Désolée, MM. Valls et Peillon, « les » catholiques n’existent pas !

contrepoints-2Jeudi 12 janvier dernier, jour du premier débat de la primaire de gauche, le journal La Croix livrait les résultats d’une grande enquête sur « le vrai visage des catholiques » en France et concluait, à l’inverse des idées généralement admises, à la profonde diversité de cette population, tant sur le plan liturgique que dans les domaines de la morale ou des choix socio-politiques.  Lire la suite

Manuel Valls : com’, ambition et coups de menton

Mise à jour du jeudi 30 mars 2017 : Sèchement battu lors de la primaire de gauche par Benoît Hamon, Valls a décidé (comme François de Rugy avant lui) de rompre l’engagement de soutenir le vainqueur. Après avoir refusé de parrainer le candidat officiel du PS, il a annoncé hier qu’il voterait Macron au premier tour de la présidentielle pour battre le FN.

Mise à jour du lundi 23 janvier 2016  matin : La primaire de la Belle Alliance Populaire, dite aussi « primaire citoyenne » ou primaire de gauche en vue de l’élection présidentielle d’avril et mai 2017, a réuni hier 1,6 millions de votants (selon les décomptes laborieux et contestés du PS), soit nettement moins qu’en 2011 (2,6 millions) et nettement moins que la primaire de droite de novembre 2016 (4,3 millions).
A l’issue du 1er tour, Benoît Hamon est arrivé en tête avec 36 % des voix et Manuel Valls le suit avec 31 %. Arnaud Montebourg, en 3ème position avec 17 %, s’est désisté sans surprise en faveur de Benoît Hamon.

Mise à jour du lundi 23 janvier 2016  19 h : Devant la polémique sur les chiffres de participation à la primaire qui a pris de l’ampleur toute la journée, le PS admet un bidouillage malheureux dans ses reports de résultats et l’attribue avec courage à la connerie d’un permanent ! Il a ensuite fait de son mieux pour essayer de retomber sur ses pattes de petite brebis innocente : communiqué de la haute autorité de la primaire. Ah le PS de Cambadélis, quel parti honnête et sympathique !

Pour faire connaissance avec les candidats du second tour, voici un portrait de Manuel Valls. Un portrait de Benoît Hamon est également à lire ici. 


contrepoints-2Valls y va. Il nous l’a annoncé officiellement lundi 5 décembre 2016 après une séquence complexe du style « je t’aime, moi non plus » avec François Hollande qui venait pour sa part d’annoncer aux Français qu’il renonçait à briguer un second mandat. Autant le Président de la République nous a aimablement fourni une ultime occasion de le comparer à un ectoplasme sévèrement déprimé, autant Manuel Valls s’est livré avec délectation à son célèbre jeu de mandibules en martelant force, volonté, inflexibilité et révolte dans les termes de sa déclaration. Lire la suite

Exemple de constructivisme : le délit d’entrave numérique à l’IVG

Une proposition de loi visant à instaurer un délit d’entrave numérique à l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) est examinée aujourd’hui à l’Assemblée nationale. Si l’on en croit Laurence Rossignol, notre Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, le droit à l’IVG subit depuis quelque temps des attaques particulièrement sourdes de la part de sites internet qui, sous couvert de délivrer des informations pratiques sur l’avortement, ont en réalité pour objectif de combattre l’avortement en diffusant « de fausses informations, des informations tronquées, dans le but de dissuader les femmes de recourir à une IVG » (vidéo,  01′ 34″) :  Lire la suite

Etat d’urgence prolongé, état de droit en danger

Mise à jour du vendredi 20 mai 2016 : Après les sénateurs, les députés ont voté hier 19 mai 2016 en faveur de la prolongation pour la troisième fois de l’état d’urgence. Il est donc maintenu jusqu’au 26 juillet 2016 afin, selon Manuel Valls, d’assurer la sécurité de l’Euro 2016 et du Tour de France. Ce serait « en principe » le dernier renouvèlement, car la loi de réforme pénale que le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas doit présenter prochainement à l’Assemblée est prévue pour prendre le relai sur le plan de la lutte anti-terroriste.
Le bilan de l’état d’urgence à ce jour est cependant tout aussi maigre que celui qu’on pouvait faire en début d’année (voir article ci-dessous), et les rencontres sportives invoquées par le gouvernement ressemblent plus à un prétexte qu’à une nécessité. En effet, la plupart des mesures de sécurité de l’Euro 2016 peuvent être prises en dehors des conditions de l’Etat d’urgence. 
Parallèlement, l’Etat s’est montré incapable de contrer les violences et dégradations qui ont accompagné les manifestations anti-loi Travail, au point de provoquer mercredi 18 mai 2016 une contre-manifestation des policiers qui réclament notamment des directives claires pour agir contre les casseurs.
Si la disparition hier jeudi 19 mai de l’avion EgyptAir entre Paris et Le Caire devait être attribuée à un acte terroriste, comme les autorités égyptiennes commencent à le dire, il deviendrait encore plus difficile de voir dans l’Etat d’urgence autre chose qu’une posture liberticide complètement inutile et à côté de la plaque.


