Carburants : taxer plus vert pour taxer plus !

Vous connaissez certainement le « greenwashing ». Je veux parler de cette tendance audacieuse de certaines entreprises – privées, évidemment, à ce niveau de perfidie – à « laver plus vert », c’est-à-dire à profiter de l’engouement actuel – que dis-je ! de la ferveur quasi-religieuse en faveur de l’écologie – pour mieux vendre leurs produits sans y apporter de contenu écologique véritablement palpable. Rien que de la pub et du marketing pour faire encore plus de profits !

Un tel niveau de tromperie ne pouvait laisser l’Etat français indifférent. On sait à quel point il est toujours aux avant-postes pour protéger les malheureux consommateurs des abus sournois du grand capital. C’est ainsi que l’ADEME, notre agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, a pondu un guide pour dénoncer les comportements coupables et « réconcilier les messages de communication et l’écologie. »

On y apprend donc que le greenwashing consiste, en substance, à :

Utiliser l’argument écologique ou l’argument du développement durable alors que l’intérêt du produit pour l’environnement est minime. 

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A voir se dérouler la polémique sur la hausse des taxes sur les carburants qui fait rage depuis quelques semaines, on se demande si le gouvernement Macron-Philippe ne ferait pas bien de consulter son propre document et de s’appliquer à lui-même les excellents préceptes qu’il est toujours prêt à recommander, voire imposer aux autres. 

Au passage, on remarquera à quel point le gouvernement a un chic consommé pour s’empêtrer dans des décisions qu’il est incapable de défendre de façon argumentée sauf à dire et répéter en boucle qu’il assume, qu’il est courageux, que la planète ne peut plus attendre, qu’il n’y a pas le choix et que tout le reste n’est que démagogie – pour reprendre un florilège des éléments de langage diffusés par le gouvernement depuis quelques jours.

Mais franchement, quand on entend le ministre de l’économie Bruno Le Maire nous jouer chez Bourdin (vidéo, 01′ 23″) le sketch de l’empathie profonde sur le mode « Ich bin ein Berliner », on se demande qui est démagogue :

« Nous sommes tous des automobilistes ! » s’exclame-t-il, faisant mine de comprendre la colère des Français. Et de se lancer dans une tirade du style « je raconte ma life » sur son 5008 diesel qu’il a changé pour passer à un 5008 essence parce qu’il ne voulait pas que son véhicule émette trop de particules fines. Et de raconter que son plein, il le sent passer pour son portefeuille !

Et de conclure, sans la moindre honte et sans aucun rapport avec la choucroute :

« Les Français aiment la voiture et j’aime la voiture ! »

Quand je vous disais que ce Bruno, grand benêt de Bercy s’il en est, mérite haut la main le prix spécial du jury des contribuables pour son gnangnan politique !

Qui croit-il duper de cette façon ? Il est possible que les Français aiment la voiture, mais il est surtout évident que ce moyen de transport est souvent le seul qui puisse assurer les déplacements d’une multitude de familles pour leur travail, pour l’école de leurs enfants, pour leurs courses et leurs diverses activités sociales, sportives ou culturelles.

Il est également évident que les constructeurs améliorent leurs modèles en permanence et que le parc évolue petit à petit vers des véhicules de plus en plus propres et de moins en moins consommateurs d’énergie sans qu’il soit nécessaire de forcer le pas en taxant à tout va.

Et il est surtout évident que tout est fait pour amener les Français à abandonner la voiture au profit de transports en commun pas toujours disponibles – qu’ils soient inexistants, archi-bondés ou en grève – et de mobilités douces, sans doute agréables quand on est célibataire à Paris, mais qui sont loin de rendre tous les services de la voiture aux nombreuses familles installées hors des centres-villes.

Sans compter que toutes les entreprises qui intègrent une logistiques de transport ou qui utilisent du carburant non routier (pour les machines de chantier, notamment) sont touchées.

C’est dire si Bruno Le Maire nous amuse avec son 5008 essence puisque dans le plan du gouvernement, il ne s’agit plus seulement de remettre à parité le diesel et l’essence, mais de pousser au changement global de comportement par hausse de tous les carburants via une fiscalité dissuasive qui va se poursuivre jusqu’à la fin du quinquennat. Pour 2019, ce sont respectivement 6,5 et 2,9 centimes en plus par litre qui viendront encore alourdir le prix du diesel et de l’essence.

