Raphaël Enthoven / Notre Père : De la « connerie » à la classe !

C’est rare, surtout dans la sphère politico-médiatique au sens large, mais il arrive parfois que les jours se suivent et ne se ressemblent pas, pour le plus grand bonheur de l’esprit humain.

Mardi 21 novembre dernier, Raphaël Enthoven consacrait son intervention matinale sur Europe 1 au message subliminal d’islamophobie qu’il voyait poindre comme le nez au milieu de la figure dans la nouvelle traduction de la prière chrétienne Notre Père.
Jeudi 23 novembre, même lieu, même heure, il revient sur le sujet pour reconnaître que sa chronique était non seulement mauvaise mais malhonnête et présenter ses « excuses, plates, aux gens de bonne volonté, nombreux, qui prient du fond du coeur et ne connaissent pas la haine. » 

Avec son accusation d’islamophobie tout droit sortie de la vulgate médiatique bienpensante du moment, j’ai vu un Raphaël Enthoven rabougri dans la position grotesque de celui qui cherche ses clefs sous le lampadaire et je comptais bien en faire de la chair à pâté à l’occasion d’un article sur le nouveau Notre Père que j’avais prévu pour le début de l’Avent. Scandale et Pater Noster, quelle aubaine !

Mais la seconde chronique change tout, bien sûr, mon planning comme mon attitude. Je m’attelle donc immédiatement à dire combien je trouve la contrition de Raphaël Enthoven salutaire, courageuse et élégante, et combien elle peut servir de leçon à nous tous qui nous piquons de commenter l’actualité, trop pressés que nous sommes parfois de marquer des points médiatiques faciles aux dépens de la bonne foi et de la raison.

• Il se trouve en effet qu’à compter du 3 décembre prochain, premier dimanche de l’Avent, le verset « et ne nous soumets pas à la tentation » du Notre Père est remplacé par « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Dans sa première chronique, Raphaël Enthoven rameute saint Pierre et les Evangiles pour nous expliquer que les deux formulations sont parfaitement identiques sur le plan du sens. Par contre, elles comportent une différence essentielle qui crève les yeux : le verbe « soumettre », de la famille de « soumission », a disparu. Or soumission, c’est l’Islam. De là à penser que les évêques de France n’ont invoqué une inutile question de traduction que pour mieux masquer leur désir de se démarquer de l’Islam, il y a un océan qu’Enthoven a allègrement traversé en demandant en outre :

« aux paranoïaques de l’islamophobie (…) de tendre l’oreille dans la bonne direction, parce que ce qui se joue là sournoisement contre l’Islam (dans le Notre Père nouvelle formule) crève les tympans quand on tend l’oreille. »

La formulation est alambiquée mais tout le monde a fort bien compris – et Enthoven le dira lui-même nettement dans sa chronique d’excuse – que le message subliminal dont l’Eglise de France est accusée est celui de l’islamophobie (vidéo, 02′ 30″) :

Le Raphaël Enthoven en train de chercher ses clefs sous un lampadaire, c’est celui qui, dans cette chronique accusatrice, se montre incapable de sortir du cadre immédiat de nos débats nationaux. Et que je t’attrape le mot « soumets » et que je te le dissous dans un mélange compliqué de Charlie et de laïcité, et hop, islamophobie caractérisée.

• Ce procès d’intention hyper expéditif, Enthoven aurait pu se l’épargner (et nous l’épargner) avec un petit minimum de recherche sur le sujet. Car s’il est une chose à peu près certaine, c’est bien que cette affaire de traduction du Notre Père ne date pas d’hier.

Avant le Concile de Vatican II (1962-1965), les Catholiques disaient « Ne nous laisse pas succomber à la tentation ». En 1966, dans un souci oecuménique, est adoptée la formule « ne nous soumets pas à la tentation » qui correspondait mieux aux attentes des Chrétiens réformés et orthodoxes francophones.

Cependant, cette formulation laisse entendre que Dieu nous placerait volontairement lui-même dans des situations de tentation qui pourraient conduire au péché. Dieu serait alors actif dans la victoire du mal. Or, ainsi que saint Jacques nous le rappelle dans son épître :

Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne. (Jc 1, 13)

Hommes et femmes vivant dans le monde physique, nous savons que nous sommes confrontés en permanence à la tentation. Nul besoin que quiconque décide de nous y soumettre. Ce que nous demandons à Dieu, c’est de nous donner la force de ne pas y succomber, c’est-à-dire, de façon ultime, d’avoir la force de ne pas rompre le lien qui nous unit à lui.

