Bye bye « en même temps », hello good old socialism !

Mes amis, je vous annonce que le « en même temps », c’est terminé. Vous savez, ce gimmick électoral macronien badigeonné de modernité printanière et d’esprit startupeur qui se voulait « ni de gauche ni de droite » tout en étant à la fois « de gauche et de droite ». Bref, le dépassement des clivages qui était censé mettre tout le monde d’accord sur… sur quoi au fait ? On ne sait plus car le mécontentement gronde, mais en tout cas, c’est fini, terminé, enterré.

Macron avait mis « protéger » et « libérer » dans un bateau. Libérer vient d’être violemment poussé à la baille par Macron lui-même au prix de 14 milliards de déficit en plus pour calmer la colère des Gilets jaunes. Qu’est-ce qui reste ? Du bon gros socialisme et son flux continu d’interventionnisme, de dépenses publiques, de dette qui s’empile et de mauvaise foi.

Les 14 milliards en question, qui consistent en des baisses de prélèvements obligatoires et des dépenses supplémentaires, notamment la hausse et l’élargissement de la prime d’activité pour doper le SMIC, me poseraient moins de problème s’ils se limitaient à des baisses de prélèvement et s’ils étaient compensés par des coupes équivalentes dans les dépenses publiques.

A vrai dire, même les baisses d’impôts et de cotisations posent problème, non pas par leur baisse, mais par le côté bricolé des mesures. Pas de remise à plat globale, pas de réflexion sur le niveau supérieurement complexe et élevé de nos prélèvements obligatoires, pas de remise en cause de notre modèle de protection sociale, mais des ajustements hâtivement présentés pour éteindre une colère particulière. La grande réforme fiscale dont le pays a besoin attendra.

Mais admettons ces baisses. C’est bien de l’argent laissé entre les mains des particuliers « où il n’est jamais inutile ni oisif » comme disait Vauban. Le mieux employé du royaume, précisait-il même.

Non, le gros problème, c’est qu’elles ne sont pas financées.

Le gouvernement a donc passé la semaine à nous expliquer que « tout va très bien, Madame la Marquise », dans un festival de tortillements, fausse logique et affirmation contre l’évidence qu’il garde on ne sait trop quel cap avec une « rigueur budgétaire » absolument exemplaire.

Mercredi dernier, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux nous affirmait purement et simplement que « l’intérêt général des Français passe avant le dogme budgétaire ». Autrement dit, en avant pour plus de dépenses, de déficit et de dette, et bonjour le message porté en place publique ! Ce qui pèsera à la baisse sur le pouvoir d’achat et l’emploi et résultera inéluctablement en un appauvrissement du pays devrait être vu comme favorisant l’intérêt général !

S’ensuivent effectivement quelques concessions à la maîtrise des dépenses afin de ne pas alourdir la dette pour nos chers enfants. Mais n’imaginez surtout pas que ces propos de bon sens seront le moins du monde suivis d’effet. Après tout, l’équipe en place à Bercy s’est surtout fait remarquer par ses belles déclarations toujours très orthodoxes et une totale absence du moindre petit début de mise en application.

Lors de la présentation du PLF 2018 (automne 2017), Bruno Le Maire n’écrivait-il pas :

« Nous faisons un choix stratégique : baisser en même temps la dépense publique et les impôts pour plus de croissance et plus d’emploi. »

Voilà qui est parler. Pour nous concocter dans la foulée un budget 2018 où les dépenses et les prélèvements continuent à augmenter en volume. Rebelote pour 2019 avant même les annonces d’Emmanuel Macron en direction des Gilets jaunes ; à tel point que la Cour des Comptes s’était une fois de plus inquiétée de la faible attention donnée à la réduction du déficit structurel, c’est-à-dire cette part importante du déficit qui ne dépend pas de la conjoncture économique mais uniquement de nos petits travers nationaux.

