Fin des véhicules thermiques : Carlos Tavares dénonce un choix purement politique

Carlos Tavares n’en démord pas. Pour le patron de Stellantis, groupe automobile formé il y a un an par la fusion entre PSA et Chrysler Fiat, les pouvoirs publics se sont engouffrés dans le « tout électrique » et ils nous l’imposent maintenant à marche forcée sans que la question ait reçu une attention scientifique, industrielle et sociale suffisante. Il le disait déjà en 2017, il l’a répété en décembre dernier et il vient de le confirmer sans langue de bois dans un entretien accordé cette semaine à quatre médias européens dont Les Échos :

« L’électrification est la technologie choisie par les politiques, pas par l’industrie. (…) Il y avait des méthodes moins chères et plus rapides pour réduire les émissions que celle-là. (…) La méthode choisie ne laisse pas les constructeurs automobiles être créatifs pour apporter des idées différentes de l’électrification. Mais c’est un choix politique. »

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Position conservatrice d’un constructeur qui a fondé son développement sur le thermique (et récemment l’hybride) et qui renâcle à s’adapter à une nouvelle technologie ? Façon subliminale d’annoncer de futurs licenciements ? Difficile à dire à ce stade, même si ce sont les contre-arguments que les écologistes n’hésitent jamais à opposer à la filière automobile.

À vrai dire, cela fait un bon moment que les énergies fossiles sont sur la sellette – concrètement, depuis que les émissions de CO2 des activités humaines, accusées de provoquer un réchauffement climatique insoutenable, sont devenues l’ennemi n° 1 de la planète et des écologistes. Mais depuis que la Commission européenne a annoncé cet été, dans le cadre de son Green New Deal, vouloir interdire la vente des véhicules thermiques dans l’Union européenne dès 2035 (hybrides compris), les constructeurs mettent les bouchées doubles pour se conformer aux nouvelles normes.

C’est ainsi par exemple que Renault a annoncé récemment que sa mue électrique serait parachevée dès 2030. C’est ainsi également que Stellantis s’est engagé dans la construction d’une grande usine de batteries à Douvrin (Pas-de-Calais) en association avec TotalEnergies, en complément d’une usine similaire en Allemagne et d’un projet en Italie. Comme le dit M. Tavares aux Échos :

« Nous respectons évidemment les lois et nous allons donc nous battre avec les éléments qui nous sont, soit donnés, soit imposés, pour être les meilleurs. »

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Mais il n’empêche que l’ensemble des constructeurs européens, pas seulement Stellantis, s’inquiètent des conséquences de cette décision aussi drastique que précipitée qu’ils jugent fondamentalement « irrationnelle » :

« Interdire une technologie n’est pas une solution rationnelle à ce stade (…) Toutes les options, y compris les moteurs thermiques très efficaces, les hybrides et les véhicules à hydrogène doivent jouer un rôle dans la transition vers la neutralité climatique. »

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· Premier point relevé par Carlos Tavares, peut-être le plus important et le plus grave, le fait que les constructeurs soient privés de leurs capacités créatrices.

Cela signifie en clair que le pouvoir politique s’arroge par pure idéologie le droit de fixer étroitement les canons de l’innovation technologique sans laisser aux acteurs du secteur, automobilistes, constructeurs et sous-traitants en l’occurrence, le temps suffisant pour expérimenter une variété de solutions et s’orienter vers celles qui répondront le mieux aux objectifs sociaux et environnementaux recherchés.

