Il y a 44 ans, François Mitterrand devenait Président…

PRÉAMBULE   

Qu’est devenu le Parti socialiste (PS) sinon un micro-parti ultra-dépendant du colérique parrain de la gauche Jean-Luc Mélenchon et sa France insoumise pour s’assurer des postes d’élus à l’Assemblée nationale et sur le terrain ? Oh, certes, il y a bien un Secrétaire général (Olivier Faure), une multitude de courants et une promesse permanente de « refondation », comme à la haute époque de François Mitterrand. Le 81è Congrès du PS est même programmé du 13 au 15 juin prochain à Nancy et pas moins de six Contributions politiques présentées par six prétendants au poste de Secrétaire général sont en lice.

Mais les chiffres sont cruels. De presque 26 % pour François Mitterrand au premier tour de l’élection présidentielle de 1981, le Parti socialiste est tombé à 6,36 % des voix, écologistes compris, en 2017 et leur candidate de 2022, la maire de Paris Anne Hidalgo a eu du mal à se hisser au-delà de… 1,75 % des voix !

Quelques rappels préhistoriques s’imposent, surtout à l’intention des plus jeunes d’entre nous qui n’ont jamais entendu parler de ce parti depuis qu’ils sont en âge de voter. Je ne les blâme pas, comment pourraient-ils savoir qu’à une époque, il y a très longtemps, le PS scandait le tempo politique de la France ?

Sachez donc que nous parlons du grand parti de Jaurès, Blum et Mitterrand (et Martine Aubry), du grand parti qui recueillait facilement 37 % des voix aux élections législatives dans les années 1980, du grand parti qui a fait « passer la France de l’ombre à la lumière » le 10 mai 1981, du grand parti qui, probablement un peu aveuglé par tant d’éclat auto-proclamé, a soutenu Ségolène Royal en 2007 et porté François Hollande et son scooter magnifique au pouvoir en 2012. Un François Hollande qui s’est montré si fier et si convaincu de son bon bilan qu’il a préféré ne pas se représenter en 2017 pour mieux le protéger !

À y regarder de plus près cependant, on constate que dès la présidence Mitterrand, et malgré l’unification politique apparente réalisée à la hussarde par ce dernier lors du congrès d’Épinay de 1971, la cohérence et l’unité idéologiques faisaient défaut aux socialistes. L’alliance avec les communistes dans le programme commun de la gauche conformément au principe de la « rupture avec le capitalisme » adopté lors dudit congrès donne d’abord la part belle à la version marxiste du socialisme, mais dès son échec prévisible, les socio-démocrates montent au créneau.

Même topo avec Hollande, second président socialiste de la Vè République. Après Chirac et Sarkozy, et après la crise financière de 2008, il était assez facile de se faire élire en ciblant le monde de la finance et en promettant une tranche marginale d’imposition à 75 %. Mais la réalité s’impose à nouveau, scindant la majorité Hollandaise en frondeurs qui tirent plus à gauche et en pragmatiques dont beaucoup rejoindront son propre ministre de l’Économie Emmanuel Macron. On connaît la suite…

MAIS REPRENONS DEPUIS LE DÉBUT (texte écrit initialement en 2016 pour le 35è anniversaire de l’accession des socialistes au pouvoir en France) :

Il y a 44 ans, le 10 mai 1981, François Mitterrand devenait Président et la France passait « de l’ombre à la lumière », selon la célèbre formule quasi mystique de Jack Lang. C’est en effet ce jour-là que François Mitterrand, après deux tentatives ratées, accédait à la présidence de la République française en battant son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing avec 51,76 % des suffrages exprimés, devenant le premier chef d’État de gauche de la Vè République. C’est ainsi que la France s’est offert une sorte de produit « trois en un » :

♣ un changement politique qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre,
♦ la personne non sans ambiguïté de François Mitterrand
♠ et la mise en application vraie de vraie du Programme commun de la gauche.

Si Jack Lang, idolâtre des débuts, en est resté à sa première impression sur la bienheureuse lumière répandue par la Mitterrandie, au point de publier en décembre 2015 un Dictionnaire amoureux de François Mitterrandje vois pour ma part beaucoup d’ombres au tableau, dont certaines se projettent jusqu’à nous et façonnent encore profondément les termes du débat politique français.

