Plaidoyer pour le respect absolu des biens et des personnes

On sait que le bilan sécuritaire d’Emmanuel Macron n’est pas sensationnel. C’est tellement vrai que lorsque le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est confronté aux chiffres de ses propres services, il entre dans une transe médiatique haineuse qui brille par sa mauvaise foi. Mais les Français ne sont pas dupes : 62 % d’entre eux estiment que le gouvernement a failli en la matière et 78 % déclarent que les propositions des candidats sur le sujet seront « importantes » dans leur choix présidentiel.

Ô combien ils ont raison : sans la sécurité, sans le respect de la propriété, rien de durable ne peut se développer. La protection des personnes et de leurs biens est au fondement même d’une société respectueuse des droits naturels des individus, à savoir la sécurité, la liberté et la propriété. Laissez proliférer les vols, les escroqueries et les agressions, éventuellement au nom de je ne sais quelle « bienveillance » (terme à la mode) mal placée, et rapidement, ce sera l’égalité et la fraternité que vous piétinerez, ce sera la liberté que vous déformerez. Et finalement, ce sera la justice que vous abolirez. Et l’initiative individuelle que vous tuerez. 

Si la vaste majorité des Français en est bien convaincue, il est hélas beaucoup trop fréquent de voir des colères souvent qualifiées de « citoyennes » tomber dans la violence et les dégradations à l’encontre de qui n’agit pas ou ne pense pas comme il faudrait – ces éruptions suscitant plus ou moins d’indignation selon le côté politique où l’on se place.

À ce titre, la révolte des Gilets jaunes avait rapidement dégénéré dans une pseudo révolution de barricades qui ne s’était pas trop embarrassée de respecter quoi que ce soit, et certainement pas la propriété ou le droit de circuler d’autrui. Dès les premiers samedis de contestation, on avait vu des manifestants saccager une Porsche au nom de la haine du « riche », démonter de lourdes grilles aux Tuileries, faisant un blessé grave parmi eux, exiger des automobilistes retenus à leurs barrages de porter un gilet jaune pour avoir le droit de passer, etc. 

Quelques épisodes plus tard, bien loin de la révolte fiscale des débuts, les débordements, voire la mise en danger d’autrui, étaient devenues action légitime :

« C’est génial que ça casse, parce que la bourgeoisie est tellement à l’abri dans sa bulle, qu’il faut qu’elle ait peur physiquement, pour sa sécurité, pour qu’ils lâchent. » Ana, 33 ans, factrice venue de Toulouse, acte 18, 16 mars 2020.

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Le mois dernier, à Nantes, c’était les « antifas » qui nous donnaient un aperçu de leur proverbiale tolérance pour les biens et les opinions d’autrui. Ces militants de l’ultra-gauche qui se flattent de lutter sans relâche contre la peste brune qui menace de répandre terreur et destruction dans les chaumières de France, nous ont offert, une fois de plus, l’affligeant spectacle de leurs propres violences et destructions.

Une manifestation qui entendait dénoncer « le fascisme, le capitalisme et l’autoritarisme » s’est déroulée aux cris de « À mort l’État, les flics et les fachos » et s’est achevée dans le saccage de plusieurs vitrines de magasins, des coups et blessures devant « un bar réputé pour accueillir des militants d’extrême-droite » et des envois de projectiles sur les forces de l’ordre.

Qui voudrait voir advenir un régime politique né sous de tels auspices ? Qui pourrait avoir confiance dans la justice selon les « antifas » ou dans la justice selon des manifestants qui appellent la violence à leur rescousse ? Une violence aveugle, qui cible des catégories, les riches, les bourgeois, les fachos etc., donc des personnes innocentes, et qui, viserait-elle une personne en particulier, se passe largement des subtilités d’un procès à charge et à décharge avec respect des droits de la défense. 

Je pensais à tout cela en lisant hier dans la presse qu’un certain Bernard Denis, maire Modem de la petite commune de Saint-Côme-du-Mont (Manche), 500 habitants, avait été la cible de menaces de mort et de dégradations de ses biens à trois reprises depuis décembre dernier. Sa faute : apporter son soutien et son parrainage à Emmanuel Macron.

