II. Melania était en Ralph Lauren

Comme promis, voici le second petit billet du week-end. Après « Il fait froid ! » place à « Melania était en Ralph Lauren. »

Melania Trump portait du Ralph Lauren pour la cérémonie d’investiture de son Président de mari. A-t-elle eu froid ? Bonne question. D’après ce que j’ai vu sur internet, il faisait frisquet à Washington vendredi. Rassurons tout de suite nos journaux : oui, Melania avait des gants et oui, sa gorge était bien à l’abri des microbes grâce à un col montant ! 

Trêve de plaisanterie, je l’ai trouvée très jolie dans son ensemble bleu ciel et ses chaussures assorties. Même si l’on n’apprécie pas forcément les couleurs claires ou la découpe de sa veste, il faudrait être vraiment difficile pour trouver à redire à sa tenue.

Mais dans cette affaire, ce n’est pas tellement sa tenue qui est en question. C’est plutôt que toute femme du Président des Etats-Unis qu’elle soit, elle ne peut échapper à une cruelle réalité, son mari n’est autre que l’immonde Donald Trump. Ce Donald Trump que le « camp du bien » américain n’a eu de cesse de mépriser et caricaturer tout au long de la campagne présidentielle américaine avec une morgue qui apparaît d’autant plus ridicule maintenant que tous les pronostics de victoire de sa candidate Hillary Clinton ont été rondement déjoués.

melania-trump-vogue-2005-mario-testinoIl semblerait que le « camp du bien » de la haute couture soit tout aussi sectaire, vindicatif et activiste que tous les autres camps du bien. Dans une ancienne vie, Melania fut mannequin. Elle a posé pour les photographes de mode les plus demandés et elle a été publiée dans les plus grands magazines, comme en atteste la photo ci-contre, prise par Mario Testino pour Vogue en 2005. A l’époque personne n’avait l’idée de la snober. Mais avec Trump Président dans la photo, tout a changé.

Dès les résultats de l’élection connus, et manifestement sans qu’on ne leur demande rien, ce qui rend leur refus assez peu héroïque, plusieurs stylistes parmi les plus en vue ont déclaré avec anticipation qu’ils refusaient d’habiller la future First Lady, créant ainsi une sorte de petit suspense quant à savoir si elle allait trouver un couturier d’ici l’Inauguration Day. Ce fut notamment le cas de Tom Ford qui a commencé par invoquer sa politique de marque :

« Elle (Melania) ne représente pas forcément l’image que je veux donner à ma marque. »

C’eut été un argument parfaitement recevable, s’il n’avait été immédiatement suivi de considérations politiques personnelles qui n’avaient plus grand chose à voir avec un strict souci de positionnement marketing. Tom Ford a révélé dans la foulée qu’il avait voté pour Clinton, qu’il regrettait terriblement qu’elle n’ait pas été élue et que de toute façon, Clinton ou Trump, il estimait qu’une première dame ne devait pas porter des vêtements aussi coûteux que ceux qu’il dessinait. Ce qui ne l’a pas empêché de créer la robe de Michelle Obama pour son dîner à Buckingham Palace avec Elisabeth II en 2011. Ah, mais là, c’était différent ! Bien sûr.

Avant lui, la créatrice Sophie Theallet, qui s’est fait connaître au public grâce à ses créations pour Michelle Obama, avait été encore plus loin. Non seulement elle refusait par avance toute collaboration avec Melania Trump, mais elle demandait à ses collègues de boycotter la nouvelle première dame en raison des discours sexistes et xénophobes de son mari :

« La rhétorique raciste, sexiste et xénophobe utilisée par la campagne présidentielle de son mari est incompatible avec les valeurs qui nous animent. »

Naturellement, dans l’esprit artiste, voire légèrement incohérent de Sophie Theallet, tout ceci se fait au nom de la « diversité et du respect de la liberté individuelle et de tous les modes de vie. » On lui dirait qu’elle est sectaire qu’elle tomberait des nues. Comment pourrait-elle être sectaire, elle qui au contraire plaide pour la diversité et le respect, et n’a de cesse de combattre les préjugés racistes et sexistes ?

