Insolite : 1 % des Français sont « très » satisfaits de Hollande !

contrepoints-2Les grèves et les manifestations avec ou sans bris de glace se suivent et se ressemblent (et ça coûte des sous à la France), les frasques du Président et les couacs du gouvernement se suivent et se ressemblent, les camouflages de la dette et des déficits se suivent et se ressemblent, les idées destructrices et propagandistes de notre éducation nationale se suivent et se ressemblent, et comble de malchance en ce début d’été, il pleut sans discontinuer sur ce mois de juin inondé comme sur le quinquennat crépusculaire de François Hollande. L’impression de débandade non contrôlée est telle que la déprime politique me gagne. 

Ce contexte particulièrement morose, dont on ne voit guère comment s’extraire d’ici l’élection présidentielle de 2017 (et même là… ), semble avoir gagné tous les esprits depuis un bon moment. Il s’accompagne d’un lourd désaveu à l’égard des capacités de François Hollande comme chef de l’Etat. Les péripéties de la loi Travail et la levée de boucliers qu’elle a provoquée à gauche, y compris chez des personnes, des partis ou des syndicats qui avaient ouvertement appelé à voter pour lui en 2012, est le signe imparable d’un ratage politique complet.

Popularite FH Baromètre Ipsos Le Point juin 2016Il n’est donc pas très étonnant que les sondages sur la popularité du couple exécutif se suivent et se ressemblent, tous plus désastreux les uns que les autres. J’en ai relayé un certain nombre dans de précédents articles et tous sans exception font état d’une dégringolade sans appel de François Hollande depuis son accession à l’Elysée. Deux « curiosités » toutefois, mais de faible durée : comme on le voit sur le graphique ci-dessus (insatisfaits en rouge et satisfaits en vert), les Français ont été nombreux à resserrer les rangs autour du chef de l’Etat après les attentats islamistes de janvier et novembre 2015 en lui octroyant une cote de confiance de 40 %, soit un bond de 20 % dans les deux cas, pour s’en éloigner très vivement peu après.

En cliquant sur le lien (ici) de cet utile graphique interactif proposé par Le Point à partir des résultats des enquêtes de l’Institut Ipsos, vous avez tout loisir de cocher différentes personnalités politiques dans la colonne de gauche.

En opérant ainsi sur Manuel Valls, qui est premier ministre depuis avril  2014 (suite à la défaite de la gauche aux municipales de mars 2014), on constate que sa popularité élevée de ministre de l’Intérieur (entre 50 et 60 % de juin 2012 à mars 2014) ne l’a guère servi ensuite, même en tant que successeur d’un Jean-Marc Ayrault sans relief. On observe la même chute que chez Hollande, modulo les exceptions « attentats » et modulo le fait qu’il reste toujours plusieurs points au-dessus du Président (mais l’écart se resserre vers le bas).

Les français n’aiment plus Manuel Valls, ils le jugent incompétent, dépassé et stressé, mais celui à qui ils en veulent vraiment, c’est François Hollande. Soit ils n’ont pas voté pour lui et ne s’étonnent que de voir que tout est pire que leurs pires anticipations, soit ils ont voté pour lui et le désenchantement est colossal. Car c’est bien lui, François Hollande, l’élu du peuple, qui avait promis une France apaisée, un exécutif irréprochable et une finance terrassée par les promesses du « vivrensemble », une France qui, grâce au « changement, c’est maintenant » allait atteindre à coup sûr des lendemains chantants et bondissants d’allégresse et de justice sociale.

Et bim ! Alors que tous nos voisins comparables semblent avoir récupéré un peu de santé économique depuis la crise de 2008, nous trainons chômage, dette et croissance poussive dans une explosion d’impôts et de cotisations sociales, et nous régressons dans de nombreux classements internationaux, aussi bien sur le plan économique qu’en terme de niveau des élèves ou de liberté de la presse.

