Le camarade Lordon électrise « Nuit debout » et réveille les betteraves

Mise à jour du lundi 18 avril 2016 : Plus les jours passent plus le mouvement contestataire étudiant « la Nuit debout », qui occupe la place de la République depuis le 31 mars 2016, s’éloigne de la dimension libertaire qu’il mettait en avant au début, où il n’était question que de « réinventer le monde » et de chercher la liberté et la démocratie, pour tomber dans le sectarisme, l’intolérance et l’abus de droit. Nuit après nuit, les dégradations et les violences se succèdent, ainsi que peuvent en témoigner les CRS mobilisés, plus pour regarder que pour agir. Quant à la liberté et à la tolérance, elles ne s’appliquent que dans le cercle restreint aux soutiens du mouvement. Samedi 16 avril dernier, le philosophe Alain Finkielkraut, qui souhaitait se rendre compte par lui-même de ce qui se passait place de la République, a été pris à partie, s’est vu traité de fasciste et a dû quitter les lieux sous les huées des militants. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » comme disait Saint-Just, et (MAJ du 23/04/2016) comme a dit en substance Lordon suite à cette altercation :


« Merci Patron » et « Merci El Khomri », voilà ce que Frédéric Lordon peut dire aujourd’hui, alors que, d’économiste « atterré » à la notoriété anti-libérale plutôt confidentielle, il vient d’accéder à la reconnaissance nationale de tous nos médias grâce à ses qualités de parolier enflammé pour le mouvement contestataire La Nuit debout qui s’est constitué dans la foulée des manifestations contre la loi Travail portée par la ministre Myriam El Khomri. 

Il serait tout à fait naïf de s’imaginer que les rassemblements La Nuit debout de la place de la République à Paris, dupliqués au fil des jours dans plusieurs autres villes de France, soient parfaitement spontanés. On aurait tort de croire que des étudiants, des lycéens, des militants écologistes ou associatifs, des syndicalistes et des membres du Front de gauche s’y rencontrent par le plus grand des hasards dans un mouvement de pur désir de faire vivre le plus tard dans la nuit et le plus longtemps possible l’euphorie des manifestations contre la loi Travail.

En réalité, tout ce mouvement de contestation, qui prête parfois à des comparaisons avec Occupy Wall Street ou les Indignados espagnols, n’a pas commencé le 31 mars 2016, mais en février avec la sortie du film documentaire « Merci patron ! » de François Ruffin, par ailleurs rédacteur en chef du journal alternatif de gauche Fakir. Le New York Times ne s’y est pas trompé, qui faisait hier du succès de ce film la une de son édition française, le qualifiant de « cri de ralliement contre la réforme gouvernementale visant à réformer le code du travail » et voyant en son réalisateur un nouveau Michael Moore. Ce documentaire décrit le combat des Klur, un couple licencié par une société appartenant au groupe LVMH de Bernard Arnault. Pour Frédéric Lordon, qui en a fait une critique élogieuse dans le Monde diplomatique, il s’agit d’un film « d’action directe » qui donne « l’envie de tout renverser » :

« Ça n’est pas un film, c’est un clairon, une possible levée en masse, un phénomène à l’état latent. De cet événement politique potentiel, il faut faire un événement réel. »

« Un événement réel » : nous y arrivons. Lisant l’article de Lordon, le réalisateur François Ruffin se dit que s’il y a une chance que l’économiste dise juste, il va falloir organiser tout ça, avec l’idée de faire converger des luttes dispersées comme celles des zadistes contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, celle des ouvriers de Goodyear, celle des enseignants contre la réforme du collège etc… Les étudiants qui campent aujourd’hui à République ne pouvaient pas s’en douter, mais au cours d’une réunion publique organisée autour du film au moment de sa sortie en salles, le collectif Convergence des luttes est créé, les premiers slogans sont trouvés, notamment « Leur faire peur » et « Après la manif, je ne rentre pas chez moi. » Le mouvement La Nuit debout est si peu spontané que François Ruffin précise même :

« Il a fallu communiquer, distribuer des centaines de tracts lors de la manif du 31 mars, créer un site internet puis monter des barnums, acheminer le matériel pour projeter le film… »

La convergence des luttes est donc au coeur des intentions des organisateurs du mouvement, et Frédéric Lordon se retrouve au coeur d’un dispositif scrupuleusement organisé. Dès le 30 mars 2016 à Tolbiac, devant des étudiants en grève qui, à son commandement, scandent bien gentiment « tous ensemble, tous ensemble », il rend grâce  à la loi El Khomri d’avoir eu « le merveilleux pouvoir de nous réunir. » 

