L’arnaque du « Libérer Protéger » macronien

Il y a un an, la Présidente LREM de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale Brigitte Bourguignon s’exclamait en une du Figaro : « On a libéré, maintenant il faut protéger ». À l’époque, il fallait déjà un télescope géant pour parvenir à discerner quelques poussières de libéralisation dans un univers de contraintes et de dépenses publiques renforcées, mais Marlène Schiappa a de bons yeux et elle confirme : la libéralisation, c’est fait et bien fait ; passons au volet « social » du quinquennat !

« On a lancé un certain nombre de mesures de libération de l’économie qui montrent des premiers résultats de façon factuelle et tangible. »

« Au gouvernement, on est nombreuses et nombreux a être mobilisés pour aller plus loin dans les mesures de protection maintenant qu’on a libéré. » (Vidéo ci-dessous, Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, 3 mars 2019, de 11′ 40″ à 14′ 30″)

Il faut reconnaître que la formule est pratique. À l’heure où la révolte des Gilets jaunes est venue révéler au grand jour l’insatisfaction économique et sociale de Français passablement désemparés, elle permet à Emmanuel Macron de retomber sur ses pieds après le tumulte. Non seulement il sait ce qu’il fait, mais il fait ce qu’il a toujours dit conformément au célèbre balancement qu’il a popularisé pendant sa campagne électorale : libérer les énergies et « en même temps » protéger.

C’est précisément le message que Mme Bourguignon il y a un an et Mme Schiappa aujourd’hui s’efforcent de faire passer : la grogne et l’impatience sont parfaitement normales puisque le gouvernement n’a pas hésité à « prendre le risque de l’impopularité » en libéralisant avec courage l’économie. Mais réjouissons-nous, le volet de la protection, le volet social, arrive. Il est même en route depuis le début ; et Marlène Schiappa d’égrener les petits-déjeuners gratuits dans les quartiers défavorisés, le congé maternité pour toutes et le reste à charge zéro pour les lunettes.

On remarquera qu’elle ne cite pas le moindre exemple de ces résultats « factuels et tangibles » de la libéralisation – et pour cause : le premier d’entre eux, notre taux de chômage, reste toujours aussi méchamment accroché à 9,1 % quand d’autres pays comparables sont en dessous de 5 %. 

Autant l’on voit bien les dépenses publiques caracoler toujours plus haut (57 % du PIB), autant les plans pauvreté, égalité, banlieues, culture, transition écologique etc. forment la trame habituelle et coûteuse des annonces gouvernementales, autant l’on ne perçoit guère plus qu’il y a un an en quoi notre pays aurait été si puissamment « libéré » de ses lourdeurs structurelles. 

Pour le dire comme h16, la « tempête de turbolibéralisme » qui serait passée sur la France avec Macron n’a pas eu lieu, si ce n’est dans les fantasmes hallucinés d’un pays drogué depuis trop longtemps à la redistribution via la taxation des riches et la dépense publique. En réalité, la France est le pays qui « protège » le plus tout en connaissant la situation économique et sociale la moins brillante parmi les pays comparables. Gênant.

Oui, l’ISF a été réduit en impôt sur le fortune immobilière ; oui, la fin du recrutement au statut privilégié des cheminots sera effective à partir de 2021 ; oui, les ordonnances Travail ont organisé la fusion d’instances du personnel trop nombreuses et plafonné les indemnités prud’homales ; oui, il est question de revoir l’indemnisation des chômeurs – domaine où la France se montre des plus généreuses alors que, comme on l’a vu, le taux de chômage ne baisse pas.

Mais peut-on sérieusement considérer que ceci pourrait suffire à faire de la France une grande économie libérale et dynamique quand parallèlement nos ministres ne songent qu’à récupérer des recettes fiscales au profit de notre triple Etat providence, stratège et nounou et au détriment des capacités productives du pays ?

Pas de libéralisation digne de ce nom, donc, mais ce n’est pas la seule raison qui fasse du « Libérer Protéger » macronien une arnaque économique et sociale majeure.