IFOP juin 2016Le tableau est si sombre, l’impression de fin de règne si prégnante, qu’on en arrive à rire à gorge déployée lorsqu’on lit malgré tout dans les derniers sondages disponibles  qu’il se trouve encore 14 à 16 % des personnes interrogées qui se déclarent « satisfaites » de François Hollande (graphique IFOP de juin 2016 ci-contre, ou enquête IPSOS de mai 2016 sur près de 20 000 personnes). Ramené au corps électoral qui était de 45,3 millions d’inscrits lors des élections régionales de décembre 2015, ce chiffre correspond quand même à 6,3 millions de personnes ! Mais le plus incroyable, c’est qu’il existe encore aujourd’hui un foyer d’irréductibles hollandais « très satisfaits » de l’action du Président. Ils représentent 1 % des personnes interrogées, soit un peu plus de 450 000 personnes dans toute la France, l’équivalent des villes de Lille et Bordeaux réunies. Pas banal !

Le site internet Slate a voulu en savoir plus sur cet incroyable 1 %. La journaliste Aude Lorriaux a donc lancé sa petite investigation, sans trop de difficultés finalement, malgré les remarques sarcastiques reçues sur Twitter sur le mode « Il lui faudra passer à Lourdes pour obtenir un miracle » et autres petites blagues gentiment ironiques du même genre :

Parmi toutes les réponses reçues, elle a retenu 24 personnes, d’âges variant de 19 à 69 ans et de profils assez différents : aide-soignante, avocate, enseignant, steward, retraité de la SNCF, cadre dans l’informatique, volontaire du service civique … et sept étudiants. Tous ceux qui étaient en âge de voter ont voté Hollande en 2012 et tous voteront Hollande s’il est le candidat du PS en 2017. C’est du sérieux !

Il ressort des réponses de ces 24 témoins qu’ils sont fiers de soutenir François Hollande envers et contre tout, car les vents contraires sont pour eux l’indice que le Président va dans le bon sens. Comme tous les grands réformateurs, il est incompris, mais il tient bon pour faire prévaloir l’intérêt général.

FH Selfie 111114Au nombre de ses réformes courageuses, ils citent d’abord massivement le Mariage pour Tous, puis la loi Travail, puis la fiscalité (dont l’impôt à 75 % sur les plus riches, mesure cependant abandonnée), puis les réformes entreprises à l’Education nationale (rythmes scolaires, refonte des programmes). Si les Français ne voient pas que « ça va mieux », ce n’est pas parce que la politique est mauvaise ou hésitante, c’est avant tout un défaut de communication, doublé d’un Hollande-bashing aussi permanent qu’injustifié.

Au-delà des mesures prises dans le cadre des réformes, les 24 témoins jugent aussi que François Hollande est un personnage sympathique, doté de grandes qualités humaines et morales. Dans son rapport au pouvoir, il n’est pas monarchique, il est moderne. Ils sont tous intimement convaincus que le temps finira par rendre justice au Président :

« Ses qualités humaines me rassurent dans le bien fondé de sa politique et de ses projets. »

« On se rendra pleinement compte de l’héritage d’Hollande dans quelques années. »

C’est à se demander si l’on parle bien de la même personne. Il suffit de se remémorer quelques épisodes fracassants de sa vie privée, que même Sarkozy n’est pas parvenu à égaler, il suffit de se rappeler que la France vit sous le régime de l’état d’urgence depuis mi-novembre, il suffit de repenser à l’utilisation effrénée du 49.3 pour adopter des lois minuscules, pour conclure assez vite que, ni moderne ni monarchique, François Hollande est plutôt dans la catégorie des petits joueurs autoritaires et sans grandeur.

La journaliste de Slate n’y a pas songé ou n’a pas osé aller jusque-là, mais elle aurait pu sans problème intégrer Dominique Villemot à son groupe témoin. De toute façon, on a une bonne idée de ce qu’il pense, ou du moins de ce qu’il pense en public, puisqu’il s’est donné la mission de porter la bonne parole hollandaise dans les médias et d’assurer le service après vente du gouvernement.

