Macron : un an après, le roi de la com’ est un roi nu

REPLAY du 31 août 2018 : La rentrée gouvernementale 2018 est lugubre. Après plus d’un an de macronisme, le chômage s’incruste, la croissance est en berne, l’équation budgétaire est toujours aussi périlleuse et la cote de popularité de Macron est au plus bas, sur fond « d’affaires » pas toujours ragoûtantes et de polémiques plus ou moins justifiées. Dernière en date, d’après le Président, les Français, qualifiés de Gaulois, seraient réfractaires au changement. Il n’a pas complètement tort mais il n’a pas complètement raison non plus.
→ Ce que j’ai envie d’écrire sur tout ceci, je l’ai déjà écrit avant l’été. Donc voici en Replay :

Il paraît qu’Emmanuel Macron s’amuse beaucoup des nombreuses réactions provoquées par le fameux cliché (photo de couverture) pris après le concert électro de la fête de la musique à L’Elysée. D’après lui, les Français « adorent » ce genre de communication « décalée ». Décalée, c’est le mot. La disposition du groupe fait très famille royale d’Angleterre réunie à Balmoral pour les vacances, tandis que les participants rappellent plus le style bling bling de l’univers Diana Elton John. Mais les français adorent-ils ? A lire les sondages, c’est loin d’être évident.

Il y a un an exactement, alors que l’avenir du quinquennat Macron était encore entier, laissant le champ à tous les espoirs possibles – et Dieu sait que Macron en avait mouliné, de l’espoir et des lendemains fleurant bon le printemps qui chante pendant sa campagne électorale – la méticulosité de la mise en scène présidentielle qui suivit immédiatement son élection me poussait déjà m’interroger : « Macron : parler, marcher, parler. Autre chose ? »

Un an après, un an « d’action » après, la même question se pose, et avec beaucoup plus de bien-fondé car on a eu le temps de voir en quoi consistait réellement le « autre chose ».

Côté com’, on ne pourra pas accuser le Président d’être resté inactif, bien au contraire, car il a tout essayé ! Solennité formelle des parades régaliennes, envolée lyrique des longs discours présidentiels, chaleur et proximité des confessions intimes, brusquerie calculée et faussement innocente du parler vrai, recadrage très jupitérien d’un ado trop familier avec lui et, dernière expérience en date, transformation du perron de l’Elysée en boîte électro, militantisme LGBT en prime – voici mon petit album photos d’un an de com’ élyséenne :

   Investiture (14 mai 2017)                           Discours à Versailles (3 juillet 2017)

   Entretien de Noël (déc 2017)                      Pognon de dingue (12 juin 2018)

   Tu ne m’appelles pas « Manu » (06/18)   Fête de la musique (21 juin 2018)

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Beaucoup d’efforts, donc, pour se concilier la bonne impression des Français, au risque de brouiller complètement une image présidentielle qui passe sans transition de Jupiter à terre-à-terre et d’homme à la « pensée complexe » à militant du politiquement correct le plus basique, au gré du « en même temps » qui semble être l’alpha et l’oméga de la méthode Macron.

Libérer et protéger, en imposer et être proche, plaire aux progressistes et aux conservateurs – sur le papier, cette ambition double-face semble éminemment sage et elle a su séduire assez de Français pour porter Macron à la présidence, mais elle ne pèse plus grand chose quand rien de concret ne se passe dans la vie des gens.

Chercher à rassembler tout et son contraire, agir une fois d’un côté (par exemple : transformation de l’ISF) puis une fois de l’autre (exemples : exonération de la taxe d’habitationpass culture, objet social des entreprises) pour tenter d’éponger les mécontentements qui montent de tous les côtés – tout cela à la fois finit par former une politique sans queue ni tête, où personne ne se retrouve, surtout quand on ne voit rien venir, ni en matière de chômage, ni en matière de pouvoir d’achat, ni en matière de comptes publics.

C’est précisément ce que vient de confirmer toute une batterie de sondages dans lesquels Macron et son premier ministre enregistrent une chute de popularité qui montre combien la communication ne fera jamais une vraie politique. Voici les courbes de notre exécutif telles qu’elles sont établies mois par mois par le suivi Ipsos Le Point (Macron à gauche et Philippe à droite) :

                     

Dans ce baromètre, Emmanuel Macron et Edouard Philippe sont respectivement  à 36 et 34  % d’opinions positives en juin 2018 après avoir culminé à 46 % en mai 2017 pour le Président et 41 % en juillet 2017 pour le Premier ministre.

Pour le sondage IFOP JDD, Macron était à 64 % d’opinions positives en juin 2017, il est tombé à 54 % le mois suivant et il touche maintenant (juin 2018) son record d’impopularité avec un score de 40 %, tandis qu’Edouard Philippe tombe à 42 %. Quels que soient les sondeurs (ici Harris interactive), le résultat est le même : l’exécutif a beau mettre le paquet sur la communication, il est à la peine aussi bien sur sa gauche que sur sa droite.

Alors bien sûr, on entend aujourd’hui les ténors de LREM assurer qu’on ne peut être en même temps réformateur et populaire et que cette faible popularité n’est que le reflet parfaitement normal et rassurant du profond réformisme macronien.

Quand on sait que le Premier ministre « assume le risque de l’impopularité » pour une réforme (baisse de la vitesse  maximale autorisée de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires) qui ne s’imposait nullement(*) et qui ne changera absolument rien à d’autres sujets beaucoup plus cruciaux et beaucoup plus préoccupants pour les Français, notamment celui du chômage, on mesure le décalage entre le réformisme professé par le gouvernement et la réalité.

