Marine Tondelier essaye un jean – et autres histoires de la gauche écolo

Quiconque n’est pas « de gauche » mesure mal à quel point cet engagement politique glorieux est difficile à tenir. Ajoutez-y la dimension « planète, climat et gentilles abeilles » chère au cœur des écologistes, puis saupoudrez de féminisme à la façon de Sandrine Rousseau, et vous verrez immédiatement qu’il faut être expert en quadrature du cercle pour y survivre et commencer à s’y sentir à l’aise. Autrement dit, abandonner toute logique et privilégier la mauvaise foi quand le débat se complique.

S’agissant des écologistes, on savait déjà que leur objectif climatique suprême de  limiter les émissions de CO2 manquait cruellement de sérieux dans la mesure où il s’accompagne d’un autre objectif encore plus important, semble-t-il, et néanmoins complètement contradictoire : sortir du nucléaire, source d’électricité pourtant idéalement décarbonée et finement pilotable, au profit de l’éolien et du solaire, lesquels sont des énergies renouvelables non seulement intermittentes et non pilotables mais susceptibles d’introduire de plus en plus d’instabilité dans le réseau électrique à mesure que leur part augmente.

S’agissant du glyphosate, on savait déjà que les écologistes étaient d’autant plus acharnés à obtenir son interdiction totale qu’ils le considèrent comme un élément déterminant de l’agriculture intensive qu’ils réprouvent. En revanche, silence radio sur la question du cuivre utilisé comme fongicide en agriculture biologique, laquelle agriculture n’est jamais évoquée par les écologistes qu’avec des trémolos de bonheur ému dans la bouche. La dangerosité du cuivre est pourtant connue de longue date et a poussé cet été l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à durcir ses conditions d’utilisation en agriculture.

S’agissant de la Secrétaire nationale des Écologistes (ex-EELV) Marine Tondelier, on savait déjà que ses pieuses déclarations sur son mode de vie 100 % vertueux pour la planète ne valaient pas grand-chose. Elle a beau dire, tweeter et répéter qu’elle se chauffe à 19 °C, qu’elle a ses propres poules et qu’elle ne prend pas l’avion, force est de constater que son engagement écolo la pousse aussi à retourner en Guyane tous les ans pour aller voir comment un certain arbre « planté il y a 20 ans (…) par des copains de Guyane Écologie » se développe. On se doute bien qu’elle n’y va ni en train ni en voilier.

Mise au pied du mur de ses contradictions, elle esquive et contre-attaque« Je ne prends pas l’avion depuis des années, ni ne mange de viande depuis 15 ans, je doute que ces messieurs qui me critiquent le fassent. »

La cohérence, c’est d’un ennui… Mais quoi qu’il arrive, la gauche en général et les écologistes en particulier ont raison parce qu’ils ont le monopole du cœur, ce qui les positionne immédiatement et éternellement du bon côté de l’histoire et de l’humanisme, tandis que tous les autres ont mille fois tort, quelle que soit leur rationalité et/ou la qualité scientifique de leurs raisonnements, y compris quand le réel leur donne raison.

Et nous arrivons ainsi à la question sociale. Faites remarquer à un militant de gauche que la France est le pays le plus redistributif au monde (comme s’y employa l’entrepreneur Rafik Smati récemment), et le militant (la militante, en l’occurrence) vous répondra : « Ne m’embrouillez pas avec vos chiffres, il y a 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté. » 

Première remarque, le seuil de pauvreté caractérise un niveau relatif de revenu (60 % du revenu médian). En conséquence, même dans une société riche qui disposerait d’un niveau de vie élevé du bas en haut de l’échelle sociale, on trouverait des familles vivant sous le seuil de pauvreté. Ceci pour dire que cette grandeur ne saurait caractériser à elle seule le niveau de vie effectif des habitants d’un pays.