Qui est Dominique Villemot ? Dans mon portrait de Hollande intitulé Y a-t-il un mystère Hollande ? je signalais en note que :

Le 30/09/2015, jour de la présentation du budget 2016, Dominique Villemot, présenté comme avocat et président d’honneur de l’association Démocratie 2012, se fendait dans Marianne d’une tribune intitulée « Hollande répare les erreurs économiques de la droite », en soutien du budget. Or Dominique Villemot est un ami de François Hollande, membre de la promotion Voltaire de l’ENA, décoré de la Légion d’honneur par le Président en 2013 et sa plume à l’occasion.

Eh bien M. Villemot, pas découragé le moins du monde, a récidivé le mois dernier dans L’Opinion en soutien des comptes publics 2015 et du « Ça va mieux » gouvernemental. Encore plus dithyrambique, si c’est possible, que les 24 témoins de Slate, il n’a pas hésité à déclarer : 

« On peut ne pas aimer François Hollande, on peut souhaiter le retour de la droite au pouvoir, mais l’honnêteté intellectuelle implique de reconnaître que, comme on le dit familièrement, François Hollande aura fait le job. »

Ah, si c’est l’honnêteté intellectuelle qui commande de tels propos, regardons dans le détail, ça promet d’être intéressant. J’ai déjà consacré des articles spécifiques aux comptes publics 2015 et au taux de chômage, et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’enthousiasme apparemment béat qui anime Dominique Villemot a besoin de beaucoup de non-dits et beaucoup de comparaisons peu flatteuses pour se justifier.

Aucune référence à la crise de 2008, sauf pour vilipender la politique de Sarkozy, aucune référence aux pays les plus performants de l’UE, mais la mise en avant de performances supérieures à celles de la Grèce ou de l’Espagne, notamment le fait que le pays n’a pas connu la récession sous Hollande et qu’il n’a pas été mis sous tutelle de l’UE ou du FMI. Et la promesse qu’en 2017, tout sera impeccable, croissance sautillante et chômage dûment retourné. Pour le chômage, on le croit sur parole. Ce n’est pas pour rien que François Hollande a annoncé vouloir mettre 500 000 personnes en formation. Joli travail de propagande que nous fait l’ami de François Hollande, une fois de plus présenté pudiquement comme « Avocat, président d’honneur de Démocratie 2012, auteur de La gauche qui gouverne. »

Confrontée régulièrement au choix d’un sujet de politique française pour ce blog, je ne sais plus quoi dire, tant il ne se passe plus rien depuis mars si ce n’est la réactivation permanente des mêmes ficelles du côté du gouvernement et l’absence de réaction du côté de l’opposition.

J’ai l’impression que notre vie politique est entrée dans une vaste zone marécageuse pré-électorale quasi-immobile et croupie qui va se déployer jusqu’à l’élection présidentielle de 2017. Sauf événement imprévu, tout va se jouer autour des candidatures des uns et des autres, primaires, pas primaires, bilan, inventaire, chiffres du chômage, comptes publics 2016, window dressing à tous les étages, etc… Ça va être affreusement long.


 FH 2Illustration de couverture : François Hollande – Photo AFP.

15 réflexions sur “Insolite : 1 % des Français sont « très » satisfaits de Hollande !

  1. Tout d’abord, mon étonnement satisfait pour le Brexit !
    Après l’assassinat de Jo Cox, j’avais misé sur le Non à 45 %.
    A nous le Frexit.
    Sur votre billet … j’ai un trouble concernant la dramatique chute de nos élites.
    J’ai toujours eu un sentiment de compassion pour le toro dans l’arène.
    Pauvre Holland’ouille, pauvre Vallsounet !
    Ils ne sont pas responsable de leur échec, pas plus que Sarkozy …
    Pauvre Ali Juppé qui en redemande ! S’il savait.
    Lui n’aura même plus le « mariage pour tous » … reste la GPA.
    Taubira a raison … nous vivons un changement de civilisation !

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  2. Ce sont des « poussières » que nos zélites nous ont cachées sous le « tapis » et qu’ils nous ressortent pour montrer que certains vont mieux puisqu’il l’a dit, que « Cava mieux ».
    Moi, je n’ai pas été touché par les « poussières ». Mais pour le coup de balai, je suis d’accord, encore qu’il me semble qu’un bon nettoyeur vapeur serait plus adapté pour nettoyer l’incurie française.