Il est vrai que si l’on s’en tient à une analyse un peu superficielle de la vie politique en Macronie, on pourrait aisément penser que la France est entrée dans un cycle réformateur aussi inédit que décoiffant. Nos députés (et nos journalistes) ne sont-ils pas au bord de la crise de nerfs tant le gouvernement les accable de nouveaux textes de loi à examiner ? Les grandes réformes (code du travail, SNCF) ne voient-elles pas leur pertinence et leur importance confirmées par l’ampleur de la bronca de l’extrême-gauche syndicale ?

Manifestement, ce n’est pas l’avis des Français. Il est certain qu’il sera toujours difficile de trouver un consensus. Après tout, les Français se caractérisent notamment par leur désir de tout changer tout en ne touchant surtout pas à notre modèle social. L’enquête de l’Opinion sur le libéralisme montrait récemment qu’ils aiment énormément la liberté mais qu’ils préfèrent encore l’Etat, non sans manifester en plus des préférences incohérentes les unes par rapport aux autres.

A leur décharge, reconnaissons que depuis 40 ans, nos hommes politiques se targuent de réformer, libéraliser et restructurer sans qu’on voie la moindre évolution de fond se profiler à l’horizon. Scepticisme, méfiance et incrédulité à l’égard de l’action politique se sont installés durablement, et assez logiquement, dans l’opinion.

Mais imaginons que le chômage baisse vraiment (il était à 9,2 % fin mars 2018 contre 3,4 % en Allemagne et 4,1 % au Royaume-Uni). Imaginons que, pour cela, Macron aille plus loin qu’un toilettage rapide et superficiel de nos structures économiques et sociales. Imaginons que « le risque de l’impopularité » (puisqu’impopularité il y a) soit pris pour des réformes qui comptent vraiment et qui pourraient induire un vrai changement significatif de long terme dans la vie des gens et dans nos comptes publics (baisse des dépenses, recul de l’Etat). La situation serait tout autre et le regard des Français pourrait évoluer.

C’est précisément ce qu’Emmanuel Macron ne fait pas. Il croit nous charmer par sa com’ « décalée », il croit étourdir tout le monde sous le flux incessant de l’activité parlementaire qu’il génère, mais les résultats ne sont pas là, ni dans les sondages ni dans les indicateurs économiques. Force est de constater qu’aujourd’hui, le roi de la com’ est un roi nu.

On aimerait un Président moins imbu de son image et nettement plus diligent pour réformer structurellement la France. On aimerait un président qui s’amuse moins des petits buzz sans intérêt qu’il provoque, on aimerait un Président qui joue moins au Président. 


(*) Compte tenu de la baisse que connaît la mortalité routière depuis plusieurs années et compte tenu du fait que de nombreux autres facteurs que la vitesse entrent en jeu.


Illustration de couverture : Les Macron posent avec le DJ Kiddy Smile et ses danseurs lors de la Fête de la musique à l’Elysée le 21 juin 2018. Photo postée sur Instagram par le directeur de cabinet de Brigitte Macron.

26 réflexions sur “Macron : un an après, le roi de la com’ est un roi nu

  1. Macron a eu un état de grâce par contraste. Avec l’invraisemblable Hollande et parce qu’on avait échappé à Marine Le Pen. Les chefs d’Etat étrangers l’ont fêté, le discours où il a déraillé dans les aigus par enthousiasme pour l’Europe a plu.
    Il avait tous les atouts. Quelle désillusion ! La nation startupeuse ? Juste dans quelques attributs comme le franglais. De la posture. Confirmée par tout ce que vous listez, Nathalie. Un people. Une bulle de savon.

    Les 80 km/h, un camouflet pour la DDE qui connaît chaque kilomètre de nos routes et sait adapter la signalisation. Ajouter les retraites des cocus déjà amputées.

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  2. Il n’y avait aucune illusion à se faire. C’est un pur produit de la technostructure.
    Il ne sait que produire des lois, les entasser les unes sur les autres pour former un imbroglio de plus en plus absurde. Nous détenons le record de la complexité dans tous les domaines avec des résultats insatisfaisants. On en déduit qu’il faut en rajouter, forcément.
    Alors qu’il faudrait abroger, donner de l’air, rendre simple, bref libérer.
    Les limitations de vitesse sont tout un symbole. D’une grande complexité avec alternances intempestives 130-110 sur les autoroutes et maintenant 90-80 selon le type de route. Aucun de nos voisins européen ne pratique de cette façon et pourtant, il n’y a pas plus d’accidents chez eux.

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  3.  » Solennité formelle des parades régaliennes, envolée lyrique des longs discours présidentiels,….  »
    Oui, voila, c’est à peu près tout ce qu’il a dans se besace : de la com’ … Pour masquer le vide …
    Et pour résumer, l’allocataire du château qui essaie de se refaire la cerise sur le dos de Simone Veil, alors que quelques jours avant il transformait le château en boite de nuit pour dégénérés, ça file la nausée ….

     » … elle a su séduire assez de Français pour porter Macron à la présidence,.. »
    « En même temps », faudrait pas exagérer …. Les seuls qui l’ont porté, et sur lesquels il peut compter (sans ambiguïté), sont les 18, (quelque chose) % de français qu’il a « eu » au premier tour … Ce qui ne fait pas lourd …. Pour le reste, c’est plus délicat ….

    Sinon, il apparait surtout qu’il y a beaucoup de com’, entretenue sciemment avec les médias à la solde, pour distraire la population de sujet plus arides, comme l’inversion de la courbe, ou la dette, pour ne citer que ceux-là …. Et quand on évoque le racket à 80 sur la route …. là, on atteint des sommets …

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  4. La véritable nature de Macron se révèle peu à peu, celle d’un hologramme, c’est à dire du vide. Parvenu à l’Elysée porté par les forces conjuguées de la haute administration et des capitalistes de connivence, son élection était un véritable coup d’état. Les français se réveillent et comprennent qu’ils se sont faits grugés, qu’ils ont remis les clés du pouvoir à un commis de l’oligopole et qu’il défend des intérêts qui ne sont pas les leurs.
    L’humiliation d’être dupe est quelque chose de difficile à pardonner. Les français, dans l’expectative depuis un an, vont sans doute exprimer un rejet radical, ce qui n’est jamais bon.