Le lendemain, propulsé tribun de la première Nuit debout (« le comité d’organisation m’a un peu poussé au cul sur la scène »), il prend la parole avec fièvre et le répète (quatrième intervention de la vidéo ci-dessous) :

« Voilà comment le pouvoir tolère nos luttes : locales, sectorielles, dispersées et revendicatives. Eh bien pas de bol pour lui, aujourd’hui nous changeons les règles du jeu ! Nous les lui annonçons globales universelles, rassemblées et affirmatives ! »

Chaque phrase de Lordon est saluée d’un « Ouais !!! » des jeunes rassemblés pour l’écouter, et chaque « Ouais !!! » arrache parfois un petit sourire heureux, presque gamin, à celui qui jusqu’à présent s’exprimait plutôt sur les plateaux télé avec tout le sérieux d’un sabir complexe mêlant philosophie, économie et sociologie (« Nous sommes impérieusement requis de penser le capitalisme » etc…) comme on peut le constater dans les deux premières interventions recensées dans la vidéo ci-dessous  (04′ 07″) :

Avec les manifestations contre la loi Travail et La Nuit debout, Frédéric Lordon est passé de l’état assez classique de révolutionnaire strictement intellectuel et universitaire à celui du révolutionnaire en action qui harangue les foules et les pousse à agir, et dont le visage devient le représentant privilégié de la convergence de toutes les luttes.

Brillant étudiant ingénieur à l’Ecole des ponts et chaussées (promo 1985), imaginait-il déjà que trente ans plus tard il enflammerait les foules étudiantes et syndicales en se dressant au pied de la statue de la République contre un gouvernement socialiste accusé de faire le jeu du néo-libéralisme et de l’arbitraire patronal et en appelant à l’inauguration d’une république sociale (cinquième intervention de la vidéo ci-dessus) pour remplacer la république bourgeoise qui opprime les esclaves du salariat, tel un bon Gérard Filoche de base ? C’est difficile à dire, mais les débuts de son parcours n’y font pas penser spontanément.

Né en 1962 d’un père dirigeant d’entreprise et d’une mère qui s’est consacrée à son foyer, il complète ses études à l’Ecole des Ponts d’un diplôme de l’Institut supérieur des affaires correspondant à ce qu’on appelle aujourd’hui un Master HEC. Il a déclaré sur France Culture qu’à cette époque il ambitionnait de devenir patron et de « gagner plein d’argent. » Il infléchit cependant ses objectifs, préférant prendre « la voie des livres » et de la recherche.

Le changement est radical : électeur de droite, il devient communiste; préoccupé de l’environnement social, il se tourne vers l’économie et la sociologie. Il rejoint l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), lit abondamment Marx, Bourdieu, Althusser et Spinoza, et en1993 soutient une thèse de doctorat intitulée (attention s’accrocher) « Irrégularités des trajectoires de croissances, évolutions et dynamique non-linéaire. Pour une schématisation de l’endométabolisme. » Il est membre du collectif Les économistes atterrés créé en 2011 dont l’activité consiste à faire connaître au public les travaux des économistes qui « ne se résignent pas à la domination de l’orthodoxie néo-libérale. » 

Ses professeurs et son maître de thèse se souviennent d’un élève non seulement brillant mais surtout perfectionniste, parfois jusqu’à l’obsession, parfois jusqu’à la manifestation d’un caractère intransigeant et colérique. Au sein de la chapelle de l’extrême gauche, il fut prompt à accuser tour à tour Thomas Piketty, Jacques Sapir, ou le journaliste de Mediapart Laurent Mauduit, de vouloir en fait préserver le capital et le libéralisme. Dans un article au vitriol, ce dernier s’est vengé en le traitant de cabot sectaire, non sans un certain à propos dans la mesure où Lordon défend en effet l’idée que les débats contradictoires sont voués à l’échec caractéristique de la foire d’empoigne et perdent en tonus intellectuel tandis que le seul débat valable serait celui qui se passe à l’intérieur de la tête de chaque personne. Ayant fait le vide autour de lui, en arguant de sa passion et de sa fidélité à ses idées, Frédéric Lordon se retrouve finalement plutôt isolé parmi ses pairs.

