LIBERTÉ : un chemin de CRÊTE si difficile à tenir

Il n’est jamais très agréable de se voir accusé de piétiner les valeurs pour lesquelles on professe le plus indéfectible attachement. Des valeurs issues du mouvement émancipateur des Lumières contre l’absolutisme royal qui ont fondé à jamais notre existence politique et économique contemporaine. Des valeurs si précieuses pour le développement humain et la reconnaissance des droits naturels des individus qu’elles ont rapidement traversé l’océan Atlantique pour présider à la fondation des États-Unis d’Amérique, puis éclairer le monde à travers l’emblématique statue de la Liberté dressée comme un phare dans la baie de New York.

Or c’est précisément ce qui est arrivé aux Européens dans et hors de l’Union européenne lorsque le nouveau vice-président américain JD Vance leur a reproché à plusieurs reprises ces derniers temps, dans un discours à Munich puis sur X (ex-Twitter), de conduire le vieux continent à sa perte par manquement aux principes de la démocratie et de la liberté d’expression.

Depuis l’investiture du président Donald Trump, cependant, on a eu l’occasion de réaliser que cette leçon de vertu politique nous était assénée par un trio (le trio Trump-Vance-Musk) moins soucieux de restaurer la liberté pour tous les citoyens et toutes les opinions que fortement pressé de s’assurer un pouvoir exécutif fort afin d’imposer son propre agenda politique et moral sans être gêné par les objections possibles du Congrès, des juges (Cour suprême incluse), des médias et des universités. L’actualité américaine des dernières semaines regorge d’occurrences en ce sens (ici, ici, ici, par exemple), auxquelles on peut ajouter les visées impérialistes de la Maison-Blanche vis-à-vis du Canada et du Groenland et une propension sadique et, il faut bien le dire, ignorante, à humilier ses alliés traditionnels.

Dans ce contexte, il est évidemment très facile d’écarter les remontrances d’un revers de main décontracté dans le style « la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe ». Et c’est du reste exactement ce qui a été fait.

Grave erreur à mon sens.

Si l’Europe, et la France au premier chef, veut effectivement vivre à la hauteur de ses valeurs démocratiques, celles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 si l’on veut une référence concrète, elle doit impérativement se livrer à une petite introspection sur la façon dont elle gère la liberté d’expression, d’opinion et d’information. Force est de constater de ce côté-là qu’au motif très louable de lutter contre les « fake news », contre la haine, contre le fascisme, le racisme, le machisme, l’homophobie et j’en passe, les coups de canif dans les libertés individuelles se sont faits de plus en plus nombreux.

J’ai déjà eu l’occasion de relever combien notre actuel président de la République Emmanuel Macron avait une conception étroite de la liberté, ceci venant s’ajouter à des travers similaires chez ses prédécesseurs (avec les lois Pleven, Gayssot et Taubira, notamment). Qui s’est évertué depuis son accès au pouvoir à inscrire les états d’urgence et les situations d’exception dans le droit commun ? Qui a tenté en catimini de faire de même avec l’état d’urgence sanitaire ? Qui a rêvé de faire advenir une sorte de service public de l’information ? Qui entend contrôler la liberté d’expression sous le gentil prétexte de faire reculer la haine ? Qui a prétendu limiter la liberté d’informer sous le non moins gentil prétexte de protéger nos forces de l’ordre ? Qui a obtenu l’élargissement des possibilités de fichage des activités politiques, des appartenances syndicales et des données de santé au nom de la sécurité intérieure ?

Tout ce qui précède relève d’actions entreprises avec plus ou moins de succès par l’État, mais la société civile n’est pas en reste à travers le militantisme de groupes ou d’associations progressistes qui contestent, parfois avec violence et obstruction, l’expression d’opinions qui ne leur conviennent pas.

