Où va l’argent ? (I) Plongée dans les abîmes du Grand Paris Express

« Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » interrogeait Jacline Mouraud le mois dernier, mettant ainsi le feu aux poudres d’un ras-le-bol fiscal(1) devenu révolte des Gilets jaunes. Mais, chère Madame, s’exclament alors automatiquement Gérald Darmanin et tous les tax lovers façon Marlène Schiappa, on paie des professeurs, des hôpitaux, de la sécurité, de l’égalité homme femme… Que du beau, du bon, du bonheur, voyons !

Ils sont beaucoup trop modestes – l’Etat, c’est tellement plus que ça ! Et si l’on parlait aussi de ses nombreuses bourdes, erreurs, retards, connivences, paresses, hypocrisies et autres incompétences ? Si l’on parlait de Notre-Dame-des-Landes, de la taxe à 3 % sur les dividendes, des pénuries de médicaments, des horaires de travail des fonctionnaires territoriaux, du système Louvois de paie des militaires, de la SNCF, d’Orano ex-Areva ?

Prenez simplement le Grand Paris Express (GPE). Un nom qui fleure bon l’aventure et la conquête de l’Ouest et qui en possède au moins l’une des caractéristiques : en tant que contribuables, vous serez à coup sûr détroussés en chemin.

Non pas que le GPE manque d’envergure et d’un certain héroïsme technique (vidéo, 03′ 03″). Réputé plus grand projet urbain en cours en Europe, il consiste en la construction de 68 nouvelles gares et de 200 km de lignes de métro automatiques autour de la capitale par création de 4 nouvelles lignes souterraines (15,16,17 et 18) et le prolongement de la ligne 14 au nord et au sud, le tout devant être progressivement mis en service d’ici 2030.

Et non pas que les Franciliens s’en désintéressent. Toujours plus contraints de délaisser leur voiture personnelle par les normes, taxes et plans de circulation imposés par les « nécessités » de la transition énergétique, ils attendent avec impatience ce jour béni où ils pourront utiliser les transports en commun sans subir la vétusté, les retards, les grèves, les fermetures temporaires et l’inconfort du réseau actuel, notamment dans les RER A et B, lignes très empruntées et particulièrement renommées pour la déplorable qualité de leur service.

Un jour béni qui s’annonce de plus en plus comme un jour lointain pour un projet qui s’annonce, lui, comme un cas d’école de tous les dérapages possibles d’une gestion étatique aussi pharaonique que mal maîtrisée. En comparaison, Notre-Dame-des-Landes, c’était gentillet.

Un rapport de la Cour des Comptes publié en début d’année nous donne un joli petit aperçu des dégâts :

Evalué en 2013 à 22,6 milliards d’euros, le budget du projet a été révisé plusieurs fois. Il atteint maintenant 38,5 milliards, soit 35,1 milliards pour le périmètre initial et 3,4 milliards supplémentaires pour tenir compte de nouvelles infrastructures (prolongement de la ligne 11 et RER Eole, notamment) rajoutées par la suite aux obligations financières de la Société du Grand Paris (SGP), établissement public à caractère industriel et commercial spécialement créé en 2010 pour porter et piloter le Grand Paris Express.

A ce jour, le dérapage est donc de 55 % à périmètre initial et de 70 % avec les ajouts ultérieurs. Commentaire de la Cour des Comptes :

« Ces réévaluations successives des coûts du projet pourraient remettre en cause sa pertinence socioéconomique, qui n’a été initialement acquise que par la prise en compte de coûts d’investissement initial peu fiables et sous-estimés, ainsi que par la valorisation d’avantages socioéconomiques ‘non classiques’. » (p. 10)

.
La Cour souligne par ailleurs que le financement de la SGP repose très massivement sur l’emprunt, lequel est extrêmement sensible à de petites variations du coût des travaux, des taux d’intérêt et du rendement des taxes qui contribuent aussi au financement du projet. Selon le plan initial, cette dette devait être remboursée intégralement en 2059 et les intérêts se montaient à 32 milliards d’euros. Mais avec la nouvelle dimension du budget, on passe à un amortissement complet en 2084 et à des frais financiers de 134 milliards.