La Nuit debout a tout changé, Lordon est maintenant une véritable star de la contestation. Pratiquement tous les soirs, il s’adresse aux manifestants et commente les progrès qui sont faits. Si, lors de la première Nuit du 31 mars, il disait « Il est possible que l’on soit en train de faire quelque chose », il a pu inaugurer la Nuit du 40 mars (oui, décompte censé symboliser la permanence de la lutte… Lire 9 avril) avec :

« On peut maintenant abandonner les prudences grammaticales : nous sommes en train de faire quelque chose. »

Quelque chose, mais quoi ? On se pose tous la question, Lordon lui-même la pose à son public. Jusqu’à présent, il s’était contenté d’entretenir la flamme de la révolution et de dénoncer la violence du salariat et du monde néo-libéral en concluant son discours du 31 mars par :

« C’est bien pour cela que nous sommes rassemblés ici ce soir, pour imaginer la catastrophe. Apportons-leur (NdNMP : aux tenants du monde libéral) la catastrophe. »

C’est lyrique, c’est révolutionnaire, les jeunes s’exclament une fois de plus « Ouais !!! », mais c’est vague. En réalité, dès le milieu du mois de mars, lors d’un rassemblement à Amiens intitulé « Le réveil des betteraves », une fois de plus pour « faire converger les luttes », le camarade Lordon avait pris la parole (troisième séquence de la vidéo ci-dessus) et s’était montré très explicite. Le retrait de la loi Travail, la démission de ce « pantin de Manuel Valls », ce sont presque des prétextes. Fondamentalement, explique-t-il :

« Ce que nous voulons, c’est ceci : la fin de la mondialisation libérale, la fin du pouvoir des actionnaires, la fin de la propriété des moyens de production, et tout le pouvoir aux salariés dans l’entreprise. »

Je ne sais si ce discours est marxiste dans sa version léniniste, trotskiste ou libertaire, mais il est clairement communiste et nous ramène quelques décennies en arrière. Lordon, homme intelligent au faîte de ses capacités intellectuelles au début du XXIème siècle n’a rien appris des drames du XXème siècle. La République sociale ainsi définie qu’il appelle de ses voeux a connu un certain nombre d’applications, toutes plus catastrophiques les unes que les autres. Aujourd’hui encore, on pense à Cuba, au Vénézuela et même au Brésil, sans y voir la moindre espérance d’une vie meilleure. Mais peu importe pour qui se laisse porter par une idéologie qui ne souffre pas le débat contradictoire.

Comment obtenir cette République sociale ? C’est le message du discours du 40 mars. Si l’on veut mettre fin au chantage et à l’arbitraire patronal, Lordon ne voit qu’un moyen : la grève générale. Le « rêve général » de nos étudiants révolutionnaires se déclinerait donc bien dans la « grève générale. » Conclusion lyrique en forme de pied-de-nez à François Hollande : « Ce moment, c’est le nôtre, ce moment, c’est maintenant. » Et n’oublions pas : « Ouais !!! »

Avant de conclure, j’aimerais aborder deux points particuliers. Si vous regardez les vidéos ci-dessous (discours complets), vous ne manquerez pas de remarquer que Frédéric Lordon porte une veste de montagne de la marque américaine The North Face. Je pratique moi-même la montagne, c’est pourquoi cela m’a immédiatement sauté aux yeux, et je comprends parfaitement pourquoi il a pu avoir envie de l’acheter : ce sont des équipements d’une extrême qualité, combinant le style le plus moderne avec des performances techniques excellentes. Eh bien je défie Lordon de prouver que dans sa République sociale sans propriété privée des moyens de production il pourrait trouver un vêtement d’une aussi belle facture. On sait à quoi ressemblaient les voitures, les chaussures etc… des pays de l’Est.

Enfin, malgré tous les « Ouais !!! » enthousiastes qui ont ponctué les discours de Frédéric Lordon, je me demande si son public est si en phase que ça avec lui. Dans l’amphi de Tolbiac, il disait que « revendiquer, c’est déjà s’être soumis. Revendiquer, c’est s’adresser à des puissances tutélaires aimables […]. Les enfants réclament, grandis, ils revendiquent. » Que peut-il penser des cadeaux coûteux que Manuel Valls a lâché lundi 11 avril dernier aux syndicats étudiants après la manifestation du samedi 9 avril ? L’affluence avait pourtant été bien moindre que lors des précédentes journées d’action et elle avait été émaillée de nombreuses violences et de destructions. William Martinet et ses collègues ne sont-ils pas en plein dans la revendication  que Lordon méprise ?

