Vote sur l’État d’urgence sanitaire : Olivier Véran nous fait le coup de la « saine colère » à la Royal

Avez-vous déjà eu l’occasion de lire en quoi consiste exactement le régime de l’État d’urgence sanitaire sous lequel nous vivons de façon complète ou transitoire depuis le mois de mars dernier du fait de la pandémie de Covid-19 ? Je vous invite à le faire sans tarder car du point de vue de la restriction des libertés civiles, c’est véritablement énorme :

« La déclaration de l’état d’urgence sanitaire autorise le Premier ministre à prendre par décret :

• des mesures limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d’interdiction de déplacement hors du domicile) ;

• des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ;

• des mesures temporaires de contrôle des prix. »

.
Voilà donc le cadre qui permet au gouvernement d’imposer confinement et couvre-feu, d’interdire les réunions de plus de tant de personnes, de réquisitionner les masques chirurgicaux, de les rendre obligatoires, de fixer administrativement le prix du gel hydroalcoolique, de décider quels biens sont essentiels et quels autres ne le sont pas, d’interdire à certaines entreprises de fonctionner, d’obliger certaines autres à passer au télétravail, de fermer ou d’ouvrir les établissements scolaires, etc. 

Heureusement que le texte précise que l’État d’urgence sanitaire est une « mesure exceptionnelle » dont les restrictions doivent être « proportionnées aux risques encourus », car il décrit à merveille à quoi ressemblerait la vie dans un régime autoritaire obsédé d’hygiénisme. La liberté d’expression n’est pas concernée, mais dans la mesure où toute interrogation sur l’opportunité de telle ou telle décision vaut immédiatement à son auteur un procès en inhumanité sanitaire, c’est tout comme. Les députés qui se sont fait « engueuler » par le ministre de la santé Olivier Véran mardi dernier à l’Assemblée en savent quelque chose, ainsi qu’on va le voir.

Loin de moi l’idée de prétendre que l’État d’urgence sanitaire ne soit jamais nécessaire. Rétrospectivement, la courbe des décès quotidiens de l’année 2020 par rapport aux années précédentes telle que donnée par l’INSEE montre clairement que nous avons connu une flambée inhabituelle des décès de la mi-mars à la fin avril 2020, ce qui tend à justifier les mesures anti-Covid prises à l’époque.

On se demande juste pourquoi le premier confinement n’a pas démarré et fini dix jours plus tôt, pourquoi il a été si radicalement sévère au lieu de s’appuyer sur le sens des responsabilités de chacun et pourquoi il a fallu qu’il fasse à nouveau la démonstration de la stupidité bureaucratique française. Mais évidemment, entre nouveauté de la menace, passion présidentielle pour les sorties au théâtre, absence de masques et premier tour des élections municipales, il devenait difficile d’envisager une décision parfaitement sereine et sans arrière-pensées.

Il n’empêche. Serait-il parfaitement justifié par les événements, l’État d’urgence sanitaire soumet les citoyens à des restrictions de liberté si profondément dommageables en matière de développement personnel, de relation aux autres et de faculté à assurer leur subsistance qu’il est impossible de seulement commencer à envisager son instauration sans les plus brûlantes raisons et sa reconduction sur longue période sans que la représentation nationale ait son mot à dire. D’autant que l’expérience de l’État d’urgence tout court montre assez combien il est presque impossible de se débarrasser des mesures d’exception une fois qu’elles ont pris pied dans la routine politique.

Le premier ministre est autorisé à l’instaurer pour un mois par décret, mais toute prolongation doit faire l’objet d’une discussion suivie d’un vote au Parlement. C’est précisément ce à quoi étaient occupés les députés mardi 3 novembre dernier dans la foulée d’un premier aller et retour du texte au Sénat. Hasard, malchance, négligence, sombre histoire de manque de places au restaurant de l’Assemblée, bref, la malencontreuse absence de plusieurs députés de la majorité présidentielle a permis l’adoption de deux amendements d’opposition extrêmement significatifs.

