américain, sur son blog Respectful Insolence, mondialement réputé pour son travail d’enquête sur la fausse science :

        https://respectfulinsolence.com/2020/07/29/hydroxychloroquine-the-black-knight-of-treatments-for-covid-19

        Il montre qu’études après études après études ont prouvé l’inefficacité de la chloroquine — mais ça ne fait rien, d’innombrables charlatans (dont des médecins de profession) continuent d’assurer le contraire en dépit de toute évidence.

        Vous auriez pu lire cet article de Sciences et Avenir, qui, dès le 24 avril, expliquait pourquoi la chloroquine ne pouvait pas être efficace contre le Covid-19 :

        https://www.sciencesetavenir.fr/sante/hydroxychloroquine-son-inefficacite-etait-previsible-depuis-le-debut_143764

        Vous auriez pu lire l’article de ce journaliste scientifique, spécialisé dans la détection des arnaques scientifiques, qui, dès le 22 avril, expliquait la fraude de Didier Raoult :

        https://forbetterscience.com/2020/04/22/chloroquine-witchdoctor-didier-raoult-barking-mad-and-dangerous/

        Et ainsi de suite. Ce qui précède est un minuscule aperçu du corpus scientifique mondial qui discrédite entièrement les allégations contenues dans le faux documentaire Hold-up, longtemps avant sa sortie.

      • Merci, Lionel, pour votre analyse du documentaire Hold-up, que je trouve très intéressante (en fait, c’est surtout parce que vous abondez dans mon sens). Le problème est que le film s’est égaré pendant au moins 25% du temps dans des réflexions oiseuses et non étayées, et ça a gravement nui à sa crédibilité, et a ouvert inutilement une porte à un procès en sorcellerie. Ils aurait vraiment dû s’arrêter après 1h30, car ce qui suit est souvent hors sujet, bien que par moments non dépourvu d’intérêt.

        Quant aux causes de ce délire « covidique », j’ai tenté d’y voir clair depuis le mois de mars (je vous avoue qu’étant naturellement allergique aux théories complotistes, j’avais beaucoup de mal à comprendre ce qui nous arrivait), et je suis arrivé aux mêmes conclusions que vous, quoique je ne mets pas les causes dans le même ordre.
        – En premier lieu, la panique et le mimétisme est à mon avis la raison principale du dérapage initial, et a entraîné tout le reste.
        – Ensuite, ils ont travaillé suivant les seuls schémas qu’ils connaissaient, à savoir le centralisme bureaucratique, et en écartant brutalement toute opposition, attitude typique de personnes qui ne sont pas très sûres du bien-fondé de leurs actions, mais tellement imbues d’elles-mêmes qu’elles sont incapables de le reconnaître.
        – Est venu se greffer sur ce terreau ce que vous appelez le « système médico-industriel » qui a profité de la situation, mais je ne la vois pas comme une cause primaire, à part qu’ils ont su immédiatement se placer dans l’entourage du président, en l’influençant et au bout d’un moment, en le tenant sous leur coupe. Il y est toujours, manifestement. Leur sort est lié.

        Maintenant, nous sommes dans une impasse, car ils se sont privés de toute possibilité de faire machine arrière, et c’est ça qui m’inquiète. Ils sont partis bille en tête dès le début en pensant que seul un vaccin peut nous sauver (ce qui, d’un point de vue médical, est aberrant, me semble-t-il). Maintenant, il est beaucoup trop tard pour qu’ils disent:

        « Bon, on s’est trompé, il existe des possibilités de traiter les patients atteints, ce n’est pas parfait (loin de là, mais c’est déjà beaucoup mieux que de prendre du Doliprane jusqu’à l’impossibilité de respirer), mais on a des résultats (comme pour les cancers), et on laisse les médecins de ville, les hôpitaux et les pharmaciens faire leur boulot, continuer à chercher, à affiner les méthodes de soins. D’autre part, le taux de mortalité ne justifie aucunement des mesures de confinement et d’arrêt de l’économie. Donc, on s’excuse, et on vous laisse vaquer à vos occupations, prenez juste garde aux personnes fragiles en prenant des mesures prophylactiques adéquates, que les médecins vous détailleront au cas par cas. »