    Pour la part, hostile depuis le début à Macron, je pourrai être satisfait de me voir conforté dans mes intuitions. En fait, non, car au delà de ce personnage, je ne vois pas comment sortir par le haut de la crise que mon pays va traverser.

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  5. « en même temps » qui semble être l’alpha et l’oméga de la méthode Macron.

    Oui. Et il faut bien comprendre que le « en même temps » utilisé systématiquement est une application flagrante d’un des principes de la novlangue décris par Orwell, la « doublepensée »:
    « La guerre, c’est la paix. »
    « La liberté, c’est l’esclavage. »
    « L’ignorance, c’est la force. »

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  6. Concernant les fameuses ordonnances travail lancées avec tambours et trompettes une étude CSA indique que 30% des dirigeants interrogés pensent que les ordonnances permettront de recruter plus facilement en CDI, tendance encore plus faible chez les IRP à 18% quel que soit le type de contrat. Malheur les dirigeants sembleraient avoir surtout retenu (à 48%) que les procédures de licenciement sont simplifiées !!!! C’est très embêtant tout cela.
    https://www.csa.eu/fr/survey/evaluation-du-niveau-de-connaissance-des-ordonnances-travail

    On avait l’impression qu’il se débrouillait mieux (que Hollande) à l’international mais sa façon de gérer la crise européenne des migrants laisse perplexe à force de vouloir donner des leçons ; Steve Bannon après son entrevue avec Matteo Salvini et Viktor Orbán, déclare, « Nous avons été traités de déplorables, d’obscurantistes et maintenant de lépreux… Les Français sont en train de réaliser combien Macron est devenu embarrassant »…..« C’est un banquier de chez Rothschild qui n’a jamais fait d’argent – la définition même d’un perdant – et qui vendrait son âme pour rien. Macron rêve d’être quelqu’un. Il veut être une figure historique mondiale, il s’imagine en nouveau Napoléon. »
    On ne peut pas espérer lutter contre une opinion générale par le mépris et de plus virer son ambassadeur en Hongrie (dénoncé par Plenel semble-t-il) qui ne fait que rapporter une conjoncture déplaisante, sinon à quoi sert-il ?

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    • Si j’ai bien compris l’article du Monde, l’ambassadeur en Hongrie n’a PAS été viré, et le buzz résultant est une fake news. Les faits tels que je les ai compris sont les suivants .Je veux bien être corrigé, mais sources à l’appui :

      – Notre ambassadeur en Hongrie a rédigé un TELEGRAMME DIPLOMATIQUE, c’est à dire une note secrète, par définition, destinée à sa hiérarchie.

      – Dans ce télégramme (qui n’est plus télégraphique depuis belle lurette, mais bref), il disait en substance : la presse étrangère et l’Union européenne déforment la politique hongroise vis-à-vis des immigrés, celle-ci est parfaitement raisonnable, les dirigeants hongrois ne sont pas de sales fachos, etc.

      – Ce télégramme a été révélé par Médiapart.

      – Le président de la République a été interrogé en conférence de presse (comme c’était inévitable), sur l’authenticité de la note. Et il a répondu : SI L’AMBASSADEUR A TENU CES PROPOS EN PUBLIC, alors ce serait inadmissible, et il serait démis de ses fonctions. Déclaration parfaitement raisonnable.

      Il est évident qu’un ambassadeur ne peut pas tenir, en public, des propos qui contredisent la politique de son gouvernement. Il est en revanche de son devoir d’informer honnêtement son gouvernement, afin que celui-ci puisse déterminer sa politique. Au moyen de notes évidemment destinées à rester secrètes.

      L’article du Monde que j’ai lu, et qui rapportait cette affaire, indiquait que l’ambassadeur en question devait de toutes manières quitter son poste d’ici quelques semaines. Que cela avait été prévu avant la fuite. Donc, si cette relation des faits est exacte, beaucoup d’agitation pour pas grand’chose.

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  7. @ Tino

    Ce n’est pas la version des Echos. Je connaissais cet article. Précisément : il ne dit pas que l’ambassadeur a été limogé. Pour connaître, avec une absolue certitude, le fin mot de l’affaire, il faudrait être journaliste accrédité au Quai d’Orsay, ou diplomate.

    Mais si vous lisez de près les articles suivants, vous verrez comment se fabrique une « fake news » pilotée par la Russie, avec l’aide du réseau international de désinformation poutiniste, dans le but de déstabiliser le gouvernement français, hostile aux prétentions de la politique étrangère de Moscou. Prêtez attention aux titres, aux dates et à l’heure de publication.

    Le Monde, 30 juin, 0 h 24, mis à jour à 6 h 39 : Pour l’ambassadeur de France à Budapest, la Hongrie est un « modèle »

    Peu suspect de complaisance envers Viktor Orban, Le Monde ne titre nullement sur une révocation punitive de l’ambassadeur. Cette assertion ne figure, d’ailleurs, nulle part dans l’article. Celui-ci rapporte seulement le propos présidentiel : « Si une preuve m’était apportée que de tels propos aient été tenus publiquement, alors cet ambassadeur serait révoqué ».

    Personne, à ma connaissance, n’a allégué, depuis, que l’ambassadeur avait prononcé ces propos en public. Le Monde précise, dès la phrase suivante : « Selon nos informations, Eric Fournier devait de toute façon quitter ses fonctions à la mi-juillet. »

    RT, 30 juin, 18 h 28 : Emmanuel Macron remplace l’ambassadeur de France en Hongrie qui avait encensé Viktor Orban

    Rappelons, pour ceux qui vivraient dans un terrier depuis dix ans, que RT est l’un des deux grands sites de désinformation russes installés en France.