Et pourtant non. Le respect des libertés individuelles et des différents modes de vie permet certes de choisir ses clients quand on en a la possibilité, et donne tout loisir de conduire ses affaires comme on l’entend, mais n’autorise certainement pas à vouloir régenter tout une profession et à appeler au boycott de ceux qui nous déplaisent et se bornent à nous déplaire, en dehors de toute atteinte précise à nos biens ou à notre personne. C’est au contraire un pas dans le sens du politiquement correct le plus étroit et le plus hostile à la manifestation des idées qui ne sont pas les siennes.

Plusieurs stylistes l’ont suivie mais d’autres ont exprimé des vues différentes. Tommy Hilfiger considère par exemple « que les gens ne devraient pas envisager ça sous un angle politique. » C’est sans doute ce qu’a pensé Ralph Lauren en acceptant le marché.

En misant sur lui, Melania Trump a réussi à concilier beaucoup d’éléments très symboliques des Etats-Unis. Il est Américain, il lui a choisi une tenue que tous les spectateurs ont immédiatement associée à Jackie Kennedy, il est à la tête d’un empire de 7 milliards de dollars qui touche une clientèle beaucoup plus large que celle de Tom Ford, il a commencé en vendant des cravates en porte-à-porte et il a accédé à la notoriété en fournissant une partie de la garde-robe du film The Great Gatsby, celui avec Robert Redford et Mia Farrow, d’après le roman de F. Scott Fitzgerald. L’Amérique dans toute sa splendeur !


melania-etait-en-ralph-laurenIllustration de couverture : Les couples Obama et Trump lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump comme 45ème Président des Etats-Unis. Melania Trump porte un ensemble signé Ralph Lauren. Photo : AP.

22 réflexions sur “II. Melania était en Ralph Lauren

  1. Je ne savais pas que les stylistes étaient animés de valeurs. Je pensais qu’ils dessinaient des fringues hors de prix pour les vendre. On apprend donc qu’ils sont moutonniers, conformistes, pusillanimes.
    Au secours, Choupette Lagerfeld, dis quelque chose !

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  2. Ah comme il est agréable de pouvoir enfin être un résistant, un vrai, et de le faire savoir. Surtout quand on ne risque rien, d’autant plus que quoi qu’on en dise le ridicule ne tue pas pour de vrai.

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  3. Bien vu l’article Nathalie Market Place ! Pas mal l’introduction façon Paris Match…
    Comme tu dis Ralph Lauren est sur un marché beaucoup plus large et ne peut pas se permettre d’avoir ce positionnement clivant (idem pour Hilfiger).
    Le positionnement des artistes est dans la ligne de celui des medias mais beaucoup plus risqué : certains en france ont compris la leçon suite à 2007 et 2012 et on ne les a pas trop entendus à ce sujet.

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  4. La démocratie est bonne quand elle vote pour le camp du bien, mais dans le cas contraire, elle est bonne à jeter aux orties. Il serait peut être bon pour ces « élites » de s’interroger sur le rejet dont elles font l’objet, ce qu’elles ne feront pas, car elles pensent détenir la seule vérité, et remettre en cause le dogme est totalement impossible. Le remettre en cause fait de vous un hérétique, vous fait passer du Capitole à la roche Tarpéienne, vous fait devenir un suppôt de Satan qui mérite juste une balle dans la nuque. C’est une nouvelle religion.

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  5. On remarque à nouveau, ici, le sans-gêne touche-touche de Michelle Obama, qui se croit obligée de prendre par la taille toutes les femmes de renom qu’elle rencontre dans le cadre de ses fonctions.

    On se souvient du scandale qu’elle avait causé lors d’une visite officielle en Angleterre, lorsqu’elle avait cru que prendre la reine par la taille pour la « conduire » je ne sais où était le summum du savoir-vivre et de la gentillesse.

