Politique FR : il ne se passe RIEN, tout le monde attend 2027…

Il est des « RIEN » qui pèsent lourd dans l’histoire de France. Celui de Louis XVI, unique mot porté dans son journal personnel à la date du 14 juillet 1789 (photo de couverture), a fait couler beaucoup d’encre. Ce roi était-il si déconnecté des réalités politiques et sociales de son temps qu’il n’a rien trouvé de mieux à dire à propos de la prise de la prison de la Bastille par les Parisiens ?

Cette interprétation, qui a surtout l’avantage de prêter à la moquerie, est cependant inexacte, notamment parce que le journal en question n’était qu’un compte-rendu très succinct des activités privées de Louis XVI, dont son loisir favori, la chasse. Quelque deux cent quarante ans plus tard, cette activité sportive a perdu de son attrait, mais ses transpositions au monde de la politique sont plus effervescentes que jamais.

Nos parlementaires, quoique enlisés dans un jeu législatif sans majorité depuis la dissolution de juin 2024, ne sauraient être accusés de ne RIEN faire, eux qui enchaînent les commissions d’enquête comme jamais auparavant, sans jamais négliger l’éclairage dont ils pourraient personnellement profiter en convoquant devant eux des personnalités à haut profil médiatique, économique et/ou politique.

Nos ministres ne sauraient être accusés de ne RIEN faire, eux qui enchaînent les gesticulations plus ou moins judicieuses sur des sujets aussi variés que le diagnostic de performance énergétique des logements (qui vient d’être sévèrement épinglé par la Cour des comptes), la fast-fashion à bas prix (dont la loi d’encadrement arrive ce mois-ci au Sénat, au grand dam des consommateurs peu aisés), les zones à faibles émissions dans les villes (dont l’application vient d’être annulée par les députés) ou les quotas de filles dans les classes préparatoires scientifiques. Sans oublier les 5 400 policiers et gendarmes mobilisés pour éviter (vainement) échauffourées et destructions après la victoire du PSG sur l’Inter-Milan lors de la finale de la Ligue des champions de samedi dernier.

Notre Premier ministre, François Bayrou, ne saurait être accusé de ne RIEN faire, lui qui ambitionne, contre l’avis de la plupart de ses alliés politiques, de réformer le mode de scrutin des élections législatives pour le rendre proportionnel – et ce, même si l’Assemblée nationale actuelle, obtenue certes par scrutin majoritaire à deux tours, est presque proportionnelle dans sa représentation sans qu’il saute véritablement aux yeux que ce serait un fabuleux progrès. (La forme n’est pas toujours garante du fond.)

Même le président de la République ne saurait être accusé de ne RIEN faire, rien dire, rien proposer. N’a-t-il pas dévoilé récemment le grand projet censé couronner brillamment la fin de son double quinquennat, à savoir la création d’une commission citoyenne… sur les rythmes scolaires et les « temps de l’enfance » !

Tout n’est pas à jeter dans cet inventaire à la Prévert. Les commissions d’enquête parlementaires sont une excellente chose dès lors qu’elles donnent aux citoyens, à travers leur représentation au Parlement, la possibilité de contrôler le bon fonctionnement démocratique des institutions politiques.

Mais dans l’ensemble, force est de constater que tout l’activisme déployé actuellement à l’Assemblée nationale, au Sénat et dans les diverses instances gouvernementales, toutes les chasses lancées éperdument par les uns et les autres contre les uns et les autres dans le but de se rappeler au bon souvenir des électeurs, font habilement l’impasse sur le seul sujet vraiment important pour l’avenir des habitants de ce pays : les déficits récurrents répandus partout, la dette publique qui s’alourdit dangereusement et l’impossibilité de revenir à l’orthodoxie budgétaire dans les contours actuels de notre système économique et social déjà hautement fiscalisé d’un côté et hautement dépensier de l’autre. Or il en va de la croissance, de l’emploi, du pouvoir d’achat et des capacités d’innovation du pays. Autrement dit, de la prospérité des Français d’aujourd’hui et de demain, tout simplement.

C’est à ce titre que l’on peut dire qu’il ne se passe RIEN en France. 

