L’article que je vous propose aujourd’hui ne sera guère différent de celui que j’écrivais il y a exactement trois ans, au tout début de la guerre russe en Ukraine. En substance, il s’agissait de dire que, si le monde occidental en général, l’Europe en particulier et la France encore plus spécialement ont un gigantesque examen de conscience à réaliser afin de revenir sur le chemin de liberté et de prospérité esquissé par leurs propres soins à la fin du XVIIIe siècle, la Russie de Poutine (idem pour la Chine de Xi Jinping) ne peut en aucun cas tenir lieu de modèle à suivre.
Aujourd’hui, il est question de mettre fin à cette guerre. Les différentes parties prenantes, à commencer par l’Ukraine et la Russie, ont manifesté leur désir d’ouvrir des négociations en ce sens et c’est une excellente nouvelle. La paix est en effet la chose la plus désirable au monde ; encore faut-il qu’elle soit juste.
Ainsi que l’expliquait en son temps Frédéric Passy (1822-1912), premier prix Nobel de la Paix (avec Henri Dunant), ardent contempteur de la guerre et, cerise sur le gâteau, économiste libéral distingué, il ne s’agit pas d’exclure la guerre au nom d’un « fatalisme mystérieux prêché par des lâches résignés à tout, pourvu que la sécurité du jour présent leur soit laissée ». À ses yeux, la recherche de la paix ne saurait se transformer en résignation et non-résistance devant le fait accompli de l’invasion et de la servitude. Pour prendre un exemple typique de cette attitude de renoncement face à l’oppression, pensons au slogan « plutôt rouge que mort » tellement en vogue à une époque.
C’est donc avec une grande tristesse et encore plus de dégoût que j’observe Donald Trump, tout récemment de retour à la Maison-Blanche, faire comme s’il enjoignait aux Ukrainiens, envahis par les troupes de Poutine en février 2022, occupés à 20 % et bombardés partout tous les jours, de bien vouloir être plutôt Russes que morts. Selon le président américain, l’Ukraine aurait déclenché la guerre et aurait pu l’arrêter depuis trois ans, la moitié de l’aide militaire en provenance des États-Unis aurait été « perdue » voire « dilapidée », le président ukrainien Zelensky serait un dictateur détesté de sa population n’ayant pas organisé d’élection depuis le début du conflit. Sans compter qu’en plus, dans sa profession initiale d’acteur, il jouirait d’un succès des plus limités !
Dieu sait que l’inversion accusatoire est une méthode très appréciée pour qui veut avoir toujours raison. La jeune fille violée l’a bien cherché, sa jupe était trop courte ; les dessinateurs de Charlie Hebdo l’ont bien cherché, leurs dessins étaient blasphématoires ; etc. Mais Trump, président de la première puissance mondiale et chef théorique du « monde libre », domine le jeu de la tête et des épaules. L’Ukraine l’a bien cherché : elle n’aurait jamais dû se constituer en nation souveraine en 1991 à la suite de la chute de l’URSS, j’imagine.
Ce crachat à la face du pays agressé, véritable condensé de fausses informations et d’« alternative facts » typiquement trumpiens, en forme de danse du ventre au bénéfice de Vladimir Poutine, a été largement « débunké » par différentes sources, y compris, timidement, en provenance du camp républicain (ici, ici).
[Ajout du 21 février 2025 à 15 h Et moins timidement : New York Post – National Review]
Face à cela, les défenseurs de Donald Trump prétendent nous expliquer deux choses. Pour les uns, il ne faudrait pas écouter ce qu’il dit, il parle beaucoup, avec un style bien à lui, il est préférable de laisser la poussière retomber et s’en tenir à ce qu’il fait concrètement. Que Trump excelle dans les déclarations compulsives à l’emporte-pièce, c’est une évidence. Mais alors, que devient la parole du chef de l’État américain s’il ne faut pas s’y référer ? Un non-événement permanent ? C’est gênant si l’on aspire à voir s’instaurer des relations internationales un petit minimum solides et non faussées, et pas seulement une série de rapports de force.
