Les Français et l’environnement : Mes réponses pour Atlantico

Petit article de dernière minute ! Hier soir 23 septembre 2019, alors que le sommet de l’ONU sur l’urgence climatique avait débuté le jour même sous les imprécations habituelles de la jeune activiste du climat Greta Thunberg – « Comment osez-vous regarder ailleurs ? » – la rédaction d’Atlantico m’a téléphoné afin de me soumettre cinq questions sur l’attitude des Français face aux défis climatiques et environnementaux. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour ciseler mes réponses, mais voici ce que j’ai envoyé à Atlantico :

1) Selon un sondage Ispos-Sopra Steria, la protection de l’environnement est la préoccupation première des Français. Le président Emmanuel Macron regrettait cependant que les discours ne soient pas remplacés par des actions concrètes de la part des citoyens. Comment expliquez-vous cette déconnexion ?

Que les Français placent la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique en tête de leurs préoccupations n’est guère étonnant compte tenu de l’intensité du matraquage médiatique qu’ils subissent sur le sujet, notamment depuis la COP21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015.

Dans son livre Factfulness (2018), Hans Rosling rapporte que sa fondation Gapminder a soumis un ensemble de 12 questions sur l’état socio-économique et démographique du monde actuel à 12 000 personnes de toutes conditions réparties dans 14 pays riches. Une 13ème question concernait le climat : « Si l’on en croit les experts, la température moyenne sera-t-elle plus chaude, inchangée ou moins chaude au cours des 100 prochaines années ? »

Eh bien, les résultats montrent que les personnes interrogées ignorent à peu près tout des données socio-économiques du monde dans lequel elles vivent (le résultat moyen aux 12 premières questions fut de 2/12), mais qu’elles sont 86 % à savoir que selon les experts le climat se réchauffe !

Si M. Macron déplore maintenant que les citoyens ne prennent pas les choses en main eux-mêmes, il ne peut que s’en prendre au niveau élevé d’étatisation de la France contre lequel il a clairement renoncé à toute action. Quand on est le pays champion du monde des prélèvements obligatoires (45 % par rapport au PIB) et des dépenses publiques (56 %), les possibilités de choix et d’initiatives individuelles des citoyens sont forcément restreintes et le recours à l’Etat pour parer à tout devient un mode de vie – délétère et très déresponsabilisant, mais un mode de vie.

Précisons cependant que les entreprises ne sont pas restées les bras ballants devant la demande des consommateurs d’avoir accès à des produits compatibles avec la protection de l’environnement. Les modes de production et les produits ont évolué ; il suffit de voir les énormes progrès réalisés dans l’industrie automobile par exemple.

Je pense que la remarque d’Emmanuel Macron, dont on sait que l’intérêt pour l’écologie est récent, traduit surtout son agacement face aux mises en demeure pour « inaction climatique » dont l’Etat devient de plus en plus souvent l’objet. Le maire écologiste de Grande-Synthe Damien Carême a lancé la mode, des célébrités telles que Marion Cotillard ou Juliette Binoche ont suivi avec « l’affaire du siècle ».

2) Des penseurs comme Christopher Caldwell critiquent l’appropriation de la question environnementale par des influenceurs comme Greta Thunberg. Dans quelle mesure la conscience des problèmes environnementaux est contrebalancée dans l’opinion par la crainte de voir émerger des solutions antidémocratiques ?

Le discours environnemental a effectivement été préempté par les écologistes les plus radicaux dans une tentative de poursuivre le combat anticapitaliste sous les couleurs de l’écologie après l’échec retentissant du socialisme réel. D’où l’émergence du concept de « Capitalocène » qui caractérise la nouvelle « ère géologique » – guillemets car en géologie cela n’existe pas – dans laquelle la Terre serait entrée depuis l’invention de la machine à vapeur par James Watt en 1769 en raison de l’impact global « destructeur » du capitalisme sur l’écosystème.

