Jacques Rueff : « Pourquoi, malgré tout, je reste libéral »

Je vous le disais dans mon dernier article, en 1934, l’économiste Jacques Rueff fut invité à prendre la parole devant ses camarades polytechniciens du groupe « X Crise ». Ce dernier, créé en 1931 afin de réfléchir au renforcement de l’économie française après la violente secousse de 1929, adopta très rapidement une approche économique planiste et technocratique que Rueff relève dès le début de son discours pour s’en démarquer ensuite :

« Depuis que votre groupe existe, j’en ai observé la croissance avec le plus vif intérêt et je crois bien ne pas me tromper en affirmant qu’elle ne s’est pas effectuée dans un sens purement libéral. »

Malgré l’inconfort de se sentir « en état singularité » parmi ses pairs, Rueff va alors poursuivre en s’attachant à donner les raisons pour lesquelles lui est « resté libéral dans un monde qui cessait de l’être ».

Le nom de Jacques Rueff (1896-1978) est étroitement associé à la naissance de la Vème République.

Spécialiste des finances et de la monnaie, partisan de l’orthodoxie budgétaire et de la vérité des prix, européen opposé au protectionnisme et défenseur de la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, il va convaincre un général de Gaulle méfiant de se rallier à son plan, le plan Pinay-Rueff adopté en décembre 1958 dans le but d’assainir les finances de la France et la faire entrer dans la saine concurrence du nouveau marché commun européen.

Libéral au point de figurer parmi les premiers membres de la Société du Mont-Pèlerin fondée en 1947 par l’économiste « autrichien » Friedrich Hayek dans le but de promouvoir le libéralisme, Rueff va pourtant se trouver parfois en désaccord avec les économistes libéraux. Devenu mal à l’aise avec l’idée d’ordre spontané, il considère notamment que l’Etat doit intervenir, non pas pour relancer la demande à la façon de Keynes – dont il a toujours combattu les théories – mais de façon juridique afin de « protéger » les mécanismes de marché contre des abus possibles.

Mais en 1975, soit trois ans avant sa mort, il republia son discours de 1934 sous le titre « Pourquoi, malgré tout, je reste libéral », preuve que le libéralisme lui tenait plus à cœur que toutes les réserves qu’il avait pu formuler à son encontre entre-temps.

C’est la raison pour laquelle j’aimerais vous présenter ce texte – texte d’autant plus important qu’il constitue en quelque sorte le testament intellectuel d’un économiste qui avait eu l’occasion de mettre ses réflexions en pratique et qui avait beaucoup côtoyé le gratin du plan quinquennal à la française dans les allées du pouvoir.

Rueff s’y révèle très « hayekien ». Pas plus que son illustre confrère il ne croit qu’une planification consciente pourrait parvenir à tenir compte de la multitude des facteurs économiques et humains nécessaires et, pour sa part, il discerne déjà son échec dans les concessions faites peu à peu par la planification soviétique à l’existence d’un petit secteur privé parallèle :

« Je pense qu’aucun esprit humain ne peut prétendre résoudre le système d’équation à inconnues innombrables qui traduit les conditions d’équilibre d’un marché, même si ces conditions étaient connues, ce qui n’est pas. »

« La Russie elle-même est en train de restreindre le régime des équilibres conscients et de restaurer dans des domaines toujours plus étendus le mécanisme des prix. (…)Ainsi donc, les réalités se défendent, la crise endémique, résultat de l’économie organisée, a imposé le rétablissement du mécanisme des prix. »

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Et surtout – et c’est le point central de son texte, sa conclusion imparable, sa mise-en-garde ultime – il voit comme Hayek une « route de la servitude » se dérouler inéluctablement sous les pas des interventions de l’Etat :

« Une économie dirigée, c’est une économie qui a un dictateur, c’est-à-dire quelqu’un qui choisit sans raison, qui fait la fortune des uns, la ruine des autres, que ce soit Staline, Hitler ou M. Lebureau (façon de Rueff de caractériser le maître du plan). »

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Mais reprenons au début. En 1934, Rueff s’adresse à des hommes qui s’occupent d’économie et qui se sont donné pour mission de rechercher des voies de sortie de crise après le krach de 1929. S’ils se ruent sur l’économie dirigée pour y parvenir, c’est parce qu’ils tiennent pour acquis que la grande dépression a résulté directement des excès incontrôlés de l’économie de marché.

