Macron ou le projet d’une Europe rétrécie aux scléroses françaises

Dans sa lettre adressée la semaine dernière aux Européens en vue des élections européennes du 26 mai prochain, Emmanuel Macron donne une définition du projet européen d’origine à laquelle j’adhère volontiers :

« La réconciliation d’un continent dévasté, dans un projet inédit de paix, de prospérité et de liberté. »

Paix, prospérité, liberté : je partage cette ambition ; mais après lecture complète de l’épître présidentielle, mon partage s’arrête là.

Il faut reconnaître qu’hormis la paix qui est une réalité européenne depuis 1945, les objectifs de prospérité et de liberté restent vagues tant qu’on n’a pas précisé comment l’on compte les faire advenir. Non pas que je doute de l’attachement européen du Président, mais la véritable question est moins de se proclamer européen envers et contre tout – brexit, populisme, chaos… – que de définir quel Européen on est et quelle Europe on a en tête.

Or force est de constater que chaque nouvelle proposition d’Emmanuel Macron pour « refonder » l’Union européenne (UE) ressemble à s’y méprendre à une tentative de lui appliquer les vieilles recettes dirigistes et dépensières de la France plutôt que d’en faire un espace de liberté dans lequel inscrire une France enfin débarrassée de ses tabous économiques sclérosants.

En visite à Berlin quelques jours après son élection (mai 2017), il voulait déjà engager une « refondation historique » de l’Europe et tentait notamment de faire prévaloir l’idée d’un budget de la zone euro et la mise en place d’investissements d’avenir pour relancer la croissance. En filigrane, se profilaient les surplus budgétaires allemands que les pays déficitaires comme la France n’ont aucun scrupule à vouloir mettre à contribution plutôt que de chercher à baisser leurs propres dépenses.

Peu de temps après, il n’avait pas de mots assez durs pour vilipender le système des travailleurs détachés qui permet à une entreprise d’envoyer temporairement un salarié dans un autre pays européen en lui conservant le niveau de protection sociale dont il bénéficie dans son pays d’origine. En réalité, le système fonctionne pour tous ; il ne tient donc qu’à la France de baisser le coût de sa protection sociale ou, mieux, d’en briser le monopole pour devenir plus compétitive. Mais à entendre M. Macron, c’est à l’Europe de s’aligner sur le coûteux modèle social français.

Suite à quoi le libre-échange n’a pas tardé à entrer dans son collimateur. Au nom d’une « Europe qui protège », il s’est inquiété auprès de ses collègues européens de la « précipitation » avec laquelle l’UE menait les négociations avec le Canada (CETA, en vigueur) et les Etats-Unis (TAFTA, en cours de négociation).

Il s’agit bien d’un retour à l’esprit protectionniste, car s’il n’est pas question de droits de douane, il est par contre question de limiter les échanges via un rehaussement des normes et des réglementations en matière de santé, d’environnement et de protection sociale. Bref, il est question d’adopter les réticences classiques de José Bové et autres altermondialistes pour lesquels les Canadiens et les Américains forment à l’évidence des hordes de populations malades et réduites en esclavage.

Aujourd’hui, rebelote. En plaidant « pour une renaissance européenne » (titre de sa lettre), Emmanuel Macron n’a d’autre projet que de vouloir étendre à toute l’Europe la fausse bonne idée du « Libérer Protéger » qu’il nous impose sans succès depuis son élection.

Malgré de fréquentes déclarations dans lesquelles il est question de libérer les énergies et faire de la France une startup présente à tous les postes avancés de la modernité, il tient malheureusement sur l’Europe un discours où l’on protège les libertés en interdisant (loi contre les fake news, bannissement d’internet) et où l’on réconcilie les citoyens avec l’administration bruxelloise en renforçant la bureaucratie (agence européenne de protection des démocraties, banque européenne du climat, force sanitaire européenne, supervision européenne des géants du numérique).