L’un, émanant du groupe Libertés et territoires (centriste et centre gauche), prévoyait que le confinement commencé le 30 octobre et prévu pour s’étendre dans un premier temps jusqu’au 1er décembre ne pourrait pas être renouvelé au-delà du 30 novembre sans l’accord du Parlement. L’autre, déposé par Les Républicains, fixait la fin de l’État d’urgence sanitaire au 14 décembre 2020 au lieu du 16 février 2021 comme requis par le gouvernement (vidéo ci-dessous, 02′) :

Promptement alerté sur ce revers qui s’ajoutait à un méli-mélo antérieur à propos de la possible mise en place d’un couvre-feu à Paris, le ministre de la Santé s’est précipité à l’Assemblée pour faire savoir aux députés d’opposition ce qu’il pensait de leurs petites initiatives.

Comme il revenait justement d’une visite dans le service de réanimation de l’hôpital de Corbeil-Essonnes, il s’est empressé de jouer sur la corde sensible en décrivant des soignants épuisés qui se dévouent depuis des mois auprès de patients dont certains sont dans un état gravissime en dépit de leur jeune âge. 

Il s’emballe, hausse le ton, trébuche sur les mots, reproche aux députés leur manque d’attention, fustige violemment leur refus de se saisir de la gravité des circonstances et finit dans un remake assez remarquable de la « saine colère » que Ségolène Royal nous avait servie lors du débat présidentiel d’entre-deux tours de 2007 pour masquer son manque d’argument sous une compassion largement théâtralisée :

« C’est ça la réalité ! Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici ! Elle est là, la réalité de nos hôpitaux ! »

Tout ceci pour dire que les députés qui avaient voté ces deux amendements étaient des inconscients égoïstes qui ne comprenaient rien à rien, qui refusaient de voir à quel point la maladie mettait notre système de santé à bout et qui feraient mieux de s’en remettre à ceux qui savent. À lui, par exemple. Et si possible sans discuter et voter n’importe quoi.

Dès le lendemain, les députés LREM à nouveau nombreux en séance accédaient à la demande du ministre et rejetaient les amendements en question au cours d’un second vote plus au goût du gouvernement :

Nulle idée chez M. Véran que les députés d’opposition aient pu choisir de fixer des dates de « revoyure » régulières et rapprochées afin de piloter de la façon la plus démocratique possible les situations d’exception que le gouvernement nous impose pratiquement sans débat depuis huit mois.

Nulle idée non plus que « la réalité de nos hôpitaux » qu’il a décrite comme absolument désespérée ait un petit rapport avec ce que lui et ses prédécesseurs n’ont pas fait depuis des années et ce que lui, personnellement, n’a pas fait depuis le précédent confinement. On se rappellera qu’à peine en poste, et alors que la France comptait encore peu de morts du coronavirus, il plastronnait sans retenue sur les capacités de la France à encaisser la pandémie :

« La France est prête car nous avons un système de santé extrêmement solide. »

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Un point de vue qu’il a répété à plusieurs reprises tout au long de la crise sanitaire en dépit du fait qu’au printemps, il avait fallu se résoudre à transférer des malades en Allemagne, et que tout indique maintenant qu’il va falloir renouveler cette opération un peu humiliante pour un pays qui place son service public et la fameuse solidarité qui va avec sur un piédestal assez peu mérité.

Pas plus d’idée sur le fait que tout alourdissement du confinement en durée comme en modalités pèse sur une situation économique qui n’était déjà pas très brillante avant la pandémie. Très concrètement, on parle là de faillites, de chômage et de pauvreté, c’est-à-dire de souffrance économique et sociale pour encore de longs mois. Selon les plus récents calculs de la Commission européenne, il ne faut pas espérer voir les choses repartir dans le bon sens avant la fin de 2022.