Mgr de Kerimel qui a présenté récemment la nouvelle version à la presse explique :

« La formule de 1966 n’est pas fautive d’un point de vue exégétique, mais elle était souvent mal comprise par les fidèles »

Aussi, très vite fut ressenti le besoin de l’améliorer pour lever l’ambiguïté vis-à-vis du public tout en respectant au plus près le texte grec d’origine. Le Notre Père est en effet une prière qui a été composée directement d’après les recommandations du Christ auquel les disciples demandaient « Seigneur, apprends-nous à prier ». Le texte est donc extrait des Evangiles, de Matthieu (Mt 6, 7-13) et de Luc (Luc 11, 1-4) très précisément, écrits en grec.

Dès 1969, dans sa thèse « Recherches sur le Notre Père », l’abbé Jean Carmignac propose : « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation ». Finalement, « Ne nous laisse pas entrer en tentation » est retenu afin de garder la notion de déplacement géographique du verbe  grec « eisphérô » (εἰσφέρω) qui signifie « faire entrer dans ».

Plus globalement, toutes ces discussions font partie d’une révision complète de la traduction officielle de la Bible en Français dont la nouvelle version a été présentée en 2013. On voit donc que les préoccupations de l’Eglise étaient entièrement tournées vers la façon de rendre l’exégèse biblique parlante pour les Chrétiens, sans aucun rapport avec la situation politique que nous vivons aujourd’hui en Occident du fait des islamistes.

Ajoutons que la façon très ironique par laquelle Raphaël Enthoven a commencé sa chronique n’augurait rien de bon pour la suite. L’ironie est une excellente chose quand elle sert à démonter des prétentions extravagantes, mais en l’occurrence, Enthoven se moque d’un travers qu’il est le seul à avoir vu :

« Oui, c’est un événement considérable à côté duquel une révision de la Constitution relève de l’anecdote ! »

A ma connaissance, personne chez les Catholiques n’a prétendu que l’affaire pouvait avoir de l’intérêt au-delà du cercle des Chrétiens.

• Ayant débusqué l’islamophobie du nouveau Notre Père, Raphaël Enthoven a rapidement dû faire face à des milliers de remarques sévères sur les réseaux sociaux. Au début, et je trouve cela assez naturel – en tout cas je sais que j’ai tendance à adopter une attitude similaire – au début donc, il reste « dans le combat », il défend sa thèse. Mais peu à peu, ses propres réponses ne lui plaisent pas tandis que les arguments de ses contradicteurs lui semblent beaucoup plus justes.

Ainsi qu’il l’a relaté ensuite dans un entretien au journal La Croix,  il a relu son texte et a compris qu’il ne pouvait pas le laisser en l’état, d’autant que sa chronique sur Europe 1 vise précisément à éclaircir les débats de société, pas à les entacher d’un soupçon personnel indémontrable, d’une « pauvre opinion », d’une « intuition » qu’il qualifie maintenant de « délirante, pas sérieuse, paranoïaque… » D’où la seconde chronique de jeudi  (vidéo, 02′ 43″) :

Je suis la première à savoir combien il est difficile de reconnaître publiquement qu’on s’est trompé. Je trouve donc que Raphaël Enthoven a fait preuve de beaucoup de courage en présentant officiellement et clairement ses excuses dans une seconde chronique sans chercher à minimiser les ratés de la première.

Il n’est pas question ici de « culture de l’excuse », posture un peu hypocrite des progressistes Occidentaux qui consiste à se flageller en permanence pour le mal qu’on aurait infligé à d’autres depuis la nuit des temps. Il n’est pas question non plus de faiblesse ou de manque de conviction.

Tout à l’inverse, iI est question de porter un regard humble et distancié sur son propre travail d’analyste politique et social et de réaliser, de façon beaucoup plus intéressante, qu’on a obscurci le débat à plaisir, qu’on l’a dévoyé sciemment pour le faire passer par ses propres désirs et se donner raison par pur procès d’intention sans disposer d’un seul argument et sans laisser à l’adversaire le moyen de se défendre.

Je n’irai pas jusqu’à dire, comme lui, que « son opinion, on s’en fout ». Il est intéressant, je pense, de savoir comment telle personne dont on apprécie en général les analyses perçoit tel fait de société. Mais cette opinion, pour apporter de la valeur au débat d’idées, doit impérativement trouver assise sur des arguments, des mesures, des sources, dont tout le monde peut disposer.

