Grande roue de LILLE : vous avez dit ABSURDISTAN ?

Mise à jour du 1er décembre 2020 : Non content d’avoir réussi le tour de force d’autoriser l’ouverture des stations de ski… mais sans remontées mécaniques, Emmanuel Macron envisage maintenant de prendre des mesures restrictives afin d’empêcher les Français d’aller skier à l’étranger, en Suisse et en Autriche notamment ! Le mur de Berlin est en marche !→ Il devient urgentissime de faire tomber l’état d’urgence sanitaire qui autorise cette cavalcade effrénée en Absurdistan autoritaire.

Quand on m’a dit hier, tweet de BFM TV à l’appui, « la grande roue de Lille pourra tourner sur la Grand’Place… mais sans public », j’ai cru que c’était l’une de ces nombreuses blagues façon Gorafi qui circulent abondamment ces temps-ci pour tourner en dérision les invraisemblables contorsions de notre « super mec » du déconfinement, à savoir le Premier ministre Jean Castex qui a décidé que les stations de ski pourront ouvrir à Noël… mais sans remontées mécaniques !

Petite vérification faite, il s’avère que la réalité de la France covidée dépasse tout ce que l’humour français est capable d’inventer. La grande roue sera bel et bien installée à Lille comme chaque année… mais elle n’accueillera pas de public, point.

Pourquoi cette histoire me fait-elle irrésistiblement penser aux blagues soviétiques que le Président américain Ronald Reagan adorait collectionner (vidéo, 04′ 04″) ?

Peut-être d’abord parce qu’il devient de plus en plus difficile de passer sous silence le fait que les mesures prises en raison de la crise sanitaire sont moins en rapport avec la dangerosité du Coronavirus lui-même qu’avec le risque de voir le monopole étatique de la santé que le monde entier nous envie (de moins en moins) tomber en incapacité de délivrer correctement ses services médicaux.

Jean Castex ne s’en cache d’ailleurs pas. Avec un ton bonhomme à la limite de la condescendance, il nous confirme que c’est bien notre système hospitalier, inexplicablement au bord de la rupture et de la pénurie en dépit des sommes colossales qui lui sont consacrées, qu’il convient de protéger :

« Bien entendu, il sera loisible à chacun (…) de se rendre dans ces stations pour profiter de l’air pur de nos belles montagnes (…) Simplement, toutes les remontées mécaniques et les équipements collectifs seront fermés au public (…) il ne serait en effet pas prudent de laisser se rassembler des flux très importants de population avec des activités susceptibles de solliciter par ailleurs les services hospitaliers. »

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Peut-être ensuite parce que nous, Français, en sommes arrivés à un stade d’exaspération où il n’existe plus que l’humour, un humour terriblement désabusé, pour supporter sans trop de dommages le délire de coercition bureaucratique qui s’est emparé de notre gouvernement en cette période de pandémie de Covid-19.

Un délire unique au monde, il convient de le préciser. L’objectif de sécurité sanitaire n’explique pas tout. Vous avez certainement entendu parler ou même lu cet article du quotidien allemand Die Zeit qui qualifiait récemment la France d’Absurdistan : en cause, les règles folles du confinement à la française décrites comme des mesures « repressiv » décidées en petit comité (de défense) par un gouvernement de plus en plus « monarchisch » et de moins en moins respectueux des droits du Parlement via la mise en place de l’état d’urgence sanitaire.

Précision supplémentaire, Die Zeit n’est ni un journal d’extrême-droite ni un journal d’extrême-gauche. Sa ligne politique, à l’image de l’ancien chancelier allemand Helmut Schmidt qui en fut l’un des dirigeants, est limpidement social-démocrate. Comme Emmanuel Macron, donc. Mais ce serait sans compter sur les infinis ressorts de l’exception française qui postule qu’en tout et partout, « la France n’est pas un pays comme les autres » – avec pourtant des similitudes frappantes avec le bon vieux temps de l’URSS, État-providence et monopole étatique de la santé, de l’éducation et de la retraite obligent.

Et la journaliste ébahie de citer de multiples exemples plus aberrants les uns que les autres, à commencer par celui de Betty, 91 ans, qui souffre d’une neuropathie dégénérative des jambes et qui voulait nager dans la mer comme son médecin le lui recommande plutôt que de rester sagement sur la plage. Terrible audace qui pourrait lui valoir une prune de 135 euros si jamais elle décidait de passer outre : en vertu de l’article 46 de l’arrêté du 29 octobre 2020, tous les sports nautiques sont interdits, baignade ultra-côtière des dames âgées comprise (vidéo, 04′ 43″) :

Et d’enchaîner sur une autre curiosité mondiale : les attestations dérogatoires de sortie devenues indispensables pour accomplir le moindre petit acte du quotidien en extérieur – boulangerie, pharmacie, balade du chien et que sais-je encore. Faute de quoi, bien évidemment, risque de verbalisation et d’amende.