Quant à la dimension travail et emploi, il n’est question que de « protéger » économiquement les citoyens en créant tous les handicaps possibles à la production et à la croissance. Emmanuel Macron commence évidemment par décréter pieusement que :

« Le progrès et la liberté, c’est pouvoir vivre de son travail : pour créer des emplois, l’Europe doit anticiper. »

.
Mais sa méthode pour y parvenir est exactement celle qui place la France à la traîne de l’emploi et de la croissance en Europe : bouclier social garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, salaire minimum européen, combat écologique renforcé, croisade anti-pesticides, interdictions et sanctions contre les entreprises qui menaceraient nos valeurs, notamment celles qui porteraient atteinte au « juste paiement de l’impôt » ou qui s’affranchiraient d’une « juste concurrence ».

Notons ces nouveaux concepts : tout comme le « juste prix » cher à Emmanuel Macron n’est pas un prix mais une décision administrative arbitraire qui n’a aucune chance de résoudre les difficultés des secteurs économiques en crise, la « juste concurrence » n’est pas la concurrence mais une vision bureaucratique de l’échange qui a toutes les apparences d’un bon gros protectionnisme badigeonné de « justice sociale ».

Quant au « juste paiement de l’impôt », il n’a rien de « juste » ; il s’agit avant tout pour la puissance publique de s’assurer par l’impôt les financements nécessaires à ses dépenses incessantes et caracolantes. Appeler cela « justice fiscale » n’est qu’une propagande scandaleuse afin de continuer à ponctionner les riches et les entreprises florissantes. Et tant pis pour les emplois marchands qui ne seront pas créés.

Les discours européens très enflammés d’Emmanuel Macron (et de François Hollande) ont toujours été reçus par nos principaux partenaires avec… comment dire ? Une indifférence polie.

Leur crédibilité dépend en effet du respect par la France de ses engagements vis-à-vis de l’UE, notamment en matière de réduction des déficits. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je tiens beaucoup à l’Europe : où serait-on s’il n’y avait pas le pacte de stabilité (les 3 % de déficit maximum) ?

Or en matière de comptes publics, non seulement rien n’a changé depuis 2012 ni depuis 2017, mais la révolte des Gilets jaunes que le pays vit en ce moment fait remonter à la surface combien notre modèle social très redistributif, loin de « protéger » comme le pensent ses promoteurs, est en fait une fabrique à chômage, assistanat, jalousie et insatisfaction.

C’est donc sans surprise qu’Annegret Kramp-Karrenbauer, la nouvelle patronne de la CDU allemande (parti de Mme Merkel), a écarté sans ambiguïté de la missive de M. Macron tout ce qui pourrait entraîner l’Europe dans l’étouffante torpeur française. Dans une lettre publiée hier en réponse point par point au Président français, elle estime que :

« Nous devons miser sans ambages sur un système reposant sur la subsidiarité, la responsabilité individuelle et les devoirs qui en découlent. Le centralisme européen, l’étatisme européen, la communautarisation des dettes, l’européanisation des systèmes de protection sociale et du salaire minimum seraient la mauvaise voie. »

.
Voilà qui est clair et qui rappelle tout à fait l’état d’esprit qui a présidé aux réformes libérales entreprises aux Pays-Bas à partir de 2015, par exemple. Pourquoi les pays qui ont fait l’effort de la réforme devraient-ils abandonner les bases de leur succès pour adopter les prétentions de « justice » sociale, fiscale et environnementale d’un pays qui s’enfonce complaisamment dans la médiocrité ?

Quand la France a mis le pied pour la première fois dans le marché commun créé par le traité de Rome de 1957, il ne s’agissait pas de réduire l’Europe aux dimensions dirigistes et protectionnistes de la France, mais d’élargir la France aux dimensions libérales de l’Europe et du monde. Ce ne fut pas sans mal, en raison des réticences nombreuses, dont celles du général de Gaulle qui voulait des mesures de sauvegarde pour la France, mais ce fut néanmoins une réussite.

Il est dès lors navrant de constater qu’Emmanuel Macron, très européen dans le discours, n’a de cesse de promouvoir une Europe étroitement ramenée aux cécités et scléroses françaises : la France n’est plus poussée à se moderniser dans le contexte d’une Europe libérale, c’est l’Europe qui est priée de revenir aux considérations sociales qui prévalent en France sans succès.

