TRUMP 47 : ça commence MAL

Le 45ème et dorénavant 47ème président des États-Unis, le Républicain Donald Trump, n’est en fonction que depuis six semaines. Les fameux cent jours à partir desquels on aime analyser la dynamique d’un nouveau gouvernement ne sont même pas atteints et il pourrait sembler hasardeux, voire absurde, de porter un jugement sur les premiers pas de la nouvelle administration américaine. C’est pourtant le président Trump lui-même qui nous y invite.

Dans son long discours sur l’état de l’Union prononcé avant-hier (mardi 4 mars 2025) devant le Congrès, il s’est prévalu des 100 décrets et des 400 mesures exécutives qu’il a signés ces dernières semaines pour se rallier à l’opinion exprimée par « beaucoup » que ses premiers jours à la Maison-Blanche ont été les plus réussis de toute l’histoire des États-Unis ! Encore mieux que George Washington, c’est dire !

De quoi se sentir à l’aise pour examiner dès maintenant si le nouvel « âge d’or de l’Amérique » promis par Donald Trump est effectivement en vue.

1 · Le DOGE et les équilibres budgétaires

Selon mon tropisme libéral conjugué à la désespérante trilogie française « dépenses- impôts-dette », c’est avec un grand intérêt que j’ai vu arriver la mise en place du DOGE, ou Département de l’efficacité gouvernementale, dont le principe de réduction des dépenses inutiles ou non pertinentes pourrait utilement inspirer la France. Il faut savoir que si les dépenses publiques américaines ne représentent au total que 37 % du PIB et si, parmi elles, les dépenses de l’État fédéral (objet du DOGE) n’excèdent pas 23 % du PIB, la dette publique des États-Unis atteint quand même environ 125 % du PIB. D’où un ambitieux programme de « chasse au gaspi » piloté par Elon Musk dans les entités fédérales américaines.

Le problème, parce qu’il y a problème, c’est d’abord que ce programme a été mis en œuvre de façon tellement brouillonne qu’on a vu des personnels licenciés être réembauchés quelques jours plus tard, que les annonces triomphalistes sur les économies réalisées se sont accompagnées d’erreurs de débutants (par exemple l’affaire des préservatifs prétendument distribués dans la bande de Gaza pour 50 millions de dollars) et que les sommes effectivement économisées pour l’instant sont très en-deçà des annonces en question.

Le Wall Street Journal indiquait fin février que les 55 milliards de dollars de réduction de dépenses avancés par l’administration Trump ne se montaient en fait qu’à 2,6 milliards, comme le montre le schéma ci-dessous :

À noter que seulement 2 % de ces économies correspondent à des coupes dans les programmes « woke » de DEI (diversité, équité et inclusion). Autant je suis parfaitement alignée sur Trump quand il dit dans son discours que les médecins, les comptables, les avocats ou les contrôleurs aériens doivent être recrutés et promus sur la base de leurs compétences, pas en fonction de leur sexe ou de leur origine ethnique, autant il semblerait que son affirmation selon laquelle il a mis « fin à la tyrannie des politiques dites de diversité, d’équité et d’inclusion dans l’ensemble du gouvernement fédéral » soit quelque peu exagérée. Ou alors il faut croire que ces politiques représentaient finalement peu de choses dans la totalité des dépenses fédérales.

À noter également qu’Elon Musk, en charge du DOGE, est lié à l’État fédéral (au Pentagone, notamment) pour environ 38 milliards de dollars de contrats sur plusieurs années à travers ses entreprises Tesla (véhicules électriques) et Space X (espace). C’est exactement ce qu’on appelle être juge et partie, sans parler de toutes les dérives vers le capitalisme de connivence que sa position lui permet.

À noter enfin que la Cour suprême des États-Unis (dans laquelle six juges sur neuf ont été nommés par des présidents Républicains) a validé hier soir (mercredi 5 mars) par cinq voix contre quatre une décision de justice enjoignant au gouvernement fédéral de reprendre des paiements de l’USAID qu’il avait gelés pour 90 jours.

