Poutine : Mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent tous ?

Mise à jour du lundi 19 septembre 2016 : Les élections législatives ont eu lieu hier 18 septembre 2016 en Russie. Le parti de Vladimir Poutine, « Russie unie », présidé par son ombre Dimitri Medvedev, a remporté 53 % des voix et 76 % des sièges à la Douma, améliorant ainsi son score par rapport aux précédentes législatives de 2011. Le reste des suffrages a été gagné par les partis pro-Poutine, tandis que l’opposition est réduite à néant.
La situation est donc politiquement bien dégagée en vue de l’élection présidentielle de 2018 à laquelle Poutine pourra se représenter pour un nouveau mandat de six ans.
Il est entendu que Poutine est a-do-ré par son peuple, il n’empêche que la participation à ce scrutin n’a pas dépassé 48 % (60 % en 2011) et que l’adoration est toujours plus probante avec un peu de bourrage d’urnes.

Mise à jour du mardi 26 janvier 2016 : La Russie entre officiellement en récession : le PIB s’est contracté de 3,7 % en 2015 et les perspectives 2016 sont à un nouveau repli. 

Mise à jour du vendredi 22 janvier 2016 : En décembre 2015, le Conseil de sécurité de la Fédération de Russie plaçait l’OTAN en tête de ses menaces stratégiques. Mais la situation économique Russe est devenue tellement tendue que moins d’un mois après, des « précisions » sont apportées : le « déséquilibre du système budgétaire national » vient d’être élevé au rang de menace potentielle, tout comme « la vulnérabilité du système financier national. »
Il s’avère en effet (ce n’est pas vraiment une découverte, mais les Poutinistes acharnés ne voulaient pas en entendre parler) que le « miracle russe », entièrement fondé sur la rente pétrolière, s’est surtout traduit par des dépenses publiques (y compris militaires) utiles pour s’offrir une cote de popularité de 90 %, mais fort peu d’investissements porteurs de développement économique. Or le prix du pétrole est au plus bas, à moins de 30 $ le baril contre 100 il y a 18 mois. Comme le dit pudiquement le journal Le Monde : « Le contrat tacite entre le Kremlin et la population, plus de bien-être, moins de liberté, est aujourd’hui menacé. »


 Tous, c’est presque le mot juste au sens propre. Selon un sondage d’opinion mené en Russie en octobre dernier, les Russes ne sont pas loin de 90 % à approuver l’action de leur Président ! Les frappes militaires en Syrie sont leur premier et principal motif de satisfaction. Le sondeur précise que la marge d’erreur n’excède pas 3,5 %, mais à ce niveau soviétique de popularité, l’erreur n’est sans doute pas à chercher du côté des calculs et des échantillons. A l’autre extrémité du globe, le magazine Forbes vient de décerner son titre d’homme le plus puissant du monde à Vladimir Poutine pour la troisième année consécutive, sa très haute popularité intérieure n’étant pas pour rien dans cette nomination. 

En France aussi, Poutine a ses adeptes, disons même ses idolâtres, disons même de plus en plus nombreux et disons même de plus en plus dithyrambiques. On les trouve essentiellement aux extrêmes, Front de gauche et Front national en tête, chez toutes les variantes possibles de souverainismes anti-européens, anti-américains et anti-libéraux. Pour eux, Poutine est le type même de « l’homme fort » qui défendrait les valeurs traditionnelles de l’Occident chrétien face à la poussée islamiste d’un côté et à l’impérialisme débridé des Etats-unis et de l’Union européenne de l’autre. Mais je vois aussi des libéraux (qui selon moi s’abusent complètement sur leur libéralisme) vanter le régime russe parce que l‘impôt sur les sociétés y est de 20 % et que l‘impôt sur le revenu consiste en une « flat tax » de 13 %, comme si ça suffisait à assurer le respect des libertés individuelles.

Comment la recherche de « valeurs morales », de sécurité, de démocratie, de droit des peuples peut-elle s’accommoder du recours à un Poutine, c’est un mystère pour moi. Car enfin, qui est ce Poutine, porté aux nues encore tout récemment par un Philippe de Villiers tout émoustillé de l’intérêt du Président russe pour son festival du Puy du Fou et convaincu qu’il est un nouveau Saint-Louis pour la Chrétienté ? Qui est ce Poutine visité par un Sarkozy tout sourire et surtout obsédé par l’idée de retrouver des couleurs de présidentiable ?