Fondamentalement, cette formule accrédite l’idée que toute tentative de libéralisation causerait un tel dommage dans la société qu’il faudrait immédiatement réparer les dégâts causés avec une triple épaisseur de protection supplémentaire du style emplois aidés et allocations diverses à tous les stades de la journée et de la vie.

Les Français en sont d’autant plus convaincus qu’on leur a expliqué depuis longtemps tout le mal qu’une Margaret Thatcher avait provoqué au Royaume-Uni : contrats zéro-heure, pauvreté partout, laisser-faire inique, finance sans foi ni loi, chômage… ah non, pas chômage (4 %) – mais de toute façon, ce ne sont pas de vrais emplois. On se rassure comme on peut, au prix d’une gymnastique mentale dans laquelle nombre de Français sont passés maîtres, moyennant pas mal d’ignorance pour les uns et une superbe dose de mauvaise foi pour les autres.

Selon cette conception, le volet « libéralisation » apparaît tellement peu souhaitable qu’on ne s’étonne guère qu’il soit finalement si peu développé dans la politique du gouvernement. Mais on comprend mal ensuite pourquoi il faudrait envisager de réparer quelque chose qui n’a certainement pas été endommagé par un excès de libéralisation. De quoi nous confirmer que la politique macronienne du « libérer protéger » n’était qu’un leurre badigeonné d’esprit réformiste et de modernisme startupeur destiné à masquer la continuité avec la période Hollande aux yeux des électeurs et des commissaires européens.

Mais posons-nous la question : pourquoi faut-il que les pouvoirs publics français organisent des petits-déjeuners gratuits dans les écoles des quartiers défavorisés ? Probablement parce que les responsables des mairies ou des écoles en question ont constaté que beaucoup de familles modestes faisaient l’impasse sur ce repas important pour les enfants faute de moyens financiers.

D’où pourrait venir ce manque de moyens, cette pauvreté (pour appeler les choses par leur nom) ? Sans doute pas d’une économie qui tourne à plein régime, mais plutôt d’une situation de croissance faible et de chômage élevé compliquée par une mauvaise adéquation entre les compétences disponibles et les compétences recherchées.

Autrement dit, qu’est-ce qui serait le plus « protecteur » : la solidarité étatique – la « politique du coeur » dirait Marlène Schiappa – celle qui prévaut en France aujourd’hui et qui consiste à prélever des impôts aux uns pour offrir des petits-déjeuners aux autres qui en ont besoin ? Ou bien une politique, y compris éducative, qui permettrait vraiment aux individus d’être autonomes et responsables et aux entreprises de créer des emplois et proposer des salaires autorisant chaque famille à subvenir à ses propres besoins par son travail ?

La même remarque s’applique au chômage. Que vaut-il mieux : indemniser largement, « généreusement », nos trop nombreux chômeurs comme on le fait actuellement, avec la certitude que le chômage ne baissera pas structurellement, ou avoir moins de chômeurs en laissant les fonds utilisés dans les dépenses publiques s’investir directement dans la production ?

On sait, parce que d’autres pays en ont fait l’expérience et jouissent maintenant d’un niveau de vie des plus appréciables et des plus enviables, que la seule protection sociale qui vaille passe par une formation de qualité et un accès au marché du travail. Pas le travail financé par les impôts, mais le travail réel, le travail marchand, celui qui découle du libre jeu de l’offre et de la demande sur le marché de la production des biens et services.

Une telle économie est certes susceptible de connaître des périodes plus ou moins fastes, mais le jeu du système général des prix fait qu’elle retrouve toujours son point d’équilibre tandis que toutes les tentatives « conscientes » – prix minimum, fonds de soutien, quotas et subventions en tout genre – pour forcer le retour à l’équilibre ne parviennent qu’à empirer la situation.

