PMA : le débat est ouvert

Depuis François Mitterrand, il est entendu que tout mandat présidentiel réussi se doit d’avoir sa grande arche culturelle et/ou sociétale. Sur ce dernier point, lui-même a aboli la peine de mort, son prédécesseur avait déjà légalisé l’avortement et François Hollande a ouvert le mariage aux couples homosexuels. Il semblerait bien que l’extension de la PMA (procréation médicalement assistée) aux femmes célibataires ou lesbiennes sera la grande arche sociétale du Président Macron.

Conformément aux promesses du candidat Macron, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé mardi 12 septembre 2017 que le gouvernement(*) soumettrait dès 2018 au Parlement le projet d’ouvrir la PMA à toutes les femmes, et ce dans le cadre de la révision de la loi bio-éthique :

Emmanuel Macron s’était engagé à attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) avant de se lancer « afin d’assurer dans la société un vrai débat, pacifié et argumenté ». On se rappelle que le Mariage pour tous (2013) avait fracturé la France dans les grandes largeurs pendant plusieurs mois. Il serait certes désolant de voir le pays se diviser à nouveau sur un sujet qui ne concerne finalement que très peu de monde alors qu’il y a par ailleurs urgence économique.

Or le CCNE(**) a justement rendu un avis positif sur l’extension sociétale de la PMA en juin dernier. Un sondage réalisé par l’IFOP à ce moment-là montre que les Français évoluent sur le sujet : ils y sont maintenant favorables à 60 % pour un couple de femmes contre 47 % en 2013. Ils sont toutefois plus réservés (49% d’approbation) lorsqu’il s’agit d’une femme célibataire. Dans l’ensemble, plus on est jeune, plus on vote à gauche (sauf vote FN, plus favorable), plus on est éloigné de la religion et plus on a des homosexuels parmi ses proches, plus on soutient le projet.

De quoi parle-t-on exactement ?

Actuellement, la PMA est réservée aux couples hétérosexuels « en âge de procréer » qui ont des problèmes d’infertilité pathologique médicalement constatés ou qui risquent de transmettre une maladie grave à leur enfant. Les techniques varient selon la nature du problème : insémination artificielle du sperme du conjoint ou d’un tiers-donneur, fécondation in vitro (FIV) d’ovules et de spermatozoïdes des conjoints ou de tiers-donneurs afin d’obtenir des embryons qui seront réintroduits ensuite dans l’utérus de la femme. Notons que l’assurance maladie prend la PMA en charge à 100 % si la femme a moins de 43 ans.

D’après les statistiques disponibles, il y a eu 145 000 « tentatives » de PMA en France en 2015. Dans 97 % des cas, les ovules et spermatozoïdes utilisés étaient ceux des parents. Sur un total de 800 000 naissances en 2015, 25 000 enfants (soit 3 %) sont nés par PMA.

L’extension projetée par le gouvernement consiste à réaliser « l’égalité » entre toutes les femmes en autorisant le recours à la PMA pour procréer sans partenaire masculin, en dehors de toute infertilité d’origine pathologique. La technique sera d’évidence celle de l’insémination artificielle avec tiers-donneur de sperme. Dans le cas d’un couple de femmes, une FIV sera nécessaire si l’une d’elles donne les ovocytes et l’autre choisit de porter l’enfant.

Pour reprendre la terminologie du rapport du CCNE, on assiste donc à l’apparition d’une nouveauté anthropologique par le choix de couples de femmes ou de femmes seules d’accéder à la procréation en dehors de l’acte sexuel fécondant et sans homme institué juridiquement comme père, et à trois disjonctions par rapport aux naissances « classiques » :
1. Disjonction entre sexualité et procréation : c’est le cas de toutes les PMA.
2. Disjonction entre procréation et filiation : c’est le cas de 3 % des PMA actuelles (qui sont réalisées avec donneur) et ce sera le cas de toutes les PMA envisagées pour les couples de femmes et les célibataires.
3. Disjonction entre maternité génétique et maternité gestationnelle : cas des PMA pour les couples de femmes dont l’une donne les ovocytes et l’autre porte le bébé.

Problèmes techniques induits par la demande d’extension de la PMA

• L’insémination artificielle avec donneur fonctionne grâce à des dons de sperme. Or aujourd’hui, ces dons suffisent à peine à satisfaire les demandes des couples hétérosexuels souffrant d’infertilité pathologique et les délais d’attente ne sont pas rares. L’ouverture de la PMA à toutes les femmes pose donc un problème de ressource et entraîne forcément des questions sur la hiérarchisation des demandes et sur la gratuité du sperme.

• Dans la loi française, les donneurs bénéficient de l’anonymat. Or la convention européenne des droits de l’homme estime que l’intérêt supérieur de l’enfant inclut le droit de connaître ses origines. On peut donc s’attendre à ce que l’anonymat des donneurs soit un jour remis en cause au niveau européen, avec des conséquences possible sur le niveau des dons (qui sont tout juste suffisants).

• Les auteurs du rapport du CCNE, notamment ceux qui ont signé un avis divergent en fin du document, soulignent aussi que la profession médicale, de plus en plus sous pression pour répondre aux détresses thérapeutiques, est également de plus en plus sollicitée pour mettre ses compétences et ses équipements au service de demandes qui dépassent largement ses missions traditionnelles.

Quelques réflexions en passant 

Comme pas mal de monde, j’imagine, je ne suis pas hostile d’entrée de jeu à ce projet d’extension, mais je ne suis pas non plus totalement à l’aise. J’aimerais partager ici quelques observations et réflexions en vrac pour lancer un débat – pacifié et argumenté, comme dirait Macron ; courtois, en tout cas.

• En 1980, on riait beaucoup de la petite scène des Monthy Python (dans La vie de Brian) où l’un des personnages, un homme, disait : « I want to have a baby » et auquel un autre répondait : « you can’t have a baby, but you can have the right to have a baby ! »

Ce qui était de l’humour anglais, jeu permanent entre le réel et l’absurde, est devenu petit à petit la matière concrète d’une évolution législative importante dans nos sociétés.

