Mélenchon fut 20 ans sénateur et se prétend « insoumis » !

Mise à jour du 24 avril 2017 : Mélenchon est arrivé en quatrième position au premier tour de la présidentielle avec 19,58 % des suffrages exprimés.

Mise à jour du lundi 17 avril 2017 : Mélenchon est placé entre 17 et 19 % dans les sondages, soit dans le carré de tête. On ne parle plus que de lui, donc portrait ci-dessous :

Mise à jour du lundi 17 octobre 2016 : Jean-Luc Mélenchon a présenté ce week-end le programme de « La France insoumise », ce mouvement créé spécialement pour soutenir sa candidature présidentielle (voir ci-dessous).
Au menu, la retraite à 60 ans, le smic à 1 300 euros net et le CDI sanctuarisé : voilà qui ne nous étonne guère et devrait beaucoup plaire à Philippe Martinez.
Plus nouveau, le credo écologiste : bien manger, agriculture paysanne, circuits courts, planification écologique, voilà qui étonne plus, mais devrait plaire à José Bové. Jean-Luc Mélenchon fait les choses à fond, il s’est même mis à la quinoa (merci le libre-échange !)
Reste une question : à quand les moustaches de Plekszy-Gladz comme ses glorieux inspirateurs ?

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contrepoints-2Si vous en avez par-dessus la tête d’entendre parler du burkini, les projets présidentiels nettement anti-libéraux de Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), pourront peut-être vous apporter une distraction bienvenue ! Lui aussi en a assez des « guerres de religion » et de « la surenchère sécuritaire. » Les polémiques de l’été ont malheureusement pris le pas sur l’espace social qui se construisait contre la loi Travail, mais il importe de revenir sans tarder au vrai sujet : la « barbarie sociale effrayante » annoncée par la droite et pratiquement déjà mise en oeuvre par François Hollande. Selon son analyse livrée mercredi dernier dans une grande interview au journal Le Monde :

« Les privilèges de l’argent sont la cause de tous nos maux. De l’écosystème à la démocratie, l’argent détruit tout ! Voilà ce qu’il faut régler. » (Le Monde, 24 août 2016)

Prenant tout le monde de court, probablement dans l’idée de ne pas se laisser piéger par les circonvolutions qui commençaient à se faire jour autour d’une possible « primaire à gauche » dont l’idée avait été formellement émise dans les colonnes de Libération un mois plus tôt, Jean-Luc Mélenchon (JLM) a annoncé sa candidature à la présidence de la République dès février 2016, quelques jours après celle de Marine Le Pen.

Se considérant manifestement comme l’homme providentiel de la gauche, il a expliqué se présenter « hors cadre de parti » tout en assurant « être ouvert à tout le monde, mais les citoyens d’abord. » Une chose est sûre, il n’a pas prévenu ses partenaires du Front de Gauche qui pour la plupart ont appris la nouvelle en regardant le télévision ( 0′ 48″) :

Dans la foulée de sa candidature, JLM a lancé son site de campagne jlm2017.fr ainsi que son slogan « La France insoumise » :

Un projet de programme en 7 points est disponible sur le site et doit servir de cadre pour une élaboration collective qui sera finalisée cet automne. La coordination de ce travail est notamment assurée par l’économiste Jacques Généreux, universitaire connu pour ses positions anti-libérales et son militantisme au Parti socialiste puis au Front de Gauche et maintenant au service exclusif de JLM.

Projet de programme en 7 points 

– Rendre le pouvoir au peuple (VIème République).
– Partager les richesses (trop de milliardaires pour trop de pauvreté).
– Lutter contre le changement climatique (nouveau credo de JLM).
– Sortir des traités européens (la présidentielle = référendum sur l’UE).
– Restaurer l’indépendance de la France pour la paix.
– Développer le « progrès humain » contre le profit et la marchandisation.
– Avoir une ambition pour notre territoire maritime et pour l’espace.

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En fait de candidature présidentielle, Jean-Luc Mélenchon ne manque pas d’expérience : en 2012, il était présent dans la course, mais à cette époque il portait la casaque du Front de Gauche (alliance regroupant PCF et Parti de gauche). Il se hissa à la 4ème place en recueillant 11,1 % des suffrages exprimés. En réalité, ce fut une déception car les sondages le plaçaient devant Marine Le Pen avec 14 %. Vexé, il se présenta contre cette dernière aux législatives du mois suivant et échoua platement dès le premier tour.