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  6. Sinon, Trump montre ici une fois de plus son immaturité et son côté mafieux de basse-cour : un fabricant de chiffons quelconque, qui vend des fringues hors de prix tout en se piquant d’être gauchiste, a la sottise de faire savoir qu’il ne veut pas habiller Melania Trump.

    Et l’autre gros lourd, qui n’a pas l’air de réaliser qu’il vient d’être élu président des US of A, n’a rien de plus pressé que de lui répondre à la télé, en disant que sa femme n’aime pas ses robes de merde, d’abord.

    On dirait un gamin dans une cour de récréation, ou un troll sur Twitter. Quand il s’agit de se quereller avec Tom Ford, ce n’est que pathétique ; mais lorsqu’il a le même comportement avec les agents de la CIA, qu’il commence par traiter de nazis avant de leur dire qu’il « les aime », à peine quelque jours plus tard, c’est la sûreté nationale des Etats-Unis qu’il met en danger — et aussi celle du reste du monde.

    A côté de Donald Trump et de son côté » kessta, ta ? tu m’cherches ? », Sarkozy, avec son « casse toi-pauvre con », fait figure de philosophe stoïcien et de moine cistercien.

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    • Pendant 8 ans, on a entendu le même discours formaté avec sa dégoulinante sollicitude envers les minorités qui s’est répandu chez nous sous la forme d’un communautarisme qui ne correspond en rien à notre histoire.
      Vous voulez que je vous dise, Robert Marchenoir ? Trump possède une fraîcheur qui fait du bien. Oui, du bien, après les années dégoulinantes de bons sentiments. En fait une censure impitoyable, du chantage permanent, de la culpabilisation unidirectionnelle. Du totalitarisme même pas soft.
      Je regardais les manifs féministes anti-Trump, bien ringardes avec leurs ballons, leurs bonnets roses. Je n’ai pas vu les petits cœurs roses censés attendrir les terroristes, mais bien sûr, aucune de ces mégères n’a jamais rien à redire au statut de la femme musulmane. C’est Trump attrapant la femme par l’origine du monde qui est macho et facho.

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      • Le mot fraîcheur n’est pas vraiment celui que j’attacherais à Donald Trump. Vous voulez parler, je suppose, de vengeance, de ressentiment et d’assouvissement par procuration. Ce n’est pas la même chose. Ce sont, par ailleurs, des passions dangereuses. Et qui rendent stupide.

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  7. @ Souris Donc : Karl Lagerfeld fait partie de ceux qui acceptent volontiers d’habiller Mrs Trump. Les médias spécialisés hésitaient entre lui et Ralph Lauren pour la tenue d’investiture.(oui, j’ai bien bûché mon sujet !)

    @ Anankè : Oui, c’est ça, Tom Ford se contente d’être ridicule avec ses déclarations. Par contre Sophie Theallet se montre carrément autoritaire.

    @ Sam : merci beaucoup, c’est gentil !
    Dans la position inverse de Tom Ford, je m’interroge : en tant que cliente, vais-je m’interdire de m’intéresser à ses production au motif qu’il n’a pas les mêmes idées politiques que moi ? Bien sûr que non. D’ailleurs, je partage son idée que le noir est la couleur de l’élégance. Mais pour ce qui est du monde, il n’est certainement pas tout noir tout blanc comme il se l’imagine.

    @ Le Gnôme : j’ai eu récemment un exemple de ce 2P2M :
    J’expliquais à un ami l’histoire des dons d’organe qui seront dorénavant la règle par défaut et je disais combien cette disposition représentait un abus de pouvoir. L’ami me rétorque, pincé : « Eh bien moi je trouve que les dons d’organe, c’est génial. » Impossible de lui faire comprendre que là n’est pas la question, qu’il a parfaitement le droit de trouver ça génial, mais que ce n’est pas forcément l’avis de tout le monde et que donc le libre choix de chacun en la matière est la bonne réponse. Mais non, il pense que si lui trouve ça bien tout le monde doit trouver ça bien, quitte à obliger les gens.