Mais il serait injuste de ne pas signaler d’entrée de jeu que je crédite François Mitterrand de trois attitudes remarquables dont la France peut être fière :

1. Étant farouchement opposée à l’exécution capitale dans tous les cas de figure, quelles que soient les caractéristiques de l’assassin et quelles que soient les caractéristiques de l’assassiné, je lui rends grâce d’avoir mené à bien avec Robert Badinter l’abolition de la peine de mort dont la loi fut promulguée en octobre 1981.

2. Étant également convaincue de la nécessité de faire vivre le projet européen au sein des grands ensembles qui composent un monde aujourd’hui confronté aux nombreux défis du terrorisme islamiste, de l’évolution démographique et de la révolution numérique, je le remercie d’avoir placé la fidélité à l’Europe dans ses priorités.

3. Enfin, bien qu’ayant fait entrer quatre ministres communistes dès 1981 dans les gouvernements Mauroy successifs (pour mieux les impliquer dans le naufrage final ?), François Mitterrand, habile à ménager la chèvre et le chou par ambition personnelle, n’avait aucune sympathie profonde pour le communisme ou l’URSS. En 1983, suite aux révélations d’un agent soviétique connu sous le nom de code « Farewell », il expulse 47 diplomates soviétiques accusés de se livrer à de l’espionnage sur le sol français et remet lui-même à Ronald Reagan lors d’un G7 la liste de tout ce que Farewell a révélé aux autorités françaises, ce dernier geste contribuant à rassurer les Américains sur le gouvernement français.

♣ Le changement politique amené par l’élection de François Mitterrand n’est pas seulement une victoire de la gauche sur la droite, c’est peut-être aussi surtout une victoire du Parti socialiste dans sa forme rassemblée du Congrès d’Épinay (1971) sur le Parti communiste (PCF).

Dans les années 1970, ce dernier avait l’habitude de réunir environ 20 % des suffrages à chaque élection nationale ou locale. Il n’y avait pas de raison que cela s’arrête et la négociation du Programme commun entamée en 1972 avec le Parti socialiste et le Mouvement des Radicaux de gauche devait conforter cette position.

Les trois partis présentent un candidat unique lors de l’élection présidentielle de 1974 sans obtenir le pouvoir, mais à partir de cette date, le Parti socialiste domine systématiquement le Parti communiste aux élections car l’évolution économique de la France s’accompagne d’une baisse des effectifs ouvriers au profit des salariés des entreprises de service.

Afin de retrouver son attractivité, le Parti communiste souhaite durcir le Programme commun en augmentant les nationalisations prévues et les pouvoirs syndicaux dans les entreprises nationalisées, mais ses deux partenaires refusent net, précipitant la rupture en 1977 et la constitution de listes séparées pour les élections législatives de mars 1978.

                     

Un rabibochage de dernière minute intervient entre les deux tours (dessin de gauche) mais ne permet pas d’obtenir une majorité de gauche à l’Assemblée nationale. Les Français ont fait le « bon choix » demandé par Giscard dans son discours resté fameux de Verdun-sur-le-Doubs (dessin de droite).

En vue de l’élection présidentielle de 1981, le Programme commun est adapté par le Parti socialiste sous la forme des 110 propositions pour la France du candidat Mitterrand. Au premier tour, Georges Marchais se présente en propre pour le Parti communiste. Il ne recueille que 15 % des voix (contre encore 20 % aux législatives de 1978). Il appelle à voter pour Mitterrand au second tour, mais il semblerait qu’en sous-main le PC se soit activé à faire élire Giscard. À titre personnel, je me souviens fort bien que Brejnev avait fait savoir tout le bien qu’il pensait du Président sortant.

Finalement, François Mitterrand est élu avec 51,76 % des suffrages exprimés et une participation de 86 %, soit une avance de plus de 1 million de voix. Il a réussi à rassembler la gauche tout en avalant le PC qui ne regagnera jamais son influence électorale antérieure. C’est un coup de tonnerre dans la France de droite qui avait encore gardé une large majorité à l’Assemblée nationale en 1978 (notamment grâce à des manœuvres en ce sens du Parti communiste, d’après Jean Lacouture dans sa biographie de Mitterrand).

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Une sorte de panique saisit certains milieux français qui envisagent de quitter la France devant la perspective de la politique socialo-communiste annoncée par le Programme commun. Pour s’en moquer, Plantu publie le dessin ci-contre. Eh oui, la Tour Eiffel n’a pas bronché ! Voici la vidéo INA de l’annonce officielle des résultats au « 20 heures » d’Antenne 2 (01′ 15″).