On reconnaît une ritournelle connue : dès qu’un désagrément, un problème ou une crise se présentent en ce bas monde, l’habitude consiste à aller chercher le coupable idéal, celui dont on « sait » – parce qu’il le dit lui-même avec son fameux « laisser faire » – qu’il serait capable de tout et n’importe quoi pour s’enrichir sur le dos des autres ; autrement dit, le libéralisme, gangrené par son vice même pas caché, l’individualisme.

Mais pour Rueff, ceci est un « monstrueux mensonge » :

« C’est un monstrueux mensonge que d’affirmer que l’économie classique, c’est-à-dire ce que l’on est convenu d’appeler le capitalisme, a fait faillite, parce que les désordres sont apparus précisément là où l’on a remplacé le régime ancien du régulateur automatique (le « mécanisme des prix ») par ce régime absurde et insensé de l’économie libérée (libérée du mécanisme des prix), qui est la négation même de l’économie libérale. »

Ayant montré d’abord comment le « mécanisme des prix » est le mieux à même de tenir compte de toutes les préférences des hommes et de toutes les conditions matérielles du monde, et comment il est voué à ne jamais faillir car son action se prolonge jusqu’au moment où l’équilibre qui doit être obtenu l’a été, Rueff souligne aussi combien il est susceptible de s’attirer l’opposition de ceux (les acheteurs) qui trouvent les prix momentanément trop hauts ou de ceux (les vendeurs) qui trouvent les prix momentanément trop bas entre deux retours à l’équilibre.

Les uns et les autres se plaignent, on se met à parler de « juste prix », et les hommes politiques, dont les administrés attendent qu’ils « fassent quelque chose » pour justifier leur mandat, n’ont rien de plus pressé que d’intervenir en fixant des prix, des planchers, des quotas et que sais-je pour atteindre artificiellement une situation satisfaisante pour tout le monde :

« Comme, dans tous les pays du monde, les gouvernements considèrent que leur tâche essentielle, sinon unique, c’est d’obéir à la volonté de leurs mandants, tous les gouvernements se sont attachés, dès que la variation d’un facteur de l’équilibre aurait obligé la loi (le régulateur par le système des prix) à jouer, à en paralyser le mécanisme. »

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Résultat, lorsque le blé se trouve momentanément en excédent, ce qui fait baisser les prix et devrait inciter les agriculteurs à ajuster leur production de blé à la baisse (sortie de crise « naturelle » par le mécanisme des prix), les pouvoirs publics s’empressent de voler à leur rescousse en fixant un prix minimum qui peut certainement donner l’illusion que leurs revenus sont sauvegardés, mais qui maintient au contraire la production à son niveau excédentaire et recule(*) d’autant plus la fin de la crise.

Toute ressemblance avec le « prix juste » promis par Emmanuel Macron aux agriculteurs ou avec la PAC (Politique agricole commune de l’Union européenne) qui dicte depuis des années prix, quotas et subventions à une agriculture française toujours aussi déprimée, n’est absolument pas fortuite.

Ainsi, non seulement l’on attribue faussement au libéralisme les causes des grandes crises qui secouent nos économies, mais on lui substitue un régime d’économie dirigée qui n’a d’autre conséquence que d’aggraver la situation en obtenant l’exact contraire de ce qui était recherché.

A ce stade, Rueff constate sans plaisir que malgré cette cascade d’erreurs dans l’analyse économique et l’analyse historique, l’idée de corriger les déséquilibres momentanés du marché a fait son chemin dans les esprits et s’est imposée comme la marque d’une grande politique soucieuse des demandes de sécurité économique des citoyens :

« Ainsi a pris naissance cette conception de l’économie consciente où la volonté des hommes doit remplacer le libre jeu des prix. »

Tiens, tiens, « volontarisme » ; encore un concept politique fort en vogue en 2019. La France n’a plus de Commissariat au plan en tant que tel, c’est vrai, mais ne perdons pas de vue qu’un Etat qui se veut providence et stratège est forcément un Etat qui fait des choix, donc des plans, qui s’imposent aux citoyens. N’imaginons surtout pas que lorsque Rueff parle de plan, il n’est plus pertinent pour la France d’aujourd’hui.

Mais comment une telle économie consciente pourrait-elle fonctionner ? Même si l’on aborde la question sans aucune idéologie préconçue, il s’avère très rapidement qu’il va falloir disposer d’un organisme central peuplé de fonctionnaires qui devront décider ce qu’il faudra produire, importer et exporter. Quels produits promouvoir, quels produits écarter ?

De même, ils devront fixer des prix et des salaires. Sur quels critères ? Faut-il créer une échelle de mérites, ou faut-il donner le même salaire à tout le monde, au risque de ne susciter qu’insatisfaction partout ?

