En 2017, la France toujours en tête – pour taxer et dépenser !

Lundi 26 mars dernier, l’INSEE a publié ses chiffres provisoires concernant les comptes publics 2017. Ô merveille, le déficit public est repassé nettement, et pour le première fois depuis des siècles, sous la barre fatidiques des 3 % demandés par l’Union européenne ! La Macronie ne se tient plus de joie. A entendre les ministres concernés (tweets ci-dessous), cette bonne nouvelle est le résultat simple et direct du pur génie macronien insufflé dans tous les recoins du pays : la confiance est de retour, les dépenses baissent et l’économie repart !

Politiquement, la nouvelle d’un déficit ramené à 2,6 % du PIB est importante pour Emmanuel Macron. Si le déficit public restait sous les 3 % encore cette année comme c’est prévu au budget 2018, la France pourrait enfin sortir de la procédure européenne de déficit excessif. Le Président s’en trouverait tout requinqué et nettement plus crédible qu’auparavant pour essayer de convaincre ses partenaires de l’UE d’engager la « refondation historique » dont il rêve, notamment la création d’un budget de la zone euro susceptible de financer des projets d’investissement communs – une opération très keynésienne de dépenses publiques supplémentaires qui n’est pas forcément du goût de tout le monde en Europe.

Mais de toute façon, on n’en est pas encore là, car si la contrainte des 3 % est à nouveau respectée par la France, il faut bien voir deux choses : premièrement, un déficit public de 2,6 % reste un déficit élevé qu’il faut financer par de la dette ; et deuxièmement, lorsqu’un déficit diminue, ce peut être par baisse des dépenses – solution saine, ou par hausse des prélèvements – solution dangereuse, surtout quand on est déjà au top niveau.

Or justement, il y a beaucoup à dire sur ces deux points à propos des comptes 2017 publiés lundi par l’INSEE. Le génie reconnu d’Emmanuel Macron dans le champ de la communication heureuse et printanière risque de ne pas suffire pour faire oublier que chez nous, dépenses, impôts et dette continuent à augmenter sans entrave malgré toutes les déclarations inverses du gouvernement.

Avant d’entrer dans le détail, voici quelques précisions techniques. Les comptes publics définitifs de 2017 ne seront publiés que le 30 mai prochain, tout comme le PIB effectivement réalisé. Le PIB que l’INSEE utilise pour l’instant dans ses ratios de dette, de dépenses et de déficit pour 2017 est une estimation basée sur le PIB 2016 et les taux de croissance calculés trimestriellement.

D’autre part, l’INSEE a effectué un certain nombre de révisions dans les comptes des années passées, ce qui explique plusieurs petites différences entre le tableau récapitulatif des comptes publics que je vous propose en fin d’article et mes tableaux antérieurs.

• Parmi ses communications, l’INSEE a indiqué que la dette publique atteignait 2 218,4 milliards d’euros à fin 2017, soit presque 66 milliards de plus que l’année précédente. Par rapport au PIB,  elle s’élève à 97 % contre 96,6 % en 2016 et 95,6 % en 2015. Le déficit est réduit mais reste élevé, donc la dette continue à augmenter lentement mais sûrement vers les 100 % du PIB. On en déduit directement que l’objectif de 96,8 % inscrit dans le budget 2018 sera difficilement tenable puisque c’est à nouveau un déficit de 2,6 % qui est prévu pour cette année.

Notons également qu’il existe des organismes publics dont la dette importante n’est pas comprise dans ces chiffres : 47 milliards d’euros à la SNCF par exemple, ainsi que l’actualité récente nous l’a rappelé. La situation réelle est donc encore plus dégradée qu’on pourrait croire.

Ce résultat est mauvais et préoccupant. On en parle moins que des 3 % de déficit, mais le pacte de stabilité de l’Union européenne demande aussi aux Etats de limiter leur endettement à 60 % du PIB, histoire de ne pas se retrouver dans une inextricable situation de faillite à la grecque.

Or nous voici hélas très endettés, sans perspective de désendettement à court terme, dans un contexte de grande satisfaction du fait du passage sous les 3 %. Des revendications éparses sur l’utilisation de la « cagnotte » ainsi constituée ont même commencé à se faire entendre.

En réalité, il n’y a aucune « cagnotte », aucun surplus, mais seulement un déficit moins important que prévu. Il serait extrêmement dangereux de se mettre à dépenser l’équivalent de ces sommes complètement fantômes. C’est pourtant souvent ce qui se passe, tant il est vrai que la France reste la meilleure dès qu’il s’agit de taxer et dépenser plus, ainsi que les comptes 2017 nous le confirment encore une fois.