Donc les automobilistes grognent, notamment ceux qui sont le plus dépendants de leur voiture dans leur vie quotidienne et ils s’organisent via les réseaux sociaux pour se faire entendre lors d’une manifestation très relayée prévue le 17 novembre prochain. Déjà mécontents de se voir limités à 80 km/h sur les routes nationales au prétexte fallacieux de « sauver des vies », ils observent maintenant avec angoisse que le prix des carburants ne fait que grimper, et pas seulement à cause de la hausse récente du prix du baril, impactant à la baisse leur pouvoir d’achat.

Pour Jérôme Fourquet de l’IFOP, dont le tableau de bord de novembre 2018 note que le prix des carburants est le premier sujet de conversation des Français :

« Ce n’est pas une révolte de nantis ni de défense d’un statut, souligne-t-il. C’est la révolte du salarié qui n’a pas d’autre choix que d’aller bosser en voiture et qui se sent taxé de façon injuste. »

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Voulant déminer le terrain, le gouvernement s’est donc mis à faire de la « pédagogie ». Et c’est là qu’on s’est aperçu que l’écologie avait vraiment bon dos.

François de Rugy, notre tout nouveau ministre de la transition écologique et solidaire, anxieux de ne pas passer pour un ministre falot après le flamboyant Nicolas Hulot, peut bien se vanter d’avoir obtenu un budget 2019 en augmentation d’un milliard sur 2018 et de piloter un total pachydermique de 34,2 milliards d’euros parfaitement couverts par les recettes de la TICPE (taxe sur les carburants), la réalité de ses comptes oblige à dire que d’un point de vue écologique, ce parallèle n’a pas de sens.

D’une part, il ne récupère que 20 % de la TICPE (7 milliards environ) pour financer son budget, le reste étant à la discrétion du budget général de l’Etat et des collectivités locales ; et d’autre part, ses dépenses ne sont pas toutes liées à la transition écologique. Elles comprennent par exemple la charge des pensions de retraite des anciens fonctionnaires du ministère ainsi que les sommes investies par SNCF Réseau pour la remise à niveau du réseau ferré – même si ce budget typique des transports s’appelle maintenant « mobilités ».

De plus, la fiscalité écologique ne se limite pas aux taxes sur les carburants et le ministère de M. de Rugy n’est pas le seul à se lancer dans des dépenses de transition écologique. Il est donc assez difficile de savoir exactement ce qu’il en est.

Mais l’impression générale qui se dégage de cette polémique, c’est qu’Emmanuel Macron est brillamment parvenu à mécontenter tout le monde. Les automobilistes ne supportent plus de voir qu’on veut leur faire payer le dispendieux projet de faire monter en puissance les énergies renouvelables contre les énergies fossiles, tandis que les écologistes les plus enragés ne supportent plus de voir que la transition écologique du gouvernement relève pour partie de l’incantation et de slogans du style « Make our planet great again ».

Quand on demande à Gilles Le Gendre, Président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, ce que l’Etat fait du « pognon » – de dingue, pourrait-on ajouter puisque la TICPE atteindra 34 milliards d’euros en 2018 et presque 38 milliards en 2019 – il n’est pas embarrassé de nous faire une longue liste de dépenses publiques mais évoque curieusement fort peu des actions en faveur de l’écologie (vidéo, 34″) :

« Nous baissons massivement les charges sur les salariés, nous augmentons l’allocation adultes handicapés, nous augmentons le minimum vieillesse, nous augmentons les accompagnements de garde des familles monoparentales, 140 € par mois, ça fait beaucoup plus que l’augmentation des taxes sur l’essence. »

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Et pour ce qui est de l’écologie, d’après lui, ce sont 35 milliards sur le quinquennat qui seront mobilisés, du jamais vu à ce jour, mais – attention on découvre le pot-aux-roses :

« Nous le faisons en remettant, aussi, en ordre nos finances publiques. »

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Autrement dit, dans un contexte où la croissance ralentit et où il devient difficile de compter uniquement sur la conjoncture internationale pour équilibrer les comptes de la nation, le gouvernement fait feu de tout bois pour obtenir les ressources qui lui permettront de continuer à dépenser dans tous les domaines (écologie comprise, naturellement) tout en se maintenant en dessous des 3 % de déficit autorisé par l’Union européenne.