    Cet article est extraordinairement subtil et fort bien fait. C’est la marque d’une opération de « fake news » fabuleusement bien torchée (pour une fois).

    Je défie quiconque de lire rapidement cet article en le comprenant autrement que comme vous le dites : Macron a viré l’ambassadeur pour le punir de ses propos, c’est un acte de censure politique, etc. Notez la différence entre le titre de RT et le titre du Monde.

    Le rédacteur de « l’article » de RT pousse même le vice jusqu’à mettre en lien le décret de remplacement. Il y a un lien, c’est vers Legifrance, c’est marqué République Française, donc c’est incontestable.

    Or, si vous relisez attentivement, RT ne dit pas, dans son titre, que Macron a viré l’ambassadeur pour le punir de ses propos. En revanche, il le suggère à deux reprises dans l’article. Dans la première phrase : « Emmanuel Macron a limogé Eric Fournier », et un peu plus loin : « Emmanuel Macron a décidé de démettre son auteur de ses fonctions ».

    Mais, nulle part dans l’article, le désinformateur payé par le Kremlin ne se donne la peine de présenter les faits qui attesteraient d’une relation de causalité entre la note de l’ambassadeur et son remplacement. Aucune source, officielle, officieuse ou anonyme, ne confirme cette relation. Seule la succession chronologique entre la fuite de la note et le remplacement sont rapportés. Le fait que deux événements se succèdent ne veut pas dire que le premier a provoqué l’autre.

    Et nulle part, dans l’article, ne figure l’information cruciale du Monde, selon laquelle la mission de l’ambassadeur devait de toute façon se terminer à la mi-juillet, avant la révélation de la note.

    Voyons maintenant l’article des Echos, 30 juin, mis à jour le 2 juillet à 13 h 08 : Le président Macron recadre l’ambassadeur en Hongrie

    Le titre ne dit nullement que Macron aurait « limogé » l’ambassadeur : il l’a simplement « recadré ». L’article précise même explicitement le contraire : « A aucun moment le chef de l’Etat n’a évoqué une révocation ».

    Il ajoute, et précise, l’information cruciale donnée par Le Monde, et commodément omise par RT : « Comme prévu, Eric Fournier doit quitter de toute façon son poste d’ambassadeur à Budapest à la mi-juillet. Il sera remplacé à cette date par Pascale Andréani. Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cette nomination qui a reçu le 18 mai dernier ‘l’agrément des autorités hongroises, s’inscrit dans le mouvement général des ambassadeurs’ « .

    La nomination de Pascale Andréani a reçu l’agrément de Budapest le 18 mai : donc, avant la première révélation de l’affaire par Médiapart, qui commence ainsi : « Dans une note diplomatique du 18 juin dernier, que Mediapart a pu consulter, l’ambassadeur de France à Budapest, Éric Fournier, développe une analyse très personnelle de la situation politique en Hongrie. » (Pas de lien : ceci est le résumé du moteur de recherches, qui conduit à l’article mis à jour du 29 juin.)

    Paris a proposé à Budapest, qui l’a accepté le 18 mai, le remplacement de l’ambassadeur Fournier par l’ambassadeur Andréani. Un mois plus tard seulement, l’ambassadeur sortant Fournier envoyait, au Quai d’Orsay, la note qui aurait dû rester confidentielle, et qui a été divulguée à une date que j’ignore, mais qui est forcément… postérieure à celle de sa rédaction !

    Conclusion : Emmanuel Macron n’a PAS limogé notre ambassadeur en Hongrie en raison d’une note politiquement incorrecte qu’il aurait rédigée. Il ne l’a même pas limogé en raison de la révélation intempestive de cette note par un média d’extrême gauche.

    Il a simplement tenté de rattraper les dégâts politiques faits par la fuite, ce qui est parfaitement normal et légitime. Nulle atteinte à la liberté d’expression là-dedans.

    Continuons la lecture, qui va confirmer cette conclusion, et la mettre en perspective.

    Valeurs Actuelles, 1er juillet, 20 h 55 : Hongrie : l’ambassadeur français viré sans ménagement par Macron

    Carrément. Non seulement Macron a « viré » l’ambassadeur, mais il l’aurait fait « sans ménagement ». Ceci est la preuve incontestable que Valeurs Actuelles fait partie du réseau de désinformation russe en France. Ce qui est manifeste depuis longtemps. Démonstration :

    Valeurs Actuelles reprend la fausse nouvelle de RT, mais en forçant considérablement le trait dès le titre. Or, l’article lui-même… dément le titre. Le journaliste se réfère à deux reprises à l’article des Echos, qui, comme nous venons de le voir, ne rapporte aucunement un quelconque limogeage de l’ambassadeur.

    Valeurs Actuelles cite d’ailleurs cette phrase cruciale de Macron, interrogé en conférence de presse : « Est-ce qu’il appartient à l’autorité de révoquer une ambassadeur parce qu’il dit ce qu’il pense ? Je ne crois pas, ou alors nous créerions un délit d’opinion dans la fonction publique ».

    Immédiatement après, le journaliste ajoute : « Un soutien qui n’aura manifestement pas tenu très longtemps ». Sur quoi s’appuie-t-il pour dire cela ? Ce ne peut être que sur la date du décret de nomination du successeur, auquel il fait référence. Le décret est daté du 28 juin.

    A ce stade, il faudrait être spécialiste du droit administratif, ou de la diplomatie, pour savoir si la date du décret de nomination d’un ambassadeur correspond à la date de son entrée en fonctions, ou si l’un précède l’autre.

