Carburants : concours de bêtise et de mauvaise foi chez les ministres

Mise à jour du 21 octobre 2021 – 22 h : Pour compenser la hausse du prix des carburants et d’autres effets inflationnistes, le gouvernement a opté pour une « indemnité inflation » de 100 € attribuable à toute personne gagnant moins de 2 000 euros net par mois, soit 38 millions de Français. Coût de la mesure : 3,8 milliards. Délire fiscal d’un côté, open bar et clientélisme électoral de l’autre, ça promet.

Intéressant graphique que celui de l’Union française des industries pétrolières (UFIP) en date du 15 octobre 2021 reproduit ci-dessous. Il montre sans la moindre ambiguïté que chaque fois que nous prenons de l’essence ou du diesel, nous n’achetons pas un mais deux produits de prix à peu près équivalents :

· Du carburant d’abord, dont le prix actuel, incluant le brut, le raffinage, le transport et la distribution, est de 69 centimes d’euros par litre, plus une TVA à 20 % de 14 centimes d’euros, soit au total 83 centimes par litre.

· Puis un second produit beaucoup plus mystérieux, beaucoup plus controversé, baptisé taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques ou TICPE, dont on sait seulement qu’il ne se retrouve pas dans notre réservoir mais qu’il nous coûte quand même 61 à 69 centimes par litre selon qu’on roule au diesel ou à l’essence, à quoi il convient aussi d’ajouter une TVA à 20 % de 12 à 14 centimes.

Soit à nouveau un total de 73 à 83 centimes d’euros par litre de pure contribution au « quoi qu’il en coûte » débridé des pouvoirs publics mélangé à leur volonté de contrôler et orienter nos comportements par une avalanche de taxes punitives. En l’occurrence, sortir des énergies fossiles, passer au tout-électrique, aux trottinettes, aux mobilités douces. Qui s’en plaindrait ? L’État vous veut du bien, il vous paie même un stage vélo de remise en selle !

Le prix du premier produit correspond au fonctionnement normal du marché de la plupart des produits de consommation, pétroliers ou pas, pour autant qu’on juge qu’une taxe de 20 % prélevée sur le consommateur final soit « normale ». Mais admettons. Il en va de même pour une paire de chaussures ou une housse de couette.

Or c’est précisément ce premier produit qui donne actuellement des sueurs froides au gouvernement. Du fait de la reprise brutale de l’économie mondiale, du fait de la reprise des déplacements et des transports après les mises à l’arrêt non moins brutales décidées par les gouvernements pour circonscrire la pandémie de Covid-19, tout le monde veut du pétrole au même moment. Cela crée des goulots d’étranglement, au niveau du raffinage notamment, qui font significativement grimper les prix. 

Résultat, depuis le début de l’été, ce sont des hausses de 10 à 12 centimes d’euros par litre que l’on constate sur la « cotation Rotterdam » qui désigne le prix sorti de raffinerie (bâton bleu foncé au bas du graphique), comme le montre la comparaison entre les prix moyens au 2 juillet et ceux au 15 octobre 2021 tels que relevés par l’UFIP (graphiques ci-dessous). La TVA afférente à cette partie du prix étant proportionnelle, elle augmente aussi – et va directement remplir les caisses du Trésor public.

    
                       Prix au 2 juillet 2021                                                Prix au 15 octobre 2021

En revanche, calme plat (si j’ose dire, car on parle néanmoins d’un niveau élevé) du côté des prix du « second » produit. Les montants, gelés depuis 2018, étant exprimés en euros par litre de carburant et non pas proportionnellement, ils ne sont pas affectés par la flambée actuelle, et par conséquent, la TVA afférente non plus. C’est du reste la seule chose exacte qu’on a entendu sortir de la bouche des ministres Le Maire (économie) et Pompili (écologie) depuis le début de cette crise.

Mais attention, ce n’est pas parce que la TICPE n’est pour rien dans l’affaire que les ministres se sentent rassurés pour autant. 