Très commodément, il recouvre tout cela du pieux discours sur la transition énergétique, la politique climatique, le développement durable etc., quitte à utiliser la culpabilisation écologique à l’égard de millions de Français pour assouvir son délire de dépenses tous azimuts. (Et quitte à envisager maintenant quelques dépenses supplémentaires pour atténuer l’impact négatif de cette fiscalité punitive via des chèques-carburant qui à leur tour appelleront de la dette ou de nouveaux impôts !)

Taxer plus vert pour taxer plus, en somme ; du « greenwashing » fiscal en bonne et due forme, qui affecte en priorité cette France périphérique mal dégrossie qui pousse la faute de goût jusqu’à rouler au diesel, comme le signalait si finement et sans mépris aucun le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.


Illustration de couverture : Pompes à carburants.

18 réflexions sur “Carburants : taxer plus vert pour taxer plus !

  1. Donner des chèques carburant pour payer des taxes est proprement hilarant.

    Pour changer les habitudes des automobilistes, il faudrait des alternatives crédibles qui n’existent pas encore, ou qui sont hors de prix. En tout cas, ce n’est pas pour l’écologie que les taxes sont augmentées, c’est pour limiter le déficit du budget, car la diminution des dépenses publiques n’est pas à l’ordre du jour.

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    • Tuyauterie fiscale à la françouése : je branche ici, je débranche là, je pose délicatement une dérivation dans le coin et je retiens deux. Normalement, ça devrait tomber juste. Sinon, on inventera une contribution additionnelle au prélèvement solidaire de progrès.

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  2. Comment! Le Maire a vraiment raconté une histoire pareille sur son diesel 5008!
    On croirait entendre Jean Marc Ayrault,partant au volant de son « combi »,sur les routes des vacances,pour montrer qu’il roule comme tout le monde 🙂

    On tient là,en effet, l’habituelle réaction politique de tous les gouvernants qui « assument »…tout en rétropédalant désespérément dès qu’un vent de fronde se lève ; la segmentation, chère à Macron,par catégorie,en promettant à « certaines catégories » mais pas aux autres ,une aide financière,tout en évoquant les facéties d’un sapeur Camember,qui créérait un nouvelle impôt ou une nouvelle taxe pour financer la mesure…

    Je crois que c’est encore une fois panique à tous les étages du pouvoir politique,face à une décision dont on a mal mesuré les conséquences…

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    • Effectivement le problème de fond est l’angoisse de ne plus arriver à boucler le budget, caché par le prétexte irréfutable de « sauver la planète » : ça ne se discute pas !
      Enfin on pouvait espérer faire passer la pilule de cette faon…
      19,1% de la TICPE seulement affectés à la transition écologique en 2019 et 32,6 % pour les dépenses sociales. La dépense la plus importante au monde faite par un état pour une prestation que tout le monde nous envie !
      http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/dessous-chiffres/2018/11/06/29006-20181106ARTFIG00176-carburants-la-hausse-des-taxes-ne-finance-presque-pas-la-transition-energetique.php

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    • L’écologie politique est détestable de bout en bout : pratiquée avec « sincérité », elle a montré ses capacités de dictature en herbe ; pratiquée à titre d’argument vendeur pour mieux taxer, elle ne fait que refléter la voracité inextinguible de l’Etat pour l’argent des autres.

      Comme je l’écrivais récemment dans mon article sur B. Le Maire, même s’il répète partout qu’il veut assainir les finances publiques, il est clair que la réduction des dépenses n’est pas au programme :

      « On voit surtout Bruno Le Maire déployer beaucoup d’activité pour aller chercher de la taxe partout. Dernière idée en date, qu’il pousse à fond et qui a été discutée ce week-end par les pays membres de l’UE : la taxation des GAFA à hauteur de 3 % de leur chiffre d’affaires sous un prétexte des plus fumeux de justice fiscale réclamée d’après lui par les peuples européens.