♦ Il n’en reste pas moins que François Mitterrand est arrivé sur la scène de l’Histoire de France dans un halo permanent de contradictions et de duplicité. « Multiplicité », dit Jean Lacouture, mi-indulgent, mi-lucide :

« De Vichy à la Résistance, de la droite à la gauche, des Croix-de-Feu au socialisme : toujours multiple et dissonant, François Mitterrand a été en guerre avec lui-même. »

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Je suis plus sévère. Plus qu’en guerre avec lui-même, je vois surtout un François Mitterrand à l’aise dans toutes les tactiques favorables à ses ambitions. Jean Lacouture admet d’ailleurs que son portrait manque sans doute de quelques « coups de canif. » Pour ma part, j’aimerais rappeler trois événements marquants (il y en a beaucoup d’autres) qui, selon moi, éclairent sa personnalité perpétuellement opportuniste.

· Sous son ministère de Garde des Sceaux dans le gouvernement présidé par Guy Mollet à partir de février 1956, au plus fort de la guerre d’Algérie, 45 condamnations à mort sont prononcées. En complet désaccord avec cette politique coloniale, ses collègues Mendès-France, Defferre et Savary démissionnent, mais pas lui. Au contraire, il fait adopter une loi qui donne tous pouvoirs aux militaires en matière de justice sur le sol algérien, ce qui revient à autoriser la torture. Selon ses biographes, l’explication tient au fait qu’il souhaite absolument rester au gouvernement pour accéder à la Présidence du Conseil à laquelle sa prochaine nomination lui semble imminente.

· En 1959, dans le contexte d’autodétermination de l’Algérie que le général de Gaulle vient d’annoncer contre les tenants de l’Algérie française, François Mitterrand est simple sénateur de la Nièvre et sa cote de popularité a besoin d’un petit coup de main. Dans la nuit du 15 au 16 octobre à Paris, rentrant chez lui en voiture, il se sent suivi, abandonne sa voiture avenue de l’Observatoire (près des jardins du même nom) escalade une haie et se cache derrière. Sa voiture est criblée de sept balles.

Le lendemain, il incrimine l’extrême-droite Algérie française et prétend qu’il ne doit son salut qu’à sa rapidité de réaction (voir un joli moment d’hypocrisie dans la vidéo INA en lien ici). Le voilà redevenu le héraut de la lutte contre l’extrême-droite et pour l’Algérie indépendante. C’est risible vu ce que j’ai relaté au paragraphe précédent, et vu ce que je vais dire dans le point suivant.

Toujours est-il que quelques jours plus tard, un certain Pesquet, ancien gaulliste qui a rejoint l’extrême-droite, explique que lui et le sénateur se sont rencontrés pour mettre cette petite affaire au point. Par la suite, il explique aussi avoir participé à la machination pour discréditer Mitterrand alors que ce dernier n’avait pas d’autre objectif que de requinquer sa popularité.

· En 1965, François Mitterrand se présente une première fois à l’élection présidentielle comme candidat unique de la gauche. Il arrive en seconde position avec presque 32 % des voix, mettant le général de Gaulle en ballotage. Pour le second tour, il reçoit sans surprise l’appui de toute la gauche et, avec un peu plus de surprise, celui du candidat centriste malheureux Jean Lecanuet (un Bayrou avant l’heure ?).

Mais le pompon revient incontestablement à l’extrême-droite de Tixier-Vignancour et à l’OAS qui appellent aussi à voter pour lui. Ça ne suffira pas loin s’en faut, mais c’est un exemple de plus des qualités morales à géométrie ultra-variable de l’homme qui devint Président le 10 mai 1981.

♠ Il est des traditions qu’il faut respecter. Lorsque la gauche arrive au pouvoir, elle se doit d’inaugurer son mandat par des mesures symboliques. Se rêvant en successeur de Léon Blum, François Mitterrand ne pouvait faire moins que le Front populaire. Il est donc prévu que les mesures emblématiques votées en 1936, la semaine de 40 heures et les deux semaines de congés payés, seront prolongées par la semaine de 35 heures et la cinquième semaine de congés payés.

