Présidentielle USA 2016 (I) : candidats, caucus, primaires

Mise à jour du mercredi 9 Novembre 2016 : Donald Trump a été élu 45ème Président des Etats-Unis. Pour les détails, voir ici.

USA 2016 PrimairesPour le suivi des résultats des primaires américaines, cliquer sur le tableau ci-contre.

Les primaires américaines se sont achevées avec le scrutin démocrate du 14 juin 2016 à Washington DC. Il confirme l’avance d’Hillary Clinton sur Bernie Sanders. Tous deux se sont rencontrés le soir même afin de définir les termes du ralliement de Sanders à la candidate du parti. 

Mise à jour du 12 juin 2016 : Après les primaires du 7 juin 2016, Clinton a obtenu le nombre de délégués nécessaires pour l’investiture du Parti démocrate. Il reste la primaire démocrate du 14 juin à Washington DC.

Mise à jour du 26 mai 2016 : Après la primaire républicaine du 24 mai 2016 dans l’Etat de Washington, Trump a obtenu le nombre de délégués nécessaires pour la nomination de son parti.

Mise à jour du mercredi 18 mai 2016 : Le candidat libertarien Gary Johnson, ex-gouverneur du Nouveau-Mexique, a annoncé sa candidature directe à la Présidence américaine, apportant ainsi une alternative possible à ceux qui ne veulent ni de « l’apparatchik corrompue » Clinton, ni du « populiste malfaisant » Trump.

Mise à jour du mercredi 4 mai 2016 : Fin avril, les candidats républicains Ted Cruz et John Kasich ont formé une alliance visant à barrer la route au candidat qui fait aujourd’hui la course en tête au sein du camp républicain, Donal Trump. Mais cette opération, lancée à la va-vite, a complètement échoué. Ted Cruz a perdu l’Indiana. Il se retire de la primaire, laissant le champ libre à Trump et un Parti républicain déconfit. Chez les Démocrates, Clinton a également perdu l’Indiana, mais reste en tête devant Sanders qui s’accroche.


Les primaires américaines, comment ça marche ?Comprendre le processus électoral américain en 3 minutesTout comprendre aux primaires américaines en une vidéo – tels sont quelques uns des titres que nous propose notre presse nationale en ligne à propos du long chemin qui mène à l’élection présidentielle américaine. Ça n’a pas l’air simple. Même si le principe de « primaire » a déjà été utilisé chez nous, par le Parti socialiste en 2011 par exemple, pour départager les candidats d’un parti en vue d’une investiture électorale, il est loin d’être inscrit dans nos habitudes politiques et ne peut prétendre à la subtilité complexe, ou à la complexité subtile (ça marche aussi !) de ce qui existe aux Etats-Unis depuis plus d’un siècle et a pris rang de véritable institution. Pour le suivi des résultats des primaires américaines, cliquer sur le tableau ci-dessus.

Alors que débute aujourd’hui 1er février 2016 tout le long processus de primaires, caucus et conventions nationales qui va permettre aux deux grands partis politiques des Etats-unis, les Démocrates et les Républicains, de sélectionner leur candidat afin que les citoyens américains puissent élire le 8 novembre prochain (Election Day) le 45ème Président des Etats-Unis qui entrera officiellement en fonction le 20 janvier 2017 (Inauguration Day), je vous propose de faire un point sur les candidats en lice et les méthodes d’investiture. Je consacrerai un article à l’élection présidentielle américaine en tant que telle aux alentours de septembre, une fois que les candidats officiels pour la course finale seront connus. Après tout, les Etats-Unis ont le rang de première puissance économique mondiale depuis pas mal de temps, leur politique étrangère influence énormément les équilibres mondiaux et ils forment aussi une puissance militaire dont nous dépendons souvent. Il est donc normal de s’y intéresser de près.

Barack Obama, actuel titulaire du poste, et membre du parti Démocrate, a été élu une première fois en 2008, puis réélu en 2012. En vertu du 22ème amendement introduit en 1951, la Constitution des Etats-Unis ne lui permet pas de prétendre à un mandat supplémentaire. Les Présidents américains ont toujours obtenu facilement l’investiture de leur parti pour un second mandat, ce qui réduit beaucoup l’intérêt des primaires dans leur camp quand ils se représentent. Par contre, lorsque le Président sortant est absent de la course, comme c’est le cas cette année, les deux grands partis doivent départager leurs candidats et le suspense est à son comble.

A propos de suspense, précisons cependant que si l’élection présidentielle américaine produit souvent des moments télévisuels épiques ou des batailles homériques sur twitter, comme on l’a constaté encore récemment lors d’un débat organisé par la chaîne Fox News auquel un candidat Républicain, « le » candidat Républicain en tête dans les sondages pour son parti, Donald Trump, n’a pas voulu participer, les Américains en général manifestent un intérêt plutôt réservé à l’égard de tout le processus si l’on en juge par la participation lors de l’élection finale. En 2012, elle fut de 57,5 %, à comparer aux 80,4 % réalisés la même année en France au second tour de la présidentielle.