    Ce qui est certain, c’est que l’article des Echos, auquel se réfère explicitement Valeurs Actuelles, fait une interprétation différente. Les Echos citent le décret, et donnent même le lien qui y conduit. Le passage qui précède immédiatement est le suivant : « Comme prévu, Eric Fournier doit quitter de toute façon son poste d’ambassadeur à Budapest à la mi-juillet. Il sera remplacé à cette date par Pascale Andréani. »

    Donc, pour Les Echos, bien que le décret date du 28 juin, Fournier ne quittera son poste qu’à la date prévue bien avant la rédaction de sa note controversée, à la mi-juillet. Il n’y a donc aucun « limogeage », l’ambassadeur n’a nullement été « viré », et encore moins « sans ménagement ».

    Au pire, au vu de ces documents, Macron aurait avancé de quinze jours le remplacement de l’ambassadeur — et encore, rien ne permet de confirmer cette hypothèse. A moins que quelqu’un n’apporte un document supplémentaire à l’appui.

    Le contexte politique donné par la présidence tend, d’ailleurs, à confirmer que ce prétendu « limogeage » est une opération de désinformation de bout en bout.

    Voyons cette dépêche de Reuters, 2 juillet : La France minimise le départ de l’ambassadeur en Hongrie

    « Le ministère français des affaires étrangères a minimisé lundi le remplacement de l’ambassadeur de France en Hongrie, auteur d’une note confidentielle louant la politique de Viktor Orban et divulguée par le journal sur internet Mediapart. »

    « Le remplacement d’Eric Fournier, qui ne devait quitter son poste qu’à la mi-juillet, par la ministre plénipotentiaire hors-classe Pascale Andreani, a été acté par un décret daté de jeudi dernier et publié samedi au Journal officiel. »

     » ‘Eric Fournier est en poste à Budapest depuis 2015. Son départ s’inscrit dans le mouvement général des ambassadeurs’, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, interrogée sur cette décision. ‘Mme Pascale Andréani lui succédera prochainement, suite à l’agrément reçu des autorités hongroises le 18 mai 2018’, a-t-elle ajouté. »

    La formulation reste floue. Le deuxième paragraphe peut suggérer que le remplacement a été accéléré… mais le troisième indique qu’il n’a pas encore eu lieu !

    En somme, le « limogeage » ou non-limogeage se jouerait à une semaine près. Pas de quoi fouetter un ambassadeur, comme on le voit… Au pire, Macron aurait rogné 8 jours sur le mandat d’un ambassadeur qui a été grillé, en raison d’une fuite de presse — et ce n’est même pas certain. Cela prouverait que c’est un gars efficace, qui tient à ce que les rouages de l’Etat ne perdent pas une semaine pour se remettre à fonctionner normalement.

    Je vous laisse consulter la « facho-sphère », « l’extrême droito-sphère » et la poutino-lécheurs-sphère : les « articles » sur le « scandaleux limogeage de l’ambassadeur par Macron » s’y bousculent, comme de bien entendu.

    Voilà comment travaillent les services secrets russes…

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  8. Vous dites que Macron est nu mais il ne m’avait pas fallu plus de quelques semaines d’une campagne présidentielle très pénible et manipulée,qui nous a déroulé un scénario cousu de fil blanc,après l’éviction de Fillon,pour m’apercevoir qu’il n’était qu’une effigie,ou un simple porte manteau si vous préférez,n’ayant sur lui qu’un caleçon(de soie) et des chaussettes en coton de Picardie…

    Maintenant,l’illusion commence à se dissiper et les médias qui l’ont léché à l’unanimité,commencent peut être à le lâcher avant de le lyncher.

    Je ne verserai pas une larme sur la dépouille de ce modeste énarque,porté par des « vieux crabes »,comme l’a fort drôlement qualifié Emmanuel Todd,le jour où la maison Macron et Cie s’écroulera…

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  9. Ce n’est peut être que cela,finalement,Macron,comme le dit un des commentateurs, plus haut: un commis.
    Un commis et un imposteur porté par la com’…

    Le commis de mandants,financiers et oligarques des médias, « très riches »,qu’il s’est empressé de remercier en réformant pour eux l’ISF…

    Commis de la commission de Bruxelles,sommé de respecter la feuille de route qu’elle lui a remise,à la virgule près…

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  10. @ Robert Marchenoir
    Beau décryptage de la presse. Je ne lis ni RT, ni Valeurs Actuelles (sauf les infos économiques pour ce dernier), en plus les 29-30, j’étais « out » dans un avion entre Chicago et Dublin. J’ai dû recevoir l’info (mauvaise) par un copain, peu importe.
    Mais il manque tout de même un maillon dans le scénario. Comment se fait-il qu’une note confidentielle (ou plusieurs), se retrouve dans les mains de la presse. Un fonctionnaire du quai d’Orsay l’aurait-il oublié dans un bistrot, là où Plenel vient justement boire son café ???
    Cela ressemble furieusement à l’affaire d’il y a un an avec le général de Villiers pour des propos tenus à huit clos en commission parlementaire qui se retrouvent et pan, dans la presse le lendemain (Le Monde).
    Il y a quand même des fuites sacrément opportunes ! Les services secrets russes n’ont pas grand chose à faire pour empêtrer le microcosme franchouillard en intoxiquant la presse.
    Moi ce qui m’interroge en premier, c’est l’utilisation de la presse pour faire basculer l’opinion en mode éclair (ou tir de boulet en dessous de la ligne de flottaison) sur la personne qu’on veut éliminer. Vous allez me dire que c’est de tout temps et de tout pays. Certes mais le processus a été particulièrement efficace ces derniers temps en France. Que voulez-vous je n’en suis toujours pas revenu de l’élimination de Fillon. Et le boulet semble toujours venir du même bord précis.
    La presse est hyper gourmande de ces petites infos intrinsèquement sans enjeu hyper important (financièrement hyper marginal pour le contribuable que je suis) mais très (trop) bien ciblées sur une personne en vue ou un groupe restreint de personnes, pour frapper d’indignation le citoyen paresseux par définition, car ça lui rapporte gros. C’est presque trop facile pour l’activer, la presse.
    Alimentant le facebook d’une association, je peux parier d’avance les infos qui vont rapporter gros en partages. Tenez en ce moment ce sont les coûts des fonctionnaires de l’Assemblée, une solide enquête qui fait fureur, pourtant financièrement marginal dans l’océan de la gabegie étatique (en plusieurs épisodes sur le site de l’IREF) :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Les-chiffres-cles/article/Assemblee-nationale-les-frais-de-personnel-les-plus-importants-d-Europe
    Bon mais alors notre ambassadeur, il va atterrir où ? Aux Kerguelen, aux Comores ou en retraite anticipée ?
    Je vous laisse détecter les suites des virtuosités russes de la désinformation….