    @ Robert : je vous trouve dur avec Michelle Obama ! Les deux femmes se tiennent par la taille, c’est assez fréquent dans ce genre de photo. Les 2 couples présentent une image souriante, ce qui nous change du congé à la limite de la mauvaise éducation qu’avait donné Hollande aux Sarkozy en 2012.

    @ Calvin : oui, mais comme Melania est un peu slovène, pas de gaffe …

    @ Sam : Les hommes, ça coûte cher aussi ! J’ai déjà parlé de l’équipement bricolage, je ne vous dis rien de l’équipement montagne … (heu, je ne vous dis rien pcq le mien n’est pas mal non plus …)

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  8. Interview de Donald Trump dans The Times :

    http://www.thetimes.co.uk/edition/news/full-transcript-of-interview-with-donald-trump-5d39sr09d

    Lisez intégralement. Ce type est un gogol. C’est du François Hollande. Le nouveau chef du monde et de ses environs donne sa première interview à l’un des plus prestigieux journaux du monde, et ça donne… ça. Ne regardez pas le fond, regardez le niveau.

    Le personnage de Trump est peut-être à l’opposé de celui de Hollande : on a un gros singe poilu d’un côté, et un clerc de notaire de l’autre. (Mes excuses aux clercs de notaire ; les gros singes peuvent aller se faire foutre.)

    Mais en ce qui concerne la tenue, la hauteur de vue, la sagesse, le niveau intellectuel, le poids du discours, c’est tout aussi douloureusement nul que les discours à Pépère. Ecouter Hollande bavasser, pour moi, c’est un supplice. Mais si j’étais américain, je lirais ça, j’aurais honte.

    Je pense qu’il y a des marchands de voitures d’occasion qui placent leur camelote de façon plus brillante que ça.

    Incidemment, Poutine est à cent coudées au-dessus. Ses discours ou ses interviews sont d’une toute autre catégorie. Certes, il ment comme un arracheur de dents et c’est un voyou fasciste et mafieux, ce n’est pas la question. Mais si l’on s’en tient à cette crotte produite par Trump, Poutine n’en fera qu’une bouchée.

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  9. L’article est tout à fait bien. Il résume parfaitement le nouveau climat qui s’installe à Washington, à la fois déphasé et chic…
    Une sorte de vague malaise pourtant se dessine, l’intuition qu’il y a quelque chose qui cloche dans le tableau. C’est en particulier ce qu’on pouvait ressentir en regardant le couple présidentiel déambuler main dans la main en saluant la foule postée le long de la rue. Pourtant souriants et saluant le peuple à droite et gauche, comme il se doit, avec ce jeune garçon qui les suivait distraitement.
    Et j’ai compris plus tard dans la journée au cours de mes lectures que le jeune fils du couple pourrait de fait être atteint d’un léger autisme. Ce qui à le regarder errer d’un point à un autre les yeux dans le vague pourrait s’avérer plausible.

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  10. Melania avait la classe, c’est sûr; La Michelle était dans un sac et avait des allures de mémé; voulu ?

    Vouloir comparer Hollande à Trump, là c’est osé.
    L’un est voltigeur des grands discours inutiles, et donne ses ordres par des petites phrases de couloir, bien cyniques, l’autre est un financier homme d’action qui ne sait pas faire des discours ou des interviews qu’il doit considérer comme inutiles, il préfère tweeter. C’est sûr qu’il n’a pas étudié Chateaubriand ou Proust. Il le dit lui-même, il aime les livres pour les regarder mais les ouvre peu.
    N’empêche qu’il possède les bons diagnostics sur la situation : le bordel des services secrets, il s’amuse à les déstabiliser en soufflant le chaud et le froid. Cela n’a aucune importance car il sait où il va. La géopolitique, l’obamacare, l’immigration, les chinois, les russes, l’Europe et l’OTAN, idem, il joue.
    Il va indéniablement continuer à provoquer le système (establishment), exciter, voir déchainer le monstre technocratique, c’est sa tactique, la seul possible pour sa survie, frapper partout et vite pour le disperser et l’empêcher de se ressaisir.
    Evidemment la logique est difficile à saisir pour nous les français car en plus nous n’avons pas du tout la même vision de l’Etat (tout puissant sacro-saint).
    Milliardaire à soixante-dix ans, Il est un symbole de réussite, adulé par sa famille (encore de grosses différences avec Hollande). Il n’a plus qu’à faire ce qu’il a sans doute secrètement rêvé depuis longtemps : diriger son pays sincèrement et de toutes ses forces. Il n’a pas peur !
    Tout cela a du sens, essayons d’observer sans préjugé franchouillard..

