POLICE : et si Emmanuel Macron se mettait enfin à PENSER RÉGALIEN ?

Pris en tenaille entre, d’un côté, la dénonciation récurrente des violences policières et l’opposition au projet de loi de Sécurité globale qui limite en son article 24 la possibilité de filmer la police en action, et de l’autre, le ras-le-bol de forces de l’ordre épuisées et dégoûtées d’être trop régulièrement la cible de violences, Emmanuel Macron a lancé un vaste Beauvau de la Sécurité dans l’espoir « d’améliorer les conditions d’exercice » de la police tout en consolidant le « lien de confiance entre les Français et les forces de l’ordre. »

Décliné en huit ateliers auxquels participeront jusqu’à fin mai des experts, des élus, des membres des forces de l’ordre et des représentants des syndicats de police, le Beauvau s’intéressera successivement à la relation police-population, à l’encadrement, à la formation, aux relations avec le judiciaire (thème rajouté à la demande du syndicat Alliance), au maintien de l’ordre, à la captation de vidéos, au contrôle interne avec projet de réforme de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et aux conditions matérielles d’exercice.

Les résultats de ces travaux sont censés alimenter la future Loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) programmée pour 2022 et pourraient déboucher à court terme sur 1,5 milliard de crédits en plus pour le ministère de l’Intérieur.

Sachant que depuis 2015, année de la vague d’attentats islamistes, les recrutements et les revalorisations salariales n’ont pas cessés. L’évolution de ces dernières est même qualifiée de « ni soutenable ni maîtrisée » par le rapporteur du Sénat sur le Projet de loi de finances 2020 relatif aux forces de sécurité, tandis que les investissements dans les outils de fonctionnement se faisaient plus rares, au détriment du moral des troupes.

.• La première réunion, celle des relations police-population, a eu lieu lundi 8 février dernier. À lire les divers commentaires de presse, il semblerait qu’elle n’ait pas débouché sur des décisions fracassantes. Pour commencer, on y cherchait vainement des policiers de terrain et des représentants des citoyens. Ensuite, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’est contenté de gloser sur la société de l’image et sur la nécessité d’améliorer la communication de la police via les réseaux sociaux afin qu’elle puisse mieux faire connaître son travail, notamment auprès des jeunes et dans les quartiers populaires. 

De leur côté, les syndicats sont arrivés à cette table ronde à reculons car ils estiment qu’il n’y a pas de problème majeur entre la police et la population, seulement des cas isolés qui sont traités. Du reste, à leurs yeux, le comportement des forces de l’ordre repose largement sur leur formation et sur le comportement de leur hiérarchie, sujets qui ne seront traités que plus tard dans le déroulé du Beauvau.

Il leur semble beaucoup plus important de parler des conditions de travail dégradées et des suicides dans la police – points soulevés dans le rapport du Sénat cité plus haut (§4) – ainsi que de la réponse pénale qui ne suit pas toujours les efforts déployés en amont par les policiers et des attaques dont ceux-ci sont l’objet dans les cités ou au cours des manifestations. 

De fait, si l’on en croit un sondage IFOP réalisé fin janvier pour le JDD en prévision du Beauvau de la Sécurité, 61 % des personnes interrogées expriment de la confiance ou de la sympathie pour les forces de l’ordre :

Question : Que vous inspire spontanément la police ?

Il est à noter cependant que les 27 % exprimant de l’inquiétude ou de l’hostilité représentent un bloc incompressible d’environ 10 millions de personnes une fois le résultat du sondage étendu à l’ensemble de la population, ainsi que l’a souligné le sondeur de l’IFOP Jérome Fourquet qui participait à la réunion.

De plus, l’opinion publique est extrêmement sensible à certaines affaires de violences policières et de discrimination. Par exemple celle de Michel Zecler, ce producteur de rap frappé par quatre policiers dans le cadre d’un contrôle pour absence de masque à Paris en novembre 2020.

Tombant au moment où le gouvernement tentait de faire passer un ajout restrictif à la loi de 1881 sur la liberté de la presse sous la forme de l’article 24 du projet de loi de Sécurité globale qui vise à réprimer la diffusion d’images des forces de l’ordre en action, avec le risque de permettre à des cas de violence policière de ne jamais apparaître au grand jour, elle a contribué à hisser la part des inquiets et hostiles à 41 % des personnes interrogées au mois de décembre 2020.

