Mystère à l’hôpital : où va l’argent ?

La crise de notre système de santé publique n’a pas attendu le coronavirus pour se manifester. Début janvier, alors que la pandémie n’était pas encore vraiment entrée dans nos vies, plus de 1 000 médecins hospitaliers étouffés par les contraintes administratives qui pèsent sur eux ont menacé de démissionner. Juste avant, c’était la crise des urgences. Juste avant, c’était les déserts médicaux. Juste avant, c’était les grèves du personnel infirmier. Juste avant, c’était les pénuries de médicaments. Etc.

Mais le Covid-19 a incontestablement jeté une lumière plus crue sur les faiblesses de nos hôpitaux, sur leur sous-équipement en matière de respirateurs, de masques, de blouses protectrices et sur le manque de lits en réanimation notamment, alors que les personnels de santé se sont retrouvés en première ligne pour faire reculer l’épidémie. Comble de la petite blessure d’orgueil, il a même fallu se résoudre à transférer des malades en Allemagne, cet horrible pays de l’ultra-libéralisme ultra-déshumanisé…

Le malaise est évident. Quant aux réponses possibles, elles sont généralement peu créatives, car elles consistent surtout, à l’instar des 1 000 médecins cités plus haut, à demander « plus de moyens » – c’est-à-dire, si l’on y réfléchit, à étatiser encore un peu plus quelque chose qui croule et s’écroule déjà sous la bureaucratie :

« L’hôpital doit être réformé, mais il n’y a pas de grande réforme possible sans moyens. »

.
Une revendication entendue cinq sur cinq par Emmanuel Macron. En visite vendredi 15 mai dernier à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière sous la pression d’une possible journée de mobilisation de l’hôpital public en juin à l’initiative de la CGT et de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), il a annoncé la tenue prochaine d’un « Ségur » de notre système de santé, du nom de l’avenue qui abrite le ministère de la Santé.

Autrement dit, une grande concertation type « Grenelle » (adresse de plusieurs ministères) sur les salaires des personnels soignants et sur les moyens de l’hôpital public. 

Aussitôt dit par le Président, aussitôt mis à l’agenda par le ministre concerné. Dans le JDD de ce week-end, le ministre de la santé Olivier Véran fixait le 25 mai prochain comme première date pour réunir les syndicats et autres collectifs de l’hôpital et il donnait un avant-goût des pistes de réforme :

« Le Président a été très clair : nous allons augmenter les rémunérations, travailler sur un plan d’investissement ambitieux et enclencher une transformation profonde de tout ce qui ne tire pas l’hôpital vers le haut. »

.
Sachant qu’à l’automne dernier, époque où Mme Agnès Buzyn était ministre de la Santé, l’hôpital public avait déjà été l’objet d’un grand plan d’urgence de 1,5 milliard d’euros sur 3 ans (2020-2022) incluant des primes pour les soignants, tout ceci venant en plus de son budget habituel. Mais aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin en travaillant directement sur les salaires et en introduisant un peu de souplesse dans l’organisation du travail sans remettre fondamentalement en cause les 35 heures.

Or les chiffres dont on dispose depuis que l’OCDE a publié en fin d’année dernière son Panorama de la santé 2019 montrent que la France se situe dans les pays de tête pour les dépenses de santé rapportées au PIB. Avec 11,2 % en 2018, elle est à égalité avec l’Allemagne et n’est devancée que par la Suisse et les Etats-Unis :

Il est vrai que le PIB par habitant étant plus élevé en Allemagne qu’en France, les dépenses de santé par habitant le sont également. Et se pose donc déjà la question assez fondamentale de savoir pourquoi notre pays est ainsi à la traîne en matière de création de richesse… 

Mais il n’empêche qu’à ce niveau de dépenses pratiquement inégalé, la France devrait être capable d’affronter tout événement sanitaire imprévu et/ou inédit sinon brillamment du moins mieux qu’elle ne l’a fait avec le Covid-19. Elle devrait être le pays qui accueille les malades des pays moins bien pourvus en cas de coup dur, bref, elle devrait être le paradis de la santé pour ses soignants comme pour ses patients. Or ce n’est pas le cas. Bizarre autant qu’étrange, non ?

