Pour s’y retrouver dans l’Unédic et les intermittents du spectacle

A un an des élections présidentielles, et à la veille des cortèges syndicaux du 1er mai, notre vie politique a pris une tournure de contestation sociale haute en couleur et passablement inattendue sous un gouvernement socialiste dont le Président compte bien se représenter en 2017. Le projet de loi Travail, ainsi que la renégociation de l’accord sur l’assurance chômage qui se déroule actuellement entre les syndicats et les chefs d’entreprise, point spécifique que je vous propose de développer aujourd’hui, en sont les deux éléments déclencheurs.

Dans un contexte de chômage élevé, la loi El Khomri destinée à assouplir le code du travail pour ré-inciter les entreprises à embaucher, bien que faiblement réformatrice et déjà profondément amoindrie, a vu se lever contre elle l’ensemble des syndicats étudiants et salariés. Depuis mars, les journées d’action syndicales se succèdent, non sans violences graves parfois, pour obtenir le retrait complet de ce projet de loi. Dans la foulée, des mouvements contestataires « La Nuit debout » ont fleuri un peu partout sur le modèle de la place de la République à Paris avec la vaste idée de « changer tout le système. »

Si la loi est encore à l’ordre du jour, les étudiants n’ont pas tout perdu, puisque Manuel Valls a accordé une « garantie jeune » aux moins de 26 ans sans emploi ni formation, ainsi que diverses mesures d’insertion visant à « répondre aux inquiétudes profondes » de la jeunesse, et certainement pas à « éteindre une contestation », bien sûr que non ! La revendication de l’UNEF de limiter les contrats à durée déterminée (CDD) au profit des contrats à durée indéterminée (CDI) a été entendue, il seront surtaxés dans le cadre de la loi Travail, ce qui ne fait pas du tout les affaires des entreprises, notamment les plus petites, pour lesquelles la flexibilité des embauches en cas de variabilité de l’activité est cruciale.

Il fallait en passer par l’histoire de ce renchérissement du CDD, dont les modalités restent floues pour l’instant, pour arriver à l’assurance chômage, car dès l’annonce faite par Manuel Valls, les syndicats patronaux ont demandé au gouvernement de renoncer à cette idée, faute de quoi ils se retireraient des négociations sur le financement des allocations chômage. Pour François Asselin, président de la CGPME, ce n’est ni plus ni moins qu’un « coup de poignard porté dans le dos des entreprises », tandis que le président du Medef Pierre Gattaz estime que cette mesure « détruira de l’emploi. » Je ne leur donne certainement pas tort.

Le projet de loi Travail devant être examiné à l’Assemblée nationale à partir du 3 mai prochain, les syndicats patronaux se donnent le temps de voir comment le CDD sera pris en compte par les députés pour mettre leur menace à exécution. Les négociations sur l’assurance chômage qui ont démarré en février et qui doivent aboutir pour le 1er juillet (fin de la convention actuellement en vigueur) se poursuivent donc, non sans s’agrémenter des soubresauts récurrents auxquels les intermittents du spectacle nous ont habitués depuis une belle dizaine d’années sous forme d’occupations bruyantes de théâtres et prises de parole intempestives avant les spectacles.

Nouveauté cette année, « La Nuit debout » s’est déclarée solidaire des intermittents et a décidé de tenir son AG du lundi 25 avril au théâtre de l’Odéon. Mais comme d’habitude, le déroulement des festivals culturels de l’été est menacé. On se rappellera que le Festival d’Avignon avait été complètement annulé en 2003, et que plusieurs spectacles avaient fermé leurs portes en 2014, deux années de renégociations des conditions particulièrement favorables d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle.

Pourquoi notre modèle d’assurance chômage provoque-t-il autant de tensions ? La réponse est simple : DEFICIT. Conçu en 1958, époque de quasi-plein emploi, pour assurer un revenu de remplacement aux salariés qui perdent involontairement leur emploi, le système est censé s’équilibrer entre les cotisations payées(*) par les employeurs et les salariés (respectivement 4 % et 2,4 % du salaire brut mensuel dans la limite de 4 fois le plafond de la sécurité sociale, soit 12 680 €) et les allocations versées aux chômeurs. A ces dernières, il convient d’ajouter aussi le financement de politiques publiques telles que des aides à la création d’entreprise et les frais de fonctionnement d’une partie de Pôle Emploi.

