Vous avez dit « 50 milliards d’économie en trois ans » ?

—->   Cet article a également été publié le lundi 21 septembre 2015 sur    logo-cp

Mises à jour des 4 et 6 novembre 2015 : Manuel Valls a décidé de repousser la réforme (clefs de répartition) de la Dotation globale de fonctionnement (DGF) aux collectivités locales de 2016 à 2017. Je ne suis guère étonnée, car c’est « un système ultra-complexe mis en place par des socialistes qui provoque des migraines à des socialistes parce qu’il va entraîner des ajustements incompréhensibles sur d’autres socialistes ». Si vous êtes sensibles au « petit côté savoureux qu’il serait dommage de bouder » que cet arbitrage représente, je vous invite à lire l’article d’h16 à ce sujet.

Mise à jour du jeudi 15 octobre 2015 : Selon Valérie Rabault, député socialiste rapporteur du budget, sur les 16 milliards de fausses économies (voir mise à jour ci-dessous) prévues dans le budget 2016, 3,5 milliards d’euros sont « non documentés », c’est-à-dire non affectés à des postes précis, et 600 millions d’euros sont « peu documentés ». Non seulement les économies promises ne sont que de moindres hausses, mais en plus, elles n’existent même pas vraiment. C’est merveilleux ! 

Mise à jour du lundi 5 octobre 2015 : Dans la foulée de la présentation du budget 2016 (qui a eu lieu le 30 septembre dernier en Conseil des ministres), on peut constater que non seulement les « 50 milliards d’économie en trois ans » sont non une baisse des dépenses mais une moindre hausse (thème de l’article ci-dessous), mais également que les chiffres varient, et bien fol qui s’y fie. Les 50 milliards se déclinaient théoriquement en 21 milliards de fausse économie pour 2015, puis 14,5 milliards pour 2016 et 2017. Voilà que pour 2015 le gouvernement ajuste le tir à 18,6 milliards de fausse économie, et croit nous empapaouter en prévoyant 16,0 et 15,4 milliards pour la suite. Il se trouve que l’année 2015 est en cours d’exécution (aïe), tandis que 2016 et 2017 sont à l’infini (ouf, on peut dire n’importe quoi). 


Comme je l’expliquais dans mon précédent article, les grandes manoeuvres budgétaires ont commencé. Et les élections régionales approchent. Cela n’a pas échappé aux maires de France dont l’association AMF présidée par François Baroin (Les Républicains), maire de Troyes et ancien ministre du budget, organisait hier (samedi 19 septembre 2015) de vastes manifestations d’élus devant les préfectures pour montrer leur opposition à la « baisse des dotations de l’Etat » aux collectivités locales, et notamment aux communes. En cause, le plan de « 50 milliards d’économie en trois ans » décidé en 2014 et applicable de 2015 à 2017, dont les entités territoriales sont censées prendre leur part à hauteur de 11 milliards d’euros. Qualifiée de « désastre annoncé » par l’AMF, cette nouvelle donne budgétaire locale n’enchante pas non plus les maires socialistes de Paris, Lyon et Nantes qui considèrent qu’elle va « trop vite, trop loin. » Essayons d’y voir clair, bien qu’en ces matières d’argent public rien ne soit ni simple, ni clair, ni transparent.  Lire la suite