Il en résulte qu’une action politique porteuse de prospérité ne consiste pas à libérer du bout des doigts puis protéger à tour de bras, selon deux mouvements pratiquement contradictoires, le second venant « réparer » par l’impôt et la dépense publique les faits et méfaits fantasmés du premier avec pour seul effet de dégrader encore plus la situation économique, mais, tout simplement, à libérer. C’est au sein de cette libéralisation que chacun aura les meilleures chances de trouver les ressources qui le protégeront le mieux. A méditer, je crois.


Illustration de de couverture : La Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI le 3 mars 2019.

34 réflexions sur “L’arnaque du « Libérer Protéger » macronien

  1. Je crois assez peu à la nécessité des petits-déjeuners gratuits dans les quartiers prétendument défavorisés. Personne ne souffre de la faim en France, et le petit-déjeuner est l’un des repas les moins chers à préparer. A condition de savoir faire la cuisine et de tenir un budget, bien sûr. La pleurnicherie aux pauvres, ça va cinq minutes.

    J’en veux pour preuve les fameuses allocations de rentrée scolaire. Je pense que nous devons être le seul pays au monde où le gouvernement donne de l’argent aux familles pour acheter des crayons. On serait en Afrique, on pourrait comprendre. Mais on n’est pas en Afrique. Quoique, parfois, en regardant le paysage, on se demande.

    Des stylos-bille et des feuilles de papier, ça ne coûte presque rien. Quand je vois le déluge des fournitures de rentrée, dans les hypermarchés et les papeteries, quand je vois les listes de fournitures délirantes établies par des professeurs-fonctionnaires maniaques, très généreux avec l’argent des autres, je me dis qu’il y a encore là une turbine à produire de faux besoins avec l’aide de la subvention.

    D’un côté, ça permet à quelques rares papeteries de quartier de vivoter avec quelqus cacaouhètes de subventions dissimulées, d’autre part, ça permet aux grandes surfaces, qui n’ont vraiment pas besoin de l’Etat pour ça, de faire un peu plus de chiffre d’affaires grâce à l’argent des impôts.

    Et après, on s’étonne : ouin, l’essence a augmenté de cinq centimes au litre, il faut que je bloque la France et que je tue dix personnes parce que sinon je « crève ».

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    • Pour vous parler de mon département de la Réunion, les allocations de rentrée permettent d’acheter des vêtements … de marque ! de changer de smartphone, d’aller remplir un caddy. Comptez dans les 300 €/enfant. La maîtresse demande 30 € aux parents pour « la coop », l’achat groupé de fournitures pour la classe, pour l’année, et il y a des parents qui en ce début mars, n’ont pas payé les 30 € en question. Pas parce qu’ils sont indigents, non, mais parce que « c’est à l’école de payer » ! Et il sera très difficile de changer ces mentalités … la prime exceptionnelle, l’allocation, sont devenues de droits ! malheur à celui qui s’y attaquera !

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      • Les DOM-TOM sont une caricature de la métropole. La loupe grossissante qu’ils fournissent est un excellent outil pour comprendre ce qui se passe dans l’Hexagone, et qui peut rester plus discret.

        Comme les DOM-TOM sont plus « défavorisés » que les autres et qu’il faut être plus « gentil » avec eux parce qu’on les a davantage « exploités », le résultat est là.

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  2. Pour être honnête, il conviendrait d’ajouter au nombre de chômeurs les « bénéficiaires » du RSA, qui eux aussi, ne travaillent pas du tout. Les départements se plaignent que leur nombre augmente constamment, mais je ne trouve pas de statistique nationale sur le sujet qui doit être explosif.

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    • Ben si voyons, si voulez voir le pognon de dingue qu’on crame pour l’aide sociale, c’est la DREES qu’il faut consulter avec des chiffres plus ou moins justes….mais bon, ça donne une bonne idée :
      http://www.data.drees.sante.gouv.fr/ReportFolders/reportFolders.aspx

      Il y a 200 sortes d’aides en France, listées par l’iFRAP, attention en mai 2018 donc, c’est peut-être pas à jour :
      http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/france-plus-de-200-aides-sociales
      Les dépenses de protection sociale atteignaient 746,6 milliards d’euros en 2015 mais comme c’est compliqué et qu’on est plus malins que les autres, les coûts se situent à 4,31 % des dépenses de prestations selon Eurostat là où l’Union européenne est à 3 %. L’iFRAP est parvenue à l’évaluation des coûts de gestion réels de la protection sociale à au moins 42 milliards d’euros avec un scénario iFRAP pour les faire baisser de 5 à 9,5 milliards à l’horizon 2025, on peut toujours rêver !