Pour les Français, la double peine, en quelque sorte. Et un avant-goût inquiétant du socialisme renforcé qui risque de sortir du Grand débat national.


Illustration de couverture : Emmanuel Macron devant le drapeau européen orné de sa (trop bonne) note EE+ en matière d’engagement européen (mars 2017) – Photo : Sipa.

21 réflexions sur “Macron ou le projet d’une Europe rétrécie aux scléroses françaises

  1. Du rouge des cellules inféodées aux soviets nous sommes passés aux bandes de rouge et de blanc des Loges bien subordonnées à Washington pour promouvoir la démocratie… Le blanc et le rouge, ça fait du rose…Il y a longtemps que le bleu est délavé comme un vieux jean. On comprend l’effroi des allemands bien dans leur « girondisme » et la défense de leur germanité. De l’autre côté du Rhin les « jacobins » les toisent de haut, ils sont fervents défenseurs de la Raison, oui, celle qui dit que, bien sûr, les autres ont tort !!! Ils ont vu comment on traite l’Alsace pour éradiquer les quelques traditions intelligentes héritées du temps de Bismarck. Il est réconfortant que ce discours de la CDU soit assez proche des proposition de Wauquiez, dont notre hôte a bien du mal à faire l’éloge ! Il a dû déloger comme d’autres défroquent ?

    J'aime

  2. Comment voulez vous que soient prises au sérieux, par les autres pays que la France et l’Allemagne, des déclarations d’intentions tellement vagues qu’elle pourraient s’appliquer au monde entier alors que, dans les quelques actes qu’ils ont réellement posés, ces deux pays ont montré de manière manifeste qu’ils sont fondamentalement contre les peuples. Ils en sont même venus à inventer le nom de « populiste » contre leur concept de « progressiste » dont on ne sait quel progrès il représente. En outre, quand on voit la manière dont Macron et Merkhel (le couple M&M) ont traités leurs problèmes domestiques, on est en droit de se poser des questions. En matière de déni de démocratie, certains pays n’ont rien à envier à la France.

    J'aime

  3. Pauvres français. Quand ils auront compris qu’il faut juste se « libérer » du socialisme d’état, comme d’autres se sont libérés du communisme, alors ils seront libres de choisir, de penser, d’agir et de s’enrichir autrement que ce « préconisés par la pensée uniquement correcte » du macronisme.

    J'aime

  4. Très bonne analyse, mais choisir pour cette Europe quand nous propose, réfléchissons bien trois fois , nos enfants et petits enfants nous demanderons des comptes , ils leurs resteras,chômage, pauvretés, et j’espère pas plus ,,,,

    J'aime

  5. Sauf à considérer que la Grèce, la Tchécoslovaquie, l’Irlande, la Yougoslavie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, le Kosovo – et peut-être en ai-je oublié – ne sont pas sur le continent européen, on peut écrire comme vous : « la paix est une réalité européenne depuis 1945 » !

    J'aime

    • Quand je dis Europe, je parle UE, comme tout le contexte de mon article vous en aura informée.
      Donc oui, il n’y a pas eu de guerre entre les 6 jusqu’à 28 membres de la CECA puis CEE puis UE. Les guerres (Yougoslavie etc.) ont eu lieu à l’exterieur de ses différentes frontières.
      En revanche les pays de l’UE ont pu participer à des coalitions internationales comme celle contre le terrorisme en Irak et Syrie.

      J'aime

  6. Bon en tout cas, Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK comme il faut la nommer), ne fera pas bon ménage avec la péronnelle Schiappa du précédent article :
    https://www.lepoint.fr/europe/la-mauvaise-blague-de-l-heritiere-d-angela-merkel-04-03-2019-2297961_2626.php#

    Cette Europe à la sauce Macron n’a aucune chance de prendre car les préoccupations des européens sont ailleurs.
    Avant le nein d’AKK, il y avait déjà eu l’appel de 154 économistes allemands contre une l’Europe souhaitée par Emmanuel Macron, celle de l’harmonisation fiscale et de l’union financière :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-appel-de-154-economistes-allemands-contre-une-l-Europe-souhaitee-par-Emmanuel-Macron-celle-de-l
    La concurrence fiscale et donc du choix des dépenses prioritaires, restera l’option salutaire par défaut des pays européens. Les cantons suisses se font concurrence depuis toujours pour l’avantage de tous et la confédération n’est pas sur le point d’exploser, il n’y a pas de canton-exit en vue.
    Comment se fait-il que notre technocratie franchouille manque d’autant de claire-voyance au point de se rendre totalement ridicule ?

