Discrimination positive et conséquences négatives

Mise à jour du vendredi 12 février 2016 : Eh bien voilà ! En grand chef d’Etat qu’il est, François Hollande n’allait pas laisser perdurer plus longtemps les discriminations et les inégalités criantes de notre société. Si, lors du remaniement ministériel d’hier, il n’a pas osé aller au bout du raisonnement réellement égalitaire en plaçant Dame Ségolène, qui appartient pourtant à l’espèce assez rare des dindes du Poitou, aux Affaires Etrangères (peut-être parce qu’il la connait trop bien ce qui donne certainement furieusement envie de discriminer), il a quand même décidé de frapper fort en nommant une certaine Ericka Bareigts Secrétaire d’État chargée de l’Égalité réelle et une certaine Barbara Pompili Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité. Finie la triste époque où on pouvait voir un homme blanc hétérosexuel prendre la place d’un koala femelle dans un conseil de quartier ou dans l’équipe de France de curling ! Vive l’égalité réelle et vive la biodiversité ! Le bonheur pour tous est assuré !


En ce début d’année 2016, deux événements artistiques de grande renommée relancent le difficile débat sur la discrimination des personnes et sa solution par la discrimination positive. Le 43ème Festival international de la BD d’Angoulême, qui va se tenir du 28 au 31 janvier prochains, a publié la sélection des trente auteurs pouvant prétendre à son Grand Prix : horreur, pas une seule femme dans la liste ! Et à Los Angeles, l’Académie organisatrice de la cérémonie des Oscars programmée le 28 février a versé dans les mêmes excès en n’incluant aucun acteur afro-américain parmi les nominés. Face aux tollés que ces dispositions ont suscité et sous la pression des menaces de boycott et de désistement de participants majeurs, les deux organisations, tout en se défendant de tout sexisme pour la première ou racisme pour la seconde, ont dû revoir leur copie. 

♠ A Angoulême, dès parution de la sélection, un collectif de créatrices de BD en a appelé au boycott du vote du Grand Prix. Les autrices, ainsi qu’elles s’appellent, se voient immédiatement comme victimes du sexisme des hommes sans envisager que le jury, selon ses propres critères, puisse n’avoir considéré que la qualité des travaux présentés. Elles estiment que la liste 100 % masculine donne un mauvais signal aux femmes qui veulent se lancer dans la BD en les décourageant et en brisant leur ambition :

Nous nous élevons contre cette discrimination évidente, cette négation totale de notre représentativité dans un médium qui compte de plus en plus de femmes.

Nous demandons tout simplement une prise en compte de la réalité de notre existence et de notre valeur.

Il faut forcer les choses, comme en politique ou dans les milieux dominés par les hommes.

Elles furent rapidement suivies par des nominés déjà primés tels que Riad Sattouf ou Joann Sfarr. Le premier a indiqué sur Facebook qu’il se retirait de la liste et cédait volontiers sa place :

Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je vais pas faire la liste de tous les gens que j’aime bien hein !)…

Un auteur italien argumente quant à lui que les femmes ont eu une telle place dans son travail et dans sa vie qu’il ne peut participer à un prix où elles ne sont pas représentées. Fleur Pellerin, ministre de la Culture, a également déploré l’absence de femmes dans la sélection :

« La Culture doit être exemplaire en matière de parité et de respect de la diversité, le compte n’y est pas tout à fait. »

De son côté, le directeur du Festival d’Angoulême a fait valoir que le Grand Prix récompense un auteur pour l’ensemble de son oeuvre, ce qui suppose d’avoir un ensemble d’oeuvres à son actif. C’est donc un prix qui regarde le passé. D’autre part les femmes sont peu nombreuses dans l’histoire de la BD. Selon les derniers chiffres connus, elles représentent actuellement 12,4 % des créateurs de BD francophones. Depuis que le Festival existe, deux femmes ont été primées : Claire Brétécher (1983) et Florence Cestac (2000). D’autres, comme Marjane Satrapi, ont été nominées, mais pas élues par les auteurs. Finalement, le Festival d’Angoulême a décidé de supprimer toute liste de pré-sélection et de laisser les auteurs voter à leur guise pour le lauréat de leur choix.

