Attention, un « camp du bien » peut en cacher un autre !

contrepoints-2Nous sommes en France, pays aux 600 000 élus, moult fromages (au propre comme au figuré) et une propension au millefeuille administratif, mais une seule religion pratiquée avec ferveur par 99,9 % de la population, la religion du Dieu Etat. De ce fait, lorsque vous tenez un blog avec l’ambition de suivre l’actualité à travers une lunette libérale, vous êtes confronté à deux situations en apparence opposées mais aussi ambigües et désespérantes l’une que l’autre.  Lire la suite

Jacques Rueff ou le libéralisme en action

Mise à jour du 4 octobre 2018 : Il y a 60 ans, naissait la Vème République. Portrait de Jacques Rueff, l’un des accoucheurs, et instigateur d’un libéralisme trop vite abandonné.

Au cours de l’entretien que j’ai eu il y a quelques semaines avec l’ancien ministre Renaud Dutreil, celui-ci s’est prévalu de Jacques Rueff – « Vous êtes d’accord qu’il était libéral » – pour justifier son soutien à Emmanuel Macron et son projet politique consistant à « combiner un Etat bien dirigé avec un secteur privé dynamique. » A vrai dire, il l’a enrôlé un peu vite du côté des grands plans industriels de la France tels que l’aéronautique ou le nucléaire voulus par le général de Gaulle dans les années 1960.  Lire la suite

Edward Snowden : Ayn Rand était sa muse

J’ai déjà eu l’occasion de parler du cas d’Edward Snowden dans un article écrit avec Damien Theillier à propos du rapport entre les citoyens et l’Etat. A travers Socrate d’une part, à travers les idées de Constant et Tocqueville d’autre part, et à travers des exemples puisés dans l’histoire la plus contemporaine, dont l’affaire Snowden, nous posions la question :

Les lois sont-elles un tout d’essence quasi divine qui s’impose absolument, le citoyen étant alors dans une position de dominé par rapport à l’Etat (Socrate) ? Ou bien le citoyen doit-il se penser d’abord comme libre et autonome, puis représenté par l’Etat, qui ne saurait alors exiger de lui, par le « droit », ce qui contrevient aux exigences de la « justice » humaine la plus universelle (Constant et Tocqueville) ? 

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Le cas de la Baraque à frites (V.3) Comment peut-on être banquier?

1. Introduction – A quoi ressemble une banque ? (ici)
2. Produits dérivés – Augmentation du risque systémique (ici)
3. Réponse du régulateur – Comité de Bâle (Aujourd’hui)

Comme on l’a vu avec la banque fictive MMBB en conclusion du premier article de cette série sur la banque, les fonds propres (ressource qui reste dans la banque, contrairement aux dépôts qui entrent et sortent) et les liquidités (actif qui permet d’honorer les engagements de paiements) sont les deux postes qui sont particulièrement scrutés pour évaluer la santé d’une banque. On les compare au volume des actifs, qui présentent tous un certain niveau de risque, et on peut conclure à leur insuffisance éventuelle. C’est précisément ce que le régulateur s’est proposé de faire en établissant progressivement une batterie de règles prudentielles connues sous les noms de Bâle I, II et III afin de stabiliser le secteur bancaire. Lire la suite

Vargas Llosa : Voyage intellectuel du marxisme au libéralisme

Je pars jeudi pour un voyage de huit jours au Pérou (mais le blog continue !) C’est un petit événement personnel que j’attends avec impatience et enthousiasme car j’ai découvert le Pérou il y a exactement 32 ans et je n’y suis jamais retournée depuis. En 1984, just married, Cri-cri et moi nous envolions vers Lima pour dix-huit mois, lui comme coopérant affecté à la chambre de commerce franco-péruvienne, et moi dans ses bagages.  Lire la suite

Quelques questions que je me pose après #PrimaireLeDébat

♠ Confession : en 2007, j’ai voté assez facilement pour Sarkozy. Après le long statu quo chiraquien et les candidatures alternatives de Royal et Bayrou, ça paraissait la chose à faire. Le « paquet » fiscal, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, l’autonomie des universités, la réorganisation de la carte judiciaire furent des mesures qui voulaient mettre un coup d’arrêt à l’emprise de l’Etat et au glissement continu de la dépense publique et des impôts. Du reste, pendant un an avant la crise de 2008, ça n’a pas trop mal marché. Ensuite, évidemment…  Lire la suite

Présidentielle USA 2016 (II) : objectif Maison-Blanche

Résultats du mercredi 9 novembre 2016 : Trump sera le 45ème Président des Etats-Unis !

– Donald Trump a gagné 306 grands électeurs contre 232 pour Hillary Clinton (estimation, car recomptage dans le Michigan où Trump a gagné les 16 grands électeurs avec 11 000 voix d’avance).

– En voix, le match est différent puisque Clinton dépasse Trump avec 48,2 % et 65,8 millions des voix contre 46,1 % et 62,9 millions,  soit presque 3 millions de voix d’avance. Le candidat libéral Gary Johnson a obtenu 3,3 % et la candidate écologiste Jill Stein 1,1 %. La participation a été de 55 % comme en 2012.

– Le Sénat et la Chambre des Représentants restent à majorité républicaine. 

– Pour la photo de famille, on peut être sûr qu’après les dissensions de campagne, les Républicains, vont rapidement resserrer les rangs autour du Président élu. Mais il n’est pas du tout certain que le Congrès lui donnera carte blanche pour tout. On assistera même peut-être à une sorte de cohabitation plus ou moins cordiale qu’il sera intéressant d’observer. Il est du reste fort probable que parmi toutes les propositions tonitruantes du candidat Trump, les plus loufoques, comme celle du mur entre le Mexique et les Etats-Unis, n’aboutiront pas ou ne seront même pas tentées.