    J'aime

  7. Le titre résume fort bien les choses.

    Sur le salaire minimum européen, j’ajoute que Macron a dit une chose et son contraire dans la même phrase :

    « L’Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d’Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social lui garantissant la même rémunération sur le même lieu de travail, et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays et discuté chaque année collectivement. »

    Autrement dit : faisons un Smic européen parce que la gauche et l’extrême-droite trouvent ça très bien toutes les deux, mais en fait non, pas vraiment, faisons un Smic ordonné par Bruxelles mais différent pour chaque pays, parce que je suis démagogue, okay, mais pas complètement con non plus : il est manifeste qu’on ne peut pas avoir le même salaire minimum en France et en Grèce…

    Je suis d’accord en revanche pour la suppression de la directive des travailleurs détachés. Il est aberrant d’encourager l’importation de travailleurs temporaires payés aux conditions du pays d’origine. C’est de l’esclavage déguisé et de l’auto-sabotage pour le pays d’accueil.

    Une telle mesure ne pourrait fonctionner, justement, qu’avec un Etat fédéral européen, une fiscalité identique dans toute l’Europe, une Sécu européenne, etc. Soit précisément ce que Macron tente de dessiner dans sa lettre, et qui est, évidemment, impossible (en plus de n’être pas souhaitable, forcément).

    L’Europe est une civilisation, ce sont des nations qui ont des liens historiques très forts. Mais prétendre qu’il faudrait créer un Etat fédéral européen sous prétexte que ces nations se sont fait la guerre jadis, et que c’est moins le bololo depuis que l’UE existe, c’est une contradiction dans les termes : si ces nations se sont, effectivement, mené des guerres inexpiables, et si, effectivement, elles sont plus ou moins en paix maintenant (il n’y a pas photo, malgré les gros malins qui hurlent : Kosovo ! comme s’ils sortaient leur joker), c’est justement parce que le fruit de la paix, venant après la guerre, est le privilège de pouvoir vivre sa vie de nation, à l’abri de ses frontières, sans que sa souveraineté et son identité nationale soient remises en cause.

    C’est tout simplement le prix du sang. Ce ne sont pas les fonctionnaires de Bruxelles qui ont versé le leur. Dire : c’est l’Union européenne qui a fait la paix, c’est comme le coq qui prétend faire lever le soleil. L’Union européenne vient en plus, et bien sûr elle est importante pour décourager d’éventuelles velléités belliqueuses. De Gaulle planifiait délibérément l’Union européenne dans ce but, avant même la fin de la guerre.

    Mais si l’UE aboutit à l’abolition des nations, notamment par l’immigration et la perte de la souveraineté, à quoi bon avoir fait la guerre, puis avoir fait la paix ?

    Aimé par 1 personne

    • Cher Robert,

      Je suis content de vous ! Vous voilà sur la bonne voie ! Il ne s’agit plus d’économie à la petite semaine !

      Les deux diablotins qui nous entraînent sur les bords du Styx sont bel et bien l’UE et l’immigration. Et rien d’autre !

      Tout le reste n’est que littérature !

      Bonne journée à vous

      J'aime

      • Soyez gentil de mettre votre paternalisme doucereux en veilleuse, Zonzon. Je ne suis pas sur la bonne voie, et vous n’êtes pas mon professeur. Ce que je viens d’écrire ici, je l’ai toujours pensé.

        Ce n’est pas parce que les sectaires monodirectionnels sont incapables de penser autrement que des machines, qu’ils doivent s’imaginer que tout le monde est comme eux.

        Et non, nos deux seuls maux ne sont pas l’Union européenne et l’immigration. Il en existe bien d’autres, dont l’étatisme, le socialisme, le dirigisme, l’emprise étouffante de l’Etat sur l’économie et la liberté, ce à quoi ce blog est consacré.