      S’il était véritablement question de couper dans les dépenses, on pourrait envisager de commencer à rembourser la dette publique et baisser les impôts de façon importante, choc fiscal qui serait bénéfique à l’activité. L’attitude de Bruno le Maire laisse plutôt penser qu’il cherche prioritairement à combler le déficit par une fiscalité accrue. »

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  3. Très perfide cette façon de nous faire consommée, mais ampoules ne diffuse pas la lumière verte, donc câblage non moderne,,, et les simulations sur le prix du gaz chez les concurrents me donne toujours un surcoût de 10 à 20 %
    Donc ou et l’économie ???

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  4. L’écologie, énorme arnaque qui permet aux gouvernements, comme aux entreprises, d’extorquer des sommes indues sans avoir à justifier de leur prestations, mais qui permet aussi à d’innombrables petits fascistes refoulés d’exercer leurs fantamses d’oppression en se parant des atours de la vertu.

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  5. Bonjour, pour ma part j’ai toujours prétendu que la prochaine dictature serait écologique. Comme beaucoup de dictatures, on part d’une idée intéressante (la défense de la planète) et on la laisse aux mains des politiques et des nouveaux prophètes. Secouez le tout et vous obtenez de belles carrières avec beaucoup de prestige très creux (ségolène royal, reine des neiges), beaucoup de fric , une emprise croissante de l’oligarchie sur le peuple « d’en bas », des taxes culpabilisantes , des moutons bêlants demandant encore plus d’état., une intrusion de plus en plus prégnante sur nos vies et j’en passe. Cette dictature a donc ses évangélistes fous, son bûcher contre ceux qui n’y croient pas, ses extrêmistes prêts à tuer l’humain pour sauver la nature (je refuse de faire un enfant pour sauver la planète (!). Bientôt peut être brûleront ils leurs voitures, leurs livres croyant établir un ordre nouveau. C’est surtout très révélateur d’un monde qui ne se comprend plus et s’invente une nouvelle religion et quoi de plus confortable de prendre les problèmes par le petit bout: Paris, déchetterie à ciel ouvert quand Hidalgo veut « sauver le climat », c’est sûr on y croit, matraquer les automobilistes les plus pauvres quand on est même pas capables de punir les plus gros pollueurs industriels, c’est sûr on y croit. Il y a un précepte qui dit « qui peut le plus, peut le moins », en bon pays qui marche sur la tête, la France peut le moins ça on l’a compris. Et comme la vignette auto « pour les petits vieux », l’argent ira à tout sauf à une cause utile.

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  6. Les non-citadins ayant besoin de la voiture sont doublement pénalisés, ils payent la hausse des taxes, et ils ne bénéficient pas de l’aide obligatoire des entreprises aux titres de transport.
    34,2Mds pour le ministère de l’escrologie, les bras m’en tombent, et ca. 5Mds à côté de ca pour la justice complètement exsangue. Incroyable.

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    • « 34,2Mds pour le ministère de l’escrologie, les bras m’en tombent » :

      Effectivement, c’est effarant ! Il s’agit du budget pour le ministère (qui comprend les transports, donc greenwashing) et ses agences. Et là, quand on accède à une liste qu’on suppose à jour, on est édifié : 33 agences !
      Vous connaissiez « l’Agence française pour l’information multimodale et la billettique » ?
      Ou la « Chambre nationale de la batellerie artisanale » ?
      Ou le « Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés » ?

      Pour le ministère de la justice, le budget 2019, c’est 7,3 milliards (judiciaire et pénitentiaire) sans compter les pensions.
      C’est vraiment minuscule pour une mission régalienne qui n’a même pas autant de moyens que la culture (10 milliards d’euros).

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  7. Et à la vitesse de l’éclair un emplâtre d’une complexité et d’une absurdité effarante :
    http://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/cheque-carburant-lincoherence-supreme-de-la-fiscalite-energetique
    Alors qu’on ne sait même pas gérer (par exemple) de façon satisfaisante les allocations chômage :
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/11/08/20002-20181108ARTFIG00088-accuse-de-bugs-a-grande-echelle-pole-emploi-se-defend.php

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  8. Je suis toujours étonné lorsqu’une phrase commence par « il est évident que … ». Cela sonne pour moi comme un point de faiblesse, une idée que tous croient vraie mais qui n’est pas si évidente que cela.

    Par exemple « Il est également évident que les constructeurs améliorent leurs modèles en permanence et que le parc évolue petit à petit vers des véhicules de plus en plus propres et de moins en moins consommateurs d’énergie … » est une vraie idée fausse, tout au moins en partie.