      Bref en étant malin on peut cumuler pas mal des aides parmi les 200 vu qu’en plus il n’y a aucun fichier unique qui individualise l’ensemble des prestations touchées. Guichet unique, Macron l’évoque, certains l’exigent dans le Grand Débat….

      Le révérend Thomas Robert Malthus, parlait déjà d’un système égalitariste d’aides sociales qui désincite du travail et « créent les pauvres qu’elles assistent » (Essais sur le principe de population, Londres – 1798).
      « Mechant Réac » s’était amusé à faire quelques petites simulations :
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-justice-sociale-francaise-est-195952

      Oui il faut gueuler à L’INJUSTICE SOCIALE, mais c’est ceux qui travaillent qui doivent le faire !

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      • Hahaha…

        http://www.data.drees.sante.gouv.fr/ReportFolders/reportFolders.aspx

        Ils n’ont pas honte, quand même… 57 % du PIB passe dans la dépense publique, et c’est pour nous faire des sites Web dignes de l’ère du Minitel… même les sites gouvernementaux du Mali, je pense, doivent être un peu plus aux standards contemporains…

        Tu m’étonnes que les projets informatiques de l’Etat foirent systématiquement, avec des lumières pareilles (paie Louvois des militaires, RSI, subventions européennes non versées aux agriculteurs « parce que c’est la faute du logiciel », etc., etc…)

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      • @ RM
        J’ai pointé directement sur la statistique, sinon le site de la DREES, c’est cela :
        https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/etudes-et-statistiques/open-data/aide-et-action-sociale/
        C’est pas du niveau d’eurostat, c’est sûr qu’on peut faire mieux.
        Mais il y a bien plus grave :
        1. Si vous avez la curiosité de demander les chiffres à votre Conseil Général que vous obtiendrez en quelques mois, ben c’est pas les mêmes… mystère.
        2. Si vous observez les délibérations de ce même Conseil Général, vous vous apercevrez qu’il n’en est jamais question, en tout cas du RSA, alors que c’est souvent plus de 50% du budget de fonctionnement de la collectivité…du déni ou alors ils ont pas envie de pleurer…
        Preuve d’un immense bordel fonctionnel de l’affaire mais aussi financier et comptable.
        En bref, on ne maîtrise plus rien !

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  3. @ Robert Pheldge Daniel : en effet.
    Le système de la « protection » comporte à l’évidence sa dimension clientéliste et façonne les mentalités à demander « toujours plus », c’est-à-dire être de plus en plus dépendantes.
    Les belles âmes pensent qu’en empilant aides sur subventions, la France se montre généreuse, attentive à « l’humain », mais en réalité, ces allocations sont la conséquence de notre échec économique et social et elles en deviennent aussi la cause première en prélevant de plus en plus de ressources pour la protection au dépend de la production.

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  4. Bonjour Nathalie, toutes et tous.

    C’est d’ailleurs à se demander à quel point les largesses d’un système social gangrené ne sont pas le but recherché, par clientélisme naturellement mais également par souhait d’une emprise et d’un contrôle totaux sur le petit peuple.

    On asservit plus aisément des moutons qu’on n’apprivoise des loups.

    Le temps joue pour Macron qui va profiter de la lassitude qui gagne face au mouvement GJ pour remonter dans les sondages. La grande fumisterie nationale déguisée en débat n’est qu’une campagne pré-élections européennes à la même visée opportuniste.

    Des secrétariats placards-à-balais, totales sinécures, sont légion, comme celui de l’égalité entre hommes et femmes et de la lutte contre les discriminations (je reprends ma respiration) qui ne pouvait recevoir qu’une incompétente qui utilise plus volontiers son cœur qu’une calculette. A défaut de cerveau.