Des attestations que nous nous signons à nous-mêmes, ce qui, de prime abord, semble parfaitement ridicule et inutile, mais qui s’avère en fait particulièrement insidieux : tout est organisé afin de faire de nous les acteurs volontaires de notre propre soumission à des règles tatillonnes et absurdes. Avec souvent le résultat encore plus absurde de nous rendre vigilants sur les attestations et fort peu sur les gestes barrières.

L’histoire de la grande roue de Lille est particulièrement représentative de la dialectique délétère qui s’est instaurée entre absurde et soumission :

Alors que les commerces sont autorisés à réouvrir partout en France depuis samedi dernier à condition de respecter scrupuleusement les règle sanitaires anti-Covid, le traditionnel marché de Noël de la place Rihour qui se déroule en plein-air – ce n’est pas anodin de le remarquer au regard des modes de contamination au Coronavirus – et qui aurait dû ouvrir ses portes ces jours-ci, n’aura pas lieu.

Ainsi en avaient décidé ses organisateurs dès le mois d’octobre, compte tenu de la recrudescence des cas de Covid dans la métropole lilloise, de la faible visibilité sur l’évolution des réglementations sanitaires et du temps nécessaire pour tout organiser.

Restait la question de la grande roue, attraction tout aussi traditionnelle et emblématique des Noëls lillois, qui se déroule elle aussi en plein-air, dans des nacelles bien séparées. La préfecture du Nord a jugé récemment qu’il « serait incongru de mettre une grande roue dans un village de Noël qui n’est pas autorisé », cette décision découlant de « l’attitude responsable » demandée par le Premier ministre envers tout ce qui touche aux villages de Noël.

La maire de Lille Martine Aubry avait eu beau expliquer que l’exploitant de la roue avait élaboré un « protocole sanitaire vraiment exceptionnel », rien n’y a fait. Les autorités compétentes, ou plutôt les autorités qui redoutent par-dessus tout qu’on vienne les accuser plus tard d’avoir autoriser des nids à cluster, ont dit niet.

Sachant que dans le même temps, le centre commerçant et illuminé de Lille sera piétonisé tous les week-ends de décembre et que les commerces pourront ouvrir les dimanches. Affluence garantie. On est bien en Absurdistan.

En désespoir de cause, et dans une sorte de soumission éperdue à l’absurde, la maire de Lille en accord avec le propriétaire de la roue (tous deux renoncent à leur recette) a finalement obtenu de la préfecture que la grande roue soit installée, illuminée, décorée, sonorisée et puisse tourner comme chaque année, histoire de ne pas complètement éliminer la magie de Noël… mais sans accès du public. 

D’une certaine façon, on pourrait considérer que la présence de cette grande roue qui tourne à vide est un excellent compromis entre les festivités de fin d’année et les nécessités sanitaires. Mais lorsque l’on constate tous les jours et dans tous les domaines – jusqu’à la question de savoir si les chaussettes pour enfants de moins de 3 ans sont essentielles ou superflues – que la lutte anti-Covid telle que conçue par le gouvernement nous entraîne dans un autocratisme absurde, je pense pour ma part que c’est plutôt le début de la fin, le début de la servitude acceptée. 

Il fallait se battre pour que la grande roue soit non seulement installée et mise en mouvement, mais pour qu’elle soit aussi et surtout ouverte au public. Les précautions sanitaires pour rendre cela possible existent, les grandes surfaces ouvertes depuis le début de l’épidémie en savent quelque chose.


Illustration de couverture : Grande roue de Lille à gauche – Macron et Véran au Conseil de défense du 12 novembre 2020 à droite.

36 réflexions sur “Grande roue de LILLE : vous avez dit ABSURDISTAN ?

  1. Et malgré tout ce barnum, un journal titre le même jour :
    « Avec 49 % de bonnes opinions, selon un sondage Harris Interactive, le chef de l’Etat est à un niveau de popularité supérieur à celui de ses .. »

    Comment une telle chose peut-être possible ? D’où sortent donc ces chiffres ?
    Sont-ce les sondeurs qui fument de la colombienne ?

    • @Murps. Je pense que maintenant, ils ne se gênent absolument plus pour publier des chiffres de sondages complètement inventés, que ce soit par eux-mêmes ou par les instituts de sondage, qui essaient ainsi de gagner la confiance de nos élites pour préserver leur marché.
      Pour moi, une étape est passée dans leur hubris, ils sont en roue libre et il est de plus en plus visible qu’ils ont perdu le sens commun. En d’autres termes, ils deviennent fous.
      On est vraiment en URSS, quand des chiffres de production complètement fantaisistes fleurissaient dans des rapports et les journaux, et étaient présentés à des populations qui en riaient tellement c’était grotesque, comparé aux étalages anémiques des magasins.