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    • « N’empêche qu’il possède les bons diagnostics sur la situation : le bordel des services secrets, il s’amuse à les déstabiliser en soufflant le chaud et le froid. Cela n’a aucune importance car il sait où il va. La géopolitique, l’obamacare, l’immigration, les chinois, les russes, l’Europe et l’OTAN, idem, il joue. »

      Pur fantasme, qui reproduit mot pour mot les « éléments de langage » des services de propagande du Kremlin concernant Poutine. Lesquels sont aussi fallacieux pour l’un que pour l’autre.

      Donc vous pensez que pour le président de la première puissance militaire mondiale, « déstabiliser ses services secrets en soufflant le chaud et le froid », c’est malin ? Expliquez-nous donc qui peut en tirer avantage, sinon la Russie, qui effectivement a tout intérêt à affaiblir les Etats-Unis ?

      Trump proclame qu’il va écraser l’Etat islamique (ce qui serait en effet une bonne chose), et la première chose qu’il fait, avant même de prendre ses fonctions, c’est de démoraliser la branche de l’armée américaine qui est la seule en mesure d’accomplir cette mission ?

      Il y a une tripotée d’agents de la CIA qui ont dans la cinquantaine, et qui ont préparé leur lettre de démission, outrés par les insultes et le mépris de Prump à leur égard. Ils attendent ses premiers pas pour décider s’ils l’envoient. Vous trouvez que c’est un bon début ?

      Les services secrets américains viennent de demander à leurs homologues israéliens d’arrêter de leur transmettre des informations, de peur que Trump ne les refile aux Russes, et donc aux Iraniens.

      http://www.haaretz.com/israel-news/1.764711

      Les services secrets britanniques viennent de demander à leurs homologues américains de leur fournir la garantie que Trump, et ses nombreux conseillers qui ont des liens avec le pouvoir russe, ne vont pas révéler l’identité des agents britanniques qui exercent clandestinement en Russie.

      Pendant ce temps-là, Poutine met le feu dans les Balkans, en attisant les tensions interethniques par le biais de ses agents serbes. Vous vous rappelez comment s’est déclenchée la Première guerre mondiale ?

      https://windowoneurasia2.blogspot.fr/2017/01/some-damn-thing-in-balkans-again-putin.html

      Toutes ces singeries (pour rester gentil, car c’est pour garder l’hypothèse où le mot de trahison ne serait pas le bon) menacent directement la vie des Français. La seule vraie façon de protéger l’Occident en général et la France en particulier des attentats islamistes, c’est l’action des services secrets. Il n’y a pas de solution militaire à l’Etat islamique et au fanatisme musulman en général.

      Les service secrets les plus efficaces du monde dans la lutte contre l’Etat islamique sont les services américains, et de très loin. Un très grand nombre des attentats islamistes qui ont été évités en Europe l’ont été grâce aux renseignements transmis par les services américains.

      Et ce serait une bonne idée que de déstabiliser la CIA, et de semer la discorde et la méfiance entre les principaux services secrets occidentaux ? Tout cela pour satisfaire les fantasmes anti-américains et pro-russes des chômeurs européens, qui n’en peuvent plus d’être envahis d’immigrés arabes et africains ? Vous ne voyez donc pas quel est le « jeu » de Poutine, comme vous dites ?