Quant aux mesures de soutien sur le mode « quoi qu’il en coûte », si elles peuvent effectivement servir de baume ponctuel, non seulement elles prendront fin par manque de ressources, mais elles se retrouveront forcément un jour dans l’addition des contribuables et/ou des épargnants, ce qui viendra inéluctablement ajouter à la dureté des temps.

Bref, la grande scène du II de M. Véran nous démontre une fois de plus que nous naviguons à vue entre carences d’État et morgue de l’exécutif. On n’en sort pas.

Pourtant, tous ces éléments justifient amplement qu’il puisse se trouver parmi la représentation nationale quelques parlementaires qui ne comptent pas laisser le gouvernement en roue libre sur la question de l’État d’urgence sanitaire. La « saine colère » à laquelle s’est livré le ministre de la Santé à l’Assemblée nationale mardi dernier et sa demande de second vote immédiatement acceptée par les députés de la majorité devraient nous pousser, nous les citoyens, à manifester la même vigilance.


Illustration de couverture : Le ministre de la Santé Olivier Véran « engueule » les députés à l’Assemblée nationale le 4 novembre 2020. Photo AFP.

33 réflexions sur “Vote sur l’État d’urgence sanitaire : Olivier Véran nous fait le coup de la « saine colère » à la Royal

  1. Merci pour votre article dans lequel une fois de plus vous expliquez parfaitement le problème et les enjeux du débat. Sur son site, l’IFRAP a publié un comparatif des mesures prises par les différents gouvernements européens (https://www.ifrap.org/europe-et-international/le-comparatif-des-restrictions-sanitaires-en-europe) et le notre est de loin le plus restrictif.

    Ce à quoi nous assistons n’est pas vraiment nouveau, c’est un classique de notre vie politique. Un gouvernement sourd et aveugle qui prend des décisions hâtives et désordonnées et qui se persuade que les échecs prévisibles qui en découlent sont dus à ceux qui critiquent ces mesures mal ficelées (on pourrait citer tant d’exemples dans l’éducation, la santé, la justice, etc.). Mais autoritarisme n’a jamais rimé avec efficacité, dans cette crise comme dans d’autres domaines. Le consensus et la concertation sont les clés de toute décision politique efficace. Ce n’est pas un hasard si ceux qui réussissent le mieux sont également ceux dont les constitutions sont les plus démocratiques.

    Mais chez nous, tous les échecs sont attribués à une prétendue mentalité gauloise d’un peuple réfractaire et la solution proposée c’est toujours de mâter ce peuple récalcitrant en prenant des mesures punitives et revanchardes. Idem pour les médecins dont la liberté de prescrire apparait comme un dangereux contrepoids qu’il faut administrer avec les ARS, un système coûteux et inefficace.

  2. En invoquant l’incapacité des hôpitaux publics à faire face à l’épidémie devant l’assemblée nationale, Oliver Véran s’est prévalu de son propre échec pour justifier de la prorogation de l’état d’urgence sanitaire.

    Cet état d’urgence sanitaire, le confinement, le contingentement économique et la restriction des libertés empêchent la lutte contre l’épidémie.

    Les hôpitaux ont besoin des ressources générées par une économie fonctionnant sans entraves. Ils consomment des biens et services fournis par des entreprises. Ils s’équipent en matériels également auprès d’entreprises. Si la liberté économique est entravée, les hôpitaux, privés d’approvisionnements, ne pourront plus soigner.

    La remise en cause de la liberté de prescription prive les médecins de trouver un ou plusieurs traitements contre le virus ; ce qui réduirait d’autant le nombre des admissions de malade dans les hôpitaux.

    Le refus du débat public sur la politique sanitaire du gouvernement ne permet pas de la modifier ou de la changer si elle est erronée. Il garantit la persistance dans l’erreur.

    Bref, nous assistons à la démonstration du caractère néfaste d’un processus décisionnel centralisé évacuant la concurrence et la comparaison entre plusieurs manières d’agir.