Je pense par exemple à la « cancel culture » qui s’est abattue sur la philosophe Sylviane Agacinski. En 2019, elle devait donner une conférence intitulée « L’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique » à l’université de Bordeaux, mais ses positions anti-PMA lui ont immédiatement valu d’être cataloguée comme « homophobe notoire » par des syndicats étudiants et des associations LGBT qui n’ont reculé devant aucune menace pour obtenir (avec succès) l’annulation de sa conférence. 

Je pense également à la véritable chasse idéologique qui, en 2021, a poursuivi deux professeurs de Sciences Po Grenoble au motif qu’ils seraient odieusement « fascistes » et « islamophobes » (détails de l’affaire ici). 

Je pense enfin à la toute récente déprogrammation par les Presses universitaires de France (PUF) d’un ouvrage collectif mis en chantier il y a deux ans et intitulé Face à l’obscurantisme woke. L’éditeur a argué d’un contexte national et international devenu trop chahuté pour assurer une réception sereine de ce livre. Comprendre : nous ne voulons pas nous associer à une production qui pourrait passer pour trumpiste. Ce que l’une des auteurs décrypte ainsi :

« Désormais l’antiwokisme, c’est le trumpisme. Il est impossible de faire entendre que les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis. C’est un raisonnement beaucoup trop élaboré pour le sectarisme de gauche, qui divise le monde en deux camps : le Bien et le Mal. »

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Effectivement. Et cela vaut du reste aussi pour l’autre camp. Ainsi que je l’écrivais dans un article de 2016, la tenue d’un blog libéral des plus classiques a le don de vous attirer assez rapidement l’antipathie de tout le monde : celle des gens de gauche, car le libéralisme au volant c’est la mort des petits moutons sans défense au tournant, et celle des gens de droite, car le libéralisme au volant c’est la mort de Dieu et de la morale au tournant.

Or la recherche de la liberté ne consiste pas à opposer une vision privatrice de liberté, la vision progressiste incarnée dans le wokisme, à une autre vision qui se révélera tout aussi privatrice de liberté, mais en sens contraire. Tant il est vrai que le libéralisme consiste à arpenter un difficile chemin de crête sur lequel chacun est libre et maître de ses choix tant qu’il ne porte atteinte ni aux biens ni aux personnes. Pour le dire dans les termes utilisés par Friedrich Hayek dans son article  « Why I am not a conservative » :

« Il y a maintes valeurs des conservateurs qui me conviennent mieux que celles des socialistes ; mais aux yeux d’un libéral, l’importance qu’il attache personnellement à certains objectifs n’est pas une justification suffisante pour obliger autrui à les poursuivre aussi. »

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Prenons l’exemple du transgenrisme qui concentre ces temps-ci à lui tout seul toute la détestation vance-trumpienne de l’Occident socialo-progressiste. Le simple fait d’être une personne transgenre n’est pas une façon d’exprimer des idées « woke », c’est un état de fait, qui concerne du reste une faible proportion de la population générale.

Le wokisme commence lorsque cet état de fait devient instrumentalisé à des fins idéologico-politiques. On se rappellera par exemple que Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie, a promulgué l’an dernier une loi interdisant aux écoles de divulguer à quiconque, et notamment aux parents, des informations sur le changement de genre des élèves. On fait difficilement plus autoritairement collectiviste.

Et en miroir, le wokisme à rebours commence lorsque l’administration Trump décide purement et simplement d’interdire aux personnes transgenres l’accès à des postes dans l’armée (affaire toujours en cours du fait de la suspension du décret présidentiel par une juge fédérale et de l’appel subséquent interjeté par l’administration). On fait difficilement plus autoritairement collectiviste.

L’esprit libéral ne considère pas des classes de personnes indifférenciées. Il regarde chaque personne particulière dans ce qu’elle est capable de faire ou pas dans telle ou telle circonstance particulière, en fonction de tel ou tel poste bien spécifique, en fonction de telles ou telles compétences particulières requises. Rien ne dit que toutes les personnes transgenres seraient aptes à travailler dans l’armée et devraient y obtenir obligatoirement une place si elles le souhaitaient, mais rien ne dit non plus qu’aucune ne pourrait y prétendre au regard de sa formation et de ses compétences spécifiques.