Si cette dernière est votée facilement, les 35 heures reçoivent une forte résistance et seront pour l’instant limitées à 39. Martine Aubry se chargera de finaliser l’esprit du Programme commun lors de son passage au ministère du Travail en 1998 et 2000 sous l’ère Jospin.

Pierre Mauroy, nommé Premier ministre dès le passage à la lumière jusqu’à la catastrophe économique qui arrive assez vite derrière, est chargé de mettre en œuvre les 110 propositions pour la France. Elles valent le coup d’être relues aujourd’hui car on s’aperçoit que les revendications des syndicats et des partis de notre gauche frondeuse, insoumise et extrême en sont largement inspirées :

Salaire minimum revalorisé de 10 %, impôt sur les grandes fortunes, grands travaux, embauches de 150 000 personnes dans des emplois publics, retraite à 60 ans, régularisation des étrangers en situation irrégulière s’ils peuvent justifier d’un emploi, blocage des prix et des loyers, programme de nationalisations, lois Auroux sur le droit du travail avec instauration du comité d’hygiène et sécurité dans les entreprises, relance de la politique agricole commune (PAC) avec prix garantis et marchés organisés, recul de la part du nucléaire, doublement du budget de la Culture et Fête de la Musique, Opéra Bastille, Grande Bibliothèque, etc. etc.

Bien évidemment, tout cela coûte de l’argent. Bien évidemment, la confiance des investisseurs est au plus bas et de nombreux capitaux partent à l’étranger. Bien évidemment, tout cela n’a aucun effet sur le chômage et n’apporte aucune amélioration sociale. C’est même tout le contraire.

Mitterrand a été notamment élu sur sa capacité supposée à juguler le chômage. Peu important en 1974 (environ 600 000 personnes), il augmente beaucoup pendant le septennat de Giscard qui subit directement les effets du choc pétrolier de 1973, ce qui lui coûte en partie sa réélection. En 1981, le chômage atteint 1,5 million de personnes. Mais en 1995 il est à 2,5 millions. Le RMI, ancêtre du RSA, est créé en 1988 pour fournir un revenu aux personnes qui sortent des catégories du chômage, dans le contexte d’une situation sociale française très dégradée par les bons soins des politiques socialistes menées jusque-là.

Et bien évidemment, tout cela ne fait aucun bien aux comptes publics. En 1981, la dette publique était de 110 milliards d’euros. Fin 1983, elle passe à 170 milliards et en 1995, date de fin des deux mandats mitterrandiens, elle est de 663 milliards, soit une multiplication par six. Le franc sera dévalué trois fois (1981,1982,1983) et il faudra abandonner d’urgence la mise en application du Programme commun pour adopter en mars 1983 le « tournant de la rigueur » avec Laurent Fabius comme nouveau Premier ministre, seule alternative à une sortie du Système monétaire européen (SME) et une possible mise sous tutelle du FMI.

S’enclenche alors une période faussement réaliste qui voit la gauche au pouvoir s’enivrer de ses nouvelles possibilités économiques. C’est le triomphe de l’argent-roi, surtout pour la caste au pouvoir, non pas dans une acception libérale comme on l’entend ou le lit souvent, mais dans un dévoiement caractéristique du capitalisme de connivence.

Les « affaires » succèdent aux « affaires », du scandale financier du Crédit lyonnais au scandale moral du sang contaminé, pour lequel aucun ministre « responsable mais pas coupable » ne sera incriminé, en passant par la république des copains et des coquins, les écoutes de l’Élysée, pour lesquelles François Mitterrand a bien été reconnu comme en étant l’instigateur, etc. etc.

C’est le triomphe de la déchéance du socialisme.

Encore combien de temps faudra-t-il refaire les mêmes erreurs, largement documentées, pour enfin comprendre que la voie de la prospérité et de la progression sociale n’est pas sur le chemin de l’État-providence qui n’aime ni le travail ni l’entreprise, mais sur celui d’un recul de l’État dans les affaires des citoyens et d’une gestion rigoureuse de ses propres affaires limitées à ses fonctions essentielles de garant des libertés ?


Illustration de couverture : Illustration de couverture : Écran d’annonce de la victoire de François Mitterrand (PS) à l’issue du second tour de l’élection présidentielle du 10 mai 1981.