    Merci pour vos articles et bonne journée,

  3. Et à la fin, bientôt en 2021, avec l’effondrement des hôpitaux publics, on assistera à l’implosion de tout le caractère hyper étatique de l’Etat progressiste français. Et avec cette « liberté » retrouvée, quelqu’un nous lancera le fameux slogan du « Enrichissez vous ». Un Etat sans plus aucune prérogative sur nos vies personnelles, économiques, patrimoniales, industrielles, sanitaires, littéraires, et même judiciaires et sécuritaires, voila qui permettra à ceux qui bossent, prennent des risques financiers, innovent et créent des emplois visibles, utiles et nécessaires, de bâtir leur « rêve de vie français moyen ». Et les moins « téméraires » devront seulement veiller à cultiver leur propre jardin.
    Marie nous l’a bien dit: « Tout arbre qui ne porte pas de fruit sera coupé ». Le socialisme à la française sera effacé de l’histoire politique de la France post Macron.

  4. « La liberté de prescrire des médecins ».

    Merci de nous épargner ce slogan pervers, sournois, hypocrite et mensonger. La liberté de prescrire quoi ? L’hydroxychloroquine ? Si c’est cela que vous voulez dire, alors dites-le franchement, et on va en parler.

    Mais au-delà de la molécule inefficace du bandit scientifique Raoult, ce slogan est scandaleux car il entasse mensonge sur mensonge. Mensonges implicites, naturellement, ce qui empêche de les réfuter.

    Premièrement, il n’y a jamais eu, et il ne doit pas y avoir, liberté absolue de prescription par les médecins. Ça n’existe dans aucun pays.

    Le médecin exerce toujours dans un cadre strict, celui de la science d’abord, des règles légales et administratives ensuite.

    Ce slogan veut accréditer le mythe du médecin héros solitaire, qui sauve les pauvres malades tout seul avec sa b… et son couteau.

    Cela n’a jamais existé. Un médecin, même libéral, exerce toujours dans le cadre de contraintes collectives qui lui sont imposées. Il n’a pas le droit de faire n’importe quoi. Il n’a pas le droit, ni moral ni légal, de s’affranchir des connaissances de la science. Il n’a pas le droit d’administrer des poisons à ses patients. Il n’a pas le droit d’ignorer les règles concernant l’usage des médicaments, issues d’un consensus collectif, d’abord scientifique puis administratif.

    A l’inverse, ce slogan suggère que le médecin français contemporain est une pôv’ victime opprimée par le méchant gouvernement, qui lui interdit toute latitude de décision dans son cabinet (ou son hôpital).

    Là encore, c’est un mensonge manifeste. Le médecin a le droit de prescrire en dehors des indications officielles de tel ou tel médicament. Il dispose d’une marge d’appréciation importante.

    Evidemment, s’il joue les outsiders, il doit aussi assumer la responsabilité de ses décisions. Tout comme ses patients.

    Par exemple, cela peut vouloir dire qu’une prescription en dehors des règles habituelles ne sera pas remboursée par la Sécurité sociale.

    L’ahurissante campagne de désinformation menée par les raoultistes a récemment été ravivée sur ce point. Le gouvernement aurait (une fois de plus) refusé au pauvre petit médecin de campagne Raoult le droit d’utiliser sa poudre de perlimpinpin dans son hôpital de brousse à Marseille.

    C’est un mensonge pur et simple. Raoult a parfaitement le droit d’empoisonner les imbéciles qui le souhaitent avec sa daube. Il n’a, seulement, pas le droit, en plus, de se faire rembourser par la Sécu. C’est tout.

    Mais c’est facile de faire pleurer les foules avec la « liberté ». Exactement comme les gauchistes font pleurer les foules avec la « justice ». On lance des mots magiques dans la conversation, et puis tout le monde est sommé de la boucler, parce que, mon Dieu, qui oserait être contre la liberté et la justice ?

    En matière scientifique comme en beaucoup d’autres, tout est affaire de nuances et de détails. Mais c’est tellement plus simple de raisonner par slogans !