Dès lors, ce que je souhaite à l’Europe, ce que je souhaite à l’ensemble de l’Occident, c’est de se rappeler que l’individu compte plus que tout et que ses choix, ses idées et ses talents sont sacrés.


Illustration de couverture : La Statue de la Liberté sur une crête montagneuse. Image générée par Grok (IA).

22 réflexions sur “LIBERTÉ : un chemin de CRÊTE si difficile à tenir

  1. Bonjour Nahalie, je lis, je relis et j’ai pas compris (pour la 2nde fois)
    Il faut condamner les expressions et les médias prétendument liés à la liberté d’opinion sur rue.
    La liberté d’opinion sur rue doit être contrôlée afin d’empêcher des gens qui pensent mal de pervertir ceux qui ne pensent pas.
    Le penser mal est la terrible maladie qui pollue plus que tout ce que l’on peut imaginer.
    Seul le penser bien est bien.

  2. Très bel article qui exprime magistralement la tentation autoritaire du pouvoir, d’où qu’il vienne, ainsi que le primat des droits individuels et de la déclaration des droits de l’homme que nous devons aux lumières. Je souscris à 100% à tout ce que vous avez écrit.
    Ceci étant dit, je dois reconnaitre avoir été touché par le discours de Vance à Münich. Nous assistons en Europe à des régressions démocratiques sans précédent. Tous ceux qui les dénoncent sont ostracisés (fascistes, complotistes, etc.). Sous bien des aspects, nous revenons aux religions d’Etat, la France devenant, comme par le passé, la fille aînée du Socialisme / Wokisme / Ecologisme / Militarisme / Scientisme (rayer la mention inutile, si tant est qu’il y en ait une à rayer). Le discours de Vance m’a fait chaud au coeur car il a simplement dit leurs quatre vérités à ce public de planqués qui prévoient d’envoyer les enfants des autres à la guerre.

  3. Bon article comme toujours, la liberté est elle de choisir sa propre prison ? Sommes nous arrivés au bout d’ un système comme le féodalisme puis le royalisme l’ ont été ?

  4. Superbe papier qui évoque la difficulté de respecter la valeur de Liberté. C’est bien un chemin de crête avec de multiples risques de chutes d’un côté comme de l’autre.
    Une digression sur le « progressisme » dont on nous rebat les oreilles depuis des décennies; un mot qui est devenu un mot valise et même un mot du langage orwellien. Je préfère le remplacer par le mot « décadence » qui à mon humble avis est le plus souvent mieux adapté.

  5. « … des coups de canif à la liberté d’expression …  » Je n’appelle pas cela des coups de canif, mais un massacre à la machette …
    Le monde occidental a été transformé en une jungle Amazonienne d’où il va être très difficile de s’extraire tant les populations indigènes sont devenues sauvages. Et c’est même péjoratifs de comparer les indiens d’Amazonie aux sauvages de chez nous.
    Pour « dompter » nos sauvages incultes, bêtes et méchants, seule l’éducation et la connaissance y arriveront et ce n’est pas chez LFI ou d’autres revanchards du même type que le travail à effectuer sera le moindre …

  6. Loin de moi l’idée, chère Nathalie, que la LIBERTÉ ne soit pas ce « chemin de crête difficile à tenir » que vous évoquez.
    Mais cette LIBERTÉ peut-elle être l’apanage de ceux qui défendent une doctrine politique ou économique fût-elle qualifiée de LIBÉRALE ? Pour moi, la réponse est NON !
    Et je n’en veux pour preuve que le premier exemple que vous nous présentez : le « mouvement émancipateur des Lumières contre l’absolutisme royal, qui ont fondé à jamais notre existence politique et économique contemporaine ».
    Et vous voilà nous proposant « la fondation des États-Unis » en modèle. Or depuis leur fondation, par la guerre, les États-Unis n’ont jamais arrêté de faire la guerre, et à l’intérieur et à l’extérieur de États-Unis.
    Est-ce cela votre conception de la LIBERTÉ : la guerre perpétuelle ?
    Je m’en tiendrai là pour vous dire que selon moi, la LIBERTÉ c’est le choix entre le Bien et le MAL qui se pose à chaque instant à la CONSCIENCE de chacun d’entre nous. Mais il est vrai qu’une question demeure : avons nous encore une CONSCIENCE ?