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  3. Nathalie,
    Je n’ai pas voté FHQ et je ne suis pas « étonné » de voir que tout est pire que mes pires anticipations, je suis désespéré, et je ne dois pas être le seul dans ce cas…

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  4. Il vaut mieux « révolté » c’est plus dans l’air du temps avec le « moustachu ».
    Et merci aux anglais de nous « quitter ». Ils verront comment un « continent » va se « noyer » avec l’Audacieux à notre tête pour encore 10 mois. Et même Angela ne pourra pas lui « payer » sa campagne électorale. De ce que je « sais » c’est Mitterand qui avait subvenu à la campagne du chancelier allemand du SPD de l’époque. Mais qu’importe pour les anglais, quand on sait qu’ils leur faudra 2 ans pour se défaire des contraintes « bruxelloises et surtout allemandes ». Et pour nos 1% d’handicapés du bulbe ce sera pire que 52% pour le Francelixt. Le français va franchir le « rubicon ». Et retrouver les libertés qu’ils nous avaient « volées ».

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    • Gebe
      « Et merci aux anglais de nous « quitter ».
      Ils verront comment un « continent » va se « noyer »
      Un détail, Holland’ouille est un figurant et c’est l’audacieuse qui contrôle de business avec le NewDM (baptisé €) et une poignée d’oligarques qui font leur job pour masquer la réalité du IVème Reich !

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  5. Gaspard Koenig, une fois de plus, s’emploie à donner une image détestable du libéralisme. Suite au Brexit, il écrit dans Le Figaro :

    « Je hais les nations, épiphénomène sanglant de l’histoire humaine, et méprise les nationalistes. La «souveraineté nationale», c’est un os à ronger lorsqu’on a perdu la seule souveraineté qui compte: celle de soi-même. »

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/06/24/31001-20160624ARTFIG00316-brexit-le-coup-de-gueule-de-gaspard-koenig.php

    Et il avoue tout de go « mépriser » l’Angleterre qui a voté contre l’UE : les « hooligans » et les « Little Englanders », selon lui.

    On avait bien compris les motivations réelles de ceux qui prétendent que s’opposer à l’immigration de masse (facteur primordial dans le vote Leave), c’est être « raciste » et c’est cultiver la « haine ». Nous en avons la confirmation ici.

    Gaspard Koenig se déboutonne, et fait la preuve qu’il n’y a pas plus raciste que les « anti-racistes », pas plus haineux que les professionnels de la chasse contre la haine, pas plus méprisant que ceux qui n’ont que le « respect » et « l’ouverture à l’Autre » à la bouche.

    Ce type est généreusement accueilli par les Anglais qui lui permettent de vivre sur son sol et d’y exercer des activités que j’ignore (mais que je suppose lucratives), et il se permet de les insulter en les traitant de « Little Englanders » !

    Je ne vois pas la différence avec un Noir installé en France qui se permettrait de traiter les Français de « babtous », ou un Arabe qui les traiterait de « kouffars ». Et ça tombe bien, Koenig est leur allié dans le sans-frontiérisme et l’abolition des nations…

    « Qui se réjouit du Brexit? Le quarteron des blonds platine: Boris Johnson, Donald Trump, Marine Le Pen, Geert Wilders. On va recommencer à trier les humains en fonction de leurs livrets de famille et à les parquer derrière les barbelés des frontières. »

    Dans le même souffle, le « libéral » Koenig joue les anti-racistes, et se permet de juger les gens selon la couleur de leurs cheveux ! Une fois de plus, on a la confirmation du fait que anti-raciste = anti-Blancs.

    Imaginons cinq minutes le tollé, le bannissement social voire les poursuites judiciaires qui accueilleraient l’auteur d’une déclaration du genre : « Qui se réjouit de l’abolition des frontières ? Le quarteron des bronzés : Christiane Taubira, Rokhaya Diallo, Rama Yade et Louis-Georges Tin ».

    Mais Koenig, lui, il peut, puisqu’il a la Carte, il est du Bon côté, c’est un gauchiste de modèle courant à peine maquillé derrière un fond de teint libéral (parce que c’est plus cool que le socialisme de papa, quand même…).

