« Faire barrage à l’extrême-droite » : Le concept-piège qui SCLÉROSE la politique française depuis 1984

Précision du 24 mai 2021 à 11 h : Cet article n’est pas un plaidoyer pour le RN mais une suggestion libérale pour sortir du piège tendu à la droite par François Mitterrand en 1984 par instrumentalisation calculée de l’effet repoussoir de l’extrême-droite.

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PRÉAMBULE   Qu’est-ce qu’une sclérose ? Au figuré, c’est l’état de qui – personne, collectivité, institution – ne sait plus évoluer ni s’adapter, c’est une forme de fossilisation du comportement et de la pensée.

C’était en janvier 2020. À l’époque, on parlait déjà beaucoup de l’élection présidentielle de 2022 et l’on s’interrogeait non sans raison sur les possibilités de victoire de la Présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. Cette fois-ci, pourrait-elle s’imposer au second tour ? Pourrait-elle battre Emmanuel Macron ? « Mais bien sûr », avait alors répondu Ségolène Royal à Ruth Elkrief qui lui posait la question sur BFM TV, ajoutant avec une clairvoyance inhabituelle chez elle :

« L’instrumentalisation du Front national pour dire ‘Tout sauf le Front national’, je pense que c’est fini. Ça fait partie des schémas du passé. Donc si on pense uniquement que ça suffira pour faire le résultat, on se trompe lourdement. » (vidéo, à partir de 30′ 10″)

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De fait, la gauche française, aussi bien dans sa déclinaison « extrême » que dans sa variante « social-démocrate », joue depuis des années sur l’effet repoussoir de l’ex-Front national devenu Rassemblement national pour garder le pouvoir. Depuis 1984 très exactement, date à laquelle François Mitterrand s’était arrangé par pure tactique électorale – on était à la veille d’élections européennes – pour faire inviter Jean-Marie Le Pen sur le plateau de la grande émission politique de l’époque « L’heure de Vérité » afin d’affaiblir la droite.

Succès immédiat. Le leader du FN se révèle excellent débatteur et peut se prévaloir peu après de 10 députés européens. Deux ans plus tard, à la faveur de la proportionnelle intégrale instaurée par les socialistes pour sauver les meubles lors des élections législatives de 1986, il envoie 35 élus à l’Assemblée nationale, privant la nouvelle majorité RPR-UDF (première cohabitation) de la majorité absolue.

Une tactique « gagnante » sur le plan strictement politicien qui aura cependant eu l’effet collatéral désastreux de bloquer toute évolution de la réflexion politique et économique française. Sclérose intellectuelle absolue et résultats calamiteux au bout du chemin.

Un parti de gauche pouvait aller d’échec en déficit et briller par un personnel politique des plus médiocres, il s’estimait à l’abri de tout tant qu’il appelait à « battre la droite et l’extrême-droite » avec force gesticulations vertueuses et démonstrations bruyantes de son proverbial « monopole du cœur ». Quant à la droite, presque complètement déstabilisée par ce coup de Jarnac, elle se contenta le plus souvent d’essayer de se soustraire aux accusations de proximité avec l’extrême-droite.

Le schéma perdure aujourd’hui, quoiqu’avec des variantes inquiétantes qui devraient inciter chacun à réfléchir à son positionnement politique de fond, indépendamment de ce que peut dire ou proposer Mme Le Pen. Comme disait Ségolène Royal, la seule posture anti-RN rabâchée jusqu’à l’écœurement risque de ne plus suffire.

Premier concerné, le Président sortant. Après un mandat particulièrement chaotique dans lequel il a perdu toute virginité politique, il lui sera beaucoup plus difficile de triompher de Marine Le Pen qu’en 2017. Et ce d’autant plus que le front républicain contre l’extrême-droite commence à s’effriter sérieusement, Emmanuel Macron étant jugé beaucoup trop à droite par des électeurs d’extrême-gauche de plus en plus nombreux.

Mais plus fondamentalement, il faut bien mesurer que malgré son haut niveau dans les intentions de vote au premier tour de 2022 (voir graphe ci-dessus) et malgré un nombre non négligeable de mandats électifs locaux ou européens, le Rassemblement national n’a jamais gouverné la France. Sa meilleure, son unique expertise se situe dans sa capacité à critiquer et s’opposer, tâche indispensable en démocratie mais indiscutablement plus aisée que « l’art » de gouverner.