La situation actuelle apparaît cependant tellement tendue que la Cour des Comptes redoute un alourdissement supplémentaire de la charge financière et un recul de la dernière année de remboursement à 2100, voire l’entrée de la SGP dans une situation de dette perpétuelle – avec toutes les incidences défavorables que cela représente sur la trajectoire des dépenses, déficit et dette publics.

Parmi les nombreuses raisons évoquées pour expliquer cet ensemble de dérapages incontrôlés – complexité des chantiers, gouvernance médiocre de la SGP, exigences particulières et désordonnées des élus locaux concernés, évaluation trop basse des risques et aléas – la Cour des Comptes insiste sur l’attention privilégiée donnée aux délais de livraison au détriment de la rigueur budgétaire.

Il se trouve en effet que la promesse de voir les nouvelles infrastructures du GPE opérationnelles dès 2024 a joué en faveur de Paris pour l’obtention des JO de 2024. Certaines lignes visent spécifiquement à relier le village olympique avec les aéroports et les infrastructures sportives ainsi que les aéroports entre eux. D’où l’impératif d’avancer. Mais même là, plus rien n’est certain.

D’une part, le programme des travaux a été ré-échelonné afin d’alléger la charge financière, et d’autre part, les contraintes techniques ont induit des retards, tout ceci faisant que les principales lignes ne seront pas livrées en 2024 mais en 2026. Pour la Cour des Comptes,

« à ce jour, la maîtrise des délais et des coûts semble très compromise et il est très peu probable que les objectifs définis jusqu’à présent par le Gouvernement soient tenus. » (page 13)


En septembre dernier, le nouveau patron de la SGP 
se voulait confiant pour livrer ce qu’il faut en temps et en heure pour les JO, mais il ajoutait qu’il se donnait jusqu’au printemps 2019 pour finaliser le calendrier et il modulait sa promesse en précisant : « il ne faut pas qu’il y ait de mauvaises surprises. » Le pire est donc, sinon certain, du moins tout à fait plausible.

Où en est-on aujourd’hui ? On en est comme d’habitude à chercher de nouvelles taxes un peu partout pour combler les failles béantes de ce nouveau mastodonte étatique. C’est ainsi que dernièrement, lors de l’examen de la loi de Finances pour 2019, les députés ont voté deux taxes spéciales pour renforcer les comptes de la SGP :

D’abord une taxe additionnelle de 15 % à la taxe de séjour pour les communes d’Île-de-France, ainsi que le souhaitait Valérie Pécresse (LR), jamais en reste d’avoir de bonnes idées pour taxer. Il est vrai que le tourisme est un secteur parfaitement anecdotique qu’il faut assommer d’impôts, surtout à Paris. La seconde consiste en un « aménagement » (à la hausse, faut-il le préciser) de la taxe sur les bureaux et autres locaux professionnels appliquée en Île-de-France.

Considérées avec beaucoup de désinvolture comme « indolores » par les députés, ces taxes supplémentaires inquiètent le secteur du tourisme et le Medef. Ce dernier dénonce :

« une fiscalité instable et en constante augmentation (…) une propension à s’attaquer aux atouts majeurs de notre économie, tout particulièrement l’immobilier et le tourisme. »

.
Une mise en garde qui ne risque pas d’effleurer le gouvernement tant il est aux abois pour tout et tant la SGP est très loin de l’équilibre, même avec ces nouvelles ressources. Maintenant, la ministre des Transports Elisabeth Borne aimerait bien pouvoir piocher dans les droits de mutations qui reviennent aux départements et elle a justement convoqué les Présidents des départements à cette fin hier.

Ceux-ci utilisent les droits de mutation pour financer leur part de la politique sociale, notamment le RSA. Or le niveau élevé du chômage comme la détérioration de la croissance économique et la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités rend leur situation financière tout aussi délicate que celle de la SGP. Donc « pas touche à nos droits » ont-ils expliqué en substance à la ministre.