Le problème, c’est ensuite que malgré la médiatisation en fanfare de coupes budgétaires largement surestimées, les Républicains de la Chambre des représentants ont réussi à faire adopter une résolution budgétaire qui aura pour effet d’aggraver le déficit, non de le combler. L’unique représentant du camp Républicain ayant voté contre, Thomas Massie, a expliqué que face à des baisses d’impôt considérables, la réduction des dépenses n’était pas à la hauteur et conduirait à un déficit de l’ordre de 300 milliards de dollars par an :

Un vote définitif doit intervenir dans quelques semaines, le temps de mettre au point tous les détails de cet invraisemblable budget.

2 · Les « Tariffs », l’inflation par les coûts et la croissance

Donald Trump l’avait annoncé pendant sa campagne électorale : outre qu’il ne veut plus voir de fentanyl traverser ses frontières nord et sud (ce qui, pour le Canada, ressemble plus à un prétexte qu’à une réalité), il n’allait pas laisser les États-Unis se faire « escroquer par pratiquement tous les pays de la planète » par le biais du commerce international. Sa riposte est maintenant en place. Depuis mardi dernier (le 4 mars), le Mexique, le Canada et la Chine se voient appliquer des droits de douane de 25 % pour les deux premiers et de 10 % venant s’ajouter aux droits existants de 10 % pour la dernière. D’autres tarifs douaniers sont envisagés pour l’Europe et d’autres zones commerciales.

Tout libéral sait que ceci aura pour effet de renchérir le prix des produits d’importation pour l’acheteur, qu’il soit le consommateur final ou une entreprise qui a besoin d’importer certains éléments nécessaires à sa production. In fine, tous les consommateurs en pâtiront. Mais pour Donald Trump, qui a reconnu dans son discours qu’il pourrait y avoir quelques « perturbations » au départ, ces droits nouveaux seront payés par les exportateurs étrangers et, en remplissant les caisses de l’État fédéral, vont permettre de baisser les impôts des citoyens américains et protéger la production et les emplois. Un sacré changement de pied par rapport à l’époque (2018) où il signait, sous le nom de USMCA, le renouvellement de l’accord de libre-échange nord-américain avec le Mexique et le Canada.

Pourtant, dès l’annonce des nouveaux « tariffs », la bourse américaine a commencé à chuter, l’inflation donne à nouveau des inquiétudes et les prévisions de croissance de l’économie américaine sont revues à la baisse. En l’espace d’une semaine, l’agence de notation Moody’s est passée d’une prévision de 2,3 % à 1,2 % en taux annualisé pour le premier trimestre 2025. Quant aux entreprises américaines, elles tirent la sonnette d’alarme. Il semblerait cependant que l’industrie automobile ait été entendue : Trump a décidé hier soir (mercredi 5 mars) de lui accorder un répit d’un mois. « Afin qu’ils ne subissent pas de désavantages économiques » a précisé la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt. Tiens, tiens, il y aurait des désavantages économiques ?

On tombe à la renverse devant ce qui ressemble de plus en plus à un pilotage à la fois à vue et à tombeau ouvert. Mais ce n’est pas fini ! Quelques exemples de plus :

3 · Epstein, rougeole et poules pondeuses

La nouvelle procureure générale des États-Unis Pam Bondi avait assuré que les dossiers concernant Jeffrey Epstein, ce criminel sexuel accusé de trafic de mineures dans lequel plusieurs personnalités de premier plan seraient impliquées, étaient sur son bureau, qu’elle était en train de les passer en revue et qu’ils seraient ensuite divulgués. Selon le New York Post, les documents étaient susceptibles de contenir des révélations fracassantes, dont une liste des clients d’Epstein. Et de fait, après une intense campagne de « teasing » destinée à faire monter les attentes, il y eut bien divulgation de documents… tous moins intéressants les uns que les autres, dans la mesure où ils n’apportaient aucune information nouvelle par rapport à ce que l’on sait déjà de cette sinistre affaire.

