Mais où est donc passé le fameux « cap » du Premier ministre ?

Est-ce l’effet d’un atavisme typiquement politicien ou faut-il y voir l’influence des origines normandes du Premier ministre, origines dont le récit populaire français prétend qu’elles confèrent une étonnante propension à l’indécision et à la rétractation ? Toujours est-il que malgré le fameux « cap » qu’Édouard Philippe se targue de garder contre vents et marées depuis qu’il est à la tête du gouvernement (ici, ici, ici), on se perd dans les zigzags de ses décisions et convictions. Lire la suite

Convention citoyenne pour le climat Bonjour la dérive AUTORITAIRE du citoyen CITOYEN !

Les craintes que j’exprimais récemment sur les manœuvres de différents partis ou groupes d’opinion dans le but de faire prévaloir leur point de vue en essayant de le forcer dans le marbre réputé inaltérable de la Constitution n’ont rien de théoriques. La preuve par la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qui adoptait ce week-end son rapport final dans lequel elle préconise notamment d’inscrire les impératifs climatique et écologique dans le texte fondateur de notre République. Lire la suite

Fin de la loi AVIA contre la haine ou le triomphe de la Constitution

La loi Avia a été censurée par le Conseil constitutionnel et c’est heureux pour nos libertés. Reste à veiller à ce que notre Constitution ne devienne pas elle-même le siège de tous les constructivismes idéologiques, auquel cas elle ne nous protégerait plus.

Belle journée que le 18 juin pour les libertés publiques en France !

Hasard du calendrier, certes, mais la loi Avia contre la haine sur internet ayant été soumise à la moulinette du Conseil constitutionnel le 18 mai 2020 par des sénateurs emmenés par Bruno Retailleau (LR), c’est un mois plus tard, soit quatre-vingts ans jour pour jour après l’appel du général de Gaulle enjoignant aux Français de résister à l’oppression que les membres du Conseil ont lourdement dépecé cette loi déjà dénoncée pendant tout son parcours législatif comme extrêmement dangereuse pour la liberté d’expression. Lire la suite

Quand la Constitution se met à ressembler à un tract électoral…

Sera-t-il possible dorénavant de vaquer à ses occupations sans penser d’abord voire uniquement aux impacts éventuels sur l’environnement, le climat et la biodiversité ? C’est douteux. Pour autoritaire et incohérente qu’elle soit à bien des égards, l’urgence écologique est clairement devenue la mesure de toute chose, à tel point que le projet de réforme constitutionnelle voulu par Emmanuel Macron se surpasse lui-même en faisant remonter l’impératif écologique de l’article 34 à l’article 1er de notre Constitution. Une place de choix, un bel effet d’affichage… et un foutu fil à la patte pour le pays. Lire la suite

Institutions : une réforme entre sérieux et démagogie

Quelle formidable consécration pour Cécile Duflot ! L’ancienne ministre et dirigeante écologiste peut quitter la vie politique(*) « avec beaucoup de sérénité » et le doux sentiment de la mission accomplie car de son côté, le Premier ministre a annoncé que « l’impératif de lutte contre le changement climatique » serait gravé pour l’éternité dans le marbre la Constitution ! Voilà, voilà. Il ne sera pas dit qu’à l’ère politique post COP21 dont Emmanuel Macron s’est clairement fait le chevalier vert, la Constitution ne subira pas son petit « greenwashing » elle aussi. Lire la suite

Etat d’urgence prolongé, état de droit en danger

 En commentant récemment les Voeux 2016 de François Hollande, je faisais remarquer que ceux de l’année précédente semblaient ouvrir une petite brèche pour une année « Macron » synonyme de modernisation et de libéralisation de l’économie. J’aurais pu ajouter que ceux de cette année, presque entièrement consacrés à la lutte contre le terrorisme (et un petit peu aussi à l’inversion de la fameuse « courbe »), ouvraient la voie à une année « Valls. »  Lire la suite

« Vendredi 13 » : sous la grandeur, l’opportunisme

Mise à jour du samedi 28 novembre 2015 : Il y avait donc bien tout lieu de s’inquiéter des possibles dérives d’un état d’urgence prolongé de trois mois après les douze jours décrétés immédiatement après les attentats islamistes du « Vendredi 13 ». On apprend en effet ce matin par un article du Figaro que le gouvernement a utilisé les possibilités offertes par l’état d’urgence pour assigner à résidence 24 militants écologistes pendant toute la durée de la précieuse COP21 de Hollande afin de les empêcher de perturber cette dernière. Il me semble qu’on est très loin de la lutte contre le terrorisme de Daesh. La conclusion s’impose d’elle-même : on ne rogne sur nos libertés que pour le pire. 


Publié par Contrepoints le 19 novembre 2015

Publié par Contrepoints
le 19 novembre 2015

Quand François Hollande a pris place vendredi soir au Stade de France pour assister à un match de foot amical entre la France et l’Allemagne, c’était une soirée bien classique qui débutait pour lui. En plus de l’intérêt du jeu, il pouvait seulement espérer ne pas se faire trop huer par le public, contrairement à ce qui s’était passé à plusieurs reprises lors de déplacements antérieurs. Malgré les sombres prévisions des services de renseignements français quant à une nouvelle attaque depuis les attentats Charlie, il n’imaginait certainement pas qu’il en sortirait en urgence, exfiltré par ses gardes du corps, pour échapper à titre personnel à la boucherie répandue dans Paris par des terroristes islamistes à la fois très à l’aise pour agir et totalement déterminés à tuer et à mourir.  Lire la suite