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  11. @ Tino

    « Comment se fait-il qu’une note confidentielle (ou plusieurs), se retrouve dans les mains de la presse ? »

    Eh bien, c’est le travail des journalistes. De tous temps, il y a eu des possesseurs d’informations confidentielles disposés à les remettre à la presse. Je m’empresse de préciser que c’est une bonne chose. Si l’information se limitait aux communiqués officiels des gouvernements, des entreprises et des partis, nous ne saurions pas grand’chose.

    Une note confidentielle d’un ambassadeur français défendant la politique anti-immigrationniste hongroise, c’est pain bénit pour n’importe quel média, quelle que soit sa tendance politique. Et il est parfaitement possible qu’il y ait, au Quai d’Orsay, des fonctionnaires qui soient anti-immigration (ou, de surcroît, pro-russes), et cherchent à populariser leur point de vue. Il me semble d’ailleurs avoir vu passer un article du Figaro abordant ce thème (réservé aux abonnés).

    Maintenant, y a-t-il eu, de la part de Médiapart, de sombres intentions manoeuvrières pour mettre Macron en difficulté ? C’est possible. Médiapart est anti-Macron, il me semble. Mais n’importe quel journal digne de ce nom publierait une telle note s’il en avait la possibilité. Et à raison.

    « Les services secrets russes n’ont pas grand chose à faire pour empêtrer le microcosme franchouillard en intoxiquant la presse. »

    Vrai et faux à la fois. Vrai, parce que la méthode russe séculaire consiste à profiter des faiblesses des individus et des sociétés occidentales pour les subvertir.

    Faux, parce que pour que la « fake news » puisse se propager de cette manière (et pour ma part, dans un premier temps, j’y ai cru — c’est vous dire !), il faut un long travail de sape préalable.

    Il faut financer le Front national. Il faut financer d’autres groupuscules ou médias d’opposition, comme (par exemple, et très probablement, même si je n’en ai pas la preuve), TV Libertés. Il faut créer d’innombrables « think-tanks » bidons comme le Dialogue franco-russe (qui n’est en rien un « dialogue », mais un tuyau d’influence et de désinformation allant exclusivement dans un sens, du Kremlin vers la France). Il faut compromettre d’innombrables « intellectuels » qui vont pérorer pour répandre la désinformation russe, voire carrément se faire « interviewer » par RT, comme Jacques Sapir, ou même, hélas ! le libéral Charles Gave. Il faut carrément acheter des hommes politiques et des chefs d’entreprise. Etc, etc, etc.

    Il faut créer tout un écosystème prêt à amplifier, voire, dans certains cas, à créer la désinformation. C’est un long travail de préparation du terrain. Et les budgets mis dans RT ou Sputnik sont considérables ! Largement plus importants que les budgets américains correspondants…

    La « directrice de la rédaction » de RT a publiquement défini son rôle comme une mission militaire… et dans un contexte d’attaque, en plus, pas dans un contexte de défense. Mais ses propos s’adressaient à un public russe, naturellement. Ses propos à l’intention des Occidentaux sont tout autres !

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      • Il n’y a rien de « croustillant » dans « l’article » que vous présentez. Sauf si vous entendez, par là, propagande amusante. Notez, pour commencer, qu’il est publié par Polémia, qui est l’un des principaux pôles du réseau de désinformation poutiniste en France.

        Polémia mène des combats légitimes, comme l’arrêt de l’immigration de masse, mais il convient de ne s’aventurer sur ce site que muni d’une combinaison NBC dernier modèle, avec détecteur de pipeau poutiniste incorporé.

        Polémia a été fondé par Jean-Yves Le Gallou, éminent représentant du lobby de désinformation pro-russe en France. Il a été capable d’écrire ceci dans le journal Minute, à propos des ennuis judiciaires subis par François Fillon et Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle :

        « Imaginons qu’il y ait une élection présidentielle en Russie et que, tous les deux jours, l’un des deux principaux candidats d’opposition, ou les deux, soit perquisitionné, convoqué chez les juges, mis en examen ou que ses proches se trouvent dans cette situation. Evidemment, l’ensemble des médias mondiaux, les médias français au premier chef, crierait à l’atteinte à la démocratie. Sauf que ce que je viens de décrire ne se passe pas – et ne s’est pas passé – dans la Russie de Vladimir Poutine mais se déroule actuellement dans la France de François Hollande… »

        Le Gallou ment ici comme un arracheur de dents, ou plutôt comme un Poutine, ainsi qu’il convient de dire désormais : car ce qu’il décrit, c’est précisément ce qui se passe dans « la Russie de Vladimir Poutine » (remarquez que la Russie appartient toujours à Vladimir Poutine, dans le vocabulaire de ces gens-là : c’est sa chose, sa propriété personnelle).

        Polémia est aussi la demeure Internet d’Ivan Blot, membre du Dialogue franco-russe déjà cité. Il a, par exemple, été l’un des conférenciers invités à un colloque sur l’héritage et l’identité chrétiens de l’Europe, organisé à la nouvelle cathédrale russe de Paris, qui est l’équivalent d’une ambassade bis. A ses côtés, figuraient Natalia Narotchnitskaïa, présidente de l’IDC (prétendu think-tank servant à diffuser la propagande poutiniste en France), et surtout Monseigneur Tikhon Chevkounov, qui est si proche du président russe qu’il est désigné, en Russie, comme « le confesseur de Poutine ».