10 réflexions sur “Il y a 44 ans, François Mitterrand devenait Président…

  1. J’ étais très jeune à cette époque là et je me souviens bien de l’ ambiance politique avec d’ un côté une droite archaïque et un PCF radical ce qui explique peut être la victoire du PS avec une image moderne et un espoir pour un meilleur avenir .

  2. Je suis reconnaissant à François Mitterrand pour plusieurs aspects, notamment la décentralisation dont il reste le dernier vrai défenseur.

    Le PS est le phénix politique français : il s’est relevé de toutes ses défaites majeures (1986, 1993, 2002), celle de 93 restant mémorable par le rejet franc, massif et sans appel de ce parti alors en déliquescence. Malgré le dernier effondrement en date, celui de 2017, les idées socialistes ont prévalu. Macron perpétue l’héritage de Hollande avec des divergences superficielles, leur rivalité se résumant au duel d’Iznogoud face au calife.

    Deux phénomènes frappent : d’abord, la domination idéologique socialiste dans presque toute l’Europe, y compris, contre toute attente, au Royaume-Uni. Ensuite, l’aptitude des socialistes à gouverner malgré leur position minoritaire : Macron, Starmer, mais aussi ces nombreuses municipalités conquises avec une minorité de votants (Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble… Certes, des mairies écolos figurent dans cette liste, mais derrière le vernis vert c’est de la peinture rose).

    Il convient également de souligner, au-delà des sphères directes du pouvoir, l’ancrage socialiste dans les institutions (Conseil constitutionnel, Conseil d’État, magistrature) et les administrations centrales, rendant la majorité électorale moins indispensable à l’application de leur programme idéologique.

    Les conceptions socialistes économiques imprègnent aussi les programmes des Républicains, du RN et des partis identitaires. Leurs divergences avec le PS concernent davantage le sociétal que l’économie, où tous plébiscitent le centralisme et l’interventionnisme.

    Bravo François, Pierre, Michel et Martine : c’est bien votre vision qui a triomphé !

  3. J’ai un souvenir très précis de ce 10 mai 1981 – privilège de l’âge – où il n’était plus question que du « Peuple de gauche ! Peuple de gauche ! » Comment faire pour prouver que je n’étais pas concernée ? Je me suis inscrite au RPR et j’ai acheté la Mercédès 300 automatique qu’un de mes amis m’a vendue au prix de la Renault 5 qui avait été budgétée.
    Cela a fonctionné au delà de mes attentes ! Combien de fois ai-je été apostrophée par des : « Vous et votre Mercédès ! » dans les Associations de Parents d’Élèves auxquelles j’appartenais à l’époque ? Et immanquablement je répondais : « Je ne suis pas ici pour faire la lutte des classes, mais pour parler de l’avenir de nos enfants ! »
    Or désormais, et j’espère chère Nathalie, que vous ne m’en voudrez pas, si je suis beaucoup plus intéressée par l’élection et le devenir du Pape Léon XIV que par l’avenir politique du « peuple de gauche » ou de ce qu’il en reste !

    • @Mildred: arriver en Mercedes 300 à une réunion de parents d’élèves de la FCPE c’est comme venir avec un foie gras à un barbecue vegan. Derrière votre rébellion élégante se cache un véritable esprit punk !

    • @Yves: votre témoignage sur la disparition regrettable de votre entreprise familiale illustre parfaitement les conséquences concrètes des politiques socialistes punitives. Ces mesures, souvent justifiées par des considérations morales, entraînent la destruction d’emplois et la cessation d’activités.

      Le chômage ainsi créé devient, paradoxalement, un levier pour le pouvoir en place. Les personnes nouvellement sans emploi rejoignent les rangs des bénéficiaires d’aides publiques, formant un électorat traditionnellement favorable aux partis de gauche. Cela permet aux gouvernements de ponctionner toujours plus d’argent et de le redistribuer selon des logiques qui servent avant tout leurs intérêts politiques. Le chômage n’est pas un sous-produit des politiques de la gauche, c’est la voie royale pour asseoir son pouvoir.

  4. « ..la France passait de l’ombre à la lumière.. », fallait-il retenir.

    Mon adolescence, bien entamée cette année-là, m’avait, pourtant, déjà convaincu que nous connaîtrions l’exact contraire.
    Je n’eus jamais de grandes discussions politiques avec mes parents, nos rapports ne nous y prédisposaient pas.
    Toutefois, ils ne se réclamaient d’aucune sensibilité de gauche, au gré de leurs commentaires.