La technique (d’Aurélien Barrau, de Fred Vargas, de Greta Thunberg, etc…) consiste à distiller la peur face à une fin du monde qui nous attendrait au tournant. On ne peut plus attendre, il y a urgence, nous disent-ils, et il faut mettre les bouchées doubles.

C’est ainsi qu’on en arrive aux propositions absolument hallucinantes d’un think tank comme Novethic (qui dépend de la Caisse des Dépôts et Consignations) : interdiction de la vente de véhicules neufs pour un usage particulier, constructions neuves exclusivement en habitat collectif avec une surface maximum de 30 m2 par habitant, vols hors Europe non justifiés interdits à partir de 2020, vêtements neufs limités à 1kg par personne et par an, etc. !

Ces propositions, comme les propos hyper-alarmistes qui les accompagnent, suintent l’autoritarisme dans des proportions telles que même les experts du GIEC commencent à s’en inquiéter. Jean Jouzel par exemple, dans Le Point. Et si une telle outrance, au lieu de renforcer la prise de conscience de l’opinion publique, finissait par nuire à « la cause » ?

Mais pour l’instant, je n’ai malheureusement pas le sentiment que les gens réalisent à quel point on les entraîne dans des solutions antidémocratiques. La petite phrase « Et c’est bon pour la planète » est pratiquement devenue le lieu commun obligé de toute conversation entre gens de bonne compagnie !

3) Certaines mesures pour l’environnement, comme les taxes Diesel, peuvent conduire à des contraintes économiques. Que pèse la conscience des problèmes environnementaux face à la crainte de voir baisser son niveau de vie ?  

L’évolution des revendications des Gilets jaunes nous donnent un bon aperçu de l’attente des Français. Le mouvement a démarré en raison des taxes supplémentaires que le gouvernement comptait imposer sur les carburants.

Puis peu à peu, on a vu la demande pour des baisses d’impôt se transformer en une demande d’impôts accrus pour « les autres », les riches, en l’occurrence, avec la revendication du retour de l’ISF. Dans les cortèges des Gilets jaunes du week-end dernier, on voyait des pancartes « Fin du monde, fin du mois, mêmes coupables, même combat. »

Autrement dit, beaucoup de Français ont une très haute conscience environnementale, mais comptent sur « les autres » pour en assumer le financement via l’impôt.

4) Pensez-vous que les français aient peur des conséquences d’une modification de leur système de consommation ?

Je ne sais pas s’ils ont peur mais je constate chaque jour dans la presse qu’à force d’entendre les discours alarmistes de Greta Thunberg, les jeunes générations sont de plus en plus enclines à renoncer à consommer de la viande et que beaucoup de jeunes déclarent ne pas vouloir avoir d’enfants pour sauver la planète.

Certains tombent même dans la déprime climatique ou « solastalgie », sorte de détresse psychique causée par les changements environnementaux. Il est désespérant de voir que l’air du temps est en train de créer une sorte de renoncement existentiel de l’Occident.

5) Le débat public ne gagnerait-il pas à voir ces contraintes évoquées plus fréquemment ? Elles paraissent tout à fait rationnelles…

Je crois que la première rationalité consisterait à admettre que la science du climat est non seulement encore jeune mais extrêmement complexe. Se lancer comme on le fait dans des politiques coûteuses et à l’évidence privatrices de liberté sur des bases encore fragiles ne me semble pas raisonnable. D’autant qu’en matière d’environnement, on peut penser à d’autres solutions que les taxes et les contraintes. Le retour aux droits de propriété par exemple. FIN


Illustration de couverture : Greta Thunberg au sommet de l’ONU sur l’urgence climatique le 23 sept. 2019.