Et pour d’autres, éventuellement les mêmes, il faut bien comprendre que tout ceci est stratégique. STRA-TÉ-GI-QUE. Objectif : amener la Russie à se détourner de la Chine. Je crains hélas que Vladimir Poutine, en bon KGBiste qu’il fut, soit parfaitement capable de prendre ce qu’on lui donnera sans rien accorder en retour, sauf quelques miettes parfaitement symboliques que Trump s’empressera de faire passer pour une immense réussite. N’oublions pas, par exemple, que le rapprochement pompeusement mis en scène par Donald Trump entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, allié actuel très précieux de la Russie en Ukraine, n’a abouti à rien de palpable.
Quant à la Chine, un temps déclarée ennemi numéro un des États-Unis, on dirait qu’elle est en train de retrouver grâce aux yeux de Trump. Pas plus tard qu’hier, ce dernier n’avait pas de mots assez élogieux et lénifiants pour vanter les excellentes relations qu’il entretient avec Xi Jinping et le non moins excellent accord commercial qu’il avait conclu avec lui en 2020, prélude possible à un nouvel accord du même type. D’où, question : si un tel accord est en vue, pourquoi tout lâcher côté russe ? Mais j’oubliais, il ne faut surtout pas écouter ce qu’il dit…
En revanche, que les États-Unis, non-interventionnistes par tradition, souhaitent se désengager d’un conflit qu’ils considèrent comme local et clairement très éloigné de leur lieu géographique, on peut le comprendre. Que, plus généralement, ils jugent que l’Europe doit se prendre en charge elle-même toute seule comme une grande, on peut et surtout, on doit le comprendre et agir en conséquence au plus vite. Considérer, au moins provisoirement, que les États-Unis ne sont plus notre allié. (Provisoirement, car la Déclaration d’Indépendance existe et plus de 200 ans d’histoire libérale nous lient.)
Autrement dit, notre sécurité nous incombe, notre prospérité nous incombe, notre liberté nous incombe. Autant dire qu’il y a du travail sur la planche.
La question de l’effort de défense semble commencer à émerger. Mais justement, comment accroître nos capacités militaires alors que plusieurs pays, dont la France au premier chef, sont embourbés dans la spirale de la dépense publique et de la dette ?
La question de la prospérité (emploi, pouvoir d’achat) repose sur la capacité de nos entreprises à se développer et innover en toute liberté. Mais justement, comment encourager notre secteur marchand, comment encourager ses efforts de recherche, tout en l’assommant de réglementations aussi nombreuses et tatillonnes qu’inutiles et idéologiques, et de taxes et surtaxes exceptionnelles pour parer vite fait mal fait à la déconfiture des comptes publics, dont ceux de la France au premier chef ?
Bonne nouvelle, du moins je l’espère, car tous les renoncements sont toujours possibles, en France au premier chef, il semblerait que l’Union européenne commence à se rendre compte que son impératif purement volontariste d’aboutir à la neutralité carbone à courte échéance, assorti d’une réglementation écologique délirante, soit le meilleur moyen de tirer une balle dans le pied de sa prospérité économique.
Il reste aux pays européens, et à la France (qui vient d’exclure la chaîne C8 de la TNT) au premier chef, de comprendre que la discrimination positive est une discrimination, point, pas un facteur de justice sociale ou sociétale, et que la liberté d’expression est un élément constitutif essentiel d’un pays libre, prospère et respectueux des caractéristiques de l’État de droit.
Sans la liberté de parler, sans la liberté de blâmer, non seulement « il n’est point d’éloge flatteur », comme Beaumarchais le faisait dire à son héros Figaro (et à ce propos, toujours Beaumarchais, « il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits »), mais surtout, en raison de la menace rampante qui plane sur l’expression, s’instaure peu à peu un formatage des idées qui agit directement contre la recherche des faits, contre la créativité et contre l’innovation, dans le domaine économique comme dans celui de la justice, et dans les arts comme dans les sciences.
Bref, laissons Trump se rouler à loisir dans son indignité. Pensons plutôt à nous, et pour cela, retrouvons le goût de la liberté.