• Dans le tableau ci-dessous publié par l’INSEE (cliquer pour agrandir), on observe en effet que les dépenses publiques ont progressé de 31,1 milliards pour atteindre 1 291,9 milliards d’euros en 2017, en augmentation de 2,5 % par rapport à 2016. L’inflation ayant été de 1 %, leur dérive réelle est de 1,5 %, soit environ le double de l’année précédente.

On observe surtout que seul le poste « intérêts » de la dette est en baisse (en raison du contexte de taux bas), mais on peut difficilement y voir la maîtrise des dépenses dont se vante le gouvernement. Si l’on n’en tient pas compte, la dérive atteint 2,7 % (1,7 % hors inflation).

En revanche, on retrouve dans ces chiffres tous les cadeaux électoraux lâchés par Hollande et Valls avant la présidentielle de 2017, notamment le dégel du point d’indice des fonctionnaires qui se manifeste dans la ligne « rémunérations ». Quant aux prestations sociales et aux subventions, elles continuent à caracoler allègrement.

Les dépenses 2017 sont également marquées par le remboursement (5,3 milliards en 2017) que le trésor a dû verser aux entreprises suite au prélèvement indu de la taxe à 3 % sur les dividendes. Pour le gouvernement, c’est un élément exceptionnel dont il ne faut pas tenir compte pour apprécier vraiment la situation des dépenses en 2017. Mais même sans ça et hors charge d’intérêt, la dérive est de 2,3 % (1,3 % hors inflation). Et il reste encore 5 milliards à rembourser à ce titre en 2018.

Autre point à noter, qui n’est guère flatteur pour notre rigueur budgétaire, la contribution de la France au budget de l’UE est en baisse de 4 milliards d’euros. Si on annule cet effet, tout en conservant les 2 retraitements précédents, les dépenses augmentent de 2,6 % (1,6 % hors inflation).

Au total, par rapport au PIB, les dépenses publiques passent de 56,6 % en 2016 à 56,5 % en 2017. C’est l’épaisseur du trait, le niveau est encore extrêmement élevé, incontestablement parmi les plus élevés du monde, mais c’est probablement ce petit 0,1 point en moins qui permet à nos deux ministres de Bercy de s’extasier sur la baisse des dépenses et la stratégie comptable d’Emmanuel Macron.

• Si les dépenses augmentent, les recettes s’envolent : elles progressent de 47,8 milliards soit 4 % (3 % hors inflation). C’est ainsi que dans un contexte de dépenses incontrôlées, on peut quand même enregistrer une baisse du déficit.

La reprise de la croissance mondiale a donné des ailes à l’économie française, ce qui a logiquement généré des rentrées fiscales et sociales supplémentaires. Les cotisations sociales encaissées en plus cette année permettent d’ailleurs à la composante « administrations de sécurité sociale » des comptes publics(*) de sortir du déficit avec un excédent de 5,1 milliards d’euros.

Le gouvernement s’attribue la paternité de cette évolution positive en parlant de confiance retrouvée et de mesures prises en faveur de l’emploi et des entreprises. Disons que ces éléments ont certainement eu leur part, mais seulement leur part, d’autant qu’on ne parle que des 6 mois qui ont suivi l’élection présidentielle. C’est un peu court pour retourner une économie encadrée comme la nôtre en dehors de toute aide extérieure. Et on n’avait pas remarqué que les réformes – code du travail essentiellement, étaient si bouleversantes que ça.

Ce qu’on remarque en revanche, c’est que la taxe additionnelle à l’IS instaurée pour les grandes entreprises dans le but de compenser le gros raté de la taxe à 3 % sur les dividendes a rapporté 4,9 milliards d’euros. Il est désagréablement ironique de constater que l’Etat profite à plein de ses bourdes et des solutions absurdes qu’il a mises en place pour essayer de les réparer. Absurdes, et immorales, car Bruno Le Maire a tout simplement imaginé de faire payer les victimes pour éponger la désespérante incurie de l’Etat.

Une absurdité et une immoralité qu’il revendique d’ailleurs, si ce n’est que pour lui, il s’agit d’une stratégie responsable et d’un engagement tenu (vidéo ci-dessus) :

« Nous avons pris un certain nombre de décisions, qui étaient difficiles, de réduction de la dépense publique, de surtaxe à l’impôt sur les sociétés pour compenser l’annulation de la taxe sur les dividendes, et c’est ce qui nous a permis d’être sous les 3 %. (…) Et nous avons tenu nos engagements européens. »

.
Le passage sous les 3 % est certes tenu, mais à quel prix ! On a vu que par rapport au PIB, les dépenses stagnaient à 56,5 %, ce qui est déjà énorme, mais côté recettes, les prélèvements obligatoires formés par les impôts et les cotisations sociales passent purement et simplement de 44,6 % à 45,4 % du PIB, point le plus haut jamais atteint.