19 réflexions sur “Les Français et l’environnement : Mes réponses pour Atlantico

  1. Quoiqu’en disent les sondages, je doute que l’environnement soit la première préoccupation des Français. Pour s’en convaincre il n’est que de constater la saleté de nos rues, et comment les gens en usent des poubelles publiques et de leur environnement, même si, c’est vrai, beaucoup d’entre eux trient consciencieusement leurs déchets. Et quand ils se quittent sur un : « C’est bon pour la planète ! », qui oserait affirmer qu’il n’y a pas autant d’ironie que de souci environnemental dans ce salut ?
    Pour tout dire, je crois que ce sont les taxes qui continuent à tomber sur eux comme à Gravelotte qui vont finir par créer chez les Français une « détresse psychique » autrement plus importante que celle du réchauffement climatique qu’un hiver un peu rude suffira à leur faire oublier.

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  2. Bonjour Nathalie,

    Consciemment ou pas, vous êtes dans le vif du sujet.

    La très grosse difficulté à laquelle je fais face quasi journalièrement est l’amalgame de deux problèmes liés soit au « climat », soit à « l’environnement », comme si ces deux problèmes étaient à ce point inséparables et interchangeables qu’ils ne font qu’un dans toute la dérive politico médiatique qui va en crescendo au fil des dernières années.

    Pour faire court, la qualité de l’environnement dont je suis un ardent défenseur dépend de la pollution (ex. de l’air, du sol, de l’eau, … ), de la destruction de la diversité biologique, de l’aspect paysagé, de la protection du capital santé et patrimonial… ; d’autre part, le problème du climat (réchauffement/changement) pour lequel je suis catégoriquement sceptique quant au catastrophisme annoncé est un immense problème d’exagération (« Lyssenkisme ») lié à des objectifs idéologiques et politiques.

    Faire, encore et toujours, la distinction claire et nette entre ces deux problèmes sera un bon pas afin de percer la bulle propagandiste et éliminer le manichéisme ambiant.

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    • Vous avez raison, il y a deux problèmes bien distincts : le climat et la pollution. Amalgamer les deux permet de faire passer le CO2 dans les produits polluants et permet à Edouard Philippe de décliner ses impôts nouveaux contre la pollution de la façon suivante :

      « On va progressivement faire peser sur le pétrole, et donc sur le carbone, et donc sur la pollution, une partie des prélèvements fiscaux, plutôt que sur le travail. (…) C’est un des moyens de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, contre les émissions de dioxyde de carbone, contre le réchauffement climatique. Nous n’allons pas renoncer à être à la hauteur de cet enjeu qui est considérable. »

      Le Premier ministre n’hésite pas à mettre le bololo à entretenir la confusion car il associe pollution et dioxyde de carbone. Or qu’il s’agisse d’essence, de diesel ou de fioul pour les chaudières, il existe deux aspects bien différents : d’une part les émissions de produits effectivement polluants qui ont un impact négatif sur la santé respiratoire comme les particules fines, l’oxyde d’azote (NOx), le monoxyde de carbone (CO) et les hydrocarbures (HC) ; et d’autre part le dioxyde de carbone (CO2) qui n’est pas un polluant, qui n’affecte pas l’organisme, qui est essentiel à la photosynthèse et qui fait aussi que depuis quelque temps la planète reverdit.

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  3. Passionnant et très clair !
    Oui on tombe dans une dictature du  » c’est bon pour la planète » !!!! AU secours .
    Quant à ces propos sur la limitation du nombre d’enfants , a-t-on pensé ( en plein débat sur les retraites) à qui pourrait payer nos retraites si nous n’avons plus d’enfants ?
    Et si on n’achète plus rien de neuf , comment avoir de l’occasion ? Et quid des pertes d’emploi?
    En tant que catho, je me soucie de ne pas tomber dans la sur consommation mais comme toujours le mal est dans l’excès !
    Et ras-le-bol d’entendre la bienséance nous dire comment nous devons penser !!!!

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  4. La première démarche, et pour moi, ça ne date pas d’hier (1970), consisterait à manufacturer des objets à durée de vie « augmentée » ce qui ne ferait probablement pas l’affaire des cohortes de chômeurs n’ayant plus de travail pour des « obsolescences » nombreuses et (‘a)variées.