L’Unédic est l’association loi 1901 par laquelle les syndicats des employeurs et des salariés assurent « paritairement » la gestion de l’assurance chômage. En 2015, elle a dépensé 31,8 milliards d’euros en allocations pour des dépenses totales de 38,6 milliards d’euros. En face, les cotisations se sont montées à 33,3 milliards d’euros. Le déficit annuel fut donc de 5,3 milliards.

Si les cotisations globales, payées par 16,3 millions d’actifs et 1,6 millions d’entreprises, couvrent bien les allocations globales, ce n’est pas le cas des régimes spéciaux des intermittents du spectacle et des intérimaires, dont les déficits annuels, une fois proprement isolés au sein de l’ensemble, atteignent 1 milliard d’euros pour 256 000 intermittents et 2 milliards d’euros pour 542 000 intérimaires. Cela signifie clairement qu’ils sont financés dans de larges proportions par le régime général, d’où le désir des intermittents de continuer à bénéficier des mêmes avantages, bien au chaud avec les autres cotisants qui les couvrent. Les charges et politiques publiques transférées par l’Etat, telles que le financement d’une partie de Pôle Emploi, contribuent également à alourdir le déficit.

Juste avant que ne démarrent les négociations, qui ont lieu tous les deux ou trois ans, la Cour des comptes a publié un rapport spécifique sur l’assurance chômage de 2008 à 2014, comprenant un état des lieux extrêmement clair et des recommandations à l’usage des partenaires sociaux qui négocient actuellement. Au-delà de la simple idée d’indemnisation des chômeurs, la Cour des comptes rappelle que le système doit se montrer incitatif à une reprise d’emploi, qu’il doit être cohérent avec le marché du travail et que son équilibre financier à moyen terme est indispensable afin d’en assurer la pérennité.

Pour les sages de la Cour des comptes, depuis la crise de 2008 et en dépit de la précédente convention signée en 2014 avec l’objectif de réaliser des économies nettes de 450 millions d’euros par an,

« L’augmentation du nombre de personnes indemnisées et du niveau d’indemnisation s’est réalisée au prix d’une détérioration rapide et marquée des comptes de l’assurance chômage. »

Dette UnedicDe ce fait, le résultat de l’Unédic est devenu négatif à partir de 2009 et l’est resté depuis, faisant passer son stock d’endettement bancaire de 5,3 milliards d’euros en 2008 à 21,5 milliards en 2014 (environ 1 % du PIB). Il serait de 25,9 milliards à fin 2015 et pourrait atteindre 35 milliards d’euros à l’horizon 2018 si rien n’est changé dans les règles en vigueur actuellement (voir schéma ci-contre extrait du journal Le Monde). Il est donc plus que temps de s’y mettre sérieusement, d’autant que :

« dans un contexte marqué depuis plusieurs décennies par un taux élevé de chômage, il n’est pas possible d’attendre de la seule reprise de la croissance la résorption de la dette de l’Unédic. » (souligné par NMP : on sait que François Hollande a beaucoup compté sur un retournement de tendance économique pour tout résorber)

La Cour des comptes fait remarquer que le rythme de renégociation de la convention (tous les deux ou trois ans) est trop court pour qu’on puisse tirer des enseignements utiles des mesures mises en place lors de la précédente négociation. De plus, les changements rapides dans les règles de cotisations et d’allocations contribuent à rendre le système extrêmement opaque pour les bénéficiaires comme pour le gestionnaire. Il serait préférable de s’inscrire dans une perspective de moyen terme où l’on pourrait conjuguer stabilité des règles et soutenabilité du système.