  7. « L’esprit libéral ne considère pas des classes de PERSONNES INDIFFÉRENCIÉES. Rien ne dit que TOUTES les personnes transgenres seraient aptes à travailler dans l’armée et devraient y obtenir obligatoirement une place si elles le souhaitaient, mais rien ne dit non plus qu’aucune ne pourrait y prétendre au regard de sa formation et de ses compétences spécifiques. »
    Le mot clé me paraît être « INDIFFÉRENCIÉES ». Instinctivement, je m’en méfie, car je crois que c’est une construction de l’esprit, masquant un état mal défini (par définition !).
    La radicalisation stratégique (?) exclusivement ciblée sur les « personnes transgenre » devrait, selon moi, ne l’être que sur les « personnes ».
    Je trouve la phrase « Il regarde chaque PERSONNE PARTICULIÈRE dans ce qu’elle est capable de faire ou pas dans telle ou telle circonstance particulière, en fonction de tel ou tel poste bien spécifique, en fonction de telles ou telles compétences particulières requises. », qui remplace « PERSONNES INDIFFÉRENCIÉES » par  » PERSONNE PARTICULIÈRE » beaucoup plus pertinente… et parfaitement libérale.
    Il fut un temps où les homosexuel(le)s étaient exclu(e)s de l’armée des USA, puis cet « état » fut toléré (sous réserve de leur silence sur celui-ci), jusqu’à l’abolition de « Don’t Ask, Don’t Tell » en 2011.
    Pourquoi ne pas recommencer ?

  8. Intéressant sujet pour ne pas dire fondamental !

    Le problème c’est que nous sommes dans une phase où prévaut une infinité de groupe militants dits progressistes qui imposent par la violence leurs opinions à la majorité des citoyens. On appelle cela la dictature des minorités.
    C’est peut-être le résultat d’une surabondances de diplômés BAC++ en sciences humaines en particulier, qui se trouvent déçus car ne correspondant dans la réalité à un besoin de l’économie.
    « Aucune civilisation dans l’histoire n’a manifesté une telle créativité en matière d’antagonismes sociaux. Non pas de simples oppositions idéologiques, mais bien la constitution de groupes sociaux – ou du moins une identification imaginaire à de tels groupes – adossés à des revendications particulières…il est question de prendre une revanche ». Attention ce n’est pas simple car certains féministes combattent d’autres féministes, des écologistes décroissants combattent les écologistes technophiles etc…, Vincent Citot explique cela.
    Donc forcément la liberté doit être « limitariste » : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres »
    L’esprit libéral s’intéresse à chaque personne particulière et à ses talents mais à l’inverse la majorité ne peut accepter que des groupes de particuliers restant minoritaires dictent à la majorité (avec la lâche et intéressée complicité des hauts fonctionnaires, juges, journalistes) leur conduite et vont même jusqu’à les accuser des crimes de leurs ancêtres.
    Le problème est que le retour de balancier peut être aussi brutal que l’exaspération de la majorité, c’est le cas avec le trio Trump-Vance-Musk élu par une incontestable majorité.

    Avec des sensibilités sans doute différentes, c’est ce qui nous attend assurément en France.

    • Le problème est que le retour de balancier peut être aussi brutal que l’exaspération de la majorité, c’est le cas avec le trio Trump-Vance-Musk élu par une incontestable majorité.

      Avec des sensibilités sans doute différentes, c’est ce qui nous attend assurément en France.