Je trouve, assez souvent finalement, que la vie nous réserve de merveilleuses surprises. Elles ne prennent pas forcément la forme d’événements fracassants, mais elles nous mettent en joie et nous redonnent confiance dans la capacité des humains à rechercher le bien et la justice. Pour moi, la seconde chronique de Raphaël Enthoven en est une. Comme disait Gide : « Suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant. »


Illustration de couverture : La nouvelle traduction du Notre Père entre en vigueur dans les églises de France le 3 décembre prochain, premier dimanche de l’Avent.

23 réflexions sur “Raphaël Enthoven / Notre Père : De la « connerie » à la classe !

  1. Enthoven a fini par recevoir la Grâce.

    Sérieusement, si tous les personnalités médiatiques pouvaient assumer leurs erreurs, et non s’entêter dedans, conduisant vers une impasse dans pouvoir faire demi-tour (je pense au glyphosate, aux voies sur berge, aux déficits publics…) nous gagnerions du temps, de l’argent, de l’energie et de la paix.

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  2. << S'excuser c'est qu'on a manqué. << Citation de Madeleine de Puisieux; les Caractères (1751). Le propos de Raphaël Enthoven à véritablement manqué de réserve et de "classe" ! Que chacun reste à sa place.

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  3. Aurait il été touché par la Grâce ?

    Pour le reste, j’en suis resté au latin, tel que les pères me l’ont appris dans mon enfance « et ne nos inducas in tentationem »

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  4. Pingback: Raphaël Enthoven et le « Notre Père » : du délire aux excuses | Contrepoints

  5. D’accord avec vous sur l’attitude « humble et distanciée » d’Enthoven , s’appliquant à lui-même les préceptes philosophiques de l’honnête homme n’hésitant pas à s’auto relire et revenir sur ses positions précédentes.
    Mais le sujet de fond est-il bien celui-ci ? Pour un athée (comme moi ), il est stupéfiant qu’on puisse attacher à une prière, ou un texte, autant d’intentions qui puissent orienter à ce point le comportement des hommes d’aujourd’hui, texte n’étant lui-même qu’une interprétation supposée de la parole du Christ par l’un de ses disciples (Saint Jacques) !
    Comme pour l’Islam et le Judaïsme, le caractère « révélé » accompagnant ces religions me semble les figer dans un autre temps, les décontextualiser, et au fond éloigner les fidèles d’une vraie foi qui n’est autre à mon avis que l’espérance d’un Dieu , ne nécessitant aucun texte et se satisfaisant d’une réflexion personnelle.
    D’ailleurs si Dieu existe comme créateur suprême omniscient, n’aurait-il pas en toute logique et connaissant la faiblesse des hommes qu’il a créé de toute pièce, anticipé qu’ils puissent enfermer dans des textes définitifs des propos et pratiques le concernant, textes sujets à interprétations, à controverses, à divisions, à haines, meurtres et attentats… en son nom ?
    Ce qui n’est pas la meilleure façon de célébrer sa bienveillance.
    Décidemment, quelque chose m’échappe dans toutes ces croyances !

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  6. Gavée de religion dans mon enfance, j’ai capitalisé et entre assez rarement dans une église (quelques fêtes carillonnées, baptêmes, mariages, enterrements). A chaque fois, un choc : l’impression d’être dans La Vie est un Long Fleuve Tranquille. Fini la permanence du Sacré. Notre Père qui êtes aux cieux, que Votre Volonté soit faite, que Votre Règne arrive, sur la terre comme aux cieux. Maintenant, c’est Bouchitey, Jésus, Jésus, reviens, hein…

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  7. Alors finalement, le verbe « soumettre » deviendrait interdit chez les bien-pensants ?
    Voilà une révélation supplémentaire des comportements quasi pavloviens de nos journalistes. Sans réfléchir le logiciel détecte une expression homonyme et pan il y a matière à rameuter. Surtout que s’il n’y a rien à ajouter de votre analyse pour le Notre Père, sachez qu’une majorité de musulmans se fâchent lorsqu’on traduit Islam par « soumission ». D’abord, on trouve comme traduction « la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu » mais c’est aussi à l’origine une classe de mots signifiant la concorde, la complétude, l’intégrité ou la paix. Et par les temps qui courent, les musulmans ont tendance à vous répondre, soumission certes mais aussi et surtout « paix » pour « Islam » !
    Donc cette masse d’ignorance journalistiques fait des raccourcis faciles et pour le coup, islamophobes. Ils feraient mieux de ne pas s’exprimer sur les religions et éviter de perturber les croyants qui surtout ne leur demandent rien.