Or la soutenabilité dépend directement des paramètres de l’assurance chômage. Les comparaisons que l’on peut effectuer avec les pays de l’OCDE montrent sur à peu près tous les paramètres que la France dispose d’un régime particulièrement avantageux :

  • Le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre le salaire net antérieur et l’indemnisation pour chômage, de l’ordre de 71 %, est parmi les plus élevés de l’OCDE.
  • Les chômeurs sont couverts après quatre mois de travail, ce qui est la durée d’éligibilité la plus courte.
  • La durée maximale d’indemnisation est de 24 mois sans dégressivité et de 36 mois pour les plus de 50 ans. C’est également l’une des durées les plus élevées parmi les pays de l’OCDE.
  • Le montant maximal d’indemnisation atteint 6200 € net par mois, autre record à notre compte.

La Cour des comptes a procédé a quelques petits calculs. Côté recettes, elle signale entre autres que le taux des cotisations n’a pas changé depuis 2007 et qu’une augmentation de 0,1% générerait 500 millions de recettes supplémentaires chaque année.

Autre piste du côté des allocations : si la durée d’indemnisation de 3 ans (contre 2 ans) appliquée aux plus de 50 ans était réservée aux plus de 55 ans, il serait possible de gagner 450 millions d’euros par an. Enfin, si le principe « un jour cotisé, un jour indemnisé » actuellement en vigueur était ramené à « un jour cotisé, 0,9 jour indemnisé », le gain serait de 1,2 milliards d’euros annuels.

Cas particulier des intermittents du spectacle : il s’agit de tous les artistes, danseurs, acteurs, musiciens, mais aussi des techniciens de cinéma, du spectacle vivant, de l’audiovisuel et de la musique. Leur régime propre, décrit dans les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance chômage, date de 1936 et vise à tenir compte du fait qu’il ne travaillent pas « en continu », mais « par projet. » D’après l’accord trouvé lors de la précédente négociation de 2014, ils doivent avoir travaillé 507 heures, soit un peu plus de trois mois, sur une période de dix mois, pour bénéficier d’une assurance chômage de huit mois.

La principale contestation portait sur les dix mois de référence. Il semblerait que les partenaires sociaux soient arrivés à s’entendre hier pour allonger cette période à douze mois, ce qui est clairement un mouvement en faveur des intermittents dont le régime ne risque pas de voir son déficit propre se résorber. Merci à la « solidarité inter-professionnelle » bien involontaire des autres cotisants !

De son côté Manuel Valls, toujours très en fonds quand il s’agit d’étudiants ou d’artistes ou du peuple de gauche en général, a annoncé hier que l’Etat allait participer à hauteur de 90 millions d’euros à un « fonds de soutien à l’emploi » des intermittents. On en saura plus quand les partenaires de l’Unédic se seront prononcés. Mais d’après les déclarations de la ministre de la culture, le système d’assurance chômage des intermittents ressemble à s’y méprendre à une façon déguisée de financer notre « exception culturelle » ultra subventionnée via les cotisations patronales.

Notre système d’assurance chômage souffre de trois maux :

1. Sa gestion, bien que paritaire entre les partenaires sociaux, dépend largement de décisions étatiques qui lui font supporter les coûts élevés de certaines politiques publiques relatives à l’emploi, et le traitement plus ou moins favorable que le gouvernement souhaite adopter vis-à-vis de telle ou telle catégorie d’assurés dans une perspective purement politique.

2. Elle ne constitue pas à proprement parler une assurance car les cotisations versées, proportionnelles au salaire, n’ont pas de rapport avec un facteur de risque chômage, mais seulement avec une nécessité d’équilibrage des comptes. On voit mal comment on pourrait dès lors empêcher les cotisations d’augmenter en permanence.

et 3. Elle pâtit du fort chômage structurel qui sévit en France, résultat direct d’un marché du travail bien trop rigide et de politiques de l’emploi fondées exclusivement sur le traitement social du chômage : emplois aidés et mise en formation.

Dans ces conditions, tous les aménagements sur les cotisations ou les prestations ne constitueront jamais qu’un pansement de court terme, cache-misère de décisions politiques catégorielles qui n’apportent ni la couverture chômage souhaitable, ni la justice souhaitable entre les cotisants, ni l’incitation à favoriser l’emploi plutôt que le chômage.


