III. Bataille de la CLIM : la vie en France est trop TOTAL-POLITISÉE

Fin juin, alors qu’on enregistrait en France des records de chaleur difficilement supportables, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut se déclarait « horrifiée » par tous ces gens qui disaient « qu’il n’y a qu’à mettre de la clim partout ». Et de contre-argumenter ensuite sur le mode :

« Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt ? Vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons ? (…) Vous croyez que ça va éviter quoi ? Rien. Ça, ce n’est pas de l’adaptation, c’est une mesure d’urgence. » (Vidéo ci-dessous, 41″)

Traduction : Je suis experte en réchauffement climatique, je sais ce qu’il faut faire. Alors ne venez pas me parler de vos horribles climatiseurs populistes et pollueurs.

Moi, ce qui « m’horrifie », c’est de voir une ministre appartenant à un gouvernement censé nous représenter et censé travailler à l’amélioration du développement humain de tous les citoyens de ce pays se montrer incapable de s’élever au-dessus du cadre étroit de ses anciennes fonctions militantes chez WWF (Fonds mondial pour la nature) et créer une polémique politique sans rapport avec les questionnements du jour par rejet purement idéologique de la climatisation – un rejet très français qui nous vaut d’ailleurs quelques quolibets amusants dans la presse étrangère.

Car enfin, qui a prétendu que la climatisation était la solution à tout ? Personne, à ma connaissance. Les espaces agricoles et forestiers ont certes leurs propres défis à relever, mais les climatiseurs ne sont entrés dans le débat public que lorsque les Français ont constaté factuellement que nombre de leurs lieux de vie quotidiens (logements, bureaux, écoles, hôpitaux, maisons de retraite) les protégeaient mal des pics de chaleur exceptionnels.

Résultat, on meurt plus de la chaleur en France (et, plus largement, en Europe) qu’au Mexique ou au Brésil. Vous parlez d’un progrès humain… On découvre même qu’un logement classé A au DPE (diagnostic de performance énergétique) peut parfaitement être une bouilloire thermique en été ! Vous parlez d’une omniscience de l’État…

D’où une idée assez simple : tout comme l’on utilise un mode de chauffage lorsque les températures baissent au-delà du supportable pour nos organismes, en cherchant d’ailleurs de plus en plus à en limiter les effets indésirables sur la santé et l’environnement, pourquoi ne pourrait-on pas avoir recours à un système de refroidissement en cas de météo caniculaire ? Il se trouve que les technologies disponibles s’améliorent notablement et constamment, en particulier dans les domaines du bruit et des gaz frigorigènes.

C’est ainsi qu’il faudrait réfléchir. Pas en fonction de croyances idéologiques intouchables, qui conduisent par exemple les écologistes les plus virulents à combattre l’électricité d’origine nucléaire alors qu’elle est idéalement pilotable, efficace et décarbonée, mais en fonction de ce qui marche le mieux pour améliorer le bien-être global des humains. Des humains qui ont pleinement pris conscience de ce qu’ils devaient à leur environnement et qui en prennent soin de mieux en mieux, quoi qu’en disent les acharnés de l’écologie radicale décroissante.

Dès lors, oublions les lamentations anticapitalistes de ces derniers et convoquons plutôt la liberté d’innover et d’entreprendre, convoquons plutôt le débat technologique et la concurrence des idées.

Ce nouvel épisode de la grande bataille contre la climatisation que nous a joué Monique Barbut constitue à mon sens un exemple supplémentaire de la « total-politisation » qui s’immisce de plus en plus dans les moindres recoins de notre vie. Par « total-politisation », j’entends cette tendance à haute teneur idéologique qui consiste à dire que tout est politique, même ce qui relève des aspects les plus privés, les plus personnels de nos existences.

Dans la Route de la servitude, Hayek cite un appel incroyable adressé aux joueurs d’échecs (et laisse le lecteur deviner s’il est soviétique ou nazi) :

« Nous devons en finir une fois pour toutes avec la neutralité dans les échecs. Nous devons condamner une fois pour toutes la formule ‘on joue aux échecs pour jouer’ comme la formule ‘l’art pour l’art.' »

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Exemple parfait de totalitarisme. Rien ne peut échapper à l’idéologie au pouvoir, ni l’économique, ni le social, ni le scientifique, ni l’éducatif, ni le culturel, ni le sportif. Les divertissements sont politiques, les logements sont politiques, les transports sont politiques, les vacances sont politiques, la recherche du bonheur est politique, bref, tout est politique. Et la vérité sur tout cela doit obligatoirement venir d’une autorité autoproclamée sachante et supérieure, qui se fait fort d’encadrer l’individu à chaque pas, jusqu’à le formater dans l’unique profil d’existence qu’elle admet.

Plus contemporain de nous, difficile de ne pas repenser aux déclarations de la députée écologiste Sandrine Rousseau sur le fait que « le privé est politique » – « privé » étant entendu au sens de vie privée, vie personnelle. En vertu de quoi notre célèbre écoféministe de combat voulait voir reconnaître un délit de non-partage des tâches domestiques au sein des couples. Dans le même ordre d’idée, j’ai souvenir d’une sage-femme très médiatique qui, au détour d’une enquête du journal Le Monde sur « l’âpreté (du) quotidien » des femmes enceintes et des jeunes mamans, préconisait d’en venir « à l’action politique autour du ‘devenir parent’, et vite. » C’est très clair : l’individu quel qu’il soit est considéré d’entrée de jeu comme incapable de vivre sa vie par lui-même.