        Ils ne peuvent plus dire ça, car l’économie, qui n’était déjà pas très saine (euphémisme) juste avant, est maintenant en capilotade totale, et de plus, la France n’est pas le seul pays en déroute, loin de là. Même les pays du Nord, généralement mieux gérés, ont souffert terriblement. La situation est bloquée, la seule manière dont notre gouvernement a choisi pour éviter les ennuis graves est la fuite en avant. Ils continuent à insuffler la peur à toute la population jusqu’à l’arrivée du premier vaccin qui passera, et ils tenteront de l’imposer d’une manière ou d’une autre. Ce qui me fait dire que ça risque de mal se terminer.

        En conclusion, il faut vraiment regarder ce documentaire, en gardant son esprit critique, mais ça vaut pour toute information reçue, même sur des blogs bien tenus. Et si vous le permettez, je vais diffuser votre petite vidéo.

        Note: J’ai un point commun avec M. Marchenoir: je ne commente jamais directement sur YouTube, car les commentaires sont souvent d’une qualité qui laisse à désirer… je n’ai même pas de compte YouTube.
        Et je présente mes excuses à Nathalie pour développer un hors-sujet…

      • @Pierre82: merci d’avoir pris le temps de m’écouter, je vois que nous partageons le même point de vue. S’agissant de YouTube je suis d’accord sur votre analyse mais je pense que YouTube a besoin au contraire d’avis intelligents, de vos avis. Croyez moi vous ne vous abaisserez pas, au contraire vous aiderez des personnes qui trouveront dans vos propos autre chose que les habituelles injures et invectives.

      • @Nathalie MP Meyer: merci pour cet article particulièrement intéressant et qui pose des questions de fond comme celle du choix des sources, question d’autant plus cruciale pour moi que je ne suis pas biologiste ou médecin de formation, mais question que je ne veux pas mettre de côté parce qu’en tant qu’individu et père de famille responsable je suis amené à prendre des décisions importantes, comme celle de se vacciner ou pas, et que malgré mes lacunes il faut bien que je me fasse une opinion.

        S’agissant du raisonnement bayésien, je l’avais déjà entendu démontré par Etienne Klein, dans une vidéo YouTube d’ailleurs. Concernant YouTube, je pense qu’on y trouve le pire comme le meilleur. L’erreur que je vois chez certains d’entre nous c’est de ne pas voir le meilleur de YouTube. Je peux vous dire qu’il y a des pépites, à commencer par toutes les conférences en ligne des grandes universités américaines, mais pas seulement. Et malheureusement, oui il y a le pire. Personnellement, j’essaie d’aller vers ce qu’il y a de mieux. Et oui, je ne pense pas que YouTube soit suffisant, je lis surtout des livres et des articles de journaux indépendants.

        Le point essentiel sur lequel je suis en désaccord avec cet article concerne le passage sur la supposée incompatibilité de la science et du libéralisme. Où est le problème? Pas dans l’incompatibilité dont j’apprend l’existence dans cet article et dont je sais peu de choses. Le problème c’est lorsque l’auteur parle de science pour qualifier tout ce qui s’est passé ces derniers mois. Est-ce que l’attestation de sortie a une racine scientifique? J’aimerais bien la connaître. Et l’interdiction d’ouverture des petits commerces? Et le port du masque à 6 ans? Et la commande pour 1,2 milliards d’euros de Remdesivir par l’UE au moment même où l’OMS le déclare inutile? Et l’étude bidonnée du Lancet? Et les conflits d’intérêts des bienveillants scientifiques qui s’expriment à la télé et dont bizarrement tous les conseils vont exactement dans le sens de leurs liens d’intérêts?

        Voilà le reproche que je fais à cette ligne dite scientifique, en dehors de son arrogance et de sa condescendance. Ils voient de la science là où je vois de la politique, de la stratégie d’entreprise, des jeux de pouvoirs, des intérêts financiers. De mon point de vue ce que fait M. Lacoude c’est utiliser des arguments camouflés derrière une habile mais rigoureuse démonstration statistique en vue de justifier des choix qui ne sont pas scientifiques, même si ils reposent en partie sur de la science.