(*) Remarquons que ce distinguo entre ce qui est payé par les employeurs et les salariés n’a pas lieu d’être, sauf pour faire croire faussement que tout le poids de la protection sociale ne pèse pas intégralement sur les patrons, car dans les faits les cotisations et les salaires nets ne viennent que d’un seul endroit : du chiffre d’affaires que l’entreprise aura été capable de générer.


Unedic 2Illustration de couverture : Manifestation des intermittents du spectacle et occupation du théâtre de l’Odéon à Paris, le 25 avril 2016, pour peser sur les négociations en cours de l’assurance chômage – Photo : Reuters / Charles Platiau.

11 réflexions sur “Pour s’y retrouver dans l’Unédic et les intermittents du spectacle

  1. Quand on exige quelque chose sans mérite et que cela vous est accordé sans autre raison que vous constituez un potentiel de trouble à l’ordre public, cela signifie que la classe politique se déjuge et vole cet argent aux honnêtes citoyen qui le gagnent à la sueur de leur front (les classes laborieuses par exemple)

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  2. Une bonne partie des « intermittents du spectacle » sont des menuisiers, des peintres, des poseurs de moquette… Rien à voir avec la culture.

    D’autre part, la permanence de ce problème est dûe à l’attraction que ces « métiers » existent : être payé par l’Etat à ne rien faire tout en « travaillant » dans le spectacle, à réaliser des productions dont personne ne veut et qui par conséquent doivent être subventionnés pour exister, c’est un racket assez fabuleux. Pas étonnant que le nombre des « intermittents » ait autant augmenté.

    En URSS c’était pareil, mais au moins vous étiez exécuté quand vous protestiez contre le gouvernement.

    Voilà une mesure qui devrait être introduite dans le « mix », ou dans le « package », enfin je ne sais pas comment on dit chez ces messieurs qui « négocient ». Tu veux des allocs en tant que cultureux ? OK, mais alors c’est la guillotine si tu manifestes.

    Cette approche me paraît avoir le mérite d’être équilibrée, juste et équitable.

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  3. Il peut paraître un peu incroyable qu’un régime dont relèvent 1 ou 2 pour cent des salariés Français puisse représenter le quart du déficit du régime d’indemnisation du chômage….Je crois savoir de plus que la croissance du nombre de bénéficiaires est quasi exponentielle….D’ou la conclusion qui paraitrait logique et cohérente….faire dépendre du budget de la culture le cout de ces garanties….Le contribuable dans son ensemble prendrait dès lors le relais de l’entreprise et du salarié seuls contributeurs, aujourd’hui…Seulement, voilà….On mettrait alors un doigt dans un début de nationalisation de la culture, ce que ne veulent a aucun prix les représentants de cette corporation….On en est là….On ne peut cependant nier que la culture est un domaine très a part ainsi qu’une activité très spécifique ….Qu’avant qu’un comédien, un musicien ou autre se produise, beaucoup de travail non comptabilisé a été éffectué et donc que le régime doit bénéficier de règles adaptées aux particularités de ce metier….Mais ce n’est pas au monde du travail déjà surchargé de contraintes, de financer cet énorme déficit….Une seule certitude….cette situation, vu la dégradation continue des comptes sociaux, ne pourra pas perdurer….En tous cas, merci pour cet excellent article qui pose bien les enjeux…..

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    • « Avant qu’un comédien, un musicien ou autre se produise, beaucoup de travail non comptabilisé a été effectué et donc que le régime doit bénéficier de règles adaptées aux particularités de ce métier. »

      Ah, voilà les fameuses exceptions à la française. Personne n’est normal, tout le monde est spécial, chacun est une petite fleur fragile qui « mérite » donc sa propre petite exemption fiscale ou « sociale » : les limeurs de cadres de bicyclette de la Haute-Loire, les tailleurs de pipes de Saint-Claude…

      Ce n’est pas une gauloiserie ou une façon de parler, ces exemption fiscales ont réellement existé, et je pense qu’elles ont été supprimées longtemps après le décès du dernier limeur de cadres de bicyclette de la Haute-Loire.