Tout d’abord, l’automobiliste qui fait son plein constate juste qu’il paie des sommes de plus en plus élevées pour utiliser un véhicule souvent indispensable au bon déroulement de sa vie quotidienne, notamment pour aller travailler. Typiquement de quoi faire craindre une résurgence de la révolte des Gilets jaunes de 2018. À l’époque c’était bien un projet de hausse de la TICPE qui avait lancé le mouvement, mais au regard du consommateur, c’est le total déboursé qui compte. 

Du reste, les différents sondages sur les préoccupations des Français demandés dans la perspective de l’élection présidentielle montrent que les inquiétudes vis-à-vis du pouvoir d’achat arrivent en première position, nettement devant les problématiques de sécurité, d’immigration ou de climat.

Mais surtout, pour le gouvernement, il y a tout à redouter d’une nouvelle actualité sur le prix des carburants car cela revient forcément à braquer à nouveau le projecteur sur sa composition hautement fiscalisée. Surtout quand on n’hésite pas à jeter la suspicion sur les distributeurs en pleine Assemblée nationale et qu’on leur demande ensuite de « faire un geste dans cette période difficile en réduisant leurs marges », comme la ministre de l’Écologie Barbara Pompili s’est crue autorisée à le faire – par ignorance crasse ou par mauvaise foi ? J’avoue que j’hésite (vidéo, 02′ 14″) :

Car s’il est en ce domaine une évidence qui crève les yeux, c’est bien que la part de la fiscalité totale sur les carburants (TICPE et double TVA) représente environ 60 % du tarif final pour les consommateurs, soit presque 90 centimes pour le diesel et pas loin de 1 euro pour l’essence au 15 octobre 2021. Quant à la scandaleuse marge des distributeurs (incluse dans la strate « distribution », en vert dans les graphiques ci-dessus), elle n’excède pas 0,5 à 2 centimes d’euros par litre suivant le réseau de distribution. Les remarques acides de Mme Pompili ne pouvaient plus mal tomber.

Baissez plutôt les taxes, il y a de quoi faire, ont commencé à dire en substance quelques impertinents. Hors de question ! a immédiatement rétorqué Bruno Le Maire depuis Bercy. Cela « coûte très cher » : cinq centimes de moins sur le prix du carburant, et ce sont 2,5 milliards d’euros en moins dans les recettes annuelles de l’État. Quel ministre de l’Économie conscient de ses responsabilités ferait une chose pareille ? C’est très simple, chers lecteurs :

« Cela s’appelle jeter l’argent du contribuable par la fenêtre. » (BFM)

.
Stupeur ! Et moi qui pensais que baisser les impôts revenait à laisser les gens disposer eux-mêmes de leur argent ! Bruno Le Maire n’a clairement pas la même idée que moi de ce que signifie jeter l’argent des contribuables par les fenêtres. Le ministre a l’air de penser que toute fiscalité en moins est une sorte de cadeau à la limite du gaspillage accordé aux contribuables par un État sublime et magnanime.

Dieu sait pourtant que certains d’entre eux ne le méritent pas ! Parole de Bruno Le Maire (voir vidéo du tweet ci-dessous, 01′ 52″), il serait profondément injuste d’accorder « la même compensation financière de l’État » à celui qui se déplace en gros 4×4 diesel et à « l’aide-soignante qui est obligée de prendre sa Clio pour sillonner les routes et faire son travail ». Vous les entendez, les violons ? Vous le voyez, ce gros racolage paternaliste en direction des soignants qui ne sont pas dans les meilleurs termes avec le gouvernement actuellement ?

Et puis, poursuit le ministre, n’oublions pas un petit détail légèrement gênant : baisser les taxes pourrait être perçu comme une subvention aux énergies fossiles.  Sous-entendu : il y aurait encore des gens pour accuser le gouvernement d’inaction climatique. Sandrine Rousseau, par exemple, qui ne jure que par l’augmentation des taxes sur les carburants. Très fâcheux, à quelques jours de l’ouverture de la COP de Glasgow et à quelques mois de l’élection présidentielle.