Mais les Hamon, Filoche, Montebourg et autres, qui proposent tous d’incarner la « vraie gauche » face à François Hollande, ne peuvent se vanter d’une expérience à ce niveau. Jean-Luc Mélenchon préfère donc voir dans cette concurrence grouillante une validation des thèmes qu’il défend et un morcellement qui le sert :

« Si Montebourg s’inscrit dans la primaire socialiste, il retourne sur le papier tue-mouches. En dehors, il explose le PS, affaiblit Hollande et le centre droit. J’y gagne dans tous les cas. Je suis le bulletin de vote stable et sûr. » (Le Monde, 24 août 2016)

Un sondage réalisé la semaine dernière par l’institut Odoxa confirme en partie son enthousiasme. En partie seulement, car si pour 41 % des Français interrogés il reste leur candidat « gauche de la gauche » préféré devant Montebourg (24 %), Hamon (20 %) et Duflot (9 %), et si pour 51 % d’entre eux il devance Hollande (43 %), ils sont néanmoins 59 % à avoir une mauvaise opinion de lui.

Selon sa bonne habitude, Jean-Luc Mélenchon a balayé d’un revers de main ce piètre résultat en avançant comme argument l’étroitesse de l’échantillon (995 personnes) et surtout le fait que le sondage a été publié dans Le Parisien, journal appartenant à Bernard Arnault (LVMH), bête noire incontestée de toute la gauche anti-libérale altermondialiste décroissante. Curieusement, JLM a beau accuser ce sondage d’être mal ficelé et d’origine douteuse, il se trouve finalement très satisfait par tous ses résultats :

« Je prends ce sondage pour ce qu’il est : l’équivalent de la rubrique horoscope. J’y crois donc pour tout ce qui me convient. Et tout me convient. » (Blog de JLM, 28 août 2016)

Tout irait donc pour le mieux, si trois petits nuages techniquement gênants ne venaient obscurcir sa candidature. Tout d’abord, comme il l’a confirmé hier à Toulouse lors de son discours de rentrée au « Pique-Nique de la France insoumise », il n’a obtenu à ce jour que 200 parrainages d’élus sur les 500 requis. En cause, les « appareils politiques qui verrouillent par la peur et les intimidations. » Conséquence du manque de parrainages : « Les banques ne vous prêtent pas et si vous n’avez pas l’argent, comme c’est difficile de mener une campagne de cette ampleur ! » (Tiens, on dirait que l’argent n’est pas toujours complètement destructeur…)

Troisième point délicat, pour l’instant Jean-Luc Mélenchon part à la conquête du pouvoir avec le seul Parti de gauche. Les communistes, partenaires de 2012, ne se déclareront qu’en novembre et le moins qu’on puisse dire, c’est que les relations entre les deux ex-formations du Front de Gauche sont tendues. Si la candidature « perso » de JLM, qui revendique son droit à l’auto-détermination en raison des 4 millions de voix qu’il a réunies sur son nom en 2012, est un frein certain à un accord pour l’élection présidentielle, la stratégie électorale pour les législatives de juin 2017 pèse encore plus lourd dans la balance du PCF.

Parti devenu plus ou moins fantôme depuis l’accession de François Mitterrand à la présidence en 1981, le PCF se maintient à flot politiquement et économiquement grâce au soutien du PS aux élections locales. Or en refusant la primaire de la gauche, JLM semble aussi refuser tout désistement ultérieur en faveur du PS (il l’a redit hier), ce qui ne fait pas du tout les affaires du parti de Pierre Laurent.

Au-delà des divergences politiques, le caractère particulièrement ombrageux de Jean-Luc Mélenchon n’est pas pour tranquilliser ses éventuels partenaires. Réputé pour ses facilités de tribun habile à ferrailler contre l’adversaire sur les plateaux télévisés, il verse aussi souvent dans le coup de gueule et l’invective. Ses diatribes contre les journalistes (vidéo) tout comme sa propension à se positionner en victime du système sont célèbres. Il devient particulièrement rageur dès qu’on le compare à Marine Le Pen dont il partage cependant quelques méthodes populistes, certaines idées collectivistes et un poutinisme aigu. C’est un homme perpétuellement en colère contre la société, qui sait jouer de cette colère quand ça peut l’arranger, mais qui se laisse aussi souvent déborder par elle.