Je ne vous comprends pas. Vous dites défendre le libéralisme et la liberté. Et vous défendez un régime autoritaire (l’Ukraine) qui a servi de terrain de jeux à l’administration américaine depuis l’ère Obama, régime qui n’est pas une démocratie et qui bombardait depuis 2014 sa propre population russophone. Vous n’avez rien dit quand l’Union Européenne portait atteinte à la liberté (confinement, vaccination Covid, interdiction de RT par la Commission Européenne, censure (loi Schiappa ou interdiction de C8). Et vous nous redonnez la thèse du Trump agent de la Russie (la Justice américaine n’a jamais trouvé de preuves, pourtant le procureur chargé de l’enquête avait des moyens illimités. Et vous ne dites rien sur les restrictions de liberté grandissante en Europe. Vous êtes malade ou quoi ?
« Vous n’avez rien dit quand l’Union Européenne portait atteinte à la liberté (confinement, vaccination Covid, interdiction de RT par la Commission Européenne, censure (loi Schiappa ou interdiction de C8) »
—> FAUX
« Et vous nous redonnez la thèse du Trump agent de la Russie »
—> Ah bon ? Où ça ?
« Et vous ne dites rien sur les restrictions de liberté grandissante en Europe. »
—> FAUX
« Vous êtes malade ou quoi ? »
—> Typiquement la conclusion qui ne manque jamais d’arriver après un commentaire tel que le vôtre. J’ai fait du lèse-King Trump, c’est horrible, il faut m’enfermer !
https://leblogdenathaliemp.com/2021/07/14/pass-sanitaire-macron-parle-mais-cest-billy-wilder-qui-a-raison/
https://leblogdenathaliemp.com/2022/03/01/liberte-dexpression-precieuse-comme-jamais-on-est-le-camp-de-la-liberte-ou-pas/
Et plein d’autres articles.
Bonjour,
Ce qui m’étonne aujourd’hui, c’est le titre au regard du contenu de l’article. Plus précisément le mot « indignité » que l’article ne démontre pas vraiment. Sinon, tout ce qui est écrit, dans l’article ou en commentaire reste l’opinion de chacun et digne de respect, donc sans animosité.
L’Ukraine, un régime autoritaire, bien sûr et qui a la particularité d’avoir changé de président 5 fois depuis sa création en 1991.
Et qui se fait agresser par son voisin.
La Russie, c’est combien de présidents différents depuis 1991?
Et c’est bien ça qui gène la Russie: tant que c’était un état corrompu, c’était parfait pour les russes, mais depuis que les ukrainiens luttent contre cette corruption, ce n’est plus acceptable pour eux, ils risquaient de perdre beaucoup.
D’accord avec vous Bertrand, voici un petit contrepoint :
http://pgibertie.com/2025/02/21/le-dernier-gros-mensonge-nous-faire-croire-que-lukraine-est-une-democratie-zelensky-est-bel-et-bien-un-dictateur-tous-les-partis-dopposition-sont-interdits/
Cet éditorial du National Review est assez consternant. Il aligne quelques affirmations infondées autant que superficielles en ignorant évidemment tout ce qui va à leur encontre. C’est un phénomène classique de désinformation. Relisons certaines déclarations de George Friedman dirigeant et fondateur de Stratfor Global Intelligence, un think tank très écouté (et proche de la CIA). « La Russie définit l’Euro-Maïdan (février 2014) comme un coup d’état organisé par les USA. Et en réalité, ce fut le coup d’état le plus flagrant dans l’Histoire. […] la Russie a entrepris certaines initiatives que les USA considéraient comme inacceptables. D’abord en Syrie. Apparemment les Russes n’ont pas bien mesuré avec quelle hostilité les USA percevraient leur action là-bas. Ou bien ils n’ont pas compris que les USA pouvaient trouver aisément des contre-mesures. Das cette situation, les USA ont obsrvé la Russie et en ont conclu qu’ils pouvaient au moins prendre cette mesure de riposte : l’instabilité en Ukraine. Il valait mieux ne pas affronter les Russes directement au Moyen-Orient, il fallait orienter leur attention vers un problème nouveau dans une autre région ». Moi aussi Nathalie je vous mis avec plaisir…
Je trouve que dans ce billet, les arguments de Nathalie sont bien « conformes »…
Evidemment, il n’est pas question de prendre la Russie pour modèle, mais pas non plus pour repoussoir.
Dans un pays qui va bientôt faire fermer la chaîne de télévision la plus populaire du pays, nous ne sommes pas forcément les mieux placés…
Trump non plus n’est pas un « modèle » (personnellement, j’ai horreur de ce concept).