 En commentant récemment les Voeux 2016 de François Hollande, je faisais remarquer que ceux de l’année précédente semblaient ouvrir une petite brèche pour une année « Macron » synonyme de modernisation et de libéralisation de l’économie. J’aurais pu ajouter que ceux de cette année, presque entièrement consacrés à la lutte contre le terrorisme (et un petit peu aussi à l’inversion de la fameuse « courbe »), ouvraient la voie à une année « Valls. » Pas celui qui lors de la primaire socialiste de 2011 se positionnait comme un social-libéral plébiscité par la droite, mais le Valls ministre de l’Intérieur qui serre les mâchoires, donne des coups de menton et pénalise toutes les expressions qui s’affranchissent du politiquement correct institutionnel, le Valls auquel, après l’affaire Dieudonné et le débat autour de la loi Renseignement, je demandais avec inquiétude « Manuel, tu nous emmènes où comme ça ? »  Lire la suite

Manuel, tu nous emmènes où comme ça ?

—->  Cet article a également été publié le vendredi 19 juin 2015 sur     logo-cp

Interdictions par-ci, loi Renseignement par-là, 49.3 à répétition : mais Manuel, toi et tes amis, vous nous emmenez où comme ça ?

J’aimerais beaucoup me tromper, et j’espère que de nombreux lecteurs viendront m’opposer leurs arguments pour me montrer que je m’inquiète pour peu de chose. J’ai malgré tout la triste impression que le gouvernement nous prend pour des nouilles et que c’est en grenouilles que nous allons bel et bien tous finir, en grenouilles bouillies.  Lire la suite

Gouvernement : Pacte d’irresponsabilité et choc de déresponsabilisation

D’après François Hollande lui-même, il est important de « stimuler, d’accompagner la reprise qui maintenant est là ». Il faisait cette déclaration vendredi 6 mars dernier alors qu’il était en visite officielle au Luxembourg. Comme on aimerait le croire ! Malheureusement, on a toutes les raisons de se méfier.

D’abord, François Hollande est coutumier de ce genre de déclaration. Ce n’est que la troisième fois qu’il nous annonce une reprise qui ne s’est pas franchement manifestée précédemment : selon ses dires la reprise était là en juillet 2013 puis en juillet 2014. « La France est même le pays où elle repart le plus rapidement » disait-il en 2013. Selon l’INSEE la croissance s’est finalement établie à 0,3 % en 2013 et 0,4 % en 2014. C’est peu dans l’absolu et c’est décevant par rapport au reste de la zone euro dont la croissance moyenne s’établissait à 0,8 % en 2014.  Lire la suite

Le 49.3 amuse la galerie, arrange les députés et occupe les tribuns. Mais sur le fond …

Mise à jour du jeudi 9 juillet 2015 : Et de trois. Recours au 49.3 pour l’adoption définitive de la loi Macron. Pas de motion de censure en perspective, puisqu’on a bien compris maintenant que ceux qui ne veulent pas voter la loi Macron tiennent quand même à leur poste de député.

Mise à jour du mardi 16 juin 2015 16 h 30 : Et de deux ! Manuel Valls vient d’annoncer le recours au 49.3 pour la seconde fois dans le cadre de l’adoption de la loi Macron. Le projet de loi est en effet revenu aujourd’hui en deuxième lecture à l’Assemblée nationale après son passage au Sénat. En dépit de plusieurs milliers d’amendements, ce texte passablement hybride ne parvient pas à trouver de majorité ni sur sa gauche ni sur sa droite, traduisant le grand écart permanent réalisé par le gouvernement entre ses promesses de campagne ancrées très à gauche « contre la finance » et la nécessaire modernisation de l’économie française. Sans surprise une motion de censure déposée par les groupes UDI et Les républicains sera soumise au vote des députés jeudi 18 juin. Le premier ministre défend sa décision en disant que le recours au 49.3 n’est pas pas « un acte d’autorité », mais « un acte d’efficacité pour l’économie française. » L’efficacité serait à ce prix ? La pente est dangereuse. Rappelons-nous que la réforme du collège est passée « en force » par décret. Manuel, tu vas où comme ça ?


Le vote solennel des députés sur la loi Macron aurait dû avoir lieu mardi 17 février dernier, mais en dépit de nombreuses heures de discussion en commission et en séance, en dépit de tous les efforts du gouvernement pour convaincre les députés socialistes récalcitrants, il est apparu mardi matin que le compte n’était pas bon. Entre les députés qui avaient clairement annoncé leur intention de voter non et ceux qui ne souhaitaient pas révéler leur vote, Manuel Valls a senti que la majorité risquait de lui échapper et a finalement pris la décision de faire adopter le texte sans vote comme le lui permet l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.   Lire la suite