Il est tout à fait envisageable que le véhicule 100 % électrique compte éventuellement au nombre de ces solutions, mais il deviendra dorénavant impossible de le comparer à d’autres options puisque, par décret, il est destiné à demeurer seul sur le marché en vertu d’une qualité très spéciale : c’est le pouvoir politique qui l’a choisi pour vous…

Malheureusement pour nous, les choix politiques sont aussi impérieux qu’ils sont changeants et mal fondés. On se rappelle qu’à une époque en France, les moteurs diesel bénéficiaient de toutes les mansuétudes fiscales de l’État…

· Second point, les coûts de production. La voiture électrique représente un surcoût de 50 % par rapport aux véhicules traditionnels, ce qui implique selon M. Tavares de réaliser des gains de productivité de 10 % par an quand l’industrie automobile est déjà au maximum de sa performance avec des taux de 2 à 3 % par an. D’où le risque de voir des constructeurs et/ou des sous-traitants tomber en difficulté, voire fermer leurs portes avec les pertes d’emploi associées.

Ce ne serait pas la première fois que des changements brutaux de réglementation pousseraient un secteur dans la crise, raison pour laquelle on ne peut que s’alarmer de voir les mêmes erreurs dirigistes éternellement reproduites. 

Il est vrai que le passage à l’électrique générera ses propres emplois nouveaux dans une sorte de « destruction créatrice » à la Schumpeter, mais dans le cas particulier qui nous occupe, il s’agit d’une destruction sciemment organisée au profit d’une création décidée unilatéralement. Toute l’innovation qui a eu lieu dans le secteur automobile jusqu’à présent – véhicules hybrides, moteurs vertueux, carburants propres, etc. – est jetée aux orties sans ménagement. 

· Des coûts, on passe évidemment au prix et à cette idée que la voiture particulière risque de devenir dans les années à venir un produit réservé aux familles les plus aisées, à rebours complet de l’accès à la voiture pour tous synonyme de la liberté de se déplacer à sa guise à l’époque des Trente Glorieuses. 

Carlos Tavares souligne à juste titre que les véhicules 100 % électriques (qui ont représenté 11,2 % des ventes de voitures en Europe de l’Ouest et 9,8 % en France en 2021) sont déjà très généreusement subventionnés en dépit d’un niveau de prix qui reste élevé. Vu la situation budgétaire préoccupante de nombreux États (coucou la France !), on imagine mal que ce rythme de subventions puisse durer éternellement. 

Du reste, on sait déjà que l’État-stratège français est parfaitement capable de revenir sur sa parole, même dans le domaine de la sacro-sainte transition énergétique, s’il trouve plus politiquement rentable d’orienter ses actions dans d’autres directions. Les acteurs du photovoltaïque ont pu s’en rendre compte récemment à leurs dépens lorsque le gouvernement a décidé de réviser lourdement les tarifs de rachat de l’électricité qui avaient motivé leurs investissements quelques années auparavant. À l’époque, l’État les encourageait ; aujourd’hui, assaut d’hypocrisie pour sortir de ce coûteux guêpier. (Je vous invite à lire le lien ci-dessus – cas d’école de l’interventionnisme étatique).

À moins qu’il ne s’agisse tout simplement et très machiavéliquement de réduire volontairement l’accès à la voiture particulière pour faire monter en puissance les transports en commun, en vertu du dogme très en vogue à gauche et chez les écologistes selon lequel le collectif, c’est bien, c’est solidaire. Quand on voit la vitesse à laquelle s’étendent les ZFE ou « zones à faibles émissions », zonage qui consiste à interdire l’accès des véhicules jugés trop vieux ou pas assez verts dans certains centres villes, la question ne semble pas absurde. En 2025, l’interdiction de circuler dans les ZFE concernera un tiers du parc automobile français actuel, affectant tout particulièrement les milieux populaires.

· L’objectif ultime du Green New Deal étant d’assurer une qualité de vie environnementale de haut niveau aux citoyens européens, il ne serait pas plus mal que les véhicules 100 % électriques présentent un bilan écologique digne de ce nom. Or l’on sait que la production des batteries comme leur recyclage en fin de vie posent problème. D’autre part, tout dépend du mix électrique qui servira à recharger les véhicules.