• Remplaçons « je veux avoir un enfant » par « j’ai un désir irrépressible d’avoir des Picasso partout dans ma maison. Je ne peux pas, mais par souci d’égalité et d’humanité, la société doit répondre à ma souffrance ».

La comparaison paraitra choquante car on peut certainement dire que le désir d’enfant est anthropologique, mais remarquons toutefois que notre société fortement redistributrice s’inscrit nettement dans cette tendance à obtenir une égalité formelle entre des individus dotés de capacités différentes.

• Les sujets sociétaux, notamment ceux qui concernent l’homosexualité ou certains aspects du féminisme, sont souvent amenés sur la table des discussions par des associations tellement militantes qu’elles en viennent à exprimer des exigences outrancières sur le mode « je veux tout, tout de suite et gratuitement » qui ressemblent à s’y méprendre à des caprices d’enfants gâtés et donnent furieusement envie de leur claquer la porte au nez.

Elles rendent un très mauvais service aux personnes qu’elles prétendent défendre et contribuent plus à les ridiculiser qu’à les aider, alors que le désir d’enfant, d’où qu’il vienne, est un sentiment plausible et honorable qui, à défaut de pouvoir être forcément toujours satisfait, mérite d’être écouté avec bienveillance.

• La demande d’extension de la PMA à toutes les femmes est-elle un simple caprice, une nouvelle expression du politiquement correct qui voit partout des minorités opprimées et des droits nouveaux à satisfaire ? Où est-ce une revendication légitime dans une société de liberté et d’égalité des droits ?

Ma réponse libérale consisterait à dire que même si à titre personnel (et en dehors des cas thérapeutiques) j’ai du mal à concevoir la procréation sous cette forme, je n’ai aucun raison de l’interdire à quiconque à partir du moment où cela ne porte atteinte à personne.

Dans ce cadre, une pratique autorisée n’est nullement une pratique obligatoire. A chacun de définir en toute responsabilité le sens qu’il donne à la vie, à l’amour et à sa postérité. Notons que l’adoption de la loi Taubira, à part le « rattrapage » du début, n’a pas donné lieu à une explosion de mariages gay (7 000 par an, en baisse depuis 2014).

Dans le cas de la PMA sociétale, la question cruciale qui se pose alors concerne l’enfant qui naît de ce projet sans père. L’intérêt supérieur de l’enfant (bien-être, transparence des origines) est-il préservé ou bafoué ?

• Le rapport du CCNE indique que toutes les études pour évaluer le bien-être des enfants dans des familles homoparentales émettent une conclusion positive sur le devenir des enfants. Mais il ajoute aussi, sans retenir l’objection dans l’avis favorable final :

« Les biais méthodologiques, les disparités des critères retenus et le recul encore insuffisant ne permettent pas de l’affirmer avec certitude. »

De plus, il n’existe pas d’études sur les enfants élevés volontairement par des femmes seules.

• Dans la tentative de répondre à la question de l’intérêt supérieur de l’enfant, je réalise que je suis beaucoup plus réticente à l’égard de la PMA envisagée par des femmes célibataires que par un couple de femmes.

La femme célibataire ne peut pas arguer que ses orientations sexuelles lui interdisent tous rapports intimes avec un homme, elle peut seulement dire qu’elle n’a pas ou ne veut pas d’homme dans sa vie. Elle compte réaliser son projet d’enfant non seulement sans père, ce qui est aussi le cas des couples de femmes, mais également sans le double lignage qui résulte d’un projet de couple.

• On objectera que les enfants élevés dans des familles monoparentales sont légions, soit par divorce, veuvage, recompositions diverses etc. Mais il s’agit là d’accidents de la vie qui n’étaient pas planifiés ab initio et qui ne privent pas totalement l’enfant d’un père et d’un double lignage, dans la mesure où le souvenir du père demeure et sa famille aussi.

De plus, les difficultés des femmes seules avec enfants ont souvent été soulignées. Il semble alors plutôt contradictoire de vouloir encourager une forme de cellule familiale considérée par ailleurs comme fragile.

J’en viens à me demander si l’adjonction des femmes célibataires dans l’extension de la PMA n’a pas un objectif politique : englober les lesbiennes dans un ensemble qui permettrait de parler de « PMA pour toutes » et réaliser une égalité formelle entre toutes les femmes plutôt que d’en faire une affaire d’homosexuelles.

• Je vois la « parentalité » comme la suite logique de l’amour que se portent deux personnes. C’est un projet de couple qui, pour être banal et fort répandu, est loin d’être toujours simple. Tous les parents savent que les enfants sont une immense joie et aussi parfois beaucoup de soucis.

Il serait très immature de se lancer dans un projet d’enfant sans y avoir un petit peu réfléchi et sans réaliser que lorsque l’enfant paraît, la vie ne sera plus jamais comme avant. Les parents se trouvent face à un engagement qu’ils ne pourront jamais renier.

• Si l’on ne veut pas d’un homme dans sa vie, pourquoi ne pas adopter ? En fait, dans la loi française, les femmes seules peuvent adopter, de même que les couples homosexuels depuis la loi sur le Mariage pour tous. Mais est-ce une si bonne idée ?

L’adoption a l’avantage de donner un foyer à un enfant existant – si ce n’est qu’il s’est déjà vu des encouragements à la procréation pour fournir de jolis bébés à des familles occidentales adoptantes. Mais elle consiste aussi à intégrer dans une famille un enfant qui a une histoire particulière douloureuse marquée par l’abandon.

La question ici n’est pas de dire qu’un couple de femmes (ou d’hommes) ou une femme seule ne saura pas éduquer et entourer d’affection un enfant, mais il est préférable de savoir que dans ce cas précis, on ajoute de la complexité  à une situation déjà complexe.

• Dans la mesure où il est fait appel à un donneur, qu’est-ce qui empêchera à terme de sélectionner le donneur sur ses qualités génétiques, c’est-à-dire qu’est-ce qui empêchera de procéder à une certaine forme d’eugénisme ?

Il est vrai que la formation d’un nouveau couple relève aussi d’un processus implicite de sélection. On essaie en général de ne pas choisir le plus idiot du canton pour se marier et avoir des enfants, mais c’est une appréciation très subjective qui n’a rien de systématique.