Mais surtout, ai-je envie de dire, faudrait savoir. D’un côté, le 7 novembre, Marine Tondelier se lamente sur la misère sociale qui s’accroit partout en France et qui risque de se multiplier encore plus en raison du budget austéritaire de Sébastien Lecornu. Et puis le 8, changement de ton radical. Manifestement en campagne en vue de l’élection présidentielle de 2027 – elle a annoncé sa candidature le mois dernier -, on la retrouve au salon du Made in France sur le stand du fabricant des jeans 1083 :

Des jeans qui ont l’air effectivement très bien, mais qui coûtent « un peu plus cher », comme le dit si pudiquement Marine Tondelier. Les prix vont de 129 à 210 euros pour les modèles hommes, quand on peut s’offrir un jean Zara pour 50 euros. Mais des jeans qui, d’après elle, « font gagner de l’argent » : pas de travail d’enfants, pas d’exploitation des travailleurs, pas de pollution, pas de longs transports depuis le bout du monde – toute la fabrication (ou presque, parce qu’il est aussi question d’approvisionnements en Italie et en Tanzanie) s’est déroulée dans les 1083 km qui représentent la plus grande longueur de l’Hexagone.

Et puis des jeans solides, qui durent longtemps et qui sont fabriqués « par des salariés qui ont sauvé leur entreprise. » Enfin, plus exactement, qui essaient de sauver leur entreprise, car pour l’instant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Figurez-vous que curieusement, le facteur prix est important pour les consommateurs… Goutte d’eau de 50 000 jeans annuels dans un marché français où il s’en vend 67 millions par an, 1083 aimerait pouvoir s’appuyer sur la commande publique – pour la fabrication des futurs uniformes de l’Éducation nationale, par exemple. Tiens donc… Fiscalité délirante d’un côté, aides et connivence de l’autre – la France dans toute sa splendeur désindustrialisée.

Mais bref, Marine Tondelier est conquise. Plus cabotine que jamais, elle n’arrête pas de dire qu’on lui a conseillé de réessayer le jean de son choix dans la demi-taille au-dessus. Elle assure ne pas s’en formaliser, mais peut-être pourrait-elle tout simplement envisager de ralentir sur les bons déjeuners dans les salons du très chic et très cher restaurant Matignon.

Surtout, peut-être pourrait-elle essayer d’additionner deux et deux. Comment l’économie Made in France qu’elle promeut ainsi pourrait-elle être abordable pour le plus grand nombre si elle et ses amis du Nouveau Front populaire persistent à vouloir accroître les coûts de production à travers des augmentations d’impôts et des cotisations sociales toujours plus élevées afin de financer des dépenses sociales en constante augmentation ?


Je vous invite à retrouver cet article parmi les quelque 75 portraits et entretiens de ma galerie politique.


Illustration de couverture : la Secrétaire nationale des Écologistes (ex-EELV) Marine Tondelier en octobre 2024. Photo AFP.

18 réflexions sur “Marine Tondelier essaye un jean – et autres histoires de la gauche écolo

  1. L’écologie est bien mal défendue. Les Tondelier, Rousseau… (la principale qualité de Rousseau est d’être de loin la plus drôle de la bande) sont des caricatures et des cibles faciles pour votre plume acérée. Il serait injuste de vous reprocher la facilité après votre article impitoyable sur Jancovici, à qui il peut arriver, comme à tout le monde, de se tromper ou de dire une bêtise. Mais un des angles morts de votre blog est la prise en compte du changement climatique en cours dans les choix économiques à faire (le deuxième angle mort que je vois conerne les bouleversements prochains de l’IA). Je parle de l’écologie, la vraie, pas de l’eco-feminisme, de l’eco-islamisme ni des diverses éco-tartufferies. Simplement le fait que l’évolution du climat va bouleverser les équilibres mondiaux. Je ne crois pas avoir lu sous votre plume une contestation du phénomène même si vous n’avez pas démenti les commentaires qui faisaient dériver le débat dans cette direction. Argumenter que l’humanité a surmonté jusqu’ici, grâce à son génie, tous les obstacles qui auraient pu l’anéantir et que ça va continuer, d’autant mieux qu’on laissera libre cours à la liberté d’innovation, ne me paraît pas être une démonstration aussi rigoureuse que celles auxquelles vous nous avez habitués. Et même si les pays les plus riches s’en sortent en aménageant les conditions de vie de leurs habitants ou grâce à une situation géographique avantageuse, que deviendra la plus grande partie de l’humanité et qu’elles seront ses réactions ? Personnellement je suis très pessimiste. Ce sujet de fond est masqué par l’agitation incohérente de nos écolos d’opérette. S’ils méritent des critiques, je crois qu’il faut dépasser le débat dans lequel ils veulent nous enfermer.