        Et l’Union européenne n’est pas un mal en soi. « L’Europe », elle arrangeait beaucoup de gens en France il fut un temps. Y compris ceux qui la vouent aux gémonies aujourd’hui. Vous avez la mémoire courte, et pourtant vous n’êtes pas un jeunot, il me semble.

        Aimé par 1 personne

  8. J’ai bcp aimé l’article qui va à l’essentiel, merci. Je n’adhère que modérément au propos suivant car, je pense que le fait d’avoir un filet de sécurité ne fait qu’allonger la prise des décisions qu’il faudra prendre un jour ou l’autre et ne fait donc qu’allonger la souffrance, en particulier pour les chômeurs maintenus artificiellement ds le chômage, et aussi pour les classes moyennes, les plus touchées par l’impôt.
    Sans l’Europe nos dirigeants n’auraient probablement pas pu continuer sur la ligne socialiste/ultra-étatiste aussi longtps et ca va encore durer.
    C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je tiens beaucoup à l’Europe : où serait-on s’il n’y avait pas le pacte de stabilité (les 3 % de déficit maximum) ? »

    J'aime

  9. Il est affirmé en fin de texte que : « notre modèle social très redistributif […] est en fait une fabrique à chômage, assistanat, jalousie et insatisfaction. »
    Je passe sur les termes insultants envers les gilets jaunes, et me concentre sur ce point: la redistribution serait donc une des causes du chomage ? Une telle affirmation ne saurait être énoncée sans une démonstration solide, ou alors je suis libre d’énoncer le contraire sans plus de justification.

    J'aime

    • La France, ses 8,8 % de taux de chômage (taux de l’INSEE, bcp plus si on prenait la catégorie A de la DARES), ses 56 % de dépenses publiques et ses 45 % de prélèvements obligatoires par rapport au PIB en est la preuve – pas une théorie, une réalité.

      Ce sujet serpente à travers mon blog, mais plus précisément ici :

      Chômage (I) : Quand l’exception française invalide Keynes (9 mai 2019)

      La révolte des Gilets jaunes, c’est chez nous et nulle part ailleurs (10 déc 2018)

      Aimé par 1 personne

      • Merci pour cette réponse, mais je suis désolé de dire que trois chiffres mis les uns à la suite des autres ne font pas une démonstration tant qu’on n’a pas proposé un modèle logique proposant un lien de causalité entre eux. Il suffirait pourtant d’une phrase, par exemple:

        « La mondialisation provoque une augmentation des importations en provenance de pays à bas couts de production et une perte de rentabilité pour la production locale, ce qui provoque des fermetures d’usines et des destructions d’emploi. »

        A partir de là on peut discuter de la validité de la proposition, voir si les chiffres collent ou pas, etc…

        Si on se contente de donner des chiffres et une conclusion sans démonstration, alors on ne donne aucun moyen à l’intérlocuteur de réfléchir, serait-ce pour tomber d’accord. c’est juste une affirmation gratuite, qui peut donc être niée tout aussi gratuitement.

        J’aimerais honnêtement comprendre le propos, c’est pourquoi je me permet d’insister…

        P.S: J’ai lu les 2 articles, et je n’ai rien trouvé… peut être ai-je manqué un paragraphe…

        J'aime

    • @ Lucas

      « Une telle affirmation ne saurait être énoncée sans une démonstration solide, ou alors je suis libre d’énoncer le contraire sans plus de justification. »

      Je relève cette phrase, car elle est typique de la méthode de pensée et de débat de la gauche. La gauche a raison par définition. La droite (mettons, ici, sa partie libérale) doit elle, en revanche, fournir d’interminables « démonstrations », que le gauche ne se sent jamais obligée, elle, de fournir spontanément.

      Bien entendu, dès qu’elles seront fournies, la gauche s’empressera de les rejeter dédaigneusement sous le prétexte le plus futile, puis d’en réclamer d’autres. Avant de dire à nouveau : bah non, ça vaut rien, et ainsi de suite.

      Pendant que le Dedroite (ou le libéral) perd du temps à se justifier, suivant sa morale à lui qui est celle de la vérité, de la raison et du respect de l’interlocuteur, le Degauche se paye sa fiole en silence, car son but n’est pas de débattre, mais d’user l’adversaire. Il n’a jamais eu l’intention de discuter honnêtement depuis le début.