    On pourrait s’amuser à concocter un florilège de ces ministères et secrétariats d’état au cours des différents mandats d’inclination senestre. 1981, on inaugure: ministère du temps libre pour le premier gouvernement Mitterrand, ça il fallait oser.
    Je n’énumérerai pas mais terminerai par le Ministère du Redressement Productif (pas mal non plus celui-ci) aujourd’hui disparu tant il se montrait aussi utile que ses historiques semblables. Il n’y a vraiment qu’eux pour nous pondre de telles appellations.

    Par contre la redondance Ministère de l’Action et des Comptes publics – Ministère de l’Économie et des Finances, par exemple, nous rassure totalement sur cette continuité dispendieuse et ce népotisme institué.

    Tant que cette fourmilière d’impétrants et autres racle-gamelles, qui ne vivent qu’à nos dépens, ne prendra pas le coup de pied nécessaire, rien ne changera.

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    • « Ministère du Redressement Productif »

      Très jolie contrepèterie, au passage. Plus drôle que la sinistre URSSAF, jeu de mots stalinien parfaitement au premier degré, mais au contenu bien vivant, hélas.

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  5. Merci pour les liens qui conduisent à des données très parlante. En gros il y à 3 800 000 personnes au RSA qui sont des personnes en age de travailler, qui ne sont pas des handicapés (ou assimilés) et qui pour beaucoup sont des personnes « en fin de droit » au titre de l’assurance chômage. Très grossièrement on peut donc doubler le nombre de chômeurs en France.

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  6. Malheureusement Emmanuel Macron n’a pas eu le temps de lire votre article !
    Libération, protection et progressisme: il fait entendre cette petite musique dans « Pour une renaissance européenne ». Nous attendons avec impatience votre analyse critique de toutes les fausses vérités émises dans cette urgence dont il veut s’emparer lors d’une conférence avant la fin de l’année et renverser la table. Table constituée de 28 états, 28 chefs d’état qui ne partagent pas ses vues et dont la décision d’une réforme se prend à l’unanimité.

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  7. Plus qu’une arnaque, une escroquerie !

    L’Etat (ou plutôt une coalition de hauts fonctionnaires et de politiques) ne protège rien ni personne. Ceux qui veulent agir, par le travail et l’échange, pour améliorer leur propre situation en sont empêchés. Au final, nous nous retrouvons nus comme des vers et avec une liberté tellement restreinte. Nous perdons sur tous les tableaux et pouvons oublier la prospérité et la dignité !

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    • Merci pour le lien. Je trouve l’article très bien écrit, percutant et même très comique par endroits. Petit extrait: Le revenu de base apprendrait aussi à ses bénéficiaires l’autonomie (!) et la responsabilité. Les avocats de l’auteur d’un braquage pourront plaider, suivant la même inspiration, qu’il en a géré le produit « en bon père de famille ».

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  8. Pingback: L’arnaque du « Libérer Protéger » de Macron | Contrepoints

  9. Safran veut monter deux usines en France et n’y arrive pas à cause de nombreuses couches administratives qui se renvoient la balle et parle d’aller les ouvrir ailleurs. C’est bien le symptôme du pouvoir de nuisance des administrations qui freinent des quatre fers dès que quelque chose de nouveau se met en place.

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  10. Faut-il « libérer » les entreprises des 150 milliards pompés chaque année dans la poche des salariés, des retraités, des automobilistes, des collectivités locales etc ?
    Faut-il « libérer » les marchés financiers gonflés à craquer par des milliers de milliards de billets de Monopoly imprimés par les Banques centrales ?
    On peut parier que sans cette manne providentielle le système s’effondrerait dans la journée.

    Bonne journée,
    Jean Sur

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    • Vous persistez à tout mélanger et vos commentaires sont fort peu explicites. On y devine beaucoup d’indignation à grand renfort de sous-entendu et on y cherche vainement un argument précis.