        Pire encore, intervient régulièrement, sur Polémia, Alexandre Latsa, qui est, lui, à 100 % un espion russe (au sens d’agent d’influence), résident à Moscou, et dont la production écrite et médiatique consiste exclusivement dans une propagande poutiniste outrancière et bourrée de fake news. Regardez sa page :

        https://www.polemia.com/mot-clef/alexandre-latsa/

        « Le poutinisme peut devenir un nouveau gaullisme », « Moscou capitale du monde libre », « Ce que la France (et la droite) gagnerait à regarder davantage vers Moscou », etc, etc.

        On trouve des choses pertinentes et intéressantes dans les interventions de Jean-Yves Le Gallou et d’Ivan Blot, mais Alexandre Latsa, c’est 100 % de la crotte d’âne pour décérébrés.

        Venons-en maintenant à « l’article » que vous indiquez. Absolument rien, dans ce texte, n’étaye la fake news poutiniste concernant notre ambassadeur à Budapest. L’auteur écrit :

        « il est fort probable que la fuite émane de la direction de l’Union européenne du Quai d’Orsay, du cabinet du ministre des affaires étrangères, voire même de l’Elysée ; en tout état de cause, l’objectif était le même : nuire à l’ambassadeur et provoquer son éviction. »

        Zéro fait, zéro source. Moi ch’pense que. Voilà le niveau d’information.

        Tout de suite après, l’auteur se livre à cette manoeuvre rhétorique poutiniste et gauchiste usée jusqu’à la corde : le changement de sujet pour détourner l’attention, la fausse comparaison non pertinente (l’ambassadeur à Washington sous Hollande, etc). C’est le fameux « whataboutisme » : what about l’ambassadeur de Hollande ? Eh bien, on s’en fout : ce n’est pas le sujet.

        Bien évidemment, dans ce genre d’article, les insultes sont de rigueur : « Emmanuel Macron, le muscadin de la République ». Ca ne veut rien dire, mais ça diffame, c’est toujours ça de pris.

        Notez également la signature : « Etienne Lahyre, haut fonctionnaire, analyste politique ». Ceci est un signal d’alarme majeur. Vous connaissez Etienne Lahyre, vous ? Vous avez vérifié ses compétences en matière de pratiques diplomatiques ? Sa crédibilité ? Sa neutralité ? Son respect de la vérité ?

        Un nombre considérable de ces désinformateurs poutinistes sont, effectivement, anciens hauts fonctionnaires, officiers 2S (c’est à dire à la retraite anticipée), etc. Qui profitent, en effet, de leur CV pour nous asséner des opinions (et non des faits) en des matières où ils ne sont pas plus qualifiés que Suzon, la serveuse du Bar des Amis.

        Il ne me semble pas que la qualité de haut fonctionnaire soit un gage de crédibilité, en tous cas pas pour des libéraux… ce serait plutôt le contraire !

        Enfin, vous me dites que, pour Charles Gave, vous êtes « plus réservé ». Plus réservé sur quoi ? Ce n’est pas une question d’opinion, c’est une question de faits. Charles Gave a accepté au moins une invitation à s’exprimer sur Sputnik. Cela le désigne de fait comme un agent d’influence, volontaire ou involontaire, de la désinformation poutiniste. Accepter de parler sur Sputnik, c’est légitimer Sputnik, c’est donc légitimer la désinformation qu’il diffuse par ailleurs.

        D’ailleurs, concernant cette intervention, dont j’avais parlé ici, il était invité… dans l’émission hebdomadaire de Jacques Sapir ! (très mauvaise émission, soit dit en passant). Il est, donc, au minimum ce qu’on appellait, sous l’URSS, un idiot utile.

        Et comme je l’ai interpellé, sur son site, à ce sujet, et qu’il a revendiqué non seulement cette participation mais son principe, on est en droit d’estimer qu’il est un peu plus que cela. D’ailleurs, il est un peu difficile de qualifier Charles Gave d’idiot. Chacun en tirera les conclusions qui s’imposent.

        N’oubliez pas que le mensonge, la propagande, la diffamation, les fausses nouvelles fabriquées pour nuire, seront toujours plus « croustillantes » que la vérité. C’est bien pour ça qu’ils vont plus vite.

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      • Robert, vos commentaires amusants, parfois cinglants, plein de trouvailles et documentés se heurtent à un obstacle : votre obsession anti-poutinienne (quel que soit le sujet). Je ne pense pas que Valeurs Actuelles soit infiltré par Moscou. RT ne s’en cache pas, mais VA ?
        Si on veut éviter les arrière-pensées des blogs, lire directement Hélène Carrère d’Encausse, ou Oliver Stone « Conversations avec Poutine » (Albin Michel, 2017). 50 h d’entretiens.

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  12. @ Souris donc

    Ta-ta-ta… « Obsession », c’est un mot du vocabulaire gauchiste pour frapper d’infamie les points de vue qu’on n’aime pas, sans pour autant se donner la peine de les réfuter. Je ne suis pas plus « obsédé » anti-poutinien que Nathalie, ou vous-même je suppose, n’êtes « obsédée » anti-dirigiste et anti-socialiste. Ou moi-même, d’ailleurs ! J’ai d’excellentes raisons d’être opposé au régime russe, et je les explique à l’occasion.

    D’autre part, s’il y a deux sources à ne surtout pas consulter pour comprendre le régime russe actuel, c’est Hélène Carrère d’Encausse, et encore plus Oliver Stone. Tous deux font partie de la catégorie des poutino-lécheurs. La première est une poutino-lécheuse modérée, et je comprends encore que des personnes non averties puissent tomber dans le panneeau. Mais le second est un poutino-lécheur compulsif, un agent d’influence parfaitement officiel qui raconte rigoureusement n’importe quoi, et sert ostensiblement de paillasson occidental à son « ami » Poutine.