De la part d’un maire Modem, rien de bien extraordinaire. Mais cette prise de position semble irriter au plus haut point l’un ou plusieurs de ses administrés qui ont pour leur part d’autres idées politiques (révélées par un tag « Zemour Président », faute d’orthographe comprise).

Ceux-ci pouvaient éventuellement lui faire savoir, arguments à l’appui, combien ils trouvaient ce soutien peu opportun compte tenu du bilan somme toute très léger du quinquennat Macron, ils pouvaient lui envoyer un courrier signé, lui demander un rendez-vous, éventuellement organiser une manifestation pacifique ou encore créer une section locale de soutien à leur candidat favori. Ils pouvaient même présenter une liste lors des dernières élections municipales – et essayer de se faire élire, ce qui est une tout autre affaire que le coup de force

Mais non, l’action anonyme et violente a prévalu. En décembre, l’élu fut donc victime d’un incendie volontaire dans son garage (trois voitures appartenant aux membres de sa famille furent brûlées) ainsi que de tags avec menace de mort inscrits sur le mur de sa propriété (photo de couverture) : « Le maire soutien Macron À mort ». Peu après, lettre anonyme du même tabac : « Le maire a vendu la commune, soutien à Macron, dehors ou la mort ». Et la semaine dernière, nouvelle lettre : « T’as choisi Macron, s’il est élu, tu vas mourir d’une balle dans la tête. »

Un deux poids deux mesures particulièrement délétère est à l’œuvre dans tous ces exemples. Il est assez facile de se dire victime d’une oppression. Dans certains cas, c’est exact ; on pense par exemple aux non-vaccinés qui, du fait du pass vaccinal toujours en vigueur sans raison sanitaire fondée, sont empêchés de fréquenter certains lieux tels que cinémas, restaurants et TGV. 

Mais dans d’autres cas, l’oppression mise en avant ressemble plus à un noble prétexte pour se livrer à sa propre petite oppression sur les autres. Pourquoi un maire régulièrement élu ne pourrait-il pas apporter son parrainage(*) à Emmanuel Macron ? Et comment justifier de s’y opposer par une atteinte à ses biens et des menaces de mort ? L’opprimé, surtout quand il s’auto-proclame tel, se transforme assez vite en petit tyran quand il y voit l’occasion de gagner une bribe de pouvoir, trahissant ainsi non pas son aspiration à la liberté, mais son autoritarisme réel.

Personne ne pourra prétendre vouloir instaurer un régime de justice respectueux des individus s’il ne respecte pas absolument l’intégrité des personnes et des biens, quelles que soient les personnes et quelles que soient leurs idées politiques ou religieuses. Si l’on dit que la justice est aveugle, c’est justement pour cela.

Ma remarque, essentielle je pense, si l’on veut vivre dans une société tolérante et ouverte aux débats, je l’adresse aux gouvernements, à commencer par celui d’Emmanuel Macron, afin qu’il fasse respecter la loi sans faiblesse ni préférences politiques. Et je l’adresse aussi à tous ceux qui, se considérant floués – à tort ou à raison par le gouvernement actuel, ne rechigneraient pas à un peu d’illusion lyrique sur fond de lutte finale ou nationale. 


(*) Sur le système des parrainages lui-même voir l’article Parrainages : Et si l’on s’en passait ? (10 janvier 2022)


Illustration de couverture : Tags, voitures incendiées et menaces de mort pour le maire de Saint-Côme-du-Mont (Manche). Février 2022. Photo Radio France.

14 réflexions sur “Plaidoyer pour le respect absolu des biens et des personnes

  1. Bonjour madame, vous répondez parfaitement à une analyse qui doit être approfondie ; la démocratie a besoin de règles pour bien fonctionner et elles doivent être appliquées, exercice difficile. Mais ce que l’ on voit aujourd’hui est un monde fort différent d’ il y a seulement quelques années ; beaucoup d’ informations circulent très vite ( bonnes ou mauvaises) tout le monde peut joindre tout le monde mais le niveau culturel et éducatif lui n’ a pas changé. Beaucoup sont perdu et répondent par la violence a des conséquences dont il ne sentent pas responsable à cause des discours politiques populistes, démagogiques, irresponsables et fortement marketés .