En revanche, pourquoi ne pas en rajouter une couche du côté de la « petite surtaxe indolore » à jolie tendance écologique ? Pour le Président du Val de-Marne Christian Favier (PC) :

« Il y a encore des marges, on peut accroître davantage la taxe sur les parkings des centres commerciaux, ce serait une fiscalité écologique. »

Il faut vraiment avoir un fameux culot, un aveuglement colossal et un sens des réalités complètement dévoyé pour oser faire une telle proposition en plein mouvement des Gilets jaunes. Comme si la taxe sur les parkings des centres commerciaux, déjà absurde(2) en elle-même, n’était pas répercutée sur le prix final payé par les consommateurs, comme si la repeindre hâtivement en vert pouvait la rendre plus acceptable et résoudre quoi que ce soit, fiscalement ou socialement !

Il est aisé de renvoyer les Gilets jaunes – qui ont le soutien ou la sympathie de plus de 75 % de la population française, rappelons-le – à leurs contradictions comme l’a fait Emmanuel Macron en déclarant : « On ne peut pas avoir dans un même slogan baissez les taxes et créez des crèches. » L’un des problèmes(3) de sa formule étant qu’elle suppose que chaque euro prélevé est dépensé avec efficacité et lucidité.

Or ce n’est pas le cas, on en a des exemples nouveaux tous les jours. Les projets mal goupillés et les gaspillages s’accumulent, mais dans la sphère publique, jamais personne ne siffle la fin de la récré, jamais personne n’est sanctionné.

Aussi, derrière la fronde contre l’impôt, il serait stupide de ne pas lire également toute la réprobation des gens qui comptent leurs deniers à l’encontre du laxisme de décideurs politiques trop peu scrupuleux de l’argent des autres et toujours prêts néanmoins à nous donner des leçons de conduite.


(1) Je ne le réécris pas dans l’article, mais je le redis quand même : on a eu confirmation cette semaine que la France était bien la championne européenne des prélèvements obligatoires, 48,4 % du PIB en 2017 d’après Eurostat.

(2) Destinée à l’origine à lutter contre la désertification des centres-villes, rendus déserts parce que les voitures en sont chassées !

(3) Du point de vue des libéraux, un autre problème crucial consiste à se demander si l’Etat doit s’occuper des crèches, mais c’est un autre sujet que celui que je soulève ici.


Un second article « Où va l’argent ? » examine si la mission sécurité des biens et des personnes est assurée correctement par l’Etat (7 décembre 2018).


NOTE DE SERVICE DE LA MAISON MP

Chers lecteurs,

Voici bientôt 4 ans que je tiens ce blog libéral auquel vous contribuez grandement par vos lectures, commentaires et partages. Peu à peu, j’ai eu le plaisir de voir se former une petite communauté bien vivante autour de mes articles. C’est pourquoi je propose aujourd’hui à ceux qui le souhaitent (et le peuvent) qu’on se retrouve autour d’un verre pour faire connaissance et discuter de nos sujets préférés en toute décontraction.

Jeudi 10 janvier 2019 à Paris de 18 h à 20 h.
Le lieu exact sera précisé quand j’en saurai plus sur le nombre de participants.
Vous pouvez me contacter par mail : Nathalie_MP@sfr.fr


Illustration de couverture : Premier tunnel creusé du Grand Paris Express (2018) et belle allégorie du puits sans fond ni contrôle où s’engloutit « le pognon ». Photo : © Société du Grand Paris / Gérard Rollando.

21 réflexions sur “Où va l’argent ? (I) Plongée dans les abîmes du Grand Paris Express

  1. Et oui, l’erreur des Gilets Jaunes, c’est de demander : « où va l’argent ? » alors que tout le monde le sait.
    Gabegies informatiques (Louvois et autres)? salaires de complaisance (municipaux absents, membres de comités Théodule), frais des ministres, députés, présidents, agences gouvernementales (dont l’utilité est quasi-nulle).
    En posant une mauvaise question, le peuple laisse le gouvernement répondre par « notre modèle social… »
    Tout un dialogue de sourd.