De son côté, le secrétaire en charge de la santé des Américains Robert Kennedy Jr a entamé son mandat dans l’administration Trump par une épidémie de rougeole particulièrement ciblée au Texas. On compte à ce jour environ 150 cas confirmés et le décès d’un enfant d’âge scolaire, une première depuis dix ans. Connu pour sa croisade anti-vaccins, notamment parce qu’il fait un lien (infondé) entre vaccins et autisme, le secrétaire a commencé par expliquer tranquillement que ce type d’épidémie n’était pas inhabituel.

Mais devant la montée en puissance du phénomène et le constat que plus de la moitié des malades n’avaient pas été vaccinés, l’autre petite moitié ayant un statut vaccinal inconnu, il a fini par avaler son chapeau. Dans une tribune publiée il y a quelques jours sur Fox News, il encourage dorénavant les parents à faire vacciner leurs enfants contre la rougeole ! Autrement dit, la désinformation sur les vaccins vient de se fracasser sur le mur du réel. Inutile de dire que, tout comme pour les « Epstein Files », l’incompréhension est grande du côté des plus ardents supporters de Donald Trump.

À propos d’épidémie, n’oublions pas la grippe aviaire qui décime les poulaillers américains et fait caracoler le prix des œufs. Par chance, la secrétaire à l’Agriculture a une super idée à proposer à ses concitoyens pour contrer cette inflation du quotidien : et pourquoi n’élèveraient-ils pas leurs propres poules dans leur jardin ? On dirait qu’on a trouvé l’Aurore Bergé du Nouveau Monde !

Quant à la guerre russe en Ukraine, j’ai déjà parlé ici de l’inversion des valeurs américaines opérée par Donald Trump et son vice-président J. D. Vance, inversion qui leur fait exiger beaucoup de l’agressé et absolument rien de l’agresseur. Je n’y reviens donc pas plus.

Appréciation finale : peut mieux faire, comme on dit dans les écoles. Pour l’instant, ça commence plutôt mal, n’en déplaise à Mister Trump.


Illustration de couverture : le 45 et 47ème Président des États-Unis Donald Trump. Image Radio France.

36 réflexions sur “TRUMP 47 : ça commence MAL”

  1. Il est évident qu’il se dirige vers un désastre économique. Le retournement de ses soutiens risque d’être aussi brutal que Trump l’est lui même. Dans ce qui reste quand même une démocratie, on ne peut pas éliminer physiquement les oppositions comme le fait son idole Poutine. Et Trump devrait aussi se méfier d’oppositions extrêmes dans un pays (la population, les mafias ou l’état profond) où l’élimination du président est un sport national !

  2. Vous lui jettez beaucoup la pierre mais ne regardez que les cotés negatif.

    Il n’est là que depuis 2 mois et il a fait cessé la guerre à gaza et maintenant va faire cesser la guerre en ukraine. Certes il y a des pots cassés mais les resultats sont là.

    De plus, economiquement il as raison de proteger les USA par des barrieres douanieres, cela incite les entreprises a produire directement au USA

    VIVE TRUMP

    • Oui il va « faire cesser la guerre en Ukraine », mais à quel prix pour les Ukrainiens et l’Europe ? Facile d’arriver à un accord dans une négociation quand on s’aligne sur les positions de l’autre partie. Quand à Gaza transformée en Côte d’Azur ce n’est pas pour demain. Enfin, je n’entre pas dans la question économique mais les barrières douanières ne sont pas de bon augure. En tout cas pour un libéral c’est pas bon. Si les USA ont un énorme déficit commercial (comme la France) c’est du fait de l’abandon de leur industrie au profit des Tech et les barrières douanières (protectionnisme) ne rendront pas leur industrie plus compétitive.