    • Soyons abjects, la Terre est surpeuplée, plusieurs moyens d’y remédier, l’un consistant à déclencher des guerres telles 14/18, 39/45 etc l’autre plus perverse mais plus efficace dans le temps est de ne rien faire contre le réchauffement et laisser périr doucettement des centaines de millions de personnes.

    • Commenter l’actualité est une chose, faire un reportage sur les solutions à un problème sur lequel travaillent des dizaines/centaines de milliers de personnes, avec des implications dans tous les secteurs de notre vie, c’est autre chose.
      Quelques points :
      – La tentation totalitaire écologique ; au nom de Gaia, Jancovici prone désormais une dictature verte, où les citoyens finiront comme dans Soleil Vert. Une fois leur date de péremption atteinte, une petite euthanasie et on pourra redistribuer leur capital économisé (j’exagère à peine)
      – Si on regarde un peu au-delà de l’Europe, la moitié de l’humanité vit dans le cercle de Yuxi, 1/4 en Afrique (principalement subsaharienne) . Leurs économies se développent à vitesse accélérée , en moyenne 5% par an, ce qui signifie un doublement du PIB tous les 15 ans. Or, l’économie n’est au final que de l’énergie transformée. Donc ces pays vont avoir des besoins énergétiques TOTALEMENT INCOMPATIBLES A COURT TERME avec la réduction des émissions de CO2 (et de méthane dont tout le monde se tape) . LA Chine et l’Inde prévoient a minima de doubler leur nombre de billets d’avion dans les 7 à 10 ans (et ça ne s’arrêtera pas ensuite)
      – Il faudra donc à la fois s’adapter et innover. S’adapter par exemple en agriculture avec des plants OGM résistants au stress hydrique, avec des changements de cultures pour des plantes mieux adaptées à la chaleur. S’adapter dans les logements avec des rénovations qui doivent IMPERATIVEMENT être simplifiées. Et innover , ce qui veut faire confiance à des ingénieurs plutot qu’à des sorcières contrairement à Sandrine Rousseau

      • Merci pour votre réponse très intéressante. Mon commentaire était orienté sur la place du changement climatique dans le projet libéral. Dans le projet écologiste façon EELV, il est clair : on décroît à l’échelle de la France et on espère que les autres vont nous imiter parce qu’il vont trouver ça cool. Cela me paraît suicidaire mais c’est clair. Mais quand on vise l’augmentation de la croissance par la liberté d’entreprendre, il me paraît logique de parler aussi du réchauffement climatique et là c’est moins clair.
        Plusieurs attitudes sont possibles :
        1- on nie le phénomène. Cela paraît difficile. Les scientifiques sont assez unanimes même si de temps en temps il y en a un qui veut faire parler de lui. Et puis on constate que le temps a changé ces 20 dernières années (c’est à dire en un temps très court) qu’il y a moins de neige et que les étés sont de plus en plus chauds et secs,
        2- on élude en affirmant que l’intendance suivra, que le progrès permettra de trouver une solution. Ça ne mange pas de pain mais l’argument est faible,
        3- on cherche une solution plus réglementaire à l’échelle internationale . Les COP successives démontrent que cela ne marche pas mais on peut continuer à y croire,
        4- on se dit qu’en France l’impact du changement climatique sera moins important que dans d’autres régions du monde alors on se dit qu’on survivra et on s’arme pour ne laisser entrer personne.

        Toutes ces positions sont possibles et dans une certaine mesure cohérentes. Mais il me paraît nécessaire de dire laquelle (ou une autre encore) on met dans le projet libéral.

