2020 ou l’année budgétaire qui hollandise Macron définitivement

RETOUR vers l’ANCIEN MONDE pour Emmanuel Macron. Rien ne peut le dire plus clairement qu’un budget et celui qui se profile pour 2020 nous enferre inéluctablement dans la spirale « dépenses impôts dette » si caractéristique de l’exception française !

Le projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2020 sera présenté en Conseil des Ministres le 25 septembre prochain. J’aurai certainement l’occasion d’en reparler lorsqu’il sera officiellement dévoilé, mais ce ne sera jamais que pour préciser des chiffres dont on sait déjà qu’ils consistent à enterrer définitivement tous les engagements de campagne du candidat Macron qui auraient pu avoir un effet structurel appréciable alors que la conjoncture économique mondiale s’annonce morose. Lire la suite

DETTE : et c’est reparti pour la grande illusion keynésienne !

C’est le tube économique de ce début d’été : Vive les déficits et vive la dette ! Ainsi le veut la modern monetary theory (MMT) ou « nouvelle politique monétaire » popularisée aux États-Unis par Stephanie Kelton, la conseillère économique de Bernie Sanders (démocrate d’extrême-gauche), et ainsi le proclame chez nous l’ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard.

Une ritournelle qui ne manquera pas de tintinnabuler plaisamment aux oreilles d’Emmanuel Macron, alors qu’il échoue comme ses prédécesseurs à maîtriser les dépenses publiques, ainsi que la Cour des Comptes vient de nous le rappeler, et alors que notre dette publique frôle dangereusement les 100 % du PIB d’après la dernière publication de l’INSEE. Lire la suite

PLF 2019 : Garder le cap. Ah oui, mais lequel ?

C’était l’un des leitmotive de la rentrée : le bouclage du budget 2019 s’annonçait compliqué en raison d’une croissance redevenue souffreteuse. De 2,2 % en 2017 grâce à une fin d’année dynamique portée par la conjoncture mondiale, il est maintenant difficile d’envisager plus que 1,7 % pour 2018 et 2019. Mais souriez, Françaises, Français, le gouvernement « garde le cap ». Mieux, il accélère, ainsi que nous l’assurent les ministres de Bercy en introduction du Projet de loi de finances pour 2019 (PLF 2019) présenté hier en Conseil des ministres. Lire la suite

Et le prix du gnangnan politique est décerné à … Bruno Le Maire !

Complément du 23 novembre 2018 : BRUNO LE MAIRE, mon préféré ! Et ce n’est pas un compliment ! Le 5 novembre chez Bourdin : « Les Français aiment la voiture et j’aime la voiture ! » Mais apparemment, ça ne suffisait pas dans le parler-faux et le grand n’importe quoi : aujourd’hui, Bruno Le Maire nous déclare sans rougir : « Les impôts et les taxes, ça suffit ! » Au fait, Bruno, c’est qui le ministre de l’économie ? [Replay]

Parmi les séquences médiatiques du week-end, on a surtout retenu l’étrange amnésie mâtinée de connivence calculée qui a saisi Jean-Luc Mélenchon lorsqu’il s’est retrouvé plus ou moins inopinément face au Président de la République. Quelle injustice pour Bruno Le Maire ! Son registre est certes moins sexy puisqu’il parle de comptes publics et de projet de loi de finances, mais à écouter le festival de petites phrases creuses et de platitudes politiquement correctes qu’il nous a servi ces derniers jours, c’est à se demander si côté langue de bois ce ne serait pas lui le meilleur d’entre tous. Lire la suite

Dette SNCF : la finance publique, c’est vraiment magique !

Alors que la participation des cheminots à la grève SNCF semble s’émousser au fil des jours, alors que les Français continuent à estimer majoritairement que la réforme de la SNCF est justifiée (62 %) tandis que la grève ne l’est pas (57 %), les syndicats, CGT en tête, durcissent le ton et menacent d’étendre les belligérances à toute la période estivale si le Premier ministre persistait à ne pas les recevoir.

Ne voulant pas apparaître comme le responsable d’un éventuel blocage, Edouard Philippe les a donc conviés par lettre à des réunions bilatérales à Matignon le 7 mai prochain. Une lettre des plus intéressantes, car elle soulève la question de la dette SNCF en des termes qui ne peuvent pas laisser les contribuables indifférents. Lire la suite

En 2017, la France toujours en tête – pour taxer et dépenser !