C’est là que l’on repense à la célèbre question de la célèbre Jacline Mouraud qui a en quelque sorte donné le coup d’envoi de la colère des Gilets jaunes en novembre 2018 :

« Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? »

.
Le pognon de nos impôts et le pognon de nos cotisations sociales, voulait-elle dire – ce pognon qui finit par représenter chez nous 45 à 46 % du PIB suivant les années et qui nous place lui aussi en tête des pays du monde développé. Ce à quoi le ministre des comptes publics Gérald Darmanin répondait :

« On paie des professeurs, on paie des hôpitaux, on paie de la sécurité. »

.
On paie des hôpitaux, oui, mais à l’analyse des chiffres de l’OCDE, il s’avère cependant que la France paie plutôt mal ses soignants en dépit des sommes élevées qu’elle consacre à la santé. Par rapport à la rémunération moyenne en vigueur dans le pays, les infirmiers hospitaliers perçoivent seulement 0,9 en France quand leurs collègues allemands touchent 1,1(*).

On paie des hôpitaux, oui, mais il s’avère également que le nombre de lits d’hôpital pour 1 000 habitants n’est que de 6 en France, ce qui n’est d’ailleurs pas si mal au niveau de l’OCDE, contre 8 en Allemagne, ainsi qu’on peut le constater sur les graphiques ci-dessous, extraits du rapport de l’OCDE sur la santé (cliquer pour agrandir) :

   

De la même façon, on constate que la France ne dispose que de 3,2 médecins pour 1000 habitants quand l’Allemagne en compte 4,3 et que la moyenne de l’Union européenne se situe à 3,6.

Du côté des personnels infirmiers, avec un ratio de 10,5 pour 1 000 habitants, la France fait mieux que les 8,5 infirmiers de la moyenne européenne mais elle reste en dessous des 12,9 infirmiers allemands.

→ J’ai récapitulé ces différents points de notre monopole de la santé dans tableau ci-dessous :

Données de notre système public de santé et comparaison avec l’Allemagne
Sources : Rapport OCDE 2019, décliné par pays par l’UE (FranceAllemagne)

      France Allemagne Moy. UE
Nombre d’habitants (millions, 2019) 67,0 83,0  
PIB Fr All  (milliards d’euros, est. 2019) 2 420,0 3 436,0  
PIB/hbt  (€ courants, est.  2019) 36 100 41 400  
Dépenses publiques (% du PIB, 2018) 56,0 % 44,6 %  
Dépenses de santé (% du PIB, 2018) 11,2 % 11,2 %  
Dépenses santé / habitant (€ PPA, 2017) 3 626 4 300 2 884
Nombre de médecins (‰ habitants, 2017) 3,2 4,3 3,6
Nombre d’infirmiers (‰ habitants, 2017) 10,5 12,9 8,5
Rémunération des infirmiers hospitaliers
par rapport au salaire moyen du pays
0,9 1,1  
Nbre de lits d’hôpital (‰ habitants, 2017) 6 8 5

D’après un autre rapport de l’OCDE, le taux de personnel hospitalier autre que médical ou paramédical (administratif, cuisine, jardin…) se montait à 33,7 % en France en 2017 contre 25,5 % en Allemagne. 

Il ressort de tous ces éléments que le système de santé français que le monde entier nous envie n’est pas confronté à un problème de « manque de moyens » mais à une très mauvaise allocation pour ne pas dire une belle gabegie de moyens plutôt abondants en raison d’un excès de bureaucratie et un manque d’efficience dans l’organisation et l’utilisation des ressources. Le système du tiers payant ajoute à la surcharge sans objet des services.

Les revendications salariales des personnels soignants ainsi que les besoins d’investissement dans certains domaines directement liés à la santé apparaissent donc comme parfaitement justifiés, mais en toute rigueur, ils devraient s’accompagner d’une réorganisation en profondeur du système ainsi que de coupes budgétaires importantes dans tout ce qui ne contribue par directement aux actes médicaux. 

Mais en réalité, sans l’effet de la concurrence qui agit comme un stimulant et qui fait réfléchir à l’utilisation judicieuse des ressources, tout système entièrement placé sous la tutelle d’une administration qui agit en monopole finit par détruire la motivation et l’esprit de responsabilité des acteurs et engloutit des montagnes de ressources financières sans jamais délivrer des résultats en rapport.