• La PMA est une procédure longue et complexe qui a un coût. Autant on peut concevoir qu’elle soit remboursée par la sécurité sociale pour les couples qui l’utilisent dans sa version thérapeutique, autant il est exclu d’imaginer accorder le remboursement à des personnes qui y ont recours pour des raisons de pure convenance personnelle. C’est encore plus vrai dans la situation tendue de nos comptes publics.

On se demande cependant quelles sont les intentions du gouvernement en ce domaine. Marlène Schiappa a précisé à Jean-Jacques Bourdin qu’elle en faisait une affaire de justice sociale. D’après elle, seules les femmes riches peuvent se permettre d’aller à l’étranger pour bénéficier d’une PMA. On en déduit facilement que dans son esprit la légalisation française entraîne de facto la prise en charge par la sécurité sociale.

• La PMA étendue à toutes les femmes existe dans des pays européens voisins, la Belgique et l’Espagne par exemple. Dans ces conditions, il semble illusoire de pouvoir maintenir encore longtemps l’interdiction en France.

De plus, Le gouvernement dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée et le Modem ne lui fera pas faux bond sur ce sujet. Même si plusieurs ministres, à commencer par le Premier, étaient vent debout contre la PMA élargie quand ils s’opposaient au Parti socialiste au pouvoir, il y a fort à parier qu’on ne les entendra pas beaucoup ou qu’ils se livreront à des contorsions amusantes pour expliquer qu’ils n’ont pas changé d’avis.

• Il existe enfin la question de la pente glissante : quand le Mariage pour tous a été voté, il a vite été clair que le mariage en lui-même n’intéressait pas vraiment les associations LGBT, si ce n’est pour ouvrir le droit des couples homosexuels à l’adoption.

La PMA et la GPA (gestation pour autrui) étaient en embuscade. Une fois que la PMA aura été adoptée, c’est-à-dire une fois que les femmes auront le droit à toutes les procréations possibles pour avoir un enfant sans père juridiquement institué, imagine-t-on pouvoir interdire encore longtemps aux hommes de recourir à la GPA pour avoir un enfant sans mère juridiquement instituée ?

Pour l’instant, on nous explique que la GPA représente un marchandage sur le corps des femmes. Mais que vaudra cette réticence face à l’inégalité que la PMA va de fait introduire entre les hommes et les femmes ?

LE  DEBAT  EST  OUVERT !


(*) Aux dernières nouvelles, il se murmure cependant que Marlène Schiappa ne serait pas en 1ère ligne sur ce dossier et que le gouvernement souhaiterait prendre son temps pour éviter « le psychodrame du Mariage pour tous ».

(**) Notons que dans le même document, le CCNE a rendu des avis négatifs sur les deux autres points examinés : l’auto-conservation ovocytaire chez les femmes jeunes et la gestation pour autrui (GPA).


Illustration de couverture : Le gouvernement va proposer d’ouvrir la PMA aux femmes célibataires et aux couples de lesbiennes. Photo : © 123 RF.

36 réflexions sur “PMA : le débat est ouvert

  1. Comme souvent, vous formalisez avec clarté (et une certaine élégance, également) différents points qui trottaient dans ma tête de manière diffuse; je vous en remercie ! Je crains cependant que le débat public qui nous attend sur cette question soit plus confus -et moins pondéré !

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  2. Pour commencer, une femme célibataire hétéro, ayant un désir d’enfant n’a jamais eu et n’aura jamais besoin de recourir à la PMA. Dire que on étend la PMA « aux femmes célibataires ou lesbiennes » est une escroquerie, seules les lesbiennes non bisexuelles seront concernées par cette mesure. Combien parmi ces femmes, ont réellement un désir d’enfant ? il s’agit d’une population marginale , et comme vous le soulignez, c’est accessible dans les pays voisins …
    Par contre, la GPA est plus qu’en embuscade. Elle est déjà disponible dans d’autres pays, alors …

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    • Pour la gauche, PMA & GPA ÜBER ALLES.
      LA PORTE GRANDE OUVERTE À LA GPA

      https://www.causeur.fr/marlene-schiappa-pma-feminisme-enfant-146699

      la conquête par les ventres 491 000 résultats sur Google

      Youssef Qardawî déclare aux autorités à Rome en 2002 :
      « Avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons, avec nos lois coraniques, nous vous domineront »
      Déclaration d’Ouari Boumédienne en 1974 à l’O.N.U :
      « Nous vous vaincrons l’Europe par le ventre de nos femmes »

      Erdogan déclare la guerre de la procréation, la conquête par les ventres (mars 2017) discours à Eskisehir, au sud d’Istanbul.

      La PMA ouverte à toutes les femmes dès 2018, annonce le gouvernement

      Ca s’emballe Publié le 6 Juillet 2017
      Atlantico, un vent nouveau sur l’info Atlantico, c’est qui? c’est quoi ? 14/09/2017
      PMA, GPA : la mécanique implacable est à l’oeuvre et les juges précèdent désormais la décision politique
      La décision de la cour de cassation de valider l’adoption d’un enfant obtenu par GPA par un deuxième parent. Problème, la GPA est interdite. Mais que faire à partir du moment où tout permets ce genre de pratiques ? Assiste-t-on à l’aboutissement d’une mécanique implacable ?
      Cette mécanique était inscrite dans la loi Taubira. La reconnaissance du « parent d’intention » s’inscrit explicitement, d’après la Cour elle-même comme une conséquence de cette loi, texte qui « a pour effet de permettre, par l’adoption, l’établissement d’un lien de filiation entre un enfant et deux personnes de même sexe, sans aucune restriction relative au mode de procréation ».

      http://www.la-meilleure.com/pma-gpa-la-mecanique-implacable-est-a-loeuvre-et-les-juges-precedent-desormais-la-decision-politique.html

      MAJ France – Le gouvernement prévoit l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2018
      http://www.brujitafr.fr/2017/09/france-le-gouvernement-veut-elargir-la-pma-probablement-en-2018.html

      comme ça les magrébines vont pouvoir faire faire des enfants en pagaille au bled pour la plus grande gloire d’allah et les réseaux islamistes vont s’en occuper avec la plus grande célérité. (il manque des cases à schiappa ?) Le tout financé par NOS allocation familiales et NOTRE sécurité sociale et NOS allocations logement . . . Pour peu qu’il y ait des gros malins qui laissent les enfants chez « le ventre prêté » pour 10% des allocations . . .on récupère un petit terroriste « prêt à l’emploi » au bout de quelques années. N’oublions pas la polygamie

      PMA über alles + Mayotte, le « droit » du sol !
      https://www.causeur.fr/mayotte-comores-immigration-kamardine-146634
      Voir Mayotte où nous sommes « submergés » par les femmes musulmanes enceintes qui viennent pondre directement un petit Français (droit du sol), rendant tout le regroupement familial non-expulsable, avec déjà des cadis (justice islamique). Nos bons sentiments nous perdront.