      • Il faudra apporter des preuves de ce que vous avancez sur le bidonnage des instituts de sondages. Pour ma part je n’y crois pas. Leur crédibilité est en jeu et ils ont bien d’autres clients que la presse ou la classe politique. Non, les Français sont un peu plus satisfaits parce qu’on commence à déconfiner et que de toute façon et dans l’ensemble, ils ont toujours aimé tout ce qui est état d’urgence face au terrorisme et mesures de confinement face au Covid.

      • Je reconnais dans la réponse de Nathalie la voie de la sagesse, et merci de nous ramener à cet aspect rationnel des choses. Parce que pour ne rien vous cacher, je suis également arrivé à douter de toute information en provenance du gouvernement ou des médias. Je les capte, je les entends, et souvent j’y crois, mais au bout de quelques minutes je m’aperçois qu’au fond j’en doute. C’est terrible parce que parfois ce doute ne repose sur rien de concret, simplement sur la méfiance que l’on adopte par exemple avec ce vendeur qui systématiquement vous ment (mon garagiste en l’occurrence). A force, on finit par ne plus accorder beaucoup de crédit aux dires de cette source.

      • @Nathalie
        Non bien sûr, je n’ai aucune preuve qu’il y ait un bidouillage formel.
        Je sais bien sûr que les instituts fonctionnement également avec le secteur privé, et qu’ils doivent rester crédibles. La différence, c’est qu’un client privé veut connaître l’état réel d’une opinion précise, alors que le client public serait plus enclin à vouloir un résultat qui l’arrange. Il suffit par exemple de voir comment on peut tourner une question pour avoir un résultat plus ou moins favorable.
        Les deux types de clients ont chacun leur spécificité, et le propre d’un fournisseur est de s’adapter à son client. J’imagine que le client privé sait faire la part des choses. Ce sont presque deux métiers différents.
        D’ailleurs, ce type de sondages n’apporte pas grand-chose à la connaissance de l’état réel de l’opinion, le résultat peut changer du jour au lendemain sur un détail. Je n’y prête plus guère attention qu’à une propagande plus ou moins déguisée.

      • Nathalie,
        Vous êtes une personne très rigoureuse, et il est parfois salutaire de me faire remettre à ma place quand j’avance des faits non prouvés.Vous n’acceptez pas que votre blog devienne un défouloir, et je retiens la leçon.
        Mais aujourd’hui, je tombe sur M. Combaz qui vient à ma rescousse, il a du voir mon embarras. Je sais que ce n’est une preuve, il est même possible qu’il ait inventé son intervention (ou plutôt extrapolé car il connait le milieu des instituts de sondage), et il est possible également que M. Combaz ne soit pas votre tasse de thé, mais au moins je me sens moins seul…

        https://youtu.be/jQVwS7g17ks
        vers 10′

    • Il n’y a pas de bidonnage des instituts de sondage.

      L’état d’esprit pétainiste, celui qui pousse un peuple à se coucher en croyant se mettre ainsi à l’abri est toujours présent. Nous sommes toujours en 1940 et la CNR de 1945 n’a rien changé paradoxalement au contraire. Nous demeurons dans cette sorte de statu quo de lâchetés.

      Mais attention l’opinion française en particulier est historiquement très versatile :
      « Rien n’est plus versatile, instable et imprévisible qu’une opinion publique. Le 26 avril 1944 une foule gigantesque, des centaines de milliers de Parisiens- les historiens ne le disent pas assez mais les photos et films en témoignent – acclamait Pétain à Paris sur le parvis de l’hôtel de ville et dans les rues tout autour avant de lui faire un triomphe dans les avenues de la capitale.
      Puis, le 25 août 1944, la foule, sans doute la même en grande partie, se retrouvait sur les Champs Elysées pour acclamer de Gaulle et la Libération et un an plus tard, Pétain était condamné à mort à la satisfaction générale. L’opinion est une foule virtuelle, mesurée par les sondages. Elle est prête à basculer, s’enflammer à la première étincelle. Voilà pourquoi les sondages réalisés à chaud n’augurent absolument rien de l’avenir. »

      Relire « Psychologie des foules » de Gustave Le Bon ou « La Révolution française et la psychologie des révolutions ». Quand la cocotte-minute saute, nous tombons dans les pires excès de violence.

  2. Cette grande roue vide, comme les stations de ski aux remontées à l’arrêt, va symboliser à merveille le sommet de l’absurdistan. La soumission de la population à des mesures absurdes annonce un futur terrifiant. La preuve est faite, le gouvernement peut imposer tout et n’importe quoi. Son pouvoir est total et sans limite. Jusqu’où ira-t-il? Au secours!