      « les 150 milliards » : De quoi parlez-vous ? Si vous pensez aux subventions qui vont aux entreprises, soyez rassuré, je suis pour leur suppression totale. Mais comme la subvention, quelle qu’elle soit, est non seulement un financement arbitraire mais aussi un fil à la patte mis par la puissance publique à ceux qui la reçoivent, il faut bien voir que l’Etat y trouve aussi son intérêt pour durer et contrôler.

      « billets de Monopoly imprimés par les Banques centrales » : comme si les banque centrales ne répondaient pas directement aux désirs des Etats !

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      • En d’autres termes, je voulais simplement dire que sans les injections des milliards des Banques centrales et sans les transferts massifs d’ argent public, le système s’effondre dans l’instant.
        Ce n’est pas un argument, c’est juste un constat – amer – partagé par beaucoup.
        Par ailleurs, j’apprécie beaucoup vos notes, bien qu’étant en désaccord.
        Bien à vous,
        J.S.

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      • « le système s’effondre dans l’instant » :

        C’est à voir. On pourrait arguer d’abord que derrière ses cache-misères le système est déjà effondré et s’effondre tous les jours un peu plus à chaque couche de protection supplémentaire.
        Et surtout, il existe de multiples exemples d’un rebond très positif après la fin des subventions, aides, etc. Les agriculteurs néo-zélandais ont vu leurs subventions disparaître pratiquement du jour au lendemain, ils ont compris qu’ils ne devaient compter que sur eux et comme par hasard, l’agriculture néo-zélandaise est maintenant florissante…

        Aujourd’hui, la redistribution étatique existe. Non seulement on a baptisé ça « justice sociale », histoire de culpabiliser tous les récalcitrants comme moi, mais il faut dire que dans une vision de court terme, il est simple et pratique de s’en remettre à elle (pas seulement les minima sociaux, mais aussi les 300 € pour s’acheter un vélo électrique etc.). Mais supprimez tout ça et la majorité des gens donneront le coup de pied au fond de la piscine. Ils y auront d’autant plus de facilité que les capitaux consacrés auparavant à la redistribution s’investiront directement dans l’économie, enclenchant ainsi un cercle économique vertueux.

        Aujourd’hui, on est dans un cercle vicieux qui nous entraîne vers le fond :
        L’Etat providence-stratège-nounou entrave l’économie —> chômage, pauvreté —-> il faut « réparer » ces horreurs hypocritement attribuées à un ultra-turbo-libéralisme totalement fantasmé —-> et hop une couche de plus dans la dépense publique —-> la situation ne s’améliore pas, elle empire —-> on recommence !
        Résultat la France est championne du monde des taxes et des dépenses publiques, sa dette publique est de 100 % du PIB et son chômage est au double ou au triple de celui de ses voisins, sans parler du RSA dont Daniel signalait plus haut le nombre élevé d’allocataires. Bref : un échec. Pas encore la faillite, mais un vrai échec.

        Et dire que c’est le modèle que Saint Macron propose dans son épître aux Européens, histoire de redistribuer aussi l’abondante manne allemande !

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  11. Il y a beaucoup de milliards dans la nature. Il y a en a tellement qu’on ne sait pas exactement combien.
    Le pb depuis à peu près 2005, c’est que ces milliards rapportent trop peu à ceux qui les possèdent.
    Pourquoi ? Parce qu’Il y a trop peu de profits attendus.
    Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’innovations suffisamment profitables depuis les années 80 à peu près. La transition énergétique est un leurre dont profitent quelques voyous mais le capital ne peut être leurré si facilement par la religion du changement climatique. Et de toute façon il n’y a PAS de nouvelles technologies énergétiques alternatives, suffisamment crédibles.
    Donc on a produit beaucoup de liquidités pour faire des coups financiers qui rapportent peu en % mais suffisamment en capital : prêts aux Etats, recapitalisations d’entreprises, etc…
    Une gabegie d’artifices…qui dure depuis 2005 environ.