Le meilleur remède de notre système de santé serait de faire sauter le monopole de la sécurité sociale (exactement comme le meilleur remède de notre système éducatif serait de faire sauter le monopole de l’Éducation nationale), mais les plans d’Emmanuel Macron relayés par Olivier Véran ainsi que les demandes syndicales poussent à la hausse des moyens sans véritable réforme du système en profondeur. Ça promet.


(*) Précision du 19 mai 2020 : la comparaison porte sur le niveau de rémunération des infirmiers hospitaliers par rapport à la rémunération moyenne à temps plein en vigueur dans chaque pays, tous secteurs confondus : en France, la rémunération moyenne des infirmiers hospitaliers vaut 0,9 fois la rémunération moyenne de tous les travailleurs français, tandis qu’en Allemagne, la rémunération moyenne des infirmiers hospitaliers vaut 1,1 fois la rémunération moyenne de tous les travailleurs allemands. Cela veut dire que dans leur échelle de rémunération, les Allemands valorisent plus le travail des infirmiers hospitaliers que nous le faisons en France.
Précision supplémentaire : dans un second tableau, en rémunération moyenne brute annuelle temps plein des infirmiers hospitaliers en USD à parité de pouvoir d’achat en 2017, l’OCDE donne 53 600 pour l’Allemagne et 42 400 pour la France, soit 26 % de plus en Allemagne pour un temps de travail légal de 14 % de plus (40/35).


Pour compléter cet article, je suggère la lecture de Monopole de la Sécu : ouvrons les yeux, c’est un échec ! (9 octobre 2019)


Illustration de couverture : Le ministre des solidarités et de la santé Olivier Véran à l’Assemblée nationale, avril 2020. Photo AFP.

31 réflexions sur “Mystère à l’hôpital : où va l’argent ?

  1. Il y a eu l’effet délétère des 35 heures sans recrutements alors qu’en Allemagne il est de 40 heures. Par ailleurs comme le témoigne une infirmière française venue travailler en Allemagne : [en temps normal] « le rythme de travail est très différent. On fait des matins, des après-midi, des nuits, qui se suivent de façon totalement anarchique. J’ai pu travailler 12 jours d’affilée en alternant après-midi et matin, ou 10 jours avec des nuits en fin de période. C’est assez épuisant.Ce qui m’a frappée, c’est le fait que les “faisant fonction de cadre” voire les cadres eux-mêmes, travaillent au même rythme que nous et prennent des patients en charge au même titre que leurs collègues. J’aime beaucoup. Ca se ressent dans l’ambiance de travail : je n’ai aucune envie de retravailler en France. » Il y a eu le fameux « numerus clausus » qui, paradoxe amène en France des médecins moins bien formés et parfois parlant difficilement notre langue ! Enfin last but not least les nombreux errements de management et de gestion à la tête des hôpitaux…

  2. Édifiant.
    J’ai lu quelque part que l’importance de notre personnel non médical résulte en particulier de non-choix en matière de nombre d’établissements : en gros, on a voulu garder des petits hôpitaux pour des soucis d’aménagement du territoire et d’accessibilité aux soins (soit), mais cela a maintenu beaucoup de coûts fixes administratifs en l’absence d’économies d’échelle. La France paie aussi ce modèle, du moins la façon dont il a été mis en oeuvre.

  3. La Française moyenne que je suis, est toujours étonnée – et même choquée – qu’un shampoing-coupe-brushing chez la coiffeuse de son quartier lui est facturée 42 euros, contre les 25 euros, prix de la consultation, que lui demande son médecin – ou devrais-je écrire « sa médecine » ?

  4. Excellent article encore une fois merci!
    Ce qui m’interpelle en premier est un poste assez important : le prix de facturation des matériels, produits et autres médicaments. Il serait intéressant de voir le ratio avec l’Allemagne. Autre pays bien doté en lobbies pharma est-il lui aussi autant impacté par des prix ahurissants ? Cela reste à démontrer, mais entre ce point et la misère du monde soignée gratuitement mais tardant à être remboursée aux hôpitaux une belle part des frais s’envole.