Or d’après Carlos Tavares,

« Avec le mix énergétique européen, un véhicule électrique doit rouler 70 000 km pour compenser la mauvaise empreinte carbone de fabrication de la batterie et commencer à creuser l’écart avec un véhicule hybride léger. »

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De plus, le passage au « tout électrique » à l’horizon 2035 va créer une demande supplémentaire non-négligeable en électricité, demande qu’il faudra bien satisfaire (sans compter la nécessité d’accélérer sérieusement l’équipement routier en bornes de rechargement – mais ce dernier point est probablement la partie la plus simple de la nouvelle équation énergétique).

→ Dès lors, quand on sait qu’un tiers du nucléaire français (dont la centrale de Fessenheim, définitivement fermée) a été sacrifié sur l’autel d’un vulgaire accord électoral des plus éphémères entre le Parti socialiste et les écologistes à la veille des élections présidentielles et législatives de 2012 ;

→ Quand on sait qu’en France, la remise à l’honneur récente du nucléaire, élément stratégique de notre électricité faiblement carbonée, ne changera rien au fait que celui-ci passera de 70 % à 50 % de notre électricité à l’horizon 2035 ;

→ Quand on sait que la mise en route de l’EPR de Flamanville a été repoussée une nouvelle fois et n’interviendra pas avant la fin de l’année 2023 ;

→ Quand on sait que cet hiver encore (janvier et février 2022), il sera nécessaire de recourir à nos deux centrales à charbon pour éviter les coupures ponctuelles ;

Bref, quand on sait tout cela, n’a-t-on pas quelques bonnes raisons de s’interroger sur le bien-fondé de foncer tête baissée dans le « tout électrique », dans la foulée des inquiétudes de M. Tavares et ses confrères ?


Illustration de couverture : Le DG du groupe automobile Stellantis Carlos Tavares.

34 réflexions sur “Fin des véhicules thermiques : Carlos Tavares dénonce un choix purement politique

  1. Comme le dit régulièrement H16, ce pays est foutu. Il n’y a strictement plus rien à attendre de bien de nos clowns à roulettes. Le p’us gros problème est que le fond du gouffre est encore loin mais il se rapproche.

    • @Higgins- Pas si loin que ça, puisque les mêmes veulent réformer les DMTG à la hausse pour favoriser les jeunes de 18 à 25 ans qui ne peuvent pas créer d’entreprises sans l’argent des autres qu’ils auraient sans doute attiré normalement. Ah l’état stratège avec un Bruno Le Maire ultracrépidarien de belle lignée qui vient d’être plébiscité par P Grugman un Nobel dépensier

  2. A toutes les excellentes objections au « tout électrique » que vous avez rappelées, l’on peut ajouter celles qui sont liées au poids des véhicules électriques. Rappelons le haro des écolos contre les SUV en raison de leur masse et de leur encombrement… Le poids des batteries augmente la consommation énergétique.
    Un sujet jamais abordé: Qu’en est il de la sécurité des passagers et des tiers en cas de collision, avec ces véhicules alourdis par les batteries, avec des châssis et des carrosseries de « véhicules légers »?

  3. Vous écrivez: « sans compter la nécessité d’accélérer sérieusement l’équipement routier en bornes de rechargement – mais ce dernier point est probablement la partie la plus simple de la nouvelle équation énergétique »
    Gageons que nos clowns à roulettes (® H16) se contenteront, après un matraquage médiatique en règle, pour régler ce problème-là en priorité, vu que c’est le seul problème qui lui soit accessible intellectuellement (et financièrement, à l’aide de l’argent gratuit).