    Carrère d’Encausse n’a rigoureusement aucune compétence russologique, contrairement à son image de marque. Cette dernière est dûe exclusivement à son ouvrage-vedette, publié il y a bien longtemps, où elle essayait de prévoir comment l’URSS s’effondrerait. Depuis, non seulement elle n’a pas mis à jour ses connaissances, mais elle a rallié ce large cercle des expatriés, ou originaires de Russie vivant en Occident, qui ont été ralliés par le Kremlin au titre de l’excusisme pro-poutinien.

    Vous avez toute une « cottage industry », comme on dit en anglais, d’Occidentaux vaguement liés à la Russie par leur origine (Carrère d’Encausse est née en France !), qui s’emploient à pondre du bouquin et des articles au kilomètre sur le thème « Qui est ce mystérieux Monsieur Poutine ? », et dont la ligne directrice est : certes, Poutine-n’est-pas-un-ange, mais… etc. Ils se distinguent, tous, non seulement par leur objectif (excuser la Russie, accuser l’Occident), mais par la remarquable absence d’informations véritables, nouvelles et pertinentes qui caractérise leur production.

    Quant à Oliver Stone, il est à aussi sérieux d’en faire une source sur la Russie que si vous conseilliez d’écouter ce que Gérard Depardieu a à dire sur le sujet.

    Valeurs Actuelles n’est pas dans la même catégorie que RT. RT est un média de propagande qui est ouvertement aux mains du Kremlin. Valeurs Actuelles fait partie des compagnons de route, comme on disait au temps du Parti communiste. Comme bien des organes, et des personnalités, de la « droite » française. Je vous en ai fourni la preuve sur un exemple précis. Si la question vous intéresse, faites vos propres recherches, analysez leur copie russe, étudiez le profil et les liens des dirigeants.

    Et puis c’est quand même bizarre, pour des libéraux, de s’offusquer que l’on dénonce le régime russe. Dans libéral, il y a liberté. Russie, liberté : cherchez l’intrus…

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    • A propos d’Hélène Carrère d’Encausse, toute sa réputation vient de son bouquin « L’Empire éclaté », pavé mal écrit et indigeste que je me suis fadé pendant mes années étudiantes. Elle y envisageait certes un possible éclatement de l’URSS, mais notons qu’elle s’est trompée du tout au tout, car si je me souviens bien, pour elle, il allait venir des tiraillements entre ses différents peuples (en gros entre les slaves et les musulmans) mais c’est bien finalement le communisme lui-même qui s’est effondré.

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      • Je ne m’en souviens pas car je ne l’ai pas lu, mais effectivement, telle était sa thèse… Sans me prononcer, et pour cause, sur la qualité du livre, je dirais qu’on ne peut pas lui faire reproche de ce qui fut, effectivement, une erreur au regard de ce qui a fini par se produire.

        Car les tensions entre slaves et musulmans, et plus généralement entre les Russes ethniques que représente le pouvoir moscovite et les dizaines de nationalités qui composent le pays, sont un des facteurs qui menacent, gravement, la perpétuation de la Russie poutinienne.

        La seule politique raisonnable, dans un pays aussi étendu sur le plan géographique, et aussi divers sur le plan ethnique, linguistique et religieux, serait d’instaurer un régime fédéral. Or, c’est le contraire que fait Poutine, avec une centralisation à outrance, et un suprématisme russe-ethnique qui tend à l’impérialisme interne.

        Poutine se lamente de la perte des ex-territoires soviétiques désormais indépendants, et sa politique impérialiste vise explicitement à les réintégrer, de fait ou de droit, dans la mère-patrie. Mais c’est le moignon restant de la (prétendue) Fédération de Russie qui risque de se fissurer, et ses composants les plus éloignés de faire sécession. C’est déjà ce qui s’est produit, de fait, avec la Tchétchénie.

        Le russe est l’une des rares langues où il existe deux mots différents pour désigner un Russe : l’un désigne les Russes de citoyenneté — les Russes de papier, pour ainsi dire –, et l’autre désigne les Russes ethniques, les Russes raciaux et culturels. Cette distinction est soigneusement mise en valeur par les autorités. Poutine dénie aux Russes d’autres nationalités les droits linguistiques qu’il reproche (à tort) à l’Ukraine, ou aux pays baltes, de refuser aux russophones… ça ne peut pas bien se finir.

        En somme, avec l’Empire éclaté, Carrère d’Encausse n’aurait eu le tort que d’avoir eu raison trop tôt. En revanche, depuis, elle a perdu toute la compétence qu’elle pouvait avoir (peut-être…) sur le sujet. Personne, en dehors de la France (et des propagandistes du Kremlin) ne la considère comme un expert sur la Russie, ni de près ni de loin.

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  13. Bonjour,

    L’affaire Benalla est passée par là et va laisser des traces tenaces en plus de ce qu’on pouvait lister début juillet.

    Le roitelet commet une lourde erreur en se pensant plus malin que l’opposition qu’il croit pouvoir manipuler (parce que pour le moment constituée d’un ramassis d’idiots dits de droite ou de gauche). D’abord parce qu’il ne réforme pas assez pour pouvoir s’appuyer sur un bilan: Compter davantage sur les faiblesses des autres que sur ses propres points forts, première erreur.

    Seconde erreur, diviser l’Europe en laissant s’agréger des opposants populistes qui hélas pour Macron, répondent aux attentes des européens au moins sur la question migratoire tandis que lui ne va pas au bout en laissant l’Aquarius venir en France…

    Avec des motifs d’insatisfaction intérieurs et des opposants de plus en plus déterminés, prêts à s’associer à l’extérieur, voilà qui ne présage de rien de bon.

    cdlt

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