    « En passant la frontière du Royaume-Uni à Heathrow, d’où les étoiles européennes disparaîtront bientôt, ma décision était prise : plier bagage. »

    Gagerons que cette rodomontade restera lettre morte, au même titre que les déclarations du Yannick Noah annonçant qu’il quitterait la France si Sarkozy était élu, ou celles de tous les professeurs de morale qui jurent qu’ils en feront autant en cas de victoire du Front national.

    « Une bonne partie des 300 000 Français vivant au Royaume-Uni fera probablement de même, de gré ou de force. »

    Affirmation stupide, étayée sur rien et contredite hier encore par de vrais connaisseurs du dossier sur BFM. Pourquoi diable les Français quitteraient-ils l’Angleterre ? Ils n’y sont pas venus pour l’Union européenne, qu’ils ont à domicile ; ils sont venus pour le libéralisme, le vrai, celui que Koenig s’emploie à salir. Quant à prétendre que Londre les mettra dehors, c’est une calomnie et une sottise.

    « Oui à la démocratie, non au «peuple», fiction de romancier. »

    Donc, le « libéral » Koenig veut une démocratie sans peuple. C’est original… C’est aussi ce que voulaient les communistes, mais il n’a pas l’air de s’en rendre compte.

    Et pour parfaire le tableau :

    « Qui a voté pour rester dans l’Europe ? L’Irlande du Nord, L’Ecosse, Londres. Et les jeunes (de manière écrasante: 75% des 18-24 ans, et la majorité des moins de 50 ans). Pourquoi ne prendraient-ils pas leur indépendance eux aussi ? »

    Après la racisme anti-Blancs, après le racisme anti-nations, voici le racisme anti-vieux. La classe ouvrière, avant-garde de la révolution qui impose sa dictature légitime, ça sent tout de même un peu la poussière ; donc, va pour la classe des jeunes, avant-garde de la révolution qui impose sa dictature légitime.

    Il est bien connu que la sagesse réside chez les jeunes, tandis que les vieux sont des vieux cons. Toutes les démocraties du monde estiment, à rebours, qu’on ne doit pas avoir le droit de vote lorsqu’on est trop jeune ; apparemment, Gaspard Koenig, lui, pense qu’on devrait retirer le droit de vote à ceux qui sont trop vieux. Et il n’est pas le seul. C’est très tendance, comme idée, la glorification de la « jeunesse » et l’appel à la haine contre les « vieux », d’où viendraient tous nos maux…

    Sachant qu’on est vieux jeune, chez les Koenig et autres effrontés de ce genre… Tes père et mère honoreras — je dis ça juste pour mémoire, mais je sens bien que c’est une impératif de vieux con, pensez : ça a bien deux mille ans, c’est vous dire si c’est faux ! Une époque où le libéralisme n’existait même pas !

    « Après tout, plutôt que de partir, pourquoi ne pas nous approprier Londres? «Take back control», qu’ils disaient. Chiche. Que les esprits cosmopolites du monde entier fassent de Londres leur pays, un pays libre, jeune, ouvert et prospère. »

    Voilà : mentalité de voyou, mentalité d’envahisseur, mentalité de communiste ou de musulman. L’Angleterre, c’est à nous, on va vous la voler. On n’en a rien à faire de ce que vous pensez, du résultat de votre vote, et si tous les Somaliens, tous les Afghans, tous les Irakiens et tous les Syriens du monde pouvaient m’aider à occuper ce pays pour lui donner une bonne leçon, voilà qui m’arrangerait.

    Cela fait bien longtemps qu’un certaine frange des « libéraux constitués » en France illustre ce détestable travesti du libéralisme qui se résume à : « Fais-moi pas chier, et je t’emmerde ». En m’excusant pour la grossièreté, mais c’est vraiment la meilleure façon de les décrire. Gaspard Koenig, lui, va encore plus loin en revendiquant la disparition des nations et des peuples.