    • « Raoult a parfaitement le droit d’empoisonner les imbéciles qui le souhaitent avec sa daube. »
      J’ignore si l’HCQ est efficace ou non, mais j’aimerais bien que vous nous donniez le nombre de morts qu’elle a causés.

      « Il n’a pas le droit de faire n’importe quoi. » Pour vous, la liberté, c’est le droit de faire n’importe quoi ?

      « c’est tellement plus simple de raisonner par slogans » Alors que par invective, c’est moins simple mais tellement plus jouissif.

      • @ Lee Beral

        « J’ignore si l’HCQ est efficace ou non, mais j’aimerais bien que vous nous donniez le nombre de morts qu’elle a causés. »

        Votre intervention est stupide. Si vous ignorez si l’hydroxychloroquine est efficace ou non, c’est que vous ignorez tout du sujet. Elle est inefficace. Cela a été amplement établi par la science (et j’ai amplement fait écho aux recherches correspondantes dans ces pages).

        Abstenez-vous donc d’intervenir sur la question, avant d’avoir remédié à votre ignorance.

        Quant au nombre de morts causés par l’hydroxychloroquine, il s’agit d’un argument de mauvaise foi. Il sous-entend que le seul inconvénient possible d’un médicament serait de provoquer la mort, et que, pourvu qu’il ne cause pas de décès, son administration serait justifiée.

        Cela montre que vous ne comprenez rien à la médecine ni à la pharmacologie. Encore une fois, documentez-vous un minimum avant de dire n’importe quoi.

        Enfin, il est très probable que l’hydroxychloroquine a, effectivement, provoqué un nombre non négligeable de décès dans cette épidémie.

        Toutefois, on ne saura jamais combien, car la plupart de ces décès (pas tous) sont indirects. Ils sont dus au temps perdu à administrer ce médicament et à mener un nombre excessifs d’essais à son sujet. Si l’on avait consacré ce temps et ces ressources à des pistes plus crédibles, on aurait, sans aucun doute, évité un nombre conséquent de morts.

        « Alors que par invective, c’est moins simple mais tellement plus jouissif. »

        Toutes mes invectives sont dûment argumentées et étayées sur des faits. On ne peut en dire autant de vos propos.

        Hitler est un salopard, il y a des raisons à cela. Il ne faudrait pas dire que c’est un salopard, parce que c’est une « invective » ? Le raisonnement s’applique à de moindres malfaiteurs, je m’empresse de le préciser avant qu’un gros malin ne hurle au « point Godwin ».

    • Bof.
      Faut-il répondre à ces poncifs, utilisés dans le but de proclamer votre vision perso ? vous n’apportez rien de nouveau ou d’intéressant.

      Liberté absolue : c’est vous qui ajoutez ‘absolue’, bon moyen d’élargir la rhétorique pour dire n’importe quoi, puisque l’absolu n’existe dans aucun domaine. MP a parlé de liberté tout court : nous n’avons pas eu la liberté des Allemands d’utiliser l’HCQ. À partir de là, vos remarques ne valent plus grand’chose…

      • @ VitamineC

        « Nous n’avons pas eu la liberté des Allemands d’utiliser l’HCQ. »

        C’est un mensonge. L’hydroxychloroquine a été largement administrée en France, contre le Covid, comme dans de nombreux autres pays.

        Vous êtes libre de produire une source crédible, selon laquelle c’est l’emploi de la chloroquine qui a permis à l’Allemagne de mieux lutter contre la pandémie que la France. Je constate que vous ne vous en donnez même pas la peine. Le politiquement correct de droite prétend que la chloroquine est efficace, donc elle est efficace.

        « Faut-il répondre à ces poncifs, utilisés dans le but de proclamer votre vision perso ? vous n’apportez rien de nouveau ou d’intéressant. »

        Tandis que votre commentaire à vous, ce n’est pas un poncif, ni une vision perso. Il apporte énormément de choses jamais lues nulle part, et il est tout à fait passionnant.