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    • @Zelectron: produit à duré de vie augmentée.
      Ce n’est pas un problème, mais ca coûte cher, très cher. Il y a un compromis entre coût et durée de vie.
      Il est certainement possible de produire une voiture qui dure 100 ans, mais il faudra la payer 300.000 EUR. Qui va alors acheter une telle voiture ?
      Les industriels sont obligés de faire un compromis entre ce que les clients sont prêts – ou peuvent – payer et la durée de vie d’un produit.
      Par ailleurs e.g. pour le cas des téléphones, les consommateurs veulent avoir les dernières technologies. Les cycles sont très court. Développer un téléphone qui tient 10 ans et coûte plus cher ne présente pas d’intérêt ds la mesure où le client le mettra au rebut au bout de 4 ans max (j’ai tendance à garder mes téléphones longtps, et ils ne font pas plus de 4 ans, car ensuite techno dépassée).

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      • J’ai connu et je connais encore des produits qui ont des durées de vie drastiquement réduit pour cause par exemple d’un joint en caoutchouc recyclé d’entrée de gamme au lieu de viton, (DdN) : la différence de coût ? quelques centimes d’€ ! J’ai passé plus de 30 ans dans l’industrie manufacturière et ce, à des postes de direction me permettant de voir les défauts de la cuirasse pour quelques roupies de sansonnet afin de produire un objet à durée de vie (très) limitée et je ne parle pas des jouets (jetables au bout d’une seule utilisation) !
        Compte tenu que ce sont des être humains qui gèrent leurs voitures, c’est un miracle qu’elle durent si longtemps (4ans?) ! (Mon Audi A4 : 17 ans d’âge)
        Pour vous cher Pythagore : j’ai toujours le même téléphone depuis 11 ans, il fonctionne parfaitement et je suis ravi de ne pas à avoir à en acheter un autre 🙂
        ps « les consommateurs veulent avoir les dernières technologies », ah oui ? ils veulent surtout des téléphones qui fonctionnent et des réseaux, on fait avaler n’importe quoi aux clients ! c’est le principe même du marketing : faire croire au consommateur que c’est lui qui a choisi . 🙂

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      • @Zelectron: pour travailler également ds l’industrie, toutefois pas pour des produits « grd publique », mon expérience est que le client en a pour son argent, selon ce qui l’est prêt à payer.
        Après qu’il y ait des pratiques foireuses, ben c’est pour ca qu’il y en a qui achètent une audi, et pas une voiture française ;-). Mais de mon expérience, cela ne marque pas une volonté intentionnelle de faire un produit qui durera moins longtps, mais plutôt de faire des économies de bout de chandelle car les prix sont à couteaux tirés.

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  5. Exceptionnel pour une réponse rapide. Quel productivité ces derniers tps, j’ai du mal à suivre.
    Pour ce qui est des sondages. Atlantico peut reprendre ceux publiés avant les présidentiels qui disaient à peu prêt la même chose. Il me semble qu’il y avait tjs chômage et sécurité en premier lieu, ce qui parait plus proche des préoccupations réelles.
    Le fait que Greta se radicalise elle-même par des propos de plus en plus extrémistes est peut-être une bonne chose aussi, elle a maintenant plus le visage de la dictature que de l’ange.

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    • la radicalisation du discours de Ste Bukkaké* devient un argument supplémentaire pour les extrémistes « mais vous ne voyez donc pas qu’il y a urgence ? ». Il est instructif à ce sujet de lire les commentaires des articles du Figaro et du Point, qui eux aussi expriment des oppositions qui se radicalisent.