    Outre que, pour un « agrégé de philosophie », c’est manifester une ignorance radicale de l’histoire et une ignorance encore plus grande de la nature humaine (les peuples et les nations ne disparaîtront jamais), Koenig nous invente ici une nouvelle doctrine, le libéral-nihilisme.

    Inutile de dire que cela n’a rien à voir avec le libéralisme.

    Pour se nettoyer des salissures intellectuelles et morales de Gaspard Koenig, on peut avantageusement lire l’article écrit à la veille du scrutin par Charles Gave, un vrai libéral, lui.

    http://institutdeslibertes.org/la-vraie-signification-du-debat-sur-le-brexit/

    Et un vieux. N’en déplaise au jeune fat Gaspard Koenig. Qui ferait mieux de se rappeler qu’à 34 ans, il n’est déjà plus très frais lui-même, s’il l’a jamais été.

    Aimé par 1 personne

    • « Gaspard Koenig, une fois de plus, s’emploie à donner une image détestable du libéralisme. »
      Oui, et comme vous je trouve ce coup de gueule prétentieux et outrancier.
      G. Koenig n’est guère plus éclairé avec son revenu universel.

      Par contre, je ne partage pas du tout les désirs d’exit qui proviennent de partis populistes et nationalistes qui n’ont qu’une, ou plutôt deux idées en tête : 1. fermer les frontières à l’immigration, parce que l’étranger, musulman en plus, c’est le mal, et 2. ouvrir les sprinklers à inflation avec la récupération de la politique monétaire.
      Et là où Koenig a raison, c’est que ces idées d’exit sont portées par des éléments particulièrement racoleurs de notre vie politique : qu’on ne me dise pas que Marine Le Pen a une haute idée de la nation française, elle a surtout une haute idée de comment récolter des voix en désignant l’ennemi extérieur, Bruxelles et les migrants. Sa proximité avec Poutine est un indice du foutage de gueule qu’elle nous inflige en permanence avec sa fausse sollicitude nationale.

      Quant à Charles Gave, il a beau être vieux, comme ça fait longtemps qu’il ressasse les mêmes choses avec beaucoup de supériorité lui aussi, il ne se donne même plus la peine de réfléchir et ce n’est pas mieux.
      Ce qu’il ne voit pas, M. Gave, c’est que l’UE a justement été possible par abandon volontaire d’une partie de souveraineté : mouvement inédit, nouveau, révolutionnaire, de nations matures après moult guerres ravageuses intra-Europe. Ce fut une inflexion vraiment prodigieuse dans le cours de l’histoire. Les Exits, c’est le reptilien qui reprend le dessus.

      Qu’est-ce qui vous empêche d’être Français au sein de l’UE ? Rien, absolument rien. Qu’est-ce qui nous empêche, nous chrétiens, d’aller à la messe ? Rien, absolument rien. Il y a beaucoup de faux trémolos dans tout ça. Beaucoup de faux sentiments nationaux mis sur la place publique et beaucoup de peurs entretenues. C’est typique dans le Pas de Calais. Gros vote FN, par pure peur de choses absolument pas vécues : les migrants sont à Calais pour aller au UK, point. Dans le reste de la région il n’y a pas un seul noir ou arabe.

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      • Oui Nathalie, on peut très bien être français en Europe, mais depuis quarante ans , on nous a vendu une espèce de chimère issue d’un rêve peace & love de baba-cools ! longtemps nos dirigeants ont rêvé des états unis d’Europe, et devant l’impossibilité d’y parvenir, on a assemblé cet édifice, cette machine à contraindre, à normer, histoire de dire que « ça avançait » … A vouloir imposer le même menu pour tous, on a créé des mécontents, et les réveils nationalistes ou plutôt souverainistes à la base, étaient des réactions prévisibles.
        La CEE marchait bien, était-ce indispensable, et surtout raisonnable, de forcer une UE souvent contre l’avis des peuples concernés ? La Corée du sud a-t-elle eu besoin d’une « union asiatique » pour décoller économiquement ?
        Le Brexit, c’est l’occasion de se réveiller, et de remettre un peu sur le tapis le projet européen. C’est comme la gueule de bois, Nathalie, et comme je sais bien que vous ignorez ce que c’est 😉 , je vous cite Dean Martin : » je plains celui qui n’a jamais eu la gueule de bois, parce qu’il ne sait pas à quel point c’est bon , quand ça s’arrête ! » . Bon les premières heures, c’est pénible, mais ça passe !