♣ A Hollywood, la sélection des nominés est entièrement blanche pour la deuxième année consécutive. Le réalisateur Spike Lee, puis l’acteur Will Smith, puis son épouse, puis George Clooney puis Mark Ruffalo se sont émus de cette situation et prônent le boycott pour les uns et l’instauration de quotas pour les autres. Pour Will Smith, le 7ème art américain régresse :

« Tous les gens nommés cette année sont exceptionnels mais ce n’est pas prendre la bonne direction. »

De plus, les 6200 jurés des Oscars sont jugés trop peu divers donc trop enclins à brider la diversité des sélections. L’Académie du cinéma a donc décidé d’apporter des modifications au recrutement des jurés afin d’en varier les origines.

Une voix discordante s’est néanmoins fait entendre, celle de Charlotte Rampling, nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice. Elle considère que les remarques négatives sur la sélection constitue une forme de racisme anti-blanc. « Peut-être que les acteurs noirs ne méritaient pas d’être dans la dernière ligne droite, » a-t-elle fait remarquer, avant d’adoucir ses propos un peu plus tard, face à la bronca déclenchée :

« J’ai simplement voulu dire que dans un monde idéal chaque ‘performance’ devrait recevoir la même opportunité de reconnaissance. »

.
♥ Les réactions de solidarité avec les femmes auteurs ou avec les acteurs noirs reflètent incontestablement la généreuse empathie de ceux qui les considèrent injustement absents des sélections. « Les gens que j’aime bien » dit Riad Sattouf, « les femmes ont une grande place dans ma vie artistique » dit le dessinateur italien, « les nominés sont exceptionnels » reconnaît Will Smith, déplorant non pas des mauvais choix artistiques, mais l’absence d’acteurs noirs. Mais précisément, cette affectivité indéniablement chaleureuse répond-elle bien à la question posée ?

Loin de moi l’idée de rejeter tout concept de discrimination comme si ça n’existait pas et n’avait jamais existé. L’histoire des Etats-Unis montre amplement que les noirs ont dû batailler ferme pour obtenir des droits civiques équivalents à ceux des blancs, à commencer par l’abolition de l’esclavage par Lincoln en 1865. Et plus largement, l’histoire des pays occidentaux montre tout aussi clairement que les femmes ont dû se battre pour conquérir leurs droits par rapport aux hommes. Rappelons qu’en France les femmes n’ont pu travailler et ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de leur mari qu’en 1965. Ce n’est pas si vieux, j’étais née !

Rappelons aussi que si tous les droits civiques auxquels on peut penser sont aujourd’hui dans la loi le lot indistinct de tous les individus vivants en Occident, sans considération d’origine d’aucune sorte, ce n’est certes pas encore le cas en Corée du Nord, par exemple, et dans le monde musulman où les droits des femmes sont particulièrement bafoués.

La notion de discrimination positive, exprimée par les dessinatrices sous la forme « il faut forcer les choses » et par Spike Lee avec sa demande de quotas pour les minorités dans le cinéma, consiste à dire que même si l’égalité est réalisée dans la loi, elle ne l’est pas assez dans la vie réelle. Il conviendrait alors de prendre des mesures afin d’obliger tout sous-ensemble de la population, tel que conseil municipal, comité de direction d’une entreprise, diplômés d’une école, personnes nominées pour un prix, etc… à avoir une représentation proportionnelle aux diversités observées dans la population générale.