Pour les sages de la Rue Cambon, cette situation serait particulièrement dangereuse en cas de ralentissement de l’activité économique. Or les toutes dernières  prévisions de croissance de la Banque de France pour 2018 et 2019 sont ramenées à 1,5 % quand le PLF 2019 tablait sur 1,7 %. Un taux qui ne permet pas d’envisager une amélioration de l’emploi…

Mais ne soyons pas trop durs avec M. Griveaux. En tant que porte-parole, il ne fait que diffuser la bonne parole exécutive. En l’occurrence, celle d’Emmanuel Macron, Président de la République, devant les députés et sénateurs de sa majorité mardi 11 décembre dernier :

« Dans les moments de crise, le chiffrage est secondaire. »

Comme c’est amusant. On pourrait presque croire que si le pays est en ébullition sociale, c’est en raison d’une trop grande austérité antérieure. On ne devinerait jamais que nos dépenses publiques sont à 57 % du PIB, record mondial, tout comme nos prélèvements obligatoires allègrement en marche vers les 50 % (48,4 % en 2017 d’après Eurostats).

Et si la « crise », le chômage – très élevé lui aussi par rapport aux pays comparables – la faible croissance, les revendications sur le pouvoir d’achat et le ras-le-bol fiscal venaient justement de ce que personne ne s’est beaucoup préoccupé de chiffrage depuis de longues années, 2017 et 2018 comprises ?

Note amusante supplémentaire, Emmanuel Macron sait-il qu’il nous fait là du Marine Le Pen dans le texte ? Et ce n’est pas un gage de sérieux, loin de là. Réponse de la candidate à François Lenglet qui lui faisait remarquer pendant la campagne présidentielle le coût exorbitant et non financé de ses nombreuses dépenses nouvelles :

« J’adore votre vision comptable ! C’est tout ce que je rejette en économie. » (vidéo, à 39′)

Compter l’argent des autres, non mais quelle horreur ! Vous la voyez, l’identité française ? Je-m’en-foutisme politique, irresponsabilité économique, abondance de déclarations stupides et incohérentes sont manifestement les choses les mieux partagées de notre classe politique.

Malgré son air sérieux et sa barbe toujours bien taillée, le Premier ministre Edouard Philippe n’accèdera pas au titre d’exception qui confirme la règle. Il serait plutôt la confirmation absolue que la France constitue décidément une exception économique dangereuse pour la prospérité de ses citoyens.

Donnant l’impression qu’il croyait profondément à ses propres paroles, il a été pris cette semaine d’un délire extrêmement préoccupant en pleine Assemblée nationale. On l’a entendu déclarer sans rire :

« Tout ce qui n’est pas financé n’est ni certain ni durable (…), ce n’est pas une question de dogme, c’est une question d’éthique (…), ce n’est pas un attachement comptable (…), ce n’est ni à nos enfants ni à nos petits-enfants de boucler nos fins de mois. »

Oui, c’est vrai, la comptabilité, ça passe mal, il ne s’agirait pas de heurter la sensibilité de Marine Le Pen. Parlons plutôt d’éthique.

Une éthique qui fait que lorsque le gouvernement se montre absolument incapable de tenir les comptes de la nation, lorsqu’il se voit « acculé » à ouvrir les vannes de la dépense publique sans entraves pour réparer ses multiples échecs, il sait toujours de quel côté se tourner : et si on demandait un effort aux entreprises ?

C’est pourquoi, lorsqu’il a fallu agir vite et bien pour récupérer les 10 petits milliards d’euros perdus dans les errements de la taxe à 3 % sur les dividendes, le gouvernement a tout de suite pensé à concocter une taxe additionnelle applicable aux grandes entreprises.

Aux grandes, pas aux petites. Les grandes entreprises, surtout si elles réussissent, embauchent en nombre, investissent, innovent et versent des dividendes à des actionnaires avides de profits, sont une injure permanente à l’éthique du socialisme. Il est donc parfaitement normal de les mettre à contribution une fois de plus.

Il était question de baisser progressivement l’impôt sur les sociétés ; oublié que tout ceci. Une taxe additionnelle est à l’étude, les grandes entreprises du numérique sont dans le collimateur de Bruno Le Maire, tout le monde doit payer autant d’impôts que « nos PME, nos commerçants, nos artisans » :

L’idée qu’en baissant les dépenses publiques, on pourrait aussi baisser les impôts de « nos PME, nos commerçants, nos artisans » n’effleure évidemment pas le ministre de l’économie. C’est qu’on a des services publics que le monde nous envie à financer ! Les PME, c’est mignon, Bruno les adore, mais de là à leur lâcher l’impôt !