    • Le prix des médicaments est plus bas en France qu’en Allemagne.
      En France, il est fixé par les pouvoirs publics après d’âpres négos avec les industriels, pour essayer de ne pas approfondir le « trou de la sécu » (qui est en train de se creuser encore plus) et les médicaments remboursables bénéficient d’une TVA réduite à 2,1 %.
      Ce n’est donc pas cela qui alourdit la facture comparative. Voir ici.

      • De 1978 à 2006 (année de ma retraite de Praticien hospitalier), j’ai vu « gonfler » :
        – le nombre de « directeurs » de 1 (directeur) + 1 (économe) à 11 « directions » supervisées par 1 directeur général… avec le nombre « adéquat » de personnel administratif nécessaire au bon (?) fonctionnement de la « machine » ;
        – le nombre de « cadres infirmiers » a été multiplié par plus de dix (en fait, au début, il n’y avait pas de cadres, la fonction étant assurée par l’un(e) des infirmier(es), en général la plus compétente… l’inflation a été contemporaine de la création de la « direction des soins infirmiers », directement subordonnée à la direction générale.
        Pendant ce temps, le nombre de praticiens est passé d’une cinquantaine à environ 200 praticiens (dont de nombreux attachés).
        Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

      • @JPC1941
        A ce stade, il n’est peut-être pas interdit de rappeler la présence depuis le XVIème siècle et jusqu’en 1969, de ce millier de soeurs hospitalières dans les divers établissements dépendant de l’administration des Hospices civils de Lyon que cite Auguste Croze dans son ouvrage
        « L’Hôtel Dieu de Lyon » paru en 1939, et présentées comme une « organisation unique en France ».

      • Merci pour votre retour, en effet le budget médicaments est favorable au système français. J’ai cherché des sources concernant le matériel et autres prestations externes (nettoyage, blanchisserie, restauration) mais malheureusement rien de probant n’est ressorti. Je ne peux confirmer une surfacturation.
        Comme précisé dans l’article l’administratif est effectivement un poste par trop conséquent qui en prime grève la qualité de prise en charge. En Allemagne des coupes franches ont été réalisées dans les années 2000, lui permettant de baisser son % de pib en budget.

  5. Je ne suis pas un spécialiste des hôpitaux, mais je sais qu’une organisation gérée par le contrôle et la recherche d’économie depuis 40 ans ne peux pas fonctionner. Je me souviens, dans les années 80 d’une discussion avec le directeur départemental de l’ursaff; il m’expliquait que le numerus clausus voulu par Mitterand était justifié par le trop grand nombre de médecins, et que cette décision allait éviter les consultations de complaisances. Je lui soutenait que c’était le début de la fin de la médecine de proximité et d’une politique de prévention, bien plus « rentable » que le tout hôpital. La santé doit se décentraliser, aplatir son organisation, devenir 3.0 comme bien des organisations. En deux mois les réseaux informels d’urgentistes ont fait des progrès thérapeutiques spectaculaires. Il ont vite compris que ce n’était pas une pneumonie, mais une maladie cardio-vasculaire, et divisé par deux ou trois le taux de mortalité en soins intensifs. Pendant ce temps là, l’administration se déchirait autour des traitements et du besoin d’études randomisées qui se feront jamais, faute de malades. La messe est dite, c’est d’une réorganisation profonde dont la santé à besoin, qui réduise sa partie administrative à l’essentiel, favorise la circulation des bonnes pratiques de façon horizontale. On verrait vite que ce retour du sens donné à l’action créerait une nouvelle dynamique, fondée sur l’humain, et remplirait les attentes des médecins, infirmières(iers), personnel de salle etc.

  6. En fait tout est résumé dans cette phrase : « tout système entièrement placé sous la tutelle d’une administration qui agit en monopole finit par détruire la motivation et l’esprit de responsabilité des acteurs et engloutit des montagnes de ressources financières sans jamais délivrer des résultats en rapport. »
    Mais le chantier pour changer ce mode de raisonnement et de fonctionnement peut prendre une génération, au moins, d’autant que ça ne semble pas être la voie prise…

  7. Aaaah ! Voici notre brouettée quotidienne de chiffres, moulinés par les jolis graphiques y afférents…

    Quelques points m’intriguent. J’observe, sur le graphique des dépenses de santé, la distinction faite, pour chaque pays, entre dépense publique et dépense privée. Celle-ci comprenant, dans les deux cas, l’assurance-maladie.