– Trump s’est déjà trompé sur un point : il va avoir du mal à soutenir que les élections ont été truquées en faveur de sa concurrente. D’après le live CNN, Mme Clinton l’a appelé (vers 8h 40 heure française) pour lui reconnaître la victoire.

– La réception de ce résultat fut plutôt mal vécue sur le moment, pas seulement par le clan Clinton, mais surtout, assez classiquement, par les marchés financiers qui perdaient dans les 5 % à l’ouverture tandis que l’or bondissait d’autant, avant de retrouver des couleurs en milieu de journée. Le peso mexicain a chuté d’environ 8 % face au projet de Trump de remettre en cause le traité de libre-échange Alena entre le Canada, les USA et le Mexique. 

Mise à jour du vendredi 28 octobre 2016 : La dernière ligne droite est semée d’embûches !

– Lors du dernier débat avec Hillary Clinton (19 octobre 2016), Donald Trump a confirmé qu’il était devenu maître dans l’art de les amonceler tout seul devant lui par ses déclarations aussi fracassantes qu’inutiles et débiles. Interrogé sur l’attitude qui serait la sienne à l’annonce des résultats du vote, il a répondu : « Je vous le dirai le moment venu, je vais maintenir le suspense. D’accord ? »  Inutile de dire qu’après les affaires de harcèlement sexuel qui le cernent, les défections républicaines continuent.

– De son côté, Hillary Clinton a fait de son mieux pour les éviter (les embuches) et croyait sans doute être tranquille à propos de ses emails (voir article ci-dessous) puisque le directeur du FBI avait recommandé en juillet dernier de ne pas la poursuivre à ce sujet. Patatras ! Il a décidé aujourd’hui, à deux semaines du scrutin, de relancer l’enquête ! Inutile de dire que Trump n’a pas tardé à saisir l’occasion de répéter que son adversaire est corrompue et que le vote est truqué.

– MÀJ Sondages : En voix, Trump remonte et Clinton descend :  RCP (moyenne de sondages) donne maintenant 45,3 % à Trump et 47,5 % à Clinton. Compte-tenu de la marge d’erreur de 4,5 %, on peut dire que les candidats sont au coude à coude avec une dynamique Trump. Par état et par chance de gagner, Clinton reste pour l’instant en tête.

Fin du suspense le 8 novembre … Et début de quoi pour les Etats-Unis ? On en reparlera …


contrepoints-2On parle de l’élection présidentielle américaine depuis bien longtemps, depuis le 1er février dernier très précisément, date de lancement des « primaires » destinées à départager les prétendants démocrates et républicains au sein de leurs partis respectifs. J’en ai présenté le processus dans Présidentielle USA 2016 (I). Le dénouement est maintenant très proche. Dans moins d’un mois, le 8 novembre prochain (Election Day), les Américains sont appelés à élire le 45ème Président des Etats-Unis qui entrera officiellement en fonction le 20 janvier 2017 (Inauguration Day). Il est donc temps pour moi de vous présenter les quatre candidats qui s’affrontent dans cette dernière ligne droite pour la Maison-Blanche.  Lire la suite

Des « techniques » de campagne à vous dégoûter d’aller voter

Ayant passé une bonne partie de la semaine le nez plongé dans les comptes des banques et la régulation bancaire pour alimenter ce blog, j’ai craint hier d’avoir loupé des événements importants de notre vie publique. Eh bien, oui et non.

contrepoints-2Plutôt non, parce que la France est maintenant totalement engagée dans le rythme de la campagne électorale pour 2017, que plus rien ne s’y passe en dehors des objectifs liés à cette formidable échéance et que les techniques de campagne restent manifestement des plus classiques.

Et plutôt oui, parce que si les techniques sont bien connues, déjà vues et largement éventées, elles ont pris cette semaine une ampleur inédite en millions d’euros, en mensonge et en populisme le plus hypocritement racoleur.  Lire la suite

Le cas de la Baraque à frites (V.2) Comment peut-on être banquier?

1. Introduction – A quoi ressemble une banque ? (Article précédent)
2. Produits dérivés – Augmentation du risque systémique (Aujourd’hui)
3. Réponse du régulateur – Comité de Bâle (Prochain article)

Dans l’article précédent, j’ai présenté la banque MMBB de Manu MacBanker depuis sa création comme simple service de coffre-fort jusqu’à la situation bancaire telle qu’on la connaissait avant l’apparition massive des produits financiers dits « dérivés. »  Lire la suite

Le cas de la Baraque à frites (V.1) Comment peut-on être banquier?

1. Introduction – A quoi ressemble une banque ?
2. Produits dérivés – Augmentation du Risque systémique (ici)
3. Réponse du régulateur – Comité de Bâle (là)

Arnaud Montebourg est inquiet. Sa Baraque à frites marche si bien que le solde de son compte en banque augmente de jour en jour. Comme il n’est pas tout à fait prêt pour un nouveau projet d’investissement – il vient tout juste d’avaler les Moules du Carlton de son ami Dodo la Finance – il a suivi les conseils de son banquier qui lui a proposé de placer ses liquidités dans des produits financiers un petit peu plus sexy qu’un simple compte à terme. Son inquiétude vient de ce qu’il se rappelle fort bien avoir engagé un joli paquet d’argent dans un placement adossé à un dérivé de crédit sur la Deutsche Bank (DB).  Lire la suite