Taxer plus les entreprises pour répondre à un malaise englobant ras-le-bol fiscal, emploi et pouvoir d’achat : il fallait y penser, notre gouvernement le fait ! C’est ainsi que la pieuse fable du « en même temps » se retire pour ne plus laisser derrière elle qu’un bon vieux socialisme comme on les aime. Bravo Macron !


INVITATION  DE  LA  MAISON  MP

Chers lecteurs,

Voici bientôt 4 ans que je tiens ce blog libéral auquel vous contribuez grandement par vos lectures, commentaires et partages. Peu à peu, j’ai eu le plaisir de voir se former une petite communauté bien vivante autour de mes articles. C’est pourquoi je propose aujourd’hui à ceux qui le souhaitent (et le peuvent) qu’on se retrouve autour d’un verre pour faire connaissance et discuter de nos sujets préférés en toute décontraction.

Jeudi 10 janvier 2019 à Paris de 18 h à 20 h.
Le lieu exact sera précisé quand j’en saurai plus sur le nombre de participants.
Vous pouvez me contacter par mail : Nathalie_MP@sfr.fr


Illustration de couverture : Emmanuel Macron et le ministre du budget Gérald Darmanin en visite à l’usine Whirlpool d’Amiens, octobre 2017. Photo : REA.

20 réflexions sur “Bye bye « en même temps », hello good old socialism !

  1. Article exemplaire traduisant, au travers du révélateur « gilet jaune », l’usure et la fin probable de 50 années de socialisme français et ses nombreux avatars : centralisme étatique, collectivisation progressive de la majorité des activités, fiscalisation massive, bureaucratie envahissante, cadre réglementaire et normatif omniprésents, redistribution égalitariste, épuisement des talents et des richesses productives, idéologie écologiste décliniste, recul international, endettement et dépendance. Il est d’ailleurs probable que le marché financier s’en aperçoive rapidement…

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  2. Je suis pleinement d’accord avec ce constat. C’était inscrit dans le programme du candidat. C’était plus facile de critiquer la candidate empêtrée dans ses contradictions économiques, mais à bien y regarder la supercherie de l’empapaouteur était quand même bien nette. Là où le bât blesse chez notre hôtesse, c’est que la litanie « il faut baisser la dépense publique » ne comporte aucune proposition… J’aimerai bien qu’on propose trois actions concrètes chiffrées et susceptibles d’ un suivi rigoureux. Par exemple suppression de toutes les aides aux équipements lourds de la transition écologique fabriqués à l’étranger, fin de l’inefficace chasse à la drogue et vente en pharmacie d’un cannabis de qualité, annulation de toutes les aides à l’immigration qui dérogent au principe d’égalité de traitement avec les nationaux.

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    • « Là où le bât blesse chez notre hôtesse, c’est que la litanie « il faut baisser la dépense publique » ne comporte aucune proposition…  »

      Faux, relisez mon blog. J’ai montré mille lieux de gaspillage, et je plaide pour la fin des monopoles de la sécu et de l’éducation, pour la fin des subventions à la presse, aux médias, aux entreprises…, pour la dissolution immédiate des mille comités inutiles type CESE, pour la diminution du millefeuille administratif (où on ne garderait que les échelons Etat réduit, régions et communautés de communes ou métropoles), pour une transition énergétique « naturelle » et non pas poussée à coup de milliards par des pouvoirs publics obsédés par les énergies intermittentes et idéologiquement contre le nucléaire etc… etc…

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      • J’ai dû être un peu oublieux, mais l’expérience professionnelle aidant, seule une liste courte et avec des priorités est susceptible de mobiliser les acteurs. De fait l’efficacité serait de donner un seul objectif: la réduction de la dépense publique par exemple et de la décliner en trois mesures concrètes chiffrées. Le fourre tout n’est malheureusement pas opérationnel…

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      • Il n’est pas sérieux de vouloir résumer la nécessaire baisse de la dépense publique en trois mesures. Mais pourquoi ne le faites-vous pas, vous ? Proposez. C’est à la portée de n’importe qui. Des milliers de citoyens l’ont déjà fait, en trois, dix ou vingt mesures.

        On peut s’amuser à ça, si on veut. C’est un jeu de société. Un jeu éducatif, si vous voulez. Mais cela ne saurait tenir lieu de programme politique. Tenez, je commence :

        1. Mise en concurrence de la Sécurité sociale avec l’assurance-maladie privée à partir du premier euro. Cette mesure comprend le salaire complet, consistant à verser au salarié l’intégralité de son salaire net + cotisations « salariales » + cotisations « patronales », à charge pour ce dernier de payer lui-même ses assurances sociales et sa retraite.