  2. Chère Nathalie,
    Je voudrais vous signaler à quel point l’émission : « Demandez le programme » de Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk d’hier au soir, que j’avais commencé à regarder à contre coeur, m’a finalement littéralement captivée durant trois heures !
    Je crois que vous pourriez y trouver bien des réponses aux questions que vous vous posez sur la sécurité des Français, abandonnée par les pouvoirs successifs depuis plusieurs décennies :

    https://www.cnews.fr/emission/2022-02-23/la-securite-des-francais-1185721

  3. « Récemment interrogé sur le Convoi de la liberté arrivant sur Paris, le très macronien François Bayrou a évoqué une « sécession d’une partie de la population ». Il n’y a pas meilleure illustration de la déconnexion profonde de la classe dirigeante française car, précisément, ce sont nos élites qui en réalité font sécession depuis quarante ans. Cette sécession a pris racine sur le terreau de la méritocratie et de la mondialisation néolibérale des échanges. Elle agit par l’accaparement de l’appareil d’État et de l’appareil médiatique. »

    Il s’agit là d’un extrait d’article écrit par Pascal Tripier-Constantin pour « Causeur ».

    Selon moi, il illustre bien la profonde différence de perception des mêmes évènements selon les biais d’analyse.

    Vous évoquez la violence des Gilets Jaunes et celle des antifas mais sans évoquer le noyautage de l’un par l’autre, comme si les deux mouvements se valaient.

    Avez-vous vu le film de François Ruffin et Gilles Perret « J’veux du soleil » sorti en 2019 ?
    On peut ne pas partager les positions politico/économiques de M.Ruffin et néanmoins être touché par ce reportage sur les ronds-points et les témoignages de ces provinciaux qui ne savait pas comment se faire entendre par l' »élite » parisienne pleine de morgue, de certitude et de mépris supposée la représenter.

    Les médias à mémoire sélective ont déjà passé aux oubliettes les inacceptables violences physiques, les LBD, les matraques qui ont réussi à mater la révolte, ou du moins, à faire peur aux non professionnels des manifestations.
    Mais la colère et les difficultés sont toujours là et ce n’est pas le tour de France médiatisé du Président en manche de chemise qui a changé quoi que ce soit.

    Le pouvoir a usé et abusé de sa « légitime violence » sans apporter de réponse.
    Il encourage de ce fait, délibérément ou non, à ce que la violence illégitime y réponde.

    Prendre l’exemple d’un maire Modem menacé, injurié pour son parrainage à M.Macron comme illustration de la tyrannie exercée par les opprimés autoproclamés me laisse perplexe quand ce système de parrainage risque d’empêcher la moitié de l’électorat de pouvoir voter pour leur candidat.

    Comment les électeurs potentiels de Le Pen, Zemmour, Mélenchon seraient-ils supposés réagir ?

    « Faire respecter la loi sans faiblesse ni préférence politique » qui peut ne pas adhérer…
    Et une fois l’appel lancé, que se passe-t-il ?

    Un professeur se fait décapiter pour avoir déplu à certains, des enfants se font harceler dans leur école parce qu’ils mangent du porc, des immeubles vivent sous la loi de dealers, des citoyens sont interdits de loisirs et de vie sociale pour ne pas obéir à des diktats sanitaires, un journaliste peut dire en toute impunité que ceux qui veulent voter Zemmour puent un peu des pieds, un Premier ministre peut dire dans la même phrase que le variant Omicron est plus grave mais moins sévère, il peut prétendre justifier le pass vaccinal non pas pour juguler l’épidémie mais pour augmenter la couverture vaccinale(!) sans que personne ne lui demande d’expliquer ses incohérences…

    Il n’y a pas que le bilan sécuritaire de M.Macron qui ne soit pas sensationnel.
    Notre société va à vau-l’eau et tout est prêt pour que cela continue avec un deuxième mandat…