L’intention est bienveillante, mais n’est pas sans défaut. Si une parfaite représentativité est indispensable pour effectuer un sondage d’opinion, où l’idée est précisément d’obtenir une image photographique de la population, en quoi devient-elle nécessaire pour décerner un diplôme ? Si l’attribution du diplôme consiste à classer les étudiants en fonction de leurs résultats, et uniquement en fonction de leurs résultats, comme le veut du reste notre notion bien française du « mérite républicain », les diplômés colleront à la répartition hommes/femmes, blancs/noirs, bruns/roux, homos/hétéros de la population générale, ou n’y colleront pas, et on s’en fiche, car on teste la réussite aux examens, pas la couleur des yeux.

Mais supposons qu’on prévoie des places spéciales pour les femmes, ou pour les noirs, ou pour les roux. On résout ainsi le manque d’égalité réelle qu’on croit discerner dans la société tout en créant un nouveau problème : on inflige à la personne ainsi sélectionnée de toujours susciter un doute sur ses capacités intrinsèques. La femme ou le noir ou le roux accédera à l’instance voulue, mais dans cette instance comme dans l’esprit du public, restera celui ou celle qui est là « grâce aux quotas. » La discrimination positive est une forme de stigmatisation.

En tant que femme ou en tant que noir ou en tant que roux, j’ai envie de réussir par moi-même, par mon travail ou mes talents, sans l’aide de l’attribution d’un handicap. Non seulement j’en ai envie, mais je pense aussi que j’en suis capable. Qui sont ces gens qui me croient trop stupide ou trop faible pour avoir le moindre talent personnel sans un petit coup de pouce sans rapport avec la sélection effectuée ? Tu n’y arriveras jamais par toi-même, alors on va t’aider, et tu seras éternellement notre obligé. La discrimination positive est aussi une forme de mépris.

En tant que femme, noir ou roux engagé dans telle ou telle activité, je pense avant tout à ce que j’essaie d’accomplir. Le rappel permanent de ma caractéristique féminine, noire ou rousse finit par être pesant, comme si je ne pouvais jamais m’en sortir, comme si je ne pouvais jamais accéder à l’humanité en général, pour rester éternellement ancré dans mon identité apparente. Tu es femme, noir ou roux, et c’est l’alpha et l’oméga de ta personnalité profonde. La discrimination positive est alors une forme d’assignation à résidence identitaire.

Ajoutons que la discrimination positive de certains groupes sur la base de notions indépendantes de leurs capacités crée automatiquement une injustice à l’égard des individus n’appartenant pas à ces groupes. C’est ce que Charlotte Rampling a appelé, avec maladresse je pense, « racisme anti-blanc ». Disons en tout cas que la discrimination positive induit de nouvelles discriminations, ce qui ne peut que générer des luttes entre catégories d’individus, au lieu de créer confiance et reconnaissance entre eux par la certitude de l’absence de discrimination.

En 2012, l’actrice noire Octavia Spencer a obtenu l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour son interprétation de Minnie Jackson dans le film La couleur des sentiments. Elle était en compétition avec Bérénice Béjo et Jessica Chastaing notamment. Sa collègue Viola Davis, noire également, était nominée pour le même film au titre de meilleure actrice. Elle n’obtint pas le précieux Oscar qui fut attribué à Meryl Streep pour The Iron Lady. Au vu de ces résultats, au vu de la qualité de leurs concurrentes, les revendications actuelles sur le manque d’afro-américains dans les sélections des Oscars m’apparaissent comme une véritable insulte vis-à-vis de ces deux actrices et de beaucoup d’autre acteurs noirs avant elles. Elles peuvent être fières de ce qu’elles ont obtenu par elles-mêmes, sans que la vénérable institution des Oscars n’ait eu à s’exprimer sur autre chose que sur leur talent. Elles font partie des grands acteurs mémorables d’Hollywood, pas de la communauté des acteurs afro-américains d’Hollywood.