  3. Lorsqu’on veut mettre fin à des années, des décennies de gouvernances mafieuses, il n’y a pas à s’étonner que les débuts soient extrêmement difficiles ca(r la bête immonde n’est pas encore morte. Il n’y a qu’à voir du côté français et du monologue de haute trahison hier de la part du dingue qui nous gouverne …

  4. Nathalie, un fumet de démocratophilie se dégage de votre papier.
    Les économies réelles du DOGE sont beaucoup plus importantes ; mettre un coup de pied dans le DEI, à lui seul est une révolution formidable.
    D’ores et déjà, les capitaux des Gafam se redirigent vers les US et moins vers la Chine.
    Ce que vous dites sur vaccin et autisme est factuellement faux. Le lien existe bien et une nouvelle étude le démontre.
    CELA FAIT 2 SEMAINES QUE L’ÉQUIPE EST EN PLACE !!!
    Un peu de patience, que diable !

  5. J’ai lu « Catholique » dans le pitch du blog alors je me permets :

    Mat. 7:16 « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons? »

  6. S’agissant de Robert Kennedy et des vaccins, je recommande l’écoute de sa conférence sur le Gardasil.
    https://odysee.com/@Usulz_reports:1/Presentaci%C3%B3n-sobre-Gradasil-por-Robert-F.-Kennedy-Jr.:c?r=52gCye6FZfU2sArVidjCWN844z8zDCp8

    S’agissant de Trump et de la guerre en Ukraine, je pense à ce slogan désuet : « Laissons une chance à la paix ». C’est pour ça qu’on a créé l’ONU, non ? mais aussi les forces d’interpositions, les corridors humanitaires, les conférences de paix, l’interdiction faite aux pays tiers de vendre des armes à des pays en guerre, etc.

    Aujourd’hui, Trump est le seul qui donne une réalité à cet espoir. Sinon, quoi d’autre? trois ans supplémentaires de guerre ? avec les mutilés, les morts, les destructions, la montée de la haine, les restrictions de liberté et la sur-imposition justifiées par la peur de l’ennemi ? Pour les européens, pour les ukrainiens, pour les russes et pour le monde entier : « let’s give peace a chance ». On a su le faire à plusieurs reprises pendant la guerre froide, on doit en être de nouveau capable. Merci à Trump de porter cet espoir.

  7. J’apprécie beaucoup le côté cowboy coup de pied au q de Mr Trump et de ses adjoints.
    Ensuite , j’apprécie le travail de Nathalie et la réflexion sous-jacente à ses exposés.
    J’ai « juste » un gros problème avec les commentateurs français sur Trump: sserait-ce juste le moyen de critiquer l’ailleurs pour ne pas s’en prendre à notre psychotique chef? A moins que sa dinguerie génère une crainte viscérale et que nul ne songe à l’affronter? Ce mec a démoli le pays, blessé et tué des gens normaux, assassiné des gentils adorateurs de faux vaccins, appauvri le peuple sous les taxes débiles, nous laisse envahir par des assassins, et il n’y a pas moyen de l’enfermer!

  8. Ce qui me parait le plus inquiétant est le silence « assourdissant » de la Chine. Poutine ne jouerait-il pas au chat et à la souris avec Trump ? Sur un ring quand l’adversaire a 10 ou 20 kg de plus il faut l’épuiser en le faisant courir. Poutine a un objectif mettre sous sa coupe l’Ukraine puis la Moldavie puis… Et l’Europe ? Malgré les rodomontades de Macron qui retrousse ses manches pour nous montrer ses petits biscotos elle a depuis longtemps perdu la partie et l’affaire se conclura sans elle et au détriment de ses intérêts.