    J’avais écrit quelques mots sur le sujet l’année dernière à propos de mon exaspération concernant le harcèlement moral dont les possesseurs de voitures anciennes font l’objet depuis nombre d’années, notamment au travers de la prétendue sur-pollution qu’ils génèreraient, mais aussi par la mise en place de mesures politiques discriminatoires comme l’interdiction de rouler dans Paris ou Grenoble.
    Le dernier fait en datait du 18 septembre 2017, dans un reportage de France3 (journal le 19 – 20) au sujet du retour de la « prime à la casse » pour acheter un véhicule d’occasion récent : le PDG de la société de vente de véhicules d’occasion Aramis-Autos affirmait sans vergogne qu’un diesel de 2012 pollue 200 fois moins qu’un diesel de 2001 … Il me semble nécessaire de mieux assurer le contrôle de la véracité des informations diffusées sur une chaîne du service public. En effet,

    [b]La pollution c’est la consommation : [/b]
    Dans ce monde, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Anaxagore/Lavoisier). Un litre de carburant qui entre dans le réservoir d’un véhicule de 2012 sera le même que celui entrant dans un véhicule de 2001.
    La pollution relative générée par les deux véhicules ne pourra être comparée qu’au regard de la quantité de carburant consommée et en fonction du nombre de kilomètres parcourus.
    Le carburant entrant dans une voiture va se transformer en énergie (vitesse, chaleur, bruit …) et en résidus polluants (gaz, particules …). Pour des raisons de simplification, les composantes secondaires chaleur et bruit peuvent être occultées. Ainsi, deux véhicules ayant parcouru 100 km verront leurs performances se départager sur la quantité de carburant nécessaire pour parcourir cette distance. Nous retrouvons ce raisonnement page 7 de l’[url=https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0ahUKEwjqlazZsbHWAhVLPxoKHVrSAA4QFggnMAA&url=https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Théma%20-%20Analyse%20coûts%20bénéfices%20des%20véhicules%20électriques.pdf&usg=AFQjCNHQTaOH8zIfXoI760y0R-aycGH_9Q]analyse coût bénéfices des véhicules électriques effectuée[/url] par le commissariat général au développement durable (ministère de la transition écologique, juillet 2017 – collection théma).
    La solution la plus simple et radicale pour faire baisser la pollution générée par l’usage de véhicules à moteur thermique est de faire baisser leur consommation.
    L’éco conduite permet d’économiser jusqu’à 30 % de carburant. De simples mesures comme l’entretien régulier du véhicule, la pression des pneus, une conduite souple, l’usage modéré de la climatisation ou l’évitement des petits trajets permettent une forte baisse de la consommation et donc une baisse idoine de la pollution générée.
    J’évoquerai plus loin le poids croissant des véhicules bardés d’électronique embarquée et d’éléments de confort tous plus pondéreux et potentiellement plus consommateurs de carburant.

    [b]Les artifices électro-mécaniques, une fausse bonne idée : [/b]
    Depuis plus de vingt ans, normes européennes obligent, les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour faire mentir Lavoisier.
    La vanne EGR par exemple, intéressant système mécanique coprophage ayant pour finalité de faire ingérer à l’admission une partie des gaz brûlés issus de l’échappement … Lorsqu’un moteur diesel tourne à bas régime ou au ralenti, une partie des gaz d’échappement n’est pas brûlée. Le moteur rejette alors dans l’atmosphère un excès d’oxyde d’azote et de particules fines, ce qui enfreint les normes antipollution européennes. Bien qu’ingénieux, ce système a le désavantage d’encrasser petit à petit le système d’injection. La vanne EGR elle-même peut finir par être totalement obstruée par la suie.
    Après seulement quelques mois d’utilisation, les gaz imbrûlés, le turbo encrassé, la perte de puissance, les fumées noires, le véhicule broutant à bas régime et enfin la surconsommation seront les conséquences de ce système sensé diminuer la pollution. Dans un premier temps, la pollution générée est en diminution pour être déportée vers un second temps et une nette augmentation des polluants émis. Peu nombreux sont les possesseurs de véhicules récents qui entretiennent suffisamment cette vanne, le système d’injection ou le turbocompresseur, et dans le meilleur des cas, les résidus terminent leur vie en déchèterie spécialisée.