Qu’on cherche à l’imiter pour tenter de le phagocyter ou qu’on se dise à l’opposé de ses valeurs, aucune des deux positions (qui ne sont d’ailleurs pas forcément exclusives l’une de l’autre) n’a de chance d’aboutir à un corpus politique et économique cohérent et souhaitable pour la France dans la mesure où elles s’appuient l’une et l’autre sur une autre posture tout aussi artificielle, celle du RN en tant qu’opposant systématique, voire systémique.

Or à regarder ce qu’il se passe à droite et chez LREM en fait d’analyse politique et de propositions (j’élude le quatuor PS-PC-FI-EELV parce qu’on voit mal quelle mini-brise de libéralisme pourrait venir de ce côté-là), on constate que sur bien des points, la seule stratégie consiste à courir après le Rassemblement national.

Entre le gouvernement et le candidat Xavier Bertrand par exemple (mais on peut y ajouter une belle brochette de personnalités de droite, même si certaines tentent de se démarquer sur un sujet ou un autre), entre les Pass Jeunes et les hausses miraculeuses de salaire, entre la surveillance étatique de masse et les peines automatiques mal goupillées, c’est à qui sera le plus dépensier, le plus férocement sécuritaire, le plus souverainiste, le plus collectiviste, bref, le plus racoleusement populiste. 

Avec aucune garantie de parvenir ainsi à « faire barrage à l’extrême-droite ». Pourquoi les électeurs tentés par le RN se tourneraient-ils soudain vers des candidats suiveurs par pur opportunisme électoral ? Ils risquent au contraire de trouver en Marine Le Pen une crédibilité renouvelée puisque nos « élites » politiciennes auto-proclamées se mettent ouvertement à chercher leurs idées de son côté.

À chaque échéance électorale, on voit se reproduire le même scénario. Le Rassemblement national fait la course en tête aux Européennes (de 2014 et 2019) et s’approche de très près des exécutifs régionaux et nationaux. Au lendemain des votes, tous les responsables politiques jurent la main sur le cœur qu’ils ont entendu les électeurs, à l’instar de Nicolas Sarkozy qui déclarait dans la foulée des élections régionales de 2015 :

« Ce serait une grave erreur de passer, comme trop souvent, d’une élection à une autre comme si les Français ne nous avaient rien dit. »

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Et puis plus rien.

Ne serait-il pas temps de sortir du piège tendu par François Mitterrand ? Ne serait-il pas temps de prendre les Français pour des adultes capables de réflexion et d’analyse, plutôt que de les laisser s’enfoncer dans la colère face à des dirigeants plus prompts à assurer leur carrière politique que de garantir un chemin de la liberté, de prospérité et de justice pour la France ?

Il serait, je pense, tout à fait contre-productif de se lancer dans un « grand soir » libéral pur et parfait qui renverserait tout en un instant. Les Français, perclus d’égalitarisme, tellement habitués à l’encadrement de l’État, tellement méfiants à l’égard des initiatives privées et de la réussite, tellement hostiles à toute forme de mondialisation et de libre-échange et tellement peu enclins à défendre leurs libertés individuelles quand on leur promet de la sécurité sanitaire et la fin du terrorisme, doivent être apprivoisés peu à peu sur tous ces points essentiels.

Il est en revanche parfaitement possible (et immensément souhaitable) d’imaginer un chemin progressif de réduction du poids de l’État, de réforme de nos structures les plus pénalisantes, à commencer par le marché du travail et notre système éducatif, et de libération des énergies créatrices et innovantes, à commencer par la suppression du principe de précaution, qui ne protège rien mais pétrifie tout.

Il est parfaitement possible (et d’une urgence extrême) de restaurer le domaine régalien dans un esprit harmonieusement équilibré entre l’autorité nécessaire pour faire respecter la loi et la justice qu’on attend d’un État de droit, afin de garantir les droits naturels de tous les citoyens que sont la liberté, la propriété et la sécurité des biens et des personnes.