Il est vrai que le Premier ministre a promis de revenir à l’équilibre des comptes publics « en trois ou quatre ans ». Il va d’ailleurs « demander un effort à tous les Français » et l’on se met soudain à trembler à l’idée que notre facture fiscale déjà salée risque fort de se corser un peu plus, éventuellement via une hausse de la TVA beaucoup évoquée ces derniers temps. À noter que l’équilibre dont il parle est en fait un déficit de 3 % à l’horizon 2029, ce qui continuera d’alimenter la dette. Mais entre les désirs de M. Bayrou et la réalité du terrain qui fait que ses prévisions de déficit de 5,4 % en 2025 et 4,6 % en 2026 ont été révisées récemment par la Commission européenne à 5,6 % et 5,7 %, soit le pire niveau de toute l’Union européenne, il y a non seulement un gouffre, mais une impossibilité politique.

Qui va le suivre sur ce terrain ? Qui, dans les deux grands blocs d’opposition à l’Assemblée nationale (NFP et RN), va prendre le risque de voter des hausses d’impôt ou des baisses de dépenses qui ne seraient pas en faveur directe de son électorat ? Et même dans les rangs du groupe gouvernemental, qui… ? Au mieux, l’on peut s’attendre à un projet complètement édulcoré au départ, lourdement amendé ensuite et complètement hors sujet dans les mois qui suivront son adoption. Baisses de dépenses insuffisamment documentées ; hypothèses macroéconomiques trop optimistes, etc., dira la Cour des comptes. Exactement comme pour le PLF 2025.

Il se trouve que l’on se rapproche à grands pas de la date à partir de laquelle (le 8 juillet 2025) Emmanuel Macron pourrait annoncer une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale. Il semblerait toutefois que le chef de l’État ait adopté le principe de la STA-BI-LI-TÉ chère à François Bayrou. Il envisagerait donc plutôt de finir ses mandats sur un élargissement de sa coalition, du côté des LR via le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui vient d’être élu à la tête du parti (mais qui menace maintenant de démissionner si la proportionnelle devait être proposée par le gouvernement ; ça tombe mal), et du côté du PS dès que le futur premier secrétaire, Faure ou Mayer-Rossignol, sera connu. Peut-être avec un changement de Premier ministre, si François Bayrou se faisait balayer par son budget.

« C’est pas compliqué : il suffit que les gens qui ne s’entendent pas m’écoutent », lui fait dire avec beaucoup de finesse le dessinateur KAK dans son dessin de presse pour l’article sur ce désir de coalition publié par l’Opinion.

M. Macron peut toujours rêver. Mais qui va accepter de l’écouter sagement comme si de rien n’était ? Au bout de huit ans, 82 % des Français estiment que « le projet politique porté par Emmanuel Macron » est un échec, nous révèle un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro publié le 30 mai dernier. De plus, ils sont 59 % à considérer que le macronisme n’est pas un courant de pensée politique et à nouveau 82 % pour dire que, courant ou pas, le macronisme ne survivra pas au départ d’Emmanuel Macron de l’Élysée.

Dans ces conditions des plus claires, on voit mal quel parti souhaiterait se coaliser avec lui d’ici la fin de son mandat. Tous les partis d’opposition, tous les candidats potentiels, y compris ceux qui jouent au centre, en sont à affûter leurs couteaux en vue de l’élection présidentielle de 2027. Ce qui revient à tout tenter pour s’éloigner au maximum du macronisme et d’Emmanuel Macron. 

En attendant, la France n’aura pas les réformes qui étaient déjà nécessaires en 1995, en 2002, en 2007, en 2012, en 2017 et en 2022. Et rien ne dit qu’elle les aura ensuite. La droite au sens large comme la gauche au sens large sont arrivées à convaincre les Français qu’en dépit de dépenses publiques atteignant aujourd’hui 57 % du PIB, le macronisme était en fait un ultra-libéralisme. D’où son inévitable échec. Ça promet.


Illustration de couverture : extrait du journal personnel du roi de France Louis XVI. 

23 réflexions sur “Politique FR : il ne se passe RIEN, tout le monde attend 2027…

  1. Excellent diagnostic.
    Deux petits points en complément :

    vous avez oublié la montée en grade d’Alfred Dreyfus dans votre inventaire à la Prévert, qui pourrait n’être qu’un sens des priorités pour le moins particulier mais qui est surtout une scandaleuse façon de ne pas s’occuper réellement de la montée de l’antisémitisme.

    82% de personnes non satisfaites, ça signifie que 18% sont contents ! Soit à peu près son score au premier tour en 2017…

    • De Gaulle avait raison, les français sont des veaux (moi y compris) ! La ficelle est vieille comme l’univers, il faut détourner les esprits du principal pour qu’ils s’occupent du secondaire. « Donnons leur à disserter sur Dreyfus » pendant ce temps là on continue à faire notre petite popotte.

