Maison du dessin de presse : et un tentacule de plus pour l’État !

L’époque où les gouvernements résolvaient un problème politique réel ou imaginaire par la mise en place d’un conseil, d’un comité ou d’une haute-autorité de ceci ou de cela n’est certes pas révolue – c’est tellement pratique pour ouvrir de nouvelles sinécures et donner l’impression qu’on agit ! Mais c’est peut-être un poil trop technocratique. Alors voici venu le temps des « maisons » et leur puissante évocation de solidité, de protection et de chaleur du foyer. Lire la suite

Avec Macron, l’état d’urgence, c’est pour toujours ?

J’ai l’impression qu’avec le beau, le bon, le parfait, le merveilleux M. Macron, on n’a pas fini de faire des comparaisons « avant après » tumultueuses ; on n’a pas fini de se coltiner sa part sombre avec sa part printanière ; on n’a pas fini d’entrechoquer sa personnalité souriante sur tapis rouge à celle, plus terre à terre, de son exercice du pouvoir au jour le jour. Lire la suite

2016, année ratée. Remettons de la liberté dans nos rouages !

L’année 2016 s’achève. Il y a un an jour pour jour, j’écrivais : « L’année 2015 tire à sa fin. » Par cette formulation empreinte de lassitude, je voulais signifier combien on pouvait avoir hâte de fermer la page de cette année funèbre, marquée au plus haut point par la sanguinaire violence du projet totalitaire islamiste particulièrement construit contre toute forme de liberté. Je formais alors le voeu qu’on en sorte personnellement et collectivement grandis et éclairés plutôt que conformes, qu’on y puise le sursaut nécessaire pour aller chercher et protéger la valeur cardinale de l’occident des Lumières, la liberté.  Lire la suite

Etat d’urgence prolongé, état de droit en danger

Mise à jour du vendredi 20 mai 2016 : Après les sénateurs, les députés ont voté hier 19 mai 2016 en faveur de la prolongation pour la troisième fois de l’état d’urgence. Il est donc maintenu jusqu’au 26 juillet 2016 afin, selon Manuel Valls, d’assurer la sécurité de l’Euro 2016 et du Tour de France. Ce serait « en principe » le dernier renouvèlement, car la loi de réforme pénale que le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas doit présenter prochainement à l’Assemblée est prévue pour prendre le relai sur le plan de la lutte anti-terroriste.
Le bilan de l’état d’urgence à ce jour est cependant tout aussi maigre que celui qu’on pouvait faire en début d’année (voir article ci-dessous), et les rencontres sportives invoquées par le gouvernement ressemblent plus à un prétexte qu’à une nécessité. En effet, la plupart des mesures de sécurité de l’Euro 2016 peuvent être prises en dehors des conditions de l’Etat d’urgence. 
Parallèlement, l’Etat s’est montré incapable de contrer les violences et dégradations qui ont accompagné les manifestations anti-loi Travail, au point de provoquer mercredi 18 mai 2016 une contre-manifestation des policiers qui réclament notamment des directives claires pour agir contre les casseurs.
Si la disparition hier jeudi 19 mai de l’avion EgyptAir entre Paris et Le Caire devait être attribuée à un acte terroriste, comme les autorités égyptiennes commencent à le dire, il deviendrait encore plus difficile de voir dans l’Etat d’urgence autre chose qu’une posture liberticide complètement inutile et à côté de la plaque.


 En commentant récemment les Voeux 2016 de François Hollande, je faisais remarquer que ceux de l’année précédente semblaient ouvrir une petite brèche pour une année « Macron » synonyme de modernisation et de libéralisation de l’économie. J’aurais pu ajouter que ceux de cette année, presque entièrement consacrés à la lutte contre le terrorisme (et un petit peu aussi à l’inversion de la fameuse « courbe »), ouvraient la voie à une année « Valls. » Pas celui qui lors de la primaire socialiste de 2011 se positionnait comme un social-libéral plébiscité par la droite, mais le Valls ministre de l’Intérieur qui serre les mâchoires, donne des coups de menton et pénalise toutes les expressions qui s’affranchissent du politiquement correct institutionnel, le Valls auquel, après l’affaire Dieudonné et le débat autour de la loi Renseignement, je demandais avec inquiétude « Manuel, tu nous emmènes où comme ça ? »  Lire la suite

2016 : Les vœux du Président … et Bonne Année !

 5 janvier 2016

5 janvier 2016

En moins de dix minutes Marseillaise comprise, François Hollande s’est livré jeudi 31 décembre dernier à son quatrième rituel des vœux du Président aux Français. « Mes chers compatriotes, les vœux que je vous présente ce soir ne ressemblent à aucun de ceux qui les ont précédés » a-t-il tout d’abord déclaré. Ce n’est pas faux. L’année 2015 n’a ressemblé à aucune autre depuis longtemps par la façon dont la France est devenue sur son sol la cible meurtrie et répétée du terrorisme islamiste. La nécessaire réponse à apporter à cette situation de mise en danger de la population, ainsi que l’échec assez net des politiques économiques engagées en 2015, font que l’état d’esprit présidentiel et gouvernemental est aujourd’hui bien différent de celui qui animait les voeux prononcés exactement un an auparavant par le Président.  Lire la suite

« Vendredi 13 » : sous la grandeur, l’opportunisme

Mise à jour du samedi 28 novembre 2015 : Il y avait donc bien tout lieu de s’inquiéter des possibles dérives d’un état d’urgence prolongé de trois mois après les douze jours décrétés immédiatement après les attentats islamistes du « Vendredi 13 ». On apprend en effet ce matin par un article du Figaro que le gouvernement a utilisé les possibilités offertes par l’état d’urgence pour assigner à résidence 24 militants écologistes pendant toute la durée de la précieuse COP21 de Hollande afin de les empêcher de perturber cette dernière. Il me semble qu’on est très loin de la lutte contre le terrorisme de Daesh. La conclusion s’impose d’elle-même : on ne rogne sur nos libertés que pour le pire. 


Publié par Contrepoints le 19 novembre 2015

Publié par Contrepoints
le 19 novembre 2015

Quand François Hollande a pris place vendredi soir au Stade de France pour assister à un match de foot amical entre la France et l’Allemagne, c’était une soirée bien classique qui débutait pour lui. En plus de l’intérêt du jeu, il pouvait seulement espérer ne pas se faire trop huer par le public, contrairement à ce qui s’était passé à plusieurs reprises lors de déplacements antérieurs. Malgré les sombres prévisions des services de renseignements français quant à une nouvelle attaque depuis les attentats Charlie, il n’imaginait certainement pas qu’il en sortirait en urgence, exfiltré par ses gardes du corps, pour échapper à titre personnel à la boucherie répandue dans Paris par des terroristes islamistes à la fois très à l’aise pour agir et totalement déterminés à tuer et à mourir.  Lire la suite