Ceci étant posé, expliqué, argumenté, justifié, dans un débat public ouvert, approfondi et sincère, point n’est besoin de recourir à la rhétorique éculée du barrage contre l’extrême-droite. La France a juste besoin d’un peu de courage pour regarder la réalité en face : observer le mouvement du vaste monde, cesser de compter sur la pensée magique de l’exception française qui justifie trop souvent d’en passer par des mesures semi-démocratiques et recueillir enfin tous les immenses bénéfices de la liberté.


Illustration de couverture : Castor construisant un barrage. 

38 réflexions sur “« Faire barrage à l’extrême-droite » : Le concept-piège qui SCLÉROSE la politique française depuis 1984

  1. Le constat de 50 ans de gouvernants socialistes plus ou moins avoués est une vaste tromperie car ils ont tous employé l’arme législative pour changer les individus, mais l’homme n’évolue t’il pas au gré des opportunités et non des contraintes ? Vous avez raison il va falloir y aller doucement pour faire évoluer la France avec du doigté, de la patience et de la pédagogie et surtout de la liberté individuelle que le français se sente libre et capable d’embrasser son avenir sans toutes les entraves administratives actuelles. Mais le personnel politique actuel n’en a pas les moyens ils sont tous rivés sur l’objectif : la présidence.

  2. Votre analyse est très pertinente; vous constatez l’impuissance des politiciens (professionnels) qui n’arrivent pas à redresser la situation désastreuse dans laquelle ils nous ont mis et c’est malheureusement un fait certain, la France s’écroule et la Macronie accélère le processus. La France est paralysée par quatre phénomènes principaux : La professionnalisation du personnel politique, Le matraquage fiscal, L’Europe et son Euro, l’Islam.
    Je viens de relire « Rome, du libéralisme au Socialisme » de Philippe Fabry, sous titré « Leçon antique pour notre temps »
    Au train où vont les choses, la chute de l’Occident est inéluctable.
    Alors, au point où nous en sommes, voterons nous les mêmes où ceux qui n’ont jamais gouverné ???

  3. Au lieu de vouloir ostraciser et diaboliser le FN depuis 1984 – strategie qui ne fonctionne plus, comme vous l’ecrivez. et cela fonctionne d’autant moins qu’une grande partie des classes populaires, de ce qui reste en France de la classe ouvriere, prefere voter pour le FN devenu FN – il aurait fallu, comme le voulait Charles Pasqua, se rapprocher du FN a une epoque ou la droite etait encore majoritaire et aurait pu phagocyter le FN – comme le pense Eric Zemmour – tout comme le PS de Francois Mitterrand avait pu phagocyter le PCF. Aujourd’hui ce n’est plus possible en raison des scores des LR et de l’eclatement de ce parti sans vrai programme; les luttes d’ego prennent le pas sur propositions sur le redressement du pays. Chirac puis Sarkozy n’ont fait aucun effort pour reformer la France quand ils etaient au pouvoir. Sans parler de leur « complexe de gauche » qui les intimidait dans toutes leurs actions.
    Maintenant que la securite et l’immigration sont devenus les sujets les plus importants pour une majorite de Francais qui ne veut pas mourir ou se suicider, ces sujets sont les themes de l’election presidentielle de 2022. Sur ces points, le RN est le parti le plus credible pour de nombreux Francais.

  4. les électeurs du FN votaient UDR puis RPR avant. Quand la droite tient un langage de droite, de responsabilité, elle gagne. Comme vous Nathalie, je pense que l’introduction du libéralisme en France devra se faire à doses homéopathiques, du moins au début.
    La droite LR a choisi de perdre en 2022, parce que ses dirigeants n’ont comme seul programme que « surtout ne pas faire le jeu du RN ». Ils ont vite oublié l’épisode Fillon, et l’engouement que ce dernier avait su créer autour de sa candidature, pour retomber dans un centrisme mou. Qu’ils aillent donc au diable !

    • « La droite LR a décidé de perdre en 2022 » comme le RPR avait décidé de perdre en 1988, au grand dam de leurs électeurs et même de leurs adhérents dont il se sont toujours souciés comme de leur première liquette.
      Si vous voulez plus de détails, je suis à votre disposition.

