Souvenirs et variations autour de la Sagrada Familia

Il y a deux ou trois jours, je lisais dans la presse que la Sagrada Familia serait en bonne voie d’être achevée … en 2026. Et je lisais aussi que la police avait fait des perquisitions aux domiciles de Jordi Pujol et ses fils pour fraude fiscale. Jordi Pujol n’est certes pas mondialement connu, mais il fut Président de la Generalitat de Catalogne de 1980 à 2003 et fonda le parti Convergence démocratique de Catalogne (CDC) porteur aujourd’hui de la revendication d’indépendance de cette région. Ça n’apparait pas dans ma page « A propos », mais j’ai vécu trois ans à Barcelone, à l’époque des Jeux Olympiques de 1992, et la mention du projet titanesque de l’architecte catalan Antoni Gaudí, suivie de celle de Jordi Pujol, a fait remonter une multitude de souvenirs variés et colorés de cette époque en Catalogne, presque trois ans de vacances pour moi.  Lire la suite

« La route de la servitude » (II)

Publié sur Contrepoints le 27 octobre 2015

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le 27 octobre 2015

Ce texte fait suite à l’article « La route de la servitude » (I) que j’ai publié vendredi 23 octobre dernier, et dans lequel j’ai entamé une revue chapitre par chapitre du livre du même nom(*) publié en 1944 par Friedrich Hayek. Comme indiqué dans l’article précédent, Hayek se donne pour objectif de montrer que toutes les politiques économiques à base de planisme, de collectivisme et d’interventionnisme de l’Etat, même entreprises avec les meilleures intentions du monde, tracent une route de servitude car elles débouchent inéluctablement sur l’arbitraire de l’Etat et la destruction des libertés individuelles, bien au-delà du seul champ économique.

« Ce qui fait de l’Etat un enfer, c’est que l’homme essaie d’en faire un paradis. » Friedrich Hoelderlin, cité par Hayek en exergue de son chapitre II, La grande utopie (voir article précédent).

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« La route de la servitude » (I)

Publié sur Contrepoints le 25 octobre 2015

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le 25 octobre 2015

Le mois dernier, dans une sorte de croisière libérale que mes enfants s’amusent à appeler mon speed-dating ferroviaire (17 h à Montparnasse, puis 19 h à Saint-Lazare, puis retour maison à 21 h par la Gare du Nord), j’ai fait successivement la connaissance réelle de deux personnes du monde libéral avec lesquelles je discutais jusque-là exclusivement sur les réseaux sociaux. Dans les deux cas, mes interlocuteurs m’ont demandé comment j’étais venue au libéralisme. J’ai expliqué que lorsque j’étudiais encore au lycée, mon père m’avait fait lire La route de la servitude de Friedrich HayekLire la suite

Libre-échange : Le diable s’habille-t-il en TAFTA ? (© EELV)

Mise à jour du mardi 1er novembre 2016 : Le CETA, traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne dont les négociations se sont conclues en 2014, a été signé par les chefs d’Etats canadien et européens le dimanche 30 octobre 2016 à Bruxelles. Il lui reste à être ratifié par le Parlement européen, ce qui ouvrira sa mise en oeuvre provisoire, puis par les parlements nationaux et parfois régionaux (notamment celui de Wallonie en Belgique) des pays membres de l’UE pour être définitivement adopté. Tout ceci risque de prendre un certain temps.
La signature prévue initialement pour le 27 octobre a été décalée de quelques jours en raison des réticences de la Wallonie et de la Wallonie-Bruxelles qui ont voté contre l’accord. Les points d’accrochage sont toujours les mêmes (voir article ci-dessous sur l’accord entre l’UE et les Etats-Unis) : inquiétudes sur le respect des normes environnementales et sociales européennes, notamment en agriculture, défiance à l’égard des tribunaux arbitraux entre les Etats et de grandes entreprises, crainte que cet accord conclu avec le Canada, ne corresponde en fait aussi à une mise en oeuvre du TAFTA avec les Etats-Unis (en cours de négociation) sans le dire.