      Je ne dis pas que c’est le cas ici, je relève simplement que j’ai vu se jouer cette opérette mille fois.

      Je remarque tout de même qu’il est assez singulier d’exiger des explications sur tout au sein d’un simple billet de blog, au lieu de se dire que, peut-être, on est un peu ignorant sur certains sujets, qu’une philosophie sociale comme celle du libéralisme a produit des millions d’articles, des centaines de milliers de pages et des milliers d’ouvrages fondamentaux, dont on pourrait peut-être se servir pour accroître ses connaissances, avant d’exiger des « démonstrations » et de menacer de je ne sais quelles représailles intellectuelles.

      Voire, on pourrait peut-être se donner la peine de lire les innombrables « démonstrations » déjà fournies sur le blog qu’on se permet de mettre en doute, avant de hurler à l’absence de justification.

      Enfin, j’ai beau prendre mon microscope électronique le plus puissant, avec détecteur de « micro-agressions » incorporé à destination des bisounours snowflake millenials, j’ai du mal à apercevoir la moindre « insulte » envers les Gilets jaunes dans le billet de tête.

      J’y vois une critique brève et parfaitement justifiée.

      Mais on a bien compris le mécanisme : on n’a pas le droit de s’opposer au mouvement des Gilets jaunes, par conséquent on va faire semblant d’apercevoir des « insultes » là où il n’y en a pas la queue d’une, et on va grimper aux rideaux de façon préventive en se prétendant offusqué.

      Ce qui est une vieille tactique du syndicalisme communiste, faut-il le rappeler.

      Personnellement, et vu ce genre de méthodes employées par le camp d’en face, je n’ai aucun mal à affirmer que les Gilets jaunes sont des orifices corporels purulents et nauséabonds, et qu’ils se situent sur l’échelle de la dignité humaine à peu près entre les pédophiles et les porteurs de pentacourt.

      Puisque vous voulez savoir ce que sont vraiment des insultes.

      J'aime

    • @Lucas: supposez qu’une entreprise ou une personne physique gagne 100 EUR. Elle va le reinvestir ds différentes choses qui vont créer de la valeur: achats de bien ou de service. Maintenant l’état leur prend les 100 EUR. Ils ne pourront plus les réinvestir d’une part et d’autre part l’état va le redistribuer sous forme de don, pour lequel il n’y a aucune création de valeur, ou l’utiliser pour payer des fonctions au rendement mauvais (cf. critiques des GJ sur les services de l’état) voir nul. Donc argent dilapidé.
      Il y a également un facteur humain: si celui qui travaille a l’impression que son effort n’est pa rémunérateur, il finira par ne plus faire d’effort, voir lui aussi vivre décider de vivre lui aussi de la redistribution. Le syst fini par s’effondrer et c’est ce qui est en train d’arriver en france. La redistribution devrait tjs être qq chose de temporaire pour aider qq’un ds la difficulté jamais une situation permanente.
      Ce n’est ue quelques éléments de réponses, une réponse simple en 2 lignes n’existe pas.
      Lisez: https://www.wikiberal.org/wiki/Accueil
      .
      Qd à votre phrase sur la mondialisation vous mettez la charue avant les boeufs. Il y a des importations de produits bon marché parce qu’il y a une demande. Si la demande n’existait pas les importations n’existeraient pas. Moins de taxes signifie disposer de plus d’argent et être prêt à acheter des produits plus coûteux, de meilleur qualité.
      Le poid de l’état et la redistribution pèsent sur le prix d’un produit fabriqué en France (charges sur les salaires, IR, IS, TVA,…). Essayez de faire le calcul, vous achetez un produit à 10 EUR, combien va à l’état à votre avis ?

      J'aime

      • Je ne vais pas réagir sur le sujet de la mondialisation car c’était un exemple de forme et non de fond.