Tout ce spectacle d’ébullition révolutionnaire alimenté par le camarade parolier Lordon me fait penser à certains traits des communistes de la guerre d’Espagne décrits par André Malraux dans L’espoir. On y retrouve le sens de l’organisation des communistes, particulièrement habiles à encadrer le spontané, on y retrouve les mots creux qui enflamment les foules pour des objectifs vagues qui semblent radieux, on y retrouve le goût pour la page blanche et on y retrouve l’exacerbation de l’excitation collective dans une illusion lyrique sans lendemain.


Vidéo complète (07′ 30″) du discours de Frédéric Lordon le 31 mars 2016 :

Vidéo complète (07′ 15″) du discours de Frédéric Lordon le 40 mars 2016 (9 avril) :


Lordon Nuit debout 310316Illustration de couverture : Frédéric Lordon donnant un discours « inaugural » le 31 mars 2016 place de la République lors de la première « Nuit debout » après les manifestations de la journée contre la Loi Travail.

25 réflexions sur “Le camarade Lordon électrise « Nuit debout » et réveille les betteraves

  1. Je vous trouve très bienveillante de consacrer autant de lignes à ce clown dont le français moyen qui aura déjà un peu de mal à se convaincre de la réalité d’une « immémorialité de la soumission et de l’affranchissement » (sic) avant de s’engager dans une grève, ne cessera ensuite de se poser la question qui le taraude à l’issue de ce discours hystérique: pourquoi un individu qui tient un micro en main censé amplifier sa voix éprouve-t-il le besoin de hurler ses phrases comme s’il ne servait à rien ? Deux réponses possibles : soit il ne comprend pas à quoi sert un micro – ce qui n’aurait rien d’étonnant quand on découvre son parcours foutraque l’ayant conduit d’une école d’ingénieur à une occupation de prêche illuminé – soit il a si peu confiance dans les outils produits par le capitalisme ultra libéral – son micro – qu’il préfère hurler pour prévenir toute forme d’appropriation externe de son propos via l’outil honni qu’il utilise quand même (comme sa North Face).
    Tout cela pour dire que ces rassemblements, comme au Speaker’s Corners de Hyde Park, drainent par nature leur comptant d’abrutis qui n’ont besoin de personne pour se disqualifier eux-mêmes.
    L’ensemble de la presse et des médias (ex http://goo.gl/DKaoGi) tente d’ailleurs de décrypter la portée réelle de ces rassemblements, dont on ne peut au moins contester qu’ils existent et constituent un terreau à la fois révélateurs d’un besoin nouveau d’expression politique, et susceptible qui sait, de générer de nouveaux courants.
    Mon point de vue positif sur le principe de ces mouvements, c’est que le courant libéral peut aussi, par réaction y trouver une tribune, une fois épuisés les bateleurs, slogans convenus et formatés de la première heure. A l’exemple de Cuidadanos en Espagne. Car il faut bien aussi admettre que le libéralisme souffre en France de son expression marginale et plutôt élitiste, d’un déficit de conscience politique et économique de nos concitoyens que peut-être ce genre de débat, ramené progressivement à la réalité, peut finir par alimenter ? Why not ?

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  2. « Nuit debout » me fait l’effet du Samu social distribuant du vin chaud aux plus démunis…
    En quête de représentativité un harangueur à la Mélenchon occupe la place et berne les esprits faibles, voire malléables.
    Du pipeau médiatique, de l’endormissement de masse qui encore une fois élude les vrais problèmes et grève le peu de réactivité qu’il reste à ce pays.

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    • Bonsoir Tribuliste, merci pour votre commentaire.
      D’après ce qu’on m’a relaté, c’est aussi un peu la fête, les vacances, la grande colo. Qu’ils soient bernés ou plus lucides, les jeunes auront en tout cas des souvenirs à raconter plus tard. « J’étais à République, j’ai vu Lordon », etc…
      Cordialement, Nathalie MP.

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  3. La « Grève Générale » est en cours !
    Tous les participants (étudiants) s’y préparent.
    Et les fonctionnaires la pratiquent déjà à dose homéopathique.
    Dieu merci, les emprunts sont à taux compétitifs.
    « Pourvou que ça dourre » disait Laetizia Ramollino, maman de Napoléon.

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      • Non, je me disais juste que vu sous votre angle, le pauvre Lordon s’égosille finalement pour rien, ou plutôt pour quelque chose qui est bien en marche, lentement mais sûrement, modulo les taux, qui pour l’instant sont bas. J’espère le sursaut.