Dans sa deuxième intervention, il me semble que Charlotte Rampling a trouvé la juste expression : « Dans un monde idéal chaque ‘performance’ devrait recevoir la même opportunité de reconnaissance. » Plutôt que s’ingénier à promouvoir a posteriori des discriminations qui en entraînent d’autres, les pouvoirs publics et tous les acteurs de la société confrontés à des sélections devraient avoir à coeur de promouvoir l’égalité des opportunités. En particulier, la société devrait veiller au renforcement de l’Education nationale dans le sens de la transmission des savoirs et non dans le sens de l’affaissement des exigences. Car le nivellement par le bas, qui affaiblit la sélection sur critères de résultats, est aussi une forme de discrimination qu’on a du mal à qualifier de positive.


Octavia Spencer Oscars 2012Illustration de couverture : L’actrice Octavia Spencer reçoit l’Oscar 2012 du meilleur second rôle féminin dans le film La couleur des sentiments. Ce prix est dû à sa remarquable interprétation, pas à sa couleur de peau.

17 réflexions sur “Discrimination positive et conséquences négatives

  1. Accessoirement, on pourra vérifier que le nombre de statuettes distribuées sur les 20 dernières années aux Noirs à Hollywood correspond à peu près à 13% des statuettes en tout. Les Noirs représentent à peu près 13% de la population américaine. Et donc …

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    • Merci beaucoup pour ce calcul que je n’ai pas eu le courage de faire hier soir.
      Il permet de préciser la définition de la discrimination positive :
      Prendre des mesures afin d’obliger tout sous-ensemble de la population (…) à avoir « à tout moment » une représentation proportionnelle aux diversités observées dans la population générale, « ou même une sur-représentation de certains groupes qu’on veut favoriser ».

      Cordialement.

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  2. Un de mes amis américain m’expliquait qu’il ne voulait pas être soigné par un médecin noir en cas de gros pépin de santé. Sa raison? Il voulait alors être sûr d’avoir quelqu’un qui avait eu son diplôme uniquement sur la valeur de ses connaissances.
    La discrimination positive a cela de terrible qu’elle entache de doute le mérite de tous, y compris ceux qui n’en n’auraient pas besoin de toutes façon.

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  3. Mais bien sûr qu’il s’agit de racisme anti-blanc. Il n’y a pas plus raciste, plus obsédés par les questions de race que les Noirs. La preuve ? Dans cette énième polémique grotesque, quelle a été la position des acteurs et cinéastes noirs oscarisés ? S’ils avaient été anti-racistes, ou même seulement a-racistes, dénués de préjugés raciaux, pas spécialement préoccupés par les questions raciales, ils se seraient montrés reconnaissants envers la société américaine pour l’ascension qu’elle leur a permise, pour les récompenses qu’elle leur a décernées, pour la richesse financière qu’elle leur a procurée.

    Ils auraient pris la parole pour dire : c’est possible, voyez, moi j’y suis arrivé, vous aussi vous pouvez le faire, etc.

    Voilà quelle aurait été la position normale. Penses-tu ! L’intensité des vocifération des ces Messieurs-dames fut d’autant plus grande que cet Hollywood honni leur a permis succès, richesse et renommée.

    La conclusion pour les Blancs va de soi : les Noirs prétendent qu’Hollywood est un monde de Blancs ? Fort bien, alors cessons de décerner quelque récompense que ce soit aux Noirs. Quitte à se faire traiter de racistes, autant que ce soit pour une bonne raison. Ca commence à bien faire de déverser de tonnes de récompenses sur des gens qui ne les méritent évidemment pas, qui ne sont oscarisés que parce qu’ils sont noirs, puis que ces mêmes personnes crachent dans la soupe en hurlant au racisme.

    Je pense à des gens comme Lupita Nyong’o, Spike Lee ou « Steve McQueen ». Au passage, il ne faut pas avoir honte, pour se dénommer Steve McQueen (après le vrai), lorsqu’on veut faire carrière dans le cinéma. Le complexe d’infériorité et le désir de vengeance se voient comme le nez au milieu de la figure… Comment exprimer plus clairement qu’il ne s’agit pas de faire don de soi et d’offrir une bonne performance au public, ni même d’accomplir son propre potentiel, mais purement et simplement de prendre la place de l’homme blanc ? Imaginez-vous un réalisateur blanc qui se serait appelé Steve McQueen ? Non, bien sûr. Mais quand c’est un Noir, tout le monde trouve ça parfaitement normal, et même tout à fait cool.