    Je suis toujours consterné de constater que dans la tête de mes concitoyens, l’électricité est considérée comme une source d’énergie, comme s’il y avait des sources naturelles d’où on pouvait extraire de l’électricité. Cette confusion mentale me désespère, et profondément.
    Je ne vois hélas pas d’autre issue qu’une rapide descente aux enfers, la ruine et la misère de l’occident, avant de pouvoir espérer remonter un jour.
    Et en parallèle, je ne pensais pas non plus qu’un système de sociale-démocratie pouvait aboutir in fine à une telle débandade mentale.
    Carlos Tavares est l’un des rares à se tenir debout dans cette tempête. Ses confrères n’en pensent sans doute pas moins, mais préfèrent se taire, en attendant de se retirer quand tout se cassera la figure. Enlevez les primes diverses aux véhicules électriques, et le marché disparait immédiatement.

  4. Excellent article, complet, objectif qui éclaire bien le sujet.
    Et quand on pense que tout ça part d’un double constat définitivement gravé dans le marbre des vérités indiscutables par tous les politiciens de cette planète :
    1. Que le C02 est responsable du réchauffement climatique
    2. Que l’excès de C02 est d’origine anthropique
    On reste songeur… Surtout quand on a lu le livre de Christian Gerondeau « La religion écologiste » qui pour moi clôt toute polémique sur le sujet du réchauffement.

  5. Vos articles sont toujours d’excellents résumés des enjeux du moment, c’est un plaisir de vous lire.

    J’ai appris récemment que dans le but de faire baisser les prix le gouvernement a imposé à EDF d’acheter 20 terrawatts au prix de marché pour les revendre à ses concurrents à 46 euros le megawatt, soit entre 4 et 6 fois moins cher que le prix d’achat. Voila un nouvel exemple d’interventionnisme à courte vue qui va fortement pénaliser une entreprise française, le genre de décisions qui fait que je n’achète pas d’actions EDF malgré la qualité objective de sa gestion.

    Remember entre autres : les errements d’Areva pendant ces 20 dernières années, Areva toujours soutenue au détriment d’EDF, le rachat forcé de la branche réacteurs d’Areva suite à la faillite inéluctable de cette dernière (félicitations Atomic Anne !), l’engagement financier astronomique sur Hinkley Point qui avait provoqué la démission du directeur financier sous Hollande, etc.

    Et bien sur comme vous l’écrivez on a du mal à comprendre cette marche forcée vers la voiture électrique alors que dans le même temps les capacités ne suivent pas et que donc les cours s’envolent. Il serait plus efficace, moins coûteux et moins risqué de laisser la main au marché. Mais non, on veut croire que l’Etat stratège qui partout ailleurs a échoué serait ici la clé du succès.

    Nous sommes entrés depuis quelques années dans un nouveau moment idéologique et religieux dont le déboulonnage des statues est un signe révélateur, bien qu’anecdotique. Souvenons-nous que lorsque les talibans ont fait sauter les boudhas géants tout le monde était choqué ici. Ce n’est plus le cas, nos vieilles nations occidentales progressent à grand pas vers la talibanisation et le fanatisme, elles s’en remettent aux khmers verts, au tout-Etat, à l’appel aux bas instincts comme on l’a vu récemment pendant la gestion du COVID par LREM. Pas étonnant que George Orwell et Anna Harendt soient les auteurs les plus cités du moment.

    • @Tino: article très intéressant sur les surcoûts de la voiture électrique. On est toujours dans la phase où le grand public n‘a pas encore compris les implications, comme pour la loi climat pour le logement d’ailleurs. Mais quand les gens vont se réveiller ça va secouer.

      • @Lionel : comment pouvez-vous affirmer que « le grand public n’a pas encore compris les implications » ?
        Vous en connaissez beaucoup, vous, de gens qui ont acheté des voitures électriques ou hybrides ?
        Personnellement je n’en connais aucun !

      • @mildred: j‘en connais quelques uns oui pour ma part je suis plus que réticent. Pour l‘instant je n‘entends pas beaucoup de contestation et à mon avis c‘est parce que la plupart des gens pensent qu‘ils trouveront une solution qui leur permettra de vivre comme maintenant.

        On n‘en est pas encore au moment où quelqu‘un dans la foule constate que le roi est nu.

