Mystère à l’hôpital : où va l’argent ?

La crise de notre système de santé publique n’a pas attendu le coronavirus pour se manifester. Début janvier, alors que la pandémie n’était pas encore vraiment entrée dans nos vies, plus de 1 000 médecins hospitaliers étouffés par les contraintes administratives qui pèsent sur eux ont menacé de démissionner. Juste avant, c’était la crise des urgences. Juste avant, c’était les déserts médicaux. Juste avant, c’était les grèves du personnel infirmier. Juste avant, c’était les pénuries de médicaments. Etc. Lire la suite

Ministère de l’Éducation nationale : ZÉRO POINTÉ en informatique !

Un nouvel épisode édifiant de ma série « Où va l’argent ? » ou le fiasco à 400 millions d’euros du Système d’information et de gestion des ressources humaines de l’Éducation nationale dit SIRHEN.

Grande nouveauté à la Cour des Comptes ! Pour la première fois, la seconde partie de son Rapport public annuel, dont l’édition 2020 a été publiée mardi 25 février dernier, est consacrée à une « thématique transversale ». Et pas des moindres en cette époque résolument 2.0 puisqu’il s’agit du « numérique au service de la transformation de l’action publique » dans notre nation réputée post-moderne et audacieusement startupeuse. Lire la suite

D’où vient l’argent ? Du chiffre d’affaires des entreprises, point.

Après « Qu’est-ce que vous faites du pognon ? » dont la réponse est toute l’histoire de la France championne du monde des taxes et des dépenses publiques, autre question mystérieuse : « D’où vient l’argent ? » Là, je risque de décevoir : l’argent compris comme la richesse réelle ne pousse pas sur les arbres… Mais où, alors ?

Vous vous souvenez certainement de Jacline Mouraud. En novembre dernier, elle allumait la révolte fiscale des Gilets jaunes en lançant à Emmanuel Macron sa désormais célèbre – et judicieuse – question : « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Elle parlait naturellement du « pognon » de nos impôts dont les montants devaient s’alourdir encore sous la forme de taxes supplémentaires sur les carburants. Lire la suite

Fonction publique : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas

PRÉAMBULE : Ma critique ne porte pas sur les personnes individuelles qui ont un emploi de fonctionnaire. Il y a des gens qui se dévouent à leur mission dans la fonction publique, je le sais et je le dis. Un jour, ils ont réussi un concours, on leur a offert un poste et ils l’ont accepté, il n’y a pas de mal à ça. Mais je parle d’un système qui, en lui-même, est devenu trop lourd et n’est pas favorable à l’efficacité globale du pays.
Je considère que quand un pays est le champion du monde de la dépense publique (56 % sur PIB) et des prélèvements obligatoires (45 %) et que dans le même temps son taux de chômage est à 9 % soit le double ou le triple de ses voisins et que ses résultats éducatifs sont, disons, « mitigés » comparativement à ses pairs (voir tests PISA, TIMSS etc.), il y a lieu de se poser des questions. Je crois que l’organisation de l’État au sens large, ses missions et ses statuts en font évidemment partie.

Au 31 décembre 2017, la fonction publique française employait 5,7 millions de personnes (voir tableau INSEE ci-dessous) se décomposant en 2,5 millions dans la fonction publique d’État, 2,0 millions dans la fonction publique territoriale et 1,2 million dans la fonction publique hospitalière. Comme le disait pudiquement France Stratégie(*) dans un rapport publié en décembre 2017, « le taux d’administration de la France est relativement élevé. » Il se situe en effet aux alentours de 88 agents pour 1 000 habitants quand celui de l’Allemagne, voisin comparable, est à 56 ‰. Lire la suite

Bienvenue au pays du 1er AVRIL permanent !

Parmi les nombreux poissons d’avril qui frétillent dans nos eaux administratives avec une désespérante réalité, voici l’histoire abracadabrante mais vraie des fonds européens LEADER pour le développement rural qu’il va peut-être falloir rendre.