Mais il présente l’avantage de faire bouger les choses, c’est très bien comme ça.
Quand à l’Ukraine… actuellement, c’est actuellement l’un des pires pays du monde, en matière de corruption, trafics en tous genres.
Merci pour cet excellent article et votre analyse que je partage. Oui, c’est inouï de voir Trump retourner la veste de l’Amérique. En 1940 il aurait dit que ce sont les français qui ont déclenché la guerre contre l’Allemagne Hitlérienne ! Aujourd’hui, j’ai honte pour les américains, un pays et un peuple que j’adore pourtant.
Merci Nathalie, j’ai beaucoup apprécié votre article et les citations de Baumarchais, tellement à propos.
Trump a le mérite de terminer cette guerre. Les européens n’ont pas voulu le faire, préférant suivre aveuglèment le précédent régime US. L’alternance politique, qui là bas est une réalité, nous laisse en bien mauvaise posture. Après le peuple ukrainien, nos économies et nos industries sont les autres victimes de cette guerre qui aurait du être arrêtée bien plus tôt. Au lieu de demander des corridors humanitaires, des cessez le feu et des négociations, nos gouvernement ont surrenchéri et fourni toujours plus d’armes.
Pendant ce temps, la démocratie s’étiole au même rythme que l’économie. La fermeture d’une chaine TV d’opposition, la censure de tout ce qui n’entre pas dans le moule et, surtout, le poids toujours plus important du diktat étatique dans la vie des gens en sont des signes inquiétants. Les oppositions? Aucun espoir de ce côté là : le RN valide la politique socialiste du gouvernement tandis que les députés verts proposent une sécurité sociale alimentaire.
Nous aussi avons besoin d’une vraie alternance mais notre choix se résume à privilégier une bande de tocards liberticides par rapport à une autre. De ce point de vue, Trump, Milei et Musk c’est quand même mieux.
Tout à fait d’accord accord avec l’ ensemble des propos.
Il aurait dès le début et même avant le conflit agir pour éviter un conflit dans le lequel nous sommes embourbés, tous.
Il faut éviter la guerre mais nos dirigeants mondiaux sont-ils à la hauteur?.
Examen de conscience? Encore faudrait-il que nos européistes en aient une.
J’adore le coup de pied au derche de ce gouvernement US balance avec des méthodes de cow-boy.
Ce ne sont pas nos vieux rentiers, sinistres, parlementeurs, fonctionnaires accrochés à leurs fauteuils bien chauffés qui iront changer la dynamique de notre pays.
Déjà, si Trump etc… les perturbent en les effrayant, le spectacle est captivant.
Côté Ukraine, je n’ai toujours pas compris la raison politique ni économique de cet engagement. Hormis bien évidemment le blanchiment d’argent. Et notre appauvrissement.
Merci Nathalie
En mettant de côté la partie Ukraine qui dénote un manque certain de connaissance du terrain, la suite ne vole franchement pas bien haut non plus et tient plus de l’enfoncement de portes ouvertes.
Je vous ai lue bien plus inspirée.
Vous lisant, chère Nathalie, je ne peux que constater – pour le regretter – que vous ne semblez pas avoir eu connaissance du dossier intitulé : « UKRAINE-RUSSIE Du fantasme à la réalité, de l’illusion à la désillusion » publié par le Général (2S) Antoine MARTINEZ dès le 20 juillet 2022.
Ni d’avoir eu accès à son article du 24 novembre 2024 où il pose la question : « Troisième guerre mondiale ou baroud d’honneur avant la mort du cygne ?
C’est dommage !
Il manque à la pensée dominante un certain de discernement. Les Russes non jamais connu au fil de leur histoire que des régimes autoritaires sauf pendant la période Eltsine qui leur a laissé un souvenir plutôt décadent, mafias, oligarchies, etc… Poutine leur apparait comme la promesse d’une certaine stabilité certes imparfaite mais faute de mieux.
Poutine a mis 10 ans pour intervenir dans une guerre civile entre ukrainiens, les russophones séparatistes pleurant qu’on leur vienne en aide. Sous la pression de la Douma (qui le traitait de mou) et surtout à cause de la présence avérée de l’OTAN et CIA en Ukraine, il a fini par lancer l’OS.