    La vérité est que les Noirs jugent tout en termes de pouvoir, et que ce pouvoir est à leur yeux exclusivement racial. Noirs récompensés = bien, Blancs récompensés = mal. Acceptons donc cette logique, excluons-les de nos manifestations et laissons-les créer leurs propres Oscars et leur propre industrie du cinéma, si ça leur chante. Et que le meilleur gagne.

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    • c’est l’évidence même : qui les empêche de créer leur propre institution, leurs propres récompenses, et même si ça leur chante, qu’elle soit 100% réservés aux noirs, comme ça, ils n’auront plus de problème de racisme !!!
      toujours la pleurniche contre l’homme blanc qui n’en fait jamais assez pour eux, et quand il en fait, il fait mal …

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  4. @ Ananke : Exactement.

    @ Robert : Je vous trouve dur pour ce pauvre Mc Queen, parce que c’est bel et bien son nom : Steven Rodney McQueen ! et il est british 🙂 (j’ai lu un article sur lui hier, d’où ma « science »!)

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    • Il me semble qu’au niveau du gouvernement on peut parler de discrimination positive puisqu’il y a une volonté délibérée d’avoir autant de ministres hommes que femmes. Evidemment, ça jette le doute sur leur compétence…. Mais d’un autre côté, faut-il seulement un ministre de la Culture ?

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  5. La question posée est davantage celle de la gestion de la meilleure transition pour changer de monde que celle de discuter le principe final d’égalité devant la culture (ou tout autre sujet d’ailleurs comme le travail, la politique..) qui est quant à lui indiscutable. Les structures ayant généré un état discriminatoire ne pouvant être réformées instantanément, elles continuent longtemps par inertie et conservatisme à perpétuer leur discrimination au risque, lorsque la problématique est dévoilée comme c’est le cas dans ce festival de BD, de déclencher des réactions extrémistes – dans le cas présent il peut s’agir de mouvements féministes – qui ne sont au fond qu’une forme de discrimination contraire. On en revient finalement à avoir mis en face 2 discriminations opposées qui vont affermir encore plus leurs positions extrêmes. La discrimination positive TEMPORAIRE et LIMITEE dans le temps peut éventuellement permettre de faire évoluer le contexte dans de meilleures conditions de dialogue et de tolérance. Et il existe probablement des moyens plus « malins » que les quotas pour faire en sorte que les sélections quadrillent plus largement des candidatures de toutes origines..

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  6. @ Bouju :
    « La question posée est davantage celle de la gestion de la meilleure transition pour changer de monde » Je suis d’accord, et ce n’est pas simple.
    On est parti en effet d’une situation de discrimination, et on est tombé dans un cercle vicieux : Les uns disent « c’est parce qu’elle est une femme (un noir, un roux …) qu’elle est à ce poste » et les femmes disent « c’est parce que je suis une femme que je n’accède pas à ce poste », les deux côtés s’auto-entretenant éternellement dans la défiance. Comment la faire tomber ?
    Je trouve encore pire d’avoir à me dire : « c’est parce que je suis une femme que je suis à ce poste, il fallait féminiser les troupes et me voilà ». Et malheureusement, j’ai déjà eu l’occasion de me faire ce genre de remarques amères.
    Le militantisme féminisme a souvent fait plus de mal que de bien, car il a réussi à créer des obligations vécues comme pesantes, pas l’envie.
    Pour faire tomber la défiance noir/blanc, j’ai trouvé, à mon petit niveau, une solution : sourire, faire confiance.
    Article Etre noir en 2015 : https://leblogdenathaliemp.com/2015/05/05/etre-noir-en-2015-en-parler-pour-avancer/

    @Yoananda :
    Bonjour,
    « toujours la pleurniche contre l’homme blanc qui n’en fait jamais assez pour eux, et quand il en fait, il fait mal … » :
    Si la discrimination positive n’est certes pas la solution, car elle déconsidère les personnes plus qu’elle ne les fait accepter pour ce qu’elles sont, il me semble parallèlement indispensable d’adopter un regard bienveillant qui ne discrimine pas d’entrée de jeu.