    Autre système ingénieux permettant de déporter la pollution : le filtre à particules (fap) … Rien de moins que la prétention de récupérer les particules fines émises par la combustion du diesel ! Peut-on me dire combien pèserait un véhicule après quelques milliers de kilomètres si les résidus récupérés étaient conservés dans ce véhicule ?
    En effet, le fap fonctionne sur un principe de stockage/déstockage des particules dans le filtre, tout en laissant passer les gaz d’échappement. Il n’élimine pas les particules en continu car il est nécessaire que la température des gaz atteigne les 550 °C , ce qui n’arrive que lors d’un parcours autoroutier.
    Son principe de fonctionnement consiste à piéger et à stocker les particules constituées de carbone et d’hydrocarbure sur un filtre, puis périodiquement, à les bruler, ce qui en soit génère d’autres pollutions et participe au réchauffement climatique. La combustion naturelle de ces particules s’effectue à environ 550° C alors que la température initiale des gaz est de 150° C . Il faut donc amener ces gaz à température par soit une post-injection en phase de détente qui crée une postcombustion dans le cylindre qui entraîne une hausse de la température des gaz de 200 à 250 ° C (soit 350 à 400° C), soit une post-combustion complémentaire, générée par un catalyseur d’oxydation placé en amont du filtre, qui traite les hydrocarbures imbrûlés issus de la post-injection, soit une additivation du carburant par de l’Eolys, composé à base de cérine qui abaisse la température de combustion des particules à 450 °C.
    Seul problème, pour que cela fonctionne, il est nécessaire d’adopter un style de conduite particulier. Il faut que le moteur ait roulé au moins 15km (afin d’être chaud), il faut rouler au-dessus de 50 km/h (voire plus, selon les modèles), avoir un régime moteur soutenu et conduire au moins un quart d’heure. Bref, des conditions difficiles à réunir quand on ne se sert de son véhicule que pour des petits trajets urbains, comme pour se rendre au bureau, par exemple.
    Si le filtre à particules n’a pas l’occasion de se décrasser de lui-même, il finit par se boucher complètement. On est alors obligé d’aller chez le garagiste soit pour le régénérer (200 euros l’opération), soit pour le changer, ce qui coûte entre 700 et 2500 euros selon le modèle. Dans le pire des cas, l’encrassement du filtre peut provoquer une casse moteur.
    Un système bien complexe qui ne doit pas occulter que la régénération (quel joli mot) du fap renvoie dans la nature de nouveaux composés polluants qui ne sont pas uniquement de l’oxygène ou de l’hydrogène et dont les conséquences sur la santé humaine ne sont jamais mises en avant dans les médias.
    Et oui, rien ne se perd, tout se transforme …
    Les récents scandales VW ou Renault sont là pour nous le rappeler.
    Ainsi, les divers systèmes destinés à tromper l’usager sur la pollution réelle (ou cumulée) de leur véhicule ont un coût de fabrication et d’entretien élevés pour une efficacité qui n’est pas démontrée.

    [b]Utilité des mesures prises :[/b]
    La pollution générée par les véhicules anciens ne représente qu’une toute petite partie de la pollution générée par les activités humaines.
    Par exemple, en ce qui concerne les particules fines, objets de toutes les attaques médiatico-écolo-politiques, les transports ne représentent que 14 % des particules émises inférieures à 10µm (PM10) et 18 % des particules émises inférieures à 2,5µm (PM2,5). Le résidentiel/tertiaire génère quant à lui une part de 31 à 49 %, l’agriculture 12 à 28 % et l’industrie 21 à 26 % (source ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, Data-Lab « [url=http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab_essentiel/2017/datalab-essentiel-88-particules-atmospheriques-fevrier-2017.pdf]Les particules atmosphériques, la connaissance progresse[/url] » de février 2017).
    La part des véhicules dits « anciens » (plus de 10 ans donc avant 2008) représente 37 % de ces 14 % soit seulement 5,2 % des particules émises PM10 ou 6,7 % PM2,5 . Pour les véhicules de plus de 15 ans soit 16 % du parc, on descend à 2,25 % PM10 ou 2,9 % PM2,5 et pour les youngtimers de plus de 20 ans soit 10 % du parc, on tombe à 1,4 % PM10 et 1,8 % PM2,5. La part des véhicules récents représente presque deux fois plus de particules émises que les véhicules de plus de 10 ans, 4 fois plus que ceux de plus de 15 ans et 6 fois plus que ceux de plus de 20 ans, sans pour autant faire l’objet de mesures d’interdictions !
    Ainsi, toutes les mesures discriminatoires d’interdiction de rouler prises par les gouvernements successifs ou par les autorités locales dans les cas de pollution importante de l’air ont des effets négligeables sur la pollution réelle. A contrario, ils ont des effets dévastateurs sur les possesseurs de ces véhicules qui n’ont souvent pas les moyens (de très loin s’en faut) d’acquérir un véhicule récent.
    Les voitures de collection (plus de 30 ans) quant à elles, ne représentent que 0,15 % des 657 milliards de kilomètres parcourus annuellement par les automobilistes français. Cette modeste proportion ne justifie pas non plus les mesures d’exclusion prévues dans certaines grandes villes, d’autant plus que plus des trois quarts sont équipés de moteurs à essence.
    Reste à savoir si les édiles connaissent ces chiffres.