      Avant qu’un directeur du marketing de l’Oréal ne signe son CDI, il a effectué beaucoup de travail non comptabilisé : pour apprendre les mathématiques au lycée, la statistique à l’université, pour laver les assiettes à la place de sa maman… Pourquoi ne devrait-il pas, lui aussi, « bénéficier de règles adaptées aux particularités de son métier » ?

      Et les écrivains, ils n’ont pas effectué beaucoup de travail non comptabilisé avant de gagner le premier euro sur leurs livres ? D’ailleurs, la plupart des écrivains soit ne gagnent jamais d’argent avec leurs écrits, soit sont incapables de vivre avec ce qu’ils gagnent. Ils n’ont pourtant pas droit au régime des intermittents du spectacle, alors qu’ils peuvent revendiquer à bon droit une contribution à la culture bien plus importante qu’un vulgaire clown de rue subventionné.

      C’est marrant comme l’égalité, pourtant revendiquée comme l’essence de la nature française, disparaît soudain lorsqu’il est question d’impôt. Chacun réclame à l’Etat son petit cadeau, comme les prostituées. Que devient donc l’égalité en droit, la seule qui vaille ? Et donc l’égalité devant l’impôt et ses variantes, les cotisations sociales et les prestations qui leur sont attachées ?

      La vérité est que personne n’a besoin de comédiens ou de musiciens. Ou plus exactement, les gens en ont besoin dans l’exacte mesure où ils sont prêts à payer leurs prestations. Evidemment qu’il y a pléthore de gens prêt à faire l’acteur, s’ils sont payés par l’Etat dans ce but, et qu’en plus ils n’ont pas besoin de travailler pour être payés !

      C’est marrant comme il y a beaucoup moins de gens prêts à faire soudeur, même soudeur-fonctionnaire. Vous ne pouvez pas faire semblant de souder un pipe-line : soit il est soudé, soit il fuit. En revanche, tout le monde peut prétendre être « comédien ».

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    • Bonjour et merci pour votre commentaire.
      « Faire dépendre du budget de la culture le coût de ces garanties » : comme vous le dites vous-mêmes, ce serait un début de nationalisation de la culture, déjà largement subventionnée, pour des productions qui n’attirent pas forcément un large public. S’il n’y avait pas les collèges et les lycées, on se demande qui assisterait à certains spectacles.
      J’y vois un premier problème, celui d’utiliser arbitrairement les impôts et la dette pour imposer un certain type de culture, d’où le second problème des dérives propagandistes. Et, troisième problème, le parapluie de l’argent public tend à empêcher toute amélioration, toute concurrence, toute innovation créative.
      Le budget de la culture finance déjà énormément de journaux sans compter l’audio visuel public.

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  4. Je suis édifié de la violence et de l’outrecuidance des propos tenus sur les intermittents par des gens qui manifetement ignorent tout du monde de l’art et des métiers de la culture ! Généralement, quand on ignore un sujet, on évite les propos à l’emporte-pièce…
    Vous voulez manger de la viande sans abattre d’animaux. Vous voulez du pain sans cultiver le blé. Vous voulez de l’art sans artistes. Vous voulez de la beauté sans patience …et ce sont les mêmes qui nous font des jérémiades sur la « fin de la culture européenne » et bla bla bla ? Combien d’entre-vous restent devant la télé à écouter Zemmour et Finkielkraut au lieu d’aller écouter le concert de JS BACH à l’église d’à-côté, en payant la place ?
    Concernant le déficit de la caisse des intermittents, chacun sait qu’elle vient de la télévision et de l’événementiel, c’est à dire du patronnat libéral qui s’en met plein les poches en faisant payer les salaires de ses techniciens par l’assurance chômage. Allez donc vous plaindre chez Bouygues, et vous verrez comme vous serez reçus !
    Les intermittents sont des gens pauvres. La preuve ? Allez demander à un bailleur de logement, un assureur, un banquier ou un concessionnaire pour faire un crédit sur la voiture… allez leur demander, à ce gens d’argent si ils prêtent, vendent ou baillent à un intermittent ?! Et vous l’aurez votre réponse.
    A un cadre de banque qui me conseillait d’abandonner mon statut « d’assisté-intermittent » pour celui de « courageux-auto-entrepreneur », j’ai lui ai conseillé en retour d’abandonner lui-aussi son statut de salarié pour celui d’auto-entrepreneur… il a baissé les yeux. Alors quoi ?
    Comment peut-on déchainer autant de haines et de clichés sur des gens et des métiers dont on ignore tout ? On dirait que vous médisez des voleurs de poules !
    Je suis désolé, mais on ne peut absolument pas comparer la scolarité d’un ingénieur ou d’un commercial avec l’apprentissage d’un rôle de Shakespeare ou de Verdi. Ou de maitriser une sonate de Beethoven. Ou une partita de Bach. Vous ignorez totalement ce dont vous parlez. Vous n’en avez pas la moindre idée. Essayez… et vous apprendrez juste l’humilité. Cette humilité que des milliers d’artistes cultivent pendant qu’on médit d’eux. Cette humilité qui est déjà toute une culture. Ce silence, ce métier d’artiste qui fait qu’on a le respect profond de vieux médecins ou de retraités des unités d’élites de l’armée. Des gens qui vous regardent et vous écoutent en mesurant ce que vous faites. Des gens aussi qui savent que leur sacrifice ne rencontrera jamais de reconnaissance et de partage.
    Vous criez contre les intermittents comme certains gauchistes crient contre les militaires qui nous défendent. Vous caricaturez les artistes comme d’autres caricaturent la religion chrétienne.
    J’espère que mon avis « divergeant » sera aussi publié