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  7. Excellent article. Je dois dire que je pleure souvent devant les agitations de tel ou telle ministre lorsqu’il ou elle aborde le sujet de la parité comme une mission de son ministère.
    On entend régulièrement Najat Belkacem nous seriner son petit air autour du manque de femme dans les filières scientifiques. Ayant suivi un cursus scientifique, je dressais le même constat et le regrettais également. Parce que j’étais sensible à la parité ? Non, en aucune manière. Juste que c’était plus tendu pour « pécho ».
    Il n’y avait donc aucune volonté d’exclure la femme, pas plus l’envie de se retrouver dans une communauté de mecs comme dans un vestiaire de sport collectif. Je n’avais pas choisi cette filière pour cette raison mais principalement parce que le domaine me motivait. Qu’il m’intéressait et me stimulait. Alors j’imaginais et j’imagine toujours simplement que la plupart des gens font également des choix d’étude ou de carrière selon des capacités, des compétences ET des motivations personnelles.

    Où se trouve alors la discrimination ?!?
    Elle doit exister, quelque part. Je ne peux le nier. Mais voir systématiquement l’absence de parité dans un métier comme le résultat d’une discrimination, c’est refuser toute autre explications. Comme tout simplement les choix des individus, par exemple. Ou encore le fait que les conditions de travail et la nature peuvent être aussi sélectifs (pourquoi si peu de femme parmi les marins pécheur ?) Et c’est aussi pointer un doigt accusateur sur les acteurs du dit métier alors même qu’ils n’y sont probablement pour rien.

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    • Bonjour, et merci pour votre sympathique appréciation.
      Vous avez absolument raison de parler aussi des motivations et des choix. Nous n’avons pas tous les mêmes goûts, il est donc absurde de vouloir retrouver l’exacte composition socio-ethno-genro etc…culturelle de la société globale dans tous ses sous-ensembles.
      Cordialement, Nathalie MP.

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    • Bonjour, je suis contente que cet article vous ait plu, et merci pour les liens.
      Je remets le second ici, car il s’est mal affiché dans votre commentaire.
      http://www.journaldemontreal.com/2015/10/11/contre-le-feminisme-de-privileges
      Effectivement, certaines professions (médecine par exemple) se sont féminisées bien au-delà des espérances des féministes les plus acharnées tandis que d’autres (électriciens ou plombiers) restent typiquement masculines. Question de choix, de goûts, de motivation des personnes qui envisagent une profession (voir commentaire de RTB ci-dessus). Pour nos féministes et les tenants de la discrimination positive, c’est plutôt une question de visibilité médiatique comme aux Oscars ou dans les postes de ministres et de députés. Et pour les féministes, la discrimination positive est aussi un moyen plus acceptable de pratiquer la discrimination négative conte les hommes.

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  8. Excellent article, comme souvent, chère Nathalie.

    Tout ceci est une conséquences du marxisme culturel, qui perçoit tout par le prisme de « classes » et qui, de fait, nie complètement la notion même individu. Ce qui, pour des libéraux comme nous, n’est évidemment pas concevable. Pour ces gens, la justice sociale se définit par une égale représentation des « classes » des hommes et des femmes, des blancs et des noirs, dans tous les domaines. Toute différence trouve forcément sa cause dans une discrimination selon eux, puisqu’ils ne conçoivent pas qu’il puisse y avoir des aspirations naturellement plus populaires chez les hommes ou chez les femmes, par exemple.