Le 7 mars dernier, le Sénat fut le théâtre d’une scène très inhabituelle. Loin des « ça va mieux » et autres satisfecits que nos dirigeants ne manquent jamais de se décerner, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume s’adressait aux sénateurs en des termes particulièrement angoissants :

« Je ne vais absolument pas vous rassurer parce que la situation n’est pas rassurante ! »

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Mobilier national : PRIVILÈGES et MÉDIOCRITÉ en décor Louis XVI

Dans son rapport 2019, la Cour des comptes n’est pas tendre pour le Mobilier national. Direction et syndicats s’offusquent bruyamment… On comprend pourquoi : sous le lustre des tapis et des fauteuils Grand Siècle se cachent abus et privilèges des agents et accomplissement médiocre des missions.

C’est officiel, les magistrats de la Cour des comptes n’ont pas plus de coeur que de sensibilité artistique ! Avec leur immonde politique de la calculette et leur mesquinerie maladive pour des broutilles, ils vont finir par assassiner la création et les métiers d’art dans lesquels la France impose son excellence au monde entier depuis des siècles. Qu’on se le dise, faire des tapisseries « n’est pas rentable mais nécessaire » et s’attaquer à des professionnels aussi passionnés que ceux du Mobilier national et ses manufactures est une atteinte scandaleuse à l’esprit du beau ! Lire la suite

Où va l’argent ? (II) : Plongée dans les chiffres de la délinquance

Sale coup pour Gérald Darmanin ! Tout récemment, il nous assurait (tweet ci-dessous) que l’argent des contribuables était judicieusement utilisé par l’Etat pour apporter aux Français les meilleurs services possibles, notamment en matière de sécurité – ceci pour tenter de répondre à la désormais fameuse question initiale des Gilets jaunes « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Depuis, les Gilets jaunes se sont laissés envahir par des groupes violents et des revendications « vénézuéliennes » façon CGT, mais d’un point de vue libéral, la question reste très pertinente. Lire la suite

Où va l’argent ? (I) Plongée dans les abîmes du Grand Paris Express

Mise à jour du 29 mai 2019 : La ministre des transports a annoncé aujourd’hui que la mise en service de la ligne ferroviaire prévue pour relier Paris à l’aéroport Roissy Charles-De-Gaulle dans le cadre des infrastructures élargies du Grand Paris Express (GPE) était reportée à fin 2025, alors qu’elle devait être opérationnelle pour les JO de 2024 – la France s’y était engagée dans le dossier de candidature… Mais quand on sait à quel point le GPE est surtout grand par ses dérapages aussi abyssaux qu’incontrôlés, on ne s’étonne plus :

« Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » interrogeait Jacline Mouraud le mois dernier, mettant ainsi le feu aux poudres d’un ras-le-bol fiscal(1) devenu révolte des Gilets jaunes. Mais, chère Madame, s’exclament alors automatiquement Gérald Darmanin et tous les tax lovers façon Marlène Schiappa, on paie des professeurs, des hôpitaux, de la sécurité, de l’égalité homme femme… Que du beau, du bon, du bonheur, voyons ! Lire la suite

Scandale : les fonctionnaires vont devoir faire leurs 35 heures !

Info du 26 mars 2019 : Le temps de travail des fonctionnaires à nouveau épinglé. Un rapport de l’Inspection des finances confirme que les 35 heures sont encore loin, notamment dans la territoriale. Pas vraiment une surprise :

La fin du recrutement au statut des cheminots actée dans la réforme de la SNCF a clairement ouvert une brèche dans le dédale des régimes spéciaux et privilèges en tout genre qui font le charme désuet et coûteux de notre service public. C’est ainsi que le gouvernement se propose maintenant de demander aux fonctionnaires territoriaux de bien vouloir consentir à travailler … 35 heures par semaine ! Pour nos archéo-syndicalistes, le retour à l’esclavage, ni plus ni moins. Lire la suite

Dette SNCF : la finance publique, c’est vraiment magique !

Alors que la participation des cheminots à la grève SNCF semble s’émousser au fil des jours, alors que les Français continuent à estimer majoritairement que la réforme de la SNCF est justifiée (62 %) tandis que la grève ne l’est pas (57 %), les syndicats, CGT en tête, durcissent le ton et menacent d’étendre les belligérances à toute la période estivale si le Premier ministre persistait à ne pas les recevoir.

Ne voulant pas apparaître comme le responsable d’un éventuel blocage, Edouard Philippe les a donc conviés par lettre à des réunions bilatérales à Matignon le 7 mai prochain. Une lettre des plus intéressantes, car elle soulève la question de la dette SNCF en des termes qui ne peuvent pas laisser les contribuables indifférents. Lire la suite