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  6. j’ai connu des joints de machines à laver le linge ou encore des joints spi d’arbres à came en tête à usures prématurées avec les fuites y afférentes. Je remerque que lorsque le bouton marche/arrêt est cassé on jette la machine mais on ne démonte rien pour essayer de comprendre le pourquoi du comment .
    J’ai aussi construit des robots industriels et là pas question à l’évidence de choisir des produits de bas de gamme

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  7. L’hystérie collective atteint son paroxysme. Il ne se passe pas un séminaire ou un débat sans que l’orateur se sente obligé du petit couplet sur le réchauffement.
    Surtout que ces incantations dignes des adorations du soleil par les incas, ne débouchent sur aucune solution concrète de remplacement économiquement ou environnementalement efficace : Rien pour le moteur à explosion, l’électricité nucléaire ou le glyphosate, etc…n’apparaît comme crédible. Or réduire les investissements pour améliorer ces moyens représente certainement un danger.

    Même les protestations de Petteri Taalas, secrétaire générale de l’Organisation Mondiale de Climatologie, paraissent inaudibles dans le contexte. « La science est encore bien trop balbutiante pour prétendre faire des prévisions assurées sur les climats terrestres dans 50 ou 100 ans » dit-il.
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3578959/le-chef-de-l-organisation-meterologique-mondiale-s-en-prend-de-maniere-virulente-aux-extremistes-du-changement-climatique-benoit-rittaud

    J’en déduis que vu notre ignorance, la probabilité d’un refroidissement futur n’est pas nulle et que nous pouvons l’évaluer sans aucun complexe à 50%. Valentina Zharkova, une physicienne et mathématicienne ukrainienne, spécialiste du soleil, qui travaille à l’université de Newcastle, confirme dans son dernier papier (juin 2019) qu’une baisse de l’activité solaire serait attendue entre 2020 et 2055. Mais comme sa dernière communication de 2015 lui avait valu une volée d’insultes sur la toile, elle s’empresse de conclure que ces estimations ne sauraient inclure les facteurs liés à l’activité humaine. Elle devrait ainsi échapper à l’excommunication ! Voila où nous en sommes…
    https://www.nature.com/articles/s41598-019-45584-3

    Pour les produits de consommation, ayant changé plusieurs fois de logement, j’ai changé radicalement ma politique d’achat de lave-vaisselle. Autrefois (avant 2000) j’achetais le plus cher et effectivement on en avait pour plusieurs dizaines d’années. Mais depuis, de déceptions en déceptions, le prix n’ayant plus apparemment d’incidence, je choisis systématiquement le moins cher de la gamme au grand désespoir du mec de chez Darty…Tant pis pour l’environnement, finalement pas le choix.

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    • @ Tino

      Pour une fois, laissons les dames s’occuper de choses sérieuses, et parlons chiffons entre hommes. J’ai tiré la même conclusion que vous (quoique pas au point d’aller jusqu’au bas de gamme). La dernière fois que j’ai sondé « le mec de chez Darty », il m’a dit que ça ne valait plus le coup d’acheter une machine à laver Miele.

      Certes c’était (un peu) plus fiable, mais la différence de prix avec les bonnes marques immédiatement inférieures était telle, et la fragilité tellement généralisée y compris chez Miele, que le rapport prix/durabilité n’y était plus.

      Je suis en plein accord avec Zelectron, qui déplore la faible durée de vie de ce qui se construit aujourd’hui. C’est absolument manifeste. J’ai connu l’époque où un objet manufacturé fonctionnait pour la vie. Aujourd’hui, vous êtes pratiquement certain qu’il sera bon à jeter dans quelques années.

      A tel point que je conserve jalousement d’anciens produits, qu’ils soient humbles ou plus élaborés, dont je sais qu’il me sera impossible de trouver aussi solide.

      Une réaction des consommateurs se manifeste à cet égard : sur le réseau social Reddit, où de nombreux intervenants sont américains, est né un forum nommé BIFL, pour « Buy it for life ». Les internautes s’y échangent des tuyaux sur les marques et produits les plus durables.

      https://www.reddit.com/r/BuyItForLife

      Parmi les posts les plus commentés figurent ceux où les participants montrent fièrement les photos d’antiquités fonctionnant toujours, habituellement mieux que n’importe quel produit neuf. Souvent hérités de leur père, voire de leur grand’mère.