        Je pourrais relever encore d’autres points qui m’ont gêné mais je finirai par sa prédiction d’une grande vague de « niaiseries anti-intellectuelle » contre le vaccin. Alors, voila, je vous laisse juger concernant le vaccin. Mais je peux vous dire comment je fais avec mon garagiste. Si j’arrive à 18h pour récupérer ma voiture et qu’il m’annonce qu’il a du faire changer le système de freinage par un tout nouveau dispositif qui n’a encore jamais été essayé sur aucune voiture mais dont le fabricant garantit qu’il est 100% fiable, bien que les autorités de contrôles ne se soient pas prononcées, s’il ajoute que son mécano a du monter le système en 30 minutes au lieu des 3 heures habituellement recommandées, alors dans ce cas, ma décision est claire : je ne monte pas et surtout je ne mets pas les gosses à l’arrière, bien que j’ai une confiance totale envers l’industrie automobile et les freins en général.

      • @Lionel

        On est bien loin du sujet de l’article, mais concernant la vaccination, j’ai un article là-dessus :

        Concilier vaccination et liberté (21 juin 2019)

        Il est assez remarquable de constater que le mouvement antivax est essentiellement français. Académie nationale de Pharmacie :

        « Même si certaines manifestations cliniques sévères ont pu être associées à des injections vaccinales, aucun lien de causalité n’a pu être établi, à ce jour, avec les adjuvants aluminiques, d’autant que ces manifestations paraissent limitées dans le temps (non identifiées avant 1990 et semblant en extinction depuis 2012) et dans l’espace (la France a cumulé la quasi-totalité des cas décrits dans le monde). »

  3. J’avoue sans honte avoir jubilé en voyant notre petit Emmanuel F. se prendre la main invisible dans sa face. (dans les Echos, « Danone, du RSE au PSE »)
    tellement son discours était bien calibré pour la bien pensance.

    Surtout que dans mon boulot, je vois Danone avec ses contradictions, par exemple, ne pas hésiter à investir dans des mégas fermes (+ de 5000 vaches laitières, au Maroc) tout en distillant ses discours sur les petites fermes humaines, en France.

    J’ai déjà connu cette situation dans un groupe où une division, beaucoup plus rentable que la nôtre, nous la jouait bien condescendante, sociale, avec entretiens d’évaluation avec petits fours, tandis que nous trimions car le secteur n’avait pas du tout la même rentabilité.
    Sauf qu’un jour, cette division a perdu (beaucoup) d’argent, et là, fini de rire, licenciements, serrage de boulons, finis les gadgets, les congrès exotiques.
    Capitaine par vent portant, c’est toujours plus aisé.

  4. Du coup, je vais boycotter les yaourts Danone. C’est ma façon à moi de faire un geste pour la justice sociale.

    J’achète exclusivement des yaourts bourrés de profits et du pinard saturé en sulfites.

  5. Danone c’est typiquement l’entreprise occidentale qui s’est fait piller son savoir-faire et son marketing par les chinois. Wahaha, Zong Qinghou en connivence avec les dirigeants du parti communiste chinois ont coûté des milliards au développement de Danone.
    https://www.melchior.fr/actualite/danone-en-chine-la-saga-wahaha

    Le rôle sociétal du profit et la RSE, c’est du blabla dans un monde impitoyable et autant de boulets supplémentaires.

    Innover coûte, c’est rentable à condition d’en tirer un avantage concurrentiel (les profits) pour quelques années mais si c’est se faire copier dans les six mois, alors c’est paralysant. Sinon, du coup s’endormir sur ses yaourts et ses eaux minérales en pariant sur les seuls gains de productivité, devient mortifère pour l’entreprise.

    La gentillesse sans les profits, c’est la naïveté poussée à son extrême !

  6. Il y a déjà eu des patrons paternalistes. Ce n’est pas nouveau. Je n’aime pas le terme, car il est méprisant, mais c’est celui que nous avons à notre disposition.