      Question à Madame MEYER : pouvez-vous nommer une personnalité qui à vos yeux aurait suffisamment d’aura, de charisme, de volonté et de courage pour prendre en 2027 les rênes de l’attelage et imposer les solutions impératives pour sortir ledit attelage du purin dans lequel depuis des décennies nos brillants politiques l’ont mis ?

      • Bonjour, pardon de répondre à la place de Nathalie … je dirais David Lisnard. Mais, pour parvenir à être entendu par les français, il faudrait qu’à Monsieur Lisnard bénéficie d’une plus grande écoute médiatique.

  2. Dans l’inventaire à la Prévert, les femmes -éternelles oubliées- à « placer à égalité », pardon à « parité », sur la Tour Eiffel (scandale, il n’y a que des hommes !)… comme quoi, RIEN, c’est partout… Oups, je vais être traité de misogyne !
    Pour le reste, quel extraordinaire concours de circonstance a pu envoyer à la tête de notre pays un tel néfaste ? Incompréhensible 😒

  3. « même si l’Assemblée nationale actuelle, obtenue certes par scrutin majoritaire à deux tours, est presque proportionnelle dans sa représentation » … ¨
    Êtes vous certaine que dans une élection proportionnelle à un tour, les résultats de 2024 auraient donné la représentativité actuelle ?
    Je ne sais pas si la proportionnelle est une bonne chose,, mais à mon sens, et sauf magouille de prise en compte ou de calcul des votes, les résultats seraient sensiblement différents.

  4. Excellent diagnostic d’atmosphère.

    Il ne se passe rien depuis très longtemps en France et même avant 1995 sauf que effectivement il y avait l’opportunité et les moyens financiers de faire des réformes structurelles et de réduire judicieusement la fiscalité des entreprises dans les années 90. Et pas besoin d’évoquer le régalien qui devrait être la préoccupation fondamentale pour garantir nos libertés, là aussi rien ! D’ailleurs échauffourées et destructions sont attendus et prévus à chaque occasion et là aussi inéluctablement, rien ne change
    Et si vous lisez la presse et les divers médias concernant la France, en fait il n’y a rien d’important, que du futile, de l’accessoire, du mauvais spectacle avec de mauvais acteurs.
    Ou alors des prétentieuses envolées qui nous dépassent totalement comme d’agir sur la planète, les océans, l’univers tant qu’on y est, se prémunir de l’arrivée des martiens, entretenir la peur de la submersion chinoise ou de l’IA…
    Reste que le sport ou l’actualité étrangère (à condition qu’elle ne soit pas trop censurée par la propagande).
    Assez symbolique le festival de Cannes, le cinéma Français tellement convenu n’est plus rien sauf connivences subventionnées entre bonnes personnes qui se préoccupent de tout sauf en fait de leur métier. D’ailleurs je me plais à rappeler qu’il n’y a que 53 sur 164 pays dotés d’un ministère de la Culture et depuis 1959 année de notre création franchouillarde, l’Art Français en général (référence mondiale auparavant) n’a cessé de décliner…pour aboutir à presque rien.

    20 juin 1789 serment du jeu de paume pour création de l’Assemblée Nationale chargée d’établir une constitution, le roi était déjà à la chasse…

  5. Merci pour cet article, si juste, si désespérant. Je n’ai aucune confiance dans nos femmes et hommes politiques et je vois comme tout le monde à quel point elles et ils manquent de conviction et de courage. Cela ne me dérange aucunement de les voir jugés avec sévérité par des commentateurs de tous horizons pour peu que leur position soit argumentée. Mais tout de même, in fine, le problème c’est bien nous, les Français. Non ?