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  2. Excellent, comme toujours, et pour une fois, j’interviens: tout ceci ne fait que révéler la profondeur de la corruption de l’état français et de tous ceux qui en tirent avantage à tous les échelons.
    Tout ce qui touche la fonction « publique » est totalement corrompu par le principe, profondément ancré dans l’esprit de la plupart des Français: « toujours plus d’avantages ». Et le plus petit employé de la fonction « publique » n’a de cesse que de profiter de plus en plus de sa situation. Quand on arrive à des 40 jours (voire plus) d’absantéisme moyen par an, on voit qui est corrompu.
    Quant au haut de l’échelle, c’est sa raison de vivre: se distinguer auprès de ses pairs par la plus grande ampleur de l’escroquerie réalisée. Contemplez Mme Royale, c’est l’exemple emblématique de ce à quoi la corruption d’un élu peut parvenir: un sumum d’incompétence bouffi d’un maximum d’avantages indus.

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  3. Il y a quelques semaines, je ne sais quelle politicienne non identifiée pérorait, à ce sujet, sur BFM : c’est normal qu’il y ait des dérapages budgétaires sur un tel projet, « c’est toujours comme ça que ça se passe ».

    Bah oué, ma grosse, c’est bien le problème. C’est toujours comme ça que ça se passe, en France, avec le pognon gratuit des autres. Comme quoi, l’objectif fixé par Françoise Giroud (je crois) est largement atteint : on aura atteint l’égalité hommes-femmes lorsque les femmes seront aussi nulles que les hommes à poste équivalent. Et on n’a pas besoin de taxe pour ça.

    La Suisse, en revanche, a inauguré en 2016 le tunnel ferroviaire le plug long et le plus profond du monde, sous le massif du Saint-Gothard. Avec des technologies ultra-modernes, qui permettent aux trains de se succéder à une cadence impressionnante. Le projet a duré 50 ans. Eh bien ! le chantier a été achevé à la date prévue, avec le budget prévu. Ces Suisses sont d’un chiant… aucune compréhension du fabuleux modèle social français que le monde entier nous envie.

    Curieusement, leur dépense publique est largement inférieure à la nôtre. Elle équivaut à celle de la France sous le général de Gaulle (lequel était, par conséquent, et contrairement à ce que croit un vain peuple souvent pourvu de gilets jaunes, un « ultra-libéral »). Et leur budget est bêtement excédentaire depuis 18 ans.

    Au passage, la part de l’Etat dans l’économie est minimale, en Suisse, mais les chemins de fer ont néanmoins été nationalisés. Par référendum. (Il serait même possible qu’ils soient plus nationalisés que chez nous, vu les directives européennes sur l’ouverture du rail à la concurrence. Ce serait rigolo de vérifier.)

    Même là où ils ont des fonctionnaires, donc, les Suisses s’en sortent mieux que nous. Ça doit être l’air des montagnes.

    Et pour répondre à la question idiote de « Jacline », le pognon, il va là où le demandent les Gilets jaunes. Leur catalogue de revendications est un copié-collé de la vulgate étatiste en vigueur en France depuis perpète :

    – Hausse du Smic.
    – Aides publiques à l’embauche.
    – Augmentation des retraites.
    – Hausse des aides au logement.
    – Hausse des aides aux étudiants.
    – Parité dans l’emploi et la rémunération des femmes.
    – « Inclusion » des handicapés dans la société (ça ne veut rien dire, mais ça augmenterait la dépense publique et le délire réglementaire).
    – « Accès à la culture pour tous » (par ici le bon pognon de l’Etat).

    Et même, tenez-vous bien…

    – Interdiction du glyphosate.