    Ces patrons, éventuellement chrétiens, avaient à coeur le bien-être de leur personnel, la pérennité de leur entreprise, et furent à l’origine de nombreuses institutions sociales au bénéfice de leurs employés.

    La différence avec les patrons de gauche contemporains, c’est qu’ils ne se sentaient pas obligés de faire la leçon à tout le monde, de soutenir des lois bien-pensantes mais répressives, de faire interdire les aspirateurs qui aspirent, au prétexte d’écologie, mais en réalité pour éliminer des concurrents moins innovants qu’eux, et ainsi de suite.

    Ils se contentaient de faire, dans leur coin, ce qu’ils croyaient juste de faire.

  7. @ Lionel

    Vous venez de vous faire démonter par le Terminator de ce blog. je ne doute pas que, comme beaucoup d’entre nous, vous vous en remettrez !
    J’ai moi aussi regardé votre vidéo, et il se trouve que ce que vous dites est globalement en phase avec les réflexions que je me suis faites, à une près, et j’ai essayé de vous le dire en commentaire mais cette foutue fenêtre des commentaires n’a jamais voulu s’ouvrir, je le fais donc ici, en m’excusant auprès de Nathalie.
    « Je trouve » que réfuter la thèse du grand reset en disant : « Je n’ai pas lu le livre de M. Schwab et je n’ai pas l’intention de le faire » et en plus d’ajouter :  » j’en suis désolé », cela me laisse une impression curieuse de faiblesse dans le raisonnement.

    Bien à vous.

  8. « Ce dont nous avons besoin en France c’est d’emploi. C’est l’emploi qui fera reculer la pauvreté et le chômage. »
    D’accord avec Lionel, il faut être concentré sur cet objectif pour répondre aux besoins de tous.

    • Oui le problème c’est l’emploi. Si on arrivait à mettre la main sur la totalité de la fortune des milliardaires français, ce serait la fête pendant 2 ou 3 ans mais après ce serait la pauvreté. C’est exactement ce qui s’est passé en Corée du Nord et au Venezuela, les premières années étaient super, c’est les 50 suivantes qui ont été difficiles.

      Après il est vrai qu’entre les Etats Unis et la Corée du Nord il y a un juste milieu, mais comment le déterminer ? Je propose d’utiliser les classement internationaux. Et lorsqu’on le fait on voit bien que le problème de la France ce ne sont pas les inégalités de revenus, très largement corrigées après impôts, ni même les inégalités de patrimoine, mais bien l’incapacité de notre économie à générer de l’emploi. Une partie du problème se trouve dans la faiblesse de l’investissement, l’autre partie dans notre vision socialisante de l’économie.

  9. Personnellement son discours à l’époque ne m’avait pas le moins du monde impressionné ou ému. Du pur bla-bla « content de soi-même », et je vous rejoins dans cette critique là. Par contre je suis sidéré par votre enchaînement brutal sur la conclusion simpliste que vous amenez à gros sabots, toute assurée de l’irréfutabilité de votre démonstration. Comme la vie doit être simple pour vous, avec des idées aussi arrêtées en noir et blanc.

    • – Trois commentaires du pseudo « benfirmin » sur ce blog,
      – Trois critiques méprisantes de celui qui sait mieux que les autres, du style « drôle de salade niçoise votre article, et bon du coup pour le café du commerce » et maintenant « conclusion simpliste que vous amenez à gros sabots » et « comme la vie doit être simple pour vous, avec des idées aussi arrêtées en noir et blanc. »

      —-> Que de l’ad personam, pas un seul argument à l’horizon. Typique. Faudra essayer de faire mieux la prochaine fois.

      • Chère Nathalie,

        Si on ne veut que considérer que le bon côté de la chose, on ne peut nier que ce « benfirmin » nous aura ramené, un peu cavalièrement, soit, à votre sujet : les licenciements chez Danone.
        Vous aurez évidemment compris que tous les sujets économiques un peu compliqués me surplombent de la tête et des épaules, mais depuis que j’ai lu votre article, j’avais envie de vous poser une question : que pensez-vous de la « Participation » que le Général de Gaulle avait essayé de mettre en place ?