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    • Cher Monsieur José, je vous rassure, non seulement votre commentaire est publié, mais il n’a rien de divergent. C’est même une série de procès d’intention (télé, Zemmour, que je n’apprécie guère …) assez classiques à l’égard de tout ceux qui, selon vous, n’aiment pas assez votre art.
      L’ensemble de la culture en France est largement subventionné par les impôts et la dette, il est vrai qu’il y règne un rapport de connivence étroit entre le ministère de la culture et ses « amis » fortunés, et que ce système de protection / préservation, loin de nourrir un élan de créativité, de diversité et d’originalité, assèche complètement la création au profit des spectacles ou des expositions « progressistes » adoubés par le ministère.
      Vous accusez les patrons de l’audiovisuel d’abuser du statut des intermittents, et à mon avis, c’est assez vrai, mais vous ne voulez nullement en changer, comme vous le dites plus bas dans votre commentaire.

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      • Merci de la publication de mon commentaire. Et de votre réponse. Je vous invite à lire la réponse de « zelectron » pour comprendre la violence gratuite et impressionnante qui se déchaine contre « les intermittents »…
        Concernant les subventions, je partage votre avis. Supprimons toute subvention (aussi bien publique que privée). Car l’attribution d’une subvention passe beaucoup par la courtisanerie. Et donc par un contrôle (induit) des contenus… Au contraire, le système des intermittents est favorable à la créativité, à la diversité, à l’indépendance et à l’innovation. Car il ne suppose aucun contrôle des contenus : c’est un simple statut professionnel. Il n’est que l’écho de la capacité (entreprenariale) des artistes à professionaliser leur art. Il est l’équivalant du prix unique du livre, qui permet à des libraires aussi bien progressistes que conservateurs de survivre dans le maelström néolibéral. Le but est de contrôler les « contenants » et non pas les « contenus ». C’est ce que fait les intermittents ou le prix du livre. Nombre d’économistes aussi bien socialistes que libéraux voient dans le statut des intermittents un prototype (perfectible) de ce que sera le revenu universel.
        Maintenant, si vous me demandez si il existe de mauvais artistes (à mon goût), c’est bien sûr une évidence ! Mais à moins d’entrer dans une dictature soviétique ou fasciste, il n’est pas possible de contrôler les contenus (je pense que nous sommes d’accord). Force est des constater en outre que le public (encadré par les grosses entreprises et l’état souvent complice) plébicite des créations très pauvres et ineptes (à mon goût). Les vedettes et les starlettes qui se pavanent sur nos écrans télé ne courent pas le cachet, et ne pleurent pas après cent balles. Rien à voir avec un vrai intermittent. Donc, il faudrait plutôt supprimer la subvention privée et publique qui construit tout cela. Et revenir justement aux intermittents : qui permettent de soutenir équitablement un métier, sans contrôler les contenus. Je pense que c’est un argument qui peut être entendu et réfléchi.
        Si on supprime toutes les subventions, on supprimera également les « rentes de situation » dont profitent certains faiseurs et courtisans avec leurs associations bidon. Pas la peine de jeter des pierres aux artistes pour cela.