  9. Sans aucun doute « Trump 47 : ça commence mal  » comme vous le dites, chère Nathalie.
    Mais la sagesse populaire – si on est encore en droit de s’y référer – ne dit-elle pas que c’est après le foire qu’on compte les bouses ?
    D’autre part, en continuant de vous lire, je me demandais quel Américain pourrait tenir rigueur à son Président de vouloir « remplir les caisses de l’État fédéral » et ainsi « permettre de baisser les impôts des citoyens américains et protéger la production et les emplois » ?
    Pour le reste, je crois que je ne vous apprendrai rien en vous disant que nous avons eu, nous aussi, notre lot de scandales sexuels, vaccinaux et autres.
    C’est donc avec une certaine impatience que j’attends votre analyse du dernier discours de notre Président qui a l’air, lui aussi, de faire perdre la boule à pas mal de monde, chez nous, en France.
    Bien à vous.

  10. Merci pour cet article qui apporte des éléments précis sur les conséquences qui peuvent être redoutées de la politique de Trump et qui montre la cohérence de votre ligne (sans qu’on soit obligé de la partager sur tous les sujets).
    Pour les commentaires pro Trump je suis sidéré par la sympathie que produit chez certains un homme qui revendique vouloir nuire à notre (leur ?)pays (l’article nous montre que ses mesures nuiront aussi au sien), qui veut annexer le Canada, le Groenland… et qui veut laisser les main libre à un criminel de guerre qui frappe les populations civiles et enleve leurs enfants ce qui c’est quand même le pire de l’inhumanité. Il est clair qu’une certaine droite reste fascinée par l’autorité et les régimes forts. Le libéralisme n’est que leur cheval de Troie. Quand aux fans de Lennon qui entonnent all we are saying is give peace a chance, ils n’ont pas fini de chanter. Après l’Ukraine ils en auront l’occasion pour l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, plus tard pour la Pologne et peut-être un jour pour la France.
    À tous ceux qui se réjouissent de ce « nouvel âge d’or », sérieusement, pensez vous en conscience qu’on va vers le beau temps ?

    • 1 / Il n’est fort que de nos faiblesses.
      2 / poutine criminel ? oui certes, et la chine pareil, la corée du nord, et aussi toute les autres dicatature avec qui on traite tous les jours sans sourciller.

      3/ Et non Trump n’est pas autoritaire, il est élu par une large majorité d’américains que cela vous plaise ou non

      • La Russie incapable de vaincre l’Ukraine avec une économie de guerre et un surnombre numérique serait bien incapable de s’attaquer à l’Europe,ce n’est qu’un prétexte pour nous faire les poches encore plus profondément

    • M’enfin, il n’y a rien rien de choquant qu’une guerre américano russe se conclu par un accord de paix entre…. américain et russe, pour ce qu’il en est de l’Europe la grenouille le boeuf La Fontaine tout ça. Poutine va annexer, non conquérir tout les pays de l’est, ah bon ? D’après les mêmes, il y a trois mois son armée était à l’agonie, il recrutait en Corée du nord, son armée équipée de balai à chiotte avait été incapable de tenir l’engagement qu’il avait fait de rallier Kiev en 3 jours et maintenant il serait en mesure de traverser l’Ukraine, la Pologne, l’Allemagne, et de poser ses chars autours du périph, un peu de sérieux de grâce, la Russie a envahi l’Ukraine ou du moins essayée mais sur les 40 dernières années qui est intervenu ou attaqué d’autres pays ? Ah j’oubliais les armes de destruction massive, la lutte contre les dictateurs, l’émancipation des peuples, la propagation par les armes des fameuses, fumeuses valeurs universelles

  11. Le plus gros mensonge (ou l’ultime illusion?) concernant la guerre en Ukraine consiste à propager l’idée que nous serions dans une répétition de la 2nde guerre mondiale et que la seule solution souhaitable serait un écrasement total de l’ennemi.