    • « Prendre l’exemple d’un maire Modem menacé, injurié pour son parrainage à M.Macron comme illustration de la tyrannie exercée par les opprimés autoproclamés me laisse perplexe quand ce système de parrainage risque d’empêcher la moitié de l’électorat de pouvoir voter pour leur candidat. »

      1. Pas seulement injurié, incendie volontaire de sa propriété. Propos lénifiant de votre part.

      2. L’article ne porte pas sur le système de parrainage en lui-même, système que pour ma part je verrais bien disparaître comme je l’indique dans la note en fin d’article que vous avez certainement vue.

      3. Je ne suis pas très inquiète pour les parrainages de Mme Le Pen et MM. Mélenchon et Zemmour. Se plaindre de ne pas en avoir est une vieille technique pour renforcer son statut anti-système dans l’esprit des électeurs, Mélenchon et Le Pen sont bien placés pour le savoir. De plus, il y a une semaine, Guillaume Peltier affirmait que son candidat avait franchi le seuil des 500 promesses de parrainages : https://www.francetvinfo.fr/politique/eric-zemmour/presidentielle-2022-on-a-franchi-le-seuil-des-500-promesses-de-parrainage-affirme-guillaume-peltier-reconquete_4962330.html

  4. Bonjour Nathalie
    Je suis d’accord avec vous, la violence ne peut servir de système de gouvernement, ni pour prendre le pouvoir, ni pour l’exercer.
    Et on ne peut pas dire que le gouvernement ayant le « monopole » de la violence (la violence légitime de l’État) n’en use ni n’en abuse. Violence dans la répression de manifestations pacifiques (manifs pour tous en 2013, par exemple, certains journalistes ayant d’ailleurs montré que certains policiers en civil généraient des violences avant de mettre leur brassard et passer du bon côté), disproportions de moyens engagés, non-répression de certaines violences (antifas) ce qui est une violence vis-à-vis de ceux qui impactés.
    Lorsque vous mentionnez que les électeurs d’un maire auraient pu lui envoyer un courrier signé pour discuter, j’ai le souvenir d’une pétition mise à la poubelle par Delevoye (de façon illégale), ou par l’UE sur certains sujets qui me tiennent à cœur (one of us).
    Lorsqu’un préfet dit à une manifestante « nous ne sommes pas du même côté », cela n’est-il pas violent ? Le préfet représente l’État, donc tous les citoyens.
    Vous pourriez aussi mentionner le calme de gens qui manifestent, semaine après semaine contre le passe (sanitaire, vaccinal) qui induit une condition de sous-citoyen, et qui ne sont pas écoutés mais même vilipendés.
    En lisant le titre de votre article, j’ai cru que vous parleriez du Canada. Manifestations non violentes, violence gouvernementale pour décréter l’état d’urgence, couper la possibilité de disposer de ses biens (sans contrôle du juge), éloignement des journalistes des lieux de répression du convoi de la liberté.
    En conclusion, si la violence n’est jamais acceptable, je comprends que, pour certains, elle soit considérée comme la seule façon de s’exprimer dans la mesure où elle est largement utilisée par le gouvernement (qui e respecte ni les biens ni les personnes) et où il devient impossible d’user de voies de droit ou de dialogue pour faire changer les dirigeants.
    Bien à vous

    • Le problème, c’est que lorsque il s’agit de Mélenchon et de ses déclarations sur « la rue » qui est la seule voie de changement politique possible ou d’un Alexis Corbière qui dit « Oui, la violence est inacceptable, mais il faut les comprendre, ces pauvres ceci ou cela » ou des blocages de facs par des syndicats étudiants d’extrême-gauche, ou des Nuits debout, ou des antifas ou des « youth for climate », tout désordre est scandaleux.
      J’avais écrit spécialement un article pour dénoncer la fausse légitimité politique attribuée à « la rue » par Mélenchon et à l’époque, personne parmi mes lecteurs et commentateurs n’avait songé à s’en émouvoir :
      https://leblogdenathaliemp.com/2017/09/28/dans-la-rue-de-melenchon-tous-les-trottoirs-sont-a-gauche/

      Mais curieusement, quand il s’agit de mouvements plus ou moins rattachables à la droite ou l’extrême-droite, tout change… Chacun voit midi à sa porte.
      Et je préfère rappeler que je parle d’un point de vue libéral, certainement pas d’un point de vue de droite ou d’extrême-droite, lesquels gardent la puissance de l’Etat, mais pour la diriger en faveur de leur clientèle.