  3. On ne peut pas, à la fois, se plaindre de l’autoritarisme du gouvernement, et se plaindre qu’il soit trop facile de se décerner des autorisations de sortie à soi-même.

    Ce dispositif est d’une grande sagesse. Il est idéalement adapté à la mentalité frondeuse des Français, qui sont incapables de se plier de bonne grâce à de simples recommandations des autorités (comme en Suède, par exemple), mais qui mettraient le feu au mobilier urbain si l’Etat enfermait de force les contaminés sous la garde de la police (comme en Corée du Sud, par exemple).

    Le système adopté consiste simplement à gêner un peu les gens, suffisamment pour dissuader la plupart de trop sortir. Et il est suffisamment laxiste pour que ceux qui veulent jouer au con le truandent sans problème. (Avec le risque de se prendre une amende, naturellement. Mais il est faible. Il n’y a pas un flic derrière chaque habitant.)

    Et en plus, ça marche. Le facteur R (dont on ne parle pas suffisamment, alors que c’est un indicateur crucial) était retombé à 0,61 il y a quelques jours. Avant le nouveau confinement, il était supérieur à 1, ce qui signifiait que l’épidémie était en expansion.

    S’il y a une chose que l’on peut regretter, c’est que le gouvernement n’ait pas pris des mesures plus contraignantes (et plus rapides), qui auraient permis de limiter grandement le nombre des morts, comme à Taïwan, en Corée du Sud ou en Nouvelle-Zélande.

    Mais cela aurait obligé à boucler les frontières (donc un bon nombre des libéraux français auraient grimpé aux rideaux en hurlant), à faire de la surveillance électronique massive, individuelle et obligatoire via les smartphones, les cartes de crédit et les caméras de rue avec reconnaissance faciale (et là, c’est la totalité de la population tous bords politiques confondus qui aurait grimpé aux rideaux en hurlant), et à enfermer dans des résidences spéciales, sous la garde de la police et sous peine de prison, les personnes simplement soupçonnées d’être porteuses du virus (à nouveau, nous aurions eu les Gilets jaunes puissance 10, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite).

    C’était la seule façon d’éviter le confinement global et la fermeture massive de l’économie. Et c’est ce qu’on fait les pays sus-cités (plus un ou deux autres).

    A défaut, on a eu ce qu’on a eu, plus un torrent d’aides financières pour les personnes et les entreprises, qui a été l’un des plus importants du monde, et qui est intervenu très rapidement. On n’en fait pas suffisamment l’éloge.

    Donc le gouvernement français s’est plutôt bien débrouillé, sachant qu’il a la responsabilité de gérer des Français et non des Asiates ou des Suédois, et qu’il le fait avec des fonctionnaires qui sont ce qu’ils sont — et donc ont besoin d’un mois pour faire passer la corbeille à papier de la gauche à la droite du bureau.

    Par exemple, l’application Covid est pas mal du tout, maintenant. La preuve : elle a été adoptée par un nombre de gens bien supérieur à la précédente, et a permis d’alerter un nombre non négligeable de contaminés. Alors, il a fallu une éternité pour en arriver là. C’est comme tout, dans s’pays.

    De même, le président Macron, dans son immense sagesse, a coupé l’herbe sous le pied des complotistes, en évitant de rendre le vaccin obligatoire. Bien que sur le papier, cela aurait été fortement souhaitable. Avec 59 % des Français qui n’ont pas l’intention de se faire vacciner, nous bénéficions probablement du taux d’imbéciles le plus fort de la planète.

    Mais c’est comme pour les autorisations : c’est justement parce que les gens sont des abrutis et des fortes têtes, qu’il faut leur lâcher un peu la bride. On n’aurait eu aucune chance de convaincre les gens d’aller se faire piquer en rendant la chose obligatoire. Les réalisateurs de « documentaires » sur You Tube, les Alexandra Henrion-Caude et autres Christian Perronne s’en seraient donné à coeur joie.

    • Opinion personnelle : charité bien ordonnée commençant par soi-même, pour le bien de la planète, vous devriez peut-être vous abstenir d’envoyer tous ces octets sur les réseaux, ca fait monter le niveau des océans…

      (si votre commentaire était sarcastique, mes excuses, mais connaissant le personnage, le doute m’habite)

  4. Le Conseil d’Etat, un contre pouvoir? C’est une blague? Allez voir un peu Paul Cassia depuis le début de la crise. On est complice du totalitarisme ici ou on n’a toujours rien compris? On n’a donc pas lu la lettre de l’archevêque Vigano à Donald Trump? Ou peut-être qu’on attend l’ouverture des camps pour enfin se réveiller?