    On se demande quel est le rapport avec la hausse du prix de l’essence ! Je suis étonné qu’ils n’aient pas réclamé l’interdiction des grandes surfaces.

    http://www.leparisien.fr/economie/taxes-emploi-gouvernance-ce-que-reclament-les-gilets-jaunes-28-11-2018-7955988.php

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  4. @ SJJ, France Mitrofanoff et Hermodore : Merci beaucoup !

    @ Calvin : eh oui, toute la sphère publique, hors marché et souvent monopolistique, peut se contenter du mérite d’exister, tandis que le secteur privé, confronté à la concurrence, doit non seulement exister mais se montrer performant. Mais on nous vend les services de la première comme s’ils avaient la même valeur que ceux du second.

    @ Robert Marchenoir : On est d’accord. Les constats sont souvent justes, on identifie bien un malaise, mais malheureusement, dès qu’il s’agit d’envisager des solutions, rares sont ceux qui sont capables de s’extraire de la pensée magique (« prendre l’argent là où il est ») et des schémas classiques de la redistribution étatiste à la française.
    Ainsi que je l’écrivais dans un précédent article : « le pire qu’on puisse vouloir changer concerne les « fins sociales » et les bénéficiaires des attentions et redistributions de l’Etat, certainement pas le poids de l’Etat lui-même. »

    @ Zelectron : Félicitons-nous que le gouvernement ait eu le bon sens d’annuler la candidature de la France pour l’expo universelle de 2025…

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  5. Ah bon vous croyez qu’on a collectivement bien identifié le malaise ????
    Il n’y a qu’un premier ministre qui a osé dire un jour qu’il était à la tête d’un gouvernement d’un pays en faillite. On l’a rapidement remis d’aplomb dans le déni caractérisé que nous vivons depuis des dizaines d’années et même qu’il s’est fait écrabouiller pour toujours ensuite.
    Or on ne peut pas changer ou transformer les croyances populaires (dont gilets jaunes) sans avoir partagé un « état des lieux » sévère et critique sur tous les dysfonctionnements (n’importe quel expert à la transformation des entreprises commence par cette recommandation primordiale pour agir).
    Cela n’a jamais été fait en aucune occasion, préparation d’un scrutin ou arrivée d’un nouveau gouvernement. C’est la lâcheté des promesses qui est de mise et la croyance populaire du sauveur improbable genre Jeanne d »Arc ou Bonaparte.
    Malheureusement les comptes de la nation sont têtus.
    Alors ensuite, on peut reprocher au peuple de se conduire en ploucs étatistes genre gilets jaunes.
    Nos gouvernants n’ont été d’aucune pédagogie, comment peut-on imaginer alors des solutions un minimum partagées ????
    Prendre l’argent où il est ? Mais il y a bien longtemps que l’argent s’est tiré ailleurs !!! Les pauvres si ils avaient idée de leur naïveté…
    https://www.dreuz.info/2018/11/29/les-francais-ont-cree-leur-misere-et-creuse-leur-tombe-a-partir-de-1974/?fbclid=IwAR1F0yOAkztHD9rnaovhU4mBi8vxQsPHeGACpbywpyyUUBL5Ko1T-2dfAxs

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  6. La version la plus récente des revendications des Gilets jaunes. Allongée, améliorée avec plein de bonus tracks, mais toujours ce bon gros son étatiste que vous avez toujours aimé :

    https://mobile.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/zero-sdf-retraites-superieures-a-1-200-euros-salaire-maximum-a-15-000-euros-decouvrez-la-longue-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes_3077265.html

    Notez l’arrivée de revendications pro-immigrés, complètement atypiques par rapport à ce qu’on connaît des Gilets jaunes. D’après Jean-Gilles Malliarakis, cette liste est le signe que le Parti communiste tente de reprendre en main le mouvement.

    https://www.insolent.fr/2018/11/le-jaune-une-fois-encore-couleur-des-cocus-.html

    Je relève également cette demande :

    « Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie. »

    Je suis d’accord. Réclamer plus de dépense publique lorsqu’on se plaint des impôts, ça relève de la psychiatrie.