      Nous avons ainsi eu droit récemment à des cuisinières à gaz américaines des années 1930, en parfait état de fonctionnement (et utilisées tous les jours).

      En parlant d’électroménager, les fanatiques de ce forum considèrent Miele comme de la camelote fabriquée chez les sauvages d’Europe. La vraie machine à laver qui dure éternellement et nettoie comme il faut, c’est la Speed Queen, du matériel américain, Môssieur.

      Moi je dis : make France grète eugaine.

      Au passage (toujours pour parler chiffons), achetez de l’électroménager bas de gamme si vous voulez, mais surtout pas du Beko. Saleté turque effectivement ras la moquette question prix, mais qui présente le léger désavantage de tuer régulièrement ses propriétaires (réfrigérateurs qui explosent, cuisinières asphyxiantes). On retrouve souvent cette marque dans la rubrique fait divers en Angleterre.

      Et pour boucler la boucle avec l’hystérie écologique ambiante, rappelons que tous les réfrigérateurs vendus actuellement « protègent la planète » (c’est à dire ne trouent pas la couche d’ozone), mais en contrepartie, ils tuent l’être humain de temps à autre : contrairement aux bons vieux frigos au fréon fonctionnant à l’aide d’un gaz inerte (qui en plus duraient toute une vie), ce sont des bombes en puissance, puisqu’ils utilisent à la place… de l’isobutane.

      Si le moindre incident se produit (court-circuit associé à une fuite, par exemple), l’incendie est spectaculaire, et propre à détruire une maison de fond en comble. L’effroyable incendie de la tour Grenfell, à Londres (79 morts en 2017), a été provoqué par un réfrigérateur : vous n’avez pas beaucoup entendu les escrologistes insister sur ce fait.

      Pas plus que les médias ne vous ont expliqué que votre frigo super-respectueux de la planète était non seulement une bombe incendiaire, mais aussi une bombe chimique. En cas d’incendie, la panneaux isolants (certes eux aussi conçus pour ne pas faire bobo à la couche d’ozone) dégagent d’épaisses fumées extrêmement toxiques. Contrairement aux matériaux utilisés jadis, qui étaient parfaitement inertes en cas d’incendie.

      D’où le conseil des pompiers de Londres : n’installez jamais un frigo sur le chemin qui vous permettrait de fuir votre logement en cas d’incendie. On cherchera en vain des conseils similaires chez les pompiers français.

      Chez nous, l’isobutane n’est pas inflammable, de même que le nuage de Techernobyl s’arrête à la frontière, et que les lois de l’économie valables partout ailleurs sont temporairement suspendues, par décision médiatique et ministérielle.

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      • Je ne connaissais pas le coup de l’isobutane, j’ai regardé mon frigo et effectivement s’en est (ref R600a).
        Je ne connaissais pas « speed queen » non plus mais apparemment ca commence à 1900$ donc on est pas vraiment ds le bas de gamme.
        Vous pouvez aussi acheter une Miele pro, ca commence à 3000EUR et à mon avis, elle vous survivra.
        Pour ce qui est des machines à laver, j’avoue que parfois je me demande si les constructeurs écoutent les consommateurs, Qui utilise les 15 prgrm de sa machine ? Perso j’en utilise 3 et c’est tout.

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  8. A Greta Thunberg :
    « L’enfant, de part son immaturité intellectuelle et affective, a besoin d’être guidé dans la quête de son autonomie et de sa liberté. Pour cela, on doit lui faire éprouver que la réalité du monde, ce sont des contraintes et des frustrations, et qu’un adulte véritablement libre les surmonte sans se sentir perpétuellement dans son droit. » Barbara Lefebvre

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