    La réalité est que la grande majorité des guerres du passé se sont terminées par des traités, par des accords diplomatiques. L’objectif des USA version Trump consiste à négocier un de ces traités afin de mettre un terme à une guerre meurtrière qui s’éternise.

    Les partisans de « la paix par la guerre » doivent nous expliquer quels sont leurs objectifs, de manière réaliste, parce que pour l’instant on voit uniquement une lente mais certaine progression de l’armée russe avec son cortège de morts et de destructions.

    Défendre l’espoir de paix c’est de la realpolitik. Défendre la « paix par la guerre » c’est au contraire de l’idéologie folle et aveugle. Je suggère que les partisans de « paix par la guerre » aillent eux-mêmes ou leurs enfants sur le front confronter leurs rigidité idéologique à la réalité du terrain. Mais sans doute préfèrent-ils sacrifier des ukrainiens. Qu’ils ne se fassent pas d’illusions, les morts de là-bas créent une dette non financière que nous devrons payer un jour.

    • Trump 1, Europe 0 : les 27 pays de la communauté européenne sont en train de redécouvrir l’adage « qui veut la paix prépare la guerre » et l’impératrice Ursula prévoir une enveloppe de 800 milliards mais qui sera le grand gagnant de cette manne ? Trump et l’industrie de l’armement américaine puisque pour ne prendre que l’aviation seuls 2 pays de l’U.E. achètent des Rafales, les autres achètent des F35… Quand on sait aussi qu’il faut l’aval des E.U. pour pouvoir utiliser leurs armes, donc en achetant Trump l’U.E. est pieds et poings liés.
      Trump est pressé de signer la paix pour pouvoir exploiter les terres rares en Ukraine c’est pourquoi le danger d’une extension de la guerre comme le prône Macron est nul, je vois mal l’exploitation des mines avec les bombes et missiles passant au dessus.

  12. Je veux bien accepter un à priori défavorable sur Trump qui est rentré en mandat le 20/1 mais tout de même sachons raison garder.

    M. Musk est donc à la tête du DOGE et « a déclaré que son objectif était de trouver 1 000 milliards de dollars d’économies. Le budget fédéral devrait atteindre environ 7 000 milliards de dollars cette année.
    D’après son site web, seule fenêtre officielle sur ses activités, la DOGE affirme avoir économisé 105 milliards de dollars aux contribuables américains au 2 mars grâce à une série d’actions, notamment des réductions d’effectifs, des ventes d’actifs et des annulations de contrats.
    L’équipe de M. Musk (en fait c’est Amy Gleason qui dirige), s’est attaquée à des pans entiers de la bureaucratie fédérale , vidant certaines agences de leur substance et semant la panique parmi les 2,3 millions d’employés civils de l’administration.  »
    (Point au 5 mars)
    https://bourse.boursobank.com/bourse/actualites/qu-est-ce-que-doge-d-elon-musk-combien-d-argent-a-t-il-permis-aux-contribuables-americains-d-economiser-40992ba45a851a62fc15a579a5f6884b
    En fait la technique est celle utilisée par Reagan,  » Budget base zéro » : Toutes les dépenses doivent donc être justifiées puisqu’on attribue à chaque poste budgétaire une valeur 0 et que l’on ne l’augmente qu’au vu des résultats attendus dûment démontrés.
    Cela déclenche une panique et les détracteurs font croire que le monde va s’écrouler ou que c’est brouillon (ben ouais pas besoin de dizaines de powerpoints pour sévir en fait c’est dans l’autre sens les preuves), n’empêche que la technique a prouvé son efficacité d’ailleurs comment en serait-il autrement, il y a tellement de gras et tant d’agences qui se gavent depuis des décennies dont les prestations sont reconduites par connivence, habitude sans la moindre évaluation. (idem chez nous sauf qu’aucun de nos politiques a au minimum déclaré cette guerre là).