      • @Tino et @Phil: la dictature des minorités n’en est pas une. Les minorités sont instrumentalisées à des fins politiques. En premier lieu, par le pouvoir afin de :
        1) légitimer la politique de contrôle et d’apauvrissement de la population par le matracage fiscal et normatif
        2) neutraliser toute contestation politique par l’intimidation: « si vous êtes contre ma politique Bienveillante, Scientique et Progressiste c’est que vous devez être Homophobe, Raciste, Validiste, Spéciste, Platiste ou tout à la fois ».
        3) favoriser la répression politique à l’encontre des dissidents (la trop fameuse « cancel culture » dont une chaine TV d’opposition et trois universitaires ont récemment fait les frais).

        Pour l’extrême-gauche, l’alibi des minorités permet de dissimuler son moteur essentiel qui est le ressentiment et la haine de la société libre. Observez à quel point leurs appelations sont « anti » quelque chose : les « antifas » pour qui tout contradicteur est un « fasciste », les « insoumis », les « anticapitalistes », etc. Pourtant, dès qu’une personne appartenant à une minorité subit un dommage qui dévie de la rigide ligne du parti, elle ne reçoit aucun soutien de leur part, aucune empathie car, au fond, les minorités, ils s’en foutent, c’est juste le levier que ce mouvement, pour le coup minoritaire, utilise contre la majorité qui ne veut pas du communisme en France.

        Quant aux minorités, politiques, religieuses, et sexuelles, leur situation reste difficile d’autant plus qu’aux yeux du public elle disposent de privilèges exorbitants, ce qui est loin d’être le cas. Leur acceptation est bien souvent superficielle et les exagérations grotesques de la « culture », des « médias » et des « bien-pensants », tous grassement payés et soutenus par le pouvoir, sont contre-productives et tournent la population un peu plus contre eux chaque jour.

    • Ainsi vous pensez que la suspension des travaux de l’autoroute A69 Castres-Toulouse par une dizaine de minorités est une manipulation superficielle ?
      Un projet dont l’étude à démarré en 1994, dont la déclaration d’utilité publique (DUP) a été obtenue en 2018, déclaration contre laquelle tous les recours légaux ont été purgés après une décision de la Cour de cassation en mars 2021.
      Voilà une instrumentalisation qui coute cher !

      • @ Tino : pas compris votre intervention qui ne me semble pas corrélée à mon observation (Très juste…) à Lionel.
        AMHA, les « minorités agissantes » ne sont « tyranniques » que quand « on » veut bien et que cela arrange (le pouvoir), et/ou quand cela aide à déranger (e. g. l’extrême gauche). Mais comme dit souvent mon beau-frère, « 90% des gens s’en foutent… »

      • @Tino: je comprends mieux votre commentaire maintenant. Vous parlez des minorités politiques et de leur capacité à influencer les décisions ou les mentalités, souvent bien au-delà de leur sphère réelle d’influence. Vous avez entièrement raison. J’ajouterais cependant que ce n’est pas nouveau, souvenons-nous de la révolution russe qui a fini par porter au pouvoir les amis du petit moustachu de Moscou (le cousin germain du petit moustachu de Berlin).

        En vous lisant la première fois, j’avais compris que vous parliez des minorités sociétales (religieuses, sexuelles, etc). C’est à leur propos qu’on entend souvent parler de « dictatures des minorités ».

        Pour revenir à votre dernier commentaire: OUI, ras-le-bol que les extrémistes antifas et les communistes/trotskystes/antisémites de LFI captent une telle attention et un tel temps de parole disproportionné par rapport à leur base électorale.

        Sur ce dernier point, j’ai écrit à l’ARCOM en leur demandant que les interventions des profs LFI en salle de classe soient décomptés du temps de parole de LFI. Réponse: ils ne comprennent pas ma question, mais m’informent qu’ils sont occupés à démontrer que les profs qui ne font pas de propagande politique en classe sont en fait des « fachos qui avancent masqués », pour reprendre une expression d’une pontesse de LFI.