      • Ce qui est ridicule, c’est d’être depuis 8 mois dans le déni de la déferlante totalitaire et de rembarrer tous vos lecteurs qui tentent de vous ouvrir les yeux comme la précédente remarque sur les sondages et bien d’autres. Remettez-vous en question et luttez pour que les libertés fondamentales reviennent.

      • Je n’adopte pas toutes vos opinions ? En effet.
        Et pour ce qui est de lutter « pour que les libertés fondamentales reviennent » je crois que je fais ma part ici, depuis bien plus longtemps que 8 mois :

        Manuel, tu nous emmènes où comme ça ? (2015)

        Emmanuel Macron et son rapport LIBERTICIDE aux libertés (Nov 2020)

        Et bien d’autres.

        Et oui, en effet, je ne crois pas que les sondages, les stats de l’INSEE etc… soient bidonnés.
        Quand ces sondages mettaient Macron à 20 % (Ipsos déc 2018 – voir dans colonne latérale de ce blog) les anti-Macron n’avaient pas assez de mots pour dire à quel point ce résultat prouvait bien que Macron était illégitime. Quand le même institut le met maintenant à 40 %, alors les résultats sont bidonnés. Ridicule. Déni de réalité.
        Les Français, du moins la majorité d’entre eux, détestent la liberté, ils aiment être protégés et ils ont toujours majoritairement appuyé les mesures d’urgence. Il y a de forte chance qu’ils s’en mordent les doigts un jour, mais il est parfaitement contre-productif de penser que tout le monde est anti-Macron. Il y a des gens à convaincre qu’il faut faire passer la liberté avant la sécurité, qu’en fait c’est la liberté qui garantira la meilleure sécurité, et c’est ce que je tente de faire.

      • @Nathalie: vous écrivez « Les Français, du moins la majorité d’entre eux, détestent la liberté, ils aiment être protégés et ils ont toujours majoritairement appuyé les mesures d’urgence. »
        J’approuve et j’aimerais comprendre pourquoi.

        Parmi les facteurs explicatifs je pointerais :
        – le rôle de l’éducation et des médias subventionnés, que je qualifie de manière excessive je le concède de grandes machines à laver le cerveau,
        – le mysticisme de la 5ème république fondée sur la croyance en un sauveur providentiel, qui nous amènera à terme les mêmes personnages que ceux qu’on trouve en Amérique latine (Peron, Carlos Menem, Chavez, etc.),
        – la faiblesse de l’état de droit (budget ridicule de la justice, séparation entre justice administrative et justice privée),
        – le déni de démocratie d’une partie du corps politique, je pense surtout au front national qui est sous-représenté et qui étant peu au pouvoir est de ce fait peu responsabilisé, ce qui conduit à une polarisation des opinions politiques.
        – dans le même ordre d’idée, le dysfonctionnement de l’assemblée nationale avec la majorité écrasante accordée à un seul parti, dans une vision fortement polarisée de la vie politique selon laquelle le consensus est perçu comme une faiblesse
        – une vision romantique de l’homme fort ancré dans le récit historique national, je pense notamment à Napoléon et à Louis XIV, qui, je l’avoue, ne sont pas au sommet de mon panthéon personnel

        Je serais intéressé de connaître votre avis sur le sujet, peut-être dans un prochain article si vous vous sentez inspirée.

  5. Vous avez raison de parler de « servitude acceptée » et de soumission. D’ailleurs je pense que vous avez raison tout court, et je souscris comme d’habitude à l’intégralité de vos propos.

    Concernant l’humour, je voudrais rappeler ces deux chefs d’oeuvres satiriques de notre patrimoine culturel à savoir « le malade imaginaire » de Molière et « Knock » de Jules Romain qui nous aident efficacement à comprendre les dysfonctionnements de la médecine moderne. On on a surtout parlé de Knock ces derniers temps puisqu’il résume bien le projet d’une partie du complexe médico-industriel moderne à savoir transformer les bien portants en malades chroniques afin de s’assurer un revenu récurrent. Quand au « Malade imaginaire » il est bien moins démodé qu’on nous l’a laissé croire et je vous en recommande la relecture, savoureuse au demeurant.

    Il est intéressant de noter que la critique de la médecine ne peut se faire que par le biais de l’humour, en raison de l’interdit qui touche les formes rationnelles de critiques. Si vous vous intéressez à ces dernières je vous conseille un réseau social très confidentiel qui n’est jamais censuré parce que trop peu de gens s’y intéressent. Je veux bien évidemment parler du livre. Oui, c’est dans les livres aujourd’hui que l’on trouve la meilleure critique rationnelle des dysfonctionnements de la médecine. Et ceux-là comme personne n’en parle jamais, ils passent au travers des mailles du filet de la censure. Et bien évidemment je parle de livres écrits par des chercheurs, des médecins et des scientifiques, pas par des pigistes des décodeurs du monde.