  5. L’étatisme délirant a englouti les gains de productivité obtenus par les entreprises privées, le fiscalisme irrationnel, qui ponctionne plus de la moitié du salaire des travailleurs, rendant la fainéantise et l’oisiveté plus profitable que le travail. Il semble pourtant difficile en France de penser en dehors de la cage de fer étatique et bureaucratique.

    Marine Le Pen propose aux Français une accentuation à marche forcée de l’étatisme protecteur le plus tyrannique ainsi que l’isolement le plus cynique sans aucune appréciation du monde tel qu’il fonctionne parce que « l’ultralibéralisme », c’est le diable, hein. Et les positions souverainistes traduisent une nostalgie, celle d’une politique toute puissance capable, au moins en apparence, de conduire le destin des Français contre vents et marées, une illusion qui a un coût économique et humain énorme et conduit le pays à la ruine depuis plus de 40 ans.

    Le problème c’est que tous les autres candidats proposent également des relances keynésiennes à tout va dans des monopoles ou des connivences qui évacuent la libre concurrence et ne font preuve d’aucune tendance pour emprunter un chemin progressif de réduction du poids de l’État et au contraire.

    Par ailleurs sous la pression de l’opinion, les politiques semblent se focaliser sur la sécurité et l’immigration (souvent amalgamées par facilité et manque d’analyse crasse) qui apparaît être la préoccupation majeure des français mais je ne suis pas du tout persuadé à l’examen de ses propositions, que Mme Le Pen soit extrêmement efficace même dans ce(s) domaine(s) mais plus dépensière, ça c’est sûr !

    • A la louche 40% des américains se partagent 1% de leur richesse nationale, 40% des Allemands sont marginalisés économiquement d’où l’émergence de l’AFD, en France le CAC 40GR bénéficie d’une augmentation à deux chiffres mais nous avons au moins 9 millions de pauvres qui se précipite vers le …, chiffres avant ce bazar de covid. La France croule sous au moins 3000 milliards de dette et les mot frontières et impôts sont des gros mots. Mais vous avez raison pour la bureaucratie je rajouterais les comités Théodule et tout le reste. Et qui profite de ce grand bazar..

      • « Nous avons au moins 9 millions de pauvres. »

        Sur 67 millions d’habitants. C’est très peu.

        Il faut qu’il y ait des pauvres, sinon il n’y aurait pas de riches. Vous voulez supprimer les riches ?

        J’en ai un peu plein le dos de ces geignards qui s’en vont répétant : il y a X millions de pauvres en France. Comme s’il fallait croire saint Marx, qui a promis l’éradication de la pauvreté.

        Quelqu’un sort une sottise un jour, et une semaine plus tard, vous avez toute la France qui la répète. Cinquante ans plus tard, tout le monde continue à dire la même chose.

        La pauvreté est une notion statistique, c’est à dire relative. Il y a forcément un certain nombre de gens qui sont au dessous d’un certain pourcentage du revenu moyen, ou médian, de la population. Ca ne veut pas dire qu’ils sont pauvres au sens commun du terme.

        Pour savoir si c’est vraiment un scandale qu’il y ait 9 millions de pauvres gna-gna (si tant est que ce soit le vrai chiffre), il faudrait savoir ce que sont leurs possessions en termes absolus : quelle est la surface de leur logement, ont-ils une voiture, combien de paires de chaussures possèdent-ils, etc.

        Lorsqu’on emploie ce critère, on se rend compte, par exemple, que les « pauvres » officiels aux Etats-Unis sont des « riches » officiels en France.

      • Mon cher Robert, lorsqu’on a commencé sa vie par 12 ans d’orphelinat à la dure et même si ensuite la vie me fut agréable je conserve une certaine vision et un respect pour les pauvres qui ne méritent pas de dormir dehors et de faire les poubelles pour survivre cette pauvreté est aussi facteur de grande insécurité pour les autres citoyens. Il appartient en principe à nos représentants d’assurer un juste équilibre entre tous les membres d’une communauté comme le proposait Maurice Allais : « politique libérale pour créer de la richesse et capter l’argent illégitime produit pour le réinjecter vers l’humain » nous en sommes loin.

      • @ Louis

        Ta-ta-ta… ne nous faites pas votre numéro de pleureuse gauchiste victimaire, sous prétexte que vous seriez né dans un orphelinat (ce que personne ne peut vérifier).