      • Robert Marchenoir :
        « C’est un mensonge. L’hydroxychloroquine a été largement administrée en France, contre le Covid, comme dans de nombreux autres pays. »

        Vous rigolez ? il eût fallu l’administrer en première intention, càd par les généralistes, au tout-début des signes cliniques, au moment où elle est active même si on ne comprend pas bien son action. Elle n’a certainement pas été largement administrée en France comme vous l’écrivez, puisque son classement en substance vénéneuse est intervenu avant l’épidémie, freinant le choix des généralistes, pour être ensuite interdite.

        « Vous êtes libre de produire une source crédible, selon laquelle c’est l’emploi de la chloroquine qui a permis à l’Allemagne de mieux lutter contre la pandémie que la France. Je constate que vous ne vous en donnez même pas la peine. Le politiquement correct de droite prétend que la chloroquine est efficace, donc elle est efficace. »

        Que vient faire la droite là-dedans ? vous êtes de gauche ? Oui, je ne vais pas me donner la peine de faire le travail pour vous, les faits sont des faits, cherchez vous-même les quantités utilisées en Allemagne.
        Ils ont 4 fois moins de morts que nous pour la même situation. Ou expliquez-nous la raison de cette différence.

        « Tandis que votre commentaire à vous, ce n’est pas un poncif, ni une vision perso. Il apporte énormément de choses jamais lues nulle part, et il est tout à fait passionnant. »

        En tout cas il vous a fait réagir.

      • Robert, un peu léger tout ça. Il vous appartient tout autant, et même plus, de fournir les preuves à l’appui de ce que vous avancez: il est quand plus facile de prouver qu’un produit a tué plutôt que de prouver qu’il a pu participer à sauver des vies.

        (disclaimer: je n’ai pas encore d’avis sur la question et j’attends vos lumières)

    • Bon Raoult est un bandit scientifique et lui aussi est un bandit ?
      https://lecourrierdesstrateges.fr/2020/11/05/covid-19-une-requete-pour-autoriser-livermectine-le-texte/

      Et nos gouvernants avec le décret Rivotril, ils sont quoi, bandits ou…..nazis ?
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/decret-rivotril-compassion-223015#_ftnref28

      Nuances et détails assurément !

      Eh ! Et les courbes de mortalité sont assez curieuses, elles :
      http://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/chronique-covid-ndeg33-combien-de-morts-sur-ordonnances-dans-les-ehpads-ou

      • @ Tino

        Je vous en prie. Pas France Soir. Le truc qui s’appelle France Soir, aujourd’hui, est un site complotiste qui emploie zéro journaliste, qui fait (tout à fait officiellement) écrire ses « articles » par ses lecteurs, dont le seul but est d’attirer du clic par des textes aussi putassiers que possible, et qui a une crédibilité parfaitement nulle.

        Cela ne vous honore pas de répercuter de telles sources.

      • ”… dont le seul but est d’attirer du clic par des textes aussi putassiers que possible, et qui a une crédibilité parfaitement nulle.”

        Mouais bah comme 95% de la presse !

  5. Au-delà de l’emportement du ministre, je suis stupéfait de voir qu’un membre du gouvernement a dit « sortez d’ici » aux représentants du peuple assemblés dans l’hémicycle, sans que cette gravissime atteinte à la séparation des pouvoirs n’ait été relevée en soi. C’est exactement l’inverse de la fameuse réponse de Mirabeau à Dreux-Brezé : « nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ».

    Si un seul des députés agressés verbalement lui avait répondu cela, l’ascendant moral aurait été conservé aux parlementaires présents qui auraient pu exposer clairement leur volonté non de refuser quoi que ce soit aux soignants, mais d’encadrer l’état d’exception par une procédure simple et sans a priori dans un contexte en évolution rapide. Pas sûr que la gouvernement aurait osé faire revoter.

    Bonne journée.