      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/09/12/97001-20170912FILWWW00060-le-gouvernement-prevoit-l-ouverture-de-la-pma-a-toutes-les-femmes-en-2018.php

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      • Merci de vous en tenir au sujet. Votre haine obsessionnelle des musulmans n’a sa place ni dans le contexte de cet article ni sur ce blog. Dernier avertissement.
        Et évitez de nous inonder de liens qui disent que le gouvernement envisage l’élargissement de la PMA dès 2018, vu que c’est justement cette info et ses conséquences qui sont ouvertes à débat ici.

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    • « Pour commencer, une femme célibataire hétéro, ayant un désir d’enfant n’a jamais eu et n’aura jamais besoin de recourir à la PMA.  »

      En réalité, pour des questions juridiques si…

      Je pense que vous imaginez une femme, couchant avec un ou des hommes pour avoir un enfant. Hors, si elle cache l’existence de cet enfant au père elle risque des problèmes juridiques.

      C’est problèmes n’existe plus dans le cas d’une PMA avec donneur anonyme.

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  3. Je ne suis pas opposé à ce que couples hétéro ou homo, homme ou femme seul(e) devienne parent par PMA ou GPA, et tant que c’est fait dans le respect de toutes les parties concernées, à commencer par l’enfant à naître.

    Mais ce qui me gêne dans toute cette histoire, c’est l’intervention croissante de l’état dans des domaines éminemment intimes: la sexualité, la procréation, la famille. Et je redoute que l’influence croissante de l’état dans ces domaines conduisent à l’inverse du but annoncé, et que sous prétexte de défendre l’égalité et les « droits à » pour toutes les catégories, cela dérive vers une forme de contrôle eugéniste.

    Parce que pour commencer, il faut bien des donneurs/donneuses de gamètes, sélectionner et trier ces gamètes (eh oui…), les stocker, puis les attribuer… selon quelles règles? quelle préséance? Pourquoi unetelle aurait-elle plus le droit d’obtenir sa PMA et ses gamètes que untel? selon quels critères? allez, on légifère un petit coup à ce sujet? jusqu’où cela va-t-il aller?

    La pénurie de gamète qui suivrait l’application de ce projet de loi conduirait bien évidemment à la recherche de nouveaux donneurs, ce qui va un jour ou l’autre, soyez-en sûrs, conduire à monnayer leur acquisition. Le sperme et les ovules s’achèteront, de la même façon que le temps d’utérus disponible s’achète déjà. Et comment ce marché aux gamètes va-t-il s’organiser? va-t-il être contrôlé? Nous voyons bien que l’état ne sait pas libéraliser. Il ne sait que contrôler, toujours plus.

    Le diable est dans les détails, et c’est par l’intermédiaire de ces détails pratiques que les conséquences se produiront, et je ne pense pas me lancer des vaticinations ridicules en disant que les conséquences peuvent être lourdes d’implications pour la société toute entière.

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    • « La pénurie de gamète qui suivrait l’application de ce projet de loi conduirait bien évidemment à la recherche de nouveaux donneurs, ce qui va un jour ou l’autre, soyez-en sûrs, conduire à monnayer leur acquisition.  »

      Non, pas forcément. Prenez l’exemple des dons de sang. Il y a pénurie et pourtant c’est tjrs gratuit.

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  4. Mon commentaire, posté en début de matinée, n’apparaît pas… ce serait-il perdu dans les limbes de l’interweb? J’ai essayé de le poster à nouveau, tentative refusée pour cause de doublon.

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  5. « L’assurance maladie prend la PMA en charge à 100 % si la femme a moins de 43 ans. »

    C’est un pur scandale, sachant que d’innombrables actes médicaux concernant des maladies sérieuses ne bénéficient pas d’un tel remboursement. D’autant qu’une PMA n’est pas spécialement bon marché, je suppose.

    « Je n’ai aucun raison de l’interdire à quiconque à partir du moment où cela ne porte atteinte à personne. »

    C’est une mauvaise action que d’amener au monde des enfants qui subiront une grave souffrance psychologique toute leur vie, parce qu’ils seront les enfants de « deux mamans » (guillemets de rigueur). C’est plus que cela, c’est un crime. Comment peut-on imaginer deux secondes de créer un être humain qui vivra dans une prison mentale toute sa vie, sans qu’il puisse rien faire pour s’en libérer, parce qu’il lui aura manqué un père, et qu’il saura que sa mère n’est pas sa mère ?

    « Le rapport du CCNE indique que toutes les études pour évaluer le bien-être des enfants dans des familles homoparentales émettent une conclusion positive sur le devenir des enfants. »

    Le fait même qu’on se repose sur des « études » pour cela est insensé, absurde, criminel. Tenez, moi je vais torturer des bébés, puis je vais faire une « étude » sur eux pour voir si ça a foutu leur vie en l’air ou non : c’est une bonne idée, qu’en pensez-vous ?

    Bien entendu, quand on se penche un tant soit peu sur ces études, on s’aperçoit qu’elles sont outrageusement biaisées. En gros, on demande à des « parents » homosexuels qui ont acheté des bébés si leurs « enfants » sont heureux et s’ils sont de bons parents. Devinez leur réponse.

    Quand on connaît, de surcroît, l’abîme de mauvaise foi qui caractérise d’innombrables « études » de sciences humaines dont le seul but est de valider des a-priori idéologiques du politiquement correct… Il y a un moment où le bon sens et la morale doivent reprendre leurs droits. Dieu sait si je soutiens la science et l’approche scientifique, mais il y a un temps pour tout. La science est devenue un cache-sexe commode pour tout justifier. C’est vrai, puisqu’une « étude » le dit. Nous sommes encerclés par les lyssenkystes.