Alors rappelons pour commencer qu’une baisse d’impôt quelle qu’elle soit, surtout en France où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés du monde ou presque, n’est en aucun cas un « cadeau », une « subvention », une « contribution financière de l’État » en faveur des contribuables. C’est seulement une moindre prédation d’un État glouton et omnipotent sur la richesse créée par d’autres. 

Quant à jeter l’argent des contribuables par les fenêtres, on peut penser à pas mal d’exemples bien français, tous plus désespérants les uns que les autres. Combien de fois ai-je souligné dans ce blog que la France dépense plus, ou au moins autant, que d’autres pays comparables pour des résultats au mieux médiocres ? Il n’est que de contempler la dégringolade du niveau éducatif de nos élèves telle que révélée par les tests internationaux ou l’état piteux de notre système de santé tel que mis en évidence par la pression pandémique.

Mais bref. Voici donc que le gouvernement est en train d’étudier la possibilité de distribuer des chèques carburant, dans la même veine que les chèques énergie de 100 € concoctés récemment pour compenser la hausse des prix du gaz et de l’électricité.

On se doute que le conducteur de 4×4 ne fera pas partie des bénéficiaires – redistribution, État providence et justice sociale obligent. Mais l’on serait bien étonné d’apprendre que les chèques en question, des dépenses publiques en plus, ne coûteront pas fort chers aux futurs contribuables, et l’on voit mal comment ils ne constitueront pas de fait une subvention à l’utilisation des énergies fossiles. Les mystères de la « pensée complexe » macronienne, j’imagine.

Mais tout le contraire de la situation « simplifiée » vers laquelle il faudrait tendre : plutôt qu’un matraquage fiscal incessant suivi d’une redistribution sociale, solidaire et infantilisante à tendance inévitablement clientéliste, revenir à un environnement économique allégé des pesanteurs fiscales, idéologiques et bureaucratiques qui caractérisent notre mammouth étatique afin de redonner de la compétitivité à nos entreprises, donc favoriser l’emploi et le pouvoir d’achat.

Autrement dit, faire en sorte que chacun puisse subvenir à ses propres besoins sans avoir à dépendre de l’aumône intéressée du Léviathan.


Illustration de couverture : Barbara Pompili et Bruno Le Maire, respectivement ministres de l’Écologie et de l’Économie. Photo AFP.

29 réflexions sur “Carburants : concours de bêtise et de mauvaise foi chez les ministres

  1. Bravo Nathalie, vous frappez juste et fort comme d’habitude ! Ces ministres sont tout simplement cyniques, ils savent très bien ce qu’il en est, mais dans le grand cirque médiatique, qui à part des personnes intègres comme vous va relever une outrance verbale de plus ?

    Pour cette raison, je pense qu’il est essentiel et urgent de soutenir des personnalités comme Denis Payre auquel vous avez consacré un article récemment. Les politiciens étatistes (euphémisme), qu’ils soient de droite ou de gauche, nous conduisent tout droit, et en voiture électrique, au déclassement et à l’appauvrissement.

  2. Non seulement l’automobiliste paye cher l’utilisation de son véhicule, mais il lui sera bientôt interdit de l’utiliser , du moins pour les plus âgés, dans de nombreuses villes de France par le biais des ZFE. Cette interdiction des Crit’air 3 à compter de juillet 2022 va, je le pense, entraîner de nombreuses manifs de la part de ceux qui ne peuvent pas acheter une voiture neuve. Pour mon compte, j’aurai interdiction de rouler dans ma ville, mais j’aurai le droit dans la ville voisine.

    Je me suis donc résolu à acheter la seule voiture neuve de ma longue vie d’automobiliste, elle sera au GPL, j’espère ainsi être assez vieux ou mort lors de son interdiction.