  6. Bien on voit que les étatistes ont encore frappés , le tout électrique mais pas nucléaire , le tout vaccinal mais pas pas de médecin. Il faut sortir de l’ Europe telle quelle est actuellement et revenir à des choix validés démocratiquement, pareil en France ou aujourdhui les limites de la république très centralisée commence à se faire sentir péniblement avec d’ un coté les citoyens de l’ autre les maires, préfets, fonctionnaires, syndicats etc qui tournent en rond à chercher des solutions qu’ ils sont bien incapables de trouver et de mettre en place car elles sont pas compatibles avec notre constitution et nos lois.

  7. Le communisme capitaliste d’Etat a complètement largué les amarres avec la réalité, et ce à travers tout l’Occident. Nous fonçons tête baissée dans une destruction volontaire de tous les fruits de l’industrie et de la civilisation, qui conduira à des difficultés incalculables pour une grande partie de la population.

    Ceux qui décident ces orientations, eux, seront protégés des conséquences de leur folie par des rémunérations confortables en tant que politiciens, dirigeants de grandes entreprises, journalistes vedettes, hauts fonctionnaires, etc.

    Je regardais les prix des voitures d’occasion récemment. Pas celui des voitures électriques : de vulgaires modèles diesel ou essence, dont la mort est programmée et dont même l’emploi sera de moins en moins autorisé. Leurs prix sont devenus hallucinants !

    Pour la moindre caisse à savon, il faut payer ce qui était le prix d’une belle voiture neuve il n’y a pas si longtemps. Et on trouve pléthore d’occasions à 80 000 km, 100 000 km, 120 000 km… qui sont loin de coûter une bouchée de pain, contrairement à ce que l’on pourrait espérer.

    Inutile de dire que je n’ai pas osé regarder le prix des voitures neuves !

    De nos jours, à moins d’habiter une grande ville, on ne peut pas se passer de voiture. Comment vont faire les gens ?

    • @robert: comment vont faire les gens? Clairement le pouvoir s‘en fiche. La présidence Macron est la preuve qu‘on peut gouverner le pays avec 25% des voix et la complicité des médias des copains et des obligés.

      Les gens dont vous parlez sont d‘ores et deja stigmatisés par le pouvoir. Souvenez vous de la phrase méprisante de Castaner sur ceux qui fument des clopes et roulent en diesel.

      La gauche a abandonné les prolétaires. Pour faire taire leur colère elle les culpabilise à grand renfort de théories gauchistes sur l‘intersectionnalite et le genre. De prolétaires ils sont devenus des mâles blancs, transphobes, racistes, fascistes, etc. C‘est le traitement qui a été appliqué aux gilets jaunes, c‘est désormais la norme pour toute contestation.

  8. Ces arguments sont parfaitement clairs. Mais en face les politiques ne raisonnent pas. Ils agissent en suivant des impulsions, des modes, ou les consignes des copains capitalistes de connivence. La seule chose qui les ramenait à la réalité avant c’était les finances et les dévaluations. Mais avec l’argent gratuit qui tombe du ciel grâce à l’Europe, tout est possible. Les prix de l’électricité flambent? Un bon coup d’argent gratuit pour aider les menages. Les constructeurs européens qui dominaient le monde dans le thermique vont mourir? Pas grave on indemnisera les chômeurs. Comme pour les vieux dans les ehpad: Une piqûre de rivotril et on ne souffre plus. Les politiques anesthésient tout le monde en arrosant d’argent gratuit. Tant qu’il coule à flot, tout argument rationnel est inutile.

  9. C’est pourtant simple à comprendre: avec la stratégie « de la ferme à la fourchette » l’UE a décidé de saboter l’agriculture. Avec le véhicule électrique elle sabote l’industrie automobile. Et ainsi de suite… les écolos décroissantistes ont pris le pouvoir et déroulent leur programme.