Brève biographie : Vladimir Poutine est né à Léningrad (ex-Saint-Pétersbourg) en 1952 dans une famille modeste. Il ne se distingue guère à l’école si ce n’est dans les sports, puis il entreprend des études de droit à l’université. Son rêve de jeunesse d’entrer au KGB se réalise. A ce titre, il passera plusieurs années en Allemagne de l’Est. A la chute de l’URSS en 1991, il démissionne du KGB avec le grade de lieutenant-colonel et entre à la mairie de Léningrad où il devient l’un des hommes les plus influents autour du maire. En 1996, il est nommé à Moscou dans les services de la présidence de Boris Eltsin. C’est à ce moment-là que commence sa fulgurante ascension politique.

En 1998, il devient directeur du FSB (ex-KGB), puis en 1999, Boris Eltsin lui confie le poste de Président du gouvernement, c’est-à-dire l’équivalent de notre fonction de premier ministre. Il ne s’interdit pas de forger des scandales de moeurs de toutes pièces afin de mieux asseoir son autorité sur le système judiciaire russe et écarter les gêneurs pour lui-même ou pour Boris Eltsin. Ce dernier démissionne fin 1999 et Poutine lui succède à la Présidence russe  en 2000 puis en 2004. Les présomptions de fraude électorale sont nombreuses.

En 2008, ne pouvant se présenter une troisième fois consécutive, selon les termes de la Constitution, Vladimir Poutine soutient son premier ministre Dmitri Medvedev, lequel gagne les élections présidentielles et le nomme premier ministre. En 2012, Vladimir Poutine se présente à nouveau à la magistrature suprême et devient le 4ème Président russe. Medvedev réintègre alors le niveau de premier ministre. Rien que ce petit jeu de fausse application démocratique de la Constitution entre Poutine et Medvedev, qui a permis au premier de conserver le pouvoir depuis 1999, devrait inciter à la méfiance.

En fait les entorses à l’Etat de droit sont légion. Depuis l’accession de Vladimir Poutine au pouvoir, les opposants au régime ont la fâcheuse tendance à disparaître dans des conditions violentes. Après la journaliste Anna Politkovskaïa en 2006 et de nombreux autres, ce fut au tour de Boris Nemtsov (1959-2015), ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsin, d’être assassiné en plein Moscou le 27 février dernier.

Boris Nemtsov faisait partie des jeunes ministres réformateurs dont Boris Eltsin s’était entouré pour mener à bien la transition entre le système soviétique et une Russie ouverte sur le monde. L’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine et sa rhétorique sur la « grande Russie » et la « verticale du pouvoir » fut saluée positivement par une majorité de russes déconcertés, désenchantés(*) par l’abandon des automatismes et des protections que le sytème communiste impliquait. Elle se traduisit par une reprise en main politique de toutes les instances gouvernementales et un renforcement des services de renseignement et de police. Boris Nemtsov entra alors dans l’opposition au régime instauré par Poutine.

Suite aux attentats de janvier perpétrés par des terroristes islamistes contre les dessinateurs de Charlie Hebdo, Boris Nemtsov manifesta son soutien à ces derniers. Au lendemain de son assassinat, le gouvernement russe exploita cette prise de position en arrêtant des activistes tchétchènes (musulmans). Mais cette piste ne parait crédible ni à sa famille ni aux mouvements d’opposition pour lesquels il s’agit purement et simplement d’un meurtre politique orchestré par le tsar actuel du Kremlin.

Il se trouve que Boris Nemtsov comptait parmi les opposants qui avaient appelé les Russes à une marche d’opposition aux politiques de Vladimir Poutine. Cette manifestation devait avoir lieu le dimanche qui a suivi son assassinat. « Cette marche demande l’arrêt immédiat de la guerre avec l’Ukraine, elle exige que Poutine cesse son agression » avait-il expliqué avec force à la radio. Il s’agissait aussi de dénoncer la situation économique catastrophique et la mauvaise gestion du gouvernement dans un contexte de chute des prix du pétrole et de sanctions occidentales consécutives à la guerre en Ukraine.

Si l’économie russe a connu de belles performances au début des années 2000, notamment grâce aux prix élevés du pétrole, elle connait maintenant une dégringolade tout aussi spectaculaire. Sa structure faiblement diversifiée, largement dépendante des hydrocarbures, ne lui permet pas de lisser facilement les changements conjoncturels. On s’attend à un recul du PIB de l’ordre de 3 à 4 % pour l’année 2015 et à une inflation de 15 % après 8 % en 2014. Dans une note de conjoncture du 2ème trimestre 2015, BNP Paribas indiquait en conclusion :

Au total, l’économie russe présente les caractéristiques d’une économie de guerre avec 1) une inflation générée par la dépréciation du change mais aussi par le rationnement (notamment des produits alimentaires), conséquence indirecte des mesures de rétorsion prises par le gouvernement russe envers l’UE, 2) des restrictions budgétaires nécessaires pour financer les dépenses militaires.