    Même l’adoption est une mauvaise chose. L’adoption n’existe que dans l’intérêt d’enfants qui resteraient, sinon, orphelins toute leur vie. Ce n’est qu’un moindre mal. Mais c’est, bien entendu, un infini malheur que d’être adopté, de n’avoir pas ses parents à soi. Envisager de favoriser l’adoption en fonction de l’intérêt et des désirs des parents adoptifs, c’est une profonde perversion.

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  6. L’idéal c’est d’avoir un père et une mère qui ont procréé l’enfant qu’ils vont éduquer du mieux possible. Toutes les autres situations sont des conditions dégradées. Après on peut discuter entre nous de comment réparer au mieux ces situations dégradées.
    Que vient faire l’Etat une fois de plus dans ces problèmes familiaux et sociétaux ? Comme l’Etat rate déjà tout et dans tous les domaines, il devrait éviter de se disperser un peu plus !
    Il paraît que la Marlène serait virée à la fin du mois à cause de son « name and shame »
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/09/13/le-name-and-shame-de-marlene-schiappa-pour-faire-progresser-l-egalite-des-sexes-au-travail_5184949_3234.html
    qui n’aurait pas plu. Le problème c’est qu’elle va sûrement être remplacée.
    En tout cas souriez, c’est vous qui payez.

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  7. Robert, si vous permettez que je vous appelle ainsi, sachez d’abord que je suis très sensible à tout ce qui touche à l’adoption et les différentes formes de procréation, étant moi-même l’ainé d’une fratrie de 5 , tous adoptés.

    Je n’aime pas plus que vous tous ces bricolages procréatifs, PMA GPA ou que sais-je encore, par pur instinct conservateur, et je voudrais que l’adoption soit plus mise en valeur qu’elle ne l’est, au détriment de ce que je considère comme des dérives.

    Mais si les candidats à la parentèle préfèrent se conforter dans une illusion de filiation génétique, je ne vois pas pourquoi je m’y opposerais. Je n’ai en effet pas de certitudes que ce soit pour le bien des enfants à naître, mais je n’ai pas non plus de certitudes que cela leur soit obligatoirement plus néfaste qu’être né naturellement et classiquement de parents indignes, qui peuvent tout à fait détruire leur propre progéniture.

    Et concernant l’adoption vue comme un infini malheur, pardon mais là vous vous vautrez complètement dans l’erreur. Je n’ai pas souffert d’avoir été adopté, j’ai souffert d’avoir été abandonné, et de ne pas connaître mon histoire filiale. Nombreux sont les adoptés qui vous le confirmeront, voire même qui vous diront qu’ils ne sont absolument pas intéressés à retrouver leurs origines.
    Pour ma part, j’ai cherché, longtemps, à une époque où l’accouchement sous X était tabou, et l’accès à ses origines interdit. Comme je suis d’un genre têtu, j’ai fini par trouver, et reconstituer toute mon histoire, toute ma filiation, toutes les explications à mon abandon. Et vous savez quoi? A la lumière de ce que j’ai appris, je considère que j’ai eu bien plus de chance d’avoir été adopté plutôt que d’avoir été élevé par mes parents biologiques. Si ces deux-là m’avaient élevé, j’aurais été bien abîmé, et je n’aurais sûrement pas pu m’épanouir aussi bien. Et Dieu sait pourtant que ça n’a pas été facile avec mes parents adoptifs… mais si c’était à refaire, je demanderais à refaire pareil.

    Je suis d’accord pour dénoncer l’instrumentalisation politique et idéologique de la procréation au bénéfice des revendications de certaines catégories de population, et je me méfie de tous ces slogans sur « les enfants de l’amour » quand par ailleurs l’enfant est considéré comme un droit, un objet de revendication légitime et d’égalitarisme barbare. Mais il ne faut pas pour autant oublier quelque chose d’essentiel: tous ces enfants ne sont pas plus nos objets à nous qu’à leurs « parents ». Faisons-leur confiance. Quelles que soient leurs éventuelles difficultés à venir, ils sauront tracer leur chemin, et s’ils ont leur mot à dire, ils le diront, croyez-le bien.

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    • Dr Slump,

      Je vais vous répondre, bien que vous me mettiez dans une situation impossible. Vous arguez de votre cas personnel pour justifier un argument général. Si je ne réponds pas, je vous laisse défendre un argument logiquement intenable : ce n’est pas parce que vous vous accommodez de votre situation que toutes les personnes dans votre cas s’en accommodent.

      Si je réponds, je prends le risque de vous blesser personnellement, en défendant un argument général que vous prendrez pour vous. Pire, si je veux traiter objectivement votre objection, je suis obligé de souligner qu’une personne ayant traversé une épreuve difficile (mais inévitable) peut être tentée de nier les difficultés de cette épreuve, ce qui fragilise la valeur de son témoignage.

      Je répondrai donc un peu à côté en traitant d’un sous-ensemble qui ne vous touche pas personnellement : la création volontaire, délibérée, par des moyens techniques et juridiques, d’un être humain qui ne serait pas venu au monde si ce processus n’avait pas existé, et dont la naissance n’a été organisée que pour l’arracher à sa mère et le faire adopter par quelqu’un d’autre. Cela, il me semble, est une abomination qui ne souffre aucune justification, aucune excuse. Le fait même de se demander si cela pourrait être envisageable est une vilenie : cela signifie qu’on accepte de charger de risques évitables un être humain dès sa naissance.

      Au demeurant, j’aimerais souligner une contradiction. Ce sont les gauchistes qui militent pour la GPA. Les gauchistes n’arrêtent pas de nous casser les oreilles avec l’égalité des chances. Tout le monde devrait être égal sur la ligne de départ, et si ce n’était pas le cas, eh bien il conviendrait que l’Etat socialiste fasse des pieds et des mains pour corriger cette inégalité.