  3. Chère Nathalie , vous venez de lever un lièvre avec cette histoire de carburant , cela va devenir la nouvelle affaire qui remplacera l’affaire COVID ou la suite. Vendredi j’étais à Londres à un RD avec de très gros gestionnaires de fonds pas moins de 2 milliard par invité ils ont déjà anticipé la crise énergétique en corrélation avec la narration du climat et du  » sauver la planète  » selon leur études on se dirige entre 200 et 300 $ le Brent et ils ont modélisé les réactions psychologiques  » des individus qui nous gouvernent en occident via une matrice , ils ont trois scenarios ayant chacun un descriptif d’ attitude particulière pour répondre à cette nouvelle crise qui s’annonce , leurs conclusions est simple est la matrice s’articule entre trois pôles :  » Vain, stupid, and Devious  » Préparez vous au pire du style taxes à tout les étages, restriction de circulation et passe énergétique attaché au passe sanitaire comme quoi les déglingués de la clique à Macron sont loin d’avoir un un temps d’avance , si cela vous intéresse envoyez moi un mail à mon @ je vous transmettrez la matrice en toute confidentialité.

  4. Cela fait des dizaines d’années qu’on nous informe que le pétrole va manquer, qu’avons nous fait ? Je crois m’avancer peut être pour affirmer que les coûteuses prospections sont terminées et la baisse des taxes n’est pas la solution durable pour un pays qui croule sous une dette. Il est urgent d’imaginer d’autres solutions : circuits courts, exploitation de nos déchets, transports en commun, Etc.. Quand au couteux chauffage de nos palais nationaux…

    • Quel rapport ? Du pétrole, y’en a encore.
      Par contre, en effet, ça fait des années qu’on fout la trouille aux français avec le fameux peak oil (qui, tel l’horizon, n’en finit pas de reculer à mesure que l’on avance) qui permet toutes les audaces quant à la mise en place de politiques toutes plus tarées les unes que les autres. Avec un seul but, toujours le même : encore plus de socialisme, d’ingérence de l’état dans la vie privée.

    • « L’age de pierres ne s’est pas arrêté par manque de pierre, l’age du pétrole ne s’arrêtera pas à cause du manque de pétrole » Cheick Yamani à la fin des années 70.
      https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/les-reserves-de-petrole-ne-sepuiseront-jamais-mais-le-probleme-nest-pas-la

      Pour le chèque ce doit être rigolo, l’usine à gaz qui doit occuper Bercy :
      Distribuer un chèque carburant ? qui tienne compte du lieu d’habitation, du trajet domicile-travail, du salaire, Faut-il ne viser que les salariés ? Le cas échéant, comment contrôler qu’ils utilisent bien leur véhicule pour venir travailler ? Et si oui, certaines catégories de véhicules seraient-elles exclues du dispositif ? Certaines zones mieux desservies par les transports en commun seraient-elles mises de côté ?

    • Mon cher Bob, l’orientation au verdissement est marqué ARAMCO, EXON, TOTAL et sans doute d’autres grandes compagnies qui veulent bien se faire du blé mais sans avoir à gérer des catastrophes type golfe du Mexique.

  5. J’ai prévu autrement: je me prépare à faire ce qu’a fait Billy Wilder (en référence à un fil de notre hôtesse).

    A ce stade, ce n’est plus de la vacuité, c’est de la haute-trahison.