        Il n’y a pas 9 millions de personnes en France qui dorment dans la rue et font les poubelles.

        Vous me rappelez les Gilets jaunes « qui n’avaient rien dans le frigo à partir du 15 du mois », mais qui semblaient fort énergiques lorsqu’il s’agissait d’attaquer la police, et paraissaient se porter à merveille. Curieusement, aucun journaliste ne nous a jamais montré la vie misérable de ces gens, qui ne mangeaient rien la deuxième moitié du mois.

        Les gens qui dorment dans la rue en France, ce sont a) des immigrés illégaux, b) des malades mentaux, c) des victimes de la politique anti-libérale du logement préconisée par les pleureuses gauchistes genre abbé Pierre, sans interruption depuis 1945.

        Quant à votre Maurice Allais et à sa supposée citation imbécile et scélérate…

        « Politique libérale pour créer de la richesse et capter l’argent illégitime produit pour le réinjecter vers l’humain »

        L’argent produit… on ne produit pas de l’argent…

        L’argent illégitime… qu’est-ce que c’est que ça ? Qui est ce communiste enragé ? L’argent illégitime, c’est celui que l’Etat ne dirige pas dans la poche de Monsieur Allais ?

        Réinjecter de l’argent… Il est docteur, cet Allais ? Infirmier ? Ingénieur social gauchiste ?

        Réinjecter vers l’humain ? Je propose le rétablissement de la peine de mort pour tous ceux qui osent utiliser le terme d’humain à toutes les sauces… On dit un homme, bonhomme…

        Et puis ça n’existe pas, l’humain… l’argent illégitime qui est « produit » dans les aciéries, chez Amazon, chez Google, dans les fonds de pension, chez Carrefour, chez Pfizer, c’est un excellent argent, un bon argent, qui est créé par des hommes et qui va dans la poche d’autres hommes…

        Il n’y a pas les sous-hommes qui créent de l’argent illégitime, et puis les vrais humains qui se le font « injecter » par l’Etat sous forme de piquouzes communistes bienfaisantes… il m’a l’air aussi libéral que moi je suis évêque, votre Maurice Allais.

  6. Je constate l’existence de groupes et de personnes de plus en plus nombreux, convaincus d’un retour au libéralisme (si jamais le libéralisme fut une doctrine appliquée un jour en France). Certes, ils l’expriment chacun à sa manière, mais le fond de leurs propos est libéral. Il ne devrait donc pas être impossible de faire émerger un rassemblement crédible pour faire sortir notre France de sa léthargie mortifère.
    Pour le moment, l’homme qui entraînera ce rassemblement, un peu comme l’a tenté Fillon, n’est pas encore sorti du bois, même si je suis convaincu qu’il existe.

  7. Merci Nathalie, je comprends votre scepticisme vis à vis de LR mais ça reste un parti qui comporte des personnalités de grande valeur et face à l’orientation étatiste des quinquennats Hollande/Macron, c’est notre meilleur espoir d’alternance, car ainsi que vous le soulignez dans un commentaire, les Le Pen et Zemmour sont tout sauf des libéraux. Ce qui ne veut pas dire que tous est à jeter dans leurs idées.

    Ce qui a fait du tort à LR c’est le torpillage de l’élection de Fillon par la justice, une justice qui s’est saisie avec une vitesse qu’on ne rencontre guère ailleurs. Puis, Macron a tout fait pour faire exploser le parti en attirant une poignée d’arrivistes qui vendraient père et mère pour pouvoir s’asseoir sur le trône. Comme l’a dit Christian Jacob, le micro-parti LREM qui n’a aucun ancrage populaire, que ce soit en termes d’élus, de cadres ou de militants, utilise son pouvoir de nuisance qui est bien réel. Une fois que tout est transformé en gravats, les nains peuvent sembler grands. Mais qui voudrait continuer avec ces geôliers ? qui voudrait poursuivre avec ceux qui ont sabordé la démocratie et l’économie française?