Les choix effectués dans le plan ayant besoin d’un peu de temps pour être exécutés pleinement, il devient impossible de prendre en compte d’éventuelles nouveautés ou remises en cause technologiques ; de même, il n’est pas possible de laisser libre cours à l’expression des insatisfactions qui se font jour sous peine de faire capoter le plan.

C’est ainsi que l’arbitraire et l’oppression deviennent les caractéristiques majeures de l’économie dirigée, laquelle est vouée à s’étendre indéfiniment afin qu’aucun paramètre n’échappe à ses réglages, ce qui la transforme inéluctablement en régime dictatorial :

« La vérité, c’est que tous les régimes d’économie dirigée impliquent l’existence d’un organisme susceptible de prendre des décisions arbitraires, autrement dit dictatoriales. La dictature est ainsi une condition et une conséquence de l’économie planifiée. »

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Conclusion de Rueff : il ne peut exister qu’une seule issue à l’économie consciente – au « volontarisme », comme on dit aujourd’hui – et elle est fatale ; c’est celle de « la misère et la ruine » sous « les apparences de l’action généreuse ». À méditer, je crois.


(*) Rueff signale à son auditoire de polytechniciens qu’il s’agit d’une loi physique très connue appelée par Bichat la loi des « embêtements maximum » (rien à voir avec les emmerdes qui volent en escadrille de Chirac) : « Si l’on modifie l’un des facteurs de l’équilibre d’un système en équilibre, il se produit une modification du système qui, si elle s’accomplissait seule à partir de l’état primitif, entraînerait une variation inverse du facteur considéré. »


Illustration de couverture : Jacques Rueff « Pourquoi, malgré tout, je reste libéral ».

15 réflexions sur “Jacques Rueff : « Pourquoi, malgré tout, je reste libéral »

  1. Ceci étant comment se fait-il que 2 à 300 paysans jettent l’éponge, mettent la clé sous la porte ou partent en retraite plus ou moins sans successeurs chaque année ?
    Ne serait-ce pas à propos la pression à la baisse éhontée des prix de la part des « marchands du temple » qui courent après les marges à tout prix en arguant la faiblesse (soit-disant) de celles-ci, preuve par bilan honteusement arrangé à l’appui, en oubliant les frais et salaires de leurs dirigeants, les factures de complaisance de leurs fournisseurs pour abonder certains comptes « on ne sait où » et tout un tas de trucs et astuces leur permettant de minorer leur marge tout en se remplissant les poches ?

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    • Réponse courte : non.

      Réponse longue : votre commentaire suppose qu’il est anormal que 200 ou 300 agriculteurs (et non paysans, terme idéologique, terme religieux) cessent leur activité chaque année. Pourquoi ?

      Je suis bien certain que des centaines de comptables (voire plus) cessent leur activité chaque année. Où sont les complaintes sur l’effroyable disparition du métier de comptable ?

      Vous semblez partir d’un présupposé généralisé, en France, selon lequel il y aurait un droit de l’homme à exercer la profession d’agriculteur, et que ce droit serait reforcé par sa transmission héréditaire : il serait absolument scandaleux qu’une exploitation agricole ne puisse pas se maintenir, qu’un fils d’agriculteur ne puisse pas hériter de la charge paternelle. Pourquoi ?

      Y a-t-il un droit de l’homme à être chauffeur routier, commercial chez Peugeot, PDG de L’Oréal ? Un fils de médecin brûle-t-il les préfectures lorsqu’il échoue au concours d’entrée en médecine ?

      N’y aurait-il pas, par hasard, de mauvais agriculteurs ? Ces personnes ne devraient-elles pas, à bon droit, se retrouver éjectées de leur profession ?

      N’y aurait-il pas des exploitations insuffisamment rentables, mal dirigées, ne produisant pas ce dont le marché a besoin ? Ne serait-ce pas une bonne chose que ces exploitations disparaissent ?

      Si vous êtes PDG d’une fabrique d’élastiques, que personne ne veut acheter vos élastiques et que vous perdez de l’argent année après année, tout le monde va estimer que vous êtes nul en fabrication d’élastiques, et personne ne va pleurnicher après vous au Salon de l’élastique à la porte de Versailles à Paris. Pourquoi devrait-il en être autrement pour vos fameux « paysans » ?

      J’en veux pour preuve ce fameux chiffre de la Mutualité sociale agricole (la Sécu des agriculteurs), selon lequel le tiers de la profession gagnerait moins de 350 euros par mois. A priori je n’y crois pas, je pense que ce chiffre est trafiqué.

