Petite histoire anecdotique de 2016 et Joyeux Noël !

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Cher lecteur, que vous soyez de passage ou habitué à faire un petit tour par ici, je vous souhaite de tout coeur un très heureux Noël 2016 !


J’espère que vous serez bien entouré, au chaud dans l’affection de votre famille et de vos amis. 

Mais si tel ne devait pas être le cas, rejoignons-nous par la pensée en priant ensemble pour la paix dans le monde et la concorde entre les hommes lors de la messe de Noël. 

J’ai dit et écrit en diverses occasions que je ne tenais pas plus que ça à la règle des crèches dans les services publics tels que mairies ou Conseils généraux. Je souligne : services publics. J’y vois un chemin pour la « dysneylandisation » des crèches plutôt que la glorification de leur sens profond, et une emprise hors de propos du politique sur le religieux. Mais je peux me tromper. 

A titre privé, je suis cependant une grande adepte des crèches. Celle de ma maison est composée de santons de Provence. Celle de ce blog est une nativité de Fra Angelico. 

A partir d’aujourd’hui, je me mets en vacances de blog pour une dizaine de jours. Reprise prévue le mercredi 4 janvier 2017.

Si, dans l’article précédent, j’ai qualifié 2016 d’année « ratée », je parlais avant tout du contexte politique. Je n’oublie pas d’une part que « tomorrow is another day » ainsi que le remarquait une Scarlett O’Hara toujours prête à bondir et rebondir après ses plus cuisantes défaites. Tout est donc possible pour 2017 !

Et je n’oublie pas non plus que la vie est constituée de multiples couches entremêlées dont les éléments privés, parfois source de chagrin, sont aussi le lieu de mille bonheurs et mille petits événements amusants qui font que finalement le monde est plus beau que laid et la vie plus gratifiante que destructrice.

Aussi, comme l’an dernier, je vous propose de finir l’année dans une tonalité plus rieuse que celle de mes productions habituelles. Voici une petite histoire, une anecdote mineure mais vraie, photos à l’appui, qui m’a beaucoup amusée en 2016 !.

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Fête des Mères 2016 :
Où il est question de tondeuse à gazon, de Ricoré et de Hugh Jackman !

Dès les premiers jours d’avril, le brouillard s’étant enfin levé et la pluie ayant enfin cessé, je jette à intervalles réguliers un petit coup d’oeil en direction du jardin et je me lance dans le délicat processus annuel d’allusions subtiles à la hauteur de l’herbe qui me semble atteindre des proportions vraiment trop élevées.

Espérant être entendue mi à l’usure mi au charme par l’un de mes fils, c’est donc à plusieurs reprises, avec mon ton le plus engageant et mes yeux les plus veloutés que je déclare à haute voix, sur WhatsApp, en FaceTime et dans le groupe familial FaceBook, parce que vu l’éparpillement de la famille, c’est comme ça qu’on se parle maintenant :

« Il faudrait faire une première tonte. »

Cet épisode de mise en condition psychologique dure environ trois semaines. Nous sommes donc déjà fin avril, parfois début mai. Au bout de tout ce temps-là, j’arrive généralement à coincer dans le garage le malheureux qui est rentré à la maison pour le week-end, à un moment où par chance il ne pleut ni ne vente ni ne brouille (de brouillard).

Et toujours avec mon ton le plus engageant et mes yeux les plus veloutés, je fais une seconde déclaration empreinte de toute la bonne foi qui caractérise les mères de famille :

« Si tu veux, je t’aide à sortir la tondeuse ! » 

Si tu veux, mais en fait tu n’as pas trop le choix, rapport à un petit compte qui reste à régler entre nous deux, tu te rappelles mon chéri ? Et admire à quel point je suis gentille, je propose de t’aider !

Après quelques soupirs et grognements, après quelques fines objections qui opèrent de moins en moins avec moi (Tondre ? Non mais mais tu plaisantes, j’ai la tonne de taf !) il comprend qu’il a intérêt à se débarrasser de cette corvée (et de moi) le plus vite possible.

« Sortir la tondeuse » est néanmoins une opération plus complexe qu’il n’y paraît, surtout pour la première sortie de la saison. Il s’avère en effet assez vite que même déployée à l’air vivifiant de notre carré de pelouse citadine, cette pauvre tondeuse a manifestement mal passé l’hiver : elle ne démarre pas, le panier à herbe a disparu, il n’y a presque plus d’essence dans le réservoir, et il n’y a plus d’essence du tout dans le bidon dédié à son fonctionnement. Les sacs poubelle spécial jardin sont également introuvables. Par contre, le trou dans le carter est toujours là.