Il n’est pas non plus dépourvu d’une bonne dose de cabotinage, par exemple lorsqu’il confie dans une interview à Gala avant les élections de 2012 qu’il aimerait bien écrire un roman d’amour, ou bien lorsqu’il monte sur scène en janvier 2013 devant un parterre de décideurs de premier plan pour recevoir son prix d’homme de l’année 2012 décerné par la magazine masculin GQ (vidéo, 03′ 52″) :

Selon Jérôme Guedj qui fut pendant 20 ans à ses côtés dans l’Essonne, JLM est « un lambertiste, un philosophe et un méditerranéen. » Méditerranéen parce qu’il est né en 1951 au Maroc dans une famille d’origine essentiellement espagnole. Philosophe parce qu’il a une licence de philosophie. Lambertiste parce qu’après avoir rejoint l’UNEF (quelle surprise !) dans la foulée de mai 68, il adhère dès son entrée à l’université de Besançon à l’OCI, mouvement d’obédience trotskiste fondé et dirigé par Pierre Lambert (autre surprise de taille !) Il participera ainsi aux luttes ouvrières du Jura, en particulier celle de l’entreprise horlogère Lip.

Il rejoint le Parti socialiste en 1976 et devient dès lors un mitterrandiste enthousiaste. Occupant des fonctions de plus en plus nombreuses et importantes dans le PS du Jura, il est remarqué par le Bureau national du parti qui lui confie le destin du courant socialiste de l’Essonne.

Franc-maçon (GODF) depuis 1983, il devient sénateur en 1986 et le restera pendant presque 20 ans (en deux périodes non consécutives). Pour un candidat anti-système perpétuellement en train de pourfendre l’hypocrisie de la classe politique et qui appelle à une profonde rénovation constitutionnelle à travers une VIème République irréprochable et citoyenne, c’est assez comique : qu’y a-t-il de plus confortablement installé dans le fromage républicain qu’un sénateur de surcroît franc-maçon ?

A partir du second mandat de Mitterrand, JLM prend ses distances avec le Parti socialiste mainstream et la « deuxième gauche » de Michel Rocard. En 1988, il fonde le courant Gauche socialiste avec Julien Dray, se prononce d’abord pour l’intégration européenne en votant « oui » au traité de Maastricht (1992), puis prend position contre les traités européens et le passage à l’euro, contrairement à la ligne pro-européenne du PS. Il participe néanmoins au gouvernement de Lionel Jospin (2000) comme ministre délégué à l’enseignement professionnel.

Après l’échec de Jospin (2002) et la présence de J. M. le Pen au second tour de la présidentielle, Mélenchon fonde avec Henri Emmanuelli le courant Nouveau Monde, lequel ne survit pas à la campagne du Traité constitutionnel européen (TCE, 2005) qui voit le PS se partager en deux sur cette question. JLM crée alors Trait d’Union avec l’idée de faire vivre un mouvement anti-libéral qui ne serait ni soviétique ni social-démocrate. Il prend pour modèle le parti allemand Die Linke d’Oskar Lafontaine.

Suite au Congrès de Reims de 2008, qui s’est achevé sur la victoire controversée de Martine Aubry, JLM décide de quitter le PS pour fonder le Parti de gauche. Il s’allie très vite avec le PCF en vue des élections européennes de juin 2009 dans le cadre d’un Front de Gauche pour former « une autre Europe démocratique et sociale, contre la ratification du Traité de Lisbonne et les traités européens actuels. »  Tête de liste dans le Sud-Ouest, il est alors élu député européen et l’est encore actuellement. Il brocarde régulièrement le Parlement européen dans son blog, mais ne s’y montre guère assidu, même s’il fait beaucoup d’efforts pour donner le change.