Il est très étrange de lister à la suite : popularité à 90 %, rationnement alimentaire, économie de guerre, frappes en Syrie, alors que la Russie n’est attaquée nulle part. D’autant plus étrange qu’en ce qui concerne les opérations militaires contre Daesh, la position de Vladimir Poutine a changé du tout au tout en quelques semaines. Si le Président russe a systématiquement assuré Bachar El Assad de son soutien, il n’a pas toujours été d’avis d’intervenir militairement. L’extase des poutinistes français à propos de la cohérence, de la fermeté et de la sûreté de jugement de Poutine sur la politique anti-terroriste est donc largement surfaite.

De même, le rempart que Poutine est supposé représenter contre l’Islam conquérant ne semble pas si solide qu’on veut nous le faire croire. Célèbre pour avoir déclaré qu’il irait « buter les terroristes musulmans de Tchétchénie jusque dans les chiottes », il n’en a pas moins installé à la tête de cette région un homme à lui qui s’est fait remarquer après les attentats de Paris en organisant une manifestation monstre de 800 000 personnes contre les dessinateurs de Charlie Hebdo. Pas pour, contre.

Ajoutez en vrac à tout cela, et ce ne sont que quelques bribes de poutinisme, des soupçons persistants d’enrichissement personnel, des assassinats au polonium, la lutte contre certains oligarques et le soutien à d’autres, une curieuse analyse de l’histoire qui pousse Poutine à justifier le pacte Molotov-Ribbentropp, une liberté de la presse peu glorieuse (152ème rang contre 38ème pour la France) et une population en baisse à cause des ravages de l’alcool (projection de 129 millions d’habitants pour 2030 contre 143 millions aujourd’hui), et je trouve qu’on a un tableau vraiment rafraichissant de ce qu’un pays devrait aspirer à devenir.

Vladimir Poutine 2On ne peut s’empêcher de remarquer que du jour où l’économie a commencé à flancher, Poutine s’est lancé dans une politique extérieure agressive. Il exerce sur son peuple une sorte de fascination perpétuellement entretenue par un culte de la personnalité à base de photos de lui dans des situations martiales ou viriles qui semblent sorties d’un très mauvais film américain. Complétez cela par un discours grandiloquent sur la Russie éternelle et veillez à disposer de services de renseignement au taquet et vous obtenez un peuple convenablement domestiqué.

J’ai eu du mal à me décider à aborder ce sujet Poutine tant il me semble soulever des réactions passionnelles y compris en France. L’attribution, il y a un mois, du prix Nobel de littérature 2015 à Svetlana Alexievitch, que j’ai découverte(*) à cette occasion, m’a donné du courage pour me lancer. Voici ce qu’elle a déclaré dans une interview au journal Le Monde :

Cette génération de l’après-1990 soutient fortement Poutine, elle reprend ses discours sur l’humiliation, sur le besoin d’un leader fort. Nous, on imaginait que des gens différents apparaîtraient, des gens libres.

Peut-être faut-il d’abord, pour que disparaisse cette mentalité d’esclave, que ceux d’en haut changent…

On en revient toujours au même point. Je me demande : « Mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent tous, à ce Poutine ? » Car comme disait Copeau à la fin de son livre que j’ai commenté dernièrement : « Nous ne voulons simplement pas d’esclaves. » Une seule conclusion possible : les admirateurs de Poutine, plongés dans une quête éperdue d’un modèle alternatif vécu sur le mode de « l’illusion lyrique » entretenue par l’image de « l’homme fort », ne se rendent pas compte qu’en réalité « ils veulent des esclaves » ou sont des esclaves en puissance.

(*) Je suis en train de lire (petit à petit, parce que c’est compact) La fin de l’homme rouge, ou le temps du désenchantement, par Svetlana Alexievitch, Editions Actes Sud.


Vladimir Poutine 1Illustration de couverture : Photo de Vladimir Poutine, 4ème Président de la Fédération de Russie.

14 réflexions sur “Poutine : Mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent tous ?