      • Bonjour Nathalie MP Meyer, je vous l’accorde je vous dois quelques explications ou bien il aurait fallu m’abstenir de poster un commentaire. Si j’ai bien compris l’objet de votre blog : « faire connaître les thèses libérales et expliquer en quoi elles constitueraient une réponse adaptée à nos problèmes actuels aussi bien sur le plan des libertés individuelles que sur celui de la prospérité économique générale », il s’agit de démontrer que le libéralisme dans une version « la main du marché », avec le rejet du principe de régulation, est le meilleur système pour notre société. A la lecture de votre article j’ai l’impression que, pour vous, l’épisode Faber est la démonstration éclatante des idées que vous défendez. Vous vous appuyer pour cela sur le fait qu’une entreprise comme Danone doit faire des profits pour pouvoir survivre, ce qui est une réalité du domaine « enfoncer des portes ouvertes » pour quiconque essaye de faire fonctionner ce type d’entreprise. Mais, désolé, je ne vois aucun argument qui viendrait soutenir l’idée que libéralisme débridé et dérégulation sont la solution idéale pour nous apporter prospérité et libertés individuelles. Vous vous gardez d’ailleurs bien d’expliquer ce que vous entendez par « un environnement concurrentiel qui l’oblige à donner le meilleur d’elle-même vis-à-vis de ses clients et de ses salariés ». Cette phrase pourrait bien figurer dans la rubrique « blabla » que vous dénoncez par ailleurs, je suis sûr que vous pourriez même en convenir.
        PS: je vous apporte l’explication de mes autres commentaires dans les articles correspondants.
        PSbis: mes commentaires ne se voulaient nullement méprisants, ils se plaçaient plutôt dans le ton de vos titres et articles. « une drôle de salade niçoise » vaut bien « C’est officiel, notre MINISTRE de l’économie est NUL en économie ».
        PSter: êtes vous vraiment contre toute forme de régulation et quel inventaire faites vous des régulations européennes, celles qui vous protègent tous les jours dans votre vie de consommateur ou de citoyen? quelle serait votre évaluation: 80% de règlementations globalement bénéfiques à nos sociétés européennes et 20% d’excessives et absurdes, ou bien l’inverse ?

      • @ benfirmin

        « une drôle de salade niçoise » vaut bien ‘C’est officiel, notre MINISTRE de l’économie est NUL en économie' » :
        Non, c’est un titre, il y avait tout un article derrière. Ce qui n’était pas le cas de votre formule.

        Pour le reste, je vous renvoie à mes articles.

      • @benfirmin : le libéralisme ne signifie pas la fin de l’Etat ni la fin des régulations. L’idéal du libéralisme ce n’est pas la Somalie. Le but ce n’est pas l’anarchie. Nous avons besoin de l’état pour toutes les fonctions dites régaliennes comme la police, la justice, l’administration, car oui il en faut bien une.

        Ce que demandent les libéraux c’est d’une part le respect de l’état de droit, à commencer par le droit de propriété, et d’autre part, le repositionnement de l’Etat sur ses fonctions régaliennes. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une situation où l’Etat s’occupe de tout et s’en occupe fort mal. On a encore récemment entendu Mme Wargon affirmer que ce sera bientôt le rôle de l’Etat de signer les permis de construire. Et je ne parle même pas de la quasi-interdiction d’enseigner à domicile. Les exemples sont multiples, chaque jour l’Etat accroit son emprise sur la société et le meilleur indicateur synthétique c’est le % du PIB consacré aux prélèvements obligatoires : le plus élevé de tous les pays de l’OCDE.

        Avec un tel poids de l’Etat dans l’économie, on pourrait penser que les hôpitaux sont des hôtels de luxe dans lesquels on vous prend en charge dans un délai record. Il n’en est rien comme vous le savez : suppression de lits, pénurie de médicaments, délais de prise en charge, reste à charge pour les plus pauvres, etc. On pourrait également penser que notre système éducatif est le meilleur au monde et qu’il forme l’élite intellectuelle des pays de l’OCDE. Hélas, nouvelle déception. Je m’arrête là mais vous avez compris le propos et je vous engage à vous interroger sur la l’intérêt de toutes les réglementations qui s’accumulent sans que notre qualité de vie en soit affectée.