  6. Je suis quand même étonnée de lire qu’il ne se passe RIEN, RIEN, RIEN ! Nathalie et ses honorables commentateurs et tateuses, ont-ils oublié qu’en 2019 s’est tenue une « Convention citoyenne pour le Climat » devant 150 personnes tirées au sort parmi 300 000 volontaires ?
    Etaient intervenus : un ministre, 2 élus, 11 hauts-fonctionnaires, 2 militants associatifs, 15 partenaires sociaux, 14 juristes et politistes,13 économistes, 3 sociologues, 13 militants d’associations écologiques, 18 représentants du monde des affaires, 10 scientifiques, 2 architectes, 2 journalistes, 1 prospectiviste, et j’en passe.
    Les 150 participants ont écouté 107 interventions « dont le but était d’exposer à des personnes ignorantes du sujet la problématique du climat et les solutions envisageables, laissant aux participants la rédaction de recommandations pour que la France contribue de manière significative à la lutte contre le réchauffement climatique..; »
    Et tout ceci ce serait donc RIEN ?
    5source : Jean de Kervasdoué « Les Écolos nous mentent ? » – Albin Michel – 2021

    • @Mildred: Faire de la politique, pouah ! Non, merci ! Qui est-ce que ça fait encore rêver la politique ?

      Allez, petite expérience de pensée : le grondement puissant et enivrant d’une Harley-Davidson superbement chromée vous porte sur la Route 66, où chaque coup d’accélérateur fait vibrer l’asphalte et votre âme.

      Selon vous, qui est au guidon ?
      (a) un homme politique
      (b) une femme politique
      (c) un paquet de lessive

      Si vous avez répondu François Hollande, c’est que vous êtes Julie Gayet et dans ce cas je vous souhaite bon courage. Si vous avez répondu « un paquet de lessive », félicitations : vous venez de rejoindre 100 % des sondés ayant encore un minimum de lucidité.

      La politique ? Très peu pour moi. Moi, j’ai une ambition. Une vraie. A la hauteur de la discrète idée mégalomaniaque que je me fais de mon destin. Je veux accompagner mon siècle et vivre la seule expérience forte susceptible de combler à la fois mes aspirations entrepreneuriales et mon sens du service public : créer une autorité administrative indépendante. Pour être précis, je travaille depuis plus d’un an sur un projet de Haute Autorité. Ça devrait voir le jour dans six mois à un an, je vous donnerai des nouvelles.

      Mon rêve ? 15 000€ nets par mois, zéro responsabilités, un chauffeur, une voiture électrique avec batterie rechargée au diesel, et mes réunions de COPIL sur l’Ile de Porquerolles entre un atelier de pleine conscience animé par Nathalie Loiseau et un symposium sur la neutralité carbone des imprimantes 3D. Bon sang, c’est ça la vie !

      Après, je m’achète la Harley et, promis, je vous fais une petite place à l’avant du paquet de lessive pour vous remercier de me lire jusqu’au bout. Je vous tiendrai au courant, parce que ce projet — aussi délirant qu’il paraisse — avance vraiment (mystère …).

      • Je souhaite que tous ceux (et celles) – très nombreux – qui vous liront jusqu’au bout, aient la joie de vivre la même « petite expérience de pensée » que moi et vous entendent leur chanter :

  7. Votre article décrit magistralement le pourrissement de la situation française. La question est de savoir si cette oppressante inertie précède une tempête dévastatrice ou une lente agonie menant enfin à l’ultime Idéal Politique inconscient de la France : la Gran República Bananera. Hombre !

    Cela dit, je vous trouve un peu dure avec François Bayrou. Au gouvernement, c’est lui le meilleur, ce qui, convenons-en, n’est pas un exploit. Sa proposition de « demander un effort aux Français » est la plus raisonnable dans le contexte. L’alternative n’est pas le « moins d’impôts, monsieur le bourreau » auquel nous rêvons tous ici. Cette attente est aussi utopique que le retour du Christ en jet-ski sur les Champs-Élysées, tant l’ADN de notre société reste foncièrement socialiste.

    La véritable alternative à Bayrou, c’est : « faisons porter le fardeau sur les mêmes, avec quelques coups de fouet en prime ». Il suffit d’écouter notre ministre de l’Économie, avec ses discours de commissaire politique façon soviet suprême de contribuable rôti.

    Je sais que ce propos sera impopulaire, et pour une fois je n’ironise pas, mais je considère Bayrou comme la voix de la sagesse dans une majorité en perte de repères. Bien sûr, je préférerais Nathalie MP comme Première ministre, voire présidente. Mon vote vous est acquis, je suis même prêt à porter des T-shirts à votre effigie. Mais la France de 2025 c’est un film de Fellini, voire de Pasolini.

    Je salue aussi la volonté d’instituer un scrutin proportionnel. Hostile à la Ve République, je soutiens toute réforme de son mode de scrutin. Ce régime nous a certes épargné les petits jeux de la IVe, mais pas ceux de la dissolution de 2024. Connaissant les roueries de cette majorité, j’attends de voir les détails. Ma préférence va à un système à l’allemande, mixant proportionnelle et majoritaire : l’équilibre idéal.