Si « le privé est politique » comme le prétendent ces dames – et comme le prétendait aussi Éric Zemmour quand il parlait de limiter par la loi le choix des parents quant aux prénoms de leurs enfants – il en résulte assez directement que l’individu est dépouillé de sa capacité à faire des choix et à prendre des décisions informées et autonomes. Sa seule et unique liberté consistera dès lors à se conformer aveuglément à ce que l’autorité politique aura décidé pour lui – même si elle se fourvoie complètement – ou à devenir hors-la-loi, puni, rejeté de la société.

Une bonne nouvelle cependant : à voir la réaction des Français, cette « total-politique » rampante semble assez mal partie en ce qui concerne la diabolisation des climatiseurs. Selon un sondage Odoxa du 26 juin 2026, ils sont en effet 79 % à considérer que la généralisation de la climatisation serait plutôt une bonne idée. Mieux, la segmentation en fonction des opinions politiques montre une belle unanimité rarement atteinte !

Sur ce, je vous souhaite un très bel été 2026 !!


Illustration de couverture : la ministre de la Transition écologique Monique Barbut à Paris en juin 2026. Photo AFP.

10 réflexions sur “III. Bataille de la CLIM : la vie en France est trop TOTAL-POLITISÉE

  1. Oui, bonnes vacances, « passez à l’ombre », il fait chaud au soleil… N’empêche, cette politico-écologiste est vraiment hors de ses pompes ; ahurissant !
    Qui l’a faite ministre ? Ah, on me dit que c’est un… politic(h)ien.

  2. Ce qui est frappant, c’est quand même l’agressivité de la dame.
    Elle a tort, elle le sent confusément (même si son idéologie lui souffle le contraire) et, comme un morveux mal élevé, elle aboie.

    • Ah ! Je n’avais même pas pensé à cette possible référence. Comme quoi, ce qu’on écrit ou dit peut être compris selon plusieurs axes de sens. D’où, souvent, cacophonie des débats.
      Pour tout vous dire, j’ai forgé ce terme sur le mode de « social-démocratie ». J’aurais pu dire « hyperpolitisation », mais il m’a semblé que cela ne rendait pas assez compte de la volonté totalisante de certains politiciens.

  3. En tout cas, c’est curieux ce blocage mental sur des idéologies surannées, voire séculaires. Les communistes jurent toujours par Karl Marx, les écologistes par l’URSS qui abhorrait le nucléaire hors de chez elle.

  4. La politique est immorale et néfaste à de nombreux titres. Et elle est aidée par les nouveaux moyens techniques d’investigation (Internet, enregistrements jusque dans la rue, IA qui va nous dire comment penser). L’asservissement et l’abrutissement des masses progresse inéluctablement.

  5. Or une grande canicule s’abattit sur le pays, et les foules dirent : « Maître, nos enfants étouffent et nos anciens défaillent. Ne serait-il pas bon de les rafraîchir ? » Jésus ne répondit rien, et voyant, dans un hôpital, un malade qui suffoquait, il chassa la chaleur de son corps. Et il se fit un grand frais.

    Mais les pharisiens s’indignèrent : « Pourquoi rafraîchis-tu le jour du Bilan Carbone ? N’est-il pas écrit : tu ne climatiseras point ? » Alors Jésus leur dit : « La transition est faite pour l’homme, et non l’homme pour la transition. Malheur à vous, technocrates et parisiens hypocrites ! Pourquoi voyez-vous le climatiseur qui est dans l’œil de votre frère, et n’apercevez-vous pas le jet privé qui est dans le vôtre ?»

    Alors ils lui amenèrent une femme surprise à l’heure la plus chaude du jour dans l’allée des surgelés d’une grande surface, entre les épinards hachés et les bâtonnets de poisson, et ils dirent : « Maître, la loi de la sobriété ordonne de lapider de telles femmes sur les réseaux sociaux. Toi, que dis-tu ? » Jésus se baissa, et écrivit du doigt sur le sol quelque chose que la tradition n’a pas conservé, mais qui ressemblait fort au relevé de température de leurs bureaux. Puis il se redressa et dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais pris l’avion pour un sommet sur le climat lui jette la première pierre ». Et ils se retirèrent un à un, en commençant par ceux qui avaient le plus de miles. Jésus dit à la femme : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et ne transpire plus. »

    • Quelle idée merveilleuse, Flamby4Ever, de conclure cet article terrifiant de Nathalie, en citant la parole du Christ-Jésus, notre Sauveur !
      Cela étant dit, je dois avouer que je n’ai jamais rencontré aucune jeune femme si catholique et baptisée et confirmée soit-elle, qui se soit sentie personnellement concernée (bien que cernée par les cons) par cette parole du Christ à la femme adultère, plus, effectivement, que s’il lui avait ordonné : « Va, et ne transpire plus ! » ou « Va, et ne respire plus ! »
      Quant à moi, pour entrer à nouveau dans le jeu, il va me falloir attendre que vous avanciez, et traitiez de cette parole divine aussi : « Lève-toi, prends ton grabat et marche ! »
      Bon dimanche à tous !

      • @Mildred: votre « Va, et ne respire plus ! » résume bien la folie d’une époque qui se croit supérieure aux précédentes parce qu’elle a troqué la culpabilité de la chair contre la culpabilité d’exister. Le prétendu progrès du scientisme est une échelle à un seul montant : on croit s’y élever, quand on ne fait qu’en chuter. Quant au malade de Jean 5, qui attendait depuis trente-huit ans au bord de sa piscine, on observera que trente-huit ans en arrière nous mènent très exactement à la réélection de François Mitterrand. Les Ecritures ne précisent pas si c’est là la cause de notre paralysie. Les exégètes sont partagés, la Cour des comptes, beaucoup moins.

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