Pour sa part, l’ONG Amnesty International dénonce des arrestations et des détentions arbitraires lors de la manifestation du 12 décembre dernier contre l’article 24. Gérald Darmanin s’est vanté sur Twitter d’avoir protégé les commerçants des agissements des casseurs et/ou des membres du black bloc, mais au final, il s’avère que 80 % des interpellations n’ont donné lieu à aucune poursuite. Le gouvernement voudrait décourager le droit de manifester et non pas les casseurs qui resurgissent invaincus à chaque nouvelle manifestation qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

On se rappellera également que le même Darmanin, tout imbu d’une fermeté policière qui s’évapore complètement dès lors qu’il s’agit de courir après les vrais fauteurs de troubles, était trop heureux d’énumérer complaisamment devant les caméras les milliers de contrôles et de PV que les policiers ont infligé aux Français sans raison sanitaire valable depuis le début de l’instauration du couvre-feu à 18 heures. 

• Dans une démocratie libérale, les forces de l’ordre(*) sont censées assurer la protection des personnes et des biens conformément aux droits naturels des individus qui sont la liberté, la propriété et la sécurité. Elles sont donc en principe au service de la population, pas au service du pouvoir.

Dès lors, la confiance des citoyens dans leur police ne peut exister que si ses actions semblent dictées par une juste répression des crimes et délits et non par une injuste répression des droits des individus, et si les plus hautes autorités de l’État régalien, le Président de la République, le ministre de l’Intérieur, le garde des Sceaux, adoptent une politique en rapport.

Or trop d’interventions policières concernent des crimes sans victime qui dépendent beaucoup de normes qui sont régulièrement durcies comme ont pu s’en apercevoir les automobilistes quand la limite de vitesse sur route est passée de 90 à 80 km/h. 

Trop d’interventions gouvernementales en matière de sécurité relèvent de l’affichage d’un semblant de fermeté qui érode considérablement les libertés publiques (la loi anti-casseurs de Castaner, heureusement retoquée par le Conseil constitutionnel, par exemple) et laissent de côté la juste répression des atteintes aux biens et aux personnes.

Trop de discours politiques oscillent entre le soutien sans condition aux forces de l’ordre et la dénonciation permanente de leur racisme et de leur violence, le gouvernement n’étant pas le dernier à ce petit jeu qui brouille le message. Autant il est délirant et malfaisant de penser d’un côté que All cops are bastards, autant il est tout aussi délirant et malfaisant de penser de l’autre que l’institution policière forme un tout parfait qui n’a jamais tort et devant lequel les individus doivent plier. 

Peu avant de céder son poste à Darmanin, Christophe Castaner s’était justement illustré en imaginant un concept fleurant bon le « en même temps » cher à Emmanuel Macron, celui du « soupçon avéré » de racisme qui suffirait à ses yeux pour suspendre un policier.

Quant au Président lui-même, il admettait récemment que les policiers pratiquaient les contrôles d’identité au faciès (d’où d’ailleurs la froideur des syndicats pour le Beauvau annoncé peu après). Et pourtant, dans le même temps, il était question de protéger les policiers via les dispositions de l’article 24 qui reviennent à limiter le droit d’informer et donc à empêcher les citoyens d’exercer un contrôle parfaitement légitime sur le service public de la police qui est rendu en leur nom.

Que les policiers et gendarmes (ainsi que les pompiers et d’autres représentants des pouvoirs publics) soient la cible récurrente de violences, personne ne le nie. Mais la réponse ne consisterait-elle pas plutôt à se montrer intraitable sur le respect de la loi tant du côté des citoyens que des policiers, à veiller à l’application des peines décidées par la Justice, à augmenter le nombre de places de prison, à redéployer les effectifs policiers vers les opérations de maintien de l’ordre public plutôt que vers la chasse aux automobilistes et aux citoyens qui, en cette période de pandémie, ont oublié leur masque ?

Autrement dit, la confiance des citoyens dans la police dépend dans une très large mesure de la confiance qu’ils peuvent avoir en MM. Macron et Darmanin et plus généralement dans leurs dirigeants pour assurer sérieusement leur sécurité tout en garantissant leurs droits civils.

C’est très loin d’être gagné. Si l’on en croit l’issue du Grenelle de l’éducation ou celle du Ségur de la santé, à quoi l’on peut maintenant ajouter l’intérêt limité de la première concertation du Beauvau, il y a fort à parier que ce dernier se soldera comme d’habitude par un regain de dépenses publiques sans amélioration notable du rôle régalien de l’État.


(*) La France dispose aujourd’hui de 150 000 agents de la police nationale et de 100 000 gendarmes auxquels il convient d’ajouter quelques 30 000 policiers et agents de surveillance municipaux, ce qui la place dans une honnête moyenne européenne de 4,2 membres des forces de l’ordre pour 1 000 habitants.