      Jamais, dans leurs rêves les plus fous, les chefs de la Tchéka ou du KGB n’auraient pu espérer ce qui se passe en ce moment. Les bouteilles de champagne doivent sauter par centaines au Kremlin et à la Loubianka. Trump est en train de paralyser lui-même ses propres services secrets, ainsi que ceux de ses alliés. Et cela, sans qu’un agent du SVR n’ait levé le petit doigt ! C’est Noël en janvier !

      A l’annonce de l’élection de Trump, un conseiller municipal de Moscou a twitté : « Ca y est ! Les Etats-Unis sont à nous ! ». Il s’agit d’une transposition d’un slogan omniprésent dans l’espace public en Russie : « La Crimée est à nous ! ». Je n’ai pas besoin de vous rappeler ce qui s’est passé en Crimée…

      Si la tendance actuelle se confirme, il s’agira là sans aucun doute de la plus belle opération de « mesures actives » jamais réalisée depuis un siècle en URSS.

      http://observer.com/2016/09/were-losing-the-war-against-terrorism/

      http://observer.com/2017/01/donald-trump-intelligence-community-kremlin-spy-alliance/

      N.B.: à l’intention des gros malins qui s’imaginent que « Poutine va nous aider à lutter contre le terrorisme islamique », j’ai une question : montrez-moi une seule chose que Poutine aurait faite jusqu’à présent pour empêcher le terrorisme islamique en Europe. Ou en Russie, d’ailleurs.

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      • ça frise la parano.
        1. A mon avis les russes ne vont pas y gagner grand chose avec Trump, il risque au contraire d’être redoutable. Si, ils vont peut-être gagner en intelligibilité mais nous aussi car le désordre irrationnel entretenu, devenait particulièrement angoissant.
        2. Pour les services secrets Us, je vous renvoie à l’excellente étude du Washington Post traduite par courrier International en 2010 (déjà):
        http://www.courrierinternational.com/article/2010/08/19/dans-la-nebuleuse-des-services-secrets-22
        Bon à moins que ces canards soient eux aussi infiltrés par les russes…
        Quoi qu’il en soit la techno-structure des renseignements US avec leurs innombrables consultants, engloutit des milliers de milliards de dollars tous les ans et s’auto alimente d’elle-même et a dépassé depuis longtemps son seuil d’incompétence structurelle. D’ailleurs comment garder des secrets avec autant de monde ? cela me paraît humainement impossible.
        Considérant la détermination de Trump, certains employés, en général les plus malins dans ce genre de circonstances, ont déjà compris qu’il avait mieux à faire de changer de métier.

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  11. @ Tino

    Votre point 1 est pertinent. Il n’est pas certain que l’élection de Trump soit, en définitive, une bonne affaire pour la Russie. D’ailleurs, le Kremlin ne l’avait pas prévue (malgré les vantardises de Poutine). Ce qu’il avait prévu, et ce qui l’aurait arrangé, aurait été une victoire de Clinton. Les organes de désinformation russe à l’étranger avaient prévu une campagne de trollage sur Twitter avec le hashtag « RIP democracy ».

    Maintenant, Moscou va devoir expliquer aux Russes que les Etats-Unis sont toujours l’ennemi, mais que Donald Trump est un ami. Ca a déjà commencé, d’ailleurs, avec les délires du Goebbels de Poutine, Dimitri Kiselyov, qui a fait mine de craindre, dans son émission de télévision massivement suivie, un « Maïdan américain » au vu des manifestations anti-Trump, et un assassinat de son gentil trumpinou chéri par les hordes « unipolaires » (?) imaginaires.

    Pour le reste, vos invectives dénonçant ma prétendue paranoïa sont méprisables, et tout à fait similaires à la malhonnêteté communiste qui insulte lorsqu’elle est incapable d’argumenter.

    L’article du Washington Post que vous prétendez m’opposer, selon une tactique également méprisable mais hélas répandue, n’a strictement aucun rapport avec mon propos et ne réfute pas une seule de mes paroles. Il s’agit d’une enquête concernant le recours croissant à des contractuels privés par les agences de renseignement américaines.