    Bien que les chiffres ne soient pas explicités, on voit à l’oeil nu des différences significatives entre pays.

    Première interrogation : au doigt mouillé, la proportion semble similaire entre la France et les Etats-Unis. On sait qu’il existe un écart considérable entre le clicheton socialiste (les Américains qui meurent dans la rue faute de Sécu) et la réalité (l’assurance-maladie d’Etat joue un rôle très important pour les pauvres et les vieux). Néanmoins, le système repose incontestablement davantage sur l’assurance-maladie privée que chez nous. Quelle est l’explication ?

    Serait-ce que presque tous les Français ont une « mutuelle », lesquelles seraient classées dans l’assurance privée bien que leur fonctionnement les apparente beaucoup au public, et qu’elles ont pris une place désormais considérable, face à une Sécu qui rembourse de moins en moins ?

    Deuxième interrogation : toujours à vue de nez, la proportion public/privé est inférieure en Angleterre par rapport à la France. Or, le système britannique est positivement communiste par rapport à celui de la France, avec des médecins généralistes fonctionnaires (payés très cher, d’ailleurs), un financement par l’impôt, et un National Health Service révéré à l’égard d’une divinité.

    Pendant l’épidémie, les libéraux britanniques se sont étonnés que le slogan popularisé par les autorités soit « Protégez notre NHS », alors qu’en toute logique, ce serait au NHS de protéger les Britanniques. Même en France, personne n’aurait osé concocter le slogan « Respectez le confinement, protégez notre Sécurité sociale » — bien-aimée : en Grande-Bretagne, le sigle NHS est inévitablement précédé du pronom « our », et suivi du qualificatif « beloved ».

    Troisième interrogation : au Canada, la proportion public/privé est encore plus faible qu’en Angleterre — là encore, à l’oeil nu. Or, le Canada est l’autre grand pays du monde développé vérolé par un système de santé exagérément étatisé. Du moins, c’était le cas la dernière fois que je me suis penché sur la question.

    • C’est toujours le cas (au Canada), rien ne marche dans le domaine médical, impossible de voir un médecin quand vous en avez besoin, impossible de faire une analyse médicale rapidement, queues énormes partout, délais invraisemblables, un système étatisé qui ne fonctionne pas. Tout le monde le sait et le constate, mais l’inertie des institutions est telle qu’il est impossible de changer quoi que ce soit.

    • J’ai connu la santé US avant « Obamacare » : fa-bu-leux ! Depuis la socialisation d’Obama le système se dégrade d’années en années. Pas de surprise, comme tout ce qui est socialisé.

  8. Cardiologue libéral en cabinet et clinique cardiopneumologique assurant l ensemble des prestations d’urgence (cardiologie interventionnelle) j assumais avec 3 confrères une astreinte cardiologique en service de soins continus post opératoire 24/24 7/7 pour un salaire mensuel net de 626€ netIl s’agissait donc d’un service rendu quasiment gratuit peu coûteux pour cette clinique mutualiste (je souris car le correcteur automatique a écrit clique)
    Néanmoins nous avons été licenciés car trop chers
    Cela a permis l’emb dans la foulée de dix cadres administratifs probablement bien syndiqués….
    Pour la petite histoire les cas problématiques en post opératoire dans cette clinique nous sont adressés pour avis par ambulance voir SAMU……puis retour en clinique
    Pourquoi faire simple ?

    • Dans une clinique mutualiste ? Vous êtes donc en train de nous dire que le privé s’inspire des mauvaises idées du public, et que les « mutuelles » sont privées… si l’on veut, mais il faut le dire vite. Je me trompe ?

      Pour ma part, quand j’ai fréquenté des centres de santé mutualistes, j’ai souvent senti ce délicieux et inimitable parfum de fonctionnariat. Pourtant, sur le papier, ce sont des établissements odieusement ultra-libéraux.