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    • Ca évolue vite, dirait-on. Les revendications ci-dessus, clairement fléchées FI (on sait que Ruffin est à la manoeuvre), ne sont apparemment qu’une « facette » du mouvement et étaient portées par les « 8 représentants » plus ou moins auto-proclamés. Mais ceux-ci ont renoncé à leur rôle, ils ne sont plus que 2 et n’ont même pas répondu à l’invitation du PM.
      Du coup, Jacline et quelques autres ont lancé hier « les Gilets jaunes libres » et tentent d’ouvrir le dialogue avec le gouvernement : https://www.lejdd.fr/Politique/exclusif-des-gilets-jaunes-lancent-un-appel-nous-voulons-etre-les-porte-parole-dune-colere-constructive-3811841
      Ils en reviennent aux revendications d’origine (gel des taxes sur les carburants, annulation de l’alourdissement du contrôle technique) auxquelles ils ajoutent des éléments plus vagues :
      « Nous demandons l’ouverture d’états généraux de la fiscalité ; d’une conférence sociale nationale ; d’assises « territoires et mobilité » qui prendront la forme de débats régionaux ; l’organisation de référendums réguliers sur les grandes orientations sociales et sociétales du pays. »
      Ils demandent aussi l’adoption du scrutin proportionnel pour les élections législatives pour la représentativité.
      Bien sûr, ça peut partir dans n’importe quel sens, après tout Jacline la première a parlé de l’ISF. Mais cela semble plus constructif et plus respectueux de l’Etat de droit : « Nous le faisons dans le respect des institutions de la Ve République, de l’ordre public, des biens et des personnes. »
      On n’est pas au bout des scissions, convulsions et récupérations de ce mouvement.

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  7. Où va l’argent ?
    Certainement pas dans la poche de la très grande majorité des fonctionnaires (obscurs, oui, je sais …), certainement pas là où tous croient qu’il va, là où tous montrent du doigt (médias, personnes mal intentionnées ou mal informées) car il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg, celle qu’on maintien à grand renfort de huées …. L’argent va à l’argent, tout simplement !
    Il n’y a qu’à regarder du côté de la dette, cette fameuse dette de l’État français surendetté, celle que creusent à la lime à ongles chacun de ces millions de fonctionnaires nantis et privilégiés (mais qui ont autant de mal que les autres à terminer le mois, si ce n’est à le commencer), la dette qui n’est autre que l’issue du jeu mondial de la finance que quelques millions d’être humains (ou pas) dans le monde se plaisent à manipuler pendant que quelques milliards d’autres rêvent de pouvoir la manipuler. Les États ne sont plus rien dans ce vaste jeu et nous sommes, par voie de conséquence, que des milliards de petits pions manipulés ….

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    • Si vous voulez. Et à votre avis, pourquoi la France a-t-elle une dette publique aussi monstrueuse ? Parce qu’elle emprunte afin de payer les traitements et les retraites de ses fonctionnaires (obscurs, méprisés et mal payés). Parce que seule l’insistance des Français à maintenir un budget en déficit depuis 40 ans permet (provisoirement) de financer une telle armée de fonctionnaires.

      Si, comme le réclament les faux ingénus des Gilets jaunes, on « arrêtait de payer les intérêts de la dette » du jour au lendemain, que se passerait-il, à votre avis ? Eh bien, aucun des membres de cette finance internationale (et française !…) que vous affectez de tant mépriser ne continerait à prêter un seul euro à l’Etat français. Le robinet de l’emprunt se fermerait instantanément.

      Ce qui signifie que vous, monsieur le fonctionnaire obscur, méprisé et mal payé, cesseriez immédiatement d’être payé deux mois par an, ou bien que vous cesseriez de toucher votre retraite deux mois par an. (Pour commencer. Je vous fais grâce de la litanie de catastrophes additionnelles qui s’ensuivraient.)

      C’est bien cela, que vous voulez ? Nous sommes bien d’accord ?

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