    « laisser les États-Unis se faire « escroquer par pratiquement tous les pays de la planète » » comme les chinois qui espionnent la conception des puces électroniques (dt les US sont leaders encore pour longtemps) ou les européens qui travaillent peu (comparer rien que les congés annuels ou maladie EU-US) et estiment encore devoir bénéficier d’une défense ad’hoc et pour longtemps, faut pas pousser !
    En fait la secousse brutale, c’est stimuler la concurrence non ? Quoi de plus libéral ! Oui ça secoue les marchés mais ils se sont tellement gavés eux aussi !

    Attribuer l’épidémie de rougeole à Robert Kennedy Jr déjà en recrudescence depuis le début des années 2000 est un peu rude surtout qu’il s’est déclaré pour cette vaccination qui a démontré son efficacité, ce n’est pas le cas de tous les vaccins…COVID par exemple…pense-t-il…et il y en a là aussi qui se gavent outrageusement.

    Wait en see comme on dit !

  13. La gouvernance par la peur, méthode fort éprouvée et très probante.

    On masque, on tait, on occulte, on travestit, on digresse et on désigne à la vindicte populaire le candidat idoine, qui dérange, qui contrarie la tendance en place.

    Le vilain impérialiste qui s’en va nous conquérir le Canada, le Groenland, de concert avec le vilain ogre russe qui briguerait les pays baltes, la Pologne, etc..

    A quand la planète Mars ?

    Au nom de cette démocratie si opportunément louée, certains sont prêts à la confrontation ultime.

    Ne nous trompons pas de danger. Le nôtre est bien tapi au 55, rue du Fbg St-Honoré.

    Cet histrion mégalomane, ce fossoyeur est à écarter de toute urgence.

  14. Tout le monde français pleurniche sur les droits de douane que Trump impose oubliant un petit détail : depuis Giscard la France taxe toutes les importations, y compris américaines de 20% en ce moment ! Pour nous tromper il a baptisé çà TVA, qui n’existe pas aux USA. Trump nous rend la pareille et il n’y a pas lieu de pleurnicher. Les points positifs subsistent à travers le fait que Trump veut la paix en Ukraine, contrairement aux européens qui racontent l’invasion russe à leur manière sans s’encombrer de la réalité qu’est l’agressivité de l’OTAN à son égard. Enfin vous ne semblez pas comprendre la technique de Trump, homme d’affaires et pas politique mou, qui tape d’abord et ajuste ensuite : ce n’est pas de la violence c’est de la compréhension de la manière de négocier avec les cons que nous sommes. Et vous ne dites de rien de son combat pour la liberté d’expression. Bref, malgré ce que vous dénoncez Trump m’apparait comme un bol d’air frais qui bouscule nos vieux politiques. Il défend son pays contrairement à Macron.

    • Le bol d’air frais vient de faire chuter les bourses américaines dans des proportions bibliques, qui plus est sans avoir encaissé un seul droit de douane, ses prétentions à rétablir le « free speech » aux États-Unis sont tous les jours démenties par ses foucades d’enfant capricieux contre tel ou tel organe de presse non aligné avec sa politique, et on ne compte plus les mensonges proférés par lui ou ses yes-men tant au niveau du DOGE qu’à l’international (voir, exemples parmi une foultitude d’autres, ses récentes déclarations sur le Japon, ou sur le déclenchement de l’article 5 de l’OTAN)

      —> « la technique de Trump, homme d’affaires et pas politique mou, qui tape d’abord et ajuste ensuite : ce n’est pas de la violence c’est de la compréhension de la manière de négocier avec les cons que nous sommes. »

      Très révélatrice comme remarque : vous voulez un homme « fort » qui vous dit tout ce que vous devez faire et penser. Un despote prétendument éclairé, face à des citoyens considérés comme des êtres inférieurs. Pas mon idée du libéralisme.