Mise à jour du mercredi 23 mai 2018 : La Cour des Comptes a rendu aujourd’hui son rapport sur les comptes publics 2017 et constate que les inquiétudes qu’elle avait manifesté il y a plus d’un an sur la sincérité du budget étaient des plus fondées. Comme je le titrais en mars dernier lors de la première publication des comptes 2017 par l’INSEE : « La France toujours en tête – pour taxer et dépenser ! »

Lundi 26 mars dernier, l’INSEE a publié ses chiffres provisoires concernant les comptes publics 2017. Ô merveille, le déficit public est repassé nettement, et pour le première fois depuis des siècles, sous la barre fatidiques des 3 % demandés par l’Union européenne ! La Macronie ne se tient plus de joie. A entendre les ministres concernés (tweets ci-dessous), cette bonne nouvelle est le résultat simple et direct du pur génie macronien insufflé dans tous les recoins du pays : la confiance est de retour, les dépenses baissent et l’économie repart ! Lire la suite

Propriété : Back in the USSR avec France Stratégie ?

Le centenaire de la révolution d’octobre combiné au cinquantenaire de la mort de « Che » Guevara serait-il monté à la tête des hauts fonctionnaires de France Stratégie ? Fort préoccupés du niveau intenable de notre dette publique, ils ont publié hier un petit rapport dans lequel ils préconisent que l’Etat puisse décréter unilatéralement qu’il devient « copropriétaire de tous les terrains construits résidentiels », situation qui le rendrait ainsi créditeur d’une rente pour occupation des sols de la part des autres propriétaires privés. Ingénieux, non ? Toute ressemblance avec les meilleures pratiques mafieuses – fortuite bien évidemment ! Lire la suite

PLF 2018 : Montre-moi ton budget et je te dirai qui tu es

Malgré les belles intentions libérales proclamées par le gouvernement, l’analyse des chiffres montre que l’esprit réformateur reste timide et que le modèle français « je dépense et je taxe » a encore de beaux jours devant lui. A lire, ce n’est pas si « technique  » !

Mercredi 27 septembre dernier, le Ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire et le Ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin (photo ci-dessous), ont dévoilé en Conseil des Ministres l’ensemble des hypothèses et mesures retenues par le gouvernement dans son Projet de loi de finances pour 2018 (PLF 2018) ainsi que la trajectoire des finances publiques prévue jusqu’à la fin du quinquennat en 2022.(1) Lire la suite

Budget 2017 : pirouettes et cacahuètes avant les élections

Mise à jour du mardi 31 janvier 2017 : la croissance française aura été de 1,1 % en 2016, loin des 1,5 % prévus à l’origine et sans rapport avec les félicitations que Michel Sapin a encore cru bon de décerner au gouvernement « L’année 2016 aura ainsi confirmé la reprise amorcée en 2015 » !!! Ah ah, en 2015, la croissance fut terne mais de 1,2 %, soit un peu supérieure à celle de 2016 !

Mise à jour du jeudi 6 octobre 2016 : L’INSEE a publié aujourd’hui une note de conjoncture sur la fin de l’année 2016. Sa prévision de croissance pour la France a été rabaissée à 1,3 %. Cette nouvelle confirme que les inquiétudes qu’on pouvait avoir sur le sérieux du budget 2016 sont fondées. Ne parlons même pas de 2017 !

Mise à jour du mercredi 28 septembre 2016 : Le PLF 2017 de Sapin et Eckert a été validé en Conseil des ministres aujourd’hui. Les deux ministres maintiennent tous leurs objectifs, dont un déficit public à 2,7 % du PIB, et revendiquent avec un aplomb incroyable un « sérieux budgétaire » que le Haut conseil des finances publiques présidé par Didier Migaud (PS) est très loin de leur accorder. Le retour à un déficit public de 2,7 % est jugé « improbable », les prévisions france-plf-2017de croissance à 1,5 % sont trop optimistes, les économies envisagées dans certaines dépenses de l’Etat (Unedic notamment) sont « irréalistes » et la petite magouille consistant à décaler les décaissements sur 2018, comme expliqué dans l’article ci-dessous, « fragilise la trajectoire des finances publiques à compter de 2018. »
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Il y a 35 ans, François Mitterrand devenait Président …

contrepoints-2Il y a trente-cinq ans, le 10 mai 1981, la France passait « de l’ombre à la lumière », selon la célèbre formule quasi mystique de Jack Lang. C’est en effet ce jour-là que François Mitterrand, après deux tentatives ratées, accédait à la présidence de la République française en battant son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing avec 51,76 % des suffrages exprimés, devenant le premier chef d’Etat de gauche de la Vème République. C’est ainsi que la France s’est offert une sorte de produit « trois en un » : ♣un changement politique qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre, ♦la personne non sans ambiguïté de François Mitterrand et ♠la mise en application vraie de vraie du Programme commun de la gauche.  Lire la suite