        Cette mesure conduira à un abandon massif de la Sécu en faveur du privé, qui rembourse mieux et coûte moins cher.

        2. Création du chèque-éducation, mesure qui comprend : suppression de la gratuité de l’école publique (aussitôt compensée par le chèque-éducation, remis par l’Etat aux parents afin qu’ils puissent régler l’école), liberté de création des écoles privées (avec les exceptions nécessaires pour barrer la route aux écoles musulmanes), liberté de choix de son école, et par voie de conséquence fin de la double peine financière pour ceux qui choisissent l’école privée, et qui sont obligés de payer deux fois (le public par leurs impôts, le privé sur facture).

        Cette mesure conduira à un passage massif du public au privé, et à une baisse massive des dépenses, puisque les files d’attente s’allongent à la porte du privé actuellement, et qu’un élève du privé coûte beaucoup moins cher qu’un élève du public (à l’inverse de la « sagesse populaire »). Une fois que les écoles publiques seront vides, il faudra bien renvoyer les professeurs correspondants (les meilleurs se seront déjà fait embaucher par le privé, qui payera mieux), et surtout les pléthoriques fonctionnaires administratifs qui les « soutiennent » en coulisses.

        3. Suppression du statut de la fonction publique.

        Bien sûr, il faudrait rajouter : remplacement de la retraite par répartition par la retraite par capitalisation (avec phase de transition progressive), mais comme je respecte votre règle de jeu de salon, je m’en tiens là. Déjà, avec ces trois points, on fait la révolution. La vraie, pas celle qui consiste à « envahir l’Elysée » et se voir remettre « le cul de Macron ».

        Rien de tout ce que je viens d’écrire n’est neuf. Tout cela a déjà été proposé et expliqué mille fois par des gens mille fois plus compétents que moi.

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  3. Alors que »que nos dépenses publiques sont à 57 % du PIB, record mondial » en même temps nous sommes les plus gros emprunteurs pour boucler nos fins de semaines, le »ce n’est ni à nos enfants ni à nos petits-enfants de boucler nos fins de mois. »est franchement poilant

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  4. « Tout le monde doit payer autant d’impôts que « nos PME, nos commerçants, nos artisans » nous dit monsieur Le Maire.

    C’est justement pour cela que tout ce petit monde disparaît peu à peu. Les grandes entreprises s’en iront, ou ne viendront pas en France, c’est aussi simple.

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  5. Pour baisser rapidement la dépense publique:
    En toute logique, regardons d’abord quels sont les postes les plus gros de cette dépense car un petit effort les concernant aura un maximum d’effets immédiats. 1) les retraites (la moitié du budget social) 2) la masse salariale de la fonction publique. En passant le départ en retraite à 65 ans et en ne remplaçant AUCUN fonctionnaire partant en retraite à l’exception des fonctions régaliennes, on règle quasiment le problème du déficit primaire..

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    • Je ne suis pas du tout sûr que l’astuce sarkozyste, consistant à profiter du départ des fonctionnaires à la retraite, soit la bonne.

      D’une part, c’est un processus horriblement lent. D’autre part, ne remplacer aucun départ à la retraite, et attendre que les effectifs reviennent à un niveau raisonnable, c’est se résigner à un vieillissement inéluctable et prolongé de l’institution. Or, aucune organisation ne peut se réformer sans injection de sang neuf.

      Imaginez l’état d’esprit au sein d’un corps qui est déjà naturellement vérolé dans sa mentalité et son fonctionnement, et dont les membres constatent qu’ils sont collectivement condamnés à mort à petit feu. Vous voyez une organisation pareille se réformer d’elle-même ?

      La seule voie, à mon avis, c’est la mise en concurrence, la privatisation et la mise à disposition, pour les fonctionnaires, de voies de transition vers le privé (indemnités chômage, formation, placement). Et de pré-retraites pour les plus âgés.

      Il faut couper la queue du chien d’un coup, pas par petits morceaux. Et on ne peut pas non plus se contenter de laisser le chien mourir de faim petit à petit.