    • Vous vous vanter régulièrement de votre projet de mettre les voiles. La droite est impayable ! Elle a plus que de l’indulgence pour les exilés fiscaux et tous ceux qui quittent le pays pour des motivations pécuniaires mais dès que les affaires se gâtent sur le plan international, elle refait le coup de l’Union Sacrée et de la Mère Patrie au son du clairon.
      Par ailleurs la comparaison avec Billy Wilder est complètement hors sujet, la France est une démocratie qui ne traite pas ses citoyens en fonction de leur race ni de leur religion.
      Enfin, pour ceux qui se montent le bourichon et voient une dérive du pays vers la dictature, que ne se présentent-ils pas aux élections qui arrivent s’ils ne se sentent pas représentés par les candidats en lice. Peut-être aussi que leurs idées ne sont pas majoritaires. Le fait que la minorité ne gouverne pas est plutôt le signe d’une démocratie.

      • Et puis quand même, relire Tocqueville ou Constant. La démocratie est certainement la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes les autres, mais la majorité qui détient le pouvoir n’est nullement à l’abri de tomber dans l’abus de pouvoir malgré les principes de séparation des pouvoirs et les institutions de contrôle de conformité à la Constitution.
        La libérale que je suis s’inquiète fort de voir que le pouvoir étatique conféré par le vote présidentiel puis législatif à un gouvernement ne cesse de s’étendre en périmètre comme en intensité.

      • @Herederien.

        Je ne me vante pas régulièrement, c’est la première (ou la seconde, je ne sais plus) fois que j’indique vouloir partir.
        Pour avoir plutôt voyagé dans ma vie, j’ai cerné quelques endroits où je pense il pourrait faire mieux vivre – Je sais où j’aimerais aller, où j’irai,si tout va bien et, surtout, où je ne voudrai jamais aller.
        C’était un projet de longue date, tombé en sommeil suite aux aléas, aux impondérables de la vie, à la vie familiale et le confort relatif de la routine.
        Mes voyants commençant à clignoter, mes fils adultes et l’âge arrivant, je relance cela.

        Je ne compare pas nos motivations respectives, Billy Wilder et moi-même, j’indique juste une référence d’un fil de ce blog, en signalant vouloir faire ce qu’il avait fait.

        Allez-y, présentez-vous aux élections, vous qui semblez fin hâbleur. Bon courage.

        N’oubliez pas: “L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.” – Gandhi.

      • « malgré les principes de séparation des pouvoirs et les institutions de contrôle de conformité à la Constitution. »

        Ils ne sont plus que principes écrabouillés depuis longtemps :
        Conseil constitutionnel, Conseil d’Etat formés d’élites du sérail de la haute fonction publique faisant des allers-retours avec les ministères, restent très dociles et ne présentent aucun risque qui se mettrait en travers de tous les textes liberticides qui dégringolent à cadence rapide.
        La Cour des Comptes continue à amuser tout le monde en alimentant les journalistes régulièrement.
        La justice a été instrumentalisée à l’encontre des opposants ou pour soutenir les amis avec entre autre l’outil de choc constitué par le PNF.
        Et le 4ème pouvoir comme on le nomme, les médias dominants sont essentiellement consensuels sur les sujets et la façon de les traiter.

        Il reste peu de contre-pouvoirs, à se demander en y regardant bien si il y avait autant d’absolutisme sous l’ancien régime !

  6. Bon finalement ce sera 100 balles pour ceux qui ont moins de 2000 € par mois. Cela concernera à peu près 36 voire 38 millions de Français. Le coût sera d’environ 4 milliards d’euros, dont 1 milliard d’euros proviendront de l’impact de la hausse des recettes en TVA sur les carburants sinon on ne sait pas d’où viendront les 2 à 3 milliards d’euros manquants…

    Plutôt que faire bosser les services fiscaux, on va sous-traiter aux employeurs (ils ont l’habitude maintenant de faire ce genre de boulot) qui verseront la somme dans le salaire du mois de décembre 2021.

    A l’occasion, on a appris qu’il n’y avait pas de croisement entre les fichiers du fisc et des cartes grises donc c’était difficile hein ! (comme entre fisc et CAF permettant toutes les fraudes).
    Bon l’État nous « flique » à tous les coins de rue mais heureusement il y a encore beaucoup de désordre et les progrès sont lents !
    Donc le QR code à la pompe ce n’est pas encore pour demain…Ils l’ont rêvé pourtant mais il faudra attendre.