    • Coucou.

      Je viens de réécouter, et ce n’est pas si clair. Il leur reproche de débattre oiseusement sans considération pour les rapports qui leur sont faits. « sortez d’ici » peut dès lors renvoyer à la futilité du débat en dépit d’informations parvenues jusqu’à l’AN (inacceptable : « bande de boeufs, vous êtes des gros nuls, dehors ! »), comme à la nécessité de s’informer directement (inacceptable mais plus compréhensible : « comment vous faire comprendre la catastrophe ? allez-y! »).

      En tout cas, si j’avais été là, j’aurais protesté. C’est le gouvernement qui a besoin de la confiance de l’Assemblée, pas l’inverse.

      Bonne journée et merci pour vos billets.

  6. Nous avons un système de santé en perdition chapoté par l’Etat avec une organisation kafkaïenne :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Ministeres-politiques-agences-haute-autorite-haut-conseil-haut-comite-strategies

    , financé par système d’assurance maladie de la sécurité sociale une et absolue :
    Du coup un numerus clausus qui était censé diminuer le nombre de médecins pour faire diminuer les dépenses et les prescriptions.
    Le résultat observé est tragique, il n’y a plus assez de médecins, désertification des campagnes et de certaines petites villes. Le secteur libéral a perdu de son attractivité (70 % des 5 392 nouveaux médecins de 2010 ont préféré un exercice salarial contre 9,4 % ayant choisi la voie de l’exercice libéral (dont 23 % en zone rurale). Une concentration des soins vers l’hôpital aboutissant à des services d’urgences hyper encombrés conséquence de la disparition du médecin de proximité dit de « ville » ou de « famille ». On a imposé aux médecins des protocoles strictes mais la consommation des médicaments est hyper inflationniste en France par rapport à tous les autres pays.

    C’est un fiasco total concernant la liberté de prescrire, l’ajustement individualisé pour le patient, le coût des soins en augmentation constante pour un gaspillage effréné, c’est gratuit n’est-ce pas !

    Il est prouvé que les monopoles engendrent des dépenses d’assurance santé supérieures à celles que l’on pourrait obtenir dans un marché libre de façon chiffré et indiscutable. Tous les ans, l’OCDE publie son panorama de la santé, l’Iref nous en fait un résumé comparatif implacable :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Etudes-et-Monographies/article/Non-la-France-n-a-pas-le-meilleur-systeme-de-sante-au-monde

    Du coup l’épidémie COVID sur laquelle nos gouvernants ont allumé tous les projecteurs se révèle être un piège terrible pour eux, peut-être suicidaire à ce stade. On comprend que notre ministre en perde son sang-froid et ce n’est pas fini !

  7. Saine colère de Véran devant l’inconséquence de ses troupes ? Peut être, ou plutôt le caca nerveux d’un gamin à qui on a cassé le jouet. Ce que je retiens, c’est le mépris de ce gouvernement pour tout ce qui n’est pas sa Parole, pour les élus, et pour le peuple.

    • Voilà ce que j’ai écrit dans l’article ci-dessus :

      Il s’est empressé de jouer sur la corde sensible en décrivant des soignants épuisés qui se dévouent depuis des mois auprès de patients dont certains sont dans un état gravissime en dépit de leur jeune âge.

      Il s’emballe, hausse le ton, trébuche sur les mots, reproche aux députés leur manque d’attention, fustige violemment leur refus de se saisir de la gravité des circonstances et finit dans un remake assez remarquable de la « saine colère » que Ségolène Royal nous avait servie lors du débat présidentiel d’entre-deux tours de 2007 pour masquer son manque d’argument sous une compassion largement théâtralisée :

      « C’est ça la réalité ! Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici ! Elle est là, la réalité de nos hôpitaux ! »

