Quand la Constitution se met à ressembler à un tract électoral…

Sera-t-il possible dorénavant de vaquer à ses occupations sans penser d’abord voire uniquement aux impacts éventuels sur l’environnement, le climat et la biodiversité ? C’est douteux. Pour autoritaire et incohérente qu’elle soit à bien des égards, l’urgence écologique est clairement devenue la mesure de toute chose, à tel point que le projet de réforme constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron se surpasse lui-même en faisant remonter l’impératif écologique de l’article 34 à l’article 1er de notre Constitution. Une place de choix, un bel effet d’affichage… et un foutu fil à la patte pour le pays. Lire la suite

Institutions : une réforme entre sérieux et démagogie

Quelle formidable consécration pour Cécile Duflot ! L’ancienne ministre et dirigeante écologiste peut quitter la vie politique(*) « avec beaucoup de sérénité » et le doux sentiment de la mission accomplie car de son côté, le Premier ministre a annoncé que « l’impératif de lutte contre le changement climatique » serait gravé pour l’éternité dans le marbre la Constitution ! Voilà, voilà. Il ne sera pas dit qu’à l’ère politique post COP21 dont Emmanuel Macron s’est clairement fait le chevalier vert, la Constitution ne subira pas son petit « greenwashing » elle aussi. Lire la suite

Etat d’urgence prolongé, état de droit en danger

Mise à jour du vendredi 20 mai 2016 : Après les sénateurs, les députés ont voté hier 19 mai 2016 en faveur de la prolongation pour la troisième fois de l’Etat d’urgence. Il est donc maintenu jusqu’au 26 juillet 2016 afin, selon Manuel Valls, d’assurer la sécurité de l’Euro 2016 et du Tour de France. Ce serait « en principe » le dernier renouvèlement, car la loi de réforme pénale que le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas doit présenter prochainement à l’Assemblée est prévue pour prendre le relai sur le plan de la lutte anti-terroriste.
Le bilan de l’Etat d’urgence à ce jour est cependant tout aussi maigre que celui qu’on pouvait faire en début d’année (voir article ci-dessous), et les rencontres sportives invoquées par le gouvernement ressemblent plus à un prétexte qu’à une nécessité. En effet, la plupart des mesures de sécurité de l’Euro 2016 peuvent être prises en dehors des conditions de l’Etat d’urgence. 
Parallèlement, l’Etat s’est montré incapable de contrer les violences et dégradations qui ont accompagné les manifestations anti-loi Travail, au point de provoquer mercredi 18 mai 2016 une contre-manifestation des policiers qui réclament notamment des directives claires pour agir contre les casseurs.
Si la disparition hier jeudi 19 mai de l’avion EgyptAir entre Paris et Le Caire devait être attribuée à un acte terroriste, comme les autorités égyptiennes commencent à le dire, il deviendrait encore plus difficile de voir dans l’Etat d’urgence autre chose qu’une posture liberticide complètement inutile et à côté de la plaque.


 En commentant récemment les Voeux 2016 de François Hollande, je faisais remarquer que ceux de l’année précédente semblaient ouvrir une petite brèche pour une année « Macron » synonyme de modernisation et de libéralisation de l’économie. J’aurais pu ajouter que ceux de cette année, presque entièrement consacrés à la lutte contre le terrorisme (et un petit peu aussi à l’inversion de la fameuse « courbe »), ouvraient la voie à une année « Valls. » Pas celui qui lors de la primaire socialiste de 2011 se positionnait comme un social-libéral plébiscité par la droite, mais le Valls ministre de l’Intérieur qui serre les mâchoires, donne des coups de menton et pénalise toutes les expressions qui s’affranchissent du politiquement correct institutionnel, le Valls auquel, après l’affaire Dieudonné et le débat autour de la loi Renseignement, je demandais avec inquiétude « Manuel, tu nous emmènes où comme ça ? »  Lire la suite

« Vendredi 13 » : sous la grandeur, l’opportunisme

Mise à jour du samedi 28 novembre 2015 : Il y avait donc bien tout lieu de s’inquiéter des possibles dérives d’un état d’urgence prolongé de trois mois après les douze jours décrétés immédiatement après les attentats islamistes du « Vendredi 13 ». On apprend en effet ce matin par un article du Figaro que le gouvernement a utilisé les possibilités offertes par l’état d’urgence pour assigner à résidence 24 militants écologistes pendant toute la durée de la précieuse COP21 de Hollande afin de les empêcher de perturber cette dernière. Il me semble qu’on est très loin de la lutte contre le terrorisme de Daesh. La conclusion s’impose d’elle-même : on ne rogne sur nos libertés que pour le pire. 


Publié par Contrepoints le 19 novembre 2015

Publié par Contrepoints
le 19 novembre 2015

Quand François Hollande a pris place vendredi soir au Stade de France pour assister à un match de foot amical entre la France et l’Allemagne, c’était une soirée bien classique qui débutait pour lui. En plus de l’intérêt du jeu, il pouvait seulement espérer ne pas se faire trop huer par le public, contrairement à ce qui s’était passé à plusieurs reprises lors de déplacements antérieurs. Malgré les sombres prévisions des services de renseignements français quant à une nouvelle attaque depuis les attentats Charlie, il n’imaginait certainement pas qu’il en sortirait en urgence, exfiltré par ses gardes du corps, pour échapper à titre personnel à la boucherie répandue dans Paris par des terroristes islamistes à la fois très à l’aise pour agir et totalement déterminés à tuer et à mourir.  Lire la suite