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      • « Le Brexit, c’est l’occasion de se réveiller, et de remettre un peu sur le tapis le projet européen.  »
        Oui, absolument, et c’est ce que je dis depuis longtemps (arrêter la PAC, se limiter à l’harmonisation des normes, diplômes etc…, maintenir le pacte de stabilité), sauf qu’on voit bien que ce n’est pas ça qui est en jeu. C’est le retour au quant à soi sous prétexte que l’UE serait une machine à asservissement, l’URSS etc .. etc… bonjour les comparaisons complètement hystériques.
        Si il y a de vrais dangers d’asservissement, il n’est pas besoin de faire appel à l’UE : rien qu’en France, on a l’état d’urgence, la loi renseignement et une refonte des programmes de Educ nat tous les jours de pire en pire. Et ça c’est du concret, du direct. Et ça, c’est vraiment contre la France.
        Par contre : les citoyens mécontents de l’UE ne sont mécontents de l’UE que parce que des politiciens attisent la haine de l’UE, en font le bouc-émissaire de tous nos problèmes. Sortons de l’UE vendue à la caste Bruxelloise, à l’argent, à la mondialisation et à la finance internationale, et on va retrouver le contrôle, notre fierté, et patati et patata, dit le FN, FN qui je le répète n’a que 2 idées en tête : fermer les frontières et dévaluer. Discours strictement populiste, donc strictement faux.
        Et j’aimerais vraiment qu’on me cite des mesures concrètes qui font que chaque citoyen personnellement se sent remis en cause dans sa francitude, son hispanitude, etc… J’aimerais qu’on m’explique en quoi l’UE a raboté les spécificités des pays pour aboutir à un vaste ensemble uniforme sans goût ni grâce. Depuis Lille je vais en Belgique ou au UK, depuis Bri je vais en Italie, très fréquemment, et je peux vous dire qu’on n’est pas dans les mêmes pays, pas du tout.

        Donc oui les conditions de l’Union doivent être réformées dans le sens du less is more, mais non, le discours d’exit n’est pas un discours objectif, responsable et certainement pas porteur de liberté.

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      • « je ne partage pas du tout les désirs d’exit qui proviennent de partis populistes et nationalistes « , nous non plus Nathalie, mais ça ne nous empêche pas de trouver que l’EU d’aujourd’hui a une furieuse tendance à compenser son inexistence politique, diplomatique et militaire, par une production industrielle de lois, normes et contraintes diverses !
        J’ai un parent qui travaille chez un manufacturier de pneus, et qui va depuis bientôt 2 ans , tous les mois à Bruxelles, participer à des réunions pour la définition de « normes de test de pneus » ! et je ne vous ressors pas l’harmonisation des cuvettes de WC … et il est temps qu’on arrête de planer, et qu’on se remette à réfléchir.
        Que les partis populistes fassent l’amalgame avec les questions d’immigrations, je dirais que c’est leur fond de commerce, c’est normal. Mais faire comme Koenig ou Polony et agiter l’épouvantail du populisme menaçant pour justifier l’indéfendable UE dans sa forme actuelle, voire en faire de la surenchère, non !

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      • Vous me lisez mal, je ne défends pas du tout cette obsession normative, je souhaite de ce point de vue que l’UE en fasse bcp moins, et je souhaite aussi qu’on s’arrête à 27. Et je souhaite qu’on aboutisse à la fin de la PAC.
        Quant au racolage populiste, ce n’est pas un épouvantail, c’est bien la face exacte de la demande pour un frexit en France et dans d’autres pays. Au RU la motivation essentielle des Brexiters était la fermeture des frontières, pas du tout les normes. Voir interview de Sophie Pedder dans Atlantico dont j’ai donné le lien en réponse à Robert.
        Je prépare un article post Brexit, il risque de ne pas vous plaire … 🙂

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