(Voir dans le tableau ci-dessus l’ensemble des grandeurs importantes des comptes publics français depuis 2005.)

C’est sur l’emploi et la croissance économique que cette dérive incontrôlée se paiera finalement. On ne peut soustraire indéfiniment au secteur marchand des sommes toujours plus importantes qui seront gaspillées en lubies sociétales et en inefficacité administrative alors qu’elles seraient si nécessaires au titre de l’investissement privé.

Le gouvernement se félicite de ses bons résultats, mais le trio infernal dépenses-impôts-dette ne s’est pas infléchi en 2017 et le PLF 2018 n’est pas encourageant pour la suite. Reste à « penser printemps » et compter sur la croissance mondiale pour nous tirer vers le haut, tout en croisant les doigts pour que le relèvement des taux d’intérêt ne soit pas trop brutal. 

La « vérité sur les comptes de la nation » comme dirait Gérald Darmanin (photo de couverture), c’est que nous étions déjà les champions du monde des dépenses et des prélèvements, et que nous voilà à battre nos propres records. 


(*) Rappelons que les comptes publics se décomposent en trois parties : l’Etat central (et ses agences), les collectivités territoriales (régions, départements, communes… ) et les administrations de sécurité sociale.


Illustration de couverture : Photo d’un tweet de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, en juillet 2017.

17 réflexions sur “En 2017, la France toujours en tête – pour taxer et dépenser !

  1. Ce qui me fait toujours rigoler (jaune), c’est que les bons chiffres sont à mettre à l’actif des nouveaux dirigeants tandis que les mauvais sont de la faute du gouvernement précédent.

    Toujours est il que la promesse de la baisse des dépenses publiques reste dans les limbes.

    Et puis maîtriser le déficit en faisant raquer les grosses entreprises d’avance par un article de loi voté en quatrième vitesse pour rester dans les clous ne me paraît pas très glorieux.

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  2. Déjà les 3%, c’est une blague de Mitterrand vendue à Bruxelles qui n’a aucune signification.
    Dans la PLF 2018, le déficit est de près de 80 milliards d’euros rapportés à 405 milliards de recettes fiscales, ça fait une impasse budgétaire de près de 20 % de la pression fiscale.
    De plus pour le déficit sur PIB, on est encore bien loin de la moyenne de la zone euro, 0,9 % du PIB, l’Allemagne a dégagé un excédent de 0,9 % du PIB et l’Italie fait mieux que nous avec un déficit de 1,7 % du PIB.
    Donc de toute façon on est les cancres.
    Pour les recettes, Le gouvernement d’Edouard Philippe joue mieux que les autres au bonneteau en transférant des dépenses et des impôts: augmentation de la CSG, baisse des cotisations sociales, réintégration du CICE, suppression de l’ISF, création de l’IFI, mise en place du PFU, hausse des droits indirects sur les tabacs et sur les carburants, plus personne s’y retrouve et l’année prochaine avec la retenue à la source qui arrivera à faire le bilan des gains et des pertes ? Aucune stabilité fiscale depuis des années, ça fait peur à tous les entrepreneurs français comme étrangers.
    Le gros morceau des dépenses sont les prestations sociales qui dépassent les 800 milliards en pleine dérive; les fraudes à l’Unedic seraient limitées à 14 % des inscrits dit-on, et pour le RSA, les difficultés de gestion sont inouies donc on sait pas évaluer la fraude, sans parler du travail au noir, enfin là ça remonterait le PIB.
    Enfin pour la dette, il faut au moins multiplier par deux avec le « hors bilan », comme vous l’évoquez, ensemble des engagements futurs de l’Etat français et ses cautions qui s’activeraient en cas de défaillance environ 3 200 milliards en 2016 mais qui grimperait à 4070 Mds en 2017 selon Jean-Yves Archer : pensions des agents en exercice 2 150 et 1 920 pour tous les canards boiteux en faillite, SNCF, Areva, EDF, passifs de Dexia etc…
    D’ailleurs l’OCDE conteste notre compatibilité publique sur ce point, ce qui ferait un ratio dette sur PIB en gros à 200%…

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  3. Merci pour l’article, les tableaux et les chiffres.
    Prestations sociales: 591,3Md soit presque 8800EUR/Habitant/an. Je trouve ce chiffre incroyable. A part les retraités qui, je suppose, touchent pour la plupart plus que cette somme, je ne vois pas qui reçoit autant en prestations.
    Cotisations sociales: 388,4Md soit un déficit de 202,9Md (!) entre prestations et cotisations. La mâchoire m’en tombe.