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  8. L’incident est clos.
    En allant à Canossa, il s’est épargné une sacrée tourmente sur le Web, où il se serait fait étrillé. Les catholiques connaissant mieux le Notre Père et l’exégèse que les autres, presque par construction, défendre ses positions aurait été intenable.
    Son attitude est donc un calcul intelligent, ce qui ne nuit pas à l’élégance du geste.
    Du coup, les armes sont rentrées au fourreau et il y a gagné, pour l’avenir, la bienveillance de ses adversaires.
    Espérons que cette expérience du pardon l’entraînera vers d’autres réflexions.

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  9. Intéressant tout cela.

    Tout d’abord, étant viscéralement athée – tiens d’ailleurs au passage, comment fait-on en écriture inclusive pour mettre du masculin là où il n’a pas lieu d’être ? – ce n’est pas l’aspect religieux qui m’intéresse, mais l’aspect traitement de l’information.

    En préambule, il me faut dire que comme vous, je trouve que dans son intervention du jeudi 23 de Raphaël Enthoven a fait preuve de courage, d’honnêteté et d’élégance (les 2 premiers aboutissant souvent à la 3ème.).

    Cependant, à mon sens, dans son intervention du jeudi 23, il a tort. Il ne se trompe pas lorsqu’il dit qu’il était dans l’erreur dans son intervention du 21, mais dans la raison qu’il donne de l’erreur. Il ne s’est pas planté dans son intervention du 21 parce qu’il faisait un procès d’intention et que c’est toujours mal de faire un tel procès. Et ce parce que celui qui est accusé n’a aucun moyen de se défendre. En l’occurrence il était tout à fait possible de se défendre de son attaque du 21, et j’en donne pour preuve que vous l’avez très bien fait dans votre article : si je vous ai bien lu, la discussion (entre catholique) sur ce verset ne date pas de la question de l’islamophobie supposée ou réelle en France et d’autre part on peut tout à fait comprendre que l’on puisse contester l’utilisation du verbe soumettre dans ce contexte. Je comprends qu’un catholique puisse contester que dieu nous soumette à la tentation, ce qui ne serait pas nécessairement un acte d’amour.
    En synthèse, il n’avait pas tort parce que son attaque n’était pas fairplay car imparable, il avait tort parce que son attaque était tout simplement manifestement fausse, comme vous l’avez montré.

    Je ne mets pas en cause l’honnêteté intellectuelle de Raphaël Enthoven, donc je ne prétends pas que cela soit volontaire de sa part, mais son intervention ne lave pas de tout soupçon la modification de la prière. Il dit juste qu’il a eu tort de soulever un soupçon contre lequel on ne peut pas apporter de réponse. Et ce n’est pas cool : vous me traitez de pervers, puis vous retirez l’insulte en disant que je n’ai aucun moyen de me défendre sans dire que je ne suis pas un pervers.

    Quant au procès d’intention, cela demanderait plus de réflexion, mais à chaud, j’aurais tendance à penser que pourquoi pas, finalement ? Si l’on est clair que l’on est dans le procès d’intention. A la demande générale, un exemple : Dire que la tendance à supprimer l’utilisation du cash a pour objet d’accroitre les moyens de surveillance est un procès d’intention. Est-ce pour cela qu’il ne faut pas soulever la question ?

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  10. @ Calvin : oh oui !

    @ amoursdesamours : « S’excuser c’est qu’on a manqué. » Certes, mais est-ce que chaque manquement dont on s’excuse sincèrement doit rester comme une faute éternellement indélébile et impardonnable ? Et du reste, qui n’aurait jamais à s’excuser ?

    @ Gnôme : « Aurait il été touché par la Grâce ? » Personne, à part lui (et Dieu, qui seul sonde les reins et les coeurs) ne peut dire ce qu’il s’est passé au fond de son cerveau. Mais disons que j’ai accordé une prime à l’excuse et au non entêtement dans un raisonnement particulièrement foireux – et même assez incompréhensible venant de quelqu’un qui a son niveau de formation (normalien Ulm et agrégé de philo).

    @ Bouju : « Mais le sujet de fond est-il bien celui-ci ? » : oui. L’article ne traite absolument pas de savoir si Dieu existe ou pas. Mais sur ce point, j’ai déjà eu l’occasion de vous dire que vous n’aviez pas plus de certitude que moi.