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      • D’après vous, il y a combien de départs en retraite de fonctionnaires chaque année ? réponse: FP d’Etat = 42 000 ; militaires = 11500 ; collectivités locales = 23 000 ; FP hospitalière = 37 000; Si vous ajoutez la Poste, Orange et d’autres agences ou organisme para public, on dépasse allègrement les 150 000/an. mettons qu’on ne touche pas au régalien soit 20 %; reste 120 000 /an. A tarif chargé de 3,5 millions d’euros environ le poste de fonctionnaire retraite comprise…

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      • Et donc ? Qu’essayez-vous de démontrer ? Vos chiffres étayent ma thèse, et non la vôtre. Si l’on ne peut se débarrasser que de 120 000 postes de fonctionnaires par an, ça va nous prendre plus de dix ans pour obtenir une baisse significative.

        D’autre part, votre hypothèse suppose que pendant ces dix ans, vingt ans ou davantage (car les mesures annoncées sont toujours minimisées dans la réalité, voyez la mandature de Sarzkoy), on n’embauche plus un seul fonctionnaire. C’est tout simplement impossible. Avez-vous déjà dirigé une organisation ?

        Il est impossible de diriger une équipe en lui disant : à partir de maintenant, nous allons attendre que vous débarrassiez le plancher, vous n’aurez plus un seul petit jeune qui va venir vous rejoindre. Vous êtes des vieux cons, et on est pressés de vous voir mourir.

        Du jour au lendemain, vous réduisez à zéro une motivation qui, dans le cas des fonctionnaires, n’est pas toujours fameuse. Juste au moment où vous allez en avoir besoin, pour faire plus de boulot avec moins de gens.

        Indépendamment de cela, dans n’importe quelle organisation, vous avez besoin de jeunes et de vieux, de petits débutants et de gens expérimentés, de cadres et de personnel d’exécution. Vous ne confiez pas les mêmes tâches aux uns et aux autres.

        Envisager un gel total et durable de toute embauche, c’est possible à la rigueur dans une petite filiale isolée d’un grand groupe, qu’on condamne de toute façon à mort. Nous ne sommes pas dans ce cas de figure.

        Les services de l’Etat qui doivent être complètement supprimés, eh bien, il faut les supprimer tout de suite, par trait de plume, privatisation ou mise en concurrence. Et ceux qu’il faut faire maigrir, on ne peut pas les faire maigrir de cette façon, sauf à aboutir au résultat inverse de celui espéré : un Etat plus efficace et plus motivé.

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      • Complètement d’accord. En fait, à bien y réfléchir, il y a quelque chose d’anti-démocratique dans ce statut de fonctionnaire à vie (avec une retraite en or ensuite). Les électeurs et hommes politiques d’aujourd’hui n’ont pas prise sur les décisions de recrutement du passé. Une mauvaise loi, on peut l’abroger, un impôt trop haut, on peut le baisse, mais des fonctionnaires embauchés sous Giscard, Mitterrand, Chirac… on ne peut pas les renvoyer! Il faut même attendre leur mort pour ne plus avoir à les payer! Et les plus chers sont les (anciens) politiques et hauts fonctionnaires qui sont responsable de ce merdier (désolé pour cette grossièreté)!

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  6. @ Stephane à Taiwan
    Ben oui preuve que nous sommes dans un Etat collectiviste totalitaire paré de tous les atouts d’une soft power. En fait c’est cool comme notre président. De l’enfumage qui cache le mur dans lequel nous allons nous exploser !

    @ Louis Monceaux
    Comment peut-on poser une telle question ?
    Citez moi un service ou une branche de l’Etat omnipotent qui fonctionne correctement, c’est à dire donne satisfaction aux citoyens. Pas un je pense.
    Si votre expérience professionnelle est celle dans une entreprise marchande, il va être normal de capitaliser sur ce qui marche bien et de renforcer ou abandonner ce qui marche mal après avoir analysé de près les résultats, les erreurs et les profits potentiels. Pour l’Etat français c’est pas du tout comme cela que ça fonctionne.