      Et ce sont les mêmes gauchistes qui voudraient absolument créer des générations d’enfants souffrant d’une inégalité ontologique, ineffaçable, dès le départ : celle de ne pas avoir de parents biologiques, et d’être élevés par un couple contre nature puisque composé de deux femmes ou deux hommes : donc d’être privés de père ou de mère, même adoptifs, et d’être privés de vrais parents, de parents qui les ont mis au monde après s’être aimés.

      Rien que cela condamne et la théorie gauchiste, et la GPA.

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      • Désolé de vous avoir laissé penser que je suis délicat sur le thème de l’adoption, j’ai au contraire dépassé toute sensiblerie à ce sujet, et je suis tout à fait disposé à entendre vos arguments les plus froidement rationnels qui tendraient à démontrer que l’adoption est plus un mal qu’un bien. Je suis convaincu que c’est plus un bien, on peut sans doute arguer du biais de perception, de la nécessité d’éviter une dissonance cognitive, etc., il reste que la filiation génétique ne détermine pas tout.

        Les foutus gènes, le foutu sang, mon oeil! Cette obsession génétique m’indispose. C’est la qualité des liens que l’on crée qui importent d’abord, et c’est bien cette exigence de filiation génétique, que vous-même semblez juger préférable, que les candidats à la parentèle revendiquent pour justifier tous les bricolages procréatifs.

        Quant au fait « d’envisager de favoriser l’adoption en fonction de l’intérêt et des désirs des parents… », croyez-vous vraiment que les parents bien sous tout rapport ne conçoivent jamais leur enfant en fonction d’intérêts et de désirs particuliers, peu avouables, voire pervers pour le devenir de l’enfant?

        Il n’est pas plus moral de devenir parent par la voie classique que par voie d’adoption.

        Et il peut être parfois plus moral d’abandonner son enfant, contre sa volonté et contre son coeur, que de le laisser endurer la situation intenable dans lequel les parents sont au moment de sa naissance. Eh oui. La vie est dure.

        Cela dit, je vous rejoins entièrement pour ce qui est de ces bricolages procréatifs exigés par les militants homosexuels, conduisant à faire de l’enfant un objet de revendication, à en faire un droit, au même titre que les droits aux allocs ou à la retraite. C’est là qu’est pour moi l’abomination à venir et la barbarie: l’enfant devient un droit donné par l’état. Ca promet.

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      • Je ne tiens pas compte de la génétique, mais des liens du sang, oui. Vous ne pouvez pas empêcher que l’âme de l’homme soit conduite par son origine biologique. C’est d’ailleurs bien ce qui pousse certains enfants adoptés à rechercher leur origine. Cela n’empêche pas la charité de faire des miracles, et de suppléer aux liens parentaux lorsque ceux-ci se révèlent défaillants.

        Prenons un exemple extérieur, général et même influencé par des considérations diplomatiques : les orphelins russes. La Russie a interdit l’adoption par des Américains, à titre de représailles contre des sanctions diplomatiques. Une réaction générale a été de considérer que les autorités russes punissaient ainsi leur propre peuple en cherchant à se venger de l’Etat américain.

        Et dans une large mesure, c’est vrai : si de nombreux Américains cherchaient à adopter des enfants russes, c’est qu’il existe, dans les orphelinats, un nombre important d’enfants relativement âgés, souvent handicapés physiques ou mentaux, abandonnés, dont personne ne veut, et en particulier pas les Russes. C’est un des sales petits secrets de ce pays.

        En revanche, il existe, aux Etats-Unis, un certains nombre de candidats à l’adoption suffisamment généreux pour choisir ces enfants, rejetés parce que leur adoption est difficile, parce que leur éducation exigera beaucoup de leurs parents adoptifs, avec un succès loin d’être garanti.

        Faisons maintenant abstraction des questions de politique étrangère qui entourent ce conflit. Est-il souhaitable que des orphelins, vivant à la dure dans des établissements où ils sont plus ou moins maltraités, soit arrachés à leur pays, à leur culture, à leurs racines, alors qu’ils sont déjà relativement âgés ? Pour être envoyés de l’autre côté du globe, sous prétexte que l’Amérique est plus riche, et que des volontaires bien intentionnés sont prêts à les prendre en charge là-bas ? Ce n’est pas du tout certain.

        Le cas des vedettes américaines allant collectionner des orphelins en Afrique, pour montrer leur belle âme, est encore plus dérangeant.

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      • « Je ne tiens pas compte de la génétique, mais des liens du sang »
        Expliquez-moi la différence entre liens génétiques et liens du sang? Il me semble que nous désignons la même chose avec des mots différents. Et de fait, il n’existe pas de « lien du sang » pas plus que génétique.

        « Vous ne pouvez pas empêcher que l’âme de l’homme soit conduite par son origine biologique. »
        Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que l’on soit « conduit » par son origine biologique? Et qu’est-ce que veut dire « conduit », selon vous? Prédéterminé? Houla…

        « C’est d’ailleurs bien ce qui pousse certains enfants adoptés à rechercher leur origine ».
        Faux. Vous ne m’avez pas lu: c’est leur histoire qu’ils recherchent avant tout, et les raisons qui les ont conduits à être abandonnés. On a sans aucun doute besoin de s’inscrire dans une filiation, mais qui est avant tout un récit, ce que j’appelle histoire filiale. Une fois que des adoptés retrouvent leurs parents de sang, ceux-ci renient-ils pour autant leur famille d’adoption? Se reconnaissent-ils des liens intangibles et inaltérables dus à leur sang commun, se reconstituent-ils en famille biologique, dans la félicité (inexistante) de leur retrouvailles? Non. Leur famille est celle qui les a élevé pour le meilleur, et même pour le pire.

        La vie a séparé ces enfants de leurs parents, cela peut poser des difficultés pour se construire une identité, mais pas forcément, et sûrement pas pour des raisons d’âme conduite par des liens du sang.

        Vous vous représentez la famille et les liens familiaux d’une façon morale, à travers une sorte de purisme ou d’essentialisme qui n’est pas sans rappeler les théories archaïques de l’héréditarisme. Il est vrai que nous naissons avec des traits génétiques, mais nous savons maintenant que notre capital génétique n’est pas un « programme » gravé dans le marbre, notre capital génétique est évolutif, il subit l’influence de notre environnement, de nos choix, de nos comportements, et s’adapte avec nous.