Mise à jour du lundi 25 avril 2016 : Le 12ème round des négociations sur le TAFTA, ou « Transatlantic Free Trade Agreement », s’ouvre aujourd’hui 25 avril 2016 à New York. Une occasion de refaire le point, semblable à tous égards à ce que j’écrivais le 20 octobre 2015 lors du précédent round. Du côté du gouvernement français, la défiance exprimée à l’automne reste de mise. En Allemagne, où le Président américain Obama en visite officielle a défendu le traité, des manifestations importantes ont eu lieu samedi pour en demander l’abandon. Les points d’achoppement concernent principalement l’ouverture réciproque des marchés publics et le recours à un tribunal arbitral dans les conflits entre entreprises et Etats. 

Contrepoints 2C’est le moment de faire la connaissance de Matthias Fekl, notre secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur auprès de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Premier point de célébrité, il est entré au gouvernement il y a à peu près un an pour prendre la relève de Thomas Thévenoud, qui s’est vu contraint de se mettre en congé de la République pour phobie administrative grave au point d’oublier de payer ses impôts et ses loyers. Surtout, c’est lui qui se trouve à la manoeuvre pour la France dans le cadre des négociations entre l’Union européenne et les Etats-Unis sur le TAFTA, autrement dit le « Transatlantic Free Trade Agreement », connu aussi sous le nom de TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) dont le 11ème round s’est ouvert hier lundi 19 octobre 2015 à Miami. Si l’on sait mal sur quoi portent les négociations, on sait en revanche que ce projet de traité soulève beaucoup d’opposition chez les écologistes, dans les rangs de la gauche, et également au Front national. Comme l’affirme EELV non sans humour, le diable s’habillerait-il en TAFTA ?  Lire la suite

PS : Cambadélis et son référendum de pacotille

Les mises à jour sont en fin d’article.

Pour le Parti socialiste et le gouvernement, qui nous entourent constamment de leur sollicitude fiscale et morale, nous vivons environnés de deux périls cataclysmiques majeurs : le réchauffement climatique anthropique qui va nous engloutir, nous, les îles des mers du sud et les ours polaires, à brève échéance si nous n’y prenons pas garde, et le Front national, suivi de près par la droite, qui va engloutir notre « vivrensemble » et détruire notre République, à ultra-brève échéance pour le coup, puisque ce malheur pourrait survenir dès le 13 décembre prochain à vingt heures, instant précis où seront proclamés les résultats des prochaines élections régionales.  Lire la suite

Israël, un Etat créé pour échapper à l’oppression

J’ai beaucoup parlé de l’Etat dans mes précédents articles, sur sa place, ses missions et ses limites. La triste actualité des attentats perpétrés par des Palestiniens, au couteau, mais aussi à la bombe ou à la voiture bélier, qui sévit en Israël depuis plusieurs semaines, et encore hier mardi 13 octobre 2015, m’amène à repenser à la naissance de cet Etat, très particulier par la façon dont il s’est constitué, très petit en superficie (22 000 km2), et supérieurement haï, à tel point qu’il est « le seul pays sujet à un ordre du jour permanent » du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ainsi que le déplorait Hilary Clinton en 2011. Lire la suite

Recherche « Intérêt général » désespérément

—->   Cet article a également été publié le lundi 12 octobre 2015 sur      Logo CP

Terrible révélation, ce week-end : je suis une « jouvencelle effarouchée » (page 8). A mon âge, c’est dramatique. J’ai consacré la matinée d’hier à la lecture du livre de Copeau Les rentiers de la gloire(*) qui, d’après son expérience directe, nous propose une anthropologie sombre et désabusée des élus assortie d’une galerie de cinq portraits, tous plus têtes à claques les uns que les autres. Lecture synthétique (excellent point) et passionnante, que je recommande, autant le dire tout de suite, à tous ceux qui s’interrogent sur la seule question qui vaille en politique, celle de la place de l’Etat. Et lecture amusante pour moi, car de page en page j’ai eu comme l’impression de me faire taper sur les doigts par le professeur Copeau pour mon penchant infantile à croire les « fariboles » sur « le courage, la ténacité, le dévouement » des élus (p. 40).  Lire la suite