    Autre citation que je relève dans votre article : « il nous confirme que c’est bien notre système hospitalier, inexplicablement au bord de la rupture et de la pénurie (…) qu’il convient de protéger ». Oui ! Oui ! Trois fois oui ! Le problème ce n’est pas la maladie, qui existe bien entendu, qui est dangereuse et dont il faut se préserver en adoptant des comportements responsables. Mais avec 0.5% de mortalité on voit bien qu’on n’est pas en face d’Ebola ou de la nouvelle peste. Si on n’avait pas disposé de connaissances et de matériels d’analyses génétiques, on aurait qualifié cet événement de « grippe particulièrement sévère cette année » et personne n’aurait bloqué l’économie et la démocratie pour autant. Le problème c’est bien la gestion de la pandémie et pas seulement dans les hôpitaux. Il faudrait également parler, et entre autres, de cette première ligne de défense qu’on a négligée : les médecins libéraux. Une autre absurdité à laquelle nous sommes tellement habitués que nous n’en voyons plus l’imbécilité foncière.

    La question que nous nous posons tous c’est de savoir quelle signification pour l’avenir nous devons accorder à cette fuite en avant bureaucratique, à ce déni permanent de démocratie. Car il ne faut pas se voiler la face, notre société est résolument En Marche vers la démocrature, vers une prise de pouvoir autoritaire par les administrations centrales et le pouvoir exécutif. Sans parler du lavage de cerveau continuel pratiqué par les medias de service public et par les medias subventionnés. Et ce n’est pas qu’un problème de pouvoir politique et de médias. Observez ce que nous dit le courant transhumaniste de l’homme, voyez comme ils propagent au grand jour des thèses eugénistes, comme ils bafouent sans aucune contestation les valeurs les plus fondamentales de l’humanisme occidental. Certes, ils sont peu nombreux, mais ce qui inquiète c’est que personne ne les contredit.

    Tout ce que nous dénonçons aujourd’hui existait déjà depuis longtemps, mais à l’occasion de cette crise, tous ces dysfonctionnements se sont cristallisés et malheureusement ils n’ont pas débouché sur une résolution des problèmes mais bien au contraire sur une accentuation de tout ce qui n’allait pas avant. Plus que jamais il faut s’informer, s’éduquer, affiner ses arguments, convaincre ses proches, ses amis, afin de renforcer le rempart de la critique éclairée, un rempart qui doit protéger les valeurs humanistes pour lesquelles nous nous battons.

    • l’homme aime la servitude
      non je crois plutot qu’il lui reste un « formatage » de ses premiers pasde primate dans la savane sans grife ni dents redoutables, ne courant pas vite, le pré- hominien avait un besoin primordial de sa meute, de la protection de ses voisins. faire partie de la meute impliquait automariquemnt de se soumettre a l’alpha du groupe. et a lui obeir aveuglement ( sauf, parfois le combat pour la suprématie hors de porté de l’individu moyen)
      de cette imprégnation millénaire resulte des conduites parfois surprenantes ‘syndrome de stockolm par exemple)

      • Pas faux, et pas incompatible avec une préférence pour la servitude. La liberté, ce n’est pas simple, il faut prendre toutes les décisions soi-même, il faut accepter la responsabilité de se tromper, d’où un goût, voire un culte pour l’homme fort qui promet de tout résoudre à notre place

      • Je pense au contraire que la soumission au chef est venue bien plus tard, à partir du néolithique. Le rôle des chefs chez les peuples de chasseurs cueilleurs que l’on a observé encore au XXème siècle n’est pas celui d’un roi tout puissant, ça c’est venu après. Le chef c’est plutôt le responsable qu’on n’hésite pas à sacrifier quand tout va mal, pas du tout Mao ou Napoléon.

        Le problème avec cette explication anthropologique c’est qu’elle essentialise le problème, comme le font d’ailleurs tous ceux qui recourent à l’explication mythologique du gaulois indiscipliné et revêche. Je n’y crois pas du tout. Je pense que l’explication est plus politique, bien plus proche de notre passé immédiat. Mais ça arrange bien les politiques de parler de gaulois réfractaires, ça les dédouane de leurs responsabilités.

      • @ Lionel

        « Le problème avec cette explication anthropologique c’est qu’elle essentialise le problème, comme le font d’ailleurs tous ceux qui recourent à l’explication mythologique du Gaulois indiscipliné et revêche. »

        C’est une excellente chose, d’essentialiser les problèmes. Essentialiser est un synonyme de penser. C’est un mot-insulte inventé par les gauchistes, comme tant d’autres, pour discréditer les idées qui ont le tort de ne pas coïncider avec leur idéologie.