        Pour répondre à « zélectron », je ne connais pas d’artiste qui « suce le sang du peuple ». Je connais beaucoup d’artistes qui sont montés sur des planches et avec talent, honneur et succès (ce qui ne garantissait nullement leurs revenus matériels dans ce monde). Mais il est quelque chose de certain : les artistes sont effectivement tous « autoproclammés »… On ne devient pas artiste pour faire plaisir à ses parents. Et à moins d’une dictature soviétique ou fasciste, il n’est pas possible d’attribuer des « licence d’artiste » ou des « diplômes de talent » ! Oui… un jour on se lance là dedans, et c’est une démarche profonde et lourde. Une démarche d’homme (ou de femme). Un truc qui vous pèse dans les tripes. Je vous souhaite un jour de rencontrer des gens qui ont fait 40 ans de scène dans un relatif anonymat. Vous verrez qu’ils sont loin des clichés qu’on leur prête. Et vous vous demanderez comment ils ont fait pour « traverser la vie »… matériellement et spirituellement.
        Plutôt que de détruire les artistes, il serait intéressant de voir comment professionaliser l’activité des journalistes « auto-proclammés » des nombreux blogs (c’est bien en lisant la presse autoproclammée que je suis venu vous lire… comme quoi il y a du bon). Pendant que des « journalistes » se pavanent dans la presse hégémonique, financée par les capitalistes et la subvention (souvent) complaisante de l’état, il faudrait plutôt mettre en place un système de professionalisation des journalistes de blog. Car, c’est dans ce « maquis » des blogs qu’on finit par dénicher des vraies informations et avoir des vrais débats d’opinon. Ce serait donc la « capacité à professionaliser » son blog qui entrainterait l’obtention d’un statut de journaliste indépendant protégé. Cette protection comme vous le voyez n’entrainerait pas de contrôle des contenus comme dans la presse hégémonique. Un blog comme celui-ci (dont mes opinions divergent mais que je lis quand même pour justement réfléchir) aurait autant sa place qu’un blog socialiste. Puisque ce serait la « capacité de professionalisation » du journaliste qui serait jugée et non le contenu. Dans la presse hégémonique, on voit bien que c’est la bien-pensance et la courtisanerie qui permet d’obtenir l’emploi. Il y a donc tout intérêt à étudier le système des intermittents, et à l’étendre à d’autres secteurs de la société. Démanteler l’hégémonie capitaliste et les faiseurs de subvention étatique, au profit du travail des gens du terrain. Journalistes… ou artistes

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      • 50% d’entre eux n’ont pas leur place dans ces milieux, si ce n’est pour une fumette ou déambuler en faisant semblant d’être affairé. Pour les autres je veux bien croire à leur valeur et hélas aussi à leur malchance de ne pas être employés comme il se devrait …
        Si vous pensez qu’il faut fermer les yeux dès qu’il s’agit d’une opinion que vous défendez . . .

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      • J’aimerais rappeler que les commentaires se doivent d’être courtois. L’insulte n’a jamais fait avancer le moindre débat. Les affirmations chiffrées au doigt mouillé non plus. J’ai aussi eu mon lot de remarques plus que désagréables et je sais ce que ça fait alors qu’on cherche seulement à échanger en toute bonne foi.
        José a apporté des éléments à la discussion et je le remercie. Libre à chacun de se faire une opinion, mais certainement pas fondée sur du ad hominem purement subjectif.

        C’était une note de service de la maison MP.

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    • Je n’aime pas les artistes autoproclamés qui sucent le sang du peuple tout en se prétendant de gauche en passant par la caisse du chômage et ne sont jamais montés sur quelques planches que ce soit, ils ne seront jamais pris puisqu’ils font parti de la mafia syndicale . . .

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