    @ Souris donc : Je n’aime pas plus que vous le côté « patronage » qu’on trouve dans certaines paroisses (moins aujourd’hui, me semble-t-il). Je suis moi-même très peu portée au rituel. Mais de là à dire que le sacré, ou la foi, plutôt, a disparu, c’est un pas que je ne franchis pas. Ce que je sais, c’est qu’il y a eucharistie tous les dimanches depuis le jour de la résurrection du Christ, ça fait 2000 ans. Et tant pis pour certaines homélies que je trouve parfois tragiquement à côté de la plaque quand certains prêtres se piquent de commenter l’actualité politique.

    @ Tino : la première chronique d’Enthoven était vraiment affligeante. Tellement nulle, tellement décalée par rapport au niveau qu’on pouvait attendre de lui que j’ai eu moi aussi mon petit péché de procès d’intention….

    @ Jacques Huse de Royaumont : Je crois qu’il s’est pris une belle tourmente sur Twitter. Il est certain que sa seconde chronique ne lui a pas nui, bien au contraire.

    @ Un Quidam : Pour les EZ, j’ai corrigé 🙂
    Pour le reste, vous avez raison, il a fait un procès d’intention alors qu’il avait les moyens très simples (petite recherche sur internet) de constater que ça ne tenait pas la route une seconde. J’ai imaginé beaucoup de choses, mais comme je le disais plus haut, j’ai préféré retenir la sortie par le haut plutôt que la bourde calculée.

    Sur le procès d’intention, il faut avancer prudemment. Dans certains cas, on dispose d’antécédents qui permettent de dire : attention méfiance, si ça se trouve on veut nous surveiller plus. Mais parfois, on est dans la parano. On a le droit de se poser des questions, à condition d’avoir pris la peine de vérifier qu’il n’existe pas des faits antérieurs qui rendent ces questions hors de propos.

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  11. Pourquoi l’Eglise ne parle-t-elle pas français ? Entrer en tentation, ça ne veut rien dire en français. Ce n’est pas français. Qui dit entrer en tentation en dehors d’une église ? Absolument personne.

    Les exemples de ce genre abondent. La langue ecclésiastique utilise une fausse poésie pour faire divin. Ca ne fait pas divin ; ça fait concon. Soit tu me le fais en latin, soit tu me le fais en grec, soit tu me le fais en français. Mais si tu choisis le français, ne tortille pas du cul pour faire genre. Parle français.

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    • Mais oui, le Black Friday, je n’entre pas en tentation, je me laisse tenter par les rabais (ou par le démon du shopping). Et quand en Ecosse, je fus tentée d’entrer dans une église catholique, mon neveu eut la mâchoire pendante d’ahurissement de me voir reprendre, avec les fidèles écossais, le Tantum ergo sacramentum. Sans le latin, sans le latin, la messe nous emmerde. Les missels sont bilingues, le latin reste universel, où qu’on aille, tout est familier. Et l’on n’a pas à déplorer cette course à la modernité des cathos de gauche qui ont réussi à vider les églises. Les ors, l’encens, l’ostensoir scintillant, les liturgies, les somptueux vêtements sacerdotaux sont la traduction visuelle du Sacré.

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      • J’oubliais : l’oratorio, père de l’opéra. Les Passions s’y prêtent particulièrement. Toute la musique sacrée en fait, je me rappelle que Claire Bretécher déclarait dessiner en écoutant des Requiem, des berceuses. SI, si.

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      • Oui. Ca, c’est l’autre truc dans le catholicisme contemporain : le massacre organisé de la musique à la messe. Les chant mièvres, les gens qui chantent faux, le gauchisme ecclésiastique voulant qu’on fasse chanter tout le monde (même comme des casseroles) parce que c’est démocratique… Tout ça de la part de la religion qui a donné à l’humanité la musique sacrée la plus sublime de l’histoire.

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    • Et s’il y avait vraiment un problème avec « Ne nous soumets pas à la tentation », qui effectivement peut laisser croire, d’un point de vue purement linguistique, que Dieu est un sale pervers qui fait exprès de nous pousser au crime pour ensuite nous le reprocher (je n’entrerai pas dans la partie théologique de la discussion), pourquoi ne pas revenir tout simplement à la formulation précédente ?

      « Ne nous laisse pas succomber à la tentation » est parfaitement correct du point de vue français, c’est simple, clair, conforme aux règles et à l’usage, et cela élimine l’objection théologique : ce n’est plus Dieu qui pousse, on lui demande simplement de nous protéger.