      • Si je puis être « indécent » avec la récapitulation de l’état de santé médical des 2 patients décrit par le ministre de la Santé, je dirais que peu me « choit » qu’ils aient 28 ans pour le premier et 35 ans pour le second avec un surpoids corporel non précisé.
        Même avec d’autres  » trémolos » dans sa gorge, je reste « étanche » à la comédie gouvernementale d’urgence sanitaire pour sauver ce type de patients avec leur protocole de soins imposé unilatéralement par des entités ou des sommités médicales ayant souvent des accointances avec les Big Pharma français et mondialisé.
        Désolé, ces 2 patients iront remplir un tableau Excel des données de variations saisonnières à la gloire de la lutte anti covid19 de novembre 2020.
        Et nous coûteront un « pognon de dingues », comme d’habitude.

      • @ gebe

        « Ces 2 patients (…) Et nous coûteront un « pognon de dingues », comme d’habitude. »

        Ce n’est pas tant ces deux patients qui nous coûtent un pognon de dingue : on peut supposer qu’ils paient leurs cotisations comme vous et moi et qu’ils s’attendent à un certain niveau de prestation en cas de sinistre (maladie).
        Non, ce qui coûte un pognon de dingue, c’est l’inefficacité, la désorganisation, l’idéologie et la bureaucratie ubuesque inhérentes à ce sytème collectif de santé. C’est ce monopole en perdition qu’il faut faire voler en éclats.

  8. L’ironie ne m’a pas échappé. La « saine colère » est surjouée, d’accord avec vous.
    Mais je pense que le problème est que quand on ne fait que dire des mensonges, on finit par y croire, car l’intelligence humaine est ainsi faite qu’elle n’est pas parfaitement fruit de la logique. Or, la classe politique, si elle ment aux électeurs traditionnellement, a atteint dans le mensonge avec l’équipe Macron des niveaux stratosphériques. Et Véran, qui, comme tous les dignes représentants de la bien pensance, considère que sa Parole est la seule Vraie, nous fait des « colères » qu’il finit par croire réelles.
    C’est marrant, ça me fait penser à la « grande colère nationale » d’Hitler avant la défaite. Aucun lien, bien sûr, mais j’espère que c’est la fin des haricots pour la clique gouvernementale…

    PS: continuez, j’ai toujours plaisir à vous lire.
    Amicalement.

  9. Il y a quand même un problème du sens des responsabilités chez certaines personnesJ’ai un exemple récent d’un anniversaire qui a réuni une soixantaine de personnes .Un des invités est venu malade il s’est avéré qu’il avait le coronavirus lui a fait un bref séjour à l hôpital par contre une personne de 84 ans est entre la vie et la mort.
    Il faut quand même constater que d’autres pays que la France en Europe sont en pleine panique par exemple la Grande Bretagne,la Belgique et prennent des mesures aussi liberticides
    Nous sommes dans un monde où l’on voudrait que tout soit sous contrôle et cet épidémie nous démontre que c’est le contraire et qu’il va falloir s’y habituer et que l’on ne pourra pas mettre sous cloche un pays à chaque nouvelle épidémie mais c’est changer de mentalité et accepter que nous sommes mortels

    • Nous sommes mortels! Nous avons tous attrapés une sacrée maladie qui s’appelle la vie, dont personne ne sort vivant. Le christianisme a été inventé pour donner des réponses sur le sens de la vie et de la mort, et aider à l’accepter. Le christianisme disparu ou presque, restent les idéologies gaucho du 20 ième siècle, le consumérisme, et surtout le doute.
      C’est en cela que l’Islam est plus fort que la république, que la France, car il apporte à ses ouailles la sérénité, les réponses, et interdit le doute. C’est plus facile à vivre, et surtout à mourir.
      On veut lutter contre le terrorisme islamique, mais comment des gens qui ont peur de mourir peuvent ils le faire contre des gens qui n’ont pas peur?
      C’est en ce sens que le choix du gouvernement de refuser (ou de faire semblant de refuser) toute mort due au covid est catastrophique dans les épreuves de guerre de religion et de civilisation dont on commence probablement à voir le début.

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