  7. Mon commentaire arrive peut-être un peu tard, mais je le mets quand même car c’est probablement la première fois où je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous Nathalie.
    Sur le principe, les taxes sur le carburant sont effectivement excessives. En pratique peut-être pas tant que ça.
    Le pétrole est un produit dont le prix est très variable selon les aléas géopolitiques. On le sait tous. Quand il part plus ou moins brutalement à la hausse, c’est évidemment douloureux pour le portefeuille des automobilistes. Les américains ont particulièrement souffert en 2008 quand le baril est monté jusqu’à 150$. Chez eux le carburant est peu taxé depuis toujours et donc peu onéreux en général, c’est probablement la raison principale pour laquelle leurs constructeurs sont loin d’être les meilleurs motoristes du monde. Ils n’ont jamais été pionniers dans le progrès vers des moteurs sobres et continuent de rouler dans des voitures nettement plus gourmandes que les européennes (même si le parc européen s’américanise un peu avec le succès des SUV).
    En France mais aussi chez nos voisins européens, les taxes élevées (et donc le prix élevé du carburant) ont incité les constructeurs à proposer des véhicules sobres (diesel notamment), ce qui a permis de maintenir à un niveau raisonnable le coût d’utilisation des véhicules. Surtout, la ticpe (tipp auparavant) restant fixe, en cas de flambée du cours pétrole, la hausse du prix du carburant pour le consommateur est moindre que celle du pétrole. Jusqu’à la forte hausse du pétrole entre 2005 et 2008, les taxes représentaient même environ 80% du prix total du carburant, l’effet amortisseur était important. Depuis bien qu’elles n’aient pas diminué, elles ne représentent plus « que » 60% parce-que le pétrole est maintenant durablement beaucoup plus élevé qu’avant (20$/baril en 2000, désormais 40$ au minimum et plus souvent 60-80$/baril voire plus) et l’effet amortisseur de la ticpe/tipp est plus faible.
    Baisser les taxes, ça soulage effectivement à court terme mais à long terme, ce n’est peut-être pas la bonne stratégie si ça nous rapproche trop de la situation américaine.
    Par ailleurs, il est intéressant d’évaluer le coût du carburant en temps de smic : combien de litres d’essence ou de gazole une heure de smic permet-elle de payer ? Aujourd’hui environ le double que dans les années 70 et les voitures consomment moins. Dans le coût global d’usage de la voiture, le carburant pèse aujourd’hui beaucoup moins lourd que dans le passé.

  8. c’est une indemnité inflation de 100€ et non pas une indemnité ou chèque carburants. les mots ont leur importance.
    indemnité inflation peut servir pour autre chose que les carburants (nourriture).
    donc à la veille de la cop26 on ne pourra pas nous reprocher de subventionner les énergies fossiles.

    par ailleurs au sujet de la TICPE personne ne parle du niveau auquel celle ci
    devait atteindre en 2022. la TICPE a été (heureusement c’est un euphémisme) gelée en 2018 face au mouvement des gilets jaunes: 60.75 centime pour le gazole hors tva 20% en 2018.
    (pour toutes les régions sauf corse et auvergne 59.40 centime, les régions ont le droit de majorer ce forfait fixe de 1.35 centime donc 59.40+1.35= 60.75*20%= 72.90 centimes ticpe net)
    en 2022 elle était fixée à 95.50 centimes tva comprise soit 31% d’augmentation soit une moyenne de pratiquement 7% d’augmentation tous les ans sur 4 ans. de la folie pure.

    une remarque: étant donné que la ticpe est un forfait fixe (pas un pourcentage) la part des taxes diminue mécaniquement dans le prix d’un litre de carburant lorsque le cours du pétrole augmente et inversement.
    avec un prix à la pompe d’un litre de gazole à 3€ on aura toujours une ticpe à 72.90 centime soit seulement 24.3% du prix du litre alors qu’actuellement avec un prix du litre à 1.5€ elle représente 48.6%. le diable se cache dans les détails.