    On peut hurler après qui on veut : Macron, Trump, les sales capitalistes mondialistes, les banques ou le Pape, ça ne changera rien.
    Seul espoir, un nouveau cycle d’innovations sérieuses de toute façon obtenu par la plus grande liberté possible, d’entreprendre, d’innover. L’humanité ne fonctionne (n’avance vers son bien-être) que comme cela !
    Relisez son histoire.

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  12. bonsoir
    je ne crois pas que vous ayez bien saisi le programme de Macron car ce n’est pas la première fois que vous faites la confusion. Il n’a jamais dit qu’il voulait libéraliser mais libérer; vous y voyez peut-être un synonyme, moi pas.
    Vous êtes libérale, c’est à dire que vous vous fichez des autres;
    Macron veut libérer l’économie pour que tous puissent prospérer les uns avec les autres.
    Un peu comme Tony Blair mais c’est vrai que vous vous êtes arrêtée à Madame Thatcher!

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    • « Vous êtes libérale, c’est à dire que vous vous fichez des autres. »

      C’est à dire qu’il y a un moment où la malveillance, l’impolitesse pure et simple et l’ignorance revendiquée dépassent les bornes.

      Vous dites : « Macron veut libérer l’économie pour que tous puissent prospérer les uns avec les autres », et on ne comprend pas si pour vous, comme les milliards d’hommes qui nous ont précédés, la prospérité est une bonne chose, ou si c’est une abomination à vos yeux que les gens puissent prospérer les uns avec les autres, et si la pauvreté est infiniment préférable.

      Macron a bel et bien revendiqué un certain libéralisme (hélas très limité). Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires (certes, c’est trop peu), supprimer largement deux impôts importants comme la taxe d’habitation et l’ISF, supprimer à terme le statut des cheminots, c’est bel et bien libéraliser, même si c’est largement insuffisant.

      En fait, on ne voit pas trop ce que vous voulez, vous, et encore moins pourquoi.

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      • Macron a bel et bien revendiqué un certain libéralisme (hélas très limité). Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires (certes, c’est trop peu), supprimer largement deux impôts importants comme la taxe d’habitation et l’ISF, supprimer à terme le statut des cheminots, c’est bel et bien libéraliser, même si c’est largement insuffisant.
        … et j’ajouterai que c’est pas (tout à fait) encore fait…

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    • « Vous êtes libérale, c’est à dire que vous vous fichez des autres » :
      Damned, je suis démasquée ! Ah au fait, vous ne le savez peut-être pas, mais je mange les petits enfants.

      « Macron veut libérer l’économie pour que tous puissent prospérer les uns avec les autres » :
      Et concrètement, que veut dire ce joli blabla ?

      « Un peu comme Tony Blair mais c’est vrai que vous vous êtes arrêtée à Madame Thatcher! »
      Tony Blair qui n’a surtout pas remis en cause ce que Mme Thatcher avait fait auparavant (laquelle avait succédé à des socialistes qui avaient laissé le UK en état de faillite complète).

      Une chose est sûre, Macron libéralise fort peu de choses, et chaque fois qu’il parle de liberté, c’est pour interdire un peu plus.

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      • Et d’abord nous autres français, nous n’en sommes pas à l’étape Thatcher….nous sommes encore à attendre le FMI qui ne devrait tarder…, alors notre Tony Blair, on ne le voit même pas à l’horizon !

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      • En lui répondant, je m’adressais en réalité surtout à tous les autres lecteurs effectifs ou potentiels du blog. La position exprimée par Françoise est courante ; archi caricaturale et pré-mâchée, mais courante ; elle mérite donc une petite mise au point 🙂

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  13. Bien faire et laisser dire ! Continuez à manger les petits enfants, c’est croquant…
    « Macron veut libérer l’économie pour que tous puissent prospérer les uns avec les autres » Chiche !
    C’est comme « aimez-vous les uns les autres » ? Ah non, je me trompe, je pense que l’idée c’était plutôt :
    « … pour que tous puissent prospérer les uns sur les autres ».
    Dans 1984, les mots de la novlangue ont un sens caché : ici, maintenant, c’est « liberté/interdit ».

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