        Les liens humains sont avant tout relationnels. Je serais tenté de dire que je voudrais bien que vous me montriez des sources, et des études qui tendent à confirmer l’existence de « liens du sang », mais en fait, c’est inutile.

        Je vais vous recommander un film, tant pis si la référence vous fait pousser des cris de dénégation: Tel père, tel fils, de Hirokazu Kore-Eda. Ce n’est pas une démonstration scientifique, ça parle humainement de liens familiaux, et je crois que vous avez besoin de connaître ce point de vue.

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  8. L’argument moral sur la supériorité de l’enfantement dans le cadre du couple n’a selon moi pas sa place dans la définition de la loi car chacun devrait pouvoir choisir ce qu’il considère moral ou pas, tant qu’aucun tiers n’est affecté.
    Ce qui amène à l’argument sur les besoins de l’enfant. Je souscris à la remarque provocante de Gaspard Koenig sur le sujet: « le raisonnement sur le bien-être de l’enfant devrait conduire logiquement à la mise en place d’un permis de procréer pour les couples hétérosexuels ».
    Ayant eu l’occasion d’observer de près des familles mono-parentales j’ai constaté (sur un échantillon restreint certes) que ces enfants reçoivent autant d’amour que dans des familles traditionnelles.

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    • « Je souscris à la remarque provocante de Gaspard Koenig sur le sujet: « le raisonnement sur le bien-être de l’enfant devrait conduire logiquement à la mise en place d’un permis de procréer pour les couples hétérosexuels ». »

      Je savais que Gaspard Koenig était de mauvaise foi, mais à ce point… Il n’y a nulle « logique » dans cette déduction fallacieuse, car personne (fort heureusement) n’a envisagé de décerner des permis de vivre. La procréation normale, les couples normaux, la famille normale et la vie tout court n’ont nul besoin de « permis » pour exister.

      En utilisant ce truc rhétorique dégoûtant, Koenig prouve qu’il est le contraire d’un libéral. L’axiome sous-entendu dans son argument est que le gouvernement devrait décerner un permis pour les décisions les plus fondamentales et les plus personnelles de l’être humain ; que c’est à l’Etat de juger si tel ou tel citoyen est suffisamment méritant pour vivre, pour mener le métier d’homme, pour se marier et pour avoir des enfants.

      Puisque certains couples normaux, non pervers, non déviants, composés d’un homme et d’une femme, élèvent leurs enfants de façon négligente, créant pour eux du malheur, alors il s’ensuivrait que le gouvernement devrait autoriser une pratique interdite, interdite parce que personne ne l’a pratiquée depuis des dizaines de milliers d’années, parce que personne n’a été suffisamment stupide, ou malade mental pour ce faire.

      Le malheur possiblement apporté sur terre par cette pratique nouvelle, et idiote, serait nul et non avenu, car compensé par le malheur occasionné par des parents normaux, non malades mentaux, non homosexuels, qui néanmoins maltraiteraient leurs enfants.

      Puisque des « hétérosexuels » maltraitent leurs enfants, alors moi, homosexuel, j’ai bien le droit de maltraiter aussi des enfants que je ferai mettre au monde rien que pour leur rendre la vie infernale.

      Le fait qu’un raisonnement aussi faux et aussi pervers puisse être tenu en public montre assez à quel point de décadence civilisationnelle nous sommes parvenus.

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      • OUI Gaspard Koenig est le contraire d’un libéral, ce n’est pas une découverte. Alors avec lui il faudrait un permis pour à peu près tout, de quoi rendre les gens les plus irresponsables possible. Ouf il n’est pas un représentant significatif civilisationnellement parlant même si il sait se médiatiser..
        Vos frictionnements sont intéressants et riches mais il demeure que en général les enfants d’un couple hétérosexuel sont assez bien « réussis » en majorité depuis que l’humanité existe quels que soient les races ou les moeurs. Ce qui n’empêche pas des réussites pour des enfants adoptés évidemment et heureusement pour les orphelins par exemple. Cela a toujours été.

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      • Il semble que l’humour soit mal passé. L’idée de créer un permis de procréer était bien entendu une boutade visant à montrer l’absurdité de l’argument selon lequel les enfants issus de PMA auront de mauvais parents et/ou une mauvaise enfance etc.

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    • « Ayant eu l’occasion d’observer de près des familles mono-parentales j’ai constaté (sur un échantillon restreint certes) que ces enfants reçoivent autant d’amour que dans des familles traditionnelles. »

      Premièrement, vous ne pouvez pas le constater. L’amour n’est pas une transaction commerciale que l’on peut constater objectivement, comme on peut constater qu’un paquet de Bonux a changé de mains en échange d’un billet de dix euros.

      Deuxièmement, et c’est le plus important, il ne s’agit pas d’amour. Le nombrilisme enragé de notre époque fait semblant de croire qu’en l’occurrence, l’important serait que les enfants soient aimés. Il y aurait les « bons » parents, qui « donneraient » de l’amour, et les « mauvais » parents, qui seraient pingres et n’en donneraient pas.

      Ce n’est pas la question. Le problème n’est pas ce que font les parents ; c’est ce qu’ils sont. Un enfant a besoin d’un père et d’une mère, et il a besoin de savoir que son existence sur terre provient, non pas de l’amour qu’il a reçu d’eux, mais de celui que ses parents ont éprouvé l’un pour l’autre.

      Les homosexuels sont des narcissiques par essence, et ont donc tendance à ne pas comprendre cela : à partir du moment où ils « donneraient » de l’amour à « leurs » enfants, eh bien de quoi se plaidraient ces derniers ? Ces personnes sont incapables de concevoir que certaines choses ne dépendent pas d’eux ; et en particulier, le fait d’être un homme ou une femme, ce qui, contrairement aux sottises politiquement correctes, a de l’importance.

      De surcroît, il est naturellement souhaitable qu’un enfant soit aimé de ses parents. Personne ne nie cela. Mais un faux couple, un couple homosexuel, est incapable de donner à un enfant les références dont il a besoin pour apprendre à vivre. De même qu’une chaise ne peut pas vous fournir à boire. Même si elle le désire très fort.