  10. Le CO² est aussi opportun que le Covid – La théorie réchauffiste bat son plein chez nos inénarrables Pastèques.

    J’aimerais savoir quelle est la pollution générée pour la construction des batteries des véhicules électriques. Un silence opaque entoure ces études.
    Quant à générer de l’électricité, quel en est le coût et l’impact écologique, puisque les vilains fumeurs de Gitanes® qui roulent au diesel ne s’en soucient pas ? Comme le précisait Pierre82.

    Chez moi, le maire, pastèque également, a fait remiser les véhicules électriques dans des terrains vagues.
    J’avais remarqué depuis un certain temps que ces véhicules avaient totalement disparu de leurs aires de stationnement dédiées.

    Si nous évoquions maintenant ces formidables éoliennes….

    Un peu de lecture: https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/eolien-le-casse-tete-du-recyclage-des-pales-150300.html

    Le marché de l’occasion des véhicules à moteur thermique a explosé. Quels sont ceux qui ont les moyens d’acheter un véhicule aux « normes », désormais, ou qui peuvent se passer du leur ?

    Sans augurer des conséquences à venir de l’impact Covid.

  11. Si j’ose dire, on a filé les clés de la bagnole aux Chinois, on avait de l’avance en automobile, on vient de leur donner la chaîne de valeur…plus le contrôle des matières premières…et dans 10 ans, ce sera un scandale quand Peugeot ou Renault licencieront…

    • Plus loin que ça, il y a surtout la perte de savoir rendant très difficile tout retour en arrière : c’est ce qui s’est produit dans le nucléaire lorsque les équipes ont été démantelées : j’ai vécu le démantèlement de l’équipe du surrégénérateur de Creys-Malville, du gâchis en savoir, expériences, en hommes et en matériel, idem plus tard chez Framatome…

      • Lionel: « cette perte de compétences se ressent sur Flamanville. On voit bien que ça patine. »
        Comment donc ont fait les premiers constructeurs de centrales électronucléaires? Ont ils bénéficié du savoir-faire d’autres types d’industrie? Du nucléaire militaire? Les exigences de sécurité étaient elles moindres? Moins redondantes? Ou bien est-ce le modèle de management qui a changé?

      • @François Tursan: à l’époque l’industrie était plus puissante, ne serait-ce qu’en termes d’effectifs et d’entreprises, sans même parler de la part dans le PIB, n’oublions pas l’importance de l’écosystème. Aujourd’hui, de nombreux composants sont produits à l’étranger notamment au japon. Il y a eu de nombreuses malfaçons sur la cuve. Certes le réacteur est plus complexe mais on devine quand même qu’il y a un problème de niveau général de l’industrie. Et comme l’écrit sam player lorsqu’on lance un programme comme ça, il faut une ou plusieurs décennies pour monter en compétence et construire l’outil industriel.

      • @FT
        D’une part, à l’origine, il y a plus de 40 ans, la fabrication des centrales s’est faite sous licence de WestingHouse et au fil de l’eau les équipes en partenariat avec le CEA, en réalisant des maquettes, ont apporté des modifications puis développé des centrales dérivées… il a fallu 40 ans de développement

      • Et parallèlement à cela, on se lance dans de grandes incantations larmoyantes sur la réindustrialisation de la France, en passant opportunément sous silence que la désindustrialisation a moins à voir avec l’horrible mondialisation, bouc émissaire aussi mal défini que pratique, qu’avec des carences typiquement nationales : coût du travail, niveau éducatif en chute libre, recherche publique bureaucratisée, Absurdistan réglementaire, prise en compte de l’environnement de façon obsessionnelle et incohérente…

      • @Nathalie : vous avez raison de souligner ces points. Une question que je me pose et pour laquelle je n’ai pas de réponse définitive et tranchée c’est sur le rôle du mauvais management d’Areva dans cette débâcle. C’est quand même une entreprise qui a fait faillite alors qu’elle représentait une part importante du marché mondial. On en a peu parlé.