      Mais admettons. Un tiers des « paysans » exercent une activité qui ne rapporte que 350 euros par mois, et ils s’obstinent à l’exercer ? lls sont cons, ou quoi ?

      Il me semble que lorsqu’on exerce un métier qui « rapporte » 4 fois moins que le salaire minimum, à la louche (et apparemment depuis longtemps, j’entends ces pleurnicheries depuis que je suis sur terre), on doit se poser la question : est-ce moi qui suis nul ? est-ce le métier qui ne rapporte pas ? Et si la réponse à l’une de ces deux questions est positive, il me semble qu’on prend ses cliques et ses claques et qu’on fait autre chose.

      Ou alors, évidemment, on se retourne vers maman-Etat, vers papa-Bruxelles, et on leur demande des ronds pour continuer à exercer son « drouâ » à produire des trucs dont personne ne veut. Tout en hurlant « Macron, démission », et en accusant l’Union européenne d’être une dictature à la solde de la finance juive mondialisée.

      Si effectivement, un tiers des exploitations agricoles ne rapportent que 350 euros par mois à leurs dirigeants, n’y a-t-il pas un problème structurel avec l’agriculture française ? Un problème de productivité ? Un problème de rentabilité ? De trop nombreuses exploitations ne seraient-elles pas maintenues artificiellement en vie par le cochon de contribuable ?

      Ne faudrait-il pas encourager les fermes de mille vaches, d’un million ou de dix millions de vaches, au lieu de les saboter et d’exiger de l’Etat qu’il les interdise ?

      Les « paysans » et les paysanistes nous cassent les oreilles avec leurs fameux 350 euros par mois, mais il y a un autre chiffre, ahurissant, qu’on n’entend jamais : chaque ménage français subventionne les agriculteurs à hauteur de 1 200 euros par an ! Sachant que les agriculteurs ne représentent que 0,7 % de la population…

      https://fr.irefeurope.org/Publications/Etudes-et-Monographies/Liberer-les-agriculteurs-du-joug-administratif

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  2. Là encore une simple comparaison hallucinante : 16 000 fonctionnaires à notre ministère de l’Agriculture (hors formation et recherche) pour 900 en Allemagne, un fonctionnaire pour 20 exploitations !
    Les 350 € par mois c’est sans doute vrai, sauf qu’en principe, ils sont déjà logés, nourris…
    Notre agriculture n’est pas compétitive et même de moins en moins, on peut toujours hurler contre les « marchands du temple », ils s’approvisionneront ailleurs si nécessaire. Même pour la culture bio, les australiens font largement mieux ! Pour le pinard, les italiens font bien mieux que nous maintenant, qualité, productivité, marketing. J’ai pu le vérifier dans les restaurants de Chicago, l’été dernier; nous sommes quasiment absents !
    L’IREF propose dix mesures d’urgence :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/Dix-mesures-d-urgence-face-a-l-effondrement-de-la-competitivite-agricole-francaise
    Libre-échange, disparition des instances de l’Etat qui devrait juste faire de la promotion de nos produits et pas de l’agribashing, un comble ! Ce qu’ont fait les autres qui réussissent finalement.

    Et pour rester dans les années 30 et l’agriculture enfermée sur notre empire colonial. Jacques Marseille raconte comment le vin algérien était largement subventionné, ce qui impactait les vignobles du sud-ouest qu’on dédommageait pour les empêcher de bloquer les routes et les gares. Le vin algérien était ensuite acheté 3 fois plus cher que le prix du vin portugais ou espagnol de l’époque…En somme le jack-pote !

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    • « Les 350 € par mois c’est sans doute vrai, sauf qu’en principe, ils sont déjà logés, nourris… »

      Ce chiffre suscite tout de même des questions, et il est significatif que les médias le répandent sans apporter les réponses qui, à l’évidence, s’imposent.

      1. Comment peut-on vivre avec 350 euros par mois en France ? La frugalité je veux bien, le faible coût de la vie à la campagne je veux bien, mais comment payez-vous l’électricité, l’essence pour mettre dans la voiture, le téléphone, les taxes et toute une série de choses ?

      2. Est-ce subventions comprises ? Il semble que oui, mais là encore j’aimerais qu’on m’explique par A + B.

      3. Est-ce allocations sociales comprises ? A ce niveau de « revenu », si j’ose dire, vous avez droit à des allocations, il me semble ? Le niveau du RSA est supérieur à cela, sauf erreur ?

      4. De qui parle-t-on ? De chefs d’entreprises agricoles ? Ou bien de salariés de l’agriculture ? Voire de saisonniers, qui travailleraient 4 mois dans l’année et vivraient des allocs le reste du temps ?