    Côté LR, comme toujours, c’est la surenchère sécuritaire. Pour la droite la plus socialiste du monde, priorité au tout-répressif, à la vidéosurveillance, au flicage. Comme si Macron n’en avait pas déjà assez fait ! Ne soyons pas dupes : avec les LR comme avec Macron, tout cet arsenal liberticide ne visera que les honnêtes gens, i.e. ceux qui sont solvables, pendant que les autres continueront à saccager les magasins en touchant leur AAH et leurs APL.

    Non, croyez-moi, dans ce Frankenstein gouvernemental c’est encore Bayrou le meilleur.

  8. Chère Madame,

    Il se passe un rien hormis un détail. Toute l’élite intellectuelle (cadre, ingénieur, chercheur, entrepreneur) qui œuvre dans le privé s’en va, rêve de partir ou cherche à partir.

    Cet exode aura des conséquences irrémédiables sur le très long terme. Pensez aux horlogers protestants français qui ont fuit en Suisse après la révocation de l’édit de Nantes.

  9. La Suisse : première communauté française à l’étranger. Quelques points positifs : salaire médian à 6 500 euros, fiches de paie microscopiques, médecins disponibles immédiatement, insécurité au plus bas. Quelques désagréments : par exemple, quand il vente trop fort, ils arrêtent le jet d’eau de Genève. Voilà. C’est dit

      • @Mildred : Oui, je connais la série « Frieden ». Enfin, « connaître », c’est un peu fort : j’en ai vu quelques extraits en ligne, par pure curiosité. Je ne regarde pas la télé, et les séries me laissent à peu près aussi enthousiaste qu’un menu sans sel.

        Dès qu’il est question d’histoire, j’ai l’impression que le cinéma (la télé c’est pire encore) trahit systématiquement l’atmosphère d’une époque. C’est comme vouloir recréer une guinguette avec de la musique d’ascenseur : techniquement, c’est propre, mais souvent à côté de la plaque.

        Je n’étais pas né à l’époque des faits racontés dans Frieden, mais j’ai vu quelques minutes du biopic sur Tapie, et franchement, j’ai trouvé que les décors en carton-pâte sonnaient plus vrai que les dialogues.

      • @Lionel : Quant à moi, qui étais née à l’époque des faits racontés dans FRIEDEN, je me rends compte à quel point l’existence de témoins de cette époque peut déranger même les historiens – j’allais écrire surtout les historiens – qui préfèrent pouvoir réécrire l’Histoire à leur manière.

      • @Mildred: De cette période, je ne connais que l’arrivée en Suisse de la (grande) psychanalyste Alice Miller (aucune parenté avec le français Gérard Miller dont la trace dans l’histoire se limitera à quelques rediffusions tardives sur LCP, entre un débat sur la dette grecque et un documentaire sur la betterave). À ma connaissance, Alice Miller n’a jamais dit de mal du pays, malgré son statut de réfugiée. Je crois même qu’elle en était reconnaissante. Et pourtant elle n’avait pas peur de la controverse !

        Mais vous, au fond, que reprochez-vous aux scénaristes ? Hormis, bien sûr, leur usage compulsif des stéréotypes, un scénario cousu de fil blanc et cette passion désarmante pour les rebondissements téléphonés au tarif longue distance. Au passage, vous ne la trouvez pas remarquable cette facilité avec laquelle j’en parle sans en avoir vu plus de dix minutes ?

  10. Euh 2027, c’est pour les élections ou le défaut de paiement ?
    De mon point de vue, en attendant qu’il ne se passe rien avant le défaut de paiement, on peut toujours aller à la pêche en Suisse…

    • @Mildred: Ça me fait plaisir de vous lire aussi. Ce blog, c’est vraiment un endroit magique : on y vient pour les articles de Nathalie et en chemin on croise des gens très sympas. À ce rythme-là, je vais finir par y ouvrir une buvette avec jus de carotte bio et chips éco responsables (à télécharger au format PDF).

    • @Tino: 2027, l’année où les urnes décideront si on fait la fête ou si on se retrouve à chanter en karaoké sur TikTok pour payer les factures ! En Suisse, les lacs ne manquent pas. Sur le Léman, on trouve la fameuse perche, parfaite en friture, et toujours prête à être tendue quand la conversation commence à flotter.

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