Baroud syndical, violence sociale et place de l’Etat

—->  Cet article a également été publié le vendredi 9 octobre 2015 sur    Logo CP

Nous vivons dans un pays, la France, à haute teneur étatique et à haute teneur protectrice. Ce n’est donc pas un hasard si le candidat de droite favori pour 2017, Alain Juppé, n’a de cesse de mettre en avant l’importance d’un Etat fort et protecteur des Français. Il sait que ce discours ouaté et formaté va rencontrer l’assentiment de la plupart des sensibilités politiques qui traversent l’opinion, laquelle n’imagine pas une seule seconde qu’on puisse sérieusement envisager de l’arracher à la tutelle de l’Etat qui paye au-delà de quelques minimes arrangements « macroniques ». Dans ces conditions, on pourrait s’imaginer que chez nous tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Or les violences qui ont bousculé le Comité central d’entreprise d’Air France lundi 5 octobre 2015 dernier viennent brouiller la belle image libertaire, égalitaire et fraternitaire d’une République à la fois dorlotée et apaisée.  Lire la suite

Un peu d’histoire d’Air France

Mise à jour du samedi 16 janvier 2016 : Après le Comité central d’entreprise (CCE) mouvementé du 5 octobre dernier et l’arrivée de Gilles Gateau comme nouveau DRH (ex-directeur de cabinet adjoint de Manuel Valls à Matignon), le CCE d’hier, plus calme, a confirmé les grandes lignes du plan Perform (voir dans l’article ci-dessous) incluant 1000 départs volontaires en 2016, et un plan de croissance en 2017 à condition que des efforts de productivité soient réalisés. Tout l’enjeu de long terme consiste en effet à ne pas se contenter du redressement des comptes rendu possible par la baisse du prix du pétrole, mais à se rapprocher des niveaux de compétitivité des grands concurrents européens, Lufthansa et British Airways. Reste à savoir ce que les syndicats, plutôt rassurés par le nouveau DRH, en penseront.


—->   Cet article a également été publié le lundi 5 octobre 2015 sur     logo-cp

« Faire du ciel le plus bel endroit de la terre », telle était la sublime ambition d’Air France, proclamée avec talent par les danseurs Benjamin Millepied et Virginie Caussin dans son film publicitaire(*) de 2011 intitulé L’envol. Aujourd’hui, le ciel et la terre sont devenus l’enfer pour la compagnie aérienne qui a annoncé vendredi 2 octobre dernier la suppression de 2 900 postes, le retrait de quatorze avions d’ici 2017 et la fermeture de cinq lignes long-courrier. Lire la suite

Y a-t-il un mystère Hollande ?

—->    Cet article a également été publié le samedi 3 octobre 2015 sur     logo-cp

Qui est François Hollande ? La question se pose. En 2012, on nous a vendu un homme cultivé et plein d’humour, n’aimant ni les riches ni le monde de la finance, dont l’ambition était de « ré-enchanter le rêve français », face à un Président sortant inculte (on se souviendra de l’histoire de La Princesse de Clèves), bling-bling et agité, ami des riches et Président du Fouquet’s, responsable de la « casse » du service public à la française et donc profondément impopulaire avec 30 % d’opinions positives en janvier 2012, son plus bas score. Alors que les livraisons sondagières d’octobre accordent aujourd’hui à François Hollande une popularité pratiquement inexistante de 16 % et que France 3 nous a gratifiés lundi 28 septembre dernier d’un (très) long métrage censé lever le voile sur toutes les coulisses du pouvoir présidentiel, je me jette à mon tour dans le mystère Hollande et tente une réponse.  Lire la suite