      • @herderien: Donc, si je vous suis bien, mais je suis un peu essoufflé car votre raisonnement court vite, face aux politiques publiques absurdes ou invasives, vous nous proposez le kit de survie en quatre gestes simples :
        1) Nier
        2) Éluder
        3) Faire semblant d’y croire
        4) Tenir bon à l’usure

        Alors bon, comment dire ? C’est pas fou-fou niveau espérance. Mais si on gratte un peu, votre liste a des vertus pédagogiques. C’est une boîte à outils de crise universelle utilisable dans à peu près toutes les situations du quotidien. La preuve avec ces exemples d’usage pratique :

        « Pourquoi tu n’aimes pas ma mère ? »
        – Nier : « Ta mère ? La dame qui appelle trois fois par jour ? Je ne savais pas que c’était ta mère, sinon j’aurais arrêté de raccrocher au milieu de la phrase. »
        – Eluder : « Aimer, ça veut dire quoi au fond ? Moi aussi, j’aime bien les dragons de Komodo, mais je ne les invite pas à dîner. »
        – Faire semblant : « Mais si, regarde : je lui ai offert une appli pour compter ses pas vers l’EHPAD le plus proche. »
        – Tenir bon : « Elle finira bien par oublier notre numéro de téléphone et reporter son affection sur son chat. »

        Ou encore :

        « Tu peux m’expliquer pourquoi la boîte à pizza est rangée entre L’Éthique de Spinoza et La vie secrète des arbres ? »
        – Nier : « Ça n’est pas une boîte à pizza. C’est un support dialectique pour une réflexion sur l’entropie. »
        – Éluder : « La vraie question, c’est plutôt : comment Spinoza a survécu à trois vagues d’annulation et deux réformes éducatives ? Ce type est increvable »
        – Faire semblant : « J’explore les affinités subtiles entre la pâte et l’esprit. Une démarche cartésienne, mais avec supplément gorgonzola. »
        – Tenir bon : « Chaque grande bibliothèque contient une anomalie. Toi c’est une Regina quatre fromages. Assume. »

      • Flamby. Vous êtes moins inspiré que dans votre premier commentaire virevoltant, drôle et très juste d’il y a quelque jours et que j’ai mis de côté pour le relire l’été prochain. Je ne prétends pas faire la liste exhaustive des positions possibles, juste de celles auxquelles je pense. Mais vous montrez que j’en ai oublié (au moins) une : faire preuve de talent et d’humour pour ne pas traiter du sujet.

      • @herederien: Je vous le concède, je suis interminable. Mais c’est un peu facile de me toiser du haut de vos préjugés validistes. Sachez que je souffre du syndrome de graphomanie invalidante, également connu sous le nom de dysphorie de page blanche. Depuis que j’ai été diagnostiqué, je peux enfin mettre un mot (et plusieurs pages de digressions) sur ma souffrance. Parce que voyez-vous, ma vie est un enfer.

        Rédiger un simple chèque me prend trois heures, et encore, quand je ne me lance pas dans un roman fleuve sur la signification symbolique des couleurs du logo de la banque. Ma main ne s’arrête jamais. Parfois on m’arrache le stylo des doigts comme si je venais de signer un pacte faustien avec l’URSSAF.

        J’ai dû mener une bataille administrative homérique pour obtenir l’Allocation d’Adulte Handicapé (AHA pour les dyslexiques). Je vous laisse imaginer la longueur de mes courriers de réclamation. Et des phrases. A côté de ça, « A la recherche du temps perdu » c’est un abrégé pour classes de 6ème.

        Quant à votre accusation perfide (mais fondée !) de détourner le sujet par l’humour : j’assume pleinement. Il y a tant de choses qu’on ne peut aborder qu’en biais, comme les oignons crus ou les sujets qui fâchent. Et puis, comme dirait Bruno Le Maire : quand on ne peut pas convaincre, il faut au moins divertir. D’ailleurs, pour vos lectures estivales, plutôt que mes logorrhées numériques, je vous recommande son prochain bestseller : « C’est pas ma faute, j’avais discrètement prévenu le chef par email. » Un roman d’anticipation budgétaire, plein de suspense, où l’action n’arrive jamais.

  2. Ah, quel délice de vous lire épingler la duplicité et les contradictions de l’écologie politique, cette cause coincée entre ses homélies sirupeuses et ses petits arrangements entre amis, entre ses trémolos sur la misère sociale et sa promotion de produits pour happy few ! Merci Nathalie !

    Certains pensent encore que le cirque de l’écologie politique manque juste d’artistes à la hauteur du chapiteau. C’est touchant. Je crois au contraire que tout est à sa place. Non, la duplicité n’est pas un accident ! C’est l’architecture même du temple. Parce que l’écologie politique ce n’est pas une doctrine, ni une politique, ni même un projet, c’est une liturgie de substitution.