        Si l’état prend les 100 euros en question, il va s’en servir pour payer des fonctionnaires, des retraités, des chômeurs, des bénéficiaires d’assurance maladie, etc… Ces gens se serviront de cet argent pour faire à priori la même chose que la personne physique ou morale à qui ces 100 euros appartenaient précédemment.
        De la même façon, si je donne tous les mois 100 euros à mon frère, je crois qu’il ne viendrait à personne l’idée de me dire que je fait monter le chômage par cet acte…
        Donc j’aurais plutôt tendance à dire que le niveau d’imposition n’a en gros aucune incidence sur le taux de chômage.
        Si je voulais être provocateur, je dirais plutôt que les 100 euros appartenant à quelqu’un de « riche » a de grandes chances de servir à acheter des actions sur le marché secondaire ou de l’immobilier parisien, donc de ne créer aucune richesse (cf l’indice des prix immobiliers par rapport à l’inflation). Et dans ce cas les lui prendre pour les donner à un « pauvre », qui lui va les dépenser en biens et services est un moyen de garder la monnaie dans le système productif, donc est plutôt créateur d’emplois (je sais j’abuse).

        Après je peut entendre l’argument: l’état fait n’importe quoi avec nos impôts, mais c’est un autre sujet.

        Quand au « facteur humain », je préfère ne pas répondre… peut être juste pour rappeler que les chômeurs se suicident 2 fois plus que le reste de la population, qu’un sur deux divorce au bout d’un an, etc… En fait je trouve cet argument assez abject, en plus de se tromper lourdement sur ce qu’est la nature humaine.

        J'aime

      • @ Lucas :
        « Donc j’aurais plutôt tendance à dire que le niveau d’imposition n’a en gros aucune incidence sur le taux de chômage »
        C’est totalement faux, parce qu’il est tout à fait différent de dépenser son argent et de dépenser l’argent des autres.
        D’abord moralement, parce qu’on est libre de dépenser son argent comme on le veut, ce qui n’est pas le cas de l’argent que l’Etat obtient par l’impôt.
        Et ensuite parce que ce n’est pas efficace économiquement. La Cour des Comptes croule sous les rapports qui étalent ces gabegies à longueur de page : absentéisme, horaires laxistes, dérapage des budgets, clientélisme et privilèges. C’est en accès libre.

        « l’état fait n’importe quoi avec nos impôts, mais c’est un autre sujet. » : ce n’est pas du tout un autre sujet.

        Il y a 4 façons de dépenser de l’argent :

        1. Son argent pour soi ou des proches : on recherche ce qu’il y a de mieux au meilleur prix.
        2. Son argent pour des lointains : on recherche le meilleur prix, peu importe la qualité.
        3. L’argent des autres pour soi : on recherche ce qu’il y a de mieux, peu importe le prix.
        4. L’argent des autres pour les autres : on se fout du prix et de la qualité.

        Dans quelle catégorie sont les administrations publiques ? La 4. Plus les administrations publiques manipulent des sommes élevées, plus leur sphère s’étend, plus elles accentuent le gaspillage de fonds qui seraient bien plus utilement utilisés directement par ceux qui les ont gagnés au départ.

        Vous êtes sympathique, mais naïf.

        Aimé par 1 personne

      • @Lucas: je vous parle de gens qui travaillent et qui n’ont aucun intérêt à faire un effort supplémentaire si l’argent ne fini pas ds leur poche, et vous me parlez de chômeurs. Je n’ai pas parlé de chômeurs.
        Absence d’efforts => chute de compétitivité => perte de marchés => faillite => chômage.
        C’est la raison essentielle pour laquelle les systèmes communistes finissent tjs pas s’écrouler. Parce que l’effort n’y paye pas.
        .
        Mon exemple est un peu simpliste mais l’idée est que l’argent qui reste ds le privée va à l’investissement bcp plus qu’aux dépenses de fonctionnement et ds l’état c’est l’inverse (voir commentaire de Nathalie mieux expliqué que le mien 🙂 ).
        Voir la TIPP. 14 Milliards de revenue, 800 Millions investi ds la réfection des ponts et des routes.
        Qd à vos fantasmes sur l’investissement des très riches, je vous rappelle qu’il n’y a pas que des très riches en France, et qu’au passage l’impôt est en train d’appauvrir la classe moyenne.

        J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s