      —> « Arrêtez de regarder la télé et ouvrez les yeux, vous êtes 90% hors réalité »

      Alors merci pour vos conseils, mais primo je n’ai pas la télé et secundo, vous-même et la vaste majorité des commentaires de ce fil me confirment ce que je sais depuis les débuts de ce blog et que j’ai eu l’occasion d’écrire dans un article de 2016 :

      « Lorsque vous tenez un blog avec l’ambition de suivre l’actualité à travers une lunette libérale, vous êtes confronté à deux situations en apparence opposées mais aussi ambigües et désespérantes l’une que l’autre.
      Soit (…) le gouvernement est de gauche et il pratique avec enthousiasme une politique typiquement socialiste selon la trilogie ‘lubies écolo-sociétales, dépenses, impôts.’ Vos réflexions sur le sujet sont par conséquent peu amènes, voire carrément atterrées, ce qui a le don de vous attirer la sympathie de personnes qui détestent les socialistes mais ne sont pas nécessairement très libérales.
      Soit (…) le gouvernement est de droite et il pratique une politique de droite selon la formule ‘un petit pas libéral en avant, trois grands pas étatistes en arrière.’ Vos réflexions ne sont guère plus favorables qu’avant, ce qui a le don de vous attirer assez rapidement l’antipathie de tout le monde : celle des gens de gauche car le libéralisme au volant c’est la mort des petits moutons sans défense au tournant, et celle des gens de droite car le libéralisme au volant c’est la mort de Dieu et de la morale au tournant.
      Le point de vue libéral s’avère donc assez peu confortable, mais il a le mérite de mettre en évidence le fait que les deux grandes tendances qui s’affrontent dans l’arène politique, à savoir la gauche et la droite, partagent en réalité une même détestation pour la liberté et un goût commun pour l’ordre imposé d’en haut. Seule la nature de l’ordre en question diffère : la gauche veut imposer son ordre progressiste et la droite veut imposer son ordre conservateur. »

      • Si nous sommes ici Nathalie c’est que nous avons une sensibilité pour le libéralisme que vous défendez. Mais il s’agit juste de reconnaitre au moins un point positif à Trump ce que vous refusez de faire , dommage.

      • Effectivement, je ne suis plus très bien les propos de Nathalie. A moins que ceux de nos parlementeurs aient influencé les siens. Le coup de pied au q de Trump change la donne. Nous avons assez à faire avec notre dingo

      • Merci Nathalie pour cette mise au point que je partage totalement. J’en profite pour dire à DURET que la TVA n’est pas comparable à des droits de douanes. Et on verra bien si la théorie économique des économistes libéraux (comme Friedman) sera mise en échec par la politique commerciale de TRUMP. Il semble du reste que les marchés financiers américains commencent à douter de cette politique.

  15. Reportez-vous à l’évolution du CAC et du Dow Jones entre 2016 et aujourd’hui, je préfère l’évolution DJ et singulièrement 2016-2020 ou depuis 11/24. Si seulement on pouvait bénéficier des mêmes performances…
    L’OTAN c’est mort !
    Le spectre politique français, c’est étatisme de l’extrême gauche à l’extrême droite donc analyse inutile pour des libéraux !

    Trump c’est un style, un univers que commente Laurence de Charette dans Le Figaro :
    « Mon style est assez simple, et direct. Je vise très haut, puis je ne cesse de pousser, pousser, pousser pour obtenir ce que je veux. »
    Donald Trump n’a jamais fait confiance aux enquêtes marketing ni aux sondages, dont il se moque allègrement. « Je fais mes propres sondages […]. Je demande, et je demande, et je demande, jusqu’à ce que je commence à avoir une intuition à propos de quelque chose. »
    (Churchill disait qu’il ne faisait confiance qu’aux statistiques qu’il avait lui-même falsifiées.)
    « Mettre l’interlocuteur dos au mur et l’obliger à négocier », « montrer sa force, être sauvage, insensé même », ne pas hésiter à « rompre la négociation pour reprendre le pouvoir ». etc…

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