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  9. Je suis né de père inconnu pour être abandonné par ma mère à l’âge de trois jours à une époque où l’avortement était interdit. Alors, j’ai un peu de mal à avoir une opinion sur ce sujet. La manipulation me révulse et que l’enfant soit bien accueilli me réjouit .

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  12. Bonjour,

    Félicitations pour la qualité de clarté et de concision du billet !

    A titre personnel, j’estime plus raisonnable que l’enfant soit le fruit de la rencontre d’un homme et d’une femme s’aimant ou, à défaut d’amour, s’attirant sexuellement l’un l’autre, et conçu dans le plaisir d’une étreinte passionnée et de spasmes euphoriques. L’enfant conçu dans des conditions exclusives d’amour et/ou de plaisir m’apparaît mal débuté son existence.

    Toutefois, je partage votre avis. Laissons la liberté aux personnes désirant un enfant de choisir le mode de procréation tant que cela ne porte pas préjudice aux tiers non concernés.

    Par suite, même pour les couples stériles, le coût du mode de procréation choisi ne peut pas incomber à ces tiers qui financent la sécurité sociale à laquelle ils sont contraints de s’affilier.

    Cela me donne l’idée de créer une application pour smartphones permettant à une femme voulant un enfant sans rapports sexuels de rencontrer un homme pouvant lui donner du sperme conditionné dans une seringue. A charge pour eux de déterminer les modalités gratuites ou onéreuse de ce service.

    Mon exemple est trivial. Je veux simplement montrer, qu’au delà d’un régime institué par le législateur qui induira nécessairement des contraintes, le marché, à savoir des hommes et des femmes libres d’agir et de trouver des solutions au cas par cas par l’échange de services, peut être une solution au désir d’enfant.

    A bientôt,

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  13. Bonsoir à tous et merci infiniment pour tous vos commentaires ! J’espère qu’il y en aura d’autres, mais je trouve qu’il s’est déjà dit ici beaucoup de choses très profondes.

    @Ralfsen et @Yé : merci pour votre aimable appréciation ! J’ai essayé d’être le plus nuancée possible, de ne pas écarter d’emblée la PMA, tout en ne masquant pas non plus les conséquences compliquées que cela pourrait induire. Chemin difficile. Je ne vois pas de réponse évidente immédiate.

    @ Dr Slump et @ Le Gnôme : merci pour vos témoignages. Ils m’émeuvent énormément. Ne croyez surtout pas que ma petite mise en garde vis-à-vis de l’adoption en soit une condamnation. Pas du tout, c’est même tout le contraire. Mais j’observe assez souvent que beaucoup de personnes portent un regard un peu « ravi » sur tout un tas de choses (PMA comprise) qui demandent à être muries et réfléchies en profondeur.

    Oui, @Robert, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais des témoignages tels que celui de Dr Slump est un fait réel, pas une opinion, et il a sa valeur parce qu’il existe.
    L’infini malheur, ce n’est pas d’être adopté, c’est de se retrouver orphelin et abandonné. On peut même penser que l’abandon, aussi cruel soit-il pour l’enfant, est peut-être à un moment donné la seule action que la mère voit de disponible pour donner une chance à son enfant.

    @ Dr Slump, je partage votre avis, la qualité des liens que l’on crée importe. La génétique et le sang sont forts, c’est évident, et c’est ce qui forme les familles à 99,999 % mais je crois que l’amour est qq chose de puissant qui peut réparer beaucoup de fractures.

    Je suis également très sensible à ce vous dites à propos des enfants : « tous ces enfants ne sont pas plus nos objets à nous qu’à leurs « parents ». Faisons-leur confiance. Quelles que soient leurs éventuelles difficultés à venir, ils sauront tracer leur chemin, et s’ils ont leur mot à dire, ils le diront, croyez-le bien. »
    Il est en effet très possible qu’en mettant en avant « l’intérêt supérieur de l’enfant », on se cache trop rapidement derrière une formule toute faite qui décide par avance que ce sera systématiquement l’horreur pour ces enfants, sans leur laisser la liberté de faire leur vie par eux-mêmes.

    Comme le dit le Gnôme, « la manipulation me révulse et que l’enfant soit bien accueilli me réjouit. »

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  14. La PMA sera adoptée prochainement, que vous le vouliez ou non.

    Puis suivra la GPA car c’est la loi européenne. La France freine, certes, mais elle y sera contrainte et le gouvernement le fera ne serait-ce que pour passer comme « progressiste ».

    La véritable question c’est de savoir si les PMA « de confort » et les GPA seront remboursées ou non…

    Quand on connait la légèreté de l’Etat avec l’argent des autres, la réponse est presque évidente…

    Quand à mon avis sur la PMA et GPA et il est simple.

    1) La science médicale ne devrait idéalement servir qu’à soigner.
    2) Je n’ai rien contre la PMA par principe tant que je ne paye pas pour ça. Pour le reste, c’est une responsabilité individuelle. Malheureusement notre Etat a beaucoup trop déresponsabilisé la population.
    3) Idem pour la GPA si elle bénévole.

    4) Ma certitude c’est que les Français sont beaucoup trop irresponsables pour être capables de gérer les implication de ces avancés médicales.

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  15. Bonjour,
    Je ne donnerais pas mon avis sur la PMA. Mais je remarque une chose en lisant ce matin sur contrepoint un article en faveur de la PMA est que les arguments avancés par l’auteur sont tout à fait utilisables par les personnes anti-avortement. Ce que je veux dire par là est que les arguments pro avortements peuvent être en contradiction avec les argument pro PMA ou GPA et les arguments anti avortement peuvent être en contradiction avec les arguments anti GPA.
    je vous laisse méditer sur le sujet,
    Par contre, avortement de confort, PMA ou GPA de confort, la sécurité sociale n’a pas à rembourser ces actes qui ne sont des actes » thérapeutiques ».

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    • « je vous laisse méditer sur le sujet » : c’est trop gentil !
      Vous n’aurez pas été sans remarquer que l’article de ce matin sur Contrepoints (qui est clairement un plaidoyer en faveur sans restriction) n’est pas de moi. Perso, je le classe dans la catégorie des discours « ravis ».

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