    Donc pour 2022, j’ai choisi mon camp, pour l’instant c’est LR, sauf si vous me montrez une alternative crédible. Personnellement, je suis un soutien de François Xavier Bellamy et de Nadine Morano nos députés européens. Mais je suis également favorables à des personnalités comme Agnès Evren ou Damien Abad. Ils sont tous différents, ils ne révolutionneront pas la situation, mais personne d’autre non plus. Ce que nous avons besoin c’est de bons gestionnaires.

  8. Pas d’ accord avec la plupart des commentaires. Les partis sont tous socialistes ( de droite ou de gauche) ils sont l’ héritage de l’ après guerre. Je suis tombé par hasard sur un article sur la guerre des farines qui a façonné la France avant le révolution et qui explique pourquoi le libéralisme a mauvaise presse.
    Le RN et Mme Lepen pourrait gagner avec un nouveau discours.

    • @Bernard : oui effectivement, le débat d’entre deux tours de 2017 montre qu’elle a tendance à ne pas préparer ses dossiers. Au delà de sa personne, le RN souffre d’un manque de cadres, d’élus et de militants, qui sont autant de relais nécessaires. Certes il y a des personnalités brillantes comme Collard, Bardella et d’autres mais en nombre insuffisant à mon avis.

      Enfin, l’autre grande faiblesse du RN c’est sa vision économique qui alterne entre le pas clair et le trop à gauche. Sans compter qu’il s’agit d’un parti plutôt autoritaire et foncièrement étatiste ce qui n’est jamais favorable à la croissance, on l’a déjà vu lors du quinquennat catastrophique de Hollande et du quinquennat de son successeur qui malgré un recentrage reste dans la ligne tracée par son prédécesseur.

  9. Le piège tendu par Mitterrand a été efficace il y a 35 ans. Il n’opère plus et depuis longtemps comme le montre l’alternance gauche droite que nous avons eue depuis et les nombreuses victoires de la droite à diverses élections. En 2002, ce barrage au FN a conduit les électeurs de gauche à faire élire très largement Chirac.
    Aujourd’hui la crise aux multiples aspects que nous traversons conduit certains à dire « on a tout essayé en vain sauf le RN donnons lui sa chance » Mais qu’est ce que ce parti ? Une petite affaire de famille montée par le grand père Jean-Marie sur un terreau poujadiste et petainiste, que la fille Marine a fait prospérer en essayant de prendre le vent quitte à se fâcher avec papa, un coup pour la sortie de l’euro, un coup pour y rester… faisant mine de soutenir les petites gens abandonnés lamentablement par la gauche actuelle (qui a une très lourde responsabilité dans cette histoire) et rejointe par des opportunistes du type Collard ou Ménard qui avaient toujours manifesté des sympathies pour la gauche. Là dessus voilà la soeur qui rapplique après avoir cédé aux charmes du sémillant Bruno Mégret. Et pour finir la petite fille qui se voit la Jeanne d’Arc du XXIe. Belle brochette d’arrivistes dénués de toute vision et de toute ambition pour la France.
    Je suis étonné que la droite libérale ne soit pas plus opposée au RN qui à mon sens est tout le contraire que ce à quoi elle croit, bien plus que Macron. Il serait sain pour la France que la droite ait un champion charismatique mais cette lacune doit elle conduire à laisser le RN l’emporter par dépit ?

    @Lionel
    Sans partager ses idées j’apprécie François Xavier Bellamy pour sa parole libre et parfois iconoclaste et surtout pour ses cours de philo plein d’humour et d’érudition accessibles par l’application Philia ou sur internet pour un prix modique qui correpond aux frais de fonctionnement, il est pour sa part bénévole. Son activité s’est réduite avec la crise sanitaire mais il y a du stock.

    • Votre description du RN est très juste. On peut ajouter Bardella qui est en couple avec une petite-fille Le Pen.

      Mais comme d’habitude vous avez lu dans mon article ce que vous aviez envie d’y lire, absolument pas ce que j’ai écrit. Certainement pas, en tout cas, de « laisser le RN l’emporter par dépit ».

      Contrairement à ce que vous dites, le concept du « barrage au RN » continue à tenir lieu de programme électoral :

      – Liste LREM pour les européennes de 2019 : « Battre le RN serait une première victoire »
      – Anne Hidalgo pour 2022 : fera « barrage à l’extrême-droite quoi qu’il arrive »
      – Xavier Bertrand pour les régionales en Hauts-de-France : « Je veux tout faire pour empêcher le front national de l’emporter. »

      etc.