      • Merci de votre réponse.
        Je n’étais pas encore lecteur de votre blog en 2017.
        Je ne cautionne pas la violence ni l’appel à la rue que cela vienne de la droite ou de la gauche. Mais force est de remarquer (et Lionel le rappelle plus bas) que les manifestants pacifiques sont au mieux ignorés, mais plutôt méprisés. Comme le disait Laignel « vous avez juridiquement tort, parce que vous êtes politiquement minoritaire ».
        Discuter et même convaincre un député n’empêchera pas qu’il votera comme le demandera son groupe pour tout un tas de raisons (possibilité d’action future, moyens de travailler qui disparaissent s’il est exclu du groupe parlementaire, voire le « mandat impératif », interdit par la constitution, mais demandé pour les députés LREM qui devaient s’engager à voter comme le groupe…).
        Bref, on peut comprendre que certains utilisent la violence en ayant l’impression de ne plus être entendus, sans le justifier.
        L’enjeu est surtout que plus personne n’est responsable de rien dans ce pays. Il ne s’agit pas de dire « j’assume » mais de réellement assumer lorsque des décisions sont fortement remises en cause dans la population, même sans violence (démissionner, remettre son mandat en jeu, ou au moins remettre ses certitudes en question, rechercher un bien commun plutôt que de poursuivre idéologiquement). Or, il est clair que nos hommes politiques (et vous citez souvent Darmanin ou Lemaire) sont dans l’incantation et jamais dans la remise en question.
        Vous indiquez plus bas, en réponse à Lionel, que des élections ont lieu bientôt. Toutefois, lorsque l’on voit ce qui est advenu du NON de 2005, on peut se poser la question de l’utilité des élections. Lorsque l’on voit que les parlementaires exercent très peu leur pouvoir de contrôle…
        C’est un peu décousu, mais mon point est essentiellement de dire que je suis d’accord avec vous sur l’importance de respecter les biens et les personnes, mais que l’exemple du Canada et, à degré moindre de la France, montre qu’il existe une tendance assez lourde actuellement à s’attaquer aux personnes mal-pensantes ou mal-agissantes, voire à leurs biens.
        En revanche, même si je pense que la loi devrait être appliquée sans faiblesse ni préférences politiques, la loi doit être dans l’intérêt du bien commun, et ne pas être illégitime. C’est un vaste débat, non tranché depuis l’Antiquité !

    • La dictature à ces contraintes, la liberté ses maux.. La liberté des uns s’arrête à celle des autres mais également la liberté est un combat qui ne s’arrêtera jamais j’aime assez cette définition de Raymond Aaron. Là où il y aura deux organismes l’un sera forcément plus libre que l’autre. La liberté c’est selon Montesquieu la possibilité de faire ce que l’on veut sous réserve de respecter la loi. Et la loi est dans un système démocratique prononcée au nom du peuple qui en principe est souverain..Hors certains candidats à l’investiture sont empêchés de se présenter…Etc. Etc..

      Bref, lorsque l’État est faible les sorcières apparaissent (Michelet). Je crois que nous y sommes et il me semble urgent d’atterrir vers plus de raison avant que ça ne devienne imbuvable.. Prions mes Frères..

  5. La violence est considérée comme légitime, en France, dans le combat politique (mais, euh, on n’obtient rien sans violence, euh), et cela va de pair avec le rejet du libéralisme. Il y a une cohérence à cela.