Jean-Luc Mélenchon brille également par son chic inégalé à soutenir tous les despotes de la planète, à condition qu’ils aient un petit rapport avec le communisme. Il s’est opposé au boycott des JO de Pékin (2008) et a pris le parti de la Chine contre le Tibet ; il refuse de parler de dictature à propos de Cuba et il n’a pas assez de mots élogieux à l’égard de Vladimir Poutine qui, d’après lui, est le seul dirigeant mondial à oeuvrer utilement pour l’éradication de Daesh.

Surtout, il fut un grand admirateur d’Hugo Chávez dont le pays maintenant passé sous la houlette de son successeur Maduro est en train de sombrer dans la dictature et le chaos économique. Admirons la clairvoyance politique, la compétence économique et le sens humaniste de M. Mélenchon :

« Ce qu’est Chavez ne meurt jamais. C’est l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution (…) Il n’a pas seulement fait progresser la condition humaine des Vénézuéliens, il a fait progresser d’une manière considérable la démocratie » (L’Humanité, mars 2013)

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Tout le bagout dont fait preuve Jean-Luc Mélenchon cache mal un homme politique entièrement constitué d’oxymores opportunistes ou idéologiques : il se prétend insoumis et anti-système mais fut sénateur pendant 20 ans ; il a la diatribe facile contre l’hypocrisie des autres politiciens et les journalistes mais il adore prendre la pose dans la presse people tout en faisant mine de s’en moquer ; il fait campagne sur le thème de « l’humain d’abord » mais soutient les pires régimes politiques du globe, rejoignant en cela la cohorte des Hamon, Filoche et Montebourg pour lesquels le ratage d’une expérience socialiste ne peut être dû qu’à un infâme complot libéral, jamais à la nocivité intrinsèque des politiques collectivistes pourtant largement documentée


JL Mélenchon 1 AFPIllustration de couverture : Jean-Luc Mélenchon © AFP.

13 réflexions sur “Mélenchon fut 20 ans sénateur et se prétend « insoumis » !

  1. Nathalie, combien de fois faudra-t-il vous l’expliquer ? un « de gôche », ça n’est pas toujours pauvre, surtout quand il se mèle de faire de la politique ! Mais lui, le « de gôche », l’argent il en a besoin pour faire du bien et de la justice ! les riches, l’argent ils s’en servent pour être encore plus riches, les ignobles salauds d’égoïstes, heureusement qu’il y a des gens comme JLM pour dire qu’il faut « partager les richesses » des riches trop riches avec les pauvres.
    Mais le pire, c’est que ce discours marche ! rajoutez-y une pincée de « Hollande a fait une politique libérale d’austérité » et il fera mieux que le candidat du PS. ca marche à tous les coups pour rassembler les « de gôche », de dire c’est la faute au libéralisme inhumain ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Oui, quand c’est inhumain, c’est forcément la faute du libéralisme, même au Vénézuela. Si tout a lamentablement foiré, c’est forcément à cause d’un complot de la finance mondialisée judéo-américaine qui a fait capoter en sous-main toutes les merveilleuses réformes humanistes du grand Chavez !

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    • Comment ce discours pourrait ne pas marcher ? C’est une réalité et la vérité.
      Je ne comprends pas très bien le parallèle entrée des comptes de campagne et des richesses personnels. Vous faites des raccourcis.

      Les inégalités sociales n’ont jamais été aussi importantes et c’est une folie qui est en grande partie responsable de la stagnation et du renfermement nationaliste.

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  2. « le ratage d’une expérience socialiste ne peut être dû qu’à un infâme complot libéral ».
    C’est un raccourci !
    Dans un 1er temps le ratage est toujours dû au fait que les mesures prises n’ont pas été assez à gauche.
    Ensuite seulement c’est dû au complot capitalistique et libéral.
    Ne jamais oublier ce 1er stade. C’est exactement celui où nous en sommes dans le discours Mélenchon, Besancenot etc…
    Droopyx

    Aimé par 1 personne

  3. Méchancon — pardon, Mélenchon, c’est aussi le retour du politicien-voyou, de la petite frappe, du leader qui émoustille les foules parce qu’il fait tout ce qui est interdit : il coupe la parole aux gens, il les insulte, il se livre à des attaques personnelles, il menace, il fait l’éloge de tous les salopards de la planète, il est moche, il a les dents pointues… bref, c’est le leader fasciste, le chef des Sections d’assaut.