      Mais le concept commence à moins bien opérer.

      Donc plutôt que de courir après le RN, comme le font la droite et Macron une fois sur deux (sachant que MLP court aussi après la startup nation de Macron en se la jouant business angel avec l’argent des impôts), pourquoi ne pas mettre en avant tout ce qu’une politique authentiquement libérale – recul de l’emprise de l’Etat sur la vie des citoyens, culture de l’échange, renforcement de l’Etat de droit – pourrait apporter de positif en matière de liberté et prospérité ?

      Bref, tout ce que j’ai dit dans mon article. Je ne vais pas le réécrire ici. Relisez.

      • Je ne voulais pas vous faire dire ce que vous ne dites pas et je suis absolument persuadé que vous n’avez aucune envie de voir le RN arriver au pouvoir. Mais je pense que le front républicain qui se fissure sur sa droite et dans une certaine mesure sur son extrême gauche a jusqu’ici été efficace et que s’il était au départ un piège conçu par Mitterrand, il a conduit à l’election de candidats de tous les bord dans différentes élections. Compte tenu du fait que vos idées libérales sont en totale opppsition avec celle du RN je ne comprenais pas pourquoi vous ne repreniez pas à votre compte le barrage au RN.
        Cela n’empêche pas, par ailleurs de proposer un programme libéral. Le rejet préalable du RN permet à mon sens d’avoir une plus grande latitude dans ses propositions et de ne pas s’auto censurer pour participer à la sclérose que vous décrivez.
        Proposer plus de libéralisme pour sortir des débats éculés, est une bonne idée mais pourquoi ne le faites vous pas sur votre blog ? Beaucoup de vos articles sont des critiques de responsables politiques ou du monde de l’entreprise, d’attitudes, d’institutions… écrites avec talent et humour, renseignées avec des éléments précis, mais des critiques, aussi brillantes soient-elles, ne constituent pas un programme et surtout ne traitent pas les problèmes au fond. Vous parlez à des gens déjà convaincus sans décrire précisément le monde auquel vous aspirez si ce n’est que l’Etat y serait moins présent qu’on y payerait moins d’impôts et que la situation économique serait meilleure. C’est déjà pas mal mais tout ça est très général et théorique. Tout les politiques nous disent qu’en votant pour eux tout ira mieux.
        Si vous voulez faire avancer vos idées il faut donner envie à ceux qui ne les partagent pas, démontrer qu’elles sont bonnes pour tous.

      • «  On peut ajouter Bardella qui est en couple avec une petite-fille Le Pen. »

        L’entreprise commerciale RN/FN a toujours été une affaire familiale, type « tuyau de poêle ».
        Les gens corrects se cassaient, Messiha le dernier de la liste !

    • Le côté positif de votre intervention c’est que personne ne saurait la prendre pour « un plaidoyer pour le RN ». C’est déjà une bonne chose !
      Mais l’ennui, c’est que lorsque vous écrivez : « Je suis étonné que la droite libérale ne soit pas plus opposée au RN », vous ne nous donniez pas les noms de ceux à qui vous décernez le label « droite libérale » ! Dommage !

      • Je parlais de l’article de Nathalie. J’ai fais un commentaire au dessus qui donne des détails. Je parle également de ceux qui, à droite, n’on pas donné de consigne de vote pour Macron au 2e tour de la dernière présidentielle.

    • @Herderien : merci pour l’info sur Bellamy et Philia. Je l’ai découvert grâce à son livre « School business » que je recommande à tous les parents.

      S’agissant du RN, il y aurait beaucoup à dire sur les raisons de son émergence et de son succès. C’est un parti qui jouit d’une virginité politique, il n’a jamais gouverné. De nombreux électeurs pensent qu’il fera ce qu’aucun autre parti n’a fait, à savoir écouter les gens, se mettre à leur service.

      Ce qui m’a frappé l’autre jour en écoutant le discours de la reine, discours préparé par le gouvernement britannique, c’est qu’il était clairement dit que le gouvernement entendait se mettre au service de la population. Ca peut sembler démago, mais c’est quelque chose qu’on n’entendra jamais ici.