    • @Laurent : vous faites bien de rappeler cette folie qu’était le niveau prévu en 2018 de la taxe pour les années suivantes. C’est une facette supplémentaire de la véritable catastrophe qu’a été le gouvernement d’Edouard Philippe, un gouvernement qui a augmenté la dette plus qu’Hollande ne l’avait fait et qui a accumulé les mesures administratives à la fois inutiles et vexatoires ou pénalisantes. Et ce que je ne comprends pas, mais alors vraiment pas, c’est la côte de popularité de Philippe. J’avoue que ça m’échappe.

  9. @Lionel
    ah ben je ne sais pas pour Edouard Philippe mais je pense que la plus grosse erreur du quinquennat de Macron c’est d’avoir voulu faire le malin en boostant la TICPE (notamment la taxe carbone) avec l’aval de son prix nobel d’écologie Hulot (pas le comique mais l’autre celui qui ne sait pas qu’un cours de pétrole ça monte et ça descend).
    Résultat le cours du pétrole augmente et on se prend un mouvement social dans le cornet.
    Ceci prouve par la même occasion qu’ils sont complètement déconnectés de la réalité quand ils mettent des augmentations, ils raisonnent avec leur salaire. 10/15 euros sur un plein ce n’est pas beaucoup.
    la question est:
    à partir de combien peut on dire beaucoup?
    Par ailleurs j’ai oublié de nominer Ségolène Royal qui donne des leçons d’économie sur les plateaux télé : faut baisser les taxes sur les carburants.
    Grâce à elle depuis 2015 la TICPE sur le gazole a été majorée 2 centimes d’Ecotaxe (les bonnets rouges) pour rembourser Ecomouv à hauteur d’un millard.

    • Entièrement d’accord ! Et vous faites bien de rappeler les exploits ségoliens. Macron est le continuateur de Hollande. Je pense toutefois utile de souligner le rôle pernicieux de Philippe, lui qui se présente aujourd’hui comme un homme vertueux soi-disant soucieux des deniers publics.

  10. l’indemnité inflation de 100€ équitable?

    on est 68 millions – environ 15 millions de moins de 18 ans = 53 millions
    38 millions gagnent moins de 2000€ net/mois soit:
    38/53*100= environ 72% des 53 millions.
    on va arrondir à 75% soit 3/4 du total 🤔
    donc le 1/4 qui reste gagnent plus de 2000€ net/mois ?

    un couple qui gagne un peu moins de 2000€ chacun va toucher 200€
    un couple dont l’homme (ou la femme) gagne un peu plus de 2000€ mais sa moitié ne travaille pas ne va rien toucher nada 🤔
    combien de couple ou pacsé sont dans ce cas?

    Pourquoi le gouvernement n’est pas passé par la déclaration d’impôts?

    • Arghhh Laurent ne va pas avoir sa prime !
      Le simple fait de discuter des critères ou des modalités de distribution de cette aumône montre que vous la légitimiser… 100 balles et vous vendez votre mère !
      Ça me rappelle les discussions de certains sur les modalités du confinement : on vous enlève votre liberté et vous discutez des horaires

    • Ça m’appelle d’ailleurs une autre réflexion sur l’imposition du foyer fiscal (comme elle se pratique en france) alors que d’autres pays privilégient l’imposition individuelle : ils ne s’occupent pas de ce qui se passe dans votre slip et c’est très bien comme cela.
      C’est d’ailleurs cette notion artificielle de foyer fiscal qui a été un des déclencheurs de ce qui a abouti au mariage pour tous.
      Pourquoi dès lors s’arrêter au couple ? Et les trouples ? C’est là qu’on mesure l’ineptie de cette notion de foyer fiscal…

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