    Or, je trouve qu’il est extrêmement malsain de voir se généraliser ces discours qui ramènent tout au sexe ou à la couleur de peau des gens. S’il n’est logiquement pas acceptable de faire remarquer une éventuelle surreprésentation des juifs dans les médias, ou des noirs dans l’équipe de France de foot, pourquoi est-il alors toléré voire encouragé de se plaindre de celle des « hommes blancs » ? Qui dit qu’ils ne sont pas arrivés là uniquement par leur mérite, et que le fait d’instaurer des quotas pour d’autres ne discriminera pas un homme blanc plus méritant, plus compétent que la personne engagée ? Pourquoi partir du principe que la surreprésentation d’une catégorie de population dans un domaine serait forcément un mal ?

    Il faut simplement laisser faire les individus, en leur donnant le maximum de liberté et de possibilités de choix. Entraver cela par des considérations ethniques et sexuelles arbitraires, c’est bafouer l’individu, son mérite, ses conséquences. Et c’est scandaleux. Mais comme je le disais, on est dans une idéologie qui estime que l’homme blanc hétéro représente la classe dominante qui spolie les autres, et qui doit être « remises en place » par la justice sociale. Dès lors, tout homme blanc est un « privilégié », qui n’est à sa place que parce qu’il est homme blanc. Voilà l’idéologie dominante gauchiste aujourd’hui. Remplacez « homme blanc » par « juif » et vous avez l’idéologie nazie.

    Bref, ces sont des raisonnements dangereux et totalitaires, que seul un libéralisme remettant l’individu au centre de la société (et non son sexe, son origine, etc) peut combattre. Malheureusement les Français semblent préférer ces idéologies communautaires à nos idéaux, c’est bien triste.

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    • Bonjour, et merci beaucoup pour votre commentaire.
      « Il faut simplement laisser faire les individus, en leur donnant le maximum de liberté et de possibilités de choix. » Je suis bien d’accord avec vous.
      Mais voilà : et si l’individu, laissé à lui même, faisait des choix qui déplaisent à d’autres individus qui ont déterminé par avance les bons choix ? D’où il ressort que la lutte égalitariste contre les discriminations, qui se targue de tolérance, finit par ressembler à l’intolérance la plus caractérisée.
      « Qui veut faire l’ange fait la bête » (comme disait Pascal que j’ai cité en fin de mon article sur Cahuzac)

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  9. Bonjour
    Que pensez-vous de la politique des travailleurs handicapés?
    Les quotas, tout ça?
    Souffrant de phobie sociale, certains de mes proches pensent qu’il faudrait que j’essaie d’être cotorep pour avoir des postes car sans cela c’est impossible en raison de ma PS. Or, je trouve ça terriblement insultant.
    Cela semble HS mais on dirait que pour les récompenses certaines personnes en raison de leur sexe ou couleur de peau présentent plus de difficultés pour étre appréciés. Or est-ce que vous regardez le sexe de l’auteur d’une Bd ou la couleur de la peau d’un acteur pour juger son travail? Pas moi. Les quotas me paraissent insultants pour les artistes. C’est faire gonfler les stats.
    Pour le boycott des oscars: fais ta vie j’ai envie de dire! On s’en fout en fait.
    Pour le racisme anti-blanc: tais-toi s’il te plaît! Tu ne sais pas ce que c’est! C’est comme une personne qui veut faire son intéressante en employant un terme pseudo-savant en réunion. Bravo tu as libéré la parole de vrais racistes décomplexés et tu as une image de merde! Maintenant, va te cacher (ou pas ) tu risques de te faire huer aux Oscars.
    Pour les Oscars: ça fait des années que je considère que c’est une cérémonie subjective et pas LA cérémonie où LES meilleurs sont récompensés. Quand on connait le lobbying et leurs pratiques (category fraud, tapis rouges..), on relativise énomément cette cérémonie. D’ailleurs, que pensez-vous de la victoire de The Artist en 2012? Aujourd’hui ça semble un peu ridicule!

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