      Chez nous. les gouvernements, les médias, et une partie de la population sont persuadés que gouverner c’est aller contre la population, qu’il faut la soumettre, voire la matter. De nombreux exemples, on pense surtout à toutes ces réformes ni faites ni à faire qui jettent le peuple dans la rue. Et plus l’opposition est forte, plus on se persuade d’être dans le vrai (ex: Taubira, Hollande, etc).

      • « On pense surtout à toutes ces réformes ni faites ni à faire qui jettent le peuple dans la rue. »

        Dites-nous donc quelle serait la réforme à faire ? A moins que tout soit parfait et qu’il ne faille rien changer ?

        Si les réformes jettent le peuple dans la rue, c’est que le peuple français est con et qu’il ne sait pas ce qu’il veut. Il demande à la fois un truc et son contraire.

        Donc forcément, quand vous faites quoi que ce soit, vous avez le peuple dans la rue. Et quand vous ne faites rien, vous l’avez aussi.

        Le problème, ce ne sont pas les réformes. C’est le peuple qui croit qu’on réforme en allant dans la rue.

        Le problème, c’est les Gilets jaunes, c’est la CGT, c’est 1968, c’est 1961, 1958, 1947, 1871, 1848, 1793…

      • @Robert : je ne suis pas d’accord avec vous, ce n’est pas nouveau, je vous encourage simplement à vous intéresser à la manière dont les changements se font dans d’autres pays. Pour ma part je connais l’Allemagne, la Suisse et dans une moindre mesure la Grande Bretagne.

        Dans ces pays existe une notion que nous regardons avec circonspection voire dégoût : le consensus. Je pense que c’est la clé d’un changement réussi.

      • @Robert Marchenoir
        Tant qu’il y aura des gens qui seront dans l’insulte et le mépris pour ceux qui pensent différemment aucun consensus ne pourra être trouvé sur quoi que ce soit.

      • @ Lionel

        Vous ne nous dites toujours pas quelle serait la réforme à faire. Vous me dites que vous n’êtes pas d’accord avec moi, puis vous dites :

        « Je vous encourage simplement à vous intéresser à la manière dont les changements se font dans d’autres pays. Pour ma part je connais l’Allemagne, la Suisse et dans une moindre mesure la Grande Bretagne. »

        C’est exactement ce que je dis. Je vois mal comment vous pouvez être en désaccord avec moi.

        @ herederien

        Cessez de nous faire votre chochotte gauchiste. Les gens dans votre genre prétendent toujours être insultés quand on n’est pas d’accord avec eux. Je ne vous ai pas parlé, que je sache. Quant au mépris, c’est une excellente chose.

        Toute la question consiste à savoir qui et quoi il faut mépriser, et qui et quoi il faut admirer.

        Dites-nous tout de suite que vous ne méprisez pas Hitler… ou d’autres… gros malin, va.

  10. Pour l’heure, nous ne pouvons que nous rendre à cette évidence, que Monsieur Marchenoir est un malotru.

    « Il y a deux formes, l’une française, est malestrut, du latin : male instructus, mal pourvu ;
    l’autre provençale, est malestrug, du latin malus, mal, et astrum : qui est sous l’influence d’un mauvais astre. »

    A chacun de choisir !
    Merci qui ? Merci Monsieur Littré !

  11. NOTE DE SERVICE DE LA MAISON MP

    On ne va pas recommencer pour la centième fois ces stupides crêpages de chignon à peine dignes d’une cour de récré. Merci aux commentateurs de s’en tenir à un débat argumenté, éventuellement vif mais toujours poli et sans ad personam, sur le fond de l’article. Sujet clos.

    • C’est bien le problème.
      Avec RM, même lorque l’on est en accord avec lui sur le fond, il est impossible d’y rester.
      Pour ma part, ça fait longtemps que j’ai déserté ici le camp des commentateurs, pour lui laisser ce qu’il souhaite partout où il passe : le monopole des commentaires.

  12. Je suis d’autant plus enclin à respecter la présente note de service de la Maison MP que Marchenoir a eu pour ma personne une conduite courtoise dans un passé récent.
    J’ai beaucoup apprécié.
    Je profite de l’occasion pour le lui faire savoir.

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