        Essentialiser appartient à la liste sans cesse croissante des mots qui ne doivent être employés par aucune honnête homme, à l’instar de racisme, islamophobie, xénophobie, genre, durable, climatique, et ainsi de suite.

        « Ça arrange bien les politiques de parler de Gaulois réfractaires. »

        C’est moi qui parle de Gaulois réfractaires ; je ne suis pas un politique. Les politiques se gardent bien de dire une chose pareille. Ils redoublent de démagogie en expliquant aux Français combien ils sont formidables.

        « Je n’y crois pas du tout. »

        Personne ne vous demande d’y croire. Ce n’est pas une question de croyance, c’est une réalité historique.

        Trouvez-moi un autre pays dans le monde qui entretienne une telle religion de la manifestation. Cela n’existe pas. La capitale de la France est une scène de théâtre où plusieurs manifestations se déroulent tous les jours de l’année.

        100 % d’entre elles ont pour conséquence de gêner autrui, et un nombre non négligeable s’accompagnent de dégradations allant jusqu’à l’incendie volontaire. Tout le monde trouve anodin le spectacle de poubelles ou de voitures incendiées parce que les gens sont « en colère ».

        Les violences systématiques envers les policiers sont également considérées comme de la routine. Lancer des cocktails Molotov, qui sont « une arme de guerre », comme disent les cuistres, et plus particulièrement les lancer contre la police, ce qui est un crime et une tentative de meurtre, c’est quelque chose qui n’indigne absolument personne.

        Vider des camions de vin espagnol, déverser du fumier devant les préfectures, saccager les bureaux administratifs, tout cela fait partie non seulement des « droits acquis » des agriculteurs, mais semble occuper une partie considérable de leur temps.

        Je ne connais aucun autre pays au monde où les agriculteurs, qui sont des semi-fonctionnaires de fait, sont également des terroristes à temps partiel, dans l’indifférence générale : c’est un drouâ, c’est normal, et non seulement cela, mais tout le monde les félicite pour leur « lutte » et verse des torrents de larmes sur leur sort.

        Je ne connais aucun autre pays du monde où la grève est une activité professionnelle régulière (« journée d’action », qui veut dire journée d’inaction), où le congé-maladie frauduleux est un droit de l’homme pratiqué par tout le monde, etc.

        Je ne connais aucun autre pays du monde où des infirmières passent régulièrement devant les tribunaux, parce que la Sécurité sociale ne s’est pas réveillée avant qu’elles n’aient réussi à lui escroquer plus d’un million d’euros, en faisant des fausses factures sur des actes qui coûtent 8 euros.

        Vous pouvez aussi ouvrir quelques livres, et constater la longue liste de jacqueries, d’émeutes et de révolutions qui émaillent l’histoire de France.

        Expliquez-moi donc dans quel autre pays on considère comme un événement absolument formidable un épisode historique dont le fait le plus marquant s’appelle la Terreur, avec une majuscule.

        Non seulement ça, mais les valeurs les plus sacrées du pays sont censées être basées sur cet événement.

        A un très jeune âge, je me souviens d’avoir été interloqué par mon instituteur, qui nous parlait de la Révolution sur un ton élogieux. Et, simultanément, il nous expliquait qu’elle avait consisté à trancher des têtes, à faire couler des fleuves de sang et à massacrer 40 000 personnes. Dans ma tête de piaf, je me disais qu’il y avait un truc qui ne collait pas. Il devait avoir raison, puisque c’était le maître. Mais je ne comprenais pas.

        J’ai toujours une tête de piaf, et je ne comprends toujours pas.

  6. Si vous cherchez une bonne veille scientifique sur le Covid, ouvrez un compte sur Qora et abonnez-vous au fil coronavirus :

    https://www.quora.com/q/coronavirus

    Les gens qui postent là sont des scientifiques anonymes (je veux dire : pas spécialement connus ou gradés) et des membres du grand public dotés d’un esprit scientifique.

    Non seulement on apprend énormément de choses, sur les découvertes qui sont faites au fur et à mesure, mais on en tire aussi beaucoup de conseils pratiques pour se protéger.

    Surtout, les informations données sont exemptes de toute approche politique ou idéologique, ce qui est rare. Le contexte est exclusivement scientifique et rationnel.

    L’une des expressions les plus souvent employées est « on ne sait pas ». C’est signe de sérieux, bien entendu.