        Plus les prélèvements augmentent et plus la qualité de service et les prestations diminuent. Etrange paradoxe qui s’explique par le fait que le but de l’Etat ce n’est pas la satisfaction des attentes des administrés mais simplement l’accroissement de son pouvoir. Car l’Etat est une organisation et comme toute organisation il cherche à assurer sa pérennité et à accroitre son périmètre d’action.

        Quel est le problème avec l’excès de régulation ? La plupart de ces règles sont déconnectés des attentes et de la réalité de la société française. Au hasard, le renforcement du contrôle technique qui a jeté dans les rues des centaines de milliers de manifestants en prélude à la crise des gilets jaunes. Etait-ce vraiment nécessaire ? Ou encore plus récemment ce fameux budget non genré que la ville de Paris souhaite adopter. Croyez-moi ça ne changera rien à la vie des femmes qui souffrent de discrimination ou qui sont battues. Ca servira uniquement à justifier des postes et des budgets qui seront accordés à des obligés, renforçant encore un peu le pouvoir du big boss. C’est ça le but.

        Education, justice, santé, … Souvenez-vous des mesures prises ces dernières années. Quel était le bénéfice pour la population ? pour vos proches ? pour vous-mêmes ? Si vous ne vous en souvenez pas, je vous encourage à regarder l’actualité d’un oeil nouveau et à vous demander à chaque fois qu’est ce que les nouvelles lois et règlements améliorent réellement? Ils améliorent la vie de ceux qui les promulguent et ils affaiblissent l’économie et les citoyens qui portent seuls le fardeau de leur financement, abaissant chaque fois davantage la compétitivité de la France.

        Je pourrais vous parler de toutes les lois inutiles passées par le gouvernement Hollande, orfèvre en la matière. Plus près de nous : la loi de bio-éthique, la loi Avia, la loi de sécurité globale, etc.

    • Je ne vois ni le caractère brutal, ni la conclusion simpliste, ni l’assurance d’une quelconque irréfutabilité dans cet article. Les avis de Nathalie sont toujours argumentés, renforcés par des éléments chiffrés, des tableaux, et des graphiques sourcés, c’est quelque chose que j’apprécie et que j’aimerais retrouver plus souvent dans les journaux traditionnels.

      Je comprends que ce sont l’assertivité et les convictions de Nathalie qui vous heurtent, pour ma part je trouve qu’elle défend ses idées avec une grande clarté et une rigueur intellectuelle qui font défaut à ce qu’on appelle désormais les médias mainstream. Bien sur, si vous êtes en désaccord sur le fond, vous risquez d’être sidéré, ce que je peux comprendre. Mais ce n’est pas du manichéisme, ce ne sont pas des idées en noir et blanc.

      Et j’ajouterais que si chaque bord politique présentait ses idées avec autant de sagacité et de sérieux, le débat public serait autre chose que ce qu’il est aujourd’hui avec tous ces perroquets qui se contentent de répéter la vérité du moment, par peur d’être les seuls à avoir un point de vue personnel. Nous avons besoin plus que jamais de personnes capables de dégager les enjeux actuels de manière éclairée. Sinon ce sera le chaos et la porte ouverte aux idées les plus fantaisistes.

  10. Peut-être que le C Administration de Danone lui a fait comprendre que les grands sentiments sont peut-être admirables mais qu’il n’était pas payé pour les laisser parler et que si la situation n’évoluait pas fissa vers un rythme normal, i. e. du bénef assuré à la fin de l’exercice, le prochain plan d’économies de fonctionnement le comprendrait en premier chapitre des lests à larguer.
    Cela dit, Danone est un repaire depuis longtemps du capitalisme de connivence puisqu’elle avait réussi à se faire classer comme entreprise à protéger quoi qu’il en coutât de tout prédateur étranger. Faire produire cartouches et armes légères par la Teutonie est une situation tout à fait normale et pleine de sérénité mais risquer de manger du yaourt tudesque, qu’elle horreur infinie…

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