  1. C’est une critique légitime à condition de ne pas faire semblant d’oublier d’ou vien la russie, apres 70 ans de communisme, et un effondrement total démographique, politique et Economique dans les années 90. De nombreux français y achètent et font du commerce, ça démontre quand même qu’un minimum d’état de droit y a été restauré.

    « Si l’économie russe a connu de belles performances au début des années 2000, notamment grâce aux prix élevés du pétrole, elle connait maintenant une dégringolade tout aussi spectaculaire. »

    C’est une idée fausse, il a objectivement stoppé l’effondrement de la société civile, arrêté certaines mafia et composé avec les plus grosses (oligarques), la Russie touchait vraiment le fond. Aujourd’hui la en revanche la baisse sabre les recettes de l’état, ce qui est compensé par l’impôt d’inflation.

    Il suffit de regarder la courbe de la dette pour voir à quoi a été utilisée la manne pétrolière, non seulement il a réduit les impôts présents, mais aussi les impôts futurs.
    http://data.lesechos.fr/pays-indicateur/russie/dette-publique.html

    « Au total, l’économie russe présente les caractéristiques d’une économie de guerre avec 1) une inflation générée par la dépréciation du change mais aussi par le rationnement (notamment des produits alimentaires), conséquence indirecte des mesures de rétorsion prises par le gouvernement russe envers l’UE, 2) des restrictions budgétaires nécessaires pour financer les dépenses militaires. »

    Ping Pong de Sanctions initié par les crétins qui nous dirigent en mars 2014 et non par les russes.

    Comme l’a dit Madelin Il me fait plutôt penser à ça en fait. 🙂

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    • Vous avez raison de rappeler la terrible situation de délabrement de l’ex-URSS à la sortie du communiste. Je ne l’oublie pas non plus. Mais pour ma part, je n’en fais pas une circonstance atténuante au regard de la gouvernance autocratique de Poutine. Mon sujet concernait surtout la dangereuse fascination pour « l’homme fort » et ses projets d’expansion : où sera sa limite ?

      PS La vidéo d’OSS 117 est très drôle, sauf qu’à mon avis on est déjà au-delà de ça.

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      • Chère Nathalie, j’espère que vos argument ne sont pas tous aussi incorrecte et bourré de clichés sans fond tel que celui-ci… je vous cite « une population en baisse à cause des ravages de l’alcool (projection de 129 millions d’habitants pour 2030 contre 143 millions aujourd’hui) »…
        Le graphique est pourtant claire

        La démographie d’un pays et directement lié à la qualité de vie de sa population.

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    • La Russie est aujourd’hui un état mafieux (c’était déja le cas avant Poutine) mais il est faux de dire que Poutine a lutté contre la mafia et les oligarques. Il s’est seulement débarrassé de certains oligarques(car pas loyaux envers lui) pour les remplacer par ses proches. Celui qui a redressé la Russie c’est surtout Evgueni Primakov. Poutine a surtout eu la chance de devenir président au bon moment. Sauf que cette chance a tourné. C’est un peu comme au Vénézuela ou d’autres pays d’Amérique latine (Brésil, Bolivie,…): baser son économie sur ses ressources naturelles peut marcher sur le court terme mais c’est un désastre économique sur le long terme.
      « Sanctions initié par les crétins qui nous dirigent en mars 2014 et non par les russes. » sanctions faites à cause de la politique russe en Ukraine. L’Europe ne pouvait quand même pas laissé faire cela sans réagir

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  2. La 152ème place en terme de liberté de la presse explique pour beaucoup la forte popularité de Poutine.

    Explication de reporter sans frontière:

     » En Russie (152e, -4), la pression sur les médias indépendants continue de s’intensifier : lois liberticides en cascade, blocage de sites d’information, asphyxie ou reprise en main de titres indépendants… Ce contexte répressif encourage certains potentats locaux à redoubler d’ardeur dans leur chasse aux voix critiques.  »

    Un lecteur sur contrepoint a trouvé les bons mots qu’il fallait sur cette popularité de Poutine:  » D’ailleurs, un pays ou le gouvernement n’a pas d’opposition devrait bien plus vous inquiéter qu’un pays ou les gens se méfient du gouvernement. Cette volonté de montrer une quasi unanimité est clairement un attribut du totalitarisme.  »