  9. Je suis bien ennuyé par cette glorification des « Lumières » qui ont des conséquences directes comme

    L’immortel « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » de Monsieur de Saint-Just

    « La république n’a pas besoin de savants » à propos de Lavoisier qui avait commis le péché impardonnable d’avoir exercé les fonctions de fermier général

    La loi Le Chapelier qui, en abolissant les corporations a livré les ouvriers à la cupidité des industriels

    Sans oublier le génocide vendéen, toutes les révolutions communistes, et après 3 siècles, au bout de la trajectoire, la dérive wokiste-constructiviste-transhumaniste que nous observons en ce moment.

    • Tout ce que vous citez est fondamentalement une dégringolade de l’autre côté de la crête des Lumières par rapport à l’état politique antérieur d’absolutisme royal. La Révolution française n’est certainement pas « un bloc » comme le pensaient Clémenceau et François Mitterrand.
      Philippe Nemo, dans son livre « Les deux républiques françaises » explique bien que la Révolution française s’est déroulée sous l’impulsion de deux idéaux opposés, l’un créateur en phase avec la Philosophie des Lumières, qu’il appelle « 1789 » (avec les guillemets, pour bien marquer qu’il s’agit d’une philosophie politique, pas d’un repère temporel), et l’autre destructeur aboutissant à la Terreur, qu’il appelle « 1793 », toujours avec les guillemets pour les mêmes raisons.
      Il va sans dire que lorsque je parle des Lumières, je parle de « 1789 ». J’ai du reste cité la DDHC pour donner une expression concrètes aux valeurs dont je parle.
      https://leblogdenathaliemp.com/2016/02/11/les-2-republiques-francaises-de-philippe-nemo/

      • @Astazou: pour ma part, les lumières c’est l’immense travail émancipateur accompli par les penseurs et les philosophes du 18ème, travail qui a abouti aux fondements de la démocratie moderne : la liberté individuelle comme droit naturel, notamment la liberté d’expression et d’opinion, la constitution écrite et l’égalité devant la loi, la séparation des pouvoirs, la souveraineté populaire, la tolérance religieuse, le suffrage, l’abolition des privilèges, la propriété privée, l’opposition au despotisme, etc.

        Ces principes sont tellement robustes et plébiscités par les différentes populations humaines que tous les pays occidentaux et même quasiment tous les pays de la planète les ont adoptés en moins de 200 ans. On peut légitimement parler d’universalité. Comme quoi, l’homme blanc n’a pas apporté que des méfaits au monde.

        Par ailleurs, je ferais remarquer qu’un grand monarque révéré comme Charlemagne a tout autant massacré de peuples innoncents (par exemple les saxons) que les potes à Robespierre, cet infâme tyran sanguinaire. Je trouve exagéré d’attribuer ses crimes à l’esprit des lumières. La vérité c’est que le pouvoir corrompt et que « le pouvoir absolu corrompt absolument ». D’où la séparation des pouvoirs.

  10. @Lionel

    L’immense travail des philosophes du XVIIIème siècle, écrivez-vous.

    Nous sommes très éloignés, désormais, de « De l’esprit des lois » de Montesquieu.

    La séparation des pouvoirs ? La liberté individuelle ?

    Ça n’est plus qu’une vaste mascarade entretenue dans une démocratie (ou démocrassie) opportune, de façade, qui n’est plus qu’un leurre.

    Les 2 chambres du Parlement ne sont que caisses de résonance de l’Exécutif et la Justice sa chambre d’enregistrement.
    La police est désormais le bras armé du pouvoir, sa garde prétorienne.

    L’urgence première, en ce qui me concerne, est d’écarter le psychopathe hexagonal.

    • @Leo: ce n’est pas parce que nous constatons une dérive qu’il faut renoncer aux principes, bien au contraire. Sans ces solides principes de démocratie nous sommes les jouets de tous les démagogues, qu’ils soient au pouvoir ou dans les oppositions. Comme vous, je ne veux pas d’un Erdogan ou d’un Poutine pour la France. On n’y est pas encore, mais on en prend le chemin. Il faudra voir ce qui se passe aux élections de 2027, si elles sont annulées à mi-chemin comme en Roumanie ou reportées sine die pour cause de « danger existentiel ».

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