  7. Bonjour,

    A propos d’Absurdistan, j’ai lu sur le site de ACAT France, ONG chrétienne, une liste détaillée des principales méthodes de torture rapportées par témoignages.
    Les techniques de torture physique sont glaçantes.
    Pourtant, dans un 2e temps, il est fait mention des méthodes de torture « blanche » ou « propre ».
    Selon les victimes, ces tortures psychologiques sont souvent plus difficiles à supporter. Leurs séquelles durent plus longtemps et sont destructrices sur le plan humain.

    Quelques exemples :

    – maintien dans l’incertitude et la dépendance.
    – maintien dans l’isolement.
    – privation d’activités relationnelles, privation de visites.
    – obligation d’exécuter des ordres absurdes, contradictoires.
    – règlementation totale de la vie du détenu.

    Certes, notre bon gouvernement n’a pas décidé de mettre en place une méthode générale de torture psychologique, d’ailleurs, tout ce qu’il fait de manière arbitraire et autoritaire n’a pour seul but que notre santé (et accessoirement le non engorgement des urgences hospitalières), reste que les injonctions absurdes, contradictoires, infantilisantes, associées à une propagande générale quotidienne par la peur produisent leur effet…
    Quand le geôlier desserre les liens, la personne contrainte lui en est reconnaissante.
    La population s’est globalement soumise à l’autoritaire, à l’arbitraire, à l’absurde et ceux qui tentent d’y résister sont au choix irresponsables, ingrats, criminels, « grandsparenticides »,complotistes.

    Les auto autorisations de sortie à 9 cases, les masques obligatoires à l’extérieur, voire recommandés chez soi, des stations de ski ouvertes avec remonte-pentes fermés, une grande roue pour « remonter le moral » mais inaccessible, Papy et Mamie et leur morceau de bûche à la cuisine, les enfants dans leur chambre avec leur smartphone et les parents face aux spots du ministère de la Santé Publique à la télé et à l’impayable Jérôme Salomon qui ressemble au professeur pédant et solennel dans « La leçon » de Ionesco, bienvenue en Absurdie.

  8. Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer. On peut faire toutes les analyses du monde, cela ne change rien au résultat qui est quand même stupéfiant.
    La suite risque d’être « solide ». L’étape suivante est le vaccin… Là aussi la bureaucratie Soviéto-Française est déjà à l’œuvre : alors que tous les pays Européens ont déjà passé commande, la France en est encore aux discussions, ce qui fait dire à l’un des labo US que la France sera servie, bien sûr, mais avec retard.
    Mais le pire n’est pas encore en vue, l’addition économique va nous assommer. On aura, pourquoi pas, un « état d’urgence économique » avec solutions étatiques, of course, style Venezuela.
    Pas grave, les Français se soumettront.

  9. je veux bien être vacciné, mais je veux qu’en cas de décès « grâce » à l’injection (létale) ma femme et mes enfants reçoivent 5 millions d’€uros chacun, c’est trop demander ? mais non pas du tout, puisque l’état garanti l’innocuité des vaccins quelque soient leurs provenances !

  10. Un peu d’optimisme. Il n’y a pas de raison de laisser le « rassurisme » aux charlatans genre Didier Raoult.

    Le professeur Brendan Wren, spécialiste des maladies infectieuses et de la vaccination à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, vient de déclarer :

    « La mise au point d’un vaccin hautement efficace contre le Covid-19 en moins d’un an est une réussite scientifique extraordinaire, peut-être la plus importante que j’ai connue dans ma vie. Je la mets au même niveau que l’invention de la pénicilline par Alexander Fleming en 1928. »

    « Parvenir à une efficacité de 90 % est proprement incroyable. Pour mettre cela en perspective, certains vaccins, par exemple contre le paludisme, sont mis en circulation alors qu’ils ne sont efficaces qu’à 10 ou 20 %. »

    « Arriver à cela en huit ou neuf mois après l’arrivée de la pandémie à l’Ouest, c’est incroyable. En un an, nous avons accompli des progrès qu’auparavant, nous n’aurions pas pensé pouvoir atteindre en dix ans. »

    « Comme cela arrive en temps de guerre, la nécessité a accéléré le progrès technique. »

    « Ce progrès va bien au-delà du coronavirus. [Grâce à la technologie de l’ARN messager], nous allons pouvoir développer toute une série de vaccins pour d’autres maladies, avec d’énormes bénéfices induits. »

    « Cela veut dire que nous pourrons réduire de beaucoup notre dépendance aux antibiotiques, et mettre un coup d’arrêt au développement des bactéries qui leur résistent. Depuis longtemps, mon pire cauchemar était que nous arrivions à un stade où les antibiotiques deviendraient inefficaces. La solution à ce problème est maintenant à notre portée. »

    https://www.dailymail.co.uk/debate/article-9011893/Its-greatest-scientific-achievement-lifetime-says-Professor-BRENDAN-WREN.html

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