La France devrait être un paradis. Et pourtant…

La France combine redistribution massive et malaise social élevé. À rebours de la solution habituelle qui consiste à demander toujours plus de « moyens » à l’État, je suggère qu’on s’intéresse plutôt à l’emploi et à la sécurité, deux aspects du bien-être humain qui ont disparu de notre débat public.

La France devrait être un paradis sur terre.

À force de se répéter avec complaisance, comme le faisait Emmanuel Macron il y a un an dans sa Lettre aux Français, qu’elle « n’est pas un pays comme les autres », que « le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs » et que « l’exigence d’entraide et de solidarité y est plus forte », elle a fini par se pétrifier dans la croyance d’être une exception mondiale, une sorte de star délicate qui ne saurait s’asseoir à la table du tout-venant et manger dans les couverts de tout le monde. Lire la suite

Où va l’argent ? (II) : Plongée dans les chiffres de la délinquance

Sale coup pour Gérald Darmanin ! Tout récemment, il nous assurait (tweet ci-dessous) que l’argent des contribuables était judicieusement utilisé par l’Etat pour apporter aux Français les meilleurs services possibles, notamment en matière de sécurité – ceci pour tenter de répondre à la désormais fameuse question initiale des Gilets jaunes « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Depuis, les Gilets jaunes se sont laissés envahir par des groupes violents et des revendications « vénézuéliennes » façon CGT, mais d’un point de vue libéral, la question reste très pertinente. Lire la suite

Banlieues : Macron « insulte » les étatistes … et désole les libéraux

Mardi 22 mai dernier, grande cérémonie à l’Elysée. Grand-messe, pourrait-on dire. Sous le titre « La France, une chance pour chacun », le Président avait en effet convié le Tout-Vivrensemble de nos quartiers et territoires – ministres, élus, responsables associatifs, habitants, chefs d’entreprise – afin de leur présenter ses projets pour les banlieues. Lire la suite

Avec Macron, l’état d’urgence, c’est pour toujours ?

J’ai l’impression qu’avec le beau, le bon, le parfait, le merveilleux M. Macron, on n’a pas fini de faire des comparaisons « avant après » tumultueuses ; on n’a pas fini de se coltiner sa part sombre avec sa part printanière ; on n’a pas fini d’entrechoquer sa personnalité souriante sur tapis rouge à celle, plus terre à terre, de son exercice du pouvoir au jour le jour. Lire la suite

Etat d’urgence prolongé, état de droit en danger

Mise à jour du vendredi 20 mai 2016 : Après les sénateurs, les députés ont voté hier 19 mai 2016 en faveur de la prolongation pour la troisième fois de l’état d’urgence. Il est donc maintenu jusqu’au 26 juillet 2016 afin, selon Manuel Valls, d’assurer la sécurité de l’Euro 2016 et du Tour de France. Ce serait « en principe » le dernier renouvèlement, car la loi de réforme pénale que le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas doit présenter prochainement à l’Assemblée est prévue pour prendre le relai sur le plan de la lutte anti-terroriste.
Le bilan de l’état d’urgence à ce jour est cependant tout aussi maigre que celui qu’on pouvait faire en début d’année (voir article ci-dessous), et les rencontres sportives invoquées par le gouvernement ressemblent plus à un prétexte qu’à une nécessité. En effet, la plupart des mesures de sécurité de l’Euro 2016 peuvent être prises en dehors des conditions de l’Etat d’urgence. 
Parallèlement, l’Etat s’est montré incapable de contrer les violences et dégradations qui ont accompagné les manifestations anti-loi Travail, au point de provoquer mercredi 18 mai 2016 une contre-manifestation des policiers qui réclament notamment des directives claires pour agir contre les casseurs.
Si la disparition hier jeudi 19 mai de l’avion EgyptAir entre Paris et Le Caire devait être attribuée à un acte terroriste, comme les autorités égyptiennes commencent à le dire, il deviendrait encore plus difficile de voir dans l’Etat d’urgence autre chose qu’une posture liberticide complètement inutile et à côté de la plaque.


 En commentant récemment les Voeux 2016 de François Hollande, je faisais remarquer que ceux de l’année précédente semblaient ouvrir une petite brèche pour une année « Macron » synonyme de modernisation et de libéralisation de l’économie. J’aurais pu ajouter que ceux de cette année, presque entièrement consacrés à la lutte contre le terrorisme (et un petit peu aussi à l’inversion de la fameuse « courbe »), ouvraient la voie à une année « Valls. » Pas celui qui lors de la primaire socialiste de 2011 se positionnait comme un social-libéral plébiscité par la droite, mais le Valls ministre de l’Intérieur qui serre les mâchoires, donne des coups de menton et pénalise toutes les expressions qui s’affranchissent du politiquement correct institutionnel, le Valls auquel, après l’affaire Dieudonné et le débat autour de la loi Renseignement, je demandais avec inquiétude « Manuel, tu nous emmènes où comme ça ? »  Lire la suite