Illustration de couverture : Policiers en patrouille sur la voie publique.

7 réflexions sur “POLICE : et si Emmanuel Macron se mettait enfin à PENSER RÉGALIEN ?

  1. Dans un sketch resté fameux, Coluche disait : « Les gardiens de la paix, au lieu de nous la garder, ils feraient bien mieux de nous la foutre !!! » . Tous les parisiens, et les provinciaux, qui se sont faits sanctionner pour s’être laissés prendre dans les embouteillages du dimanche soir à 18h00 ont du se remémorer cette phrase.
    La Police, à l’inverse de sa grande sœur la Gendarmerie, souffre de trois maux majeurs. Un, elle est mal née. Quand on a pour parents un régime honni, Vichy, et des personnalités controversées comme René Bouquet (https://youtu.be/RwLG2ydAghI), c’est difficile de se construire. Le plus bel exemple nous en est donné par le corps des commissaires créé en 1941. Deux, elle souffre, particulièrement la police en tenue, celle que l’on voit, d’un manque flagrant d’encadrement. Ça se voit particulièrement à travers le port de la tenue et au travers des communiqués syndicaux lorsqu’une affaire éclate. À se demander si il y a une hiérarchie dans les commissariats. À cet égard, la comparaison avec la Gendarmerie n’est guère flatteuse. Trois, enfin, le poids excessifs des syndicats du, en partie, à la non-présence de la hiérarchie… La nature ayant horreur du vide, ils ont par calcul ou par simple opportunité, pris la place qui revient à l’absent. CQFD.
    Agent d’exécution docile du pouvoir car elle y doit son existence, elle reste infiniment plus malléable que sa consœur. Ce n’est pas pour rien que la rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’intérieur a été décidé. La volonté d’en faire disparaître la militatarité était manifeste. Échec sur toute la ligne. La Gendarmerie reste telle qu’elle est malgré ses problèmes et son image de marque souffre peu.
    En ce qui concerne ses plaintes récurrentes envers les désaveux qu’elle enregistre avec l’institution judiciaire, elle oublie un peu facilement qu’au départ il y a les choix du politique. L’actualité nous en fournit un bel exemple avec l’affaire du squat de Toulouse où un vieux monsieur de 88 ans s’est vu déposséder de sa maison depuis cinq mois. C’est à cause des textes votés par l’AN que Police et Justice étaient dans l’impossibilité d’agir. La solution est venue de la rue qui, par pression, a persuadé les squatters de vider les lieux.
    Je ne crois donc pas que les difficultés inhérentes à la Police soient réglées par ce genre de grande messe. Ces dernières resteront pour ce qu’elles sont, des agitations médiatiques.

  2. Merci Nathalie. Je souscris notamment à cette affirmation : « Le gouvernement voudrait décourager le droit de manifester et non pas les casseurs qui resurgissent invaincus à chaque nouvelle manifestation qu’il ne s’y prendrait pas autrement. » Votre article pose la question essentielle de savoir au service de qui la police travaille. Est-ce pour la population, pour la défense de ses droits et libertés ou est-ce pour le gouvernement ?

    La démocratie ne se définit pas par un critère unique qui serait par exemple le droit de vote mais par un faisceau de droits et de caractéristiques parmi lesquels figure justement cette question que vous soulevez. Votre article et les événements récents liés au COVID montrent bien que dans le domaine de la sécurité, comme dans d’autres domaines, la démocratie s’effrite chaque jour un peu davantage.

    Ce qui peut surprendre c’est qu’une fraction importante de la population ne s’en alarme pas mais semble au contraire en redemander. J’en veux pour preuve le succès de tous ceux qui plébiscitent l’arbitraire. Je pense aux admirateurs de Poutine et de Orban à droite, et aux nostalgiques du communisme à gauche. Sans parler des « séparatistes » qui rêvent d’un retour à la société d’avant le féodalisme.

    De même en ce qui concerne le parlementarisme qui est un aspect essentiel de toute démocratie. Parmi les pays européens que je connais, ce qu’on appelait auparavant les pays occidentaux, la France est le pays dont le parlement a le moins de pouvoir et qui est le moins représentatif politiquement. Sous le prétexte du COVID, le gouvernement se passe même de toute consultation, c’est grave. Pourtant, nombreux sont ceux qui accusent le parlement de tous les maux et qui veulent encore restreindre son action. Par exemple, E. Macron avec sa loi de début de quinquennat qui n’aurait fait qu’aggraver la situation. Et tous ceux également qui pense que le référendum est la solution.