  6. J’approuve complètement les propos de cet article d’autant plus que le niveau de violence subi par le maire que vous citez est proprement indéfendable. Face à a violence politique quelle est la solution ? la politique pardi ! C’est pour éviter de se battre dans la rue qu’on a institué un parlement. Si je peux convaincre mon député d’un sujet qui me touche, si je suis entendu et que lui-même peut se saisir de la demande, quelle raison y a t-il de se battre physiquement ?

    Le problème aujourd’hui c’est qu’il n’y a plus de contre pouvoirs. C’est ce qui permet au gouvernement l’arrogance dont vous donnez un exemple parfait avec cette interview ahurissante de Darmanin. Bien que j’aime particulièrement votre expression de « transe médiatique haineuse », je vois pour ma part dans la réaction de cet apparatchik le dédain de celui qui adresse en permanence des bras d’honneur à la nation parce qu’il sait bien qu’il n’a de compte à rendre à personne.

    On se souvient d’ailleurs que les gilets jaunes ont obtenu des concessions lorsqu’ils ont saccagé l’arc de triomphe. Aucun député, aucun élu, n’était en mesure de les aider face à un gouvernement autiste. Et les anti-passe n’ont rien obtenu parce qu’ils étaient eux pacifistes, de même que les manifestants anti-PMA : des familles, des gens tranquilles qui défilent dans la rue depuis plusieurs mois dans l’indifférence générale, ce qui ne les empêche pas de se faire maltraiter. Ca se passe différemment quand les routiers décident de bloquer les raffineries.

    La violence politique est en partie le résultat d’un déni de démocratie. Ce n’est pas une justification ou un encouragement, seulement une constatation. Et c’est regrettable. Pour ma part, je crois à la démocratie représentative, aux corps intermédiaires, à toutes ces strates qui sont à l’écoute de la population et qui ne le sont plus en partie à cause de nos institutions autoritaires. Et le référendum populaire ce serait bien aussi de temps en temps. Les gens en ont marre de donner carte blanche à des gens qui les méprisent.

  7. Comme disaient les vieux quand j’étais gamin : Celui-là, il n’a pas reçu assez de taloches quand il était petit !

    Donner le sens du permis et du défendu, ça s’apprend dès le plus jeune âge. Le docteur Maurice BERGER, psychiatre, est l’un des trop rares spécialistes français de la violence pathologique, et plus particulièrement de celle qui se manifeste chez des enfants, des adolescents et des jeunes. Il explique que beaucoup de ces jeunes n’ont pas conscience de la gravité d’actes…
    http://www.economiematin.fr/news-racines-violence-gratuite

    Pour le sauvage, la violence est et demeure le premier mode d’expression individuelle et de règlement des conflits personnels.
    Inutile de rappeler notre descente vers l’insécurité toujours plus grande depuis quarante ans pourtant nos gouvernants successifs font mine de ne pas comprendre.
    https://leblogalupus.com/2020/09/07/petits-elements-statistiques-pour-eclairer-ce-sentiment-dinsecurite-qui-saisirait-les-francais-a-tort/

    l’Ifop qui montre que 70% des Français trouvent justifié le terme d’ « ensauvagement » pour qualifier l’évolution de la délinquance et de la violence en France
    https://www.causeur.fr/kamasutra-ensauvagement-violences-181728

    Puisqu’un renversement des principes éducatifs (à l’école par exemple) amèneront des effets qu’à long terme. Au point où nous en sommes, si on veut inverser la tendance, il n’y a pas d’autre moyen à court terme, que renforcer les dispositifs punitifs : justice accélérée et moyens pénitenciers considérables. Une tolérance zéro est indispensable pour stopper tout acte délictueux même de faible importance : une poubelle brulée = une semaine de prison, pour tenter de modifier les comportements. Car montrer de l’indulgence pour un acte paraissant ordinaire, c’est encourager l’escalade du « pas vu pas pris » donc finalement ce que j’ai fait n’est pas si grave.

    Cela va bien au-delà de je ne sais quelle légitimité politique, c’est fondamentalement une question de comportement et de sociabilité et il est certes inutile de se cacher derrière une quelconque pusillanimité !

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