        Parmi les dirigeants il y avait la fameuse Atomic Anne, ancienne conseillère de François Mitterrand, bombardée à la tête de l’ancienne COGEMA et même Edouard Philippe. On a parlé du scandale Uramin (https://fr.wikipedia.org/wiki/UraMin) mais difficile de savoir à quel point la gestion a été toxique pour l’ensemble de la filière (en plus de la perte de compétences industrielles).

        Flamanville ne cesse d’inquiéter justement parce que les retards et les malfaçons font douter de notre capacité à mener à terme ce genre de programme. Il faut savoir qu’en Finlande ça a été très difficile, la France a du payer d’énormes indemnités. Seuls les chinois ont réussi à finaliser le réacteur même si on a appris cette année qu’ils rencontrent quelques problèmes.

        Que va-t-il se passer à Hinkley Point? est-ce qu’EDF aura la capacité de réaliser les nouveaux réacteurs? Vu les montants engagés (à l’époque on parlé de 32 milliards portés par EDF vu que les chinois se sont retirés), on n’ose pas imaginer les impacts d’éventuels retards et malfaçons sur la pérennité d’EDF. Ca pue.

  12. Vous avez tous raison, c’est la perte du savoir et des compétences, qui sont les plus tragiques pour notre avenir. L’histoire de notre industrie depuis le XIX siècle est fameuse d’une suite d’idées et d’innovations, de calculs et d’échecs et d’opportunités qui s’appuient à chaque fois sur les savoirs faire antérieurs pour cheminer de succès en succès.

    Pensez par exemple qu’en 1915, Marcel Bloch étudie sur son temps libre des améliorations de l’hélice du Caudron G.3 qui présentait un trop faible rendement et la fait réaliser, sous sa supervision, dans les ateliers d’Hirsh Minkés, fabricant de meuble établi au Faubourg Saint-Antoine, père d’un de ses amis et futur beau-père. Le premier essai a lieu à Buc (Yvelines) par un pilote de Blériot. Après essais par le Service technique de l’aéronautique à Villacoublay, l’hélice est choisie et une commande de 50 hélices à 150 F pièce est passée à Minkés puis beaucoup de pièces de fuselage ensuite.

    Mon père lui-même fabricant de meubles dans le même secteur parisien, aimait raconter cette histoire des débuts de Dassault : sans l’expertise du travail du bois, point de Dassault…peut-être !

    Rompre subitement sans raison avérée autrement qu’idéologique, cette chaine des savoirs est extrêmement lourd sur la durée pour ne pas dire fatal.

  13. dans un pays où 38 millions de Français (72%) vont recevoir la somme de 100 euros (sur 68 millions dont 15 millions de moins de 18 ans reste 53 millions) je me demande comment ils vont acheter une bagnole à plus de 30k 🤣👍
    celui qui n’achète pas à 25k n’achètera pas plus à 30 ou 35k
    la voiture qui se vend le plus c’est la dacia une bagnole de roumain.

  14. Emmanuel Todd « « La lutte des classes en France au XXIe siècle » décrit la nouvelle aristocratie stato-financière aux commandes dans notre pays. Aristocratie a laquelle je n’ai rien a reprocher si ce n’est le naufrage industriel, financier et économique que celle ci nous a apporte depuis 40 ans! »

    Monsieur Tavares est plein du bon sens de l’ingénieur, nous ne disposerons jamais d’autant de puissance massique que dans un plein de diesel à défaut de gaz pourtant plébiscité pour les centrales électrogènes. Je compléterais ses judicieuses remarques en pointant le nombre et la puissance des bagnoles, désormais tout le monde possède sa bagnole (plutôt grosse) du moins en province ne serait ce que pour faire des achats dans une zone commerciale éloignée. Clairement, c’est une servitude de l’abandon de l’aménagement du territoire, dans les années 70 les transports en commun étaient la norme.