Les Russes refusent catégoriquement que les pays limitrophes soient dans l’OTAN : Biélorussie, Ukraine, Géorgie. On peut les juger paranos mais la dernière fois, ils y ont laissé 20 millions de morts. Ils en veulent l’assurance et la condition est innégociable.
Difficile de repérer dans les postures compulsives de Trump une stratégie cohérente sinon que sa ligne de conduite générale est que toute négociation est bilatérale, un à un sinon on est sûr de se faire avoir dit-il. Voilà certainement ce qui bouscule la pensée dominante habituée aux structures internationales, ONU, TPI, CEDH, Giec et j’en passe, qui du coup, sont rendues inutiles.
Le discours de JD Vance tombe à pic au moment même où C8 se voit fermée, la liberté d’expression et la recherche des faits devant prévaloir. C’est une leçon pour l’Europe !
« La question de la prospérité (emploi, pouvoir d’achat) repose sur la capacité de nos entreprises à se développer et innover en toute liberté. » Je ne sait pas comment la période sera jugée dans cinquante ans pour un continent qui aura refusé de commercer avec le pays d’un territoire immense renfermant des ressources quasi illimitées, énergétiques, terres rares ou terres fertiles.
Une chose est sûre : L’Europe et la France ont tout faux !
En d’autres termes :
https://strategika510.com/2025/02/21/le-pragmatisme-us-contre-le-nouvel-homme-malade-du-monde/
Journal du Hoover institution.
Oui, alors moi aussi, j’ai d’excellentes lectures à proposer. Pas d’organes de presse de la « gauche radicale » comme Trump en voit partout, mais de médias traditionnellement à droite et/ou conservateurs qui ont par ailleurs soutenu sa candidature :
New York Post : https://nypost.com/2025/02/20/opinion/putin-is-the-dictator-and-10-ukraine-russia-war-truths-we-ignore-at-our-peril/
National Review : https://www.nationalreview.com/2025/02/ukraine-is-not-the-problem/
Le ramassis d’âneries qui viennent du NYP…
Les points 1 à 4 sont faux. Absolument faux.
Il suffit d’avoir vécu dans le Donbass depuis 1970 pour le savoir.
Quant au reste, il suffit, soit de connaitre l’Ukraine d’aujourd’hui (interdiction des parties d’opposition, interdiction des médias d’opposition, accords de Minsk bafoués), soit d’avoir ouvert un bouquin d’histoire pour voir que le NYP oublie sciemment que la politique qu’il reproche à la Russie a été menée par les US dans bien des pays.
Et voilà ce qu’écrit le Général (2S) Martinez dans son article du 27 novembre sus-mentionné :
« …Tout d’abord, si la Russie a bien agressé l’Ukraine le 24 février 2022, personne ne peut nier que tout a été fait pour que cela se produise. N’oublions pas l’extension de l’OTAN au plus près de la Russie, la révolution de Maïdan préparée dès 2004-2005 avec la première révolution de couleur et déclenchée en 2014 par les États-Unis, la guerre civile engagée parles nouveaux dirigeants ukrainiens avec le bombardement des populations du Donbass (14000 morts), les accords de Minsk (la France et l’Allemagne garantes par leur signature ont failli à leur devoir), enfin les bombardements intensifs sur ce Donbass martyrisé pendant plusieurs jours, à partir du 16 février 2022 et qui devaient précéder une vaste opération de nettoyage « ethnique », stoppés par l’intervention de la Russie… »
Mais que vaut la parole d’un « patriote » face à celle d’un journaliste aux ordres ?
Ce que vous appelez un « journaliste aux ordres » est manifestement un journaliste qui exprime des opinions différentes des vôtres. Franchement, aux ordres de qui sont les journalistes de The National Review et du NY Post, à votre avis ? Certainement pas à ceux des Dems américains, ça c’est sûr. Peut-être sont-ils aux ordres d’une certaine véracité des faits quand ils voient leur champion, King Trump, disjoncter complètement.
Quant au « patriote » Martinez, poutiniste patenté, il n’est pas moins « aux ordres » en relayant complaisamment les éléments de langage du Kremlin : OTAN, Accords de Minsk, qui sont jetés dans la bataille sans explication ni lien cohérent avec le déroulé des faits.