Tout vote est précédé d’une campagne électorale. Aussi, depuis l’été 2015, une série de débats publics retransmis par diverses chaînes de télévision ont eu lieu et vont se poursuivre au sein de chaque parti afin que les différents prétendants puissent se faire connaître. Le parti républicain a ouvert le bal dès le 6 août 2015 sur Fox News. Les candidats, au nombre jamais vu de dix-sept, étaient si nombreux que la chaîne a dû organiser deux débats, reléguant les candidats les moins bien placés dans les sondages dans un second débat de moindre intérêt. Au fil du temps, des petits candidats ont abandonné la course, mais ils sont néanmoins encore onze à prétendre à l’investiture de leur parti.

Chez les Démocrates, les six débats prévus se déroulent depuis octobre 2015 au rythme de un par mois jusqu’en mars 2016. Les concurrents d’Hillary Clinton, cinq au départ, deux aujourd’hui, se considèrent mal servis par ce calendrier qui, selon eux, ne leur permet pas de gagner en couverture médiatique par rapport à la favorite des sondages Hillary Clinton, ex-Secrétaire d’Etat américain (équivalent de ministre des Affaires étrangères) qui fut aussi First Lady pendant les deux mandats de Bill Clinton.

Les prétendants démocrates sont donc au nombre de trois. En tête depuis le début, on trouve Hillary Clinton, 67 ans, candidate malheureuse face à Barack Obama en 2008. Elle se présente comme celle qui a l’expérience du pouvoir, l’expérience du gouvernement et l’expérience des relations internationales. Elles se positionne dans la lignée directe de la politique d’Obama qui lui a apporté son soutien. Dans son programme, elle souhaite augmenter le salaire minimum et « nettoyer » Wall Street. En cas de réussite, elle serait la première femme à accéder au poste de Président des Etats-unis. Malgré une controverse sur l’utilisation de sa messagerie privée pour envoyer des emails dans le cadre de ses fonctions gouvernementales et une autre à propos de l‘attentat de Benghazi de 2012 qui a coûté la vie à quatre fonctionnaires américains dont l’ambassadeur, les derniers sondages concernant les primaires la créditent de 52,1 % d’intentions de vote.

Bernie SandersAvec 37,3 %, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, 73 ans, est loin derrière elle, mais resserre un peu l’écart. Il se considère comme socialiste. Ses positions sont celles de l’aile gauche du parti Démocrate qu’il a rejoint très récemment. Son combat principal concerne la lutte contre les grands groupes de la finance et des médias, mais il s’est aussi prononcé pour un moratoire sur le nucléaire et la lutte contre le réchauffement climatique anthropique.

Sondages démocratesLe troisième candidat démocrate, Martin O’Malley, 52 ans, ne recueille que 2,1 % des intentions de vote. Les résultats des sondages sur la primaire démocrate sont rassemblés dans le graphique ci-contre (cliquer pour agrandir).

Sondages républicainsCompte-tenu de l’abondance des candidats républicains, je vais me limiter aux principaux, en fonction des derniers sondages connus (voir ci-contre). Donald Trump, milliardaire qui a fait sa fortune dans l’immobilier, ne cesse de gagner du terrain et arrive aujourd’hui à 35,3 % des intentions de vote. Il est suivi de loin par Ted Cruz, 46 ans, avocat et sénateur du Texas (19,7 %) puis par Marco Rubio, 44 ans, juriste et sénateur de Floride (10,7%). Les autres candidats recueillent tous moins de 10 %, voire moins de 5 %. C’est notamment le cas de Ben Carson, neuro-chirurgien célèbre, qui arrive en quatrième position.  Il était au coude à coude avec Donald Trump en novembre à 25 %, mais des incohérences sur son CV ont définitivement noyé sa candidature.

Donald TrumpDonald Trump, 69 ans, fait campagne sur le thème « Make America great again » (redonner à l’Amérique sa grandeur). Il se caractérise par sa « grande gueule » et ses coups d’éclat, son boycott du dernier débat républicain parce qu’une journaliste ne lui plaisait pas n’étant qu’un exemple parmi d’autres. Il est peu apprécié de ses concurrents et ne fait guère l’unanimité au sein de la direction de son parti. Sur le plan économique, il voudrait supprimer l’impôt sur les sociétés et alléger les réglementations, notamment environnementales, qui pèsent sur les entreprises. Il pense d’ailleurs que le réchauffement climatique est un « canular. » Il est farouchement anti-immigration, veut faire construire un mur à la frontière mexicaine et interdire l’immigration des musulmans. Bien qu’hostile au mariage homosexuel, il s’est opposé à un amendement pour le ré-interdire et il souhaite lutter contre les discriminations à l’égard des personnes homosexuelles. Concernant la lutte contre le trafic de drogue, il est en faveur d’une légalisation des stupéfiants. Enfin, il est partisan de la libre détention des armes à feu.