    D.J

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  4. Vision étroite et idéaliste (?) du monde. Poutine est un vrai macho (un homme dans le sens vrai du terme), un chef, et ça tombe bien, car des chefs il n’y en a plus. Poutine n’est pas parfait ? un grand méchant ? peut être, surement même. Citez moi un pays dans le monde qui soit exemplaire, dans lequel la démocratie ne soit pas qu’une vaste blague. Ah oui, c’est vrai, Obama est Nobel de la paix ! et Hollande, Sarkozy, Berlusconi, pour seuls exemples, sont de grands hommes, droits, intègres, honnêtes…
    Considérez le succès phénoménal de la série Game of Thrones, pourquoi croyez vous que les jeunes et moins jeunes soient enthousiasmés devant cette série ? Parce que la vie telle qu’elle y est représentée y est 1000 fois préférable à notre monde ultra lissé, hypocrite, sans relief, consensuel, lâche.
    Il vaut mieux un Poutine, un Depardieu, que toute ces âmes molles qui ont fait de nos sociétés des enfers.

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  6. Madame, je tiens à dénoncer votre réquisitoire contre ceux qui défendent la politique de Poutine.
    Ceux-là, les imbéciles pour lesquels vous n’hésitez pas à utiliser votre odieux raccourci simplet qui consiste à conclure que s’ils ne se rangent pas bien gentiment dans les rangs de la mode du Poutine bashing, c’est qu’ils sont simplement tous stupides, sans distinction, entubés par le grotesque culte de la personnalité de leur idole.
    Sachez, Madame, que du haut de ma stupidité de russe manipulé, je suis encore capable de me rappeler que des atteintes aux libertés et aux droits de l’homme, nous en avons connues de bien pires durant le communisme.
    Et des crises économiques, nous en avons vécues de bien plus sévères sous Eltsine, un de ces fameux libéraux tant réclamés pour la Russie, par les pseudo démocrates euro-atlantiste aux relents d’humanistes fallacieux, militants des premiers jours pour un changement de régime, à l’affût d’un gouvernement enfin servile et conciliant.
    Sachez aussi, Madame, que malgré leur abrutissement flagrant, la plupart des membres de ma famille restés en Russie, se rendent parfaitement bien compte de l’euphémisme qu’est la qualification du régime actuel d’autoritaire.
    Mais aujourd’hui, entre les communistes d’un côté et les libéraux de l’autre, il n’y a, en fait, pas de réelle alternative à ce régime actuel.
    Un gouvernement qui assurerait développement et justice, tout en garantissant l’essentiel, ce qui donne toute son essence, toute sa raison d’être à ce développement, l’indépendance, le libre arbitre de la nation, n’existe pas en Russie.
    Et veuillez bien croire, Madame, que si malgré tout vous réussissez l’exploit d’en débusquer un, un vrai, le peuple russe tout entier vous en saura gré.
    Mais pour le moment, Poutine, aussi sanguinaire et dictateur soit-il, et bien que le développement du pays et le niveau de corruption laissent encore à désirer, est malheureusement celui qui oeuvre, tout du moins s’efforce d’oeuvrer, tant bien que mal, pour cette notion autant mystérieuse qu’inquiétante : l’indépendance de la nation, la souveraineté de l’État.

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  7. Il y aurait effectivement beaucoup à reprocher à Poutine mais quelle solution de rechange pourrions-nous proposer nous les crétins d’occidentaux avec notre démocratie soi-disant exemplaire ?
    Pour l’intervention en Syrie, il y a été invité par le gouvernement en place ( ce qui n’a jamais été le cas dans aucun pays sauf au Mali en ce qui nous concerne).
    Il n’avait pas tort devant une ONU médusée (avant l’intervention) de dire : « Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? »

    Pour le PIB, vous n’êtes pas à jour :
    http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2017/03/31/premiere-hausse-du-pib-russe-depuis-2014_5103986_1656941.html
    Facile de comparer avec l’Europe et sa croissance artificielle grâce au 60 Mds iinjectés par la BCE et aux taux négatifs de crédits pour nos banques.
    En Russie, les taux d’emprunts sont autour de 10% et étaient même supérieurs à 15% jusque 2014 :
    http://fr.global-rates.com/taux-de-interets/banques-centrales/banque-centrale-russe/taux-de-cbr.aspx
    Cela peu expliquer quelques difficultés !
    Enfin pour la liberté de la presse, il faut relativiser (encore une fois) avec une lourde histoire, le degré d’éducation, les mentalités. Poutine n’est pas un ange mais il est pragmatique car il est lucide sur la situation de son peuple dans le monde.
    Il faudra plusieurs générations encore pour constater une économie libérale dans ce pays. Poutine ne sera qu’un épisode, il faut arrêter la fixette !

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