    Il ne lui manque même pas ce délicieux petit fumet d’antisémitisme qui rappelle tellement la France d’avant-guerre, où il était très smart de parler de « sanhédrin » dès lors que Léon Blum prenait la parole à la Chambre.

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  4. Et n’oublions pas que Jean-Luc Mélenchon est un authentique raciste, un raciste assumé et ouvert, d’un racisme dont le centième enverrait n’importe quel homme de droite devant les tribunaux. Voici ce qu’il a écrit en 2012, après avoir participé à un meeting en l’honneur d’Hugo Chavez au Venezuela :

    Je voyais sur leurs jeunes visages la lumière que j’ai vue sur celui de mes camarades, filles et garçons qui ont fait cet exercice à Strasbourg, à Paris, et à combien d’autres endroits encore ! […] Jamais je n’ai vu telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. A mi-chemin je m’aperçus que j’avais le visage en larmes. A côté de moi, Max Arvelaiz et Ignacio Ramonet montraient un visage inconnu. Le saisissement, l’effroi sacré qui nous habitait est un moment qui n’a pas ses mots pour le décrire raisonnablement. […]

    Je comprends à présent que notre position était singulière : perchés sur ce camion nous avons été touchés en continu par quelque chose qui n’a duré que quelques minutes pour chacun de ceux qui s’y sont impliqués, à terre, autour de nos camions et à mesure qu’ils passaient. Ce qui était un paroxysme momentané pour eux fut un jet continu pour nous. Et il dura presque une heure me semble-t-il. Et voici ce qu’il faut retenir : c’était les nôtres, sans aucun doute possible.

    Les nôtres ! Vous vous souvenez peut-être quand j’interpellais notre rassemblement à la Bastille. Je disais : « Où était-on passés ? On s’était perdus ! On se manquait, on s’est retrouvés ! » Vous saviez tous de qui et de quoi je parlais, sans qu’il y ait besoin d’en dire davantage. Ici c’est de cela encore dont je parle. Vous savez instantanément de qui il s’agit : les nôtres. Cela se voyait. D’abord par la couleur de peau : partout dominait en profondeur ce superbe marron que montrent les plus beaux êtres humains.

    Ici la couleur de peau est un signal social. Ceci était une marée de pauvres venus des quartiers populaires. […] Les humbles et les pauvres en habits de classe, en visages de classe, leurs slogans politiques, les pauvres, les humbles faisaient le gros du fleuve humain qui s’était formé là. Voilà ce qui me saisit au plus profond de moi et me mettait ces larmes aux yeux.

    Ce texte n’est pas une erreur ou un dérapage : il est publié par Mélenchon sur son propre blog, et n’a jamais été retiré par son auteur depuis quatre ans, malgré la violente polémique soulevée par ces propos.

    Evidemment, c’est du racisme anti-blanc et pro-communiste, donc c’est non seulement autorisé mais encouragé.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/07/16/no-volveran/

    On relèvera également, dans ce texte proprement délirant, que pour Mélenchon, le communisme est une religion : le visage de ses adeptes reflète une « lumière » particulière, ils se rassemblent pour un culte où règne la « ferveur », la transe mystique dans ces messes rouges (ou rouges-brunes…) atteint un tel niveau qu’un « effroi sacré habite » ses participants, il « n’y a pas de mots pour le décrire », et Monsieur le Sénateur de la Ve République a même « le visage en larmes » face à une telle communion.

    Bien sur, il y a « les nôtres »… et les autres. Les premiers se reconnaissent instinctivement entre eux, les autres… eh bien ils ne font pas partie de la secte, et n’en feront jamais partie. On n’a pas lu le mot Untermenschen, mais on l’a quand même entendu très fort.

    Nous savons donc, depuis au moins 2012, que Jean-Luc Mélenchon est un fou certifié et dangereux, un délirant justiciable de la psychiatrie, et pourtant il est autorisé à siéger au Parlement et à se présenter aux élections.

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  5. Pingback: Mélenchon, fonctionnaire de la révolution [Replay] | Contrepoints

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