Son challenger immédiat est Ted Cruz. Ce dernier appartient à l’aile conservatrice du parti républicain. Il est opposé au mariage homosexuel et à l’avortement. Il s’est déclaré en opposition avec le pape François à propos de la peine de mort qu’il souhaite maintenir au Texas où il est sénateur. En économie, il prône un impôt à taux unique de 10 % pour les particuliers et un remplacement des divers impôts et taxes sur les sociétés par une TVA à 16 %. Il est contre le relèvement du salaire minimum. Comme beaucoup de Républicains, il ne compte pas mettre en oeuvre des politiques publiques contre le réchauffement climatique auquel il ne croit pas.

Marco Rubio présente des caractéristiques identiques à celles de ses concurrents, si ce n’est qu’il est plus favorable à l’immigration qu’eux. Le candidat libertarien, c’est-à-dire libéral en français, Rand Paul s’est montré particulièrement opposé aux programmes de surveillance de la NSA et prône la règle d’or en matière budgétaire.

Pour un résumé vidéo du débat démocrate du 17 janvier dernier, voir ici. Pour l’intégrale du débat républicain du 28 janvier qui s’est tenu sans le favori Donald Trump, voir .

Il reste à départager tout ce petit monde, et c’est précisément le rôle des primaires qui commencent aujourd’hui dans l’Etat de l’Iowa, capitale Des Moines. D’ici au mois de juin, chacun des deux partis va procéder à la même date (il y a des exceptions) dans chaque Etat au choix des délégués qui participeront à la grande convention au cours de laquelle son candidat sera finalement désigné. En particulier, le 1er mars aura lieu le « Super Tuesday », jour où se tiendront des primaires dans une douzaine d’Etats en même temps.

Le terme de primaire recouvre en fait deux processus différents, qui sont utilisés au choix par les Etats : la primaire ou le caucus. L’un et l’autre sont assez compliqués et procèdent d’un système de vote particulièrement indirect. Dans l’Iowa aujourd’hui, il s’agit de caucus, événements privés organisés et financés par les partis. Les militants d’un parti se rassemblent à une heure précise en plusieurs lieux définis à l’avance. Dans chaque lieu, ils forment des groupes de soutien pour chaque candidat. Les groupes qui rassemblent moins de 15 % des présents sont dissous et leurs membres sont alors courtisés par les groupes restants. Lorsque tous les groupes ont atteint plus de 15 % des présents, le processus est arrêté et chaque candidat reçoit un score au prorata des personnes présentes dans chaque groupe. Le principe du caucus est bien expliqué dans cette vidéo du Figaro.

Les primaires ressemblent beaucoup plus à une élection normale. Suivant les Etats, qui les organisent officiellement selon leur code électoral, elles peuvent être ouvertes ou fermées, mais toute personne qui vote à la primaire républicaine ne peut voter à la primaire démocrate et vice-versa. Le résultat du vote peut conduire à la détermination du nombre de délégués par candidat au prorata des voix reçues, ou bien attribuer l’ensemble des délégués d’un Etat au candidat qui arrive en tête selon la règle du « winner takes it all. » Il existe aussi des super-délégués non élus dont on ne sait pas forcément à l’avance pour qui ils voteront lors de la convention finale de juilletPour le détail du fonctionnement des primaires, voir cette vidéo du journal Le Monde.

Finalement, la convention des Républicains aura lieu du 18 au 21 juillet à Cleveland (Ohio) et celle des Démocrates du 25 au 28 juillet à Philadelphie (Pennsylvanie). A partir de là, les candidats pour l’élection présidentielle du 8 novembre seront officiellement en piste. Des candidats indépendants pourront se rajouter aux deux candidats des deux grands partis. Selon les sondages disponibles aujourd’hui, Hillary Clinton, favorite des Démocrates, l’emporterait contre Donald Trump, favori républicain, avec 44 % contre 41 %.


La suite ici (12 octobre 2016) : Présidentielle USA 2016 (II)


Logo white houseIllustration de couverture : Logo de la Maison Blanche, résidence officielle du Président des Etat-Unis. Image Wikimedia Commons.

Une réflexion sur “Présidentielle USA 2016 (I) : candidats, caucus, primaires

  1. Pourquoi est-ce que Donald Trump me fait systématiquement penser à un cochon avec de la paille sur la tête ? Il lui manque simplement le persil dans les narines et le tour est joué !

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