    Je comprends l’exaspération de Nathalie MP ou Robert Marchenoir à de tels commentaires.
    Il y a des montagnes de propositions et scénarios chiffrés précisément pour réformer et restructurer les affaires de l’Etat français élaborés par des cabinets think tank ou même tout simplement la Cour des comptes.
    Sans compter les rapports précis des expériences positives mises en oeuvre dans pratiquement tous les domaines, chez nos voisins nordiques, britanniques, suisses, canadiens, australiens, zélandais, allemands, autrichiens etc…
    En vingt ans, rien de comparable chez nous ou alors de façon tellement timorée qu’il n’en reste que quelques fumées qui en plus nous coûtent sans rapporter aucun bénéfice.

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  7. Tiens, l’INSEE vient de publier les effectifs du secteur public pour 2017 :

    http://www.leparisien.fr/economie/fonction-publique-ou-en-est-on-du-plan-macron-de-suppressions-de-postes-19-12-2018-7972698.php

    Comme ce blog s’obstine à faire dans la si funeste « logique comptable », j’ai fait marcher ma calculette.

    Salariés du secteur public 2017 : 5 664 700
    Baisse des effectifs en 2017 : 0,08 % du total
    Baisse des effectifs prévue en 2018 : 0,02 % du total
    Baisse des effectifs prévue en 2019 : 0,07 % du total
    Objectif de baisse des effectifs sur la totalité du quinquennat : 2 % du total

    Est-il nécessaire d’en dire plus ?

    Oui. On peut faire remarquer que la prodigieuse baisse constatée en 2017, que Le Parisien arrondit courageusement à 0,1 % pour la faire paraître plus significative, n’a été obtenue qu’avec la diminution des contrats aidés. Si l’on ne tient pas compte de cette mesure, les effectifs ont augmenté de 0,8 %. Ils sont en croissance dans les trois types de fonction publique. Autrement dit, Messieurs les fonctionnaires ne se sont même pas appliqués à eux-mêmes cette prodigieuse baisse d’effectifs de 0,08 %. Ce sont les chômeurs intermittents qui ont trinqué.

    On peut également faire remarquer que le gouvernement n’hésite pas à prévoir, pour 2019, 4 164 suppressions d’emplois équivalent temps plein. A l’unité près. Alors que nous croulons sous plus de 5,6 millions de fonctionnaires. Le foutage de gueule est tout de même spectaculaire.

    Et pendant ce temps, les gilétistes, les « souverainistes » et autres connistes hurlent à la « casse du service public ». Où ça ? J’ai rien vu…

    Sans écrire une seule fois les mots « Gilets jaunes », Jean-Louis Caccomo résume parfaitement la situation dans ces deux billets :

    https://caccomo.blogspot.com/2018/12/chronique-desperance.html
    https://caccomo.blogspot.com/2018/12/pouvoir-dachat.html

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    • En effet, les effectifs de la fonction publique (5,66 millions) stagnent entre 2016 et 2017, stagnation qui masque le fait qu’elle est due à moins d’emplois aidés et plus d’emplois de fonctionnaires classiques. Les baisses de 1600 et 4164 en 2018 et 2019 sont du foutage de gueule. Même les 120 000 annoncés sur le quinquennat sont du foutage de gueule.

      Articles de Caccomo : très intéressants.

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    • Vos chiffres sont justes mais l’état des lieux est incomplet :
      1. Le décret, relatif à la durée du travail dans la fonction publique d’Etat, fixe, contrairement au code du travail, une durée non pas hebdomadaire mais annuelle de 1.607 heures. Cette durée annuelle n’est pas respectée pour des tas de bonnes raisons, congés supplémentaires donnés par le chef ou le maire, ancienneté, fête, cadeaux etc…Malgré des décisions judiciaires et les rapports des commissions régionales des comptes, rapport de Philippe Laurent, demandé par le Premier ministre début 2016, aucun gouvernement n’a voulu s’en emparer et les préfets qui doivent faire appliquer la loi restent pétrifiés. 9000 postes à récupérer si les horaires légaux étaient effectués (calculs iFRAP) !
      2. En 2017, l’administration publique, tous étages confondus, coûte à chaque Français 1 861 euros de plus qu’à un Allemand.
      https://fr.irefeurope.org/Publications/Les-chiffres-cles/article/Chaque-Francais-paye-1-861-euros-de-plus-qu-un-Allemand-pour-l-administration-publique
      A-t-on entendu les allemands se plaindre de leurs services publics et envier les nôtres ?

      Désolé d’en rajouter à ce détestable blog qui fait trop d’arithmétique, un truc bourgeois de droite m’a-t-on déjà dit.

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