    Malgré cela et cette absence d’échanges, je sus viscéralement que ce que la gauche prônait et véhiculait allait à l’encontre de ce que je ressentais et défendais.

    En ce qui me concerne, le début du déclin fut ce jour funeste.

    Mitterrand, dans sa roublardise, ses basses manœuvres, ses machinations, ses transgressions, sa perfidie et ses turpitudes sut malgré tout figurer comme le héraut d’un socialisme triomphant.

    J’en retiens déjà tout ce que ce billet (merci à vous, Nathalie) expose et souscris pleinement à celui de Lionel.
    Ce pays est claveté par la gauche.
    Le même Mitterrand, dans sa rouerie et son intelligence, sut également torpiller la droite par l’entremise du FN d’alors en le stigmatisant. Dès lors, malgré les rejets flagrants et les désaveux massifs de cette idéologie désastreuse, nous en subissons encore, 40 ans après, les méfaits puisque aucune politique probante ne parvient à se dégager par crainte et clientélisme.

    Je retiens, anecdotiquement, de cette époque, le fameux carnet de change, qui ne vous permettait que 2000 FF de devises pour vos vacances à l’étranger.
    Je dus, personnellement, finasser et transiter par une mienne cousine, en Italie. Digne des pays de l’ex-bloc soviétique.

    On ne pourra jamais apporter la prospérité au pauvre en la retirant au riche.

    Tout ce qu’un individu reçoit sans rien faire pour l’obtenir, un autre individu a dû travailler pour le produire sans en tirer profit.

    Quand une partie d’un peuple croit qu’il ne sert à rien de faire des efforts car une autre partie les fera pour elle, et quand cette même autre partie se dit qu’il ne sert à rien d’en faire car ils bénéficieront à d’autres, cela s’appelle le déclin.

    Tout pouvoir ne peut distribuer aux uns que ce qu’il a préalablement confisqué à d’autres ;on n’accroît pas les biens en les divisant.

    • @Leo: Ah ! Le contrôle des changes, le blocage des salaires et le contrôle des prix ! Que de souvenirs ! Une récente pétendante NFP au poste de Premier ministre a affirmé avec conviction que le contrôle des prix était une solution viable, citant comme preuve irréfutable l’expérience de Mitterrand. Sauf qu’il s’agissait d’une mesure d’urgence improvisée face à une situation économique désastreuse. Leur déni de la réalité est si convaincant qu’on se demande si c’est nous qui vivons dans une simulation ou si c’est eux qui ont inventé une nouvelle dimension.

  5. Mitterrand a tué ma société familiale avec l’IGF, mettant au chômage,environ 500 personnes dont beaucoup de« vieux grognards» efficaces dans leur postes mais incassable dans une entreprise traditionnelle,

    le soir, j’étais enseignant d’économie et je chiffrer à l’époque à 14 % la perte de pouvoir d’achat du Français moyen

  6. On pourrait épiloguer longtemps sur Mitterand
    J’ai apprécié en lui son intelligence et sa culture et constaté son absence absolue de scrupules
    Il est arrivé au pouvoir grâce à son talent manœuvrier mais aussi grâce à la détestation de Giscard bien alimentée par la presse de gauche (et notamment le Canard enchaîné et la pseudo affaire des diamants)
    Il a mis en œuvre le programme commun avec des ministres aussi incompétents que doctrinaires conduisant inévitablement le pays à la ruine dont on subit encore les conséquences (notamment 35 h et retraite à 60 ans, fonctionnarisation à outrance noyautage des institutions)
    Macron a suivi ses traces mais sans le panache ni l’intelligence
    Conclusion le socialisme c’est la pauvreté pour la plupart et la privation de liberté et l’asservissement

  7. On peut ajouter à duplicité de Mitterrand, son soutien à Harlem Desir et Julien Dray lors de la création de Touche pas à mon pote, de son intervention auprès Henri de Virieu, Albert du Roy, Alain Duhamel de lancer Jean-Marie Le Pen dans le seul but d’affaiblir la droite de gouvernement et de mettre sous le tapis, la question d’une immigration incontrôlée. Et permis à Laurent Fabius de déclarer que Jean-Marie LE Pen posait de bonnes questions mais apportait de mauvaises réponses. 45 ans plus de RN est à 30% avec un programme économique digne des 100 propositions.

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