  9. Votre analyse est pertinente et je partage vos constats.
    Mais il faut aller au bout de vos démonstrations.
    Quand vous écrivez que le coefficient de rémunération d’une infirmière est de 0,9 en France contre 1,1 en Allemagne, c’est arithmétiquement juste. Mais il faut rappeler que le temps de travail d’une infirmière est de 35H en France (je crois 32H à l’APHP) contre 40H en Allemagne.
    Même phénomène lorsque l’on compare les salaire des enseignants en France et en Allemagne. Presque le double de temps de présence face aux élèves pour un prof allemand, enseignement obligatoire de deux matières, moins de vacances pour un salaire supérieur d’environ 40%.
    Comparaison n’est pas raison…

    • Vous avez raison sur la différence de temps de travail entre la France et l’Allemagne, mais la comparaison donnée ne porte pas directement sur les rémunérations moyennes à temps plein en France et en Allemagne.
      Elle porte sur le niveau de rémunération des infirmiers hospitaliers par rapport à la rémunération moyenne à temps plein en vigueur dans chaque pays, tous secteurs confondus : en France, la rémunération moyenne des infirmiers hospitaliers vaut 0,9 fois la rémunération moyenne de tous les travailleurs français, tandis qu’en Allemagne, la rémunération moyenne des infirmiers hospitaliers vaut 1,1 fois la rémunération moyenne de tous les travailleurs allemands.
      C’est bien précisé sur le graphique : « Rapport au salaire moyen de chaque pays » (chaque pays avec ses petites spécificités) et je pense l’avoir précisé aussi : « Par rapport à la rémunération moyenne en vigueur dans le pays, les infirmiers perçoivent seulement 0,9 en France quand leurs collègues allemands touchent 1,1. »
      Cela veut dire que dans leur échelle de rémunération, les Allemands valorisent plus le travail des infirmiers hospitaliers que nous le faisons en France.

    • Précision supplémentaire :
      Dans un second tableau, en rémunération moyenne brute annuelle temps plein des infirmiers hospitaliers en USD à parité de pouvoir d’achat en 2017, l’OCDE donne 53 600 pour l’Allemagne et 42 400 pour la France, soit 26 % de plus en Allemagne pour un temps de travail de 14 % de plus (40/35).

  10. Très belle analyse, très complète !!! BRAVO
    VOICI QUELQUES REFLEXIONS ET PISTES DE SOLUTIONS

    D’abord, QUEL EST LE PROBLEME ???? Il faut vraiment commencer par analyser le problème avant d’essayer de trouver des solutions, si on ne fait pas cette analyse, on prendra, comme d’habitude, les mauvaises pseudo-solutions.

    1° Notre système politique a été absolument déficient, pas d’anticipation (on se retrouve sans masques, gel, blouses, tests, …), alors que l’épidémie (je ne dis pas pandémie volontairement) était annoncée. Mauvaises décisions : plutôt que d’acheter très vite ce qui manquait, des tests notamment, pour identifier les porteurs et les confiner, eux, les politicards décident de sacrifier l’économie et de confiner tout le monde … . Des « comités théodule » dépassés, nuls, incompétents, trop nombreux, désignés comment ???? …
    2° nos structures publiques de santé coûtent très cher pour un résultat très médiocre ; le rapport qualité/coût est abominable dans le public ! les structures privées, la médecine de ville, les infirmières, kiné, sage femme, auxiliaires de vie, … libérales totalement ignorées …
    3° l’hôpital public compte ¼ à 1/3 de personnel soignant qui ne travaille pas (congés de maladie, ARTT, congés spéciaux, décharges syndicales, etc. etc.) et la notion de « travail effectif » est ignorée. Le management est totalement inefficace, le chantage aux « congés de maladie » est la règle. La rémunération « au mérite » n’existe pas, la règle est l’égalitarisme que tu travailles ou pas, que tu travailles bien ou mal tu es payé de la même façon !!!! Ce qui est un comble ; une hérésie, un déni de management et d’équité. Le temps de travail est beaucoup trop faible, quand on parle de 35 heures, on est très loin de 35 heures de travail EFFECTIF (les « temps de pause, clope, et autres » sont légion. Pourquoi l’hôpital privé coûte-t-il 30% moins cher que le public ???
    4° Le personnel administratif est beaucoup trop nombreux, et la aussi ¼ à 1/3 des administratifs ne foutent rien.
    5° Les urgences sont encombrées par de très nombreux patients qui n’ont rien à y faire parceque les médecins de ville, sous-payés, ne vont plus à domicile et n’exercent aucune garde de nuit.
    … j’arrête là mais on a vu l’essentiel, je crois, tu peux compléter.