      5. En admettant qu’il ne s’agisse que de chefs d’exploitations agricoles, comment sont faits les comptes ? N’y a-t-il pas, comme vous le suggérez, confusion entre les comptes de l’entreprise et les comptes personnels ? La majorité des dépenses que doit assumer un salarié lambda, un travailleur indépendant lambda, ou même un chef d’entreprise ordinaire, ne sont-elles pas intégrées dans les dépenses de l’entreprise (électricité, essence, eau, taxes locales, entretien du logement…), en sorte que le « revenu » correspondant serait artificiellement minoré, représenterait essentiellement un surplus hors dépenses contraintes, et ne saurait être comparable au revenu de l’écrasante majorité des Français ?

      Mes excuses aux « paysans » pour toujours revenir à cette répugnante « logique comptable », si éloignée de « la terre qui ne ment pas »… mais la comptabilité, lorsqu’elle est trafiquée, si…

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      • Le chiffre de 350 € est bidon.
        Mais le plus ennuyeux est le fait qu’il fait désormais référence: et comment voulez vous aujourd’hui espérer attirer des jeunes vers un métier qui rémunèrerait si mal, à moins d’être maso ou être « passionné » (qualificatif qui justifie souvent le fait de ne pas pouvoir vivre de son activité)?
        Dans ma famille, mes frères se sont installés, maintenant, mes neveux (3ème génération) et ce n’est pas pour gagner que 350 €, croyez moi. Par contre, chaque génération a pris soin, de toujours réinvestir dans l’outil de production pour qu’il soit performant.
        Bref, comme une véritable entreprise.

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  3. Dans ce maquis infernal de la fiscalité française pousse depuis peu une nouvelle fleur vénéneuse : une taxe sur les abris de jardin ( modalités d’aménagement – pour les détails consulter votre fiscaliste habituel).

    Naturellement l’abri de jardin n’est pas, esthétiquement parlant, une réussite et on peut imaginer de faire payer ceux qui se permettent de polluer le paysage.
    Reste à être équitable pour les propriétaires de jardin qui ne jouissent pas de l’agrément d’un tel édicule : on pense à une détaxe calculée sur la superficie du terrain.

    Ce genre de facéties, habituelle en ce beau pays « cinquième puissance mondiale…euh ! » est possible grâce à l’existence de Bercy, Kremlin d’Occident, et ses 125.000 fonctionnaires affairés qu’il faut bien occuper. Notamment ces bataillons de nanarques qui sortent tous de la cuisse de Jupiter.

    Ceux-ci sont généralement regroupés en patrouille de 5 ou 6 titulaires – auxquels on adjoint un X-Ponts pour tailler les crayons et aller chercher les cafés – pour dénicher, définir, dessiner, argumenter, rédiger une nouvelle réglementation oppressive et obscène !

    Parfois ces gens-là sont déboutés dans leurs œuvres par un groupe d’assaut de ces 50.000 fonctionnaires de Bruxelles, lesquels eux-aussi doivent justifier le versement de leurs émoluments !

    Tout ça, c’est que du bonheur ! Pourvu que ça dure !

    Mais les grincheux se mettent à penser que si ces 175.000 parasites étaient expédiés à Paul Emploi
    « rien ne serait plus comme avant ! »

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  4. Outre les raisons si bien exprimées dans cet article, ajoutons juste que le marché est probablement le seul système authentique de démocratie réelle puisqu’il permet chaque jours aux citoyens de voter pour ou contre les produits et services qu’ils achètent en liberté… et qui déterminent ainsi le sort des entreprises qui les fabriquent. Chaque prix administré affecte cette liberté et déséquilibre l’ensemble économique puisque qu’il crée mécaniquement une fausse variable d’ajustement ailleurs.

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  5. Merci pour cette présentation très intéressante.
    Il est vrai que le laissez-faire est contre-nature au premier abord. Lorsqu’il y a un problème, il est normal qu’un politique veule y apporter une réponse « éfficace » immédiatement, s’où la fixation des prix. toutefois la conséquence n’est pas analysée. Un politique qui dirait « je ne vais rien faire » pourrait avoir qq difficultés.
    Ce qui me manque bcp ds le système actuel, c’est l’idée d’accompagner et proposer des solutions sans contraindre.
    Le cas des supermarchés en position de force par rapport aux paysans a déjà été évoqué, la possibilité pour les paysans de se fédérer en coopérative aussi. Toutefois, ils n’en sentent visiblement pas le besoin vu que les prix sont fixés.

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