      • @phedge : oui effectivement. Lorsque la sécurité n’est plus assurée on perd la liberté de circulation, la liberté d’expression, etc. Dans certains quartiers il vaut mieux ne pas trop sortir à certains moments ni exprimer un certain point de vue. C’était à cette liberté et à ce droit que je pensais. Pour résumer : le droit de vivre en paix sans être dérangé ou agresse simplement parce qu’on a le malheur d’être au mauvais endroit.

    • « (…) dans le domaine de la sécurité, comme dans d’autres domaines, la démocratie s’effrite chaque jour un peu davantage.  »

      Et c’est très bien ainsi. Car ce que vous appelez « démocratie qui s’effrite » n’est que le masque du pouvoir qui tombe. On a collé le mot « démocratie » sur un truc qui navigue entre la royauté et l’oligarchie, l’important étant de renouveler l’emballage sans toucher au contenu. Ce pouvoir dont les traits apparaissent enfin, qui mêlent mensonge, incompétence, malhonnêteté, manipulation, foutage de gueule ostentatoire…
      Toutes ces qualités transpirent maintenant d’un état qui se place aux frontières confortables du totalitarisme, dont la police n’est que le bras armé. La police DOIT obéir à l’état, c’est sa raison d’être. Elle n’en a pas d’autres. Les poncifs du genre « protéger et servir »… à d’autres (surtout aux fans de séries US).

      Comme le dit Nathalie, « Dans une démocratie libérale, les forces de l’ordre(*) sont censées assurer la protection des personnes et des biens conformément aux droits naturels des individus qui sont la liberté, la propriété et la sécurité. » sauf que nous ne sommes pas en démocratie, et encore moins dans une démocratie « libérale ». Dans une démocratie libérale, l’état serait garant des droits naturels et donc, les « FO » aussi.
      Penser que les « FO » sont censées être « en principe au service de la population, pas au service du pouvoir. » est naïf. Elles sont au service du pouvoir. Cependant, le pouvoir peut « changer de mains ». Alors tant que c’est la population qui a le pouvoir, personne n’y trouvera rien à redire. Sauf qu’aujourd’hui, le masque tombe et la population a vu qu’en guise de pouvoir, elle avait surtout un gentil hochet qu’elle pouvait se carrer bien profond dans le fondement. Le pouvoir est entre d’autres mains. La police aussi.

  3. Quelques remarques. La formation des policiers est désastreuse. On prend n’importe qui, et on leur fourre une arme entre les mains après quelques mois de n’importe quoi :

    https://www.leparisien.fr/paris-75/formation-des-policiers-l-inquietante-baisse-de-niveau-des-recrues-franciliennes-28-12-2020-8416292.php

    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/pourquoi-la-formation-des-policiers-au-menu-du-beauvau-de-la-securite-peche-par-ses-lacunes_4273305.html

    https://www.leparisien.fr/faits-divers/un-adjoint-de-securite-tue-par-un-policier-21-04-2005-2005884889.php

    La police française a bel et bien une tradition de violence et d’illégalité. Elle se comporte comme une milice autonome, et non une force au service de la population.

    Le nombre ahurissant des éborgnés et des mutilés pendant les manifestations des Gilets jaunes aurait fait tomber des têtes et des gouvernements dans n’importe quel pays démocratique de la planète. Pas en France.

    Les délits commis par des policiers dans l’exercice de leurs fonctions sont innombrables (viols, trafic de drogue, corruption…).

    Il ne sert à rien d’avoir une bonne police (que nous n’avons pas) si la justice ne prononce pas les peines adéquates.

    Les suicides dans la police ne sont pas un problème. Comme d’habitude, en franchouillie hexagonale, on se met la tête dans le cul et on évite de regarder ce qui se passe dans le monde. Or, il y a des pays qui à la fois se livrent à un véritable diagnostic du problème, et le résolvent.

    Les choses sont simples : si les policiers se suicident plus que ce que l’on voudrait, ce n’est pas une exclusivité française, et ce n’est pas non plus parce que le gouvernement est méchant, pas assez socialiste, ou que la police « manque de moyens ». C’est pour des raisons inévitables, qui tiennent au métier lui-même.

    Les policiers travaillent la nuit, parce que les délinquants travaillent la nuit. Leurs horaires sont changeants, parce qu’il faut bien assurer une présence 24 heures sur 24. Résultat : la vie de famille en prend un coup. Or, ces gens sont armés. De plus, ils sont censés avoir de grosses couilles et ne pas se plaindre comme des tarlouzes. Résultat : ils se flinguent pour raisons conjugales. C’est tout.