    LES SOLUTIONS (je vais le faire point par point en commençant par la fin.
    1° mieux payer les médecins de ville, y compris les visites à domicile, les décharger des très nombreuses tâches administratives que l’Etat multiplie d’année en année. Leur demander d’organiser des services de garde de nuit systématiques (surtout ne pas leur imposer une organisation « administrative » pondue par des fonctionnaires incompétents. Ils recruteront des assistantes s’ils sont mieux payés = création de nombreux emplois ; et en prime, les urgences seront très largement déchargées et pourront se concentrer sur les cas les plus sérieux. Au passage, il faudrait revoir à la baisse les impôts et charges sur tout ce personnel essentiel à la santé des gens.
    2° Réduire drastiquement le personnel administratif de l’hôpital public. Progressivement bien sûr, et revoir le management de ce personnel qui doit passer à 37 ou 39 heures de travail EFFECTIF.
    3° Rétablir la carence de trois jours pour tout le personnel hospitalier, Mettre en place un système de rémunération au mérite dans leque ceux qui travaillent beaucoup et bien ¼ à 1/3, sont beaucoup mieux payés que les autres. Ceci passe obligatoirement par une vraie formation au management des cadres, avec une rémunération de ces derniers « au résultat ». Virer progressivement le ¼ ou 1/3 qui ne fout rien, quite à recruter des gens qui bossent.
    4° Développer la saine concurrence, et les structures privées qui, dans 10 ans devraient représenter la moitié de l’offre de santé. Assurer le lien et la coordination entre public et privé.
    5° Nettoyer de fond en comble notre système politique, supprimer tous les doublons, les structures qui ne servent « qu’à caser des copains », au plus haut niveau, un comité qui associe à parité des représentants du privé et du public, de VRAIS comités de clients (pas d’usagers), à tous les niveaux avec de réels pouvoirs. Le strict respect REEL de la loi Kouchner qui existe déjà !!!

    • Aucun problème.
      J’ai connu deux périodes : avant Obamacare et maintenant (depuis 2014) avec Obamacare. Deux mondes différents. A mon arrivée, j’ai été époustouflé de la qualité du système, il faut dire qu’il y avait une concurrence « à l’Américaine » entre les acteurs et les patients étaient traités « aux petits oignons ». Ma couverture médicale était a 90% et ce qui n’était pas couvert était déductible des impôts.

      Maintenant que le système est socialisé…eh bien c’est de pire en pire : les rendez-vous sont plus éloignés, la concurrence a quasiment disparue et on est traité un peu comme en France. Ma couverture est moins bonne alors que ce qui était promis comme « moins cher parce que social » se révèle plus onéreux et la menace plane sur les déductions fiscales.
      Voilà le bilan social d’Obamacare. Je n’ai pas trop à me plaindre car ce n’est encore pas trop mal…mais ce n’est vraiment plus comme avant et j’ai peur que cela se dégrade encore. Trump voulais supprimer Obamacare mais pour des raisons qui m’échappent encore les Républicains s’y sont opposés…

  11. Quand je suis arrivé aux US c’était l’entreprise de mon épouse. Aujourd’hui retraités c’est la Sécurité Sociale américaine (80% des remboursements) plus une complémentaire (pour retraités)de l’entreprise de mon épouse et la déduction fiscale. Pour l’instant nos remboursements sont à 100%, mais le problème n’est pas là. Les lourdeurs administratives imposées par la loi Obamacare aux acteurs de santé sont des embuches de tout instant et nous ôte beaucoup des facilités que nous avions auparavant.
    Bon, je n’irais pas dire que tous les Américains sont dans cette situation car il y a moins bien et aussi bien mieux. Les USA c’est comme l’Europe : tous les Etats Européens ont des systèmes différents, il en va de même pour les Etats Américains qui ont leurs propres particularités, à l’exception de ce qui est Fédéral et donc identique pour tous (la Sécu par exemple).
    J’imagine que ce doit être un peu obscur pour un Français ou tout est pareil pour tout le monde. Je dois dire qu’il m’a fallu un certain temps pour comprendre toutes ces circonvolutions. Dans un Etat Fédéral tout est différent.

Laisser un commentaire