Déjà l’an dernier, et peut-être même l’année d’avant, j’avais remarqué qu’une épouvantable purée d’herbe concassée était projetée partout pendant la tonte en raison de cette perforation aussi malencontreuse que béante. Les garçons se sentaient obligés, bien à contrecoeur, de ramasser une bonne partie de l’herbe au râteau (Où tu vois de l’herbe à ramasser ? Y a trois brins, c’est tout !) tandis que je devais balayer la terrasse et nettoyer les vitres avoisinantes pendant des heures et des heures ! Bon, d’accord, des petites heures.

Malheureusement, jusqu’à présent, mes allusions subtiles et répétées à une réparation bienvenue de la tondeuse n’ont pas déclenché la réaction souhaitée. Je me lance donc dans ma troisième déclaration annuelle, ton engageant et yeux veloutés :

« Dis, loulou, ce serait pas mal de réparer cette idiote de tondeuse une bonne fois pour toutes. Je vais chercher de l’essence et des sacs poubelle et toi, tu t’en occupes, d’accord ? »

Réponse féroce :

« Tu veux que je tonde ou que je répare ? Faudrait savoir, parce que là j’ai pas le temps, je te l’ai dit, je dois taffer. Et de toute façon, je répare comment ? On n’a rien pour le faire. »

« On n’a rien » ! Voilà qui est comique ! Je m’esclaffe bruyamment : ah ah, pauvre innocent, on n’a tellement rien que 90 % de notre patrimoine se trouve stocké dans l’atelier de ton père sous forme d’outillages et matériaux divers, scrupuleusement accumulés au fil d’activités bricolage nombreuses qui toutes sans exception exigent l’acquisition sans cesse renouvelée de perceuses, visseuses, riveteuses, scies sauteuses, scies égoïnes, scies à métaux, rabots, étaux, serre-joints, avec fil, sans fil, et invariablement hors de prix. Car curieusement l’outil qu’on a ne va jamais, il en faut toujours un autre !

Et encore, je ne mentionne que les noms que je connais. Nous sommes également assez bien équipés en trucs, machins et bidules, sans compter tout ce qui est amoureusement mis de côté « au cas où ça pourrait servir un jour » : vieille batterie usagée, fer à repasser et aspirateur en panne, anciens téléphones, tasseaux et pièces de bois en tout genre, chutes de métal, tricycle hors d’âge complètement rouillé et déglingué …

« Ecoute, me dit mon fils, tu n’aimerais pas que je te fasse un petit rafistolage foireux qui ne tiendra pas. Tu veux du solide. Alors dans l’immédiat je bricole un pansement provisoire avec du gros scotch noir, du coup pas d’horribles projections en hauteur, et je tonds, si la tondeuse veut bien démarrer. Pour la réparation, on verra ça une autre fois. Mais va chercher de l’essence. »

Cette « autre fois » m’inquiète, mais nous transigeons. Trois quarts d’heure plus tard, le jardin a pris une allure nette et printanière qui me satisfait pleinement.

Le temps passe, sans m’apporter de nouvelles encourageantes d’une éventuelle réparation de la tondeuse autres qu’un « on y réfléchit » jeté d’un ton rogue en réponse à mes allusions, de moins en moins insistantes vu l’accueil.

Arrive la fin du mois de mai et le week-end de la Fête des Mères. Impossible d’imaginer un événement de cette importance sans un jardin impeccablement taillé. Dès le samedi matin, je reçois un avertissement sans frais de la part de mon plus jeune fils :

« Ne nous dis pas qu’il faut tondre, on le sait ! »

.
boite-de-ricore-etat-initialJe me résigne héroïquement à me taire, et je songe à me réconforter, comme souvent, avec une petite tasse supplémentaire de Ricoré.

Parmi les actifs dont nous ne manquons pas, figurent en effet aussi un nombre non négligeable de boîtes de ce délicieux breuvage mondialement connu sous le nom de Ricoré, 40 % café, 60 % chicorée. Enfin, délicieux, mélangé avec du lait ; et vache à lait pour Nestlé, by the way. J’en consomme des tonnes !