    C’est un revival catholique qui s’est affranchi du surnaturel, jugé désormais peu crédible, pour lui substituer une foi aveugle en ce nouvel Absolu : la Science avec un grand S. Mais pas la science qui doute, tâtonne, hésite et griffonne sur des carnets. Non. L’autre. Celle des plateaux télé et des tribunes péremptoires.

    Le pouvoir, évidemment, n’a pas raté le coche. Car la mécanique est bien rodée : un Dieu unique, une Vérité non négociable, un Souverain béni. Pourquoi débattre, puisque les décisions sont prises au nom de principes supérieurs ? Dieu hier, les modèles du GIEC aujourd’hui.

    Voyez comme l’écologie politique emprunte tous les grands ressorts de notre bon vieux christianisme :
    – L’homme, ordonnateur d’une nature qui lui fut confiée par Dieu, pardon, par la Science.
    – La grande terreur millénariste de la fin des temps.
    – Le peuple, toujours prompt à adorer le veau d’or, qu’il faut sans relâche ramener dans le droit chemin.
    – La petite élite des disciples éclairés, chargée d’évangéliser les masses.
    – Les grands conciles œcuméniques, rebaptisés COP pour la circonstance.
    – La joue droite tendue à ceux qui nous frappent, sur les terrasses de café ou dans les salles de spectacle.
    – Et enfin, le vœu de pauvreté, pour les fidèles, cela va de soi. Car s’agissant de l’épiscopat, chacun sait ce qu’il en est.

    Même leurs excommunications relèvent du religieux. Observez comme l’interdit fait son grand retour. Le tabou renaît, le péché aussi. On cherche encore et toujours à bâillonner Voltaire, ce vieil emmerdeur qui n’a toujours pas compris que la liberté d’expression, c’est bien, sauf quand elle dérange ceux qui détiennent La Vérité. C’est-à-dire ceux qui en vivent.

    • @Flamby4ever
      Je m’autorise un aparté, pour vous dire que j’ai beaucoup ri en lisant votre blog « Viva la Regulacion » et salue votre expertise inestimable sur les autorités administratives indépendantes. Votre Haute Autorité de Régulation des Micro Gestes Professionnels me paraît vouée à un brillant avenir. Si je puis m’autoriser une remarque sur sa composition, je crains que la présence de Madame à vos côtés pour siéger au sein du Collège de la HARMGP ne contrevienne un peu trop frontalement à cette forte déclaration pleine de promesses, extraite d’un rapport du Conseil d’Etat, vieux d’un quart de siècle : « l’exercice du pouvoir de régulation et notamment de sanction est bien accepté s’il est exercé, sous le contrôle du juge, par un organisme comportant des personnalités détenant une expertise considérée comme incontestable, pour autant que la diversité des métiers représentés au sein de la formation empêche toute collusion, que la qualité des membres de l’institution constitue un rempart au corporatisme et que son caractère suffisamment collégial interdise toute partialité ».

      • @oli71: Merci infiniment pour votre commentaire et cet aparté aussi réjouissant qu’érudit ! Votre message me touche profondément, car il nous rappelle l’essence même du noble combat de la Régulation : dissiper les ténèbres millénaires de l’anarchie humaine pour ouvrir enfin les portes radieuses d’un monde parfaitement normalisé, quadrillé et sanctionnable à merci. Tout ça sans payer un seul euro d’URSSAF !

        Quant à la présence de Madame au sein du Collège de la HARMGP, permettez-moi de vous rassurer avec la plus grande transparence : elle n’y siège qu’à titre strictement honorifique, bénévole, non statutaire et totalement désintéressé. Seule une modeste indemnité pour frais de représentation lui est allouée. Ainsi qu’une voiture de fonction (hybride). Et une modeste dotation, puisée dans le Fonds Marianne, pour soutenir ses actions de sensibilisation citoyenne sur TikTok.

        Par ailleurs, nos statuts prévoient avec la plus grande rigueur qu’en cas d’allégation de conflit d’intérêts, celle-ci doit être préalablement instruite par une commission d’éthique indépendante, impartiale et neutre, composée exclusivement de personnalités issues de Radio France, France Télévisions et de l’ARCOM. Vous voyez donc que tout est sous contrôle.

        Au plaisir de croiser votre plume aiguisée dans un prochain commentaire !

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