    En quoi cette stratégie administrative justifierait-elle que Donald Trump traite les agents de la CIA de nazis ? En quoi rend-elle sa complaisance envers la Russie inoffensive, ses liens avec les intérêts russes non préoccupants ? En quoi cela diminue-t-il le danger, pour la France et les Français, de la menace de paralysie à laquelle nous assistons, parmi les services secrets occidentaux dont les nôtres, dans leur lutte contre le terrorisme musulman qui nous frappe ?

    Vous avez trouvé, sur Internet, un article qui a l’air de vaguement critiquer les services secrets américains, et donc vous trouvez malin de me le fourrer dans les pattes pour discréditer ma défense de ces mêmes services face aux attaques de Trump. Quel rapport ? Aucun.

    Je vous appelle à un peu plus de rigueur et d’honnêteté.

    Si vous voulez absolument trouver un rapport entre votre article et mon analyse, il la conforte au lieu de la discréditer. Parmi les nombreux contractuels privés dont traite cette enquête, il y avait en effet un certain Edward Snowden, qui a fait défection à Moscou en livrant aux Russes le plus gros lot de documents secrets de l’histoire de l’espionnage. Snowden, qui est utilisé par les Russes dans leur campagne destinée à affaiblir les Etats-Unis, et qui s’est réfugié en Russie sur le conseil de Julian Assange, chef de Wiki Leaks. Wiki Leaks, qui est une couverture des services secrets russes utilisée pour diffamer les Etats-Unis de façon générale, et diffamer l’adversaire de Donald Trump dans l’élection qui vient d’avoir lieu. Julian Assange, qui est cité comme source fiable par Trump, à l’appui des bontés qu’il a pour le régime russe.

    Si le travail de Snowden avait été fait par un fonctionnaire de la CIA au lieu d’avoir été confié à un informaticien privé, on peut supposer qu’il aurait eu moins de chances de trahir son pays au profit de la Russie.

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  12. Robert Marchenoir
    Désolé pour ma première phrase, je plaisantais.
    Je suis complètement d’accord avec vous sur l’utilisation abusive et non maîtrisée des contractuels privés et je vous ai sorti ce rapport à cette fin. Il y a bien trop de monde et trop d’argent dans ces services secrets et cela ne leur procure pas efficacité bien au contraire.
    J’ai compris que Trump n’avait qu’un seul ennemi, c’était le terrorisme islamique et qu’il a le soucis de rendre les services de renseignement Us efficaces.
    Va-t-il arriver à reprendre le contrôle de ceux-là et plus largement des dépenses budgétaires de la défense, c’est assurément son plus gros challenge. Laissons lui au moins quelques mois avant de le débiner.
    Je vous renvoie à un intéressant article sur le sujet :
    http://lesakerfrancophone.fr/la-question-politique-la-plus-ardue-que-trump-devra-affronter
    Voila le point crucial de sa mandature, il semble.

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    • Pardon Tino, mais je n’irai même pas lire votre lien. Le « Saker francophone » est la branche française d’un site de désinformation international piloté par un agent d’influence russe. « Ze Saker of ze Vineyard » (nom prétentieux au possible du site original, censé se trouver aux Etats-Unis), a inondé Internet de diatribes d’une haine rabique et d’une violence hallucinantes contre les Ukrainiens, au plus fort de l’invasion russe. C’était du niveau de la haine anti-slave ou anti-juive d’Hitler, ou de la haine anti-polonaise ou anti-tatare de Staline.

      Je vous suggère d’exercer un peu plus de sens critique quant à la sélection de vos sources d’information. Il ne manque pas d’analystes à la fois sérieux et indépendants concernant la présidence Trump. Le « Saker » n’en fait pas partie. A la rigueur, ce qu’il écrit peut permettre de comprendre ce que le Kremlin attend de Trump. Et encore, pour cela, il vaut mieux consulter les sites russes qui expriment ouvertement le point de vue officiel. Ce n’est pas ça qui manque.

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