Donc voilà ce qu’écrit The national Review sur le déroulé des faits en Ukraine (traduction par DeepL) :
« Les influenceurs et conseillers anti-Ukraine qui murmurent à l’oreille de Trump « prétendent que l’Ukraine s’est mise à dos la Russie en cherchant à rejoindre l’Alliance atlantique. En réalité, les efforts de la Russie pour déstabiliser l’Ukraine ont commencé avec la « révolution orange » de janvier 2005, au cours de laquelle le pro-occidental Viktor Iouchtchenko (qui avait été « mystérieusement » empoisonné à la dioxine pendant la campagne) a conquis la présidence.
En 2010, Iouchtchenko a été remplacé par le « non-aligné » (lire : pro-Poutine) Viktor Ianoukovitch. Mais les efforts de Ianoukovitch pour apaiser le Kremlin se sont rapidement heurtés au parlement ukrainien. Fin 2013, il a unilatéralement abrogé un accord adopté par la Rada ukrainienne qui aurait établi des relations de libre-échange et de voyage avec l’Union européenne. La manœuvre de M. Ianoukovitch a déclenché des manifestations qui ont culminé avec la révolution de Maïdan, au cours de laquelle plus de 100 civils ont été tués par les forces de sécurité avant que M. Ianoukovitch ne s’exile en Russie.
C’est l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne, et non dans l’OTAN, qui a enflammé Moscou, et c’est l’éviction de leur marionnette à Kiev qui a provoqué la première invasion de la Crimée et du Donbas au début de 2014. »
Etc. Etc.
Nathalie, j’aime beaucoup vos articles que je lis avec attention, ainsi que ceux de Contrepoints ou de l’IREF.
Je lis aussi les patriotes qui ont un discours plus catégorique, mais il semble qu’ils ont des informations qu’il vous manquent sur l’épisode 2014-2022 au Donbass.
Merci de votre attention.
https://ripostelaique.com/trump-fait-du-rl-et-demasque-le-churchill-ukrainien-corrompu.html
Ouh là Nathalie, nous retrouvons en tout cas les meilleures heures de votre blog qui semblait assoupi.
Bravo !
Fidèle lecteur de vos billets, et très majoritairement en phase avec la sensibilité qui les sous- tend, je me permets d’exprimer mon étonnement à propos de celui-ci, ou plus précisément au regard du titre quelque peu racoleur et du manichéisme avec lequel vous établissez les portraits comparés de Trump et Zelinsky. Si le premier est en effet sans aucun doute critiquable sur la forme et l’outrance hégémonique de ses déclarations, on ne peut tout de même pas laisser penser que le président de l’Ukraine est un parangon de probité et de respectabilité, digne d’égards et de respectabilité.
Je m’étonne également qu’à aucun moment vous ne fassiez référence aux accords de Minsk II et de l’imputabilité controversée de leur échec.
Par ailleurs, comment ne pas rejoindre Trump lorsqu’il dit que l’escalade du conflit aurait pu être évitée. « Les aveuglés » de Sylvie Kauffmann lève le voile sur nos défaillances (naïveté, complaisance, négligence ou vénalité?).
La réserve que j’exprime sur la première partie de votre post, s’efface au profit d’une adhésion à l’analyse de l’après cessation des hostilités.
L’isolationnisme des Etats Unis, leur hypothétique sortie de l’OTAN, sont des éléments qui doivent nous préoccuper, voire nous inquiéter. Mais que faire? A coup sur, comme vous le dites : » agir en conséquence au plus vite »
Mais c’est là que les bâts blessent.
D’abord celui de l’action. Comment en définir la finalité, les objectifs, les moyens, et les modes opératoires? Qui va en décider? G. Clémenceau disait que pour ce faire il fallait être un nombre impair, mais que trois c’était déjà trop. Que dire alors de 27?
Ensuite celui de l’urgence. Un retard technologique important à rattraper; une doctrine d’emploi des forces à réexaminer, voire à refonder, pour des combats de haute intensité, et surtout à coordonner avec les partenaires; des ressources humaines à recruter, suffisantes, fidélisées, formées et entrainées.