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    • Dans les prestations sociales, il n’y a pas que ce qui relève de la sécu, il y a aussi tout ce qui est prime d’activité, allocations et aides diverses, allocations familiales, allocation de rentrée scolaire, APL etc…
      En 2017, la partie sécu (maladie, chômage, retraite) est en excédent de 5,1 milliards grâce à la croissance économique qui fait rentrer plus de cotisations sociales, après une série d’années déficitaires (déficit de 2,2 milliards en 2016 – stock de dette de 226,1 milliards à fin 2017).
      Donc on voit combien tout le reste pèse.

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  4. Pour mettre les choses bien au clair (aux arrondis près) :

    En 2017, le déficit public de 59,3 milliards (soit -2,6 % du PIB) se décompose en :
    – Etat central et ses agences : – 65,3 milliards €
    – Collectivités territoriales : + 0,8 milliards €
    – Administrations de sécu sociale : + 5,1 milliards €

    A fin Déc 2017, la dette publique de 2 218,4 milliards € (soit 97 % du PIB) se décompose en :
    – Etat central et ses agences : 1 790,8 milliards €
    – Collectivités territoriales : 201,5 milliards €
    – Administrations de sécu sociale : 226,1 milliards €

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  5. Est-ce que cela a un sens, autre que strictement comptable, de distinguer le déficit de l’Etat central et celui des collectivités territoriales ? Je vois que ces dernières sont en excédent, alors que l’Etat est déficitaire. Mais on dit souvent que la réduction des dépenses publiques devrait commencer par les collectivités, qui ont fait exploser leur personnel à cause de la « décentralisation » (même si c’est une façon commode pour les fonctionnaires centraux de tenter de protéger leur poste).

    Vu l’immonde tuyauterie fiscalo-redistributrice qui fait tourner l’argent gratuit des autres dans tous les sens, faut-il accorder un quelconque crédit politique à ces deux chiffres ? Après tout, le cochon de payant se moque pas mal que ses impôts soient « locaux » ou « nationaux ». Ce qui lui importe, c’est le lieu dont ils partent, et ils partent tous deux de sa poche.

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    • Effectivement, l’argent qui part n’a pas d’odeur, surtout pour le contribuable. Ce distingo est comptable et aurait un sens économique si chaque entité était vraiment entièrement responsable de ses recettes et ses dépenses. Mais ce n’est pas franchement le cas. Entre les dotations de l’Etat, le jeu sur la fiscalité nationale ou locale et le fait que l’Etat ne s’est jamais privé de piocher dans un régime social pour améliorer la situation d’un autre, la seule chose à considérer, la seule dont on est à peu près certain, c’est la situation globale.
      Autre sujet, le nombre de fonctionnaires territoriaux a beaucoup augmenté entre 2002 (1,47 millions) et 2015 (1,89 millions) mais on observe un ralentissement depuis. Dans cette augmentation, environ 1 quart résulterait de transferts de fonctionnaires nationaux vers les collectivités locales dans les années 2005 à 2008 en raison de la fameuse « décentralisation ».

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  6. Pourquoi le Rapport de la Cour des Comptes ne s’impose-t-il pas à ceux dont elle dénonce les dérives ? Ses observations sont reçues avec beaucoup de désinvolture, bien sûr, puisque ce ne sont que des observations. Donc on peut dilapider.
    Un jour le bel édifisc s’écroulera. C’est pas possible autrement.
    Savez-vous à combien s’élèvent les subventions aux associations et ONG ?

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  7. En effet il faut souligner la prouesse extraordinaire de l’INSEE qui a réussi à obtenir le franchissement de la barre des 3% grâce à des calculs tellement complexes que désormais et dorénavant cet organisme sera pour l’opinion internationale placé à la droite de notre système social que le monde entier nous envie

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  8. « La politique est une affaire sale, une ruse, un cul-de-sac idéologique, un vaste pilleur de ressources intellectuelles et financières, un mensonge corrupteur, une tromperie, un moyen de répandre dans le monde un énorme malheur, d’une espèce inattendue et indétectée ; c’est le plus grand gaspilleur de productivité humaine jamais concocté par ceux qui ne croient pas à un authentique progrès économique et social. »
    Jeffrey Tucker

    Aimé par 1 personne

    • . . . d’où la nécessité du contrôle des élus pour éviter que dès le lendemain de leur élection ils se fourvoient.Avec pour préalable une division par 3 ou 4 de l’effectif des parlementaires suivi de la désignation par le sort pour chacun d’entre eux d’un collège de retraités de la même circonscription et donc majoritairement issus de la société civile dont certains n’avaient jamais eu le temps de prendre une responsabilité politique (de l’ex-PDG au cantonnier en passant par l’ex-prof, l’ingénieur ou le garçon boucher)

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