  15. Si le marché savait faire une transition énergétique, cela se saurait. La question climatique et celle de la transition énergétique sont des questions qui ne sont pas nouvelles. Monsieur Tavares, qui est d’abord un chef d’entreprise, aurait dû anticiper ce risque réglementaire qui lui tombe dessus, le GIEC ne s’est pas réveillé l’été dernier mais il y a 40 ans. Entretemps, Peugeot a eu sa chance de faire des petite voitures thermiques low tech, Mais monsieur Tavares a préféré produire des SUV thermiques scandaleusement lourds donc énergivores parce que le marché et les consommateurs l’imposaient. Alors oui, l’Etat doit siffler la fin de la récréation. Et faire de choix, qui ne nous plaisent pas toujours.

    Face au changement climatique et au pic pétrolier qui sont des problèmes inédits qui menacent la société entière d’effondrement, tous les marchands de rêve libéraux et adeptes de la surconsommation promettent des technologies qui n’existent pas encore. Vous vous retrouvez aujourd’hui dans une contradiction :
    – Ironiser sur les écologistes, et en appeler au marché pour trouver des solutions plus efficaces (qui n’existent pas)
    – Fustiger les solutions apportées actuellement par le marché malgré des années de développement, en soulignant toutes leurs imperfections (notables)

    Ce type de réflexions nous entraînera dans le mur : vous ne proposez rien que l’immobilisme, alors qu’il y a urgence.

    • « l’Etat doit siffler la fin de la récréation » : L’Etat a surtout sauté sur l’occasion pour taxer le carbone dans une économie carbonée, c’est le jackpot surtout pour des Etats impécunieux…

      « Face au changement climatique et au pic pétrolier qui sont des problèmes inédits » : le Club de Rome, dans les années 70, nous annonçait la fin du pétrole au plus tard en 1980 !

      « qui menacent la société entière d’effondrement » : Certainement en imposant une politique qui va avoir des effets économiques et sociaux catastrophiques notamment sur le niveau de vie de la population en massacrant l’emploi, en orientant de manière contrainte la consommation vers des produits beaucoup plus chers et en renchérissant inutilement le cout de l’énergie.

      « Urgence » ? Alors un gaz à la concentration inférieure à 0.05% va anéantir la planète alors que la toxicité du CO2 commence à partir d’une concentration à 3% !

    • @Alexandre: d’accord avec Tino, l’Etat n’a pas brillé par la cohérence de ses actions : il a coulé Areva, est en train de couler EDF, promeut le véhicule électrique tout en n’assurant pas la disponibilité de la ressource, met en place la loi climat qui aura pour principal effet de faire monter les prix du logement sans en assurer une meilleure efficacité énergétique, etc. etc.

      L’étatisme crée plus de problèmes qu’il n’en résout. Les marches forcées n’aboutissent qu’à des états autoritaires qui n’ont d’autre choix que de poser des rustines sur les désastres de leur politique tout en pointant du doigt les saboteurs, cette minorité d’irresponsables par la faute desquels le plan génial prend l’eau. Si le Titanic a coulé c’est à cause des 3ème classes ou de ceux qui fumaient sur le pont. Et s’il vous plait, ne nous sortez pas le far-west ou la somalie, l’opposé de l’étatisme ce n’est pas l’anarchie, c’est le libéralisme, politique, social et économique.

      L’étatisme est la meilleure solution dans les livres ou dans les discussions de salon. Dans la réalité, c’est une stratégie brouillonne et inefficace. Pensez-vous sérieusement qu’à cause du dérèglement climatique nous allons réussir là où l’URSS a échoué ? Et encore, ne mentionné-je que l’efficacité encore faudrait-il mettre dans la balance les autres externalités négatives : nomenklaturas, clientélisme, corruption, militarisme (on y vient nécessairement), et autres inévitables entorses aux libertés individuelles.

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