Cela requerra beaucoup de temps et d’argent, et sera conditionné par le degré d’acceptabilité sociale dont la malléabilité fluctue au gré des échéances électorales.
Pour l’heure, sauf à vouloir la poursuite « sine die » des affrontements, nous n’avons d’autre alternative que de nous résoudre à constater le leadership américain. Arrogant, suffisant, délirant même pour certains, mais « what else ».
Croisons les doigts pour que la spirale mortifère actuelle cesse et qu’un modus vivendi plus solide, pragmatique et acceptable que Minsk soit conclu.
Bien à vous
Les patriotes, les patriotes… je suis perdu. c’est bien ceux qui vont cirer les pompes d’un type qui promet de mettre leur pays à genoux. Et les traîtres ce sont qui alors ?
Pas de problème, un patriote qui a sans doute lu votre : « je suis perdu… » vous explique tout aujourd’hui même, ici :
https://tvl.fr/le-samedi-politique-avec-nicolas-dupont-aignan-ukraine-face-a-trump-et-poutine-macron-en-deroute
Bonjour
Si je vous suis quant à l’outrance (euphémisme) de Trump, autant j’ai plus de mal avec la critique des « négociations ».
A la guerre, seul le rapport de forces compte.
Or, l’Ulraine, en dépit du courage de ses troupes ne pourra jamais défaire la Russie, ni récupérer le Donbass et encore moins la Crimée.
On peut s’en lamenter, se rouler par terre, mais c’est ainsi. A moins que nous ne voulions une guerre ouverte avec la Russie
Sans les États-unis, bonne chance. Biden, comme Trump, n’en voulait pas.
Par conséquent, il faut bien négocier. Avec Poutine. C’est comme ça. La France a bien négocié avec le FLN et le Viet Minh.
Ce qui est sidérant, c’est que sur ce sujet, l’Ukraine, le débat en Europe a ete inexistant, à la différence des États-unis. L’exact contraire de l’Irak en 2003.
D’où la marginalisation des européens (même si ce n’est pas la seule cause).
Aujourd’hui ils pleurent et se lamentent.
Ils redécouvrent la réalité.
C’est dur.
Mais indispensable.
Ça s’appelle grandir.
C’est toujours un.plaisir de vous lire.
J
Chère Nathalie, ce que disent Bertrand, Philippe Durand et d’autres sur l’Ukraine est exact. L’Ukraine, inspirée et poussée par l’administration démocrate et le Royaume-Uni, avec la complicité de l’Allemagne, de la France et de la Pologne, tous les trois dans les « valises » de tonton Obama puis de Biden, (ex-vice président d’Obama chargé du dossier ukrainien), a voulu et préparé cette guerre contre la Russie, ce qu’elle n’aurait jamais fait toute seule. Kyiv ne s’en est même pas caché. La guerre a commencé en 2014, comme guerre civile, et s’est amplifiée jusqu’en 2022 où la Russie a fini par intervenir militairement pour protéger la population du Donbass. Quoiqu’on pense de Donald Trump, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ce n’est pas la question. Si nous (les Européens) avions été des vrais amis du peuple ukrainiens, nous aurions découragé les bellicistes de Kyiv au lieu de les aider à préparer un conflit qu’ils ne pouvaient pas gagner, et lui aurions ainsi épargné tant de souffrances. L’Union Européenne, elle, y aurait gagné en crédibilité, en indépendance vis à vis des U.S.A., et elle aurait eu une existence diplomatique, au lieu de s’enfoncer dans le déni, et d’être dévalorisée par le reste du monde. Ce que j’écris ici n’est pas une opinion, mais basé sur des faits
Jeeves et toi-même, vous êtes à peu près sur la même ligne que moi-même, éventuellement à quelques nuances près.
Ce que j’ai particulièrement apprécié ces derniers jours, c’est le vote d’Israel et celui de l’Argentine, à l’ONU, aligné sur les États Unis et la Russie et non sur une Union européenne et un Canada de plus en plus gangrenés par l’islamisme et le wokisme.
Voir Israël et son pire ennemi autoproclamé, l’Iran khomeiniste, voter comme les États Unis et la Russie, c’est bien le signe que le « Camp du Bien » autoproclamé est totalement à côté de ses pompes !