Nous sommes donc les heureux propriétaires d’un stock colossal de boîtes pleines pour couvrir au mieux les consommations futures, et de monceaux de boîtes vides toujours utiles pour rincer des pinceaux, ranger mille bricoles ou organiser des jeux de chamboule-tout, assurément bruyants mais manifestement plaisants jusqu’à des âges juvéniles assez avancés.

Depuis l’atelier de mon mari me parviennent justement des bruits de perceuse et de vaisselle renversée. Les frères à peine réunis se battent-ils déjà ? Ou, heureux de se retrouver, se sont-ils lancés dans une partie de chamboule-tout comme au bon vieux temps de leur enfance ? Ou bien sont-ils en train de me concocter un cadeau farfelu de leur invention ? J’avais pourtant dit, de façon pas du tout allusive, La chasse aux papillons de l’Artisan parfumeur …

Ma fille m’appelle :

« Viens voir, les garçons ont réparé la tondeuse ! Tu vas adorer ! »

reparation-tondeuse-avec-ricore-fdm-mai-2016
Et j’adore ! Ils ont découpé un grand rectangle de métal dans une boîte de Ricoré, et ils l’ont rivetée en 16 points au carter de la tondeuse ! C’est bien fait, c’est solide (oui, ça tient toujours) et je dois dire que sur le plan artistique, c’est probablement du jamais vu pour une tondeuse comme pour une boîte de Ricoré ! Je suis super contente !

Mais il n’était pas dit que j’allais m’en tirer à si bon compte. Après tout c’est ma fête et ma fête ce sera.

A ce stade crucial de l’histoire, je dois préciser qu’il m’est arrivé, de très rares fois, comme ça en passant, sans y penser vraiment et sans y attacher la moindre importance, d’ailleurs ça m’était complètement sorti de l’esprit, bref, il m’est arrivé de dire tout le bien que je pensais des caractéristiques physiques d’un certain acteur australien du nom de Hugh Jackman. Pas dans son rôle de Wolverine, plutôt sous les traits du séduisant Lord Peter Lyman dans Scoop de Woody Allen. Quel homme magnifique ! Qui s’avère être un épouvantable assassin à la fin du film, mais à distance de salle de cinéma, quelle importance ?

oratoire-hugh-jackman-avec-ricore-fdm-mai-2016Visiblement, ma petite partialité est connue. Le dimanche venu, je suis invitée à rejoindre ma chambre pour y découvrir le cadeau que les enfants ont préparé pour moi.

Au beau milieu de la cheminée, ils ont installé un petit oratoire constitué du reste de la boîte de Ricoré utilisée pour réparer la tondeuse. Ils ont collé une photo du beau Hugh sur la paroi du fond et il ont posé un petit lumignon au premier plan !


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TRÈS  JOYEUX  NOËL  2016  A  TOUS  !
Et Rendez-Vous le 4 janvier 2017 pour une nouvelle année !


fra-angelico-nativiteIllustration de couverture : Nativité, 1441, par Fra Angelico (1400 – 1455), visible au Couvent San Marco, Florence, Italie.

12 réflexions sur “Petite histoire anecdotique de 2016 et Joyeux Noël !

  1. « Trois quarts d’heure plus tard, le jardin a pris une allure nette et printanière qui me satisfait pleinement. »

    Hum.

    Où est passée l’interminable inspection des travaux finis qui, dans mes souvenirs, nous occupait une bonne partie de l’après-midi ? 😉

    Vivement la session 2017 du Blog 🙂

    Aimé par 2 people

  2. Comme quoi, ça peut effectivement toujours servir. Et vous voyez bien que la présence d’une riveteuse à la maison est absolument indispensable. Vous en connaissez beaucoup, des gens qui ont la chance d’avoir une riveteuse à la maison ?

    Joyeux Noël !

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cette fin d’année si rafraichissante. En dévorant ces quelques lignes j’étais comme au cinéma avec Nat en actrice au moins aussi charmante et talentueuse que Hugh !
    Je dois dire que la dernière fois que je suis passé chez vous, la tonte était en cours et je confirme qu’il s’agit d’un sujet qui pourra t’inspirer encore longtemps tant il semble que les « forces mâles » autour de toi y trouvent une source infinie de procrastination ;-).
    Belles fêtes de fin d’année à tous

    Aimé par 1 personne

  4. Cela étant, ce n’est pas pour semer la zizanie dans les familles, mais il me semble que la femme, dans spéhi, a gagné le droit de tondre la pelouse, qui lui a si longtemps été refusé par l’oppression patriarcale.

    Aimé par 1 personne

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