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      • Nathalie,
        Lordon est un nostalgique, en mai 68 il était en classe maternelle.
        Il s’égosille certes.
        Mais soit il accomplit un rêve et un rêve d’enfance n’a pas de prix !
        Soit, il pense ravir la place réservée à « William Martinet-de-l’UNEF ».
        J’ai écouté son discours de « platitudes révolutionnaires » (bof).

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    • Comme ils sont au chomage, cela les occupent a rester debout toute la nuit.
      Ne devrait pas t-on favoriser l’entreprenariat, donner des financements aux gens
      pour qu’ils creent des entreprises et travaillent pour eux memes…. !

      Le systeme socialiste est mort : mort de son ideologie, comme le fut le parti communiste en URSS…

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  4. Intéressant exposé sur ce personnage.

    On ne peut cependant enlever à Frédéric Lordon un certain talent et surtout son éloquence. Même s’il est parfois dans un registre un peu verbeux qui n’est pas forcément à la portée nuitdeboutiste lambda, il n’en fascine pas moins, à la manière d’un Mélenchon, les foules qui, assez souvent, admirent les gens qui parlent bien. Je ne dis pas que ses propos sont pour autant justes, mais il a une fluidité séduisante dans les oreilles habituées à des rhéteurs moins enthousiasmants.

    Par ailleurs, ayant vu pas mal de vidéos de ce personnage, j’ai pu au moins relever un élément qui, à la longue, devient agaçant : il semble qu’il ait une admiration quasiment sans borne pour Spinoza. Ce que je trouve ennuyeux dans ces références à répétitions, c’est qu’on pourrait finir par croire qu’il ne fait qu’adapter les propos de cet auteur (et de quelques autres) au lieu d’exprimer une pensée propre, ce que votre article évoque du reste lorsqu’il est question de son oubli des échecs pourtant retentissants du communisme au XXe siècle.

    Merci bien pour cet article.

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    • Spinoza et Mélenchon comme références, voilà qui va probablement réveiller et mobiliser ceux que la nuit n’impressionne pas. N’y aurait-il que ce genre d’intervention dans ces raouts ? ci oui, je rejoins Nathalie dans le constat de leur définitive fatuité. Bien obligé.

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    • Bonjour et merci pour votre commentaire. Je suis d’accord, dans ce nouveau rôle, Lordon ne manque pas d’un certain style littéraire. C’est pourquoi j’ai tout de suite parlé de ses qualités de parolier. L’intérêt, c’est que laissant tomber les fioritures socio-philosophico-prétentieuses, il nous permet d’accéder au coeur du message : marxisme pur jus.

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  5. Vous êtes bien indulgente de trouver à Lordon de brillantes capacités intellectuelles. Moi j’appelle ça plutôt un pipoteur (et pas discret, avec ça…).

    Regardez plutôt la présentation qu’il fait de son blog :

    De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.

    http://blog.mondediplo.net/-La-pompe-a-phynance-

    Je ne vous ferai pas l’injure d’encombrer vos colonnes en mettant le doigt sur chaque malhonnêteté et chaque cuistrerie contenue dans ces lignes, je crois qu’elles se suffisent à elles-mêmes.

    Tout de même, se prétendre « économiste » et oser écrire que l’Etat restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… En tant que directeur de « recherches » au CNRS, Frédéric Lordon est un bénéficiaire direct de « prestations » de l’Etat… plutôt individuelles, il me semble.

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    • Mon « indulgence » n’a pas dû être très convaincante aux yeux des disciples de Lordon, puisqu’il se sont donné RDV en mini-meute sur Contrepoints pour me traiter de « naine intellectuelle » par rapport au maître, véritable génie de ce siècle. Il est certain que je suis tout à fait incapable de débiter des textes aussi pompeux que ce monsieur 🙂

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  6. C’est marrant, il parle un peu comme Luchini (auquel il ressemble très vaguement)… en pas drôle et sans le talent, naturellement.

    Je pense que dans le verbiage comme dans la diction, on trouverait des ressemblances frappantes avec des orateurs de Mai-68, mais je n’ai pas de noms qui me viennent en tête.

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    • J’ai eu peur ! Heureusement j’ai lu votre lien ! On peut compter sur Meyssan pour voir de la CIA partout. Encore un grand humaniste, ce gars-là, ami avec Kadhafi, Bachar El Assad et le Hezbollah, jamais en retard d’une théorie du complot !

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