    Une étude consacrée aux suicides dans la police française montre qu’en apparence les policiers se suicident plus que la moyenne de la population, mais qu’en réalité, cette différence s’explique entièrement par la détention d’une arme :

    http://vies37.psrc.fr/attachments/category/53/manuscrit_encephale.pdf

    Qu’est-ce que le suicide ? C’est une maladie mentale. Comment traite-t-on une maladie mentale ? Par la bienveillance, l’attention, le dialogue, le soutien personnel, la solidarité des collègues, l’intervention active et précoce de psychologues ou de psychiatres.

    C’est ce qu’a fait la police canadienne. Elle a obtenu une forte baisse des suicides. Lisez ce rapport sur le suicide dans la police américaine :

    https://www.policeforum.org/assets/PreventOfficerSuicide.pdf

    C’est un travail exemplaire. Il n’est pas réalisé par des chochiologues du ché-énéresse, coupés du terrain. Il est réalisé par des policiers eux-mêmes, résolus à régler leurs propres problèmes (du haut en bas de la hiérarchie).

    Il ne manifeste pas l’effroyable provincialisme français : il s’intéresse au suicide des policiers dans tous les pays. Et, surprise ! on découvre que les policiers ont, partout, tendance à se suicider plus que les autres. Ce n’est pas la faute à Macron.

    Et ces policiers américains s’attachent à résoudre concrètement le problème, ensemble, sans mendier l’assistance de papa Sarkozy ou maman Hollande. Ni pleurer des rivières de larmes dans les médias.

    Ce rapport a été réalisé par un machin qui s’appelle le Police Executive Research Forum, donc une émanation des policiers eux-mêmes. Qu’est-ce qui empêche nos syndicats de policiers, nombreux et bruyants, d’en faire autant ?

    Qu’ils chouinent un peu moins devant les médias, et qu’ils bossent un peu plus.

  4. A partir de la fin des années 1970, la France a entamé une ascension record de délinquance, avec des pics à 69 crimes et délits pour mille habitants en 1994 et 2002. Depuis, un niveau stable et élevé de délits (aux environs de 60 pour mille) ne varie plus qu’à la marge, au gré des effets de chiffres des ministres de l’Intérieur comme constaté par Eurostat, ONU etc…

    Dans ses villes, comme dans ses campagnes, la France sombre, jour après jour, dans une délinquance diffuse, violente, enracinée dans nos habitudes et surtout, résistante aux traitements du docteur Beauvau. Bienvenue à l’ère de la délinquance endémique.

    Bon d’accord il y avait un retard d’équipement plus qu’un retard d’effectifs. Il est courant de voir des véhicules de police bien usés ou en panne…
    http://www.senat.fr/rap/r17-717/r17-717_mono.html

    Ajouter plus de policiers même hyper bien formés ne servira à rien (d’ailleurs on n’est pas en situation de faire naitre les meilleures candidatures mais plutôt les démissions pour garder les moins bons) tant que la justice sera défaillante et les policiers seront d’autant plus « énervés » qu’ils constateront leurs efforts inutiles.

    Rechercher des causes profondes aux symptômes est parfaitement inutile car extrêmement complexe à déterminer. D’ailleurs des corrélations entre délinquance et inégalités, racisme ou pauvreté n’ont JAMAIS été mis en évidence dans aucun pays (US ou Amérique du sud en particulier), souvent les évolutions ont même été inverses. Donc ce qui a toujours marché c’est de s’attaquer aux symptômes et pas à la psychanalyse ou à la sociologie profonde des causes souvent fantasmées.

    Tout d’abord, la dissuasion n’est crédible que si le gouvernement est déterminé et implacable et pas sympathisants des arguties concernant ces malheureuses causes. Ensuite il faut que la justice fasse le poids avec des sanctions pénales rapides et des peines modérées, équitables mais obligatoires (tolérance zéro) pour que les délinquants considèrent les risques comme probables et prévisibles.

    Ces préalables assurés, les effectifs de policiers peuvent baisser et en plus ils seront satisfaits, respectés et fiers dans l’exercice de leur métier. Au revoir les malaises.

    Donc le « Beauvau », c’est tout faire à l’envers !
    De la com’ comme pour le reste et bien sûr une distribution de pognon pour démontrer qu’on y met les moyens hein, sans même prévoir d’en mesurer les résultats..

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