    Pourquoi ne pas laisser « mourir » doucement les véhicules anciens au lieu de s’acharner contre eux ?

    [b]Le développement durable :[/b]
    Alors que la fabrication de nouveaux véhicules soi-disant plus performants génère une pollution supplémentaire à laquelle s’ajoute le recours à toujours plus de matières premières, l’utilisation de véhicules anciens et leur entretien simple avec des pièces d’occasion est un parfait exemple de durabilité.
    Pour ma part, je roule depuis 12 ans avec un véhicule du début des années 90, Fiat Croma turbo diesel injection directe dont la consomation réelle toutes routes est inférieure à 5,5 l/100 km pour un poids de 1T2. Elle pollue moins qu’un véhicule Dacia Duster de 2017, du même poids (6l/100 km). Je compte rouler avec longtemps encore.
    Je pourrais aussi évoquer les performances de ma Panhard PL17 de 1961 qui pour un poids de 1T, 5cv, 6places assises, consomme moins de 6l/100 km … [i] »6 litres ! Les affres du diable en personne mon bon monsieur »[/i]…
    Où serait-elle aujourd’hui, si la prime à la casse avait existé dans les années 70 ? Tout un patrimoine qui serait perdu.

    [b]En conclusion[/b], un véhicule moins polluant roulant aux énergies fossiles, est un véhicule déjà fabriqué, bien entretenu, qui consomme peu.
    La pollution n’est pas uniquement générée par les transports routiers. La baisse attendue de la pollution, en stigmatisant les véhicules anciens, n’est pas significative.

    Je reste très conscient de la raréfaction des ressources en carburant d’origine fossile et de la nécessité de trouver des solutions de substitution très rapidement. Outre l’amélioration de notre indépendance financière à ces énergies, l’abandon du recours à ces modes de déplacement plus polluants entraînera je l’espère une amélioration des conditions climatiques futures.
    En attendant 2040 (plus de recours au énergies fossiles …), il serait bon que cesse la diffusion de toutes ces contre-vérités assénées quotidiennement par les médias que cessent les décisions politiques extrémistes en matière de pollution, vis à vis du parc de véhicules existant.

    Des efforts sont faits par les constructeurs, oui, mais uniquement pour rendre beaux leurs produits et surtout pour surfer sur la vague verte, pour mieux vendre … Ce n’est pas répréhensible en soi, bien entendu.

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  9. Qui peut penser que cette augmentation des taxes sur l’essence et le diésel pour nous inciter à rouler plus propre n’est pas une escroquerie ? L’Etat est absolument dépendant de ce que lui rapportent les automobilistes. Si les gens cessaient d’utiliser leur voiture ou roulaient beaucoup moins, ce serait une catastrophe pour les finances de l’Etat. Le but est donc, de toute façon, électrique ou pas, hybrides ou pas, GPL ou pas, de maintenir le niveau de revenu voire de l’augmenter. Quant à l’impact sur l’environnement provoqué par l’utilisation de véhicules différents, il est encore à démontrer. Ce ne sont pas les véhicules d’aujourd’hui qui sont les principaux responsables de l’émission de CO ou de CO2. ,

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