      Mais évidemment, succomber, pour les décervélés contemporains, c’est un mot savant proche du sanscrit, et puis revenir en arrière vers un truc qui était mieux avant, vous n’y pensez pas : le modernisme, le progressisme, le bougisme l’interdisent absolument.

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  12. Je vais (encore) me faire remarquer, mais j’ai du mal à accepter cette pirouette médiatisée .
    Je vous recopie (avec l’âge, vient une certaine paresse … 😉 ) ce que j’ai posté chez Balboa, sur ce dérapage :
    « Quel gros crétin prétentieux et bouffi d’arrogance ! bien sûr les hautes instances catholiques auraient dû le consulter sur ce point essentiel de la liturgie ! Mais quel c.n ! Quant à sa pirouette pour effacer l’offense publique, là, c’est le comble !
    Ah je vois, M. l’habitué des plateaux télés, de la Jet Set, des dîners en ville, est jaloux de l’autre , le Plenel, dont on ne fait que parler … donc il se fait un petit buzz, un peu violent, mais qu’il vient excuser après … Pitoyable ! Et on nous vend ça sous l’étiquette, « intellectuel », oh, pardon, « philosophe » …
    Audiard le scénariste avait eu un mot ; « les c.ns, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ! »

    Franchement Nathalie, ce n’est pas sérieux ni responsable de la part d’un « intellectuel » de démarrer au quart de tour, et de partir bille en tête, sur une intuition douteuse et bancale, pour bouffer du curé de la sorte ! De la part de Ruquier, peut-être, mais Raphaël Enthoven, Normalien d’Ulm et agrégé de philo, euh, là non ! ça ne passe pas !

    Accessoirement, nous-z-autres, les doux sauvages des isles, dans nos églises en paille de cocotier, nous récitons cette version « remaniée » du Notre Père depuis quelques temps déjà …et si j’étais méchant, je dirais que le St Raphaël qui prêche sur les ondes est un vain cuistre*, mais, vous me connaissez … 😉

    * tant qu’on est dans l’allégorie spirutuelle spiritueuse, St Raphaël devrait se faire San Pellegrino 😉

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    • C’est toujours très facile de persifler, critiquer et prêter des intentions douteuses à tout. C’est ce que Raphaël Enthoven a fait, mais manifestement il n’est pas le seul. Lui au moins s’est excusé.
      D’ailleurs il est très loin d’être inintéressant en général et il appuie souvent là où ça fait mal dans son propre camp du bien.
      Car il n’y a pas qu’un camp du bien, même si celui de gauche a quelques longueurs d’avance.

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  13. Qu’il appuie souvent là où ça fait mal dans son propre camp du bien, ne l’exonère pas de réfléchir, surtout quand on aborde des sujets sensibles comme tout ce qui a trait à la religion actuellement.
    Et je ne peux m »empêcher de voir en lui un clone de BHL …

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  14. Sinon, oui, les excuses d’Enthoven sont étonnantes et bienvenues. En particulier parce que s’il ne les avait pas faites, il ne lui serait rien arrivé.

    Tout le contraire des fausses excuses théâtrales où des gens en vue se roulent dans la fange pour d’imaginaires entorses au politiquement correct (femmes, Noirs, etc), et qui sont absolument de rigueur désormais pour ne pas voir sa carrière brisée net. Même lorsque le fautif est sûr de se voir démis de ses fonctions, il s’empresse de se frapper la poitrine en étalant sa vilenie, en protestant de sa dévotion au politiquement correct et en promettant de s’amender.

    Exactement comme lors des confessions serviles « d’ennemis du peuple soviétique », qui trouvaient le moyen de proclamer leur amour de Staline jusque sur le chemin du poteau d’exécution.

    Imaginons, par exemple (on peut toujours rêver…) qu’Enthoven ait dit qu’il y avait peut-être quelque vérité dans le mémoire de cet obscur ingénieur de Google, qui a expliqué qu’il était normal que les femmes soient en minorité dans l’industrie numérique parce que cela ne correspond pas à leurs aptitudes et à leurs inclinations, qui a eu l’insigne honneur de se faire lourder pour cela par le PDG de Google lui-même, et qui n’arrive pas à retrouver de travail depuis bien qu’il soit exceptionnellement brilliant dans sa discipline ; si Enthoven ne s’était pas humilié publiquement de la façon la plus basse qui